Category: Editorial

Edito: Non monsieur le Président !!!

logo journal« Le Bénin est aujourd’hui comme un désert de compétences » !!!  Vous y croyez, vous, à cette phrase du président de la République ? Moi,  non.      Certes, le Chef de l’Etat a mis un bémol à sa déclaration, quelque peu péremptoire, en ajoutant ceci :  «C’est vrai, les Béninois, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, sont remplis de talents mais notre administration aujourd’hui manque de compétences de manière criarde ». Mais la première phrase est comme un coup de canon dans un ciel serein. « Désert de compétences » ? Le Bénin ? Que non, mille fois non ! Il faut même préciser à ceux qui l’ignorent encore, que le Bénin est l’un des rares pays d’Afrique à regorger de cadres de compétences pointues dans les domaines les plus diversifiés. On les retrouve dans tous les domaines, que ce soit dans les sciences, les techniques ou les arts, le droit, l’administration, etc. Parlant des sciences et de la technologie, il suffit de lancer un appel à candidatures  dans n’importe quel domaine aujourd’hui pour se rendre compte que les compétences techniques les plus insolites existent dans ce pays, souvent à des positions insoupçonnables. Par exemple, il a fallu que je fasse une investigation sur l’aquaculture marine, pour me rendre compte qu’il y a au Bénin des spécialistes avérés dans ce secteur aussi. Il s’agit par exemple du professeur Lambert Hinvi, docteur en sciences halieutiques, et spécialiste en pêche et aquaculture marine, enseignant chercheur à la faculté des sciences agronomiques de l’université d’Abomey-Calavi.       Il y a même de toutes jeunes pousses qu’il m’a été donné de visiter sur leur lieu de travail, et qui ont quitté le système scolaire pour mettre en œuvre leur propre intelligence. Ils ont inventé les foyers Atingan qui ont fait merveille en novembre dernier à Paris, lors de la COP 21. Ce sont les frères Franck et Francis Zanhoundaho qui ont carrément créé une start up pour vivre uniquement de l’invention technologique. Aujourd’hui, ces jeunes qui remettent en cause l’école béninoise, proposent des solutions technologiques adaptées aux contraintes locales, sur la base d’une ingénierie qui force l’admiration.  Il existe chez nous des entreprises industrielles qui prospèrent  depuis des décennies dans des secteurs totalement insoupçonnées. L’un des cas les plus merveilleux qu’il m’a été donné de voir, a été la SIAM Bénin, une société industrielle spécialisée dans la construction industrielle. Elle a une expérience avérée en construction industrielle, y compris même en travaux de haute industrie sur terre comme en haute mer. Ce sont des Béninois qui y travaillent depuis des années.      Ce qu’a dit le Chef de l’Etat touche à vrai dire sa propre personne. Le Bénin n’est pas un désert de compétences. La preuve la plus palpable en est Patrice Talon lui-même qui a réussi en politique à battre Lionel Zinsou, un des produits les plus aboutis de l’intelligentsia française. Qui dit mieux ? En examinant même son gouvernement, on y trouve un certain Joseph Djogbénou, juriste de haut niveau dont personne ne peut douter de la compétence, mais qui est un produit fini de l’école béninoise. Il n’a pas fait ses classes en France, ni en Angleterre ou aux Etats-Unis, mais bien à Cotonou et à Calavi, dans la chaleur et les souffrances de chez nous. Il n’arriverait à l’idée d’aucun avocat français, même le plus réputé, de dire que Joseph   Djogbénou n’est pas, en son domaine, d’une compétence exceptionnelle. Alors qu’il est pour ainsi dire un cadre made in Benin.     Non, ne nous sous-estimons pas. Ce qui s’est passé, c’est le dévoiement généralisé de la compétence qui s’est opéré sous les mandatures Yayi. A ce niveau du moins, on peut se rendre compte que ce n’est pas à défaut de compétence qu’on recrute dans cette administration des individus de profil douteux. C’est bien le résultat d’une politisation massive et indiscriminée qui a assombri les rendements de cette administration publique. L’incompétence, c’est celle des élites politiques qui ont pensé qu’on pouvait jouer sur tous les tableaux pour conquérir et conserver le pouvoir d’Etat.     Et donc ce problème ne saurait être résolu par la France. Je le répète : les problèmes de politisation de l’administration publique béninoise ne peuvent être résolus par la France. Ce problème sera résolu par Patrice Talon à travers une cure de dépolitisation massive qui s’appuie d’abord sur les règles connues de tous. Si nous mêlons la France à nos problèmes, nous serons seuls à faire face aux dégâts qui en découleraient.

