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Le ministre d’Etat, chargé du plan et du Développement, invité surprise du 100ème numéro du spécial «Sous l’Arbre à palabre » de L’Evénement Précis: Bio Tchané fait des révélations sur les ambitions du régime Talon, de 2021 et de Koupaki

A palabre ABTLa double célébration du 10e anniversaire du journal L’Evénement Précis et du 100e numéro de ‘’Sous l’arbre à palabre’’, sa rubrique phare, a connu son apothéose ce jeudi, 21 juillet 2016 avec comme invité spécial, Abdoulaye Bio Tchané, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Exceptionnellement délocalisé à la Blue Zone de Zongo par le journal qui a mis les petits plats dans les grands pour marquer durablement l’opinion, l’événement a connu la participation de prestigieux invités parmi lesquels d’anciens ministres, de députés à l’Assemblée nationale, d’illustres personnalités de la trempe du représentant du Président Patrice Talon, Edouard  Loko, des Professeurs Albert Tévoédjrè, François Abiola, Amos Elègbè, de l’emblématique journaliste Jérôme Carlos, de responsables d’organes de presse, de journalistes, de représentants du corps diplomatique et consulaires accrédités au Bénin, etc. Face à ce public fait de personnalités de diverses sensibilités politiques, mouvance et opposition, le ministre d’Etat s’est volontiers prêté aux questions des journalistes de L’Evénement précis, sans langue de bois et sans réserve. Les sujets brûlants de l’actualité nationale comme les 100 premiers jours du gouvernement de Patrice Talon, sa cohabitation avec le secrétaire d’Etat, Pascal Irénée Koupaki, la prise en compte des femmes, la sécurité des Béninois et bien d’autres questions ont été abordées par les journalistes. Dans le calme olympien qu’on lui connaît, le ministre d’Etat y a répondu, tout en rassurant les Béninois sur la détermination du gouvernement du Président Patrice Talon à reconstruire le Bénin, totalement délabré, du fait de la gouvernance chaotique de l’ancien régime. Retour sur les moments forts de cet échange à bâtons rompus entre l’invité surprise et son auditoire.

Et si on en parlait

Monsieur le ministre d’Etat, vous êtes le 100ème invité de Sous l’arbre à Palabre. Quelles sont vos impressions ?
D’abord, je voudrais saluer la présence ici du professeur Albert Tévoédjrè qui est , comme nous le savons tous , une personnalité du pays ; saluer le professeur Abiola et toutes les autres personnalités dans cette salle, et bien sûr saluer les journalistes de l’Evénement Précis et le directeur de publication, Gérard Agognon, grâce à qui nous sommes à cette célébration. 100ème numéro d’une initiative et 10ans d’une structure, ce n’est pas donné à tout le monde. 10ans, 100ème numéro, 100 jours, c’est une coïncidence, mais il y a quelqu’un qui dit qu’il n’y a pas de hasard non plus. Et donc, je suis alors heureux d’être ici, pour répondre à un certain nombre de questions. Le Dp m’a gentiment invité en me disant qu’il aimerait à l’occasion de ce 100ème numéro nous recevoir sous l’arbre à Palabre. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je suis venu non seulement pour les aider à célébrer cet évènement important, mais aussi pour répondre aux questions qu’ils voudront me poser pour éclairer un peu l’action de ce gouvernement du nouveau départ. Je veux vous dire que nous n’avons pas passé ces 100 jours à faire des remerciements parce que nous n’allons pas nous auto congratuler. Nous avons passé cent jours que nous n’avons pas vu passer. Parce qu’il y a eu du travail dans tous les domaines.

Le régime Talon vient de boucler ses 100 premiers jours à la tête du Bénin. En tant que ministre d’Etat en charge du développement, pensez-vous que votre cahier de charge établi est en train d’être respecté ?
J’allais en venir. 100 jours, c’est 100 jours dans une équipe. 100 jours de travail que je n’ai pas vu passer. Sur des chantiers aussi divers qu’économique, social et même sportif, puisque vous avez vécu avec nous cette crise dans le domaine du football qui est encore là partiellement mais qui, nous l’ espérons, ne tardera pas à prendre fin. Je peux vous dire que c’est une période très intéressante que nous avons vécue et que je décrirai avec plaisir dans la suite du débat.

