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Le triomphe de la vérité

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Bilan des 2Oans de la Conférence nationale des forces vives de la Nation: Célestine Zanou prône l’adoption d’une charte des valeurs pour le décollage du Bénin


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(Elle prône le retour à l’esprit de dialogue et de consensus pour la sortie de crise)
La Présidente de la Dynamique du Changement Célestine Zanou est montée une fois encore au créneau pour se prononcer sur l’actualité nationale. De son Domicile d’Abomey calavi, elle a saisi les 20ans de la Conférence nationale des forces vives de la Nation pour proposer à l’opinion nationale le bilan qu’elle en fait et formuler ses approches pour une optimisation des avantages des lignes de cette conférence.

« La situation de notre pays est loin d’être reluisante sur les plans politique, économique, socioculturel et moral…pour l’heure elle n’est pas encore catastrophique »a avoué sans ambages la Présidente de la Dynamique du Changement Célestine Zanou, procédant au bilan  des 20 ans de la Conférence nationale des forces vives de la Nation face à la presse nationale.  « Les difficultés qui ont émergé et qui se sont aggravées depuis 2006 sont surtout liées à l’absence de définition d’une échelle des valeurs capable de canaliser les uns et les autres dans leurs rôles et leurs responsabilités respectives » a-t-elle diagnostiqué, car à la suite de la conférence nationale des Forces vives de la Nation « tout était alors en place pour un décollage économique et un maintien de la Paix et de la concorde dans notre pays ». Cette échelle des valeurs qui apparaît aux yeux de Mme Célestine Zanou comme l’élément capital qui fait défaut dans la mise en application des recommandations tant de la Conférence nationale de février 1990 que de la conférence économique de 1996 peut se concevoir comme une charte des valeurs qui doit tenir lieu d’un code de conduite, une référentielle pour toute action politique, économique ou sociale. Pour la Présidente de la Dynamique du Changement pour un Bénin Débout, qui s’est fondé dans son bilan, sur la réalité d’un Bénin crédité de vingt années de pratique démocratique, le chemin  du développement ou de toute action durable passe par cet engagement commun dans les valeurs. Il se dégage de cette sortie-bilan de Célestine Zanou que le Bénin a défini sans doute les meilleurs principes politiques et  économiques au cours de ses deux principales conférences nationales mais a manqué de les asseoir sur une base des valeurs qui seules peuvent leur assurer un meilleur résultat et une « durabilité ».
A propos de ces valeurs, selon la Présidente de la Dynamique du Changement Célestine Zanou, la conférence nationale des Forces vives est elle-même déjà porteuse de quelques unes mais qui ne sont pas actuellement mise en œuvre. Il s’agit du dialogue et du consensus qui constituent l’esprit de cette conférence. Dès lors, l’une des approches de solution aux nombreuses crises actuelles que propose Célestine Zanou est le recours à ces valeurs essentielles. C’est ce qui justifie son appel très fort à « un Dialogue National ». Ce dialogue dans la conception de son auteur peut s’inscrire dans « un cadre de concertation politique et social qui va accompagner les marches de la Démocratie dans notre pays ».

Entretien de presse

Conférence des forces vives de la nation vingt (20) ans d’engagement patriotique  afin que la mémoire & la logique ne se perdent