Par Olivier ALLOCHEME

Rencontre à l’Elysée entre les présidents français et béninois: Patrice Talon décroche des solutions immédiates au délestage

Talon à l'ElyséeLa question de l’énergie électrique est restée au cœur des échanges entre le président Patrice Talon et François Hollande. En effet, au-delà dela doléance du président béninois Patrice Talon sur l’achat des compétences pour la rénovation de l’administration béninoise, il a été également question de trouver dans les tout prochains jours une solution à la crise énergétique. « Notre pays est dans le noir presque tous les jours », a clamé le président Patrice Talon qui n’est pas resté indifférent à la proposition de son homologue français de dépêcher une mission urgente au Bénin. « Vous avez dit que dans quelques jours, il y auraune mission de haut niveau qui viendra au Bénin et que vous ne manquerez pas de nous aider à trouver des solutions rapides » a-t-il ajouté. Et, effectivement, le président François Hollande, en abordant le rôle de l’Afd au Bénin a certifié qu’une mission se rendra dans les tout prochains jours au Bénin pour recentrer la mission de l’Afd. « André Valery se rendra au Bénin dans les jours à venir et nous verrons comment modifier et réorienté les missions de l’agence » a t-il ajouté. Pour Patrice Talon, « nous avons l’obligation dans les prochaines semaines d’apporter une solution à nos populations, à nos industries, età nos services. Je voudrais ici prendre le peuple à témoin que dans les semaines à venir avec vous, nous allons venir à bout de cette souffrance, » a promis le président béninois Patrice Talon. Les échanges entre les deux Chefs d’Etat ont également porté sur les questions de sécurité et la lutte contre le terrorisme, car a laissé entendre le président Patrice Talon « …Si la France, les pays de l’Europe, de l’Amérique qui ont les moyens ne sont pas venus à bout, … ce n’est pas le Bénin, qui n’a aucun moyen qui se dira épargné… »Et pour y arriver, il compte sur la France. « Vous nous avez rassuré que vous serez à nos côtés sur tous les plans, touristique avec les compétences, au plan agricole, et au plan de l’énergie » a rappelé Patrice Talon à François Hollande. Il va s’en dire donc que les retombées de ce voyage seront bientôt visibles pour le peuple béninois qui attend des réponses urgentes à ses problèmes.

Yannick SOMALON

Réforme du système partisan au Bénin: Houngbédji informe sur les démarches menées

Me Adrien HoungbédjiEn marge de la présentation de son deuxième rapport, le président de l’Assemblée nationale a réitéré la détermination du parlement à soutenir les réformes du système partisan qui permettront de mettre fin à certaines pratiques politiques devenues coutumes au Bénin. Me Adrien Houngbédji a d’abord rappelé l’importance de réformer le système partisan et s’est réjoui de la volonté politique du nouveau chef de l’Etat. « Je note avec bonheur que le nouveau Président de la République veut faire de son mandat, celui des réformes dont, entre autres, la réforme du système partisan, réforme qui figure en priorité dans l’agenda de la septième législature de l’Assemblée Nationale et à laquelle nous travaillons » a-t-il souligné dans son discours. Il avait par ailleurs, poursuivi que « sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ». Et comme pour inciter ses collègues, le numéro un du parlement béninois a mentionné dans son rapport d’activités, les démarches entreprises dans ce sens par l’institution. En effet, outre les audiences accordées aux organisations internationales à son cabinet, le président a tenu plusieurs séances avec les représentants desdites organisations pour discuter de cette réforme. Il s’agit de l’Association Béninoise de Droit Constitutionnel (ABDC), la Coordonnatrice régionale de la Fondation Hans Seidel qui ont réaffirmé leur intérêt pour le projet. Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) a promis d’apporter son accompagnement technique et administratif en vue de garantir un travail de qualité. Le président Houngbédji a donc réussi à convaincre ses collègues sur la nécessité de réformer le système partisan béninois. Le parlement sera sans nul doute, soutenu dans cet élan, par le président de la république. « En se déclarant favorable à une telle réforme, le Chef de l’Etat vient de donner un signal encourageant qui se traduira par une étroite collaboration du Gouvernement avec l’Assemblée Nationale en vue de sa réalisation » a-t-il ajouté pour conclure.

Germin DJIMIDO (Coll.)

Immatriculation des engins à deux roues: La disparition d’un lot de cartes grises crée la polémique à la Dgtt

Le calvaire des conducteurs de moto zémidjanDepuis plusieurs mois,  la Direction générale des transports terrestres est confrontée à un problème de disparition de cartes grises de motos à deux roues. Une situation qui met en difficulté les usagers qui espèrent depuis bientôt deux ans les plaques de leurs motos et qui, de fait n’inquiète nullement, employés et responsables de la Dgtt.

