Category: Politique & Actualités

Rencontre à l’Elysée entre les présidents français et béninois: Patrice Talon décroche des solutions immédiates au délestage

Talon à l'ElyséeLa question de l’énergie électrique est restée au cœur des échanges entre le président Patrice Talon et François Hollande. En effet, au-delà dela doléance du président béninois Patrice Talon sur l’achat des compétences pour la rénovation de l’administration béninoise, il a été également question de trouver dans les tout prochains jours une solution à la crise énergétique. « Notre pays est dans le noir presque tous les jours », a clamé le président Patrice Talon qui n’est pas resté indifférent à la proposition de son homologue français de dépêcher une mission urgente au Bénin. « Vous avez dit que dans quelques jours, il y auraune mission de haut niveau qui viendra au Bénin et que vous ne manquerez pas de nous aider à trouver des solutions rapides » a-t-il ajouté. Et, effectivement, le président François Hollande, en abordant le rôle de l’Afd au Bénin a certifié qu’une mission se rendra dans les tout prochains jours au Bénin pour recentrer la mission de l’Afd. « André Valery se rendra au Bénin dans les jours à venir et nous verrons comment modifier et réorienté les missions de l’agence » a t-il ajouté. Pour Patrice Talon, « nous avons l’obligation dans les prochaines semaines d’apporter une solution à nos populations, à nos industries, età nos services. Je voudrais ici prendre le peuple à témoin que dans les semaines à venir avec vous, nous allons venir à bout de cette souffrance, » a promis le président béninois Patrice Talon. Les échanges entre les deux Chefs d’Etat ont également porté sur les questions de sécurité et la lutte contre le terrorisme, car a laissé entendre le président Patrice Talon « …Si la France, les pays de l’Europe, de l’Amérique qui ont les moyens ne sont pas venus à bout, … ce n’est pas le Bénin, qui n’a aucun moyen qui se dira épargné… »Et pour y arriver, il compte sur la France. « Vous nous avez rassuré que vous serez à nos côtés sur tous les plans, touristique avec les compétences, au plan agricole, et au plan de l’énergie » a rappelé Patrice Talon à François Hollande. Il va s’en dire donc que les retombées de ce voyage seront bientôt visibles pour le peuple béninois qui attend des réponses urgentes à ses problèmes.

Yannick SOMALON

Réforme du système partisan au Bénin: Houngbédji informe sur les démarches menées

Me Adrien HoungbédjiEn marge de la présentation de son deuxième rapport, le président de l’Assemblée nationale a réitéré la détermination du parlement à soutenir les réformes du système partisan qui permettront de mettre fin à certaines pratiques politiques devenues coutumes au Bénin. Me Adrien Houngbédji a d’abord rappelé l’importance de réformer le système partisan et s’est réjoui de la volonté politique du nouveau chef de l’Etat. « Je note avec bonheur que le nouveau Président de la République veut faire de son mandat, celui des réformes dont, entre autres, la réforme du système partisan, réforme qui figure en priorité dans l’agenda de la septième législature de l’Assemblée Nationale et à laquelle nous travaillons » a-t-il souligné dans son discours. Il avait par ailleurs, poursuivi que « sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ». Et comme pour inciter ses collègues, le numéro un du parlement béninois a mentionné dans son rapport d’activités, les démarches entreprises dans ce sens par l’institution. En effet, outre les audiences accordées aux organisations internationales à son cabinet, le président a tenu plusieurs séances avec les représentants desdites organisations pour discuter de cette réforme. Il s’agit de l’Association Béninoise de Droit Constitutionnel (ABDC), la Coordonnatrice régionale de la Fondation Hans Seidel qui ont réaffirmé leur intérêt pour le projet. Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) a promis d’apporter son accompagnement technique et administratif en vue de garantir un travail de qualité. Le président Houngbédji a donc réussi à convaincre ses collègues sur la nécessité de réformer le système partisan béninois. Le parlement sera sans nul doute, soutenu dans cet élan, par le président de la république. « En se déclarant favorable à une telle réforme, le Chef de l’Etat vient de donner un signal encourageant qui se traduira par une étroite collaboration du Gouvernement avec l’Assemblée Nationale en vue de sa réalisation » a-t-il ajouté pour conclure.

Germin DJIMIDO (Coll.)

Ratification du Traité sur le commerce des Armes: Le Bénin fait un pas de géant dans le cercle des grandes nations

Le Bénin se met progressivement dans le cercle des grandes nations en matière de régulation du commerce des Armes. C’est ce qu’il convient de retenir après l’examen et l’adoption hier mardi 26 avril 2016 par l’Assemblée nationale, du Projet de loi portant autorisation de ratification du Traité sur le commerce des Armes (TCA) adopté à New York le 28 mars 2013. 

