Category: Santé & Environnement

Entretien avec Yannick Ayi Baglo: « L’Accord de Paris s’est avéré plus ambitieux que prévu au démarrage de la COP21 »

ayi BagloLa 21e Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) s’est achevée le 12 décembre 2015 par l’adoption, par 196 pays,   de l’Accord de Paris sur le climat. Présent au Bourget durant les négociations, Yannick Ayi Baglo, conseiller technique aux changements climatiques du ministre de l’Environnement chargé des changements climatiques revient sur les conclusions de cet accord.

L’Evénement Précis :Monsieur Baglo, il y a un mois, 196 pays dont le Bénin, ont adopté dans l’euphorie, l’Accord de Paris sur le climat. C’est quoi la suite?

Yannick Ayi Baglo : Le calendrier du climat existe et la suite c’est qu’il reviendra à notre pays le Bénin, en tant que Partie à la Convention-cadre de le suivre de très près, afin d’en tirer les meilleures opportunités. Ainsi, un «dialogue facilitateur» se tiendra en 2018 pour évaluer les contributions nationales de réduction des émissions nationales. A la même période, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rendra un rapport sur les impacts d’un réchauffement de 1,5°C.  Les Etats ont jusqu’au 21 avril 2016 pour déposer les instruments de ratification, d’acceptation ou d’approbation, selon les cas. Le 22 avril 2016, la ratification aura lieu lors d’une cérémonie présidée par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-Moon à New York. Rappelons que l’entrée en vigueur de l’accord en 2020 nécessitera qu’il soit ratifié par au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales de Gaz à effet de serre (GES)  et les pays peuvent s’en retirer dans un délai de trois ans, sur simple notification.  En gros, le changement commence dès aujourd’hui avec déjà l’importance de la prise en compte du climat et de ses aléas dans les différents domaines de développement.

Qu’est-ce qui va changer pour l’Afrique ?
Permettez-moi, pour répondre à votre question, de faire une analyse toute simple de l’Accord de Paris par rapport aux attentes des pays africains à la COP21 :
• L’ambition de l’accord : L’Accord de Paris s’est avéré plus ambitieux que prévu au démarrage de  la COP21. Il a pour objectif de «maintenir la hausse de la température moyenne globale bien en deçà de 2°C par rapport au niveau de l’ère préindustrielle» (ce qui était l’objectif initial) et de «poursuivre ses efforts pour limiter la hausse de température à 1,5°C» comme souhaité par nos pays africains. Au vu des émissions actuelles de gaz à effet de serre et des chiffres harmonisés des Contributions Prévues Déterminées au Niveau National (CPDN) des Etats, ce chiffre reste irréaliste car 1,5°Ca  surtout une portée symbolique et politique.
• Les engagements revus tous les cinq ans : 187 pays sur 195 ont dans le cadre de la COP 21 transmis au Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques  leurs documents d’engagement, les CPDN. L’analyse de ces contributions place la planète sur une trajectoire de +2,7°C  à +3°C. Il est donc devenu très important de prévoir la révision de ces CPDN tous les cinq ans. Notons que les contributions n’ont aucune valeur contraignante et sont hors accord mais leur révision est résolument fixée dans la décision d’adoption.Malheureusement, à ce jour, la première révision n’est fixée qu’en 2025alors que l’accord doit entrer en vigueur en 2020. Notons également que de nombreux pays dont les plans de réduction des émissions de GES courent jusqu’en 2030 sont pressés de les actualiser d’ici à 2020.
• L’équité et la différenciation des efforts : L’autre sujet qui intéressait les pays africains à la COP21 est «la justice climatique», avec la différenciation des efforts demandés aux pays, en fonction de leur responsabilité historique dans la problématique du réchauffement climatique depuis les débuts de l’ère industrielle.Cet aspect de l’accord met un point sur la dynamiquede responsabilité des pays du Nord et du Sud qui faisait partie des points de blocage des négociations, en notifiant les efforts qui doivent être accomplis «sur la base de l’équité». Ainsi le texte de l’accord dit que les pays riches «devront continuer à cotiser davantage au pot commun de la finance climat en assumant des objectifs de réduction des émissions en chiffres absolus», tout en aidant les pays émergents et en développement qui eux, «devraient («should») accroître leurs efforts d’atténuation (…) eu égard aux contextes nationaux différents».
• Les finances climatiques : le Fonds vert, créé en 2009 à Copenhague lors de la COP15, et destiné à aider à lutter par la transition énergétique contre le changement climatique, tout en s’adaptant à ses effets néfastes, alors qu’il devait être crédité de 100 milliards de dollars par an, cinq ans après, est toujours en panne. La décision du nouvel accord fait de ce montant de 100 milliards de dollars par an, un minimum à partir duquel «un nouvel objectif chiffré collectif» devra être fixé «avant 2015». Il est nécessaire aujourd’hui que les pays africains puissent être prêts à postuler et à recevoir valablement ces fonds en se dotant de projets concrets et valables au vu des critères prédéfinis.
• La problématique de la transparence: chaque partie devra fournir «régulièrement», tous les cinq (05) ans, des informations sur son plan national de réduction de ses émissions de GES, afin de permettre de mesurer les progrès accomplis dans le cadre de leur engagement national. De même, la mobilisation des finances climatiques mise en œuvre par les pays développés doit faire l’objet d’informations qualitatives et quantitatives, tous les deux (02) ans.
• Les pertes et les dommages : l’accord reconnaît aux pays pauvres «la nécessité d’éviter et de réduire au minimum les pertes et dommages liés aux effets néfastes du changement climatique et d’y remédier».Dans ce cadre, le texte parle de  la mise en place de systèmes d’alerte précoce et d’un mécanisme de provision pour assurer les dommages liés aux catastrophes naturelles extrêmes, mais ne prend pas en compte la «responsabilité ou compensation de la part des pays riches envers les pays pauvres».
• Le caractère juridique de l’accord : Un accord «ambitieux et réaliste», «juridiquement contraignant» afin de rendre l’accord réellement efficace. Ainsi l’a présenté le président français François Hollande et le ministre Laurent Fabius. Mais la problématique du mécanisme de coercition reste à éclairer vu qu’à son état actuel, l’accord ne prévoit pas de sanctions aux contrevenants. La contrainte de l’accord se résout strictement dans sa forme juridique sous la forme d’un traité international qui oblige les parties à ‘’l’exécuter de bonne foi’’.