Annexe  de la direction générale des transports terrestres à Akpakpa, aux environs de 11h30 ce lundi 25 avril 2016.Taille moyenne, mine renfrognée  et visage transpirant de sueur dans sa chemise raillure  aux manches retroussées,  Paterne Délagnon, usager de la Dgtt raconte son amertume. « J’ai déposé le dossier de la moto de mon frère pour l’immatriculation depuis le mois d’octobre 2014. C’est pratiquement en juillet 2015 que j’ai, après plusieurs tentatives, retrouvé sur la liste des plaques déjà confectionnées, le numéro de la plaque de ladite moto,dans le lot de la série 2K. Mais, malgré que j’ai payé la quittance pour le retrait et la fixation de la plaque, je ne suis toujours pas en possession de la plaque. »Et, comme Paterne, ils sont très nombreux ces Béninois détenteurs de motos, ayant rempli toutes les formalités à la Dgtt depuis plus d’un an pour l’immatriculation de leur engin à deux roues et qui ne sont pas en possession de leur plaque jusqu’à présent. Martin est transitaire. Il fréquente très souvent la Dgtt et a déjà offert ses services à  plusieurs Béninois qui ont déjà reçu leurs plaques, mais il s’indigne de la façon dont la délivrance des plaques de moto est faite dans cette structure. « Je suis aussi dans le cas puisque des clients à moi, que j’ai aidé à déposer leur dossier d’immatriculation depuis 2014 n’ont toujours pas leur plaque. Au départ, ils pensaient que j’avais bouffé leurs sous. Mais lorsque la liste des plaques est sortie et que je leur ai communiqué la série et le numéro de la plaque, il ont compris. Mais, la goute d’eau qui  a fait déborder le vase et qui nous met tous en difficulté ici, c’est que les cartes grises ne sont pas prêtes et apparemment, personne ne se préoccupe de notre cas. C’est malheureux »,  a expliqué Martin après ses investigations. Un tour  dans l’enceinte de la Dgtt pour mieux comprendre,  mais personne ne veut expliquer la situation. Seul, Mr Tchango, agent de la Dgtt au poste de fixation des plaques a pu nous renseigner. « Le problème que vous avez soulevé est pertinent et ils sont nombreux ces usagers qui défilent par ici tous les jours à la recherche de leur plaque. Mais le problème n’est pas à notre niveau » explique-t-il dans un premier temps avant de dévoiler. « Il s’est fait qu’un lot de cartes grises spécialement les 2K, confectionnées  pour Cotonou, c’est-à-dire la direction d’Akpakpa s’est retrouvé dans un autre département alors que les plaques concernées sont ici. Dans ce cas, il fallait retourner tout le lot ici afin que les ayants droit puissent entrer en possession mais cela n’a pas été fait », nous –a-t- renseigné, indexant  indirectement  la cellule informatique de la Dgtt sise en face du commissariat du port. De suite, un tour à la cellule informatique de la Dgtt, mais le directeur de la cellule informatique toujours occupé n’a pu nous recevoir avant de nous confier par téléphone à l’un de ces agents. Lui, à son tour a précisé qu’il s’agit d’un lot de cartes grises erroné qui est en train d’être revu depuis janvier 2016. Mireille Badjagou est dans le même cas. Rencontrée à la direction générale de la Dgtt, elle donne un autre son de cloche. « Il parait qu’un lot de cartes grises dont la mienne, aurait disparu du circuit depuis bientôt  un an. Tantôt on t’envoie à  la direction départementale à Akpakpa, tantôt on t’envoie ici et c’est a n’en point finir. Depuis février dernier, on m’a dit à la cellule informatique que le lot de cartes grises à polémique est déjà disponible mais que le Directeur général adjoint de la Dgtt a souhaité emmener ça lui-même à la direction départementale à Akpakpa parce qu’il y aurait un peu de désordre là-bas qu’il entend corriger », a confié  dame Mireille qui n’est toujours pas en possession de sa plaque. Et parlant de désordre, cela saute à l’œil à la direction départementale de la Dgtt.

Le ministre Hervé Hèhomey doit se saisir du dossier Dgtt
Les populations béninoises attendent de pieds ferme le tout nouveau ministre des infrastructures et des transports sur la question de l’immatriculation des engins à deux roues. S’il est parti avec un élan appréciable dans les sociétés portuaires telles  le Cncb, la Sobemap,  la Ségub et autres, la direction générale des transport terrestres mérite de recevoir son attention soutenue. Car, les plaintes des usagers restent et demeurent persistantes et de plus en plus inquiétantes. Escroquerie, disparition de cartes grises, permis de conduire à polémique, auto-écoles indélicates, sont autant de sujets cas de plaintes qui méritent d’être élucidés pour le bonheur des populations.

