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Polémique autour de la gestion des fonds FADEC par les maires: La commission d’enquête des députés descend dans les communes mercredi

AIMDBK_0041 Après avoir auditionné le ministre en charge de la décentralisation, Isidore Gnonlonfoun, ainsi que les membres du  bureau de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB), la commission parlementaire d’enquête et de contrôle sur la gestion du Fonds d’appui au développement des communes descend sur le terrain dès le mercredi prochain. L’objectif de cette descente est d’aller s’enquérir de la réalité sur la gestion des ressources mises à la disposition des communes. Hier jeudi 12 septembre 2013, les membres de cette commission se sont, à nouveau, réunis pour rédiger les termes de référence (TDR) à aborder au cours de cette tournée. Selon des sources proches de la commission, ils se retrouveront le mardi prochain pour adopter ces thèmes de référence avant la descente sur le terrain. Au total, cinq équipes seront déployées dans différentes communes à travers le territoire national. Ces équipes sont constituées de députés, des cadres d’appui ainsi que des consultants en audit recrutés pour la circonstance.

Hugues E. PATINVOH

Révision de la constitution: Ahanhanzo-Glèlè, Détchénou et Mêtinhoué condamnent la réponse de Yayi au Clergé

 Le contenu de la réponse du Président Boni Yayi à la lettre du Clergé catholique au sujet de la révision n’a pas trop plu à trois grandes personnalités de ce pays. Il s’agit du Professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, de Antoine Détchénou et de l’historien Pierre Mêtinhoué. Dans une réaction dont ils portent tous trois la signature, intervenant ici comme de fidèles laïcs, à les croire, ils dénoncent certains termes utilisés par le Chef de l’Etat ainsi que les accusations qu’il porte contre l’église catholique. Ils n’ont pas manqué de rappeler quelques faits majeurs antérieurs à ce projet de révision de la constitution, en conseillant le Chef de l’Etat de laisser tomber cette « aventure ». Lire ci-après l’intégralité de leur réaction.Antoine_Detchenou_
La réaction de trois fidèles laïcs: Maurice Ahanhanzo-Glèlè, Antoine Détchénou et Pierre Mêtinhoué
Après avoir lu et relu la lettre du président Boni Yayi au président de la Conférence épiscopale du Bénin, Mgr Antoine Ganyé, il nous est apparu nécessaire de nous prononcer, en tant que fidèles laïcs de l’Eglise catholique du Bénin, sur certains commentaires du chef de l’Etat et aussi, sur son refus d’apprécier des propositions concrètes que l’épiscopat lui a faites pour sortir de la crise actuelle.
Les exhortations pastorales des évêques catholiques ont toujours eu, il est vrai, pour premiers destinataires les fidèles de leur Eglise. Mais elles ont toujours eu à cœur de s’ouvrir aux hommes de bonne volonté, disposés à les accueillir dans le souci de participer à une même cause. Cela s’inscrit dans une vieille tradition d’ouverture spirituelle de l’Eglise catholique. On ne peut donc qu’être surpris que le dernier message des évêques du Bénin ait été lu par le ministre Arifari Bako comme ne devant s’adresser qu’aux seuls catholiques, parce que l’opinion des évêques ne serait pas représentative. Le caractère inédit d’une telle attitude manifestant une réelle étroitesse d’esprit indique à quel point le contenu du message gêne.
En tant que signataires de cet article, nous nous imposons de prendre position ici, tout en sachant que nous ne sommes qu’un écho de bien d’autres qui partagent la même opinion que nous et qui auraient aimé prendre position s’ils le pouvaient. Qu’ils nous permettent de les associer, sans prétention, à notre initiative.
Bien qu’il y ait eu déjà de nombreuses protestations dans la presse, nous avons senti le besoin urgent de répondre à la lettre du président de la République dont le contenu va au-delà des destinataires indiqués.