Au Bourget on a reproché une certaine passivité aux négociateurs. Partagez-vous le sentiment de ceux qui pensent que l’Afrique a été dribblée par les grandes puissances au Bourget ?
Non, l’Afrique n’a pas été dribblée lors de la conférence de Paris et mieux encore, permettez-moi de saluer l’efficacité des négociateurs africains pour leur veille et leur implication intelligente dans les négociations qui ont été menées au présent accord.

Pendant la COP21, les organisations de la Société civile sont montées au créneau pour dénoncer les multinationales qui exploitent et polluent les pays pauvres. On a même vu des activistes nigérians exiger le départ de leur pays des compagnies pétrolières. Est-ce possible, selon vous ?
En ce qui me concerne, je pense que ce que nous visons aujourd’hui n’est pas de lancer une chasse climatique aux sorcières. L’objectif est plutôt une conscientisation radicale de ces gros émetteurs en vue de leur permettre de verdir leurs activités. Rappelons que ces gros pollueurs ont quand même une part très active dans le développement de nos pays et que la problématique de transfert de technologies propres les concerne directement. D’ailleurs de nombreuses sociétés et grosses firmes industrielles, à la lumière de la COP21 se sont engagées à participer à la finance climat.

On assiste de plus en plus à une véritable ruée vers les énergies renouvelables en Afrique. Ne court-on pas le risque de voir débarquer tout et n’importe quoi sur le continent?
Oui c’est clair. Il faut dire que chaque fois que dans un système quelque chose de nouveau et de très important apparaît, il vient avec de nombreuses tares. Il est clair que notre continent à divers niveaux recevra de nombreuses propositions en termes d’énergies renouvelables et de solutions vertes. Mais il reviendra aux autorités à divers niveaux avec l’aide des spécialistes des questions d’énergie du continent de tamiser les propositions afin d’en tirer les meilleures opportunités.

 L’accord de Paris sur le climat est là. Quelle est maintenant la partition de chaque pays pour que cet accord ne soit pas qu’un succès diplomatique?
En vue de pérenniser les acquis de la COP21 et les grandes décisions y relatives, il revient aujourd’hui à nos Etats de mettre en place des structures autonomes chargées du suivi de l’Accord de Paris qui, fort des documents de contributions soumis au Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques se chargera de mettre en place un cadre facilitant la mise en œuvre des engagements. Ces structures pourront aussi assister celles chargées de constituer les guichets pour le Fonds vert climat.