Alors que peut-on retenir des 100 jours du gouvernement Talon dans le secteur énergétique ?
Le secteur énergétique est un des secteurs dans lequel nous avons le plus travaillé. Le premier week-end après notre arrivée au pouvoir, notre pays a été confronté à ce qu’on appelle un black-out total. Vous savez que 90% de l’énergie consommée dans ce pays est importée du Nigéria et du Ghana par l’intermédiaire du Togo. Et bien ce premier week-end, cet approvisionnement a été coupé par nos fournisseurs. Confrontés à cette situation inattendue à laquelle il fallait répondre, nous avons pris des mesures drastiques à l’intérieur mais aussi à l’extérieur parce que discutant avec nos partenaires. Nous avons pris notamment des mesures pour permettre de produire à l’interne dans les trois principales villes du pays (Cotonou, Porto novo et Parakou) de l’énergie. Ceci, pour relever le niveau. En même temps, nous avons discuté et négocié avec nos partenaires fournisseurs pour que la fourniture soit plus permanente. Et c’est ce qui nous a permis de déclarer, il y a quelques semaines, qu’à la fin de cette année 2016, nous serons en mesure de finir avec le délestage. Et vous pouvez constater déjà depuis quelques jours, il y a une amélioration de fourniture d’énergie dans notre pays. Nous avons un objectif un peu plus ambitieux, celui d’être en mesure de couvrir totalement et de façon autonome, la production et la consommation locale d’ici 2ans. J’ai dit plus haut, avec 90% d’importation, nous serons en mesure de couvrir nos besoins à 100% à l’horizon 2018. Vous savez, dans l’énergie et comme dans tous les secteurs économiques et sociaux, si vous vous fixez des objectifs, vous êtes en mesure de réaliser des choses. Et c’est pour cela que nous disons qu’à la fin de cette année, et vous pourrez y croire tous si nous y sommes, il n’y aura plus de délestage. Et fin 2018, nous serons en mesure de couvrir la consommation locale totalement. Dans tout notre pays alors, nous serons en mesure de donner un peu plus d’électricité à nos compatriotes. Cette action va couvrir bien sûr l’électricité à travers la SBEE, mais aussi dans les villages et dans nos différentes communautés avec l’énergie solaire et l’énergie renouvelable. Nous allons lancer dans quelques jours un programme que nous appelons énergie et eau pour la vie avec un objectif plus ambitieux qui sera affiché, c’est de fournir de l’eau et de l’électricité en même temps dans l’ensemble de nos communautés villageoises.

Il y a eu des actions qui ont agité l’opinion, notamment la question des réformes. Qu’avez-vous à dire à l’endroit de ceux qui continuent de s’interroger ?
C’est l’un des sujets sur lesquels nous avons communiqué le plus largement possible. Le garde des sceaux, ministre de la justice a présenté à plusieurs reprises nos positions là-dessus. Et c’est l’un des domaines dans lesquels nous avons agis très rapidement avec le chef de l’Etat qui a mis en place la commission Djogbénou pour étudier et lui faire des propositions. Ces propositions qui feront l’objet de discussions au sein du gouvernement et par la suite nous conduiront sûrement vers un référendum pour approbation. Donc, il y a un calendrier de travail ; il y a des propositions sur la table du chef de l’Etat et le moment venu, vous les verrez.

Vous avez fait pratiquement l’objet d’un lynchage médiatique lorsque vous avez déclaré que le prédécesseur immédiat de l’actuel Président de la République a laissé le pays dans un état critique. Que vouliez-vous dire exactement ? Que révèle l’audit que le gouvernement Talon a commandité?
J’ai des amis qui sont devant moi et je ne voudrais pas les fâcher ce matin. Mais, ce à quoi nous sommes confrontés et qui est réel, c’est que vous partez toujours d’un point. Vous partez toujours d’une situation, un héritage que vous a laissé votre prédécesseur. Et c’est à cela que nous sommes confrontés. Dans le domaine économique, j’ai la chance de partager cela avec d’autres collègues, nous avons été amenés à évaluer notre capacité à agir. Parce que c’est de cela qu’il s’agit. L’histoire sera là pour juger chacun de nous. L’histoire sera là pour dire quelle est, au-delà de la propagande, au-delà des discours des uns et des autres, la contribution de chacun et en particulier de chacune des administrations qui a gouverné ce pays et qui a œuvré pour la construction de notre pays. Mais notre responsabilité à nous était de dire que nous ne sommes pas tout à fait en mesure, début avril 2016, de conduire l’action économique parce que sur le plan financier, nous avons hérité d’une situation, que je qualifie de catastrophique. J’ai dit aux gens que j’étais assez généreux, parce que quelques jours après, nous avons entendu le commentaire à travers un communiqué public du fonds monétaire international sur cette situation budgétaire, financière et économique. Et je peux vous dire que c’est vrai qu’aussi bien sur le déficit que sur la trésorerie qui nous ont été laissées, il y a beaucoup de choses à dire.
Pour l’audit, nous n’avons pas encore les résultats. Ils vont arriver, parce que l’audit est plus détaillé que ce que je viens de vous dire. Mais, vous pouvez analyser aussi rapidement la situation budgétaire, les comptes publics du pays si vous êtes un économiste ou financier. C’est ce à quoi nous avons procédé nous-mêmes avant le fonds monétaire. Je reprécise pour dire que les chiffres qui nous ont été laissés, présentaient un déficit budgétaire que nous avons évalué à l’époque à 7% officiellement au lieu de 10% en réalité. Selon le fonds monétaire, il est de 8% au lieu de 10% aussi. Donc voilà.

