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Le triomphe de la vérité

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Eliminatoires Can cadet 2009/Bénin#Nigeria 3-0: David écrase Goliath


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Il y a dans la vie des moments où des choses se passent et tout le monde reste sans mot. C’est le cas hier au stade de l’Amitié de Kouhounou. Les cadets béninois ont écrit une nouvelle page de l’histoire de football béninois en venant à bout des Golden Eagles du Nigeria lors de la phase retour du 1er tour des éliminatoires du championnat d’Afrique cadet, Algérie 2009. Menés à l’aller 2-0, les bambins béninois doivent l’emporter avec 3 buts d’écart pour espérer continuer la compétition. Les Béninois ont devant eux une équipe réputée dans ces compétition de catégorie d’ges. Le Nigeria vient à Cotonou avec une carte de visite qui ne laisse personne indifférente. Les garçons d’Abuja sont champions d’Afrique et champions du monde en titre. Même si ce n’est pas l’effectif de deux ans, la tradition est là. Le public national a abandonné Moise Ekoué et ses protégés. La messe semble être dite après les 90mn de la manche aller. C’est sans compter avec la détermination d’une génération qui ne veut pas mourir après une sortie. Ils ne veulent pas vivre le cauchemar de la génération de 1997. L’histoire s’en souviendra encore longtemps que c’est le Bénin qui a empêché le grand Nigeria de se qualifier pour la énième fois pour le Can puis probablement pour la coupe du monde. Tout a commencé à la 6ème minute lorsque Romuald Zocli donne le top d’un lobe qui bat Emmanuel Achor. Les Béninois marque à un moment idéal et installe leur domination. Raoul Hounsoufa et Loko Babila prennent le jeu à leur compte. Ils ne respectent pas l’autorité nigériane. Sur les côtés, Koukoui et Dassagaté arrivent à prendre de vitesse les latéraux nigérians. Les cadets béninois pêchent par naïveté. Ils manquent quelques actions nettes de but. Jordel Dossou manque d’initiative à la pointe de l’attaque. Il est de temps en temps dépassé par le défenseur central des Golden Eagles Adam. Dans le même temps, Didier Sossa est intraitable derrière. Il gagne tous ses duels sur les attaquants nigérians. Les Nigérians ont été inférieurs aux Béninois sur tous les plans. Cela n’empêche pas le coach Moise Ekoué de donner du ton et de pousser ses enfants à aller de l’avant. Juste avant la pause, suite au 4ème corner de la partie en faveur du Onze national, Dassagaté William frappe au ras du sol. Le ballon passe juste à côté du camp nigérian. A la 44ème minute, Loko Babila décroche un pétard juste à l’entrée du rond central. C’est déjà la pause. Les Béninois ont assuré l’essentiel avant d’aller à la pause. Du retour des vestiaire, les champions du monde en titre forcent le destin et se portent à l’attaque. Ils savent que l’histoire est en train de bégayer à Cotonou. Ils se disent que quelque est encore possible. Ils appuient sur l’accélérateur Ils sont freinés dans cet élan par un but venu d’ailleurs marqué par Jordel Dossou. Sensationnel. Le jeune a fait un geste d’attaquant de rang mondial. Il fixe le latéral droit nigérian, fait un petit croché pour se libérer le passage avant d’envelopper un missile dans la lucarne gauche du pauvre Achor qui ne voit que du bleu. La parité est désormais établie. Tout reste à faire de chaque côté. Les Nigérians ne sont plus qualifiés. Les Béninois non plus. Mais ils sont moralement réconfortés par leurs deux buts. Les champions du monde se jettent à l’attaque et obtiennent quelques brèches dans le camp béninois. A la 61ème minute, leur cause a failli par être attendue par les dieux du stade de l’Amitié. Balogoun Fémi passe en prévue le milieu et la défense béninois et voit sa frappe passer à un cheveu du but de Mama Karim. Il se tient la tête. C’est un signe qui ne ment pas. Les grands d’Afrique sont en train de tomber à Cotonou. Ils cherchent des stratégies pour aller aux tirs au but. Ils commencent par tomber comme de petites mouches. Ils gèlent la partie. Les Béninois ne veulent pas rester à ce niveau. Ils savent que quelque chose est encore possible. Suite à une faute qui mérite le fair-play, Jordel Dossou frappe. L’arbitre congolais Kankondé Kazudu refuse ce but. Ce que personne n’a compris. Mais ce n’est que partie remise. Dans le rang nigérian on pense déjà aux épreuves des tirs au but. Les Béninois poussent. Leur patron leur prodige les dernières consignes. Romuald Zocli même fatigué se surpasse. Le juge assistant Moise Miboti montre le panneau du temps additionnel qui indique 4mn. Moment idéal choisi par Fousséni Lazadi pour réaliser la félicité ou tout simplement l’extraordinaire. Il récupère une balle perdue par défense nigériane et contrôle avec sa cuisse. Il est dans les 18mn. Il a les deux attaquants bien démarqués. Mais il choisit de prendre ses responsabilités. Il envoie un coup de grce qui va se loger droit dans la lucarne opposée en diagonale. Les 11 onze Golden Eagles se tiennent la tête. C’est le tremblement de terre. Ce n’est pas possible, le Bénin ne peut pas battre les géants de l’Est. Pourtant, à la fin de la partie le rêve devient bel et bien réalité. Le « petit Bénin » sort le « grand Nigeria ». Les garçons sont aux anges. Le public ne s’en revient pas. Un ouragan est passé par là. Cette date du 14 septembre 2008 restera à jamais dans la mémoire des Béninois. Il faut remonter bien loin dans l’histoire pour voir quand le Bénin a battu le Nigeria. Il y a bien longtemps ou peut-être jamais. C’est tout simplement David qui a écrasé Goliath.
José Mathias COMBOU

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