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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Partisans et syndicalistes


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Le Parti Social-Démocrate (PSD) a tenu le week-end écoulé le deuxième congrès ordinaire de toute son histoire. Dans la vie d’un parti politique, le congrès apparaît comme un événement central qui décide de son avenir tout en validant son passé. C’est de sa tenue régulière que dépend la démocratie interne du groupe et donc la vitalité intrinsèque de celui-ci. Par vitalité, j’entends le dynamisme existentiel qui porte le groupe et l’empêche de se scléroser dans la pensée unique de quelques-uns de ses dirigeants qui feignent d’être les porte-paroles de gens qu’ils ne consultent pas, n’écoutent jamais et méprisent peut-être. J’entends également le respect des textes régissant le groupe et la possibilité qui est offerte au cours des expériences accumulées de les modifier compte tenu des réalités de l’heure. Le congrès, c’est surtout une base juridique statutaire qui indique une périodicité donnée pour les réunions régulières, un mode de dévolution du pouvoir à l’intérieur du groupe et des élections qui confirment ou alternent les personnalités appelées à diriger le groupe. Le Congrès, est enfin un baromètre, voire le seul, qui indique la démocratie interne des partis, syndicats et autres associations. Dans ce registre, le PRD de Me Houngbédji me semble être un modèle pour avoir tenu des congrès réguliers avec, comme à son dernier congrès, le renouvellement de ses instances dirigeantes. A l’occasion une nouvelle génération, plus jeune, a été appelée aux postes clés du parti et s’initie aux rouages de la vie politique avec des fortunes diverses. Voilà un parti dont les responsables se préoccupent de la relève, sans saper l’expérience du passé portée par les anciens.
A contrario, le congrès du PSD nous offre un contre-exemple parfait où le respect de la régularité de la tenue des congrès statutaires n’est pas un acquis. Il est sûr que l’on opposerait des contingences internes à cette volatilité commune à la grande majorité des partis qui dirigent ou aspirent à diriger notre pays. Le respect des principes est ainsi devenu une rare exception. Est-ce extraordinaire que les hommes et femmes originaires de ces groupes où l’illégitimité est de règle, fassent peu cas du respect des normes une fois qu’ils sont promus à des postes de responsabilité ? Non. Ce qui par contre est contradictoire, c’est l’acharnement méticuleux à exiger des autres une démocratie que l’on bafoue allègrement dans son propre parti, dans son association, dans son syndicat.
Jeudi dernier, Guillaume Attigbé, ancien Secrétaire général de la CSA a jeté un pavé dans la mare en montrant, preuves à l’appui,  la situation de légitimité douteuse dans laquelle végètent les centrales syndicales dont certaines n’ont pas tenu d’AG élective depuis dix ans ! Elles ont instauré une monarchie syndicale en plein XXIè siècle, cependant qu’ils ne s’embarrassent pas de réclamer du pouvoir la bonne gouvernance qu’ils tiennent pour un principe cardinal. Si donc bonne gouvernance devrait y avoir, c’est certainement pour les autres et notamment pour le pouvoir ! Nageant dans une mare de contradictions massives, voilà ceux qui veulent faire la leçon aux autres et s’enorgueillissent même d’en savoir plus sur la démocratie que le commun des dirigeants de ce pays. Jean François Revel avait donc raison : la haine de la démocratie prend souvent le masque de sa défense.
Car, s’il y avait une véritable démocratie interne à nos partis, associations et syndicats, je reste convaincu que le respect de la chose publique s’en trouverait plus raffermi. De cette base citoyenne dépend la structure même de la sociologie démocratique qui fonde toute démocratie véritable. Si les AG électives ou les congrès statutaires qui pourraient être considérés comme des éléments ” banals ” du fonctionnement normal d’un groupe, sont ainsi bafoués, il faut se poser des questions sur le reste, c’est-à-dire sur la gestion des ressources financières et du matériel, sur le règlement des contentieux,  sur le respect des opinions des autres, etc. Aujourd’hui, exiger la légalité peut paraître même comme un attentat dans des partis où le leader charismatique est un roi. Un parti connu de tous s’est même  spécialisé dans l’exclusion de ses cadres dès qu’ils commencent à ne plus penser la même chose que le leader ou sa femme. Cela ne l’empêche nullement de donner des leçons de démocratie à tour de bras. Dans ce cas, comme dans tous les autres, la sociologie démocratique est encore loin de nos portes, les travailleurs comme les simples membres des partis acceptant sans broncher le règne de l’imposture.
Olivier Djidénou

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