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Le triomphe de la vérité

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Réconciliation entre Boni Yayi et le G4: Les raisons d’une entente impossible


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L’ouverture. C’est le mot qui se trouve aujourd’hui sur toutes les lèvres après les dernières élections communales et locales dont les issues ne sont toujours pas connues de façon officielle et définitive. Et parlant de l’ouverture donc, l’on hésite pas à faire  des clins d’Å“il aux partis et alliances de partis politiques qui ont largement animé la vie politique nationale lors des ressentes joutes électorales.

A analyser les grandes tendances sorties des urnes et non encore officialisées par la Commission Electorale Nationale Autonome, l’on se rend bien compte des performances réalisées par chacune des forces politiques en présence. Si les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) ont réussi le pari en terme de conseillers obtenus, il n’en demeure pas moins que cette victoire est sujette à polémique et suscite même de sérieuses réflexions. Une chose est d’avoir un nombre impressionnant de conseillers avec soit, mais l’autre chose est de savoir si ceux-ci remplissent les conditions qualitatives pour garantir la réalisation des ambitions majeures de 2011, la réélection du Chef de l’Etat, le docteur Thomas Boni Yayi. Sur ce point, san risque de se tromper, il me paraît très honnête de répondre par la négative. Couronner donc cette grande ambition politique du Chef de l’Etat  de succès, celle de  lui renouveler  le fauteuil de locataire à la Marina en 2011 nécessite indubitablement des alliances politiques. Mais, en observant actuellement l’actualité politique, les grosses forces politiques, véritables détentrices de ce poids nécessaire pour assouvir les ambitions du Chef de l’Etat en 2011 demeurent celles avec qui une rupture amère s’est instaurée à la veille des élections communales et locales. Au stade actuel donc, le climat reste plus que jamais délétère et tout pronostic de réconciliation demeure de véritables spéculations. Parmi ces forces politiques dont Boni Yayi a nécessairement besoin pour les prochaines présidentielles et législatives, figurent essentiellement deux blocs. Il s’agit bien évidemment de la  coalition formée par les grands partis politiques traditionnels, connue aujourd’hui sous le vocable de G4. De l’autre côté, il y a le groupe des 13 députés unis pour démontrer leurs assises politiques au Chef de l’Etat sur l’échiquier politique national, je veux nommer le G13. Entre ces deux blocs, on note le plus dur, celui du G4 dont les ambitions sont largement au dessus de la simple participation de la gestion du pouvoir. Si l’on doit s’en tenir donc compte aux différentes préoccupations soulevées par le G13 pendant leur naissance, il est évident que leur réconciliation avec le Chef de l’Etat ne saurait tarder. Pour ces députés, la principale de leurs préoccupations tourne autour de la participation à une réelle gestion du pouvoir. Et ceci, le Chef de l’Etat pourra très tôt le corriger en leur octroyant quelques postes ministériels dans la formation du prochain gouvernement. De toute façon, même si certains résistent encore à la coopération, d’autres n’hésiteront pas à saisir la main tendue du Chef de l’Etat, ce qui pourrait provoquer la dissolution ou la cassure de ce groupe. Mais, de l’autre côté, le G4 dans son ensemble et au vu des intérêts en jeu, fera-t-il réellement et loyalement prospérer la réconciliation tant souhaitée ?

Le G4, une opposition déguisée à Boni Yayi qui vise la Marina en 2011.
Pris dans son ensemble, le groupe dit G4 est aujourd’hui dans une logique de conquête du pouvoir en 2011. Même si actuellement, aucune de ces formations politiques ne s’est encore officiellement déclarée opposée au régime de Boni Yayi,  nous pensons que quand les actes parlent, les paroles se taisent. Les quatre formations politiques réunies au sein du G4, à savoir la Renaissance du Bénin (RB), le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de maître Adrien Houngbédji, le Mouvement Africain pour le Développement et le Progrès (Madep) de Fagbohoun et le Parti Social Démocrate (Psd) de Bruno Amoussou poussent plus loin leurs ambitions si l’on se réfère à la nature hautement politique de leurs déclarations à la veille des dernières élections. Selon ces grosses cylindrées politiques, Boni Yayi gouverne dans la précipitation, dans l’improvisation et constitue même une menace pour la démocratie chèrement acquise. Ces incriminations faites sur le régime du changement a suscité dans le temps de vives réactions qui ont longtemps agité l’opinion publique. Contrairement au G13 donc, les préoccupations de ces quatre formations politiques ne se tournaient donc pas autour des questions de partage de pouvoir ou de participation à la gestion du pouvoir. C’est alors tout le système de gouvernance du Chef de l’Etat qui est indexé. Il est donc clair que parlant de réconciliation avec le G4 dans son ensemble tel qu’il est constitué n’apporterait pas grand chose au Chef de l’Etat. Seules des négociations individuelles avec ces formations politiques pourront faire prospérer les prémices d’une réconciliation limpide et profitable au Chef de l’Etat. Mais là encore, les partis politiques réunis au sein de cette alliance pris individuellement nourrissent également des ambitions qui pourraient tout de même se constituer en de véritables pesanteurs pour une franche collaboration avec le régime du changement.