Pour vous, que représente la conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990?
La Conférence des Forces Vives de la Nation…. Pour moi, c’est un grand événement, aussi bien pour le Bénin que pour l’Afrique tout entière. Nul doute que cette Conférence des Forces Vives s’est inscrite dans un vent mondial avec la chute du Mur de Berlin le 10 novembre 1989 et l’éclatement du bloc soviétique. Il y a toujours une rupture de charge et une renaissance, en toute circonstance, de souffrances intenables pour le bien-être des peuples. Il en fut ainsi, et je puis dire qu’il en serait toujours ainsi.
Nos sociétés ont été, certes, soumises à l’épisode des partis uniques. Mais la démocratie élective, telle que l’a imposée le Sommet de la Baule, n’a pas elle non plus rencontré en Afrique, et plus particulièrement au Bénin, des esprits à culture démocratique élevée. C’est le lieu de le reconnaître et de se l’avouer. Car, dans l’intérêt national, il faut avoir l’audace d’être vrai. En prélude à la mise en application  de la démocratie élective, le Bénin en ces moments difficiles qu’il vivait, a eu la chance de connaître un rassemblement de ces Filles et Fils, soucieux de mettre un terme à une idéologie qui n’a pas porté ses fruits.
C’est une démarche de dialogue pour aboutir à un consensus. C’était un privilège pour le Bénin. Dialogue, Consensus, c’est cela l’esprit de la Conférence des Forces Vives de la Nation. A partir de ce moment, il nous revient de conserver cette logique, la célébrer quand il le faut, la revisiter au besoin, et l’appliquer chaque fois qu’elle s’impose comme la seule alternative pour rebondir, comme c’est le cas en ce moment, où nous avons besoin de nous parler, de nous regarder droit dans les yeux, pour être sûrs que nous sommes toujours en phase avec l’esprit et la lettre de la Conférence Nationale. Ce faisant, nous aurons fait le choix d’adapter à notre apprentissage de la démocratie, une démarche proche de nos réalités socio culturelles et à laquelle s’identifierait notre société tout entière…C’est mon avis.
Je ne pourrais parler de la Conférence des Forces Vives sans me remémorer quelques propos forts tenus par d’imminents acteurs de ce grand rendez-vous et qui me  confortent dans cette analyse. Permettez donc que je cite:
– Le Général Mathieu Kérékou, rendons à César ce qui est César et commençons avec le Gal Mathieu Kérékou. Il a dit en effet: (citation) : « Pour nous, dans leur conception comme dans les objectifs, les travaux de la (…) Conférence Nationale devraient satisfaire aux exigences impérieuses d’un consensus véritablement constructif; ce qui suppose le respect scrupuleux des opinions de chacun et la tolérance des uns envers les autres, dans un esprit de sérénité, de concorde et de sauvegarde de l’unité nationale et de la paix sociale. »
– Maître Robert Dossou, alors Président du Comité National Préparatoire soulignait: «[…] Quelle que puisse être la diversité de nos sensibilités et perspectives, nous demeurons (.. .), du moins nous le croyons, unis pour une seule détermination: celle de construire notre commune patrie. »
– Nicéphore Dieudonné Soglo : « Nous prouvons une fois de plus que quand une nation connaît des difficultés, elle trouve dans ses tréfonds l’énergie et le courage nécessaire pour affronter les difficultés et faire face à l’avenir. C’est cet espoir que nous essayons effectivement de réaliser ensemble. » Et tous les Béninois sont d’accord pour reconnaître que le choix de Nicéphore Soglo comme Premier Ministre de la transition relève d’une démarche consensuelle!
– Monseigneur Isidore de Souza, à tout seigneur tout honneur, comment ne pas  citer feu Mgr de Souza qui, entre autres propos avait déclaré: « Quand le cœur qui aime accepte de s’écouter et de fermer les oreilles à l’ambition ou au pouvoir, ce cœur trouve toujours les mots justes, les actes justes… » Au-delà de ces propos qui parlent d’eux-mêmes, c’est le choix du Prélat qui est l’expression du consensus et de l’option du vrai dialogue national.
Que dire des autres acteurs de cet événement historique qui aujourd’hui ne sont plus parmi nous? Je veux rappeler entre autres à notre mémoire les souvenirs de Patrice Defonsou Gbègbèlègbè, Me Grâce d’Almeida Adamon, Valery Mongbè, Léopold Dossou, Me Bertin Borna, Idelphonse Lemon, Moucharafou Gbadamassi… en ma pieuse pensée, je leur rends un vibrant hommage. Comme je rends hommage à ceux et  celles qui, par la grâce de Dieu, sont encore parmi nous, avec la lourde charge de poursuivre le combat de la démocratie et de la concorde nationale; mes sincères pensées vont à Mama Adamou Ndiaye, Robert Detchenou, Helène Aholou Kèkè, Timothée Adanlin, Joseph Kèkè, Albert Tévoèdjrè, Me Rachid Machifa …..
Et, je n’oublie pas les acteurs de l’ombre.
Enfin permettez que je témoigne ici pour les braves et vaillants acteurs de coulisses  (fonctionnaires de l’Etat, simples secrétaires ou chauffeurs… j’ai rencontré l’un deux  encore au service de son maître 20 ans après… Michel…), ces hommes et femmes  de l’arrière scène qui ont soutenu l’organisation et le déroulement de ces moments historiques aujourd’hui gravés en lettres de lumière dans le granit de l’histoire de  notre pays! Ils méritent reconnaissance de la République afin que, pour de bon, la  conscience, la responsabilité et l’engagement soient salués à quelque niveau où ils se manifestent et que la détermination pour des causes nobles soit encouragée.
Rappeler cette essence originelle de la Conférence des Forces Vives me paraît primordiale si nous sommes d’accord que la mémoire et la logique ne doivent être reléguées au profit d’un quelconque formalisme de simple souvenir protocolaire.

