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Le triomphe de la vérité

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Honorable Orou Ségo Orou Gabé, ancien député:« Le régime YAYI est le pire depuis le Renouveau»


 L’Honorable Orou Ségo Orou Gabé est amer. Ancien député et membre fondateur d’une association de défense des acquis de la conférence nationale, il décortique les errements du régime Yayi, estimant qu’il faudra le balayer en 2011. Il suggère de le remplacer par un nouvel homme Abdoulaye Bio Tchané. Voici un entretien vénéneux, celui d’un espoir déçu qui attend réparation

L’Evénement Précis : Vous êtes membre d’une association créée récemment pour défendre les acquis de la Conférence Nationale des Forces Vives (CNFV). Pourquoi avoir choisi de défendre aujourd’hui ces acquis ?

 OROU SEGO OROU GABE : L’ADPAC, (Association pour la Défense et la Promotion des Acquis de la Conférence Nationale), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a lancé officiellement ses activités à Cotonou au Chant d’Oiseau le 25 juillet 2009. La création de cette association aujourd’hui répond à une nécessité de l’heure car : – les acquis de la Conférence nationale n’appartiennent pas aux conférenciers, ils nous appartiennent tous ; -les valeurs qu’elle incarne constituent un héritage et un patrimoine communs dont la préservation nous incombe ; – la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, acquis n°1 de la Conférence, dans laquelle le peuple béninois a affirmé sa ferme volonté de créer « un Etat de droit et de démocratie pluraliste »est notre boussole et notre miroir. Après 19 ans d’exercice du pouvoir démocratique, période au cours de laquelle les présidents SOGLO, KEREKOU et YAYI se sont succédé que constate-t-on? Si les deux premiers ont essayé de mettre notre pays sur l’orbite des nations démocratiques, il n’en est pas du tout de même pour le président YAYI. En effet, depuis le 6 Avril 2006, la situation politique nationale est permanemment très préoccupante. On assiste constamment à des violations de la Constitution du 11 décembre 1990, le consensus national a déserté le forum et en lieu et place, c’est le culte de la personnalité qui se développe ; les ministres de la République sont devenus des garçons de course, qui sont prêts à se tailler des ballades de santé, à travers tout le pays aux frais du contribuable pour expliquer au peuple des décisions prises par eux-mêmes, voire mener des activités relevant d’autres organes déjà installés. Vous voyez qu’il était nécessaire et indispensable de créer cette association pour rappeler à l’opinion nationale d’où nous venons et pour : – défendre la Constitution du11décembre 1990; – vulgariser les acquis de la Conférence Nationale ; – renforcer la culture démocratique et le respect de la légalité républicaine ; – contribuer à la consolidation de l’unité nationale ; – suivre l’exécution des décisions rendues par les hautes juridictions ; – promouvoir les valeurs citoyennes de probité et d’amour de la patrie ; – surveiller la régularité des consultations électorales ; – lutter pour une prospérité équitablement partagée. Il y a une longue controverse qui menace effectivement de nuire aux acquis de la Conférence. C’est à propos de la LEPI.

Quelles sont selon vous les raisons de la crise ?

Je pense que tout le monde veut de la LEPI. La controverse est voulue pour que l’on n’ait pas une LEPI maintenant et les raisons de cette controverse, il faut aller les chercher d’abord dans la Loi instituant la LEPI, la manière dont elle est votée et ensuite dans la manière dont elle est mise en œuvre : – l’institution d’une Commission politique de supervision (CPS) comprenant des structures non politiques tels le barreau et la magistrature pour tout simplement en inverser l’équilibre politique ; – la surreprésentation de la mouvance par la désignation outre des représentants des institutions ci-dessus citées des membres du Gouvernement alors que la mouvance a aussi ses groupes parlementaires ; – des recours sur les listes électorales confiés à la Cour constitutionnelle au mépris de l’article 114 de la Constitution ; – la création pour l’exécution de la LEPI de structures difficiles à mettre en place ; -la représentativité des institutions dans les structures chargées de réaliser la LEPI; -le passage en force de la loi à l’Assemblée Nationale. ; -la désignation des membres de la CPS ; -le recrutement des membres de la MIRENA au cours duquel l’esprit partisan a pris le pas sur la compétence ; -l’exécution des tâches de la MIRENA par la CPS ; – l’impossibilité du respect des délais de réalisations des différentes étapes pour aboutir à une liste permanente informatisée pour les élections de 2011. Par ailleurs la rigidité de l’Exécutif, à vouloir foncer tête basse pour la réalisation de cette LEPI, au point d’en faire un instrument sujet à polémique, en lieu et place d’un instrument de paix pour la transparence des élections à venir, n’arrange pas la situation. Le consensus dans ce dossier sensible est en train de déserter le forum ; car l’Exécutif ne veut écouter ni la classe politique, ni la société civile qui crient consensus et tirent sur la sonnette d’alarme afin d’éviter les risques de dérapages graves que court le pays, si la LEPI doit être réalisée de la manière dont elle est conduite.