Une gouvernance, c’est aussi un programme et une orientation politique et stratégique dans le sens du développement. Quelle est la stratégie que le Président Talon et son équipe mettent en œuvre dans les différents secteurs (développement rural, l’agriculture, le tourisme, environnement, éducation, santé, l’énergie etc.) ?
Si je vais vous en parler, on risque de passer la journée. Mais je vais être assez bref pour dire que nous avons un vaste programme de reconstruction de ce pays, qui, sur le plan financier, va être très coûteux, simplement, parce que nous allons bâtir à partir des infrastructures. Nous avons un vaste programme d’infrastructures routières, aéroportuaires. Nous allons par exemple faire Glo-Djigbé et investir dans l’énergie. Il y a aussi cet objectif de finir avec le délestage d’ici la fin de cette année et de reconstituer notre pacte d’électricité à l’horizon 2018, ce qui va être très coûteux. En suite dans l’agriculture, nous avons un programme de diversification très ambitieux avec l’émergence de nouvelles filières. A côté de la filière coton, nous ambitionnons mettre la filière ananas, maïs, riz, anacarde. Donc des filières qui vont exactement fonctionner comme le coton fonctionne aujourd’hui. Et donc, donner à nos paysans et à nos compatriotes qui veulent aller à l’agriculture, la capacité d’avoir des revenus comme les producteurs de coton l’ont aujourd’hui. Si vous demandez aux paysans aujourd’hui, pourquoi, ils font du coton au lieu de faire du maïs, ils vous diront simplement que dans le coton, vous êtes sûr d’avoir des revenus lorsque vous produisez. C’est ce que nous allons faire dans ces quatre filières que je viens d’indiquer. Evidemment dans le développement durable, nous allons faire beaucoup de choses. Je veux parler de la reconstruction de nos villes et en finir avec l’érosion côtière, car vous savez que par exemple à l’heure où je vous parle, il y a des difficultés du côté de Sèmè et même à Cotonou et à la frontière du Togo. Nous allons investir dans les semaines et les mois qui viennent pour arrêter cela. Evidemment dans les secteurs comme le tourisme, l’économie numérique, nous envisageons investir massivement pour faire émerger ces secteurs comme des secteurs économiques à part entière. En fait, quand vous regardez les priorités économiques de notre pays en matière d’investissement, vous avez l’agriculture, le tourisme, l’économie numérique et l’économie du savoir. Et là, je suis content d’avoir parmi nous le Professeur François Abiola, parce qu’il est l’un des pionniers dans ce domaine puisqu’il s’agit essentiellement de marier la recherche et l’innovation avec la production dans notre pays.

Selon les indiscrétions, l’accord signé entre la Coalition de la Rupture et le candidat Patrice Talon, à la veille du second tour de la Présidentielle 2016, ne serait pas respecté depuis qu’il a accédé au pouvoir ? Quel commentaire en faites-vous ?
Le commentaire que je vais faire est que l’accord dont vous parlez, est un accord public. Ce n’est pas un document confidentiel caché à quelqu’un. C’est un document que nous avons rendu public et signé par 28 personnes. Si vous le regardez, vous saurez que cet accord est respecté. L’un des premiers points de cet accord est effectivement la mise en place de la commission Djogbénou, les engagements du président Talon sur la conduite des affaires et la gouvernance de notre pays. Et vous verrez bien que ces points sont respectés. Et donc, j’ai du mal à vous suivre quand vous dites que cet accord n’est pas respecté comme s’il était un accord confidentiel qui ne pouvait être évalué par des connaisseurs.

Mais, de quand date votre dernière réunion ?
Sur le respect de l’accord, il faut dire qu’il est respecté aussi bien sur la forme que sur le fond.

Vos attaques répétées contre le régime défunt font croire que la chasse aux sorcières à laquelle le président a renoncé, à la signature de l’accord de la Coalition de la Rupture, a d’ores et déjà commencé. Est-ce un sentiment légitime ?
Là aussi, je vais vous demander d’en faire la démonstration. Ce qui a été dit et rappelé dans cet accord dont vous parlez, est qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières. Mais qu’il n’y aura non plus d’impunité. Ce qui a été fait depuis le premier conseil des ministres est de suspendre un certain nombre de mesures qui tout simplement nous auraient mis en difficultés. Je donne quelques exemples qui ne concernent pas que des dirigeants du régime passé. Lorsque vous prenez par exemple les mesures concernant les directeurs de cabinet et les secrétaires généraux et dont l’évaluation financière fait 10 milliards de francs CFA, eh bien, rappelez-vous qu’elles peuvent s’étendre sur 10 ans. Et donc l’évaluation de l’impact de cette mesure est de 10 milliards de Fcfa. Si je prends d’autres mesures plus spécifiques, je vous dirai que l’impact est énorme. Je prends par exemple ce qui est le plus évident et qui cause plus de problème, les infrastructures routières. Le gouvernement précédent a signé des contrats gré à gré avec des entreprises pour financer et construire des infrastructures routières dans tout notre pays. Le coût est de plus de 1200 milliards de francs Cfa. Ceci est sur une dette à court terme. Cette dette vient à échéance d’ici deux ans et on constate simplement qu’en lisant l’impact de cette dette, que dans deux ans, notre gouvernement serait tout simplement incapable de payer le service de ces dettes et aussi d’être incapable de payer le salaire des travailleurs. Est-ce que nous laissons faire ça parce que nous sommes contre la chasse aux sorcières ?

Mais quelque part, ne voyez-vous pas légitime cette réaction des Béninois ?
Ce n’est pas juste parce que ce sentiment n’est pas fondé. Nous avons arrêté et suspendu des mesures. Si je prends par exemple la mesure concernant les concours, il y avait, avant notre arrivée, un sentiment d’injustice pour tous ceux qui avaient passé légitimement le concours et qui savaient que certains avaient été déclarés admis alors qu’ils n’avaient pas composé. Donc, nous avons dit que nous suspendons les résultats de ce concours et nous mettons en place une commission pour évaluer. Il se trouve que la commission qui a évalué vient de nous donner raison en disant effectivement qu’il y a pas mal d’anomalies dans l’organisation de ce concours. Et nous avons pris la bonne mesure de les annuler en promettant qu’ils seront repris parce que nous avons besoin de fonctionnaires dans toutes les administrations. Et ces concours vont être organisés de la manière la plus transparente.

