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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Zone franche indéfinie


Je l’avais dit le 14 septembre dernier, dans ces mêmes colonnes. La zone franche industrielle, dans sa forme actuelle, est un handicap de taille à l’émergence de notre pays. Le ministre de l’industrie et du commerce qui s’est rendu sur les lieux à Sèmè la semaine dernière, s’est lui-même imprégné de la situation scandaleuse  de cette structure capitale pour le décollage industriel de notre pays. A savoir que depuis sa mise en place tapageuse, depuis les visites très médiatiques de quelques milliardaires arabes, depuis que le directeur qui en assure la gestion ne cesse de vanter les mérites de cette broussaille et de cette étendue sableuse, depuis donc, rien ou presque n’a été fait sur ce site sensé accueillir l’espoir de développement de notre industrie.  Je m’étonne que ce soit à quelques mois seulement du démarrage supposé des activités de la zone que le ministre Akoffodji se réveille de sa léthargie pour s’épancher devant les autorités municipales et les caméras du paradoxe et du scandale que portent cette institution. Il a couvert de son silence ensommeillé un futur éléphant blanc, monument érigé à la gloire de tant de promesses déçues. Il me rappelle toute cette métaphysique verbeuse que vient déverser le gérant de cette société quand il lui plait de venir flagorner devant les médias, lui le prodige en belles paroles et en démonstrations émergentes et énervantes.

Ils ont passé leur temps, tous ces médiocres, à nous conter des salades sur l’émergence industrielle alors qu’ils tiennent là précisément un instrument de réalisation de cet espoir, en l’anéantissant sous une administration ridicule et repoussante. De leur fait, de nombreux investisseurs intéressés ont dû rebrousser chemin, chassés littéralement par les conditions ridicules d’installation offertes par une zone pourtant non viabilisée, malgré les milliards promis et les milliards déversés. En termes comparatifs, les zones franches de Lomé et d’Abidjan sont nettement plus avantageuses que celle de Cotonou, parce qu’elles offrent une sécurité absolue aux investissements qu’elles ont pour vocation d’encourager. Ici tout est fait pour qu’ils ne pensent même pas s’installer. Je m’étonne que le ministre Akoffodji qui s’éveille enfin de son long sommeille ne daigne se pencher maintenant que sur les infrastructures inexistantes sur ces hectares oubliés. Il y a pire. Que diantre ne cherche-t-il à examiner d’un peu plus près les contrats de bail proposés à tous ceux qui voudraient s’installer pour créer leurs usines !  Il découvrira alors que, sauf blmable témérité, les investisseurs sont invités à fuir au lieu de rester. Il découvrira les nombreux non-dits d’une clique qui n’a produit jusqu’ici qu’un retentissant échec au point de nous conduire bientôt devant les tribunaux dans quelques mois.
Parce que les rares industriels qui ont osé signer les fameux contrats de bail seront bientôt fondés à intenter des procès contre l’Etat. Et ils gagneront !  Je veux bien croire qu’en moins de sept mois, les bras valides de l’Agence de gestion de la ZFI sont bien capables de faire ce qu’ils n’ont pu faire en cinq ans. Je veux bien espérer que ces cadres cadrés, comme dirait le professeur Aguessy, tenteront de « secouer le cocotier » pour parler comme le ministre lui-même. J’ose espérer que Grégoire Akoffodji,  fraîchement sorti de sa colère de la semaine dernière, dira enfin aux responsables de cette agence  d’aller copier, oui copier simplement, les contrats de la zone franche d’Abidjan. Ça ne coûtera que le prix d’un aller-retour Cotonou-Abidjan. Ça évitera à coup sûr de faire sombrer tout le Bénin dans un scandale qui n’a que trop duré.
Olivier Djidénou

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