La réalisation de la LEPI est-elle une condition des élections de 2011 ?

La réponse est absolument non ; car la réalisation de la LEPI doit être considérée comme un processus ayant des résultats bien précis exploitables à chacune de ses étapes. Les résultats d’une étape exploités judicieusement, constituent une amélioration de la vieille méthode qui consistait à la délivrance des cartes d’électeurs et sur simple témoignage. Le Chef de l’Etat en fait une nécessité absolue de même que la société civile. Qu’en dites-vous ? Le chef de l’Etat est le premier magistrat de la Nation, garant de la Constitution et à ce titre il doit veiller à l’exécution des lois qu’il promulgue. C’est pour cela, je pense que c’est légitime de vouloir d’une LEPI pour les élections de 2011 surtout qu’il s’agit d’une élection capitale pour lui car il envie un deuxième mandat, je crois bien. Mais cela ne suffit pas pour s’accrocher à cette LEPI dont la réalisation ne se fait pas suivant les normes universellement reconnues, comme lui-même l’a souhaité dans son discours de lancement des activités du recensement national approfondi. En outre, des pays qui rivalisent avec le nôtre en matière de démocratie dans la sous région ont fait des élections présidentielles bien réussies en utilisant des résultats d’étapes de la réalisation de la LEPI ; c’est le cas du GHANA et du MALI. Je ne pense pas que la société civile fasse de la LEPI une conditionnalité pour les élections de 2011, mais elle plaide plutôt pour une LEPI consensuelle et transparente. En tant qu’ancien député, vous avez vu comment la session budgétaire se déroule actuellement au parlement. Ne pensez-vous pas que la polémique sur les erreurs contenues dans le décret de transmission de la Loi de finances est inutile ? La polémique est vraiment inutile, mais la faute est grave et ne devrait pas être perçue comme une simple erreur car l’Assemblée est une Institution dont les membres sont élus par le peuple et représentent toute la Nation. A ce titre l’Exécutif doit un grand respect à cette Institution et ne doit pas envoyer des documents qui embarrassent les députés. Le montant global du budget, instrument chiffré de la politique de développement du Gouvernement, ne doit pas varier d’un document à un autre surtout des documents destinés à une Institution qui doit délibérer sur le Budget.

A votre connaissance, est-ce qu’il y a eu des cas d’erreurs de ce genre au parlement ? Qu’est ce qui peut expliquer que le gouvernement se soit trompé jusqu’à ce point ?

A ma connaissance, non, malgré mes trois passages à l’Assemblée Nationale. Je ne peux pas savoir ce qui s’est passé au niveau du gouvernement n’en étant pas membre. Mais à travers les explications données par les membres du Gouvernement il y a eu de la précipitation, une des caractéristiques de gestion du régime, et une légèreté dans la finalisation de la confection du budget. Une question d’actualité posée au Gouvernement par le député YAHOUEDEHOU est actuellement sur la table des députés à propos des machines agricoles. En tant qu’ancien cadre du CARDER et natif de BANIKOARA, comment trouvez-vous les machines agricoles acquises dans le cadre de la mécanisation ? J’ai lu la question que l’Honorable a posée au gouvernement au sujet de l’acquisition des machines agricoles dans le cadre du projet de promotion de la mécanisation de l’agriculture de notre pays. J’aurais bien voulu prendre connaissance des réponses du Gouvernement avant de me prononcer ; car le député a fait des constats techniques (absence d’étude de sol pour déterminer la nature des tracteurs adaptés aux différentes régions du pays), et des constats d’ordre administratif dans la procédure d’acquisition desdites machines ( achats effectués par la procédure de gré à gré conclue avec des sociétés béninoises sans références dans le secteur et qui semblent par surcroît être créées pour la cause). Si ces allégations s’avéraient vraies, il convient de conclure que l’achat des machines, sans études préalables, ne s’est pas fait pour promouvoir la mécanisation agricole mais pour d’autres intentions inavouées. Que fallait-il faire à votre avis pour éviter les controverses actuelles ? Je ne pense pas qu’il y ait encore controverse dans la mesure où le Gouvernement n’a pas encore répondu à l’Honorable. En tout état de cause, on ne peut pas, dans un pays aux ressources limitées comme le nôtre, entreprendre un projet d’une telle envergure et d’une si grande portée pour le devenir de notre agriculture sans prendre des précautions en amont et en aval; surtout que ce n’est pas pour la première fois que l’on parle de mécanisation de l’agriculture béninoise. On se souvient encore, comme si c’est aujourd’hui, l’expérience de la coopération suisse avec le centre de machinisme agricole de N’dali, la généralisation de cette expérience avec la multiplication des centres provinciaux de machinisme agricole au niveau de la plupart des CARDER. La mécanisation de notre agriculture a une histoire et cette histoire est riche d’expériences (de la culture attelée à la petite mécanisation, de l’expérience des CUMA dans la zone de BEMBEREKE à l’utilisation individuelle des tracteurs, de l’existence de la COBEMAG à PARAKOU et du centre de culture attelée de BOKO). Bref, pour moi, on devrait faire le point de l’existant au lieu de se lancer dans les opérations de charme dans la précipitation, comme si l’on n’a aucune vision dans le domaine. On fait des expériences malheureuses sur le dos des pauvres producteurs qui utilisent les tracteurs à peine 10% de leur capacité. Ce n’est pas le nombre de machines acquises qui fait la mécanisation de l’agriculture mais la qualité, l’aptitude de ces machines et leur utilisation efficiente. Qui sera votre candidat aux élections présidentielles de 2011 ? Mon candidat aux élections présidentielles de 2011 est M. Abdoulaye BIO TCHANE car le régime de YAYI est le pire des régimes connus par notre peuple depuis l’ère du Renouveau Démocratique. Mon constat amer, est que l’espoir suscité par le régime dit du changement a été très vite estompé par celui là même qui l’incarne. On assiste aujourd’hui à une chute libre du pays dans presque tous les domaines et même là où on pense bien faire, la précipitation et la politisation des actes que l’on pose nous conduit à la catastrophe (gratuité de l’enseignement maternel et primaire, le projet de micro finances aux plus pauvres qui nourrit les responsables et appauvrit davantage les plus pauvres) etc. Je sais que M. BIO TCHANE est un homme ayant une grande capacité d’écoute des hommes. Il connait très bien le pays pour l’avoir pratiqué dans sa tendre jeunesse, pour l’avoir bien servi en qualité de Ministre des FINANCES et de  l’ECONOMIE. C’est un homme qui a une vision claire pour le développement de notre pays et qui a de la méthode.