Entretien réalisé par Flore S. NOBIME

Validation du plan stratégique 2016-2020 de l’INPF: Vicentia Boco projette 2020 comme année d’épanouissement de la femme béninoise

L’Institut national pour la promotion de la femme (Inpf)  procède depuis hier, 14 janvier 2016, à la validation du plan stratégique 2016-2020. Se tenant  à l’Infosec,  il se penche également sur le plan d’actions de mise en œuvre des recommandations issues des études de l’institut.
« Il s’agit pour nous de réfléchir sur comment nous pouvons impacter davantage l’ensemble des femmes du Bénin, dessiner le chemin par lequel nous pouvons les élever par rapport à leur positionnement social. Nous attendons de vous une contribution de qualité pour améliorer ces documents », a déclaré le Professeur Vicencia Boco,  présidente de l’INPF.  Pour elle, l’horizon 2020 pourrait être l’année au bout de laquelle la femme béninoise s’épanouit mieux, participe aux prises de décisions administratives et politiques, contribue efficacement à l’économie nationale. C’est pourquoi, elle a invité les acteurs impliqués à plus d’objectivité dans les analyses de la situation de la femme. La promotion de la gent féminine étant pour elle une mission de première loge, le professeur Vicentia Boco a commis des experts qui ont alors proposé, à travers une présentation sommaire, un  plan stratégique des actions à mettre en œuvre, autour de 8 axes importants. A cet effet, les cadres de l’INPF se sont appropriés les indicateurs de performances à atteindre d’ici 2020 et se sont engagés à faire montre de leadership afin de bénéficier au moins de la volonté politique nécessaire au rayonnement de l’institut. Une volonté tout aussi nécessaire pour la mobilisation des ressources financières indispensables à la mise en œuvre du plan stratégique. Précisons que les documents stratégiques sont en examen pour la promotion des droits de la femme et l’intégration de cette couche au sein de la société.

Wandji A.

COP21: Le ras-le-bol des femmes rurales d’Afrique

Les femmes rurales COP21Alors qu’elle fait partie des premières victimes du changement climatique, avec plus de 90% des catastrophes naturelles qui lui sont liées, l’eau n’a pas été au cœur des négociations de la COP21. Et pourtant, les choses avaient bien commencé la première semaine de la COP, avec au Bourget, du 30 novembre au 6 décembre, des initiatives telles «L’eau c’est le climat» qui ont fait le lien entre l’eau et climat et le besoin d’agir à tous les niveaux pour répondre aux défis du changement climatique pour la ressource en eau. Mais, noyées par les ‘’piliers’’ de la COP21, à savoir l’accord de Paris en lui-même, les contributions nationales par pays, les financements et l’agenda de l’action et des solutions, la question de l’eau, ainsi que d’autres préoccupations urgentes pour les populations des régions vulnérables sont passées au second plan. Une situation inacceptable pour les activistes africains outrés de voir les négociateurs  éluder la problématique de l’accès à une eau de qualité et dont le manque est une porte ouverte à la propagation de maladies hydriques, d’infections cutanées et de bien d’autres maux qui périodiquement déciment les populations africaines. Au Bourget, quelques heures avant la signature du fameux accord sur le climat, plusieurs d’entre ces jeunes activistes avec la sénégalaise Bintou Datt, sont montés au créneau pour dénoncer le manque de considération des puissants de ce monde, pour des questions touchant à la survie de tout un continent. Car l’eau est un enjeu capital pour le Continent Noir en proie à la sécheresse, aux inondations, à l’avancée de la mer, à une insécurité alimentaire, et sur lequel planent des menaces sécuritaires.  Le passage à la trappe d’une question aussi importante, est lourd de conséquences pour les femmes africaines dont « les préoccupations n’ont pas été prises en compte » à la COP21, pour Bintou Datt. Un manquement imputé par les activistes et plusieurs membres de la société civile présents à Paris, du peu d’attention dont elles jouissent de la part des décideurs des multinationales qui pensent « business » en lieux et place de  la dignité humaine. Les négociateurs africains ont aussi leur part de responsabilité, incapables qu’ils ont été de défendre à la grand-messe du Bourget, l’une des priorités du continent.