Présentant son rapport, le président de la commission des relations extérieures, le député Nassirou Arifari Bako a exposé les objectifs du présent traité qui contient d’énormes avantages pour les pays africains qui ne disposent pas d’un système de contrôle renforcé de la circulation des armes. A l’en croire, le Bénin doit ratifier le Traité pour faire face à la prolifération des groupes armés non étatiques. Car, des registres nationaux de contrôle seront déposés auprès des Nations-Unies pour permettre d’assurer un véritable contrôle de la circulation des armes. Toutefois dans leur intervention, les députés ont soulevé entre autres préoccupations, le caractère non efficace de ce traité, les enjeux internationaux liés au traité sur le commerce des armes par rapport aux enjeux régionaux pour le contrôle de la prolifération des armes, puis évoquer la nécessité de mettre l’accent sur les lois internes. La doyenne d’âge, Mme Rosine Soglo a décrié comme à ses habitudes, le silence coupable des autorités africaines face à l’extension de la secte Boko haram qui ravage tout sur son passage depuis quelques années. Le gouvernement représenté par le ministre de la défense nationale, Candide Azannaî a souligné que le traité est une arme de prévention qui touche le Bénin et qui permet de donner un peu plus de vue sur la sécurité à l’extérieur. Il sera épaulé par le Garde des sceaux, ministre de la justice qui a fait savoir que le traité a pour objectif principal d’éliminer le commerce illicite des armes, le blanchiment, la corruption et autres maux. Le projet de loi soumis au vote, a recueilli l’assentiment de la majorité des députés présents à la séance de ce mardi.

Germin DJIMIDO (Coll.)

Audience à Paris entre les présidents béninois et français: Talon rencontre Hollande à l’Elysée demain

Patrice Talon nouveau netAbsent du territoire national depuis plusieurs jours, le président de la République du Bénin, Patrice Talon, élu démocratiquement au soir du 20 mars 2016 pour un mandat de cinq ans, sera reçu à l’Elysée demain mardi 26 avril 2016 à 17h00 (heure de Paris) par le président de la République française, François Hollande (17H00 : Entretien avec M. Patrice TALON, Président de la République du Bénin). En effet, depuis son investiture le 06 avril 2016, le président Patrice Talon s’est engagé depuis quelques jours dans sa première visite officielle à travers l’Afrique et l’Europe. Abidjan le lundi dernier puis, tel que l’indique l’agenda du président français, François Hollande, un entretien est prévu entre les deux hommes d’Etat à Paris, demain à 17h00. Cela risque de durer plus de deux heures d’horloge, car, selon l’agenda officiel du président français, c’est à 20H que François Hollande a un autre rendez-vous (20h00 : Entretien avec Sir Peter COSGROVE, Gouverneur général du Commonwealth d’Australie).C’est dire que le président Patrice Talon engage officiellement à travers cette rencontre les liens de coopération entre les deux pays qui ont une histoire commune depuis la période coloniale en passant par les indépendances jusqu’ à nos jours. Et comme on peut en douter, cette rencontre, la première entre Hollande et Talon, sera en grande partie consacrée à la prise de contact entre les deux hommes même s’ils se connaissaient sous d’autres cieux. Cette fois ci, c’est une rencontre entre deux hommes d’Etat qui, de façon officielle, ont un serment d’œuvrer chacun pour l’intérêt supérieur de leurs nations respectives. En voyage sur Paris depuis quelques jours, le président Patrice Talon sera reçu à l’Elysée comme tous les chefs d’Etat et sera interrogé à sa sortie par la presse française et internationale. Il est important de souligner que la France est une deuxième patrie pour le président béninois Patrice Talon d’autant plus qu’en 2013 au début de ses dissonances avec l’ancien régime de Boni Yayi, il a élu domicile à Paris et a été protégé en grande partie par le gouvernement français. Le voilà, de retour de Paris, devenu président de la république du Bénin, il y repart en cette qualité avec les honneurs dus à son rang.

