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Le triomphe de la vérité

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Dieudonné Lokossou à propos du bras de fer gouvernement-syndicat: « Nous allons combattre la pensée unique »


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Dieudonné LOKOSSOU

Dieudonné LOKOSSOU

Approché pour faire une analyse de la situation sociale qui prévaut au Bénin depuis l’interdiction de la marche des travailleurs, le secrétaire général de la confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), Dieudonné Lokossou  a peint le tableau sombre de la gestion faite du pays. Il  déclare que les syndicats sont décidés à combattre la pensée unique dans notre pays.

L’Evénement Précis : Monsieur le secrétaire général, alors que les centrales et confédérations ont projeté observer un mouvement de grève de 48 heures à compter du mardi 28 juillet en guise de manifestation de mécontentement suite à l’interdiction de leur marche le 21 juillet dernier, le gouvernement a sorti un communiqué dans la journée du lundi 27 juillet pour inviter les travailleurs à ne pas suivre votre mot d’ordre remettant en cause votre crédibilité auprès de vos syndiqués. Qu’en dites-vous ?

Dieudonné Lokossou : C’est de bonne guerre, je ne perçois pas ça comme une remise en cause de notre crédibilité. Le gouvernement est dans son rôle. Chacun joue son rôle. Par rapport au mouvement, il est parfaitement légal, ce n’est pas une grève illégale parce que les libertés publiques sont en péril alors qu’elles font partie du bloc constitutionnel donc nul ne peut nous opposer l’illégalité, l’illégitimité. Ce n’est pas au gouvernement d’apprécier ou s’il veut nous irons sur le terrain des conventions internationales du BIT pour voir si la légitimité est de son côté ou du côté des travailleurs. Alors par rapport à notre marche qui était une marche pacifique, le gouvernement aurait dû par sagesse laisser les gens marcher le 21 juillet dernier car la marche prend à peine une demi-journée et les choses allaient rentrer dans l’ordre. A partir du moment où le gouvernement a voulu l’affrontement en mettant les soldats militaires armés jusqu’aux dents sur les artères principales de la ville, ça a suscité la colère des travailleurs qui  avaient marché en son temps pour que nous ayons le changement. Les travailleurs ne comprennent pas pourquoi ce changement pour lequel ils ont lutté en bravant le régime de Kérékou puisse aujourd’hui s’installer dans une dictature qui ne dit pas son nom et qu’une frange de la presse soutient à coups d’argent. Si vous lisez des journalistes qui affirment que nous avons pris 50 millions chez Bio Tchané, est-ce que ceux-là peuvent rapporter la preuve de ce qu’ils avancent ? Nous sommes dans un pays de liberté et on ne saurait empêcher les travailleurs de manifester ? Pourquoi ce qui est valable hier, ne peut pas l’être aujourd’hui ? Voilà mon analyse, elle est tout à fait simple.

Le communiqué sorti par le gouvernement fait allusion aux défalcations des salaires pour fait de grève. 
Ce n’est pas une première ! Il l’a déjà fait ici non ? Est-ce que cela a fait quelque chose aux travailleurs, ça ne dit rien aux gens et ils seront rattrapés par l’histoire. Le président Mathieu Kérékou a défalqué ici, mais par sagesse il a encore remis. Ce n’est pas en brandissant cette menace de défalcation que ça va freiner l’ardeur de ceux qui sont déterminés à défendre leurs droits ? On n’est pas des enfants ? Ce n’est pas la première fois que l’on marche ? Les policiers, les gendarmes qu’on a drainés au bord des artères, on aurait dû les mettre à notre disposition pour canaliser la marche des travailleurs. Là où le bât blesse, au même moment où on nous interdit de marcher on autorise les partisans du chef de l’Etat à marcher. Quand j’ai suivi un thuriféraire du pouvoir le dimanche dernier à la télévision nationale dire que Cotonou est une grande ville, lorsqu’il s’agit de la défense de la liberté est-ce que c’est à la grandeur qu’il faut faire allusion ? Pourquoi dans les départements de la Donga  les préfets ont pris en son temps des arrêtés pour interdire des marches. Est-ce que là-bas c’est Cotonou ? On ne veut pas tout simplement laisser d’autres courants de pensées s’exprimer mais pendant ce temps on laisse les partisans du chef de l’Etat. Ça veut dire qu’on veut nous ramener à ce qui se passe au Togo ou au Zaïre en temps de Mobutu et de Eyadema. Nous allons combattre par tous les moyens la pensée unique. Et lorsqu’ils parlent de récupération politique ce sont eux qui savent ce qu’ils y mettent, nous ne sommes récupérés par personne ; ceux qui le disent ça n’engage qu’eux.

On a constaté dans le rang des syndicats une certaine désolidarisation de quelques de vos syndiqués quant aux manifestations. Qu’est-ce que vous pouvez dire à ce niveau ?
Ceux qui ont balancé ce communiqué sont les partisans du pouvoir. Je n’ai jamais entendu dans ce pays l’AFOMO. Je ne sais pas ce que ça regorge ce sigle. Le communiqué est signé d’un certain Cyriaque Agboton. Où est-ce qu’il a été enregistré ? C’est au palais de la présidence ? Parce que le syndicat association est régi par des textes. Lorsque vous êtes une association, vous êtes enregistré avec un numéro. Cyriaque Agboton n’a qu’à nous dire ses membres, ses motivations et ce qui le regarde dans la grève des travailleurs maintenant comme nous nous sommes des démocrates, nous acceptons les agissements des brebis galeuses du pouvoir. Un autre communiqué émane de l’Union des syndicats libres du Bénin. Depuis que nous négocions avec le gouvernement nous n’avons jamais su l’existence de cette union ? Qu’elle soit la bienvenue. Je crois qu’ils ont déjà pris leur part et ils sont dans leur rôle. Par rapport au Syndipat-MAE, les gens ont voulu faire de l’amalgame. Ils ne se sont pas désolidarisés du mouvement. Ils ont exprimé un sentiment et au contraire ils nous ont soutenus. J’ai pris connaissance de leur communiqué et on ne saurait faire l’amalgame. Les autres associations sont des associations fantômes, des machins du gouvernement. Ça n’engage que les auteurs qui ont envoyé ces communiqués dans le public pour jeter du doute dans le combat que nous menons pour la sauvegarde de la démocratie.

Si aujourd’hui, vous avez un appel à lancer aux travailleurs, que diriez-vous ?
Je demanderai aux travailleurs de rester mobilisés et que la résistance au pouvoir de l’injustice instaurée par le changement puisse connaître un échec. J’invite tout le monde à suivre les mots d’ordre des confédérations jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites. Lorsqu’on dit que les intérêts des travailleurs ne sont pas menacés c’est du mensonge. La suppression des primes décrétée par le gouvernement au niveau du secteur de la santé par exemple, ça ce n’est pas là une brimade ? Je crois que le gouvernement est dans l’amalgame et le peuple saurait distinguer les défenseurs des libertés des farceurs qui nous gouvernent.

Réalisé par Bruno HOUESSOU

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