La RB entre devoir de solidarité avec le G4 et engagement responsable face à l’ouverture.
Des quatre formations politiques réunies au sein du G4 aujourd’hui, celle qui paraît naturellement la mieux indiquée à s’engager aux côtés de Boni Yayi est sans doute la Renaissance du Bénin. Ceci s’explique très clairement et de la façon la plus simple d’ailleurs. Pendant les 10 dernières années, ce parti politique contre vents et marées a été la principale formation politique opposée au régime du Général Mathieu Kérékou. Les trois autres, d’une manière ou d’une autre ont pactisé avec ce régime dont les méthodes de gestion ont été fortement décriées par la Renaissance du Bénin. La principale vision prônée dans le temps par Nicéphore Soglo et ses compagnons était le changement, une autre forme de gestion des affaires publiques. Et alors, ce changement est né au soir des fameuses élections présidentielles de mars 2006, mais ne propulse pas la Renaissance du Bénin à la Marina. Néanmoins, il y a eu changement car le régime de Kérékou combattu était mort et le nouveau locataire de la Marina prône lui aussi le « Changement ». Tout naturellement alors, la Renaissance du Bénin, qui a d’ailleurs, au sein de l’alliance « Wologuèdè » appelé à voter pourYyayi Boni n’avait aucune raison de s’opposer une fois encore à ce nouveau vent qui a commencé par souffler. Mais, étant donné que les choses n’ont pas suivi leur court normal, la Renaissance du Bénin se trouve en marge de la gestion du pouvoir pour des raisons de divergence politique. Mais là, en raison de l’ouverture annoncée par le Chef de l’Etat, la RB paraît plus indiquée pour faire le jeu tout en gardant son autonomie. Dans la coalition G4 donc, le Chef de l’Etat a plus d’intérêt à composer avec la Rb qui  se doit aussi  de jouer franc jeu afin de panser un temps soit les plaies de cette longue période d’opposition,  une véritable traversée de désert.

Le Madep, un dilemme pour l’ouverture
Le parti du richissime Séfou Fagbohoun n’a aucune  raison aujourd’hui à  faire  l’opposition. Incarcéré depuis des mois, le premier responsable de ce parti, l’honorable Séfou Fagbohoun a plus que jamais besoin des services de l’exécutif pour non seulement soigner son image, mais également  pour recouvrer sa liberté. Ensuite, il faut noter  que l’absence de Fagbohoun, le principal financier de ce parti a fortement affecté le mouvement qui devient donc fragilisé. Les dernières élections communales et locales en disent longuement. La collaboration avec le Chef de l’Etat permettra ainsi à cette formation politique de bénéficier de la grce du pouvoir pour donner un peu plus de vitalité au parti. Mais bien d’obstacles se dresseront contre la volonté de collaboration qui pourrait animer les responsables de cette formation politique. D’abord,   il faut mentionner la crise de confiance qui pourrait surgir si éventuellement le gouvernement fait appel à ces émissaires au sein de la prochaine équipe gouvernementale. Sur un autre plan, il convient de se demander si le gouvernement est actuellement prêt à lcher le dossier de la Sonacop qui constitue aujourd’hui le point de discorde entre le pouvoir et le Madep. Tout ceci ajouté à la percée très rassurante effectuée par la Fcbe dans le principal fief (Kétou) du parti lors des dernières élections ne laisse aucune chance à la prospérité d’une éventuelle réconciliation.

Le Prd et le Psd, deux alliés qui se  battent pour un meilleur avenir politique
Parler aujourd’hui de réconciliation entre Boni Yayi et le Parti du Renouveau Démocrate (Prd) de maître Adrien Houngbédji serait tout simplement un leurre. D’ailleurs, on doute très fort même si le Chef de l’Etat, dans son souci de gouvernement d’union nationale lui ferait une pareille offre. Les ambitions majeures du Prd aujourd’hui sont connues de tous  et se résume à la conquête du pouvoir en 2011. Sauf bouleversement véritablement inattendu de dernière minute, Adrien Houngbédji demeure aujourd’hui le principal challenger du Chef de l’Etat pour ce prochain rendez-vous électoral. Participer donc à la gestion du pouvoir, serait pour lui alors un véritable handicap pour la prospérité de ses ambitions. Pour sa part, constitutionnellement parlant, Amoussou Bruno est disqualifié pour les prochaines courses électorales. En réalité, ce parti politique n’a plus rien à perdre sur le plan politique. Toutefois, un meilleur positionnement du parti dépendra de la constance du score réalisé dans les différentes élections. Il est donc clair que Bruno Amoussou se bat pour donner un avenir plus reluisant à son parti afin de toujours marquer sa présence dans les grands débats politiques. Une réconciliation avec le Chef de l’Etat ne serait qu’une opportunité que le Psd n’hésiterait pas à saisir. Il est donc clair que la réconciliation de Boni Yayi avec le G4 prospèrera, mais à ces conditions précédemment mentionnées
Donatien GBAGUIDI

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