Yannick SOMALON

Assemblée nationale: Plusieurs propositions de loi pour soutenir les réformes de Talon

photos assemblée nationale 108Les députés de la 7ème législature se retrouvent demain mardi 26 avril 2016 en séance plénière au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Convoquée par le président de l’institution, cette séance qui suit celle de l’adoption du rapport d’activités de Me Adrien Houngbédji, sera consacrée à l’étude de quelques projets de loi portant autorisation de ratification d’accords de prêts signés entre la République du Bénin et certaines institutions financières (Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIFC), la BADEA, Crédit Suisse AG, Succursale de Londres). Ces projets de loi initiés par le gouvernement seront examinés par les élus du peuple pour leur adoption ou rejet. Ceci en vue de mettre à la disposition du gouvernement des ressources pour la mise en œuvre de sa politique de développement. Pour rappel, le gouvernement a été autorisé à ratifier des accords de prêts de plus de 111 milliards de francs Cfa dans la période allant du 1er octobre 2015 au 31 mars 2016, selon le rapport d’activités du président de l’Assemblée nationale. Et pour la session ordinaire en cours au parlement, six (06) projets de loi relatifs aux  accords de prêts sont à l’ordre du jour.

Les six projets de loi portant autorisation de ratification à l’ordre du jour de la session
Projet de loi portant autorisation de ratification de la Convention de Minamata sur le mercure adoptée et signée à Koumamoto au Japon le 10 octobre 2013 ;

1. Projet de loi portant autorisation de ratification, de l’accord de Mourabaha signé à Maputo le 9 juin 2015 entre la République du Bénin et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIFC) dans le cadre de l’acquisition d’intrants agricoles au titre de la campagne 2015-2016 ;

2. Projet de loi portant autorisation de ratification, de la convention de crédits signée à Cotonou, le 15 décembre 2015 avec Crédit Suisse AG, Succursale de Londres dans le cadre du financement du projet d’électrification de 300 localités rurales au Bénin ;

3. Projet de loi portant autorisation de ratification, de l’accord de prêt relatif  au financement du projet de réduction des pertes d’eau et d’amélioration de la viabilité des Systèmes d’Alimentation en Eau Potable (AEP) de Cotonou, Porto-Novo et leurs agglomérations  ;

4. Projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé à Lima (Pérou), le 09 octobre 2015, entre la République du Bénin et la BADEA, dans le cadre de la mise en place de la dernière ligne de crédit au profit  du Fonds National de la Micro finance ;

5. Projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt additionnel du projet de transport urbain à Parakou ;

Germin DJIMIDO (Coll.)

Mise en œuvre des concepts « Rupture » et « Nouveau départ »: Le FARRE offre les clés du succès à Patrice Talon

FarreLe parti Forum africain pour la restauration, la réconciliation et l’émergence (FARRE) a procédé le dimanche 24 avril 2016 au Codiam de Cotonou, à la restitution des résultats du forum organisé du 15 au 17 avril 2016 à Parakou. C’était à l’occasion d’une conférence publique au cours de laquelle il a enregistré les contributions des participants devant permettre la  participation  du FARRE  à la gestion active du pouvoir à travers des propositions.

La conférence de ce dimanche a été l’occasion pour le secrétaire général du FARRE, le professeur Léon Bani Bio Bigou, de préciser le contexte du forum organisé par son parti. Il s’agit, selon lui, pour le FARRE, de contribuer, en alliance avec d’autres forces politiques, à la gestion active du pouvoir avec le nouveau régime, tout en veillant à l’ancrage du parti sur tout le territoire national et particulièrement dans les milieux d’influence.  A cet effet, sa présentation a porté sur trois (03) grands axes. Il s’agit, en premier, des résultats atteints dans la clarification opérationnelle de 22 concepts tels que « la rupture, le nouveau départ, le citoyen, la recevabilité, la démocratie, l’homme politique, le nationalisme, la République, la patrie, le parti politique…. ». La seconde partie de son intervention a exposé les résultats enregistrés dans les types  de « rupture » et de « nouveau départ ». A ce niveau, le conférencier a relevé 10 sortes de rupture, où il a mis l’accent sur le système du « multipartisme sauvage ». Il pense que le Bénin doit y renoncer pour aller vers le regroupement et la création des partis politiques sur la base de l’idéologie, de la politique et non de la région ou de l’ethnie. « Il faut évoluer vers un « Pluralisme de maturité » au sein duquel les partis politiques pourront véritablement promouvoir la démocratie du développement durable basée sur les réalités internes au pays et au continent », a-t-il proposé. Au regard de l’effectif des partis politiques au Bénin qui est de 235 partis politiques déclarés au Ministère de l’intérieur à la date du 12 avril 2016, le FARRE  appelle donc à une rupture dans la création de partis politiques, ceci par rapport à la compréhension du « multipartisme ».

