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Déclaration de l’ancien Président Nicéphore Soglo, sur la fête du 10 janvier: « Nous devons être fiers de notre culture et de notre histoire »

Le maire Nicéphore Soglo« L’Invité du Lundi » aborde ce jour, la fête du vaudoun. Demain, mardi 10 janvier 2017, la culture béninoise sera honorée à travers la célébration des religions endogènes. Vingt-cinq ans après « Ouidah 92 » où le vaudou a été mise en valeur, l’initiateur de cette messe des religions endogènes, l’ancien président de la république, Nicéphore Dieudonné Soglo, revient sur les grandes motivations du maintien du 10 janvier comme fête des religions endogènes. Une date qui fait tache d’huile tant dans la valorisation de la culture béninoise que dans le maintien de la paix et de la quiétude sur le plan national. C’était à travers cette interview que nous vous invitons à lire.

L’EVENEMENT PRECIS : Pourquoi une fête des religions traditionnelles? Qu’est-ce qui vous a motivé à donner un jour férié aux religions endogènes?

Président Nicéphore Dieudonné Soglo : C’est en 1990 que j’ai lancé en tant que Premier Ministre, l’idée de l’organisation annuelle d’un festival international des religions traditionnelles pas la fête du seul vaudou comme se plaise à dire certains esprits mal informés. L’idée a mûri et a pris de la consistance avec la tenue en février 1993 du festival «Ouidah 92» au cours duquel nous avons célébré ensemble avec la Diaspora, la densité et la valeur humaniste des religions traditionnelles, fondement du spiritualisme africain.  Je me suis résolu à cette époque, à donner substance à cette quête permanente d’identité de l’homme noir, sur cette terre nourricière et pétrie d’histoires et de culture, de notre cher pays, parce que j’estimais qu’après quatre siècles de traite négrière et un siècle de colonisation qui avaient chosifié l’homme noir, le temps était enfin venu de revendiquer avec Aimé Césaire et  Léopold Sédar Senghor, notre personnalité, notre dignité et notre négritude. Car, on ne peut trainer indéfiniment une âme d’esclave et de colonisé. Nous devons être fiers de notre culture, de notre histoire, de notre peuple, de notre race. L’Afrique berceau de l’humanité et la source des origines, est une terre d’accueil, une terre de tolérance, de respect des différences. Toutes les Constitutions de la République du Dahomey puis du Bénin, de 1959 à nos jours, ont invariablement proclamé le caractère laïc de l’Etat. Cela veut dire que l’État dahoméen, béninois, ne privilégie aucune religion par rapport aux  autres, qu’il ne désavantage aucune religion par rapport aux autres, qu’il se tient à égale distance de toutes les religions dans leur pratique par les citoyens, dans le respect des lois en vigueur. Or, jusqu’à la Conférence des Forces Vives de la Nation en 1990, le christianisme et l’islam ont plusieurs jours de fête pour commémorer des personnalités ou des moments de leur histoire. C’est donc une question d’équité que d’accorder aux religions endogènes pratiquées par une large frange de la population béninoise, ne serait-ce qu’un jour de fête. Par conséquent, il n’y a dans la démarche d’instaurer ce jour de fête aucun défi, encore moins une animosité contre d’autres religions. Pourtant, c’est malheureusement ce que certains ont voulu y voir, en se lançant dans de vives critiques contre la fête du 10 janvier et son initiateur que je suis. Or, il s’agissait tout simplement d’une démarche de reconnaissance de nos valeurs traditionnelles.