Est-ce que les partisans de votre candidat ne subissent pas des harcèlements pour abandonner leur lutte ? Comment se manifestent ces pressions ?

Oui c’est évident que les harcèlements fusent de partout sur nos partisans et sous différentes formes : -menaces de perte le poste ou affectations arbitraires, (il y a eu peut-être des victimes innocentes dans cette vague) ; -calomnies et diffamations auprès des parents dans leurs terroirs respectifs ; -interdictions catégoriques de réunions des partisans de mon futur candidat ; – interdiction de meeting dans les milieux considérés à tort comme fiefs de YAYI qui n’en possède pas d’ailleurs, car au nord, quand un fils du Nord devient Président, il est d’office le leader politique de la zone ; – menaces même des parents directs du futur candidat – corruption massive des élus locaux soutenant le candidat ; – incitation à la haine tribale et au régionalisme ; – et que sais-je encore ?  

Quelle alternative propose-t-il aujourd’hui face à la gouvernance actuelle ?

Une alternative meilleure au cafouillage que l’on observe aujourd’hui ; le moment venu nous, mes amis et moi qui suscitons la candidature de M. BIO TCHANE, ferons connaître cette alternative à travers la vision de notre futur candidat qui sera traduite par un programme de Gouvernement ambitieux mais réaliste. Quelles sont les chances dont il dispose étant entendu qu’il aura en face de lui, aussi bien le Chef de l’Etat actuel que de vieux routiers de la politique béninoise ? Mon candidat a toutes les chances de gagner ; et je pense que le Président de la République du Bénin en 2011 s’appellera M. Abdoulaye BIO TCHANE pour des raisons très simples et évidentes : il est la charnière entre les vieux routiers et le nouvel homme désiré par les Béninois qui les a déçus. S’il vous était donné de conclure, que diriez-vous ? Je demanderais  à tous les béninois: -de prier le Tout Puissant pour la paix dans le pays ; – de faire appel à leur sagesse légendaire pour éviter au pays  le pire ; -de se mobiliser, comme un seul homme, pour l’élection de M. Abdoulaye BIO TCHANE en 2011 afin de remettre le BENIN sur l’orbite des nations démocratiques de l’Afrique et lui permettre enfin un développement socio économique et culturel dans la paix et l’unité nationale. 

 Entretien réalisé par Olivier ALLOCHEME et Gérard AGOGNON

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One thought on “Honorable Orou Ségo Orou Gabé, ancien député:« Le régime YAYI est le pire depuis le Renouveau»

  1. mao

    tout ce blablabla vide et denoyauté pour ns dire de voter pour son candidat.je reste persuadé que si le pr boni te remplissait le grouin tu ns dirais de voter pour lui en 2011.sales politicons de multicolorés.

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