Lien entre « Rupture » et « Nouveau départ »
Dans la 3ème partie de son développement, le secrétaire général du FARRE, le professeur Léon Bani Bio Bigou a parlé des résultats atteints au niveau de la réflexion sur les rapports entre « Rupture » et « Nouveau départ ». Pour le conférencier, le concept de la « Rupture » laisse supposer l’arrêt d’un processus, d’un phénomène pour les ajustements ou des abandons, selon le cas.  Après cette définition, il a établi son lien indissoluble avec celui du « Nouveau départ ». A l’en croire, la « rupture » telle que définie et comprise dans les faits sociaux, politiques et économiques, aux sens figuré et abstrait, on doit retenir que chaque rupture est suivie des faits concrets de changement, d’orientation ou de correction dans le processus  d’évolution d’un groupe, d’une société, d’un Etat… Ce début de mutation peut être,  selon lui, qualifié de « nouveau départ » par rapport à l’ « ancien » qui court jusque-là. Il conclut que « rupture rime avec nouveau départ » dans une longue et inexorable marche du genre humain qui le porte du néant jusqu’à l’infini. Par ailleurs, en attendant donc la finalisation de la plaquette qui sera présentée au président Patrice Talon, le FARRE  pense que « la renaissance des valeurs politiques au Bénin doit être une réalité qui conditionne le renforcement de la démocratie. Il souhaite et propose au gouvernement de mettre dans chaque bureau de l’administration publique, en gros plan, l’article 37 qui dispose : « Les biens publics sont sacrés et inviolables. Tout citoyen doit les respecter scrupuleusement et les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption, de détournement, de dilapidation ou d’enrichissement illicite est réprimé dans les conditions prévues par la loi ». Précisons que plusieurs personnalités politiques, dignitaires religieux et universitaires ont répondu présentes à cette conférence publique du FARRE. On peut citer, entre autres, les anciens ministres Ali Houdou, Karim Rafiatou, l’honorable Victor Dagon, les professeurs, Bienvenu Antonio, Alphonse Gaglozoun….

Emmanuel GBETO

Décision DCC 15-249 de la Cour constitutionnelle pour cumul de fonctions : Le député Yempabou en passe d’être éjecté de son siège

Jacques Yampabou députéL’Assemblée nationale serait-elle réduite à 82 députés ? C’est la question qui trottine dans les esprits depuis l’installation le 12 avril 2016 des 05 nouveaux députés dont les titulaires ont été appelés à diverses fonctions nominatives et suite au décès de Feu Eric N’Dah. Alors que tous attendaient à voir le député Jacques B. Yempabou ou son suppléant à cette cérémonie solennelle pour savoir ce qu’il en est, nombre de Béninois étaient confus de la situation qui a prévalu à l’hémicycle ce jour-là. En effet, à cette cérémonie d’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale pour le compte de l’année 2016, sur instruction du président de l’institution et conformément aux dispositions du Règlement intérieur, la première secrétaire parlementaire a vérifié le quorum des députés présents par appel de la liste des 83 élus du peuple. Contre toute attente, le député Jacques B. Yempabou n’a pas été appelé dans la liste des 83 députés de la 7ème législature. Son nom n’y figure-t-il plus ? La question mérite d’être posée. Puisque quand vint le moment de l’installation des nouveaux députés, son suppléant Maurice Kototcha n’a pas été  non plus appelé. Pour mémoire, Jacques Yempabou a été évincé par la Cour constitutionnelle suite à une série de plaintes déposée contre lui pour cumul de postes électifs. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers l’Assemblée nationale qui a prévu en sa session ordinaire, l’examen du rapport de la Commission des lois sur la Décision DCC 15-249 de la Cour constitutionnelle relative à la demande de démission d’office du député Jacques B. Yempabou.

Germin DJIMIDO (Coll.)

Rencontre de réconciliation d’Abidjan entre ancien et président élu: Carton rouge de Gadamassi et Soglo

Yayi Talon okVéritable acteur de l’élection du président Patrice Talon lors de la présidentielle de mars 2016, le premier président du Renouveau démocratique au Bénin, l’ex-maire de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo, n’approuve pas la rencontre dite de réconciliation qui s’est tenue lundi dernier à Abidjan entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, Boni Yayi, sous l’égide des présidents Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. En effet, ne voulant pas être déçu par son poulain dans la gouvernance au sommet de l’Etat, Nicéphore Soglo invite Patrice Talon à se concentrer sur les priorités du peuple afin de réussir l’unique quinquennat qu’il a annoncé vouloir faire. Pour l’ancien président de la République, les problèmes du Bénin ne doivent pas être discutés à l’étranger. «Le président Alassane Ouattara a-t-il cassé la graine avec Laurent Gbagbo ? Pourquoi amener Boni Yayi et Patrice Talon à casser la graine ?», se demande-t-il. Au Bénin, c’est la rupture et non la continuité, ajoute-t-il. Selon ses propos, «il faut que le président Boni Yayi cesse de distraire le peuple », car pour lui, Yayi risque de « gâter » à Patrice Talon « sa marchandise ». Tout comme l’ancien président, syndicalistes et béninois lambda sont dans la même logique. Ils attendent aussi des actes forts du gouvernement sur les dossiers de malversations et des scandales qui ont caractérisé le régime défunt. Il faut également souligner que la majorité des Béninois désapprouvent cette rencontre. Pour eux, il faut que Yayi laisse maintenant son successeur s’occuper des nombreux et colossaux problèmes qu’il a laissés à la République. Soucieux de le voir réussir, Nicéphore Soglo appelle le président Talon à la vigilance.