Yannick SOMALON

Edito: Quand la mort célèbre la vie

logo journalIl y a deux semaines, Papa Wemba laissait entendre à ses proches qu’il voudrait mourir sur scène. Alors que le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo bat son plein dans la nuit de samedi à dimanche à Abidjan, le chanteur congolais s’écroule sur scène, victime d’un malaise, et meurt quelques heures plus tard, à l’âge de 66 ans, laissant un peuple et un continent orphelins. Le pape de la Rumba congolaise était l’une des stars de l’événement organisé chaque année par le groupe Magic System.
Vers 5 h 10 du matin, après une longue soirée de concerts, il succède au rappeur Kery James et à la star de la musique camerounaise Charlotte Dipanda, face à plusieurs milliers de personnes. Devant la scène, les filles enchaînent des pas de n’dombolo, célèbre danse congolaise remise au goût du jour en France avec la chanson « Sapés comme jamais » de Maître Gims, fils d’un ex-musicien de Papa Wemba. Le show est diffusé en direct sur la RTI, chaîne de la télévision nationale ivoirienne. Un quart d’heure après le début du concert, alors qu’il entame sa troisième chanson, il s’évanouit derrière ses danseuses. Les musiciens continuent à jouer quelques secondes avant de tenter de lui porter secours. Le public sur place reste interloqué tout comme les téléspectateurs qui peuvent suivre le concert chez eux. La RTI stoppe sa retransmission. Les lumières du festival sont éteintes, plongeant une marée humaine dans l’obscurité. Quelques heures plus tard, le public apprend le décès de la star congolaise. A 66 ans, Papa Wemba, roi de la Sape et de la Rumba, s’en va comme il l’a souhaité, sur scène, devant un monde fou venu l’applaudir.
Tôt ce dimanche matin, Koffi Olomidé, l’autre star de la musique congolaise, laissait éclater sa rage et sa désillusion, face à la vie qui se termine comme un coup de vent, en quelques secondes, sans même que l’on s’aperçoive du drame qui se déroulait. Il disait en substance : « Nous ne sommes rien. Quand nous écrasons les cancrelats, les fourmis, il y a sûrement des êtres qui nous voient comme des cancrelats aussi. Nous ne valons rien. C’est pour ça il faut qu’on s’aime quand on est vivant. Il faut qu’on soit beaucoup plus intelligents dans la vie. Les bijoux, les voitures, les suffisances, les grands airs, c’est rien. Moi aujourd’hui j’ai envie de demander pardon à Dieu d’accueillir Papa Wemba, c’est son fils. » Ces paroles valent quelque chose, lorsqu’elles sortent de la bouche et du cœur d’un symbole du bling-bling comme Koffi Olomidé. Lui qui est habitué à vivre dans le luxe le plus insolent depuis des décennies, en vient à conclure aujourd’hui que la vie ne vaut rien et que l’homme lui-même n’est que vanité.
La finitude humaine éclate sous nos yeux devant les tragédies de l’existence. Mais dans le cas de papa Wemba, pouvons-nous sincèrement parler de tragédie ? Tout comme Molière, autre monstre sacré de la scène, l’artiste voulait mourir devant son public. Il avouait, comme dans une espèce de délire prémonitoire, qu’il se sentait planer lors de ses concerts, un peu comme s’il était entre ciel et terre, un peu comme si, déjà, il sentait venir son heure. Et cette heure arriva si brutalement que tout le monde en fut consterné.
Ce sont des dizaines d’années au sommet du show-biz africain qui se sont écroulées cette nuit-là à Abidjan. L’œuvre d’une vie s’éteint sous les projecteurs de la télé, en quelques secondes, comme si la vie elle-même n’avait pas plus de valeur qu’un souffle dans la nuit.
Nul ne sort indemne de la vie. Et chaque jour, nous mourrons encore un peu plus, jusqu’au souffle final. Et si tout cela n’était qu’une vaste machination de Dieu.
Mais il faut refuser la finitude humaine qui est un appel à la fatalité. Non, la fragilité de notre existence a beau être un déterminant de notre espèce, les vanités de la vie la définissent plus que tout autre. Il n’est pas possible de parler de l’homme sans évoquer sa soif en un lendemain meilleur, en une vie plus belle et plus digne. Est-ce de la vanité ? Je persiste à croire que non. C’est la nécessaire conquête de soi pour ennoblir le souffle divin qui habite en nous.
Contrairement à beaucoup, il me semble que la vie doit célébrer l’homme dans sa grandeur comme dans ses infirmités, en reconnaissant, après tout, que nous ne sommes  que de passage.

