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Le triomphe de la vérité

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Après son pardon à Nicéphore Soglo: Houngbédji doit des excuses au peuple


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Soglo et HoungbédjiLes confessions de Me Houngbédji sont incomplètes. Le leader du PRD, probable candidat unique de l’Union fait la Nation (UN), doit maintenant des excuses au peuple béninois qu’il a induit en erreur en 1996 en appelant à voter pour le Général Kérékou. Le règne du Général auquel il entendait participer, et auquel il participa en effet pendant deux ans environs, s’est révélé désastreux au cours de son deuxième mandat. Me Houngbédji sait les calamités immondes que ce règne a entraîné aussi bien sur les finances publiques que sur les conditions de vie et de travail des Béninois, et surtout sur l’avenir des jeunes générations auxquelles la gestion de Kérékou a volé un pan de destin. Les jeunes, cloués dans la misère et la précarité du fait de l’état calamiteux des finances publiques en 2006 par exemple, des recrutements insignifiants à la fonction publique et d’une politique éducative largement contradictoire ont été les souffre-douleurs du système. Pendant ce temps, la plupart des acteurs politiques, y compris lui-même Houngbédji, se sont tus. Par le système bien connu des rentes politiques que le régime distribuait avec un art consommé, chaque acteur évitait de se fâcher contre le Général au risque de perdre des intérêts colossaux que le Général a pris la peine de laisser saisir par chacun d’eux. Me Houngbédji s’est bien gardé de dénoncer cette complicité nauséeuse entre les acteurs qui ont permis au régime Kérékou de maintenir une relative stabilité, d’échapper à la critique acerbe qui fleurit pourtant aujourd’hui sur tous les toits. Vers le terme du dernier quinquennat de Kérékou, Adrien Houngbédji, embusqué depuis dans une attente passive pour bénéficier d’un certain dauphinat à la Marina, a renoué de fructueux contacts avec le Général. Il est devenu aphone sur l’échiquier pour ne pas perdre les avantages d’un soutien que le Général n’hésiterait pas à lui apporter. A plusieurs reprises, les acteurs mêmes de la mouvance présidentielle ont été surpris de le voir en audience à la Marina en 2005-2006. Il semblait revêtir alors des habits de mouvancier bon teint au point de prendre une place considérable dans la stratégie de liquidation de la démocratie conçue par Mathieu Kérékou au soir de son règne. Mais Me Houngbédji était trop préoccupé d’être le dauphin du Chef pour lui dire ses quatre vérités comme il a pris l’habitude de le dire depuis que ses intérêts le lui recommandent sous Yayi. En vérité, le pardon hypocrite qu’il a fait entendre aux oreilles de Nicéphore Soglo a été destiné à l’attendrir et à amadouer son électorat en vue d’engranger quelques précieux points pour 2011. Ce sont des confessions électorales. Dans ce registre, il faut maintenant qu’il présente ses excuses au peuple pour toutes les erreurs commises non seulement en 1996 mais aussi en 2001 et 2006. Pour ces milliers d’emplois volatilisés, le système éducatif en panne, la marchandisation de l’activité politique, l’économie en berne avec un système agricole mené à l’abattoir, l’artisanat décapité, il doit demander pardon. Car en toute logique, ceux qui ont le plus souffert de ces errements et de la déliquescence à l’ère Kérékou, ce ne sont ni les Soglo, ni les Houngbédji : ce sont les humbles, les gagne-petit auxquels une décennie d’errance a arraché l’espoir. S’il ne le fait pas, il aura confirmé qu’il est allé dimanche dernier caresser Soglo dans le sens du poil juste pour obtenir des voix. Et non pour réparer des erreurs somme toute historiques.

WANDJI  A.

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