 

« Le président Talon doit se méfier de la ruse de Yayi », selon Rachidi Gbadamassi

 

Invité sur le débat politique de Sikka TV, hier jeudi 21 avril 2016, l’honorable Rachidi Gbadamassi est revenu sur la rencontre dite de réconciliation qui s’est tenue à Abidjan entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, Boni Yayi. À en croire les analyses de l’ancien bras droit politique de Boni Yayi à Parakou, Patrice Talon doit se méfier de Boni Yayi pour sa ruse politique, car dit’il, « Yayi n’a pas encore accepté la volonté de Dieu pour une vie après le pouvoir ». « Le président Patrice Talon doit se méfier de la ruse politique de Boni Yayi. J’ai collaboré avec l’homme et je connais sa pensée. Yayi Boni n’était pas préparé pour laisser le pouvoir, il a été surpris et c’est en cela que je parle de l’ivresse du pouvoir. » C’est en ces termes que le Buffle de Parakou a abordé le débat sur la rencontre du lundi dernier à Abidjan entre l’ancien président, Boni Yayi, et le président Patrice Talon. Parlant des agissements de Boni Yayi avant la fin de son mandat, Rachidi Gbadamassi explique : « Il dit, je ne vais jamais remettre le pouvoir à Patrice Talon, je vais mourir avant de remettre le pouvoir à Patrice Talon. Je suis un Bariba et un Bariba préfère la mort à la honte. » Et à l’honorable de lui rappeler que « le pouvoir que vous détenez, ce n’est pas de la royauté. C’est de l’univers, c’est divin. C’est Dieu qui l’a voulu. Au soir du 06 avril, vous allez remettre le pouvoir parce que ce pouvoir ne vous appartient pas ». C’est pour cela qu’il insiste qu’il est important de se méfier de Yayi Boni. « Vous avez vu ce qui s’est passé avant la passation de service, c’était avec plus de 60 militaires. Il n’a pas le droit. Il a trois gardes du corps. La situation politique dans laquelle Yayi Boni a été battu ne lui permet pas de lui laisser autant d’hommes en uniforme. Je le dis parce qu’au cours de la campagne, il a tenu des propos orduriers pas dignes d’un chef d’Etat », a laissé entendre Rachidi Gbadamassi. Il pense que la rencontre d’Abidjan donne un autre visage au Bénin qui est un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest. « Quand on parle du nord et du sud, ce n’est pas bon. Le Bénin est un et indivisible… Le Bénin est un pays démocratique qui a passé plusieurs alternances au sommet de l’Etat sans effusion de sang. Cela veut dire que le Bénin attend de la communauté internationale d’être décoré. Ce que le Bénin vend aujourd’hui, c’est sa démocratie. La communication qui a été fait suite à la rencontre d’Abidjan fait du Bénin un pays d’instabilité. Ce que doit empêcher le peuple béninois qui fait école avec sa démocratie dans la sous région. Cet acte remet en cause les acquis démocratiques du peuple béninois », a conclu l’élu de la 9ème circonscription électorale.

Yannick SOMALON

Tractations politiques en cours au parlement: Des députés Fcbe sautent dans la Rupture

GbadamassiDepuis la fin du règne du président Boni Yayi le 06 avril 2016, on observe une accalmie au sein de sa famille politique. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) restées jusque-là la première puissance politique pour avoir réussi à tenir en respect plusieurs alliances et partis politiques, sont réduites à leur plus petite expression. A l’Assemblée nationale, ses députés qui interviennent encore dans le débat parlementaire du fait de leur présence au sein de la 7ème législature, tentent vaille que vaille de rejoindre la vague du Nouveau départ. Après Jean-Michel Abimbola, Lucien Houngnibo, on apprend de sources dignes de foi qu’un groupe de députés Fcbe et alliés s’apprête à rejoindre leurs collègues qui ont, à visage découvert, œuvré pour le sacre du président Patrice Talon. André Okounlola, Bénoit Dégla et certains députés de la région septentrionale seraient en train de négocier leur ralliement au camp de la rupture. Un ralliement qui serait rendu favorable par la volonté de leur leader de « soutenir » le président Talon à réussir son mandat, si l’on s’en tient à la véracité de ses propos tenus à la rencontre d’Abidjan ce lundi 19 avril 2016.

