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Le triomphe de la vérité

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MENACES ET INTIMIDATIONS DE LA PRESSE: la démocratie béninoise en berne


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Les journalistes béninois sous menaces à compter de ce jour

L’opinion publique nationale et internationale a eu droit le vendredi 25 janvier 2008 sur les écrans de la Télévision nationale, à une déclaration bien particulière de la Présidence de la République par la voix de son Porte Parole Me Lionel Agbo. Sous un ton menaçant, solennel avec un point d’honneur sur le prix que le Chef de l’Etat le Dr Boni Yayi accorde à son message, Me Lionel Agbo lance un ultimatum aux acteurs la presse quant aux contenus de leurs articles. Selon lui qui officiait au nom et sous la responsabilité directe du Chef de l’Etat, l’ultimatum prend effet à compter de la date de ce jour et cible une certaine catégorie de contenus d’articles. A cet ultimatum à caractère foncièrement limitatif de la liberté de presse et aux allures prohibitives pour le processus démocratique en cours au Bénin, la Présidence joint des mesures répressives envisagées. Selon, le Porte parole, le Président de la République prendra toutes ses responsabilités face aux éventuels professionnels des médias qui se rendraient coupables de publication d’un certain contenu. Si les menaces proférées par la présidence venaient à être effective,  le Bénin démocratique pourra bien garder la date du lundi 28 janvier 2008, comme la mémorable journée de funérailles des libertés démocratiques pour le Bénin du renouveau. Mais c’est sans compter avec la détermination des organisations professionnelles de presse.

L’Upmb dit non à l’intimidation !(lire ci-dessous le communiqué)
Le Bureau Exécutif de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) a été prompte et très poignante dans sa réaction contre ce qu’elle désigne dans son communiqué en date du dimanche 27 janvier 2008 « intimidation grave tendant à embrigader la liberté de presse et à mettre à mal le processus démocratique au Bénin ». L’Union des Professionnels des Médias du Bénin est allée plus loin dans ses analyses en rappelant que « c’est sous le régime actuel que le Bénin a reculé drastiquement dans le classement de « Reporters sans frontières » » cautionnant même « l’impression généralement partagée au sein de l’opinion d’un unanimisme progressif et dangereux de la part de la presse béninoise ». La guerre est donc ouverte entre l’exécutif et les médias.
Médard GANDONOU

La Presse béninoise bientôt en grève de 72 heures

La lune de miel est  désormais terminée entre les hommes des médias et le Chef de l’Etat, le docteur Boni Yayi. Bientôt, la presse béninoise rejoindra le rang  des grévistes des autres secteurs du pays. Les propos d’intimidations et de menaces tenus vendredi dernier par Maître Lionel Agbo, le porteur de la parole présidentielle sur les plateaux de la télévision nationale ont vexé les hommes des médias. Et pour manifester leur amertume contre le gouvernement du changement, ils laisseront micros, caméras et plume afin de boycotter toutes les activités gouvernementales pendant 72 heures. Déjà, à travers l’UPMB, l’Union des Professionnels des Médias au Bénin, les hommes de presse ont pris d’importantes résolutions pour manifester leur indignation contre ces propos qui portent dangereusement une atteinte grave à la liberté de presse qui constitue l’un des éléments fondamentaux de l’émergence de la démocratie béninoise. Cette fois-ci, c’est bien décidé. La presse tourne définitivement dos au régime du changement qui ne cesse de manifester tout son désir à l’embrigader et à la  museler. Les derniers propos menaçants de Maître Lionel Agbo viennent donc briser le pont de confiance qu’il y a entre Boni Yayi et les hommes des médias. Les ambitions de Boni Yayi pour la presse béninoise  étant désormais dévoilées, les journalistes béninois se serrent enfin les reins pour défendre contre vents et marrées leur corporation.
Donatien GBAGUIDI

Poignante réaction de la Presse Béninoise

Réaction du Synapromeb
Sur les antennes de la Télévision nationale les vendredi 25 et samedi 26 janvier derniers,  Me Lionel AGBO, porte-parole de la présidence de la République , a fait des déclarations qui s’analysent ni plus ni moins, en menaces et intimidations pour les professionnels des médias du Bénin. Celles-ci viennent s’ajouter à tout ce qui pesait déjà, en termes de menaces, sur certains acteurs de la presse béninoise.
En laissant entendre que les journalistes sont manipulés par des politiciens aux visées déstabilisatrices du pouvoir, notamment dans la gestion faite par la presse de l’élection du bureau de la CENA chargée d’organiser les élections municipales et communales, et de ce qu’il convient d’appeler affaire kidnaping du président Pascal Todjinou, Me Lionel AGBO, parlant au nom de la présidence de la République a, à la limite, porté injure aux professionnels des médias dont il a pourtant souvent bénéficié des prestations.
Par ailleurs, les propos de Me Lionel Agbo, sur un ton agressif, sont constitutifs de menaces et de réelles intimidations, non pas que les professionnels des médias se considèrent au-dessus des textes, mais parce que pareille attitude peut avoir pour conséquence d’empêcher la manifestation de la vérité.
Les professionnels des médias sont toujours prêts à répondre de leurs écrits et productions, sans qu’il soit besoin de les intimider outre mesure.
En tout état de cause, le SYNAPROMEB prend acte des déclarations de Me Lionel AGBO, l’invite à ne pas oublier  l’histoire et à penser à demain, demain qui n’est peut-être pas dans bien longtemps. Et, à ne surtout pas perdre de vue que la liberté de presse participe de la crédibilité de toute démocratie véritable.
En outre, le SYNAPROMEB, fidèle à ses habitudes et à ses objectifs, invite ses membres et les professionnels des médias en général, à faire davantage preuve de professionnalisme dans leur travail, mais à ne jamais céder aux pressions inhibitrices des libertés publiques.
Dans tous les cas, le Syndicat national des professionnels des médias du Bénin (SYNAPROMEB) se demande qui manipule qui, et observe qu’après avoir crié à la manipulation lors des grèves des magistrats, des enseignants et des douaniers, le pouvoir voit une fois de plus, la manipulation dans le travail des journalistes et se demande à qui le tour.
Il invite enfin les professionnels des médias à se tenir prêts pour toutes actions en vue de combattre l’intimidation, et dénonce d’avance toutes représailles que pourrait subir un professionnel des médias dans l’exercice de sa profession parce qu’il aurait osé dire ou écrire autre chose que ce que souhaiterait le pouvoir, autant qu’il invite instamment les patrons de presse à faciliter la tche à leurs employés et autres collaborateurs.
Enfin, le SYNAPROMEB en appelle à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), afin qu’elle constate que la liberté de presse est gravement menacée dans notre pays, et à se saisir de la situation.
 
Le Secrétaire général national,

 
Réactions de l’UPMB

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