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Dr Akouavi Ahouandjinou Kiki, médecin radiologue-échographiste sur le vieillissement: « La vieillesse est un état d’esprit »

Le vieillissement en bonne santé. C’est le sujet qu’aborde, dans l’interview qu’elle a bien voulu nous accorder, Dr Akouavi Ahouandjinou-Kiki, la présidente de l’Association des médecins  retraités du Bénin. Médecin radiologue-échographiste admise à la retraite depuis le 1er juillet 2013, Dr Ahouadjinou-Kiki revient sur les comportements à éviter et conseille sur ceux à adopter pour passer une bonne vieillesse.

L’Evénement Précis : Dr Kiki Ahouandjinou, les personnes âgées vieillissent-t-elles bien au Bénin ?

Dr Akouavi Ahouandjinou-Kiki : Ça dépend. Je prends le cas des médecins. Si nous avons créé l’Association des médecins  retraités du Bénin, c’est parce que nous avons constaté que les médecins, après des décennies de travail bien accompli sont délaissés une fois à la retraite. On a des aînés qui ne voient plus, qui ne peuvent plus marcher, qui sont cloués dans des fauteuils et qui restent dans leur coin. Ce n’est pas normal. Après la retraite, il  y a une autre vie que nous devons mener. Aller à la retraite, c’est changer d’activité. Nous luttons   et notre slogan, c’est rester actif pour bien vieillir, et vieillir  en bonne santé.

Justement, quels  modes de vie adopter, selon vous, pour vieillir en bonne santé ?
Pour vieillir en bonne santé, il faut avoir une bonne hygiène de vie, savoir ce que son corps demande. Il faut écouter son corps. Moi, je ne fais pas de régime, j’écoute mon corps. Si mon organisme n’accepte pas un aliment,  je ne le mange pas. Je suis aussi « tout-terrain », toujours en activité. Pour vieillir en bonne santé, il faut être en activité, il faut travailler. L’oisiveté est à combattre.

On assiste, de nos jours, à une explosion de cancers, chez les personnes d’un certain âge, et de plus en plus chez des gens plus jeunes. Comment l’expliquez-vous ?

Je mets en cause l’environnement, l’hygiène de vie aussi. Il y a des pratiques que nous avons aujourd’hui que nos parents n’ont pas connues. Je ne dis pas que ces maladies n’existaient pas à leur temps. Peut-être qu’elles étaient très peu connues, parce qu’il n’y avait pas de moyens de diagnostic développés pour pouvoir déceler ce genre de pathologies. Certains mouraient de ces pathologies sans qu’on n’arrive à les diagnostiquer. Il faut reconnaître aujourd’hui que, s’il y a extension de ces pathologies, c’est compte-tenu aussi de nos pratiques. Prenons l’exemple des tumeurs du sein. Il y a des tumeurs qui sont bénignes et il y en a qui sont malignes,  et moi j’attribue ça un peu à l’hygiène de vie, au comportement, et aux troubles hormonaux. Ces troubles hormonaux sont quelques fois liés  au comportement de chaque femme. Vous entendrez des gens dire qu’il ne faut pas faire ci, et d’autres dire que c’est ça qu’il faut faire. Les gens sont désorientés, ils ne savent pas toujours quel comportement  adopter, et ça favorise aussi certaines choses, parce qu’ils sont en conflit. C’est pourquoi je dis qu’il faut écouter son organisme et ne pas faire du suivisme.

Détaillez un peu ces pratiques que vous venez de mettre en cause
Il y a, par exemple, des gens qui se livrent aux activités sexuelles précocement, qui utilisent des produits qu’il ne faut pas utiliser, qui ont des pratiques sexuelles peu recommandables. L’origine de ces produits qu’ils prennent est quelques fois douteuse. Il y a des produits traditionnels, et des produits, si on peut le dire, modernes, que les gens utilisent sans savoir si c’est de cela que leur organisme a besoin. Tout ceci peut favoriser ces pathologies et il y a, comme je l’ai dit,  les troubles hormonaux. Nous n’avons pas le même mode de vie que nos parents. Aujourd’hui, on voit des femmes enceintes incapables de mener certaines activités. Il y a des ‘’grossesses précieuses’’ alors que nos mamans enceintes, allaient au champ, au marché, faisaient tout et accouchaient facilement, sans problème. C’est pourquoi je dis aujourd’hui qu’il y a l’environnement qui ne nous rend pas la tâche facile. Il y a la pollution, et toutes ces choses que nous consommons ne sont pas des produits sains. C’est tout cela qui nous crée des problèmes.

Comment y remédier, selon vous ?
Il faut sensibiliser, il faut informer la population sur certaines pratiques à bannir. L’ex ministère de la famille avait voulu qu’on travaille ensemble, qu’on essaie de sensibiliser la population sur certaines pratiques à adopter pour éviter certaines maladies. Certes ce ne sont pas toutes les maladies qu’on peut éviter, mais on peut prévenir.

Quel est votre secret pour rester jeune?
Je n’ai aucun secret. Pour rester jeune,  il faut toujours être en activité. Je n’aime pas l’oisiveté, j’aime travailler. Je l’ai fait tout au long de ma carrière. Je continue de travailler, je milite dans des associations qui me permettent d’être en forme. La vieillesse est un état d’esprit. Moi, je suis jeune et je resterai toujours jeune. Pour moi, c’est maintenant que commence la vie.

Réalisé par Flore S. NOBIME