Quid du contrôle parlementaire de l’action gouvernementale

Le contrôle de l’action gouvernementale est l’une des trois missions essentielles dévolues aux députés à l’Assemblée nationale. Le rapport d’activités de Me Adrien Houngbédji mentionnant l’exécution de cette mission pendant les six derniers mois, a révélé un faible taux. Une situation qui pourrait s’empirer et dégrader l’image de la nouvelle législature au cas où celle-ci serait réduite à un seul bloc de députés. En effet, le ralliement tous azimuts des députés alliés aux Fcbe et ceux ayant travaillé pour le candidat de l’alliance républicaine à l’élection présidentielle de 2016, suscite beaucoup d’interrogations. La question que nombre de Béninois se pose est de savoir quel groupe de députés initiera au cours des prochaines sessions des questions orales ou écrites ou des interpellations au gouvernement sur un quelconque dossier dont on n’aurait pas compris la gestion. Puisque pour ceux qui ont vu passer l’histoire du parlement aux 5ème et 6ème législatures, on peut déjà se poser la question de savoir ce qui empêche les députés Fcbe et alliés d’interpeller le nouveau gouvernement au sujet de la suspension des concours de recrutement dans la fonction publique organisés en 2015.

Opinion de l’écrivain-chercheur Cyprien Gbémassè: Les conditions pour la réussite des grandes réformes du président Talon

Introduction
L’accession à la Magistrature suprême d’un Opérateur économique à la tête du Bénin pour la première fois depuis les indépendances est le résultat décevant de beaucoup d’autres corps de la société auquel le peuple avait fait foi. C’est le début du recentrage politique et surtout économique, mais également de la distribution juste et équitable des richesses nationales en vue d’une nouvelle marche.
En 2009, j’avais publié un livre sur l’ancien Président Thomas Boni Yayi pour donner des conseils en vue de la perfection de l’émergence. Il a été rejeté. Moi-même j’ai été rejeté. Au lendemain de la prestation de Serment du nouveau Président et de la formation de son gouvernement, j’ose récidiver à travers le présent article pour dire ce que je pense de positif et de pertinent pour laréussite du Nouveau Départ. Je crois que cette fois-ci, je serai entendu. En tout cas, je suis un éveilleur de conscience. J’écris donc pour le témoignage de l’histoire.

L’avantage d’un Opérateur économique à la tête de l’Etat
Depuis 1960, rien n’a été fait dans le cadre de l’auto centrage. On a senti la frilosité de tous les Gouvernements à agir, leur méconnaissance notoire de la gestion prospective de l’économie. Il faut que les fonctionnaires se désengagent légèrement en donnant une parcelle de pouvoir aux Opérateurs économiques ou à leurs représentants, car ils sont les hommes de terrain, les praticiens de l’économie, en contact permanent avec les réalités économiques.
Contrairement au domaine strictement politique où des spécialistes émettent souvent des données aléatoires et rapidement modifiables, le domaine de l’économie est un domaine scientifique et très sensible. Il était donc urgent de créer un vaste front politique des Opérateurs économiques pour la conquête dans la légalité d’une portion du pouvoir politique afin de contribuer à mettre quelque chose de véritablement  nouvelle capable de répondre efficacement aux exigences économiques de l’option politique de l’heure.
C’était le noble combat du Très Respecté Séfou Fagbohoun. C’était le noble combat du Très Respecté Wassi Mouftaou, ancien  Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin. Ce noble combat fut perceptible surtout au lendemain de la dévaluation de Janvier 1994, ceci grâce à la compétenceet à ladisponibilité de toute l’équipe dirigeante consulaire à savoir le Colonel Lucien  Glèlè, Charles Nobre , François Odjo Tankpinou, Chakirou Tidjani, Mesdames Grâce Lawani et Moudachirou Géneviève etc .
Le Président Patrice A. G. Talon connaissait toutes ces réalités du monde économique. Compétiteur né, il se classe toujours dans la position dominante partout. Ce qui lui attire beaucoup d’animosités. C’est pourquoi, il sera le premier Chef d’Etat Béninois que les ennemis surveilleront comme du lait sur le feu. Il n’a donc pas droit à l’erreur. Il est Obligé de relever de manière satisfaisante tous les défis principaux de son unique quinquennat pour le plus grand bonheur de sa corporation. Aussi, avec le mépris criard,  le régionalisme exacerbé et l’exclusion suicidaire qui étaient les grands maux du régime défunt, il est condamné à réussir. Dans le cas contraire, il honnira tous ses partisans du 20 Mars 2016 qui l’ont plébiscité à la tête de l’Etat. En ce moment-là, il ne lui restera qu’à s’exiler au soir du 6 Avril 2021 pour se cacher. Mais il semble qu’il est conscient des enjeux. Etant son Doyen de Collège, donc connaissant ses aptitudes depuis l’adolescence, je crois comme beaucoup d’autres qu’il fera mieux.

