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Le triomphe de la vérité

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2ème congrès ordinaire du PSD: Boni Yayi au ban des accusés


PSD Congrès 2 2148(Le soutien de la classe politique au chef de l’Etat en 2006 a été une erreur d’appréciation, d’après Amoussou)
Kermesse d’ironie, de rhétorique et de prophétie apocalyptique du changement. Le deuxième congrès ordinaire du Parti Social Démocrate tenu samedi dernier, au Palais des congrès de Cotonou, a été prolifique  dans la mise en accusation et la condamnation du régime de Boni Yayi sous le regard impuissant de l’avocat FCBE, Eugène Azatassou.

Organisées sous le thème « face à la violence et à l’exclusion, opposons la paix et la concorde nationale », les assises du deuxième congrès du Parti Social Démocrate (PSD) de Bruno Amoussou ont été une croisade politique contre le régime en place. Cette grande messe politique n’a pas manqué d’intérêt pour l’ensemble de la classe politique. Des FCBE en passant par le G13, le G4 et Force Clé, personne n’a voulu rater l’occasion de passer son message du pupitre de la salle bleu du Palais des congrès plein comme un œuf. Nicéphore Soglo, Rosine Vieyra Soglo, Adrien Houngbédji, Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto, Elhadja Kassoumou Abéni et Eugène Azatassou, pour ne citer que ces icônes de la classe politique, ont rivalisé de talent d’orateur pour tenir en haleine les délégués au deuxième congrès du PSD. Et pour la circonstance, chacun se voulait plus proche du PSD que l’autre. Mais les rapports de forces ont tôt fait de basculer en faveur de l’opposition non déclarée constituée des G et F. Un peu comme une stratégie pour mieux circonscrire leur sujet, l’honneur est revenue au bouclier politique du changement, Eugène Azatassou, Président de l’alliance FCBE, de défendre la thèse à réfuter.

La plaidoirie politique des FCBE
Sans grande verve, sans détour et sans humour, Eugène Azatassou, est allé droit au but en reconnaissant la place du PSD sur l’échiquier politique national et les mérites de Bruno Amoussou et compagnie sur la scène politique. Soulignant tout de même les divergences de points sur certaines questions relatives à la gestion du pays, le Président de l’alliance FCBE a courtoisement tendu la main au PSD à regarder dans la même direction que la majorité présidentielle plurielle afin de faire face aux défis de développement national dans un contexte de crise financière internationale. Ponctuée de cris ironiques et de bancs flatteurs, Eugène Azatassou déroule sa bande d’éloges sur les réalisations du régime Boni Yayi : «prospérité partagée, micro crédits aux plus pauvres, gratuité de l’enseignement et de la césarienne, efforts de relance du secteur agricole, lutte contre la corruption… ». Bref, rien n’a été occulté par le disciple de Boni Yayi pour prêcher pour sa chapelle politique. Quoi de plus normal qu’un responsable FCBE s’illustre en avocat du régime de changement au cours d’une kermesse politique aussi dense que celle du deuxième congrès ordinaire du PSD ! En tout cas, la réplique ne s’est pas faite attendre longtemps dans une salle bleue du Palais des congrès toute aussi garnie de têtes de pont d’une opposition non déclarée sous le couvert G et F.