Pour Célestine Zanou, quel bilan faire aujourd’hui de la conférence des forces vives et quelle a été votre part contributive?
L’option démocratique applaudie à cette rencontre fait partie des décisions qui comptent pour nous, c’est désormais une boussole incontournable. En effet, les premières années furent celles de l’enracinement de la démocratie et de l’Etat de droit. Il fallait consolider les fondations de la démocratie et jeter les bases de la relance économique. Les tout premiers acteurs de cette nouvelle expérience – Mathieu Kérékou, Nicéphore Dieudonné Soglo et le Gouvernement de Transition – ont notre reconnaissance. Nous pouvons dire qu’ils n’ont pas démérité. La tâche fut ardue mais  les résultats ont parlé d’eux-mêmes et les Béninois dans leur ensemble étaient fiers de ce qu’ils venaient d’innover en Afrique.
La Conférence Economique Nationale de décembre 1996 fut dans la droite ligne des décisions de la Conférence Nationale de 1990. J’ai eu l’opportunité et l’honneur de conduire le Groupe Technique d’Appui qui l’a préparée et d’en être la Secrétaire générale, en ma qualité de Directeur de Cabinet du Ministre du Plan. Ce fut pour moi l’occasion d’associer, sans exclusive, des hommes et femmes de qualité qui, depuis lors, à ma grande satisfaction, sont restés dans le sérail politique ou au service de l’Afrique et du monde élitiste des affaires. Je voudrais nommer entre autres: l’Ambassadeur Cyrille Sagbo avec qui j’ai eu le bonheur de travailler pour la CEDEAO dans le cadre des élections au Togo et ailleurs, Maître Marie Elise Gbèdo, qui mène avec beaucoup de détermination le combat pour le droit des femmes,  Abdoulaye Bio Tchané, actuel président de la BOAD, Gaudens Yessoufou. PDG de CAMIN et bien d’autres aujourd’hui à divers postes de responsabilité et avec qui j’ai toujours des échanges fructueux sur ces moments décisifs pour le Bénin. Ils méritent aussi une reconnaissance de la République.
Avec les actes de cette conférence économique, nous avons pu doter notre jeune démocratie d’un contenu économique qui a contribué largement à l’élaboration de notre 1er Programme d’Action du Gouvernement avec des objectifs clairs déclinés en actions à échéances d’exécution assortis d’indicateurs de performances. Ce fut pour notre pays et sa jeune démocratie, un acquis indéniable reconnu hors de nos frontières. Une grande expérience à laquelle je dois mon accession au poste de Directeur de  Cabinet du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement.
Le relèvement sensible du taux de croissance enregistré quelques années plus tard n’est rien d’autre que la résultante de la rigueur de gestion imposée par l’existence du PAG. En effet, comme je le disais tantôt, avec les Actes de la Conférence Economique, nous avons œuvré à doter notre pays d’un programme d’action qui a mis  au travail tout le gouvernement, l’administration entière ainsi que tous les corps constitués de la Nation, chacun dans son rôle, avec le Président de la République comme chef d’orchestre. Je me souviens comme hier des sollicitations adressées au Président Kérékou par des Chefs d’Etat de la sous-région pour se doter de pareille boussole sur le plan économique. C’est une preuve supplémentaire de l’importance et de la qualité de ce qui a été fait.
Je suis donc persuadée que nous devons dépasser les clivages pour construire ensemble, car toutes les sensibilités politiques ont œuvré à ces travaux. Rééditer l’expérience dans un esprit d’amélioration ne peut être que pour le bien de ce pays et de son peuple.
La décentralisation qui a suivi plus tard est aussi un des piliers essentiels de ces assises de 1990 pour mieux conduire le développement à partir de la base. Signal de partage du pouvoir et de transfert de compétences, elle peine aujourd’hui pour plusieurs raisons qui ne pourraient être évaluées qu’au cours d’un dialogue national.
Tout était alors en place pour un décollage économique et un maintien de la paix et de la concorde dans notre pays. Les difficultés qui ont émergé et qui se sont aggravées depuis 2006, et que nous avons eu à souligner à maintes occasions, sont surtout liées à l’absence de définition d’une échelle des valeurs capable de canaliser les uns et les autres dans leurs rôles et leurs responsabilités respectives. A mon humble avis, il nous faut aujourd’hui nous doter d’une charte des valeurs auxquelles tout le monde se réfère tant dans son action politique, qu’économique et sociale. Y parvenir serait retrouver ce chemin qui signe les engagements et rend durable toute action. C’est toute la quintessence du sens des valeurs que nous prônons à la Dynamique du Changement pour un Bénin Debout.
C’est vous dire que, 20 ans après la Conférence Nationale, la situation de notre pays est loin d’être reluisante sur les plans politique, économique, socioculturel et moral. Si pour l’heure, elle n’est pas encore catastrophique, seule la revisitation de l’esprit de la Conférence peut nous permettre d’éviter toute catastrophe et nous sortir de toute impasse. D’où notre proposition forte d’un Dialogue National.