Les pièges de la rigueur excessive
Il n’y a pas un Gouvernement aussi rigoureux que celui du Gouvernement Militaire Révolutionnaire. C’est à cause de cela que l’impérialisme international avait essayé par tous les moyens pour piéger le Chef de Bataillon  Mathieu Kérékou depuis l’étranger, ceci par l’intermédiaire d’un de ses frères ancien Ministre des Finances dès le début de l’Indépendance. C’était la fameuse affaire des 36 millions de Louis Kovack. C’est la révélation surprise de cette affaire qui avait cassé la dure bande des quatre qui donnait par l’exemple à la Jeunesse une nouvelle espérance. Ces quatre : le Chef de Bataillon Mathieu Kérékou,  le Chef de Bataillon Michel Alladayê, les Capitaines Michel Aïkpé et Janvier Assogba. L’affaire Kovack ne  devrait plus se répéter car c’était l’une des causes du déclenchement de la Révolution d’Octobre 1972. Notons que c’est incontestablement cette brouille qui avait coûté l’injuste emprisonnement du Capitaine Janvier Assogba et la mort à l’intrépide Capitaine  Michel Aïkpé.
Il est nécessaire de construire le présent et l’avenir dans le miroir de l’histoire. C’est dire que le Chef ne doit pas chercher à tout voir ou à tout contrôler. Il faut qu’il négligeles peccadilles. L’équipe militaire de 1972 était très soudée et très compacte. Elle ne privilégiait que la compétence. Toute les vannes des faveurs étaient fermées, même les plu petites.
Un homme si parfait soit-il est né dans le péché, donc dans la corruption, les faveurs et  certaines combines. Celui qu’on croit qu’il est parfait aux yeux de l’opinion publique, c’est sa capacité à résister au maximum aux vices, ou peut-être la protection de la providence. Le Président Talon quelle que soit sa volonté à faire mieux que les anciens Chefs d’Etat doit lâcher par moment du lest. Sinon, il  va créer des frustrations et des animosités même dans son propre entourage immédiat. On lui glissera des peaux de bananes pour le salir le premier et il ne réussira pas. En conclusion, Albert Einstein, l’un des  grands penseurs contemporains  avait déclaré, citations : « il est malheureux de constater que le réalisme n’arrive pas toujours  àrésoudre les problèmes de la société » fin de citations.

Ce que je pense.
Les réformes institutionnelles annoncées apparaissent à première vue comme des réformes nécessaires. Mais il ne faut pas chercher à créer l’exception. Il faut voir si ces réformes seront en harmonie avec celles des grandes démocraties modernes. Si non, certaines d’entre elles risquent d’être rejetées par voie parlementaire ou même par voie référendaire.
Ces réformes doivent obéir aux réalités universelles, à l’environnement national et africain. Il faut comprendre qu’en Afrique et au vu de l’histoire, les citoyens ont la notion d’un seul Chef. C’est pourquoi, au revers du régime présidentiel, presque tous les pays qui on opté pour le système semi-présidentiel, donc une sorte de dualisme de commandement,  ont connu des instabilités.
Les réformes doivent se faire. Mais elles ne doivent pas s’opérer par émotion, par réaction épidermique ou au vu d’un excès de zèle isolé et récent. Le Président de la République ne doit pas être totalement écarté de toutes les institutions sensibles ou être dépouillé de l’essentiel de ses pouvoirs. Si non, le pays peut fonctionner comme à la Cour du Roi Pétaud où tout le monde est Chef. Il faut certes des institutions fortes. Mais il faut aussi des hommes un peu forts. Car ce qui est le plus important, c’est l’amour de la patrie des dirigeants à tous les niveaux. La priorité est la lutte pour une indépendance véritable du pouvoir judiciaire.