Par Olivier ALLOCHEME

Audience à Paris entre les présidents béninois et français: Talon rencontre Hollande à l’Elysée demain

Patrice Talon nouveau netAbsent du territoire national depuis plusieurs jours, le président de la République du Bénin, Patrice Talon, élu démocratiquement au soir du 20 mars 2016 pour un mandat de cinq ans, sera reçu à l’Elysée demain mardi 26 avril 2016 à 17h00 (heure de Paris) par le président de la République française, François Hollande (17H00 : Entretien avec M. Patrice TALON, Président de la République du Bénin). En effet, depuis son investiture le 06 avril 2016, le président Patrice Talon s’est engagé depuis quelques jours dans sa première visite officielle à travers l’Afrique et l’Europe. Abidjan le lundi dernier puis, tel que l’indique l’agenda du président français, François Hollande, un entretien est prévu entre les deux hommes d’Etat à Paris, demain à 17h00. Cela risque de durer plus de deux heures d’horloge, car, selon l’agenda officiel du président français, c’est à 20H que François Hollande a un autre rendez-vous (20h00 : Entretien avec Sir Peter COSGROVE, Gouverneur général du Commonwealth d’Australie).C’est dire que le président Patrice Talon engage officiellement à travers cette rencontre les liens de coopération entre les deux pays qui ont une histoire commune depuis la période coloniale en passant par les indépendances jusqu’ à nos jours. Et comme on peut en douter, cette rencontre, la première entre Hollande et Talon, sera en grande partie consacrée à la prise de contact entre les deux hommes même s’ils se connaissaient sous d’autres cieux. Cette fois ci, c’est une rencontre entre deux hommes d’Etat qui, de façon officielle, ont un serment d’œuvrer chacun pour l’intérêt supérieur de leurs nations respectives. En voyage sur Paris depuis quelques jours, le président Patrice Talon sera reçu à l’Elysée comme tous les chefs d’Etat et sera interrogé à sa sortie par la presse française et internationale. Il est important de souligner que la France est une deuxième patrie pour le président béninois Patrice Talon d’autant plus qu’en 2013 au début de ses dissonances avec l’ancien régime de Boni Yayi, il a élu domicile à Paris et a été protégé en grande partie par le gouvernement français. Le voilà, de retour de Paris, devenu président de la république du Bénin, il y repart en cette qualité avec les honneurs dus à son rang.

Yannick SOMALON

Accostage à Cotonou du navire Nossa Senhora da Graça en provenance du Gabon: La COBENAM gagne le pari d’ouverture d’une ligne d’échanges commerciaux grâce à Oba Dénis

Passagers en provenance du GabonC’est la première fois que le navire Nossa Senhora da Graça revient sur les côtes béninoises après le lancement officiel de la ligne maritime Cotonou-Libreville-Pointe noire, effectué à Cotonou. Fruit du partenariat public/privé noué entre la Compagnie béninoise de navigation maritime (COBENAM) et la Diallo and Macedo Shipping Company, cette ligne maritime vise à faciliter les échanges commerciaux et le déplacement des personnes entre les pays côtiers de l’Afrique occidentale et centrale, à moindre coût. En provenance de la capitale gabonaise, le navire a accosté hier à Cotonou pour décharger plus de 300 passagers. Après avoir accueilli les premiers passagers descendus et les avoir remerciés de choisir le transport maritime et en l’occurrence le navire Nossa Senhora da Graça, Dénis Oba Chabi, le directeur général de la COBENAM, a exprimé sa satisfaction. « Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître », se réjouit-il, tout en reconnaissant que tout n’est pas parfait. Néanmoins, les résultats sont encourageants, soutient-il, pour proclamer que la COBENAM a relevé le défi et pourrait faire mieux si elle avait davantage le soutien de l’Etat. « Si le gouvernement continue de nous accompagner, Cotonou sera, dans les années à venir, la plate-forme tournante dans les opérations de paquetage », promet-il. Dénis Oba Chabi informe ensuite du prochain itinéraire du paquebot. Après l’opération de déchargement du fret qui s’effectuera ce jour, le navire lèvera l’ancre pour Lomé afin de charger des conteneurs, avant de retourner sur les côtes gabonaises. Il rassure aussi que d’ici mai-juin, le transport fluvio-lagunaire Cotonou/Porto-Novo et Cotonou/Calavi annoncé, sera une réalité. Pour sa part, Naomi Azaria, la directrice générale du port autonome de Cotonou se dit émue parce que cela fait près de 20 ans qu’un navire spécialisé dans le transport des personnes a accosté à Cotonou. Ce paquebot, renseigne-t-elle, a quitté Libreville le jeudi dernier et est arrivé à destination hier. Elle invite toute la population béninoise à emprunter ce navire, moyen sûr de transport à moindre coût. Ceci, pour améliorer les prestations de service du port de Cotonou et contribuer au développement du Bénin et de la sous-région. Naomi Azaria rassure, par ailleurs, que toutes les dispositions sécuritaires ont été prises, conformément au code ISPS qui exige par exemple qu’un moyen de transport soit affecté pour le déplacement des passagers de la ville vers le port pour embarquement, et du port vers la ville après accostage. Les passagers, souligne-t-elle, se rendront au bureau portuaire de la COBENAM pour remplir toutes les formalités préalables au débarquement de leurs marchandises.