La puissance de feu de l’opposition
C’est tout d’abord le commandant de l’artillerie légère de l’opposition, Force Clé, qui dégaina. Lazare Sèhouéto ne s’est pas fait prier pour déblatérer  sur le régime Boni Yayi. Pour lui, l’heure a sonné et la coalition G et F donne la preuve de « l’existence des partis politiques au Bénin malgré les fortunes diverses qu’ils connaissent. » Le représentant de Forcé Clé a stigmatisé le mensonge d’Etat sur « la gratuité de tout alors qu’on continue de payer pour la scolarité des enfants et la césarienne ». Lazare Sèhouéto a réitéré l’engagement de sa formation politique à la dynamique unitaire G et F car, dit-il, les populations aujourd’hui ne réclament que deux choses : l’unité des G et F et le choix de la nouvelle destination politique. De ce fait, il rassure que  désormais les G et F sont des alliés à vie pour de nouvelles noces politiques. Au « fils de paysan » devenu diplomate, Antoine Kolawolé Idji d’emboîter le pas à Sèhouéto au nom du Madep. « Ceux qui nous ont abandonné par impatience pour d’autres aventures le regrettent déjà », a fait observer le premier vice-président du Madep pour souligner que leurs alliés d’hier aujourd’hui dans les bonnes grâce du pouvoir se sont absolument trompés de direction. Le Président de l’Assemblée Nationale, 4ème législature, a relevé les menaces sur les acquis de la conférence des forces vives de la nation et renouvelé la pertinence de l’initiative de la coalition G et F pour redonner espoir au peuple. Il n’a pas manqué de préciser les relations de bonnes collaborations du Madep avec le Psd depuis toujours. Et à Me Adrien Houngbédji d’ironiser qu’il est temps « d’arrêter la course aux oiseaux rares » puisque, selon lui, les querelles du passé sont oubliés au sein des G et F. Ce qui importe aujourd’hui, d’après le Président du Prd,  est d’arrêter la gestion chaotique des ressources et l’amateurisme dans la conduite des dossiers d’Etat. C’est pourquoi il salue l’initiative des G et F à travers la rencontre du Palais des sports de Cotonou et la tenue du séminaire de Bohicon où d’importantes résolutions ont été prises pour un meilleur avenir du pays. Nicéphore Soglo, quant à lui, a dénoncé Maurice Ahanhanzo Glèlè qui aurait extraverti l’idée de la conférence nationale en introduisant le multipartisme intégral dans la Constitution. D’après le maire de Cotonou, c’est ce multipartisme intégral qui explique aujourd’hui l’émiettement des forces politiques favorisant  l’avènement au pouvoir d’un individu plutôt que  d’un système. C’est pour corriger cette situation que les G et F ont pris l’initiative de rester ensemble. Nicéphore Soglo décrie les maîtres chanteurs autour du Chef de l’Etat ; lesquels l’ont induit en erreur.

Le refrain prophétique de Bruno Amoussou
« Ecoutez les discours, observez les visites de terrain, soyez attentifs à la soudaine sollicitude des dirigeants généreux envers les populations. Quand vous voyez ces signes, sachez que l’évènement est proche ». Voilà le refrain rhétorique ayant ponctué le discours du Président du Psd, Bruno Amoussou. Dans le style humoristique qu’on lui connaît, le Renard de Djakotomey qualifie « d’erreur d’appréciation » le soutien porté sur le candidat Boni Yayi au deuxième tour de la présidentielle de 2006.  « Alors que nous pensions ouvrir de nouvelles perspectives à notre pays à travers la signature d’un accord politique engageant, nous n’avons pu rien faire d’autres que de réserver ce précieux document aux générations futures en l’envoyant aux archives », ironise Bruno Amoussou avant de préciser qu’à « présent, nous connaissons mieux les limites des accords conclus dans la précipitation avec des candidats en quête de suffrage et prêts à toutes les reptations qu’appelle la dernière marche du pouvoir ». C’est la raison pour laquelle le Psd adhère à la coalition G et F et « participe avec enthousiasme à cette initiative pleine de promesses ». Par rapport à la présidentielle de 2011, la position de Bruno Amoussou est tranchée : « nous solliciterons le peuple pour qu’il confie le pouvoir non à un homme solitaire mais à une équipe. Nous nous engagerons sur un programme porté par un groupe qui en garantit la pérennité et non sur une vision dont l’application dépend de l’humeur de son unique géniteur ». Le président du Psd fait observer qu’une « telle démarche s’impose d’autant que celles et ceux que nous avions invité à soutenir l’actuel Chef de l’Etat nous interrogent sur les engagements pris. » Bruno Amoussou n’a pas manqué d’ingéniosité pour stigmatiser le régime en place par rapport à la gestion des affaires publiques, la prolongation des élections communales, municipales et locales, la campagne électorale précoce pour 2011. Le leader charismatique du Psd soutient que « ceux qui n’ont que des visées électorales ont déjà déserté les rangs. Mercenaires politiques et chercheurs de trésor, ils sont partis offrir leur service au pouvoir qui les utilise à de basses besognes en attendant de trouver mieux. » Bruno Amoussou va jusqu’à affirmer qu’il n’a pas perdu des militants mais que le Psd s’est tout simplement épuré. « Si vous voyez le Madep, la RB, le Prd, Forcé Clé et le Psd ensemble, sachez que l’événement est proche », conclut l’ancien ministre d’Etat du Général Kérékou.
 Marc David MOLLI(Coll)

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