La lourdeur administrative
L’administration béninoise souffre d’une maladie congénitale et presque inguérissable qui est sa lourdeur. Sans son assainissement, quelle que soit la volonté au sommet de l’Etat, le décollage économique ne deviendra jamais une réalité dans notre pays. C’est l’un des maux que le Président Talon doit combattre et réduire considérablement.
Il faut la rupture dans la gouvernance. Mais pour moi, la rupture c’est d’abord et surtout la rupture avec la mentalité rétrograde de certains citoyens. C’est la rupture avec les sabotages et les mesquineries mesquines.  C’est la rupture face aux ennemis du développement et de l’évolution sociale.
La lourdeur administrative au Bénin retarde même plus que la corruption. Car elle fait perdre directement ou indirectement des milliards et des milliards à l’Etat et aux individus. Les courriers même les plus importants et les plus sensibles sont souvent déchirés et jetés dans les poubelles. Ceux qui peuvent être traités par exemple en une semaine sont ressortis des tiroirs dans six mois, 1 an, 2 ans voire même 3 ans. Ce qui étouffe et pénalise les usagers. Certains courriers sont interceptés  et arrivent très rarement aux vrais destinataires.
Le mois du service public ‘’zéro dossier dans les tiroirs’’ initié au temps de l’ancien régime a été une très bonne initiative. Elle doit être renforcée et devenir « l’Année du service public, zéro dossier dans les tiroirs ». Les Directeurs de l’Inspection et de la Vérification Interne (DIVI) doivent opérer par surprise et de façon permanente des contrôles dans les services pour rappeler à l’ordre et si possible sanctionner les retards dans le traitement des dossiers.

L’accueil et le retard dans les services publics, des grands maux
Comparativement au pays francophones de la sous-région, l’accueil dans les services publics est un autre malaise en République du Bénin. Si un usager veut retirer un dossier dans un service d’Etat, les Secrétaires ne prennent pas le soin de l’introduire à qui de droit. Parfois, ils ou elles ne se gênent même pas pour répondre correctement aux salutations. L’usager peut passer une journée assis sans être reçu. Pendant  ce temps, des cercles d’amis et parents sont rapidement introduits à leur arrivée. Il y a même certains visiteurs ou certaines visiteuses qui rentrent dans les bureaux des patrons sans crier gare. Pendant ce temps, l’usager est là. S’il n’est pas patient, il peut repasser trois jours successifs avant de rentrer en possession de son document. En tout cas, en qui me concerne, je n’ai jamais ménagé ces genres de Secrétairesennemis de l’évolution. L’accueil, voilà un grand mal qui doit être farouchement combattu par le processus du Nouveau Départ.
En ce qui concerne le retard, c’est un grand fléau. Il y a des agents qui arrivent au service à 9heures et cessent de travailler déjà à 11heures. Le soir ils viennent à16heures et arrêtent le traitement des dossiers déjà à17h30’. On dirait qu’avec l’avènement du Renouveau Démocratique en 1990, les Béninois ont perdu le patriotisme et n’aiment plus leur pays comme les Behanzin, Kaba et Bio-Guerra. Des cahiers de présence doivent être instaurés dans les services publics pour sanctionner ce vice déjà supprimé pendant  la période révolutionnaire du marxisme pur et dur. L’un des grands aspects du processus de la rupture doit être  donc la lutte acharnées contre les retards.

Conclusion
L’espoir suscité au sein du peuple béninois au lendemain du 6 Avril 2006 a été très grand. Tout le monde croyait à l’avènement du Messie. Mais à l’arrivée, le bilan est mi figue mi raisin.
Avec les désastres opérés et dus en grande partie au mépris criard, au régionalisme exacerbé et à l’exclusion suicidaire, un seul leader politique si crédible et honnête soit-il ne pourra pas panser les plaies. Le Président Talon doit faire beaucoup attention aux saboteurs invétérés, aux détenteurs des théories usées, aux mercantilistes véreux en quête d’honneur terrestre périssable, de profits et de prébendes. Il doit s’entourer de patriotes connus pour leurs sacrifices pour le Bénin et de véritables volontaires de développement. Mais je ne dirai jamais assez, au stade actuel, le mieux est l’avènement d’une forte transition et la gestion collective du pays pour au moins 5 (cinq) ans. En tant que patriote libre et un vrai nationaliste pour ceux ou celles qui me connaissent vraiment, c’est ce que je crois.
Le désir du Président Patrice A. G. Talon de Gouverner pour un seul quinquennat est en parfaite symbiose avec cette vision de transition que j’ai préconisée comme conclusion d’un article que j’avais publié dans le Journal « La Nouvelle Tribune » N° 2941 du 29 Décembre 2014.

Par
Gbèmassè Cyprien

Ecrivain et Chercheur
Président de l’Observatoire
d’Analyses de l’Histoire
et de la Politique Internationale
(OAHPI)
Tél : 97 -08- 18 -89 et 90 – 97 – 11 -00