Les religions endogènes comme vous le dites, Excellence Monsieur le Président, puisqu’il ne s’agit pas seulement de la fête du vaudou, ont-elle un rôle dans une nation?
La quête d’identité de l’homme noir procède d’une exigence de devoir de mémoire, et en cela, elle est à chaque instant, d’actualité car aucun homme ne peut avoir confiance en lui-même et se considérer comme acteur de son histoire et du développement de son pays, s’il ne se reconnait pas dans sa culture, s’il n’est pas fier de son identité. Tous les peuples du monde tiennent à leurs cultures, à leurs traditions, à leurs religions. Il en est ainsi du shintoïsme au Japon, du confucianisme en Chine, du bouddhisme en Inde, du christianisme en Europe et de l’islam au Moyen-Orient. En cela, le Japon constitue un exemple remarquable de ce que peuvent ensemble la liberté, la diversité et la tolérance religieuse au service du développement, dans l’alliance bien comprise entre tradition et modernité. En effet, la tradition religieuse nipponne a donné naissance à un mélange très fluide entre les pratiques shinto et bouddhiques, auxquelles s’ajoutent des croyances populaires teintées de taoïsme et de confucianisme. La multiplicité des sectes et des écoles bouddhiques apparues au fil de l’histoire, elles-mêmes subdivisées en pléiade de branches et de sous-branches qui ont tout en commun d’avoir opéré une synthèse avec des anciennes croyances shinto, est perçue, vécue et exploitée comme une diversité enrichissante. Depuis la seconde moitié du XIXème siècle, l’ère Meiji a particulièrement valorisé cette diversité qui est un pilier de la réussite économique et sociale du Japon aujourd’hui. Au cours de sa vie, un Japonais peut avoir son baptême dans un sanctuaire shinto, la bénédiction de son mariage dans une église chrétienne et ses funérailles dans un temple bouddhique. A la veille d’un voyage, il peut faire un pèlerinage dans tel temple qui délivre des amulettes censées protéger des accidents de la route ; avant l’entrée à l’université, dans tel autre favorise la réussite aux examens, etc. Dans les maisons, on voit souvent dans une pièce, un autel bouddhique et, dans une autre, un sanctuaire shinto. A voir la puissance de l’archipel aujourd’hui sur tous les plans, je suis tout  fait d’avis avec les Japonais qu’aucun développement ne peut se construire et aboutir s’il ne prend pas en compte et ne repose pas sur la culture du peuple concerné; que l’Afrique ne peut émerger et s’affirmer au plan international si elle ne  procède à une sorte d’apaisement des âmes de ses millions de filles et de fils qui ont subi le martyr du commerce négrier. Elle réussira en développant par des sanctuaires comme Gorée,  Cape Town ou la Porte du non-retour et du Retour des âmes le devoir de mémoire pour leur sacrifice, en disant non à toute forme d’acculturation, en levant haut et sans complexe, l’étendard des valeurs fondamentales du continent berceau de l’humanité. Le Pape Jean Paul II, cet extraordinaire vicaire du Christ, cet inlassable apôtre de l’œcuménisme et de la tolérance avait apporté sa bénédiction à cette vision fondamentale des relations entre les religions. En visite au Bénin cinq jours avant « Ouidah 92 », il avait reçu en de longues séances d’écoute mutuelle, les chefs des Eglises chrétiennes, de la communauté  musulmane et des religions traditionnelles. La religion traditionnelle africaine au panthéon si variée et si riche ne manque ni de profondeur dans la foi ni de symbolisme éloquent dans les rites. Seules les ressources manquent dans un continent ruiné par 4 siècles de la traite négrière, ce crime contre l’humanité, et par son excroissance la colonisation. Il appartient aux populations africaines de lui ouvrir la voie de la grandeur qu’elle mérite.

Toutes les religions cohabitent depuis toujours au Bénin sans heurts
Il faut le reconnaitre et le souligner, ce climat relativement apaisé chez nous est dû pour une bonne part à l’ouverture d’esprit de toutes les religions. C’est pourquoi je profite de l’occasion qui m’est offerte pour en appeler à une entente et à une collaboration toujours plus grande de toutes les confessions religieuses, à l’instauration d’un authentique dialogue sans exclusive entre toutes les religions, au service de la paix et dans le respect du caractère laïc de l’Etat béninois.

Interview réalisée par Rastel DAN

Investiture du président Patrice Talon: « Notre pays a montré une fois de plus sa maturité », dixit Nicephore Soglo

Soglo à PortoFarouche opposant à la candidature de Lionel Zinsou qu’il a toujours vu comme la manifestation de la françafrique, Nicéphore Soglo a pesé de tout son poids dans l’élection du président Patrice Athanase Guillaume  Talon. Au premier rang des invités lors de la cérémonie de prestation de serment ce mercredi 06 avril 2016 au stade Charles de Gaulle de Porto Novo, le premier président de l’ère du Renouveau démocratique du Bénin n’a pas caché ses impressions.  Pour Nicéphore Soglo, c’est une fierté d’être Béninois. « Notre pays a montré une fois de plus sa maturité. Démocratie et développement vont de pair et il est absolument indispensable et nous l’avions prouvé à une époque où la situation était terrible. (…) Les gens sont très fiers de ce que nous avons fait. Ce peuple est un peuple mûr, un peuple patient. Et il y a de quoi être fier de ce qu’a fait le peuple ». « Le peuple béninois vient de poser les jalons de la démocratie du développement, nous pouvons être légitimement fiers de ce qui s’est passé dans notre pays. Mais, comme nous le savons tous, le plus dur commence maintenant et il faut que tout le peuple comme on a fait dans le passé, se serre les coudes parce que rien ne peut se faire dans le désordre et dans l’insécurité. C’est dans la paix, dans l’union, la discipline librement consentie qu’on peut se remettre au travail et réussir », a-t-il laissé entendre. Le président Soglo a fait savoir toute son appréciation du discours de Patrice Talon qui est, selon lui, assez court et concis en abordant les éléments clés des défis à relever lors du prochain quinquennat. « Je suis fier de ce qu’a dit le président parce que le plus dur commence maintenant. (…) C’est vrai que nous sommes un pilier important de la CEDEAO (…) Il faut que nous soyons dans un ensemble comme les Etats-Unis», a-t-il laissé entendre.