L’opinion vous étiquette de ‘’gouvernement de suspension’’, en espérant que vous allez bientôt suspendre les échangeurs de l’ancien régime. Que leur répondez-vous ?
(Sourire). Nous suspendons mais en même temps, nous reprenons. Nous allons lancer dans quelques jours des concours pour le recrutement de ces différents agents. Nous avons suspendu ces concours pour des raisons évidentes, mais en même temps, nous sommes en train de construire des infrastructures beaucoup plus ambitieuses. La question n’est pas la pertinence des infrastructures, nous avons besoin de route, d’aéroport, de port pour notre pays. Mais nous allons les faire dans des conditions qui vont permettre à notre pays de continuer à vivre dans la communauté des Nations. Nous avons besoin de continuer à payer nos fonctionnaires et nos dettes. A quoi ça sert de construire des infrastructures aujourd’hui et être incapable dans deux ans de payer les dettes et mettre le pays en faillite financière ?

Mais les conséquences des suspensions, c’est bien les plaintes au niveau de la justice
Nous n’avons pas peur de cela. Ceux qui pensent qu’ils peuvent aller devant la justice peuvent le faire, car nous sommes dans un pays de droit. Nous les invitons à saisir les tribunaux s’ils pensent qu’ils sont dans leur droit. Donner l’impression au peuple que la seule manière de recruter passe par les concours frauduleux, n’est pas juste. C’est une manière de penser qui n’est pas juste et je suis surpris de vous entendre en parler. Donnez l’idée à un groupe social que la seule manière pour ce groupe d’être représenté dans la fonction publique, c’est par des concours frauduleux, est inacceptable. Moi, j’ai été élève ( je remercie le professeur Jérôme Carlos qui a été un de mes professeurs au Lycée Béhanzin) au lycée Béhanzin parce que j’étais meilleur. Car, on y recrutait les premiers du Bénin et j’ai été heureux d’être élève dans ce lycée. Dans ce lycée, il y avait des élèves venus de partout, de toutes les communes de notre pays qui avaient passé et réussi à ce concours. Et moi, je suis convaincu que, en donnant la chance à des Béninois venus de partout de compétir pour des concours d’entrée à la fonction publique de façon transparente, il y aura des fonctionnaires venus de partout. Et c’est cette expérience que nous avons vécue. Moi, j’ai été membre du gouvernement depuis plusieurs années et je n’ai pas vu des gens venus recrutés de partout tout simplement parce qu’ils ont pu être aidés.

Retour de la parole à Bio Tchané
Je voudrais remercier le professeur Tévoédjrè pour tout ce qu’il a dit me concernant et le rassurer de mon intérêt sur la question du dialogue interreligieux. Vous savez, c’est vrai que je suis allé à cette manifestation mais ce n’était pas pour la circonstance. Je crois profondément au dialogue entre les religions, je crois profondément à la paix et je dis que l’une des voix pour aller à la paix, c’est que tous les religieux et en particulier tous ceux qui sont des descendants d’Abraham se rencontrent et se parlent le plus souvent possible. Et, c’est pour ça que j’aime souvent rencontrer le professeur et échanger avec lui sur ces sujets et c’est vrai qu’il y a derrière, d’autres personnalités, Alassane Ouatara et d’autres qui, eux aussi, empruntent cette voix là pour dire que le développement, c’est aussi la paix , c’est aussi la religion. Mais ce n’est pas la religion comme les bombes telles qu’on le lit partout. Ce qui se passe en France, au Mali, au Niger, au Burkina, en Côte d’Ivoire, doit nous interpeler nous aussi, pour dire que ce n’est pas parce que nous en sommes exempts chez nous que nous ne devons plus cultiver les voix qui nous préservent de cela et c’est vraiment pour ça que je le remercie pour son intervention. Je veux dire à Carlos, c’est vrai, notre pays se dépeuple, on a pratiquement plus de forêt et c’est ça qui justifie l’une des premières mesures de suspension de la commercialisation du bois dans notre pays. Toutes les suspensions ne sont pas mauvaises et celle-là en particulier est venue pour interpeler tous les acteurs du développement pour dire que nous ne pouvons plus continuer dans cette direction. Nous avons besoin de reboisement dans notre pays. Nous avons besoin de ce que les forêts à Bassila reviennent, que la Penjari soit protégé. J’ai parlé tout à l’heure des actions spécifiques de sécurité que nous avons entreprises dans le parc de la Penjari parce qu’après avoir abattu les arbres, les braconniers sont en train d’abattre tous nos animaux. On ne va pas accepter ça. Donc, oui, nous avons des actions à entreprendre et nous sommes engagés dans ces actions environnementales. Concernant la sécurité, Je veux dire que ce gouvernement est plus que jamais convaincu que nous nous devons d’assurer la sécurité de nos compatriotes. La sécurité du chef de l’Etat, ce ne sont pas les gyrophares, ce ne sont pas les policiers dans toutes les rues.