Collaboration Flamme d’Afrique/L’Evénement Précis

COP21: L’accord sur le climat piétine, les activistes manifestent

Photo artivistes bourgetLe Bourget a été ce jeudi, 10 décembre, le théâtre de manifestations visant à exiger des négociateurs de la COP21, un « accord  ambitieux ».

A quelques heures de la clôture de la COP21, des divergences persistent sur le prochain accord sur le climat. Malgré le travail effectué dans la nuit de mercredi à jeudi par des ministres et négociateurs sur une version « nettoyée » de 29 pages, l’accord voulu universel, « juridiquement contraignant, ambitieux, équilibré et durable »  par Laurent Fabius n’est pas encore gagné. Ce jeudi, le président français François a reconnu qu’ «Il y a encore des difficultés». Les divergences persistent, et la plénière de mercredi dernier a permis de mesurer l’ampleur des désaccords persistants, notamment sur trois des sujets clé: la différenciation entre pays développés et les autres dans les efforts à fournir contre le réchauffement, l’ambition globale de l’accord et notamment quelle température retenir comme le seuil à ne pas dépasser, et bien sûr la cruciale question des financements dont doivent bénéficier les pays les plus vulnérables pour faire face aux impacts du réchauffement. Face à l’indécision qui plane à quelques heures du clap final des assises du Bourget, des activistes sont montés au créneau pour rappeler les dirigeants à leur devoir. Devant la salle de conférence du Bourget, Oxfam a appelé les dirigeants des grandes puissances à sortir de leur sommeil et passer à l’action. A l’Espace Génération Climat, plusieurs jeunes activistes ont donné de la voix pour dénoncer la destruction de l’environnement, l’emprise des multinationales, les fausses solutions et exiger une justice climatique pour tous, et notamment les plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique. Ce jeudi soir était attendu un draft de l’accord qui doit être signé ce jour.

Des activistes s’expriment

Armelle Le Comte, Chargée de plaidoyer Climat et énergies fossiles à OXFAM France
« L’heure du réveil a sonné »

« On a des chefs d’Etats qui sont endormis, et on est là pour leur dire que l’heure du réveil a sonné. Il reste moins de 24h  pour négocier un accord ambitieux à Paris et on a besoin que ces chefs d’Etats se mobilisent, appellent leurs ministres qui sont ici à  pour négocier pour qu’on obtienne un accord ambitieux, et surtout un accord qui protège les populations les plus pauvres qui font face au changement climatique.»

Bintou Datt, Association Laawol diam, la voie de la paix
« Ce sont les pays riches qui décident pour les Etats africains »

« Je suis arrivée à cette COP avec l’espoir de voir quelque chose changer, de bons engagements politiques, de bonnes résolutions être prises. Malheureusement tel n’est pas le cas. Ce que nous attendions de cette COP est loin d’être  gagné. On ne compte quand même pas fermer nos bouches. Nous allons réaffirmer nos engagements et dire les choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Ça me frustre de voir la question de l’eau reléguée au second plan. Ce sont les pays riches qui décident pour les Etats africains. La responsabilité des dirigeants africains est lourde. Ils ne mettent pas en avant l’intérêt des populations et face aux grandes puissances ils restent bouche bée. »

Flore S. NOBIME (encoyée spéciale à Paris)

Conférence Paris Climat 2015: Les femmes prennent la parole au Bourget

Des femmes indigènes d’Amérique du sudLes femmes étaient à l’honneur ce mardi 8 décembre au Bourget, huitième jour de la COP21 à travers plusieurs événements qui leur ont été consacrés.
Au pavillon France, la ministre française de l’écologie, Ségolène Royal s’est réjouie de l’initiative qui, a-t-elle déclaré, « permet de remettre les femmes au cœur des problèmes subis et des solutions efficaces ». Au cours du débat organisé à cet effet, Ségolène Royal qui avait à ses côtés  Mary Robinson, l’ancienne présidente d’Irlande, a souligné la vulnérabilité des femmes  quant aux conséquences  du changement climatique. Les femmes « sont en première ligne pour observer le changement climatique, pour le subir et pour en souffrir », a-t-elle déclaré,  relevant au passage que « 60 % des personnes vivant avec moins de un dollar par jour sont des femmes ». La candidate à l’élection présidentielle française de 2007 a également plaidé pour la parité, assurant que  « L’égalité homme-femme est une condition indispensable à la réussite de la lutte contre le dérèglement climatique ». Mary Robinson a quant à elle, fait savoir que le combat des femmes ne cessera pas après Paris.  « Après Paris, nous n’allons pas cesser d’agir car nous savons que sinon nous allons sacrifier nos enfants et nos petits-enfants », a déclaré Mary Robinson, qui a été nommée envoyée spéciale pour le climat en 2014 par le secrétaire général des Nations- Unies. Du côté de l’espace Générations climat, ce sont plusieurs organisations de la société civile qui ont consacré des conférences aux femmes.

