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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: La catastrophe silencieuse


Une conspiration du silence entoure tous les résultats scolaires et universitaires au Bénin. Tout le monde se tait comme si les taux de réussite notoirement bas chaque année étaient ce qu’il y a de plus normal. Lorsque le BEPC donne 46% de réussite comme cette année ou le Bac 36% ou encore 38% pour le BTS, il ne vient à l’esprit de personne ou presque de dénoncer les échecs massifs que cachent ces pourcentages pourtant éloquents. Dans tous ces cas en effet, cela signifie que plus de la moitié des élèves et des étudiants ont échoué. Cela veut simplement dire que la majorité des élèves ne comprennent pas les cours ou n’ont pas le niveau requis pour avoir le diplôme. Dans ce cas, soit les professeurs ont mal fait leur travail et il faut le leur dire en face, ou les épreuves proposées n évaluation ne sont pas vraiment à la portée du candidat moyen.
S’il faut reconnaître que les professeurs font de moins en moins bien leur travail, il faut aussi incriminer les conditions dans lesquelles se font les cours aujourd’hui. Les enseignants ne font pas bien leur travail parce qu’ils passent une bonne partie de leur temps en grèves et en réclamations pas toujours fondées. En traitant avec un souverain mépris l’avenir de leurs élèves et de leurs étudiants, ils contribuent à saquer le niveau chaque année plus bas de leurs apprenants. On ne peut s’étonner de ce qu’à la fin, très peu parmi ceux-ci parviennent à se sortir d’affaire, laissant la grande majorité sur le carreau. Ceux qui tombent au combat de la science n’échouent pas par insuffisance d’effort ou par carence intellectuelle. Ils ont été sacrifiés par leurs enseignants qui préfèrent augmenter leurs primes que de s’occuper de leurs apprenants. Parmi eux, beaucoup vont se décourager à jamais et se retrouver dans un centre d’apprentissage au sortir duquel ils finiront peut-être par devenir quelque chose. D’autres sont obligés de reprendre la classe. Ce sont les plus courageux. D’autres enfin seront à jamais dégoûtés et abandonneront tout espoir de s’en sortir. Ils vont grossir les rangs des sans-emplois et alimenteront le banditisme urbain et péri-urbain. L’école travaille ainsi à fabriquer des désespérés détruits par l’inconscience et le manque de patriotisme des uns et des autres.
Et pourtant, dans les pays développés, lorsque les résultats s’avèrent médiocres, donc en-deçà de la moyenne, ils suscitent un débat national destiné à situer les responsabilités et à corriger ce qui doit l’être. A force de nous taire, les profs croient ainsi qu’ils ont le droit de faire n’importe quoi dans les classes, et les ministres de l’enseignement ne se sentent liés par aucun devoir quant à la réussite des candidats. S’ils font quelque chose, c’est souvent à la fin, lorsqu’il faut racheter certains candidats proches de la moyenne, en utilisant une cosmétique commode qui permet de gommer le scandale de la médiocrité de notre système éducatif.
Car c’est de cela qu’il s’agit. Tout est mis en place lors des évaluations pour compliquer la vie aux élèves et aux étudiants, là où ailleurs on ne lésine pas sur les moyens pour qu’ils donnent le maximum d’eux-mêmes. Le directeur de l’Office du Bac serait très frustré par exemple si son examen donnait un taux acceptable de 70%, alors qu’en France ce taux peut entraîner une tempête politique allant jusqu’à la démission du ministre de l’éducation. Les pleurs des candidats au BTS et aux autres examens nous donnent à voir l’hécatombe qui chaque année se produit dans l’éducation nationale béninoise. Par habitude perverse autant que par peur, personne n’en a mesuré les graves conséquences aussi bien pour les finances publiques que pour les familles traumatisées.
Une conspiration du silence entoure tous les ré
sultats scolaires et universitaires au Bénin. Tout
le monde se tait comme si les taux de réussite notoirement bas chaque année étaient ce qu’il y a de plus normal. Lorsque le BEPC donne 46% de réussite comme cette année ou le Bac 36% ou encore 38% pour le BTS, il ne vient à l’esprit de personne ou presque de dénoncer les échecs massifs que cachent ces pourcentages pourtant éloquents. Dans tous ces cas en effet, cela signifie que plus de la moitié des élèves et des étudiants ont échoué. Cela veut simplement dire que la majorité des élèves ne comprennent pas les cours ou n’ont pas le niveau requis pour avoir le diplôme. Dans ce cas, soit les professeurs ont mal fait leur travail et il faut le leur dire en face, ou les épreuves proposées n évaluation ne sont pas vraiment à la portée du candidat moyen.
S’il faut reconnaître que les professeurs font de moins en moins bien leur travail, il faut aussi incriminer les conditions dans lesquelles se font les cours aujourd’hui. Les enseignants ne font pas bien leur travail parce qu’ils passent une bonne partie de leur temps en grèves et en réclamations pas toujours fondées. En traitant avec un souverain mépris l’avenir de leurs élèves et de leurs étudiants, ils contribuent à saquer le niveau chaque année plus bas de leurs apprenants. On ne peut s’étonner de ce qu’à la fin, très peu parmi ceux-ci parviennent à se sortir d’affaire, laissant la grande majorité sur le carreau. Ceux qui tombent au combat de la science n’échouent pas par insuffisance d’effort ou par carence intellectuelle. Ils ont été sacrifiés par leurs enseignants qui préfèrent augmenter leurs primes que de s’occuper de leurs apprenants. Parmi eux, beaucoup vont se décourager à jamais et se retrouver dans un centre d’apprentissage au sortir duquel ils finiront peut-être par devenir quelque chose. D’autres sont obligés de reprendre la classe. Ce sont les plus courageux. D’autres enfin seront à jamais dégoûtés et abandonneront tout espoir de s’en sortir. Ils vont grossir les rangs des sans-emplois et alimenteront le banditisme urbain et péri-urbain. L’école travaille ainsi à fabriquer des désespérés détruits par l’inconscience et le manque de patriotisme des uns et des autres.
Et pourtant, dans les pays développés, lorsque les résultats s’avèrent médiocres, donc en-deçà de la moyenne, ils suscitent un débat national destiné à situer les responsabilités et à corriger ce qui doit l’être. A force de nous taire, les profs croient ainsi qu’ils ont le droit de faire n’importe quoi dans les classes, et les ministres de l’enseignement ne se sentent liés par aucun devoir quant à la réussite des candidats. S’ils font quelque chose, c’est souvent à la fin, lorsqu’il faut racheter certains candidats proches de la moyenne, en utilisant une cosmétique commode qui permet de gommer le scandale de la médiocrité de notre système éducatif.
Car c’est de cela qu’il s’agit. Tout est mis en place lors des évaluations pour compliquer la vie aux élèves et aux étudiants, là où ailleurs on ne lésine pas sur les moyens pour qu’ils donnent le maximum d’eux-mêmes. Le directeur de l’Office du Bac serait très frustré par exemple si son examen donnait un taux acceptable de 70%, alors qu’en France ce taux peut entraîner une tempête politique allant jusqu’à la démission du ministre de l’éducation. Les pleurs des candidats au BTS et aux autres examens nous donnent à voir l’hécatombe qui chaque année se produit dans l’éducation nationale béninoise. Par habitude perverse autant que par peur, personne n’en a mesuré les graves conséquences aussi bien pour les finances publiques que pour les familles traumatisées.
Olivier Djidénou

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