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Le triomphe de la vérité

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Arrestation de Simon Pierre Adovèlandé: Une affaire commerciale aux relents politiques


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Adovelande 2Pourquoi donc dans un dossier purement commercial la poursuite judiciaire se mène directement au pénal ? Pourquoi Simon Pierre Adovèlandé a-t-il été arrêté et placé en garde à vue alors qu’il offre une garantie de représentativité suffisante ? Pourquoi son arrestation ce vendredi 25 décembre, jour de Noël, férié comme de coutume ? Ce sont ces « pourquoi » et d’autres « comment » qui donnent un relief politique à ce dossier purement commercial. Au moment où l’on s’attend à ce que le dossier soit poursuivi en civil, c’est en effet en pénal que le procureur de la République a décidé de mener ses investigations en vue de la manifestation de la vérité. Un peu comme si l’on voulait nécessairement que le prévenu soit envoyé derrière les barreaux. Et pourtant les débuts de cette affaire ne pouvaient laisser présager une telle issue pénale. Les irrégularités constatées C’est en 2002 et 2004 que la Société pour l’Habitat et le logement territorial en Afrique (SHELTER-Afrique) a accordé des prêts d’environ 1 milliard 425 millions de FCFA au Groupe Betsaleel Building (GBB). De la même manière, l’Opec fund for international development (OFID) a accordé en 2004 un prêt d’environ un milliard de Fcfa à la même société dans le cadre du même projet de construction des logements économiques. Tous ces prêts ont été garantis par l’Etat béninois. Mais à la date du 30 juin 2008, les deux bailleurs de fonds constatent que le Groupe est pratiquement en cessation de paiement. Un audit commandité auprès du cabinet CKA Audit et Conseil constate la déviation de la quasi-totalité des recettes commerciales du GBB contrairement au contrat signé avec les bailleurs. Les actionnaires de la société sont demeurés incapables de libérer la part de contribution qui lui revient pour la réalisation du projet. Ce sont des difficultés monstres face auxquelles les bailleurs ont opéré des rappels vis-à-vis des dirigeants du GBB, sans résultats. D’autres erreurs de gestion ont été mises à nu par les bailleurs qui ont exigé la régularisation de la situation. Du 14 au 15 Juillet 2008, ils tiennent une séance de travail avec les dirigeants du GBB qui promettent de libérer les dettes encourues dans un délai de deux mois et de régulariser les situations de mauvaise gestion dénoncées. Sous peine de quoi, une poursuite judiciaire pourrait être engagée selon les règles de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). En attendant, la société est gérée désormais par ses bailleurs, notamment SHELTER Afrique. Depuis ce 15 juillet 2008, les plaintes des bailleurs de fonds de la société n’ont pas trouvé satisfaction auprès de ses dirigeants. C’est apparemment la raison pour laquelle, ils ont saisi le tribunal. Arrêté depuis ce vendredi 25 décembre alors qu’il s’était présenté à une convocation du commissariat central de Cotonou, Simon Pierre Adovèlandé est encore en détention jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse.

Le hic de la détention
Cette détention pose problème. D’autant que l’intéressé n’est pas impliqué dans la gestion quotidienne du GBB. En tant que Président du Conseil d’administration de la société, il n’est pas censé répondre des actes de son staff dirigeant. Ce premier faux pas indique clairement qu’il y a encore anguille sous roche. On se demande si la volonté déjà affichée par l’intéressé de briguer le fauteuil présidentiel n’est pas une des sources d’explication de son arrestation.  On se demande également  quelles pourraient être les implications possibles de cette situation sur la gestion du programme MCA-Bénin. Avec la rigueur voire la rigidité qui caractérise les Américains, il est fort à parier que ce programme de plus de 140 milliards de FCFA pourrait subir les contrecoups de cette affaire.

Olivier ALLOCHEME

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