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Le triomphe de la vérité

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Guinée:L’éventuel retour de Dadis Camara fait peur


Le capitaine Dadis Camara reviendra-t-il en Guinée ? L’ex-chef de la junte de Conakry, grièvement blessé à la tête par son propre aide de camp le 3 décembre 2009, est resté enfermé jeudi pendant plusieurs heures à la présidence de la République du Burkina Faso. Trois hommes seulement prenaient part à la réunion : outre «Dadis», le président burkinabé, Blaise Compaoré, et le général guinéen Sékouba Konaté, président par intérim.

Que se sont dits les trois hommes ? Quel est l’état de santé réel de Dadis ? Celui-ci était arrivé par surprise mardi à Ouagadougou en provenance du Maroc, où il était soigné depuis la tentative d’attentat. Mais la surprise était à double détente. Selon plusieurs sources françaises et burkinabés, Dadis croyait rentrer en Guinée.
Sékouba Konaté, le recours

C’était apparemment toujours son souhait jeudi, même s’il pourrait ne pas le voir exaucé. La réunion à huis clos représentait le dernier acte d’une série de manœuvres discrètes, menées en particulier par la France et les États-Unis, qui ne veulent pas voir le capitaine retourner dans son pays. Accusé par l’ONU d’avoir joué un rôle prépondérant dans le massacre d’opposants au stade de Conakry en septembre dernier, Dadis est vu comme un facteur de guerre civile. Les Occidentaux craignent qu’un éventuel retour du capitaine ne requinque ses partisans dans une armée indisciplinée et divisée en clans, comme le prouvait un communiqué hier dans lequel les amis de Dadis exigeaient son retour.

Le seul recours à la disposition de Paris et de Washington, c’est le général Konaté, le troisième homme de la réunion. Le militaire a accepté un intérim court avant des élections, avec désignation d’un premier ministre par les «Forces vives», rassemblement de l’opposition. En omettant toutefois des précisions importantes, comme de savoir si les militaires seraient inéligibles.

Mais les Occidentaux ne veulent pas avoir l’air de mener une entreprise néocoloniale. «Il faut une solution africaine», a déclaré Bernard Kouchner, de passage dimanche à Ouagadougou. Une solution qui aurait pour avantage de remettre en selle le président burkinabé, médiateur en partie discrédité par sa première proposition d’un gouvernement dirigé par Dadis et comprenant des militaires.

À Paris et à Washington, on espérait jeudi que Blaise Compaoré, qui entretient des liens étroits avec Dadis, allait le persuader de rester en exil. Mais les pays approchés jusqu’ici, comme la Libye et l’Afrique du Sud, se feraient prier pour contribuer aux pressions.

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