Le compte à rebours
Le compte à rebours a commencé. Ce vendredi, 11 décembre, le conclave du Bourget doit aboutir à l’Accord de Paris, qui doit entrer en vigueur en 2020. A trois jours de l’échéance, les négociations ont connu une intensification, avec notamment l’arrivée lundi dernier des ministres de l’Environnement et de l’Energie des 195 pays signataires de la Convention Climat de l’ONU (CCNUCC). Le 6 décembre dernier, le ministre français des Affaires étrangères, président de la COP21, Laurent Fabius, a mis en place quatre groupes de travail sur les points considérés comme les plus durs de la négociation : les moyens de mise en œuvre, la différenciation (quel rôle doivent jouer les pays, selon leurs moyens et leur responsabilité dans le changement climatique), l’ambition de l’accord (objectif de long terme et mécanismes de révision), et les actions pré-2020.

Bolloré, un pollueur sur la sellette
La COP21 c’est aussi des actions parallèles des organisations de la société civile qui dénoncent parmi ces organisations, l’Association Peuples solidaires Atcionaid France qui traquerait les pollueurs qui se sont glissés parmi les sponsors de la COP21. Dans le viseur de l’association particulièrement, le groupe Bolloré, partenaire officiel de la conférence sur le climat mais, selon l’association,  « grand pollueur en Afrique ». Dans une brochure, l’association s’est fait le porte-voix de populations camerounaises victimes du groupe à travers la société Socfin dont la Socapalm, plus grande entreprise productrice d’huile de palme brute du Cameroun est une filiale. Selon le Réseau pour l’action collective transnationale, partenaire de Peuples solidaires, « 42 villages seraient affectés par les activités de la Socapalm et la situation ne ferait que s’aggraver au fur et à mesure que les plantations ‘intensifient ».  La présence du groupe Bolloré à une conférence sur le climat où se joue l’avenir de la planète et la survie de milliards de personnes n’est pas du goût de Peuples solidaires Actionaid France. L’association qui rappelle que « la monoculture de palmiers à huile est basée  sur l’utilisation  d’intrants chimiques fortement émettrice de gaz à effet de serre », trouve contradictoire que le groupe maintienne « ses investissements dans la société Socfin tout en sponsorisant un sommet sur le climat qui prétend œuvrer pour la protection de l’environnement et les droits des populations ». Peuples solidaires a instamment invité « Monsieur Bolloré » à être « cohérent » et à cesser de financer une agriculture polluante et écouter les revendications des communautés  riveraines des plantations dans lesquelles il investirait.

Flore Nobimè (Envoyée spéciale à Paris)

Sommet citoyen pour le climat à Paris: Loin du Bourget, les citoyens du monde font entendre leurs voix

Une manifestation anti plastique dans les rues de    MontreuilEn marge de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques,  la ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis a accueilli les 5 et 6 décembre 2015, à l’initiative des organisations de la société civile, le sommet citoyen pour le climat au cours duquel des citoyens du monde entier se sont fait  entendre et ont présenté des alternatives concrètes  aux problèmes des changements climatiques
Loin du Bourget où se tiennent les négociations  de la COP21 devant aboutir à un accord contraignant pour sauver la planète, les citoyens du monde entier se sont donné rendez-vous aux portes de Paris, dans la ville de Montreuil  pour le sommet citoyen pour le climat. Trois grandes manifestations ont marqué ce sommet : le Village Mondial des Alternatives, le Climat Forum et un marché paysan. Organisé par Alternatiba,  mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale, le Village mondial des Alternatives a montré des solutions concrètes locales et internationales pour le climat et la justice sociale. A travers  les rues et places du Village Mondial des Alternatives, le public a fait la découverte  des modes de vie et actions concrètes du monde entier permettant de relever le défi climatique en construisant un monde plus juste et solidaire.  Onze  quartiers thématiques (éco-habitat, énergie, alimentation et agriculture, transport, finance, etc ont composé ce village. Le Village Mondial des Alternatives  a également été une grande fête populaire avec des buvettes et cantines bio et locales, des concerts et des animations  de rue, etc.  Organisé par la Coalition Climat 21, le  Climat forum a consisté à l’animation de plusieurs dizaines d’ateliers, débats, conférences, projections, et permis d’échanger et débattre autour des initiatives, analyses et solutions portées par les luttes du monde entier. Le Marché paysan de la Confédération paysanne  a, quant à lui, permis l’échange entre citoyens  et paysans et offert un moyen de soutenir l’agriculture paysanne, la protection de la biodiversité, la qualité alimentaire et le maintien de territoires vivants.