Yannick SOMALON

Recouvrement des recettes municipales : La mairie de Cotonou donne un ultimatum de 12 jours aux retardataires

Le chef service de la régie principale des recettes de la mairie de Cotonou était hier face à la presse au siège du 13ème arrondissement de Cotonou. Il était question pour Obys Christian Idohou de faire un rappel aux partenaires de la municipalité qui ne se sont pas encore acquittés de leurs différentes taxes et redevances. Il a aussi rappelé les nouvelles mesures en vigueur pour l’occupation des voies à Cotonou.

« Je les exhorte à se manifester au plus vite pour éviter d’être contraints par les services de recouvrement de la ville. Car, le 15 juillet 2014 est le dernier délai fixé aux retardataires qui n’ont pas encore payé leurs différentes taxes ». C’est en ces termes que s’est adressé le chef service de la régie principale des recettes de la mairie de Cotonou, Obys Christian Idohou aux débiteurs de la municipalité de Cotonou. Entouré des professionnels des médias, le conférencier a précisé que « Cotonou a besoin de ressources pour faire face aux dépenses liées à l’assainissement, à l’entretien des voies, à la lutte contre les inondations et autres qui sévissent actuellement dans la ville ». « C’est d’ailleurs pour cette raison que, selon lui, « depuis février 2014, la mairie a envoyé à chacun des concernés, les montants qu’ils doivent payer dans un intervalle de temps bien défini, a-t-il poursuivi ». Alors que le délai a largement été dépassé, pourtant, beaucoup ne se sont pas pliés à cette exigence. Mais pour Obys Christian Idohou, responsable du service qui s’occupe du recouvrement, « passé ce délai, ils seront contraints de le faire de gré ou de force ».

Des dispositions pour faciliter le paiement des taxes
Selon le chef service de la régie principale des recettes de la mairie de Cotonou, six guichets sont ouverts aux usagers. Ces guichets sont disposés un peu partout à travers la ville, notamment, aux sièges des 2ème, 4ème, 10ème et 13ème arrondissements de Cotonou, au siège de la mairie elle-même puis à Gbégamey, à la recette-perception. En plus de ces différents postes fixes, des agents de recouvrements sont déployés dans toute la ville pour collecter, sur place, auprès des usagers qui ne voudraient pas se déplacer. « Autant de mesures exceptionnelles prises pour éviter des humiliations aux usagers », à en croire Obys Christian Idohou. Toutefois, il les appelle à la vigilance pour ne pas se laisser abuser par de vils individus qui se feraient passer pour des agents de la mairie. Pour ce faire, il informe que les agents commis par la mairie sont envoyés par groupes et de façon isolée. En plus, chacun d’eux doit présenter un ordre de mission dûment signé par les services compétents de la mairie et un badge portant leur nom et leur photo. Le conférencier a, pour finir, abordé les nouvelles mesures en vigueur pour l’occupation des voies lors des manifestations privées. A ce niveau, il informe les populations qu’il est formellement interdit d’occuper les voies pavées et bitumées pour des manifestations publiques. ‘’Toute personne qui se rendrait coupable d’occupation de ces voies sera punie’’, a-t-il averti.

Yannick SOMALON

Ville de Cotonou: Nicéphore Soglo lance l’adressage des rues et des habitations

Soglo1Le Maire de Cotonou, le président Nicéphore Dieudonné SOGLO a procédé hier Mardi 12 novembre 2013 au lancement officiel de l’opération d’adressage de la ville. D’un montant de 360 millions, ce projet qui bénéficie de l’appui financier et technique de la coopération française, contribuera à terme et énormément, à la modernisation de Cotonou. Plusieurs personnalités dont les représentants de l’Association Nationale des Communes du Bénin et le Ministre de l’Urbanisme, Christian SOSSOUHOUNTO ont assisté à cette cérémonie officielle.