Quel futur entrevoyez-vous pour les acquis de la conférence nationale et quelle pourrait être votre implication?
Nous avons l’obligation de nous faire tresseurs de cordes et «rallongeurs» de l’ancienne corde; nous avons à témoigner pour l’histoire, pour ces moments et ces personnes qui ont incarné l’idéal de la Conférence des Forces Vives, afin que leur don et leur engagement ne soient jamais vains.
Il va sans dire que la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990 a jeté les bases consensuelles de la démocratie et de l’Etat de droit. Il est tout aussi vrai que 20 ans après ces assises, l’option du multipartisme intégral qui a été retenu pour l’animation de la vie politique au Bénin a montré ses limites quant à une morale politique porteuse de développement. Il est enfin évident que la volonté des Béninoises et des Béninois, au regard de cet événement important, est de voir un cadre de concertation politique et social accompagner les marches de la démocratie dans notre cher pays. Le comprendre ainsi et l’adopter comme mode de fonctionnement, ne peut être que bénéfique pour nous tous car l’approche est porteur d’apaisement.
Je suis fermement convaincue qu’à l’heure où la construction du pays reste notre préoccupation majeure, nous devons travailler en permanence à minorer les espaces de désaccord. Référons-nous à l’histoire dans un esprit positif. Si le roi Béhanzin a soldé pour nous les atrocités de la guerre, il nous revient de travailler à l’édification de cette nation en limitant au maximum nos espaces de désaccord, de rancœurs et de rancunes. Imaginez la LEPI, la révision de la Constitution, la réforme du système partisan, et bien d’autres fondements de la République débattus à un Dialogue National réunissant toutes les forces politiques et sociales de ce pays en célébration de ce 20ème anniversaire! Ne serait-ce pas là l’esprit de 1990 retrouvé au grand bonheur / de ce peuple pour un nouveau départ?
C’est à cet étage de construction de la Nation que je me sens en ce moment, capable d’investir ce que la vie m’a si généreusement donné à savoir mon expérience aux côtés des acteurs en place. C’est pourquoi j’en appelle – comme je l’ai dit depuis plus de 6 mois déjà – à des assises de DIALOGUE NATIONAL et suis prête à m’y impliquer dans une démarche qui rassure en appelant chacun et chacune à sa conscience et au devoir citoyen.
QUESTIONS SUBSIDIAIRES
 

Serez-vous candidat en 2011 ?
A votre avis, ai-je le droit d’être présente à ce grand rendez-vous ou le devoir d’y être absente? Non, disons plutôt que c’est une décision qui reste liée à tout ce que je vous ai dit tout à l’heure.

II – A propos de votre entrée au gouvernement…
Vous le savez: Contrairement à d’autres acteurs politiques, je n’ai jamais fait de mon entrée ou non au Gouvernement de Boni Yayi un accord politique. Pour autant, ceux qui l’ont fait à un moment donné ont-ils eu tort? Mais, je voudrais plutôt vous renvoyer la question: Au-delà du fétichisme qui entoure la formation des équipes gouvernementales dans nos pays, les conditions politiques pour une telle éventualité en ce qui me concerne sont-elles aujourd’hui réunies? La réponse, vous la connaissez vous-mêmes, n’est-ce pas, c’est non.

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