Nous avons constaté que les premiers jours du Président Talon ont été concentrés sur la filière coton. Il s’est consacré à ce secteur parce qu’il en est un acteur central. Mais les populations ont le sentiment que le président se sert. Qu’avez-vous à leur répondre ?
C’est un sentiment qui n’est pas juste. Il est totalement erroné. D’abord, le président Talon l’a dit et ça fait partie des engagements que vous avez cités tout à l’heure. Il a dit qu’il se désengagerait de ses affaires et c’est ce qu’il a fait. Nous sommes arrivés au pouvoir en avril, à un moment où il fallait être critique et prendre des décisions sur les importations d’engrais. Je vous rappelle que jusqu’au 6 avril, ce secteur était dans les mains de l’Etat. C’est lui qui assurait l’approvisionnement en engrais, en intrants et qui assurait aussi la commercialisation de la filière. Contrairement à ce qui s’était passé, l’Etat a repris le contrôle en 2012. J’ai organisé deux séminaires en 2012 et 2013. L’un à Parakou et l’autre à Banikoara, pour expliquer ce que serait la production dans cette filière, si j’étais élu président. J’ai dit de la façon la plus claire et la plus forte, en invitant même les membres du gouvernement à l’époque, que si j’étais président, ce secteur reviendrait au secteur privé. Ceci, parce que nous avons fait cette expérience au Bénin depuis 1960. Et c’est à la fin des années 1990 que nous avons décidé de libéraliser ce secteur et de mettre en place des institutions comme l’AIC, qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière coton. L’AIC ce n’est pas Patrice Talon mais plutôt l’ensemble des producteurs, des entrepreneurs, de leurs représentants et autres. Après notre arrivée, nous avons dit que ce secteur retourne au secteur privé et que l’Etat n’assumera plus son fonctionnement. Des audits ont été faits et dans quelques semaines, vous aurez les résultats de la gestion de cette filière pour les trois dernières années. Le retour de la filière au secteur privé est une décision du gouvernement et la mienne aussi parce que, bien avant que Patrice Talon ne soit élu président, j’ai dit que c’est dans l’intérêt des paysans et des acteurs de la filière. En ce qui concerne la Sodeco, il faut être juste avec les gens y compris avec le président Talon. Pendant les trois ans que la filière a été nationalisée, le gouvernement a dit aux égreneurs y compris la Sodeco, qu’ils n’auraient pas une graine de coton et que l’égrenage se ferait à sa façon. C’est-à-dire que les graines de coton seront remises et égrenées avant le paiement. Le gouvernement est allé jusqu’à fixer le prix de cet égrenage mais n’a pas payé les égreneurs y compris la Sodeco, après les trois ans d’égrenage. Sur ces trois ans, la Sodeco avait une créance de 39 milliards sur l’Etat. Une des tâches à faire, à notre arrivée en avril, était d’importer les intrants. Le gouvernement précédent avait fait un appel d’offres et jugé des lots. On leur a dit de livrer les lots mais ils y sont opposés et exigé que le gouvernement leur paie les avances. Nous avons dit, conformément à notre décision de principe de retourner au secteur privé que nous n’allons pas le financer puisqu’ils ont le devoir de livrer les intrants. En même temps, il fallait livrer les intrants aux paysans. Il fallait demander aux acteurs notamment les égreneurs qui pouvaient financer les intrants, de se mettre sur le marché et de le faire. La Sodeco avait promis le faire mais réclamait qu’on lui paie ce qu’on lui doit. C’est dans ces conditions que le gouvernement a instruit l’Etat de payer les 39 milliards à la Sodeco. Comme il ne pouvait pas le faire, l’Etat les a aidés à éponger ces dettes à hauteur de 12 milliards. A l’heure que vous m’interrogez, l’Etat doit à la Sodeco 27 milliards au titre de cet égrenage . Ne parlons pas comme si la Sodeco s’est servie alors que l’Etat ne lui doit rien. Je parle devant des personnalités qui ont participé à la gestion en cette période. Ce ne sont pas des histoires.

Depuis quelques mois, les Béninois vivent le calvaire dans le domaine de la sécurité avec la vindicte populaire. Qu’avez-vous à dire pour rassurer les béninois ?
J’ai deux choses à dire. La première est que cette situation d’insécurité ne date pas du 6 avril. J’ai circulé pendant plusieurs années, depuis 2011, sur toute l’étendue du territoire nationale où j’ai vu ce sentiment d’insécurité se développer dans tout le pays. Ce que nous avons fait depuis le 6 avril, c’est de prendre acte de cela et développer des mesures. Vous êtes au courant de l’opération Mamba qui a été lancée et renouvelée depuis quelques semaines. Nous prenons très au sérieux la situation de nos compatriotes parce que ce qui caractérise le Bénin n’est pas que la démocratie que nous avons pu développer et qui est appréciée de nos camarades de la sous-région. C’est aussi le sentiment de sécurité qu’il y a dans ce pays. Nous allons continuer à le préserver. Nous avons développé des actions spécifiques pour protéger le parc de la Pendjari, à côté de l’opération Mamba et de l’équipement des services de police et de gendarmerie. Dans combien de commissariats allons-nous pour entendre les policiers dire qu’ils ne peuvent opérer par manque de véhicule pour aller sur le terrain ? Equiper les gendarmeries et les commissariats de véhicules participent à cette action et nous allons le faire.

Les femmes ont l’impression que le président Talon rejette les compétences féminines. Qu’avez-vous à dire sur ce sujet ?
Non. Pas du tout. Le président Talon a dit qu’il veut promouvoir la compétence, qu’elle soit masculine ou féminine. Vous savez combien je tiens aussi à la promotion des femmes. Le président Talon et moi avions eu ce sentiment mais dans les semaines qui viennent, vous verrez des actions se faire dans ce domaine. Je peux déjà citer les deux femmes nommées par le conseil des ministres dans le domaine de la presse. C’est par ces actions que nous allons rééquilibrer, dans les semaines qui viennent, ce sentiment que vous exprimez.