Lire ALLOCUTION DE S.E LE PRESIDENT Nicéphore Dieudonné SOGLO, MAIRE DE LA VILLE DE COTONOU A L’OCCASION DU LANCEMENT DE L’OPERATION D’ADRESSAGE DE LA VILLE DE COTONOU

-         Excellence Madame l’Ambassadrice de France,

-         Monsieur le Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale et de l’Aménagement du Territoire,

-         Monsieur le Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Cultes,

-         Monsieur le Ministre de la Défense Nationale

-         Monsieur le Préfet des Départements de l’Atlantique et du Littoral

-         Messieurs les Adjoints au Maire

-         Messieurs les Présidents des Commissions,

-         Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

-         Monsieur le Conseiller Technique chargé de la mise en œuvre de l’adressage,

-         Monsieur le Directeur de Cabinet de la Mairie de Cotonou,

-         Madame la Directrice Adjointe de Cabinet,

-         Madame le Secrétaire Général de la Mairie de Cotonou,

-         Madame le Secrétaire Général Adjoint de la Mairie de Cotonou,

-         Mesdames et Messieurs les Directeurs des Services centraux

-         Monsieur le Contrôleur Général des Services Municipaux de la Mairie de Cotonou,

-         Messieurs les Directeurs des Services de la Mairie de Cotonou,

-         Mesdames et Messieurs les Chefs de quartiers,

-         Chers invités, 

-         Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais avant tout propos vous souhaiter la bienvenue sur cette immense place baptisée récemment Place Cardinal Bernardin GANTIN prestigieux personnage béninois du clergé catholique mondial. La cérémonie de ce jour à laquelle vous faites l’honneur d’assister est consacrée au lancement officiel de l’opération d’adressage de la ville de Cotonou. Les sentiments qui m’animent en ce moment sont ceux d’une grande satisfaction et d’espoir mais aussi de reconnaissance pour l’aboutissement d’une si importante œuvre pour la ville de Cotonou.

Je tiens à remercier tout particulièrement la coopération française pour l’appui financier et technique important qu’elle vient de donner dans ce secteur pour la modernisation de la ville de Cotonou. Avec un financement d’un montant de 360 millions, l’opération d’adressage vient combler le vide qui existe depuis des années dans ce domaine. Je voudrais également saluer et féliciter Monsieur LALHOU Taofick Conseiller Technique et son équipe technique en charge de la mise en œuvre de cette opération qui depuis le début n’ont ménagé aucun effort dans son déroulement.

En faisant le choix de la mise en place d’un adressage performant, la ville de Cotonou entend rentrer dans la phase de la gestion moderne des infrastructures. C’est pour cela qu’en plus du système à mettre en place, un comité s’occupe du baptême des rues.

Nous savons les nombreux avantages que procurera la mise en place définitive du système d’adressage dont les impacts se feront remarquer notamment :

- Sur la production et la gestion des données urbaines  nécessaires à la programmation et à la gestion des infrastructures urbaines ;

- Sur la production et la gestion des systèmes d’informations urbaines facilitant la prise de décisions ;

- sur l’amélioration de la connaissance du patrimoine foncier afin notamment d’éclairer les différents modes de gestion en matière foncière que pourrait mettre en œuvre la commune ;

- sur la maîtrise, l’accroissement et la consolidation des ressources fiscales locales issues du Registre Foncier Urbain (RFU) existant à Cotonou,

- sur l’identification facile des résidences des habitations et des services.

Compte tenu des objectifs multiples visés par cette opération et du fait qu’elle intéresse d’importants services dans différents secteurs d’activités, j’ai en conséquence invité les responsables de ces diverses structures concernées à joindre également leurs efforts au bon déroulement de la dite opération d’adressage. Je tiens à saluer et à remercier la SONEB, la SBEE, l’OPT, les Sapeurs-Pompiers.

En un mot tout l’ensemble des mesures qui seront prises à la fin de l’élaboration de cet outil permettra de renforcer les capacités de la ville dans tous les domaines.

C’est pourquoi d’ores et déjà je voudrais exhorter les élus municipaux et locaux et toutes les personnes impliquées dans cette activité à faire de l’adressage qui a commencé par être une réalité un outil de gestion de leurs localités respectivescar elle permettra non seulement de rendre précis les adresses des maisons, des ménages et des lieux publics mais contribuera inéluctablement à la modernisation de la ville de Cotonou et sa mise en valeur.

C’est donc sur ces mots que je déclare lancées les opérations d’adressage de la ville de Cotonou.

Vive la coopération française,

Vive la démocratie locale,

Vive la Mairie de Cotonou,

Je vous remercie.