Flore S. NOBIME

Marche mondiale pour le climat: Action/2015 Bénin réclame un « accord universel fort » à la COP21

La mache des Béninois pour le climat OKLe 29 novembre 2015,  vingt-quatre heures avant l’ouverture à Paris de la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Coalition action/2015 Bénin a organisé une marche pour demander aux dirigeants du monde « d’accélérer l’action sur le changement climatique en signant un accord ambitieux sur le climat ». 

A l’entame de la marche, Joël Hounguè, le coordonnateur action/Bénin 2015 a rappelé la situation critique dans laquelle se trouve la planète et la responsabilité qui incombe aux dirigeants réunis au Bourget,  à Paris, de faire l’impossible pour la sauver en ne laissant personne, les plus vulnérables notamment, de côté. Pour lui, « la crise climatique est une réalité. (…). Il faut que les dirigeants du monde nous écoutent (..). L’impact des changements climatiques est visible dans tous les coins du monde et affecte particulièrement les plus vulnérables. Un fort consensus à Paris pourrait aider les pays développés à réduire la pollution par émissions de gaz carbonique  et aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts du changement climatique », a déclaré Joël Hounguè. Démarrée à la Place du Souvenir, la marche a pris fin au Palais des Congrès de Cotonou où, face aux marcheurs, Hyacinthe Agbadjagan, le vice-coordonnateur de la Coalition action/2015 au Bénin a réitéré les attentes des populations vis-à-vis du conclave du Bourget. « A Paris,  les gouvernements doivent convenir d’un accord universel fort qui signale la fin des émissions de combustibles fossiles d’ici à 2050. Le moment est venu de définir un accord solide pour l’action climatique. Notre appel à l’action ne doit pas être ignoré », a-t-il lancé,  à l’instar des centaines de milliers de personnes qui, dans le cadre de la « Marche mondiale pour le climat », ont battu le macadam ce même jour pour demander un engagement fort au sortir de la Conférence de Paris. Il faut dire que la 21e Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique (COP21) de la CCNUCC est une étape importante dans la « feuille de route » vers 2020. L’objectif affiché est d’arriver à la signature d’un nouvel accord international contraignant, juste et ambitieux, qui maintienne la hausse des températures inférieure à 2°C et organise le soutien à l’adaptation des pays du sud contre les impacts liés aux changements climatiques.

Flore S. NOBIME

COP21: La contribution des institutions sous régionales de l’Afrique

cop21 OKLa grand-messe de la 21èmeconférence sur les changements climatiques  à Paris (COP21) qui s’étend du 30 novembre au 11 décembre 2015 connait la participation des organisations ouest-africaines comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest représentée par son président Désiré Kadré Ouédraogo, Cheikh Hadjibou Soumaré de l’Union Économique et Monétaire ouest africaine (UEMOA), DjiméAdoum du Comité permanent inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) et du président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé. Ces dirigeants de la région ouest africaine se mobilisent pour défendre l’adoption d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant sur le climat, sur la base de la position commune africaine défendue par le groupe africain de négociateurs. Dans l’atteinte de leurs objectifs, les quatre organisations sous régionales ont dressé un stand d’information dénommé Le Bourget zone verte et programmé plusieurs autres événements, à partir du mardi 2 décembre 2015, dans le but de faire connaître leurs contributions dans le domaine des changements climatiques. En menant ces activités qui seront suivies par plusieurs chefs d’Etat ouest-africains et sahéliens, leurs ministres en charge de l’Environnement et des participants stratégiques, ces quatre institutions présenteront leurs visions et partageront leurs expériences en matière d’atténuation et d’adaptation face au changement climatique. La séance se terminera par la lecture d’une déclaration des parties prenantes de « L’Alliance globale pour la résilience (AGIR) – Sahel et Afrique de l’Ouest : une contribution essentielle au renforcement des capacités d’adaptation aux changements climatiques des populations les plus vulnérables ». Cette démarche que mène les organisations sous régionales des Nations Unies en Afrique de l’Ouest fait suite à la déclaration continue approuvée le 7 novembre 2015 à Dakar par les ministres en charge de l’Environnement des États membres de la CEDEAO, de l’UEMOA, du CILSS et de la BOAD. Une déclaration dans laquelle ces organisations ont réaffirmé « la grande vulnérabilité face au climat des pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, et par conséquent la nécessité de mobiliser des financements dans le cadre de l’engagement des 100 milliards de dollars US par an pour une mise en œuvre réussie des grandes initiatives telles que la Grande muraille verte, l’Initiative africaine sur les énergies renouvelables et le Plan d’investissement climat du bassin du Niger ».