Il y a aussi la question de la communication qui se pose. Certains expriment qu’il y a une cachoterie et que le gouvernement Talon ne communique pas assez.
Notre conseiller, Edouard Loko, peut confirmer qu’on veut communiquer. Je peux comprendre que les gens se sentent un peu sevrés de ne pas avoir, tous les mercredis, la longue liste des nominations et des gens qui ont perdu un parent. Nous voulons communiquer de façon efficace sur l’action du gouvernement et ce qui intéresse nos compatriotes. Nous entendons des choses que nous allons corriger mais, ce qu’il y a à faire, c’est de communiquer sur ce qui est important pour nos compatriotes.

Monsieur le Ministre, les Béninois ont le droit de connaître ceux qui les dirigent, ils ont le droit de connaître les cadres qui sont promus ou qui sont nommés à divers postes. Aujourd’hui, c’est parfois sur les réseaux sociaux que l’on découvre la liste des cadres et personnalités nommés. Que faites-vous pour leur permettre de jouir de ce droit ?
Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de ne pas chercher la liste des cadres nommés sur les réseaux sociaux. Parce que moi-même j’ai lu sur les réseaux sociaux, certaines nominations et je me suis posé la question de savoir si j’étais au Conseil des Ministres qui les a prononcées. Mais pour être plus sérieux, je pense que l’information sur ceux qui sont nommés est donnée dans le relevé du Conseil des Ministres.

On a parfois l’impression que vous faites des nominations confidentielles. Qu’en dites-vous ?
Non, il n’y a pas de nominations confidentielles. Il y a des nominations qui sont portées à l’endroit des intéressés et aussi de toutes les personnalités. Ceci étant, vous avez le droit d’exercer votre droit de critiquer les nominations qui ont été prononcées par le gouvernement si vous n’êtes pas d’accord. Et ce droit peut être exercé à tout moment.

L’Alliance ABT qui mouillé le maillot pour le président Patrice Talon au second tour de la présidentielle de mars 2016 se contente aujourd’hui d’un seul poste. Et ce poste, c’est vous qui l’occupez. N’est-ce-pas une déception pour l’Alliance ?
Non, je ne suis pas déçu d’être au gouvernement. Je suis d’ailleurs très content d’y être et très content de contribuer à la gestion du pays. La participation au gouvernement n’est pas une récompense. Nous considérons que nous sommes en mission au service de notre pays. Le gouvernement, pour prendre une définition que j’emprunte aux Américains, c’est une seule personne qui détermine, de manière constitutionnelle dans notre pays, celui qui est qualifié pour être au gouvernement. Et celui-là, c’est le Président de la République. Il a défini d’entrée de jeu, les critères par lesquels il nomme les ministres et après, les hauts fonctionnaires. Il est dans cette logique et je peux comprendre que certains ne soient pas contents. Et c’est notre devoir, en tant que leaders des alliances et de ces partis qui participent à cette construction-là, d’expliquer cette position et de voir comment chacun, à la place qui lui revient, peut participer à la construction nationale. On n’a pas besoin d’être tous ministres pour construire notre pays. Dans un contexte où nous avons tous convenu qu’il fallait réduire la taille du gouvernement.

Combien de nominations l’Alliance ABT a-t-elle enregistrées à la date d’aujourd’hui ?
Je ne fais pas le compte, parce que les nominations, ce n’est pas seulement dans les cent jours. Elles vont se faire pendant tout le quinquennat. Et je dis à ceux qui sont avec moi que notre travail, c’est de participer à la construction de notre pays pendant ce quinquennat. Et donc de construire en participant parfois en tant que citoyen. Il y a par exemple des entrepreneurs qui n’ont pas besoin d’être nommés et qui travaillent pour le pays.

On note parfois qu’il y a des personnalités nommées, mais qui ne sont pas compétentes tel que promis par le Président de la République. Qu’en dites-vous ?
Ce que je peux vous dire, c’est que je ne suis pas d’accord. Comme je l’ai dit à votre collègue tout à l’heure, s’il y a des nominations sur lesquelles vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez exercer votre droit de critique et de dénonciation. J’attends que vous me disiez par exemple telle personne nommée à tel poste n’est pas compétente et en ce moment, la discussion peut se faire. Mais dire que dans l’ensemble, il y a des personnes nommées qui ne sont pas compétentes, moi je peux vous répondre que tout le monde est compétent.

Mais quand nous critiquons ces nominations dont on n’est pas fier, comment réagissez-vous ?
On vous écoute.

Le peuple attend des réactions après l’écoute qui ne viennent pas monsieur le ministre.
La réponse n’est pas forcément de démettre la personne. La réponse, c’est d’évaluer la personne et de voir si vos dénonciations et critiques sont vraies. Parce que ce n’est pas forcément que vous avez raison en formulant ces critiques. Qu’est-ce qui vous qualifie par exemple pour dire que telle personne n’est pas qualifiée pour être directeur général, ou ministre, ou directeur technique ? Absolument rien.

Certains pensent que le président Patrice Talon, en procédant ainsi à ces nominations ne fait que remercier ses amis, alors qu’il s’était engagé à ne pas le faire. Que leur répondez-vous ?
L’un des principes développés par Patrice Talon dès le départ, et je constate qui le met en œuvre, c’est que ce gouvernement et les nominations ne seront pas des actes de remerciement. Mais rien n’interdit à Patrice Talon non plus de nommer des gens qui sont proches de lui. Vous ne pouvez pas lui interdire de nommer des gens avec qui il a travaillé et qu’il sait capables de faire ce travail pour lequel ils sont nommés. Est- ce que vous pouvez me dire que Johannes Dagnon n’est pas qualifié pour être conseiller du Président Talon ? Evaluez les personnes nommées et là, on peut faire le débat.