Wandji A.

Mise en œuvre des concepts « Rupture » et « Nouveau départ »: Le FARRE offre les clés du succès à Patrice Talon

FarreLe parti Forum africain pour la restauration, la réconciliation et l’émergence (FARRE) a procédé le dimanche 24 avril 2016 au Codiam de Cotonou, à la restitution des résultats du forum organisé du 15 au 17 avril 2016 à Parakou. C’était à l’occasion d’une conférence publique au cours de laquelle il a enregistré les contributions des participants devant permettre la  participation  du FARRE  à la gestion active du pouvoir à travers des propositions.

La conférence de ce dimanche a été l’occasion pour le secrétaire général du FARRE, le professeur Léon Bani Bio Bigou, de préciser le contexte du forum organisé par son parti. Il s’agit, selon lui, pour le FARRE, de contribuer, en alliance avec d’autres forces politiques, à la gestion active du pouvoir avec le nouveau régime, tout en veillant à l’ancrage du parti sur tout le territoire national et particulièrement dans les milieux d’influence.  A cet effet, sa présentation a porté sur trois (03) grands axes. Il s’agit, en premier, des résultats atteints dans la clarification opérationnelle de 22 concepts tels que « la rupture, le nouveau départ, le citoyen, la recevabilité, la démocratie, l’homme politique, le nationalisme, la République, la patrie, le parti politique…. ». La seconde partie de son intervention a exposé les résultats enregistrés dans les types  de « rupture » et de « nouveau départ ». A ce niveau, le conférencier a relevé 10 sortes de rupture, où il a mis l’accent sur le système du « multipartisme sauvage ». Il pense que le Bénin doit y renoncer pour aller vers le regroupement et la création des partis politiques sur la base de l’idéologie, de la politique et non de la région ou de l’ethnie. « Il faut évoluer vers un « Pluralisme de maturité » au sein duquel les partis politiques pourront véritablement promouvoir la démocratie du développement durable basée sur les réalités internes au pays et au continent », a-t-il proposé. Au regard de l’effectif des partis politiques au Bénin qui est de 235 partis politiques déclarés au Ministère de l’intérieur à la date du 12 avril 2016, le FARRE  appelle donc à une rupture dans la création de partis politiques, ceci par rapport à la compréhension du « multipartisme ».

Lien entre « Rupture » et « Nouveau départ »
Dans la 3ème partie de son développement, le secrétaire général du FARRE, le professeur Léon Bani Bio Bigou a parlé des résultats atteints au niveau de la réflexion sur les rapports entre « Rupture » et « Nouveau départ ». Pour le conférencier, le concept de la « Rupture » laisse supposer l’arrêt d’un processus, d’un phénomène pour les ajustements ou des abandons, selon le cas.  Après cette définition, il a établi son lien indissoluble avec celui du « Nouveau départ ». A l’en croire, la « rupture » telle que définie et comprise dans les faits sociaux, politiques et économiques, aux sens figuré et abstrait, on doit retenir que chaque rupture est suivie des faits concrets de changement, d’orientation ou de correction dans le processus  d’évolution d’un groupe, d’une société, d’un Etat… Ce début de mutation peut être,  selon lui, qualifié de « nouveau départ » par rapport à l’ « ancien » qui court jusque-là. Il conclut que « rupture rime avec nouveau départ » dans une longue et inexorable marche du genre humain qui le porte du néant jusqu’à l’infini. Par ailleurs, en attendant donc la finalisation de la plaquette qui sera présentée au président Patrice Talon, le FARRE  pense que « la renaissance des valeurs politiques au Bénin doit être une réalité qui conditionne le renforcement de la démocratie. Il souhaite et propose au gouvernement de mettre dans chaque bureau de l’administration publique, en gros plan, l’article 37 qui dispose : « Les biens publics sont sacrés et inviolables. Tout citoyen doit les respecter scrupuleusement et les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption, de détournement, de dilapidation ou d’enrichissement illicite est réprimé dans les conditions prévues par la loi ». Précisons que plusieurs personnalités politiques, dignitaires religieux et universitaires ont répondu présentes à cette conférence publique du FARRE. On peut citer, entre autres, les anciens ministres Ali Houdou, Karim Rafiatou, l’honorable Victor Dagon, les professeurs, Bienvenu Antonio, Alphonse Gaglozoun….