Rastel DAN (Coll.)

Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes: Honorine Attikpa, pour l’intensification de la lutte

Honorine ATTIKPALe 25 novembre marque la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. Le thème retenu pour l’année 2015 est axé sur la prévention et est intitulé « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». Dans le cadre de la commémoration de cette journée, la ministre la famille, des affaires sociales, de la solidarité nationale, des handicapés et des personnes de troisième âge a adressé aux Béninois, un message à lire en intégralité ci-après.

Béninoises, Béninois.
Chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
Dans moins de 24 heures, le Bénin, à l’instar de la communauté internationale, célébrera la Journée Internationale pour l’Elimination des Violences à l’Egard des Femmes.
Cette journée offre chaque année l’occasion pour l’ensemble des acteurs de réaffirmer l’importance d’une mobilisation contre les violences faites aux femmes.
Je voudrais rappeler le sacrifice des trois sœurs Mirabal assassinées en 1960 pour avoir dit non à la violence, aux abus et aux mutilations.
Aujourd’hui encore, le souvenir de leur courage permet de fédérer les personnes du monde entier le 25 Novembre de chaque année.
Le thème retenu pour l’année 2015 est axé sur la prévention et est intitulé « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes »
Les violences contre les femmes et les filles sont une violation des droits humains. Pour le secrétaire Général des Nations Unies je cite : « il nous incombe, à nous tous de les prévenir et de les combattre en commençant par remettre en question la culture et la discrimination qui les perpétuent »
Dans le monde, 35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours de leur vie, et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus. Au Bénin, selon les études réalisées sur les Violences Faites aux Femmes en 2009, 69% des femmes ont subi une fois de violence dans leur vie.
Les cas relatés par les services d’écoute installés dans les quatre-vingt-cinq  (85) Centres de Promotion Sociale (CPS), sur toute l’étendue du territoire national reflètent la réalité de ce qui se passe dans notre pays. Ces services ont enregistré en  2014, 12896cas de victimes de Violences Basées sur le Genre. Sur cet effectif, 83% des victimes sont des femmes et des filles contre 18% d’hommes et de garçons.
Béninoises, Béninois,
Cette année, le lancement des manifestations officielles auront lieu à Cotonou pour sensibiliser, mobiliser les populations et attirer  l’attention de l’opinion publique sur les violences perpétrées à l’encontre des femmes. Plusieurs autres manifestations prévues  vont se dérouler pendant  les seize jours d’activisme sur toute l’étendue du territoire national. Il s’agit entre autres :
-du lancement officielle de la plateforme de dénonciation des violences basées sur le genre et de la formation des administrateurs de la base ;
-de la mise en œuvre du plan de campagne médiatiques, de la mobilisation sociale sur les différentes lois qui protègent les femmes et les filles ;
-de la dissémination du document de procédures Opérationnelles Standards pour la prévention et une réponse aux Violences basées sur le Genre, et de la poursuite de l’installation des différents comités …
Chers compatriotes, mesdames et messieurs,
La prévention contre les violences faites aux femmes est une action fondamentale et déterminante dans la promotion des droits humains. Pour qu’elle soit globale et efficace, il faut asseoir  une synergie entre les acteurs qui interviennent dans ce domaine. C’est l’occasion pour l’ensemble de ces acteurs de réaffirmer l’importance d’une mobilisation contre ce fléau.
Mon Département Ministériel, en ligne avec la Vision du Président de la République, Son Excellence Docteur Boni YAYI continuera à accélérer les efforts contre les violences faites aux femmes.
Mesdames et messieurs,
Je saisis l’occasion pour lancer un appel urgent aux familles, aux parents, aux organisations de femmes ainsi que celles œuvrant dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de la femme et aux femmeselles-mêmes, aux leaders traditionnels, religieux et communautaires, aux services publics et au secteur privé pour intensifier notre lutte contre les violences faites aux femmes pendant la période d’activisme.
Ce combat est notre devoir et la bonne nouvelle c’est que la victoire est à notre portée.
C’est dans cette perspective que je vous invite donc à vous joindre à nous en organisant des événements pour oranger les rues, les écoles et les monuments en utilisant la couleur désignée par la campagne, symbole d’un avenir meilleur où la violence n’a plus son sens.
Je voudrais ici, remercier les Organisations de la Société Civile et l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers, pour leur détermination à œuvrer  aux côtés du ministère en charge de la famille en vue de  l’éradication des violences faites aux femmes.
Population béninoise, il est temps que cesse la violence à l’égard des femmes et des filles parce qu’elles   méritent notre protection.
Enfin, soyons tous conscients que notre nation a besoin de chaque femme et de chaque fille pour assurer son émergence par un développement durable
Je vous remercie.