Dans les promesses faites par le Président Patrice Talon, les nominations devraient se faire après appel à candidature. Cette réforme n’est toujours pas mise en application par exemple. Qu’en dites-vous ?
Je peux vous dire là par exemple que c’est un sujet qui a fait l’objet de grandes discussions dans le gouvernement. Le but était, de voir comment mettre en œuvre ce principe. Pour le mettre en œuvre, il faut avoir la base de données de gens qui peuvent être nommés à ces postes. Cette base de données, nous ne l’avons pas au 6 avril. Il faut que l’appareil d’Etat commence par fonctionner. Nous avons donc décidé de nommer pour quelques mois, des personnalités qui sont nommées actuellement et d’ici le début de l’année prochaine, nous allons commencer par mettre en œuvre ce système qui est dans l’intérêt de tout le monde. Pour commencer, ce système est dans l’intérêt de notre gouvernement de sélectionner les personnes qualifiées pour occuper ces postes.

L’opinion publique nationale et internationale a accueilli avec satisfaction votre nomination et celle de votre collègue Pascal Irénée Koupaki au sein du premier gouvernement du Président Patrice Talon. Mais on a tout de même des raisons de vous demander comment se passe la cohabitation entre vous deux surtout que vous avez tous les deux été candidats à la présidentielle de 2016 ?
Je vous remercie d’abord pour les commentaires que vous avez émis sur nous deux. Et pour en revenir à votre question, je dirai que la cohabitation se passe à merveille. Comme vous l’avez rappelé, nous avons compéti tous les deux pour le poste du Président de la République. Et cette détermination vient de notre ambition de servir notre pays et d’aider à construire et à reconstruire ce pays. Nous avons eu la chance de participer tous les deux à cette expérience et il est important que nous nous mettons ensemble pour construire notre pays. Et c’est pour ça que la cohabitation, malgré tout ce que j’entends ici et là, se passe à merveille. Elle est effective, elle est réelle et nous avons du plaisir à travailler ensemble. Je vous rappelle tout simplement que ce sont deux personnes qui se connaissent depuis de nombreuses années.

Voulez-vous nous certifier que pendant les cent jours du gouvernement Talon, vous n’avez jamais eu des moments difficiles ?
Cent jours, c’est trop peu pour avoir des problèmes. Nous n’avons d’ailleurs eu que des moments très agréables. Et l’un des moments les plus agréables, c’est de travailler ensemble sur les AOF des Ministères et de voir comment reconstruire justement une administration plus efficace. Je vous le dis donc le plus honnêtement possible qu’il n’y a rien sur nos relations.

Les spoliés de ICC-Services, seront-ils remboursés comme vous l’avez personnellement promis ?
Je pense que le ministre de la justice s’est prononcé sur la question. Vous connaissez ma position personnelle sur le sujet. Vous connaissez aussi la position personnelle des autres membres du gouvernement et surtout celle du Chef de l’Etat. Donc, pour l’instant, ce n’est pas un sujet qui est à l’ordre du jour. La question sera traitée dans le cadre légal qui a été mis en place.

Avez-vous le sentiment que le peuple béninois est trop pressé de vous voir réussir ?
Le peuple béninois est plus que pressé. Il est anxieux de voir les résultats.

Et pourquoi trainez-vous alors les pas ?
Non, on ne traine pas les pas. Après les cent jours, nous irons encore plus vite.

En cent jours, qu’est-ce que le gouvernement a pu noter comme fausses notes dans les actes qu’il a posés ?
Je ne suis pas payé pour identifier les fausses notes du gouvernement. Je suis payé pour identifier ce sur quoi nous devons faire mieux pour que nos compatriotes vivent mieux.

En mars 2016, vous avez été candidat à la présidentielle. Aujourd’hui vous êtes au gouvernement. Maintenez-vous intactes vos ambitions de diriger un jour le Bénin ?
Mon ambition de servir le Bénin et de reconstruire une économie qui marche est intacte.

Seriez-vous candidat en 2021 ?
2021, c’est encore trop loin.

Peut-on dire que vous y pensez toujours ?
Je ne vous donnerai pas une réponse à la Sarkozy.