Emmanuel GBETO

Edito: Le défi de l’intégration

logo journalSi vous appelez Lomé, vous dépenserez sûrement plus d’argent que lorsque vous appelez Paris ou Pékin. Voilà l’un des paradoxes qui plombent l’activité économique interafricaine, malgré les discours et les conférences. Les africains échangent très peu entre eux. Ils préfèrent faire commerce avec leurs métropoles, cependant qu’ils sont les premiers à se plaindre du néocolonialisme et de ses avatars.
En Afrique centrale par exemple, le visa est de rigueur, pour passer d’un pays à un autre, en dépit de l’interpénétration des cultures entre les différents Etats. En dépit même des frontières réputées artificielles érigées par le colonisateur, les Africains ont trouvé le moyen de créer d’autres types de barrières qui leur évitent de travailler ensemble pour résoudre ensemble leurs problèmes communs : conflits ethniques sans fin, guerre de leadership entre Chefs d’Etats, problèmes d’infrastructures… Tout cela comporte souvent des résonnances  en barrières tarifaires ou non tarifaires érigées pour contrer les voisins, tandis que les portes sont ouvertes et parfois même défoncées pour faire plaisir aux métropoles.
Cette situation empêche l’Afrique de faire commerce  avec l’Afrique. Elle empêche l’Afrique de tirer profit de l’Afrique. N’allez pas chercher plus loin les raisons pour lesquelles l’Europe et l’Amérique ainsi que l’Asie se sont engouffrés dans la brèche pour en tirer leurs partis. Ce jeudi 14 avril 2016, en marge des activités entrant dans le cadre des assemblées de printemps de la Banque Mondiale et du FMI, Jim Young Kim, Président de la Banque Mondiale, a bien attiré l’attention sur ce phénomène qui plombe les économies africaines.  Au nombre des freins à l’intégration des économies du continent africain, le haut responsable de l’institution financière internationale note «une absence de synergie transfrontalière. Les faibles capacités des administrations douanières, une multiplication injustifiée des taxes et diverses autres formes de tracasseries policières et administratives, qui représentent une véritable source d’étouffement du commerce inter africain, de l’investissement et de la création des richesses». Mais on sait que cette situation provient également d’une faible base de production dans le tissu régional. Pour certains produits manufacturés, tout le monde se tourne vers les mêmes fournisseurs qui sont soit Européens, soit Américains, ou encore plus récemment Chinois ou Turcs
Selon les chiffres les plus récents, les pays les Etats de la CEDEAO sont parvenus à une intégration commerciale de l’ordre de 12% en 2015, tandis que le Maghreb est parvenu à un taux de 3%. C’est dire qu’il y  a une disparité remarquable, lorsqu’on passe d’une zone à une autre.
On remarquera pourtant que de grandes régions telles que l’Union européenne, l’Asie, les pays de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et l’Amérique du Sud commercent davantage en leur propre sein qu’avec le monde extérieur. Les principaux partenaires commerciaux des économies africaines, par contraste, se trouvent en dehors du continent.
Depuis quelques années, les efforts d’intégration s’intensifient, mais avec des résultats limités. Une réalisation majeure au sein de la CEDEAO, a été le lancement, le 11 janvier 2010 à Accra, du document de stratégie pour la réduction de la pauvreté à l’échelon régional, suivi d’un atelier organisé à Abuja pour examiner le plan de mise en œuvre  et les dispositions institutionnelles de mise en œuvre  ainsi que le suivi et l’évaluation. Sur le plan financier, la CEDEAO a créé une banque d’investissement et de développement (émanation du Fonds de la CEDEAO). Cette banque a pour objet de financer et de promouvoir la croissance économique et le développement au sein de la CEDEAO. Elle offre aux entreprises un éventail de produits et de services financiers. En dehors de cette banque, il y a aussi la BOAD pour la zone UEMOA, et  dont le rôle est précisément d’appuyer les initiatives de développement.
L’intégration régionale rencontre de multiples défis : accélérer l’intégration en réexaminant les méthodes actuelles, en éliminant tous les obstacles, notamment les barrières tarifaires ou non.     De ce point de vue, l’élimination des barrières douanières et policières sur les routes inter-Etats est déjà un acquis.
Constituer à terme une zone de libre-échanges devrait être un impératif absolu pour les prochaines années.