Ouverture du 16ème séminaire international des praticiens HIMO: Les défis du développement durable local au cœur des échanges

Gustave Dépo SONON EPAprès le Cameroun en 2014, c’est le Bénin qui accueille depuis le lundi 26 octobre 2015, le 16ème séminaire régional des praticiens de la Haute intensité de main d’œuvre (HIMO). La cérémonie d’ouverture de cette rencontre d’échanges  qui se déroule au Palais des Congrès de Cotonou et regroupe une dizaine de pays africains et d’Asie, a été assurée par le ministre d’Etat, Fulbert Géro Amoussouga.

« Approche HIMO face aux défis du développement durable en contexte de décentralisation ». Tel est intitulé le thème sur lequel repose le 16ème séminaire international de l’Organisation internationale du Travail (OIT) des praticiens de la  Haute intensité de main d’œuvre (HIMO). Réunissant une dizaine de pays, cette rencontre vise, selon le président du comité d’organisation, le ministre béninois des Travaux publics, le renforcement du processus de la décentralisation en cours au Bénin. A en croire Gustave DépoSonon dans son mot de bienvenue, ces cinq (05) jours viennent offrir  aux participants une plate-forme active et dynamique pour partager leurs expériences sur les moyens de promouvoir l’utilisation généralisée et rentable d’approches à forte intensité d’emplois dans la mise en œuvre des projets d’infrastructures et autres activités connexes qui génèrent des actifs durables et optimisent les possibilités de création d’emplois. C’est à juste titre qu’il a présenté les sujets devant faire l’objet d’échanges. Il s’agit donc, poursuit-il, pour les participants, d’aborder les questions institutionnelles et opérationnelles des approches HIMO sous l’angle de la protection de l’environnement, de l’exploitation rationnelle des ressources naturelles et des matériaux locaux, de développement des technologies de construction ou d’aménagement, de création d’emplois verts et de richesses respectueuses de l’environnement, de financement des politiques et programmes d’investissements, d’opportunités de formation en vue d’améliorer l’employabilité des jeunes, de la résilience et de la protection sociale des communautés locales.La directrice régionale adjointe de l’OIT pour l’Afrique, DayninaMeyenga, pense que c’est un tournant décisif pour le Bénin dans la réalisation de ses travaux urbains. Pour le ministre d’Etat, Fulbert Géro Amoussouga, l’approche HIMO a été d’une importance capitale pour le Bénin. A l’en croire, la méthode a servi dans les années 1990, de solution pour faire face au problème d’emploi des jeunes et du Programme d’ajustement structurel (PAS) et après 1999, où elle s’est impliquée dans des infrastructures rurales. La rencontre est prévue pour prendre fin le 30 octobre 2015. A cette occasion, le représentant du ministre camerounais des travaux publics a passé le témoin et le flambeau au ministre Gustave Sonon qui assure désormais la présidence des travaux jusqu’à la tenue de la prochaine rencontre.

Emmanuel GBETO