Les réponses du Ministre après l’intervention du public
Je voudrais remercier le professeur Tévoédjrè pour tout ce qu’il a dit me concernant et le rassurer de mon intérêt sur la question du dialogue interreligieux. Vous savez, c’est vrai que je suis allé à cette manifestation mais ce n’était pas pour la circonstance. Je crois profondément au dialogue entre les religions, je crois profondément à la paix et je dis que l’une des voix pour aller à la paix, c’est que tous les religieux et en particulier tous ceux qui sont des descendants d’Abraham se rencontrent et se parlent le plus souvent possible. Et, c’est pour ça que j’aime souvent rencontrer le professeur et échanger avec lui sur ces sujets et c’est vrai qu’il y a derrière d’autres personnalités, Alassane Ouatara et d’autres qui, eux aussi, empruntent cette voix là pour dire que le développement, c’est aussi la paix, le développement, c’est la religion. Mais ce n’est pas la religion comme les bombes telles qu’on le lit partout. Ce qui se passe en France, au Mali, au Niger, au Burkina, en Côte d’Ivoire, doit nous interpeler nous aussi, pour dire que ce n’est pas parce que nous en sommes exempts que nous ne devons plus cultiver les voix qui nous préservent de cela et c’est vraiment pour ça que je le remercie pour son intervention. Je veux dire à Carlos, c’est vrai, notre pays se dépeuple, on n’a pratiquement plus de forêt et c’est ça qui justifie l’une des premières mesures de suspension de la commercialisation du bois dans notre pays. Toutes les suspensions ne sont pas mauvaises et celle-là en particulier est venue pour interpeler tous les acteurs du développement pour dire que nous ne pouvons plus continuer dans cette direction. Nous avons besoin de reboisement dans notre pays. Nous avons besoin de ce que les forêts à Bassila reviennent, que la Penjari soit protégé. J’ai parlé tout à l’heure des actions spécifiques de sécurité que nous avons entreprises dans le parc de la Penjari parce qu’après avoir abattu les arbres, les braconniers sont en train d’abattre tous nos animaux. On ne va pas accepter ça. Donc, oui, nous avons des actions à entreprendre et nous sommes engagés dans ces actions environnementales. Je veux dire sur la sécurité que ce gouvernement est plus que jamais convaincu que nous nous devons d’assurer la sécurité de nos compatriotes. La sécurité du chef de l’Etat, ce ne sont pas les gyrophares, ce ne sont pas les policiers dans toutes les rues. Pour ce qui concerne l’intervention du professeur Jérôme Carlos qui a été mon professeur, je dirai qu’après avoir abattu les arbres, les braconniers sont en train d’abattre tous nos animaux. On ne va pas accepter cela. Oui, nous avons des actions à entreprendre et nous sommes engagés dans ces actions environnementales. Sur la sécurité, je veux dire que ce gouvernement est plus convaincu que jamais que nous avons besoin d’assurer la sécurité de nos compatriotes. Et vous savez la sécurité, ce ne sont pas les gyrophares. Ce ne sont pas les policiers dans toutes les rues. Il y a dans chaque régime, dans chaque gouvernement, une façon d’appréhender cette sécurité-là, et le président talon et son gouvernement ont une façon de le voir, de ne pas mettre des policiers derrière chaque béninois pour assurer la sécurité. Et ce n’est pas parce qu’on mettra dix mille gyrophares derrière le président que sa sécurité sera mieux assurée. Il y a de contre-exemples : le président Assad a été assassiné dans une manifestation où il y avait je ne sais pas combien de soldats ! Donc, il y a différentes approches et notre approche que nous développons est tout simplement différente mais nous sommes conscients. Je vais dire que ce qui va nous protéger de Boko Haram demain, ce ne sont pas seulement des actions de sécurité, ce sont surtout aussi des actions de développement. Nous devons donner du travail à nos jeunes compatriotes. C’est la première voie pour éviter que des jeunes soient dans les mains de Boko Haram et dans les mains de ces organisations. Donner du travail à nos jeunes compatriotes, c’est ce dont nous sommes le plus convaincus, et ce à quoi nous travaillons le plus. Dégager dans le quinquennat qui vient, suffisamment d’emplois pour nos jeunes compatriotes pour éviter que certains choisissent les voies les plus faciles, celles qui vont vers la criminalité. La sécurité, c’est se parler aussi et les chefs religieux et en particulier les imams, islamologues doivent participer à ce débat pour dire que l’islam ce n’est pas cette violence-là. Et on le voit d’ailleurs, que la plupart de ces gens qui s’adonnent à cette violence n’ont rien à voir avec l’islam. Ce gouvernement est plus que jamais déterminé à assurer à chaque béninois les mêmes droits, mais aussi les mêmes obligations. C’est pour ça que dire que le gouvernement n’est pas pour l’équilibre régional, n’est pas juste.
Je veux remercier le Professeur et ministre Elègbè, notamment pour tout ce qu’il a dit concernant notamment la formation. Nous devons faire évoluer aussi la formation, l’éducation dans notre pays. Il faut que notre système éducatif cesse d’être une machine à fabriquer des chômeurs. Transformer ce système en une machine à fabriquer des emplois, et en particulier des emplois pour les jeunes. C’est dans cette direction que nous voulons aller et je veux dire merci à Gérard, à tous les organisateurs, à tous les journalistes, à toutes les petites mains de L’Evénement précis, à tous ceux qui, tous les jours, contribuent à fabriquer cet organe qui, je pense, dans le monde de la presse béninoise aujourd’hui, s’est fait un chemin, s’est fait une place. Nous aimons fonctionner par exemple, et c’est l’exemple de L’Evénement Précis qui peut, j’espère, nourrir les autres organes et leur montrer la voie. Et c’est de cette voie dont parlait, le Professeur Elègbè.

Vous êtes-vous vraiment senti sous l’arbre à palabre ?

Oui, absolument ! Je veux à cet égard vous remercier. Vous avez eu des questions comme on dit, challenging, et auxquelles j’ai essayé de répondre. Je ne sais pas si vous repartez satisfaits, c’est ce qui m’aurait contenté moi-même, mais j’ai été heureux de participer à ceci, et je souhaite qu’au deux-centième, à défaut d’être invité, je sois dans la salle à vous écouter. Le Professeur Amos Elègbè était au troisième numéro comme invité et il est là aujourd’hui dans la salle. Je suis invité au centième ‘’Sous l’arbre à palabre’’, et j’aimerais au deux-centième être dans la salle.