Par Olivier ALLOCHEME

Rencontre de réconciliation d’Abidjan entre ancien et président élu: Carton rouge de Gadamassi et Soglo

Yayi Talon okVéritable acteur de l’élection du président Patrice Talon lors de la présidentielle de mars 2016, le premier président du Renouveau démocratique au Bénin, l’ex-maire de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo, n’approuve pas la rencontre dite de réconciliation qui s’est tenue lundi dernier à Abidjan entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, Boni Yayi, sous l’égide des présidents Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. En effet, ne voulant pas être déçu par son poulain dans la gouvernance au sommet de l’Etat, Nicéphore Soglo invite Patrice Talon à se concentrer sur les priorités du peuple afin de réussir l’unique quinquennat qu’il a annoncé vouloir faire. Pour l’ancien président de la République, les problèmes du Bénin ne doivent pas être discutés à l’étranger. «Le président Alassane Ouattara a-t-il cassé la graine avec Laurent Gbagbo ? Pourquoi amener Boni Yayi et Patrice Talon à casser la graine ?», se demande-t-il. Au Bénin, c’est la rupture et non la continuité, ajoute-t-il. Selon ses propos, «il faut que le président Boni Yayi cesse de distraire le peuple », car pour lui, Yayi risque de « gâter » à Patrice Talon « sa marchandise ». Tout comme l’ancien président, syndicalistes et béninois lambda sont dans la même logique. Ils attendent aussi des actes forts du gouvernement sur les dossiers de malversations et des scandales qui ont caractérisé le régime défunt. Il faut également souligner que la majorité des Béninois désapprouvent cette rencontre. Pour eux, il faut que Yayi laisse maintenant son successeur s’occuper des nombreux et colossaux problèmes qu’il a laissés à la République. Soucieux de le voir réussir, Nicéphore Soglo appelle le président Talon à la vigilance.

 

« Le président Talon doit se méfier de la ruse de Yayi », selon Rachidi Gbadamassi

 

Invité sur le débat politique de Sikka TV, hier jeudi 21 avril 2016, l’honorable Rachidi Gbadamassi est revenu sur la rencontre dite de réconciliation qui s’est tenue à Abidjan entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, Boni Yayi. À en croire les analyses de l’ancien bras droit politique de Boni Yayi à Parakou, Patrice Talon doit se méfier de Boni Yayi pour sa ruse politique, car dit’il, « Yayi n’a pas encore accepté la volonté de Dieu pour une vie après le pouvoir ». « Le président Patrice Talon doit se méfier de la ruse politique de Boni Yayi. J’ai collaboré avec l’homme et je connais sa pensée. Yayi Boni n’était pas préparé pour laisser le pouvoir, il a été surpris et c’est en cela que je parle de l’ivresse du pouvoir. » C’est en ces termes que le Buffle de Parakou a abordé le débat sur la rencontre du lundi dernier à Abidjan entre l’ancien président, Boni Yayi, et le président Patrice Talon. Parlant des agissements de Boni Yayi avant la fin de son mandat, Rachidi Gbadamassi explique : « Il dit, je ne vais jamais remettre le pouvoir à Patrice Talon, je vais mourir avant de remettre le pouvoir à Patrice Talon. Je suis un Bariba et un Bariba préfère la mort à la honte. » Et à l’honorable de lui rappeler que « le pouvoir que vous détenez, ce n’est pas de la royauté. C’est de l’univers, c’est divin. C’est Dieu qui l’a voulu. Au soir du 06 avril, vous allez remettre le pouvoir parce que ce pouvoir ne vous appartient pas ». C’est pour cela qu’il insiste qu’il est important de se méfier de Yayi Boni. « Vous avez vu ce qui s’est passé avant la passation de service, c’était avec plus de 60 militaires. Il n’a pas le droit. Il a trois gardes du corps. La situation politique dans laquelle Yayi Boni a été battu ne lui permet pas de lui laisser autant d’hommes en uniforme. Je le dis parce qu’au cours de la campagne, il a tenu des propos orduriers pas dignes d’un chef d’Etat », a laissé entendre Rachidi Gbadamassi. Il pense que la rencontre d’Abidjan donne un autre visage au Bénin qui est un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest. « Quand on parle du nord et du sud, ce n’est pas bon. Le Bénin est un et indivisible… Le Bénin est un pays démocratique qui a passé plusieurs alternances au sommet de l’Etat sans effusion de sang. Cela veut dire que le Bénin attend de la communauté internationale d’être décoré. Ce que le Bénin vend aujourd’hui, c’est sa démocratie. La communication qui a été fait suite à la rencontre d’Abidjan fait du Bénin un pays d’instabilité. Ce que doit empêcher le peuple béninois qui fait école avec sa démocratie dans la sous région. Cet acte remet en cause les acquis démocratiques du peuple béninois », a conclu l’élu de la 9ème circonscription électorale.

Yannick SOMALON