Instrumentalisation de Dieu
Dans sa réponse au message de la Conférence épiscopale, le président Boni Yayi, dans ce qu’il a appelé «mes commentaires d’ordre général», décline toute responsabilité personnelle face à la grave crise sociopolitique actuelle de notre pays. Il écrit ceci : « En fait, il s’agit d’une responsabilité collective dont les causes sont liées à l’absence de notre foi en Dieu, à l’amour du prochain, aux pesanteurs de nos structures culturelles et mentales, aux contingences de l’évolution historique de notre société et aux facteurs exogènes… » Cet argument est l’expression d’une analyse brouillée, délibérément brouillée, d’un fourre-tout. Comme le Bénin est un pays de croyants, un pays réputé pour sa foi en Dieu, le président prend l’habitude de mêler le registre religieux à tout par des artifices et des pratiques de manipulation qu’il faut se décider à critiquer sérieusement. Car, cela nuit à la religion et à la démocratie tout autant. Et ce faisant, personne n’est responsable de rien. La vie du puissant est dite sacrée comme si la vie des faibles, des prisonniers et des assassinés l’était moins.
Personne n’est trop puissant pour ne pas devoir respecter Dieu et la religion et prendre au sérieux l’espace où l’homme doit assumer ses responsabilités. Il faut bien reconnaître que le malaise actuel provient, entre autres, de toutes les atteintes aux libertés publiques et individuelles qui ont fragilisé et décrédibilisé notre démocratie.
Ce malaise est dans les mensonges répandus tous les jours par certains médias (singulièrement la télévision d’Etat mise au service d’une personne).
Ce malaise est l’expression du gaspillage des deniers publics dont l’illustration la plus significative est le volume du gouvernement qui impose la location de maisons privées à grands frais pour y loger les services d’Etat.

De la modernisation de la Constitution
Le commentaire du président Yayi concernant la question de son projet de révision constitutionnelle a procédé à des raccourcis qui sont plus que des inexactitudes.

(1) Le distingué, Maurice Ahanhanzo Glèlè accompagné de son épouseLa commission Ahanhanzo-Glèlè
La commission Maurice Ahanhanzo-Glèlè avait pour mission : « de mener une réflexion systématique et prospective sur le fonctionnement actuel de la Constitution » (Article 3 du décret n° 2008-052 du 18 février 2008, modifié et complété par le décret n° 2008-597 du 26 octobre 2008 du président de la République).
Il s’agissait d’une commission de relecture et non de révision de la Constitution.
S’appuyant sur les orientations données par le chef de l’Etat à l’occasion de l’installation officielle de la commission, les membres ont convenu de préserver, entre autres :
- les options fondamentales de la Conférence nationale de février 1990, à savoir la forme républicaine de l’Etat, la démocratie libérale pluraliste, l’Etat de droit ;
- la nature présidentielle du régime politique ;
- la limitation du nombre de mandats présidentiels ;
- et l’âge (40-70 ans) des candidats à l’élection présidentielle.
Par ailleurs, ils ont pris en compte les insuffisances observées dans la pratique de la Constitution du 11 décembre 1990 et fait des propositions en vue de les corriger.
A cet effet, ils ont estimé que l’existence d’institutions de contre pouvoir réel, jouissant d’une véritable autonomie était d’une nécessité absolue dans un Etat de droit.
« Dans le cadre de la lutte contre la corruption et l’impunité et en vue de promouvoir le développement, il est apparu important de rendre l’appareil judiciaire indépendant, impartial et crédible… » (Extraits du rapport provisoire de la commission Ahanhanzo-Glèlè remis au gouvernement le 6 juin 2008). Après avoir examiné le rapport provisoire, le gouvernement a fait part de ses observations et a demandé à la commission d’en tenir compte. L’article 2 du décret n° 2008-597 du 22 octobre 2008 a d’ailleurs précisé que la mission de la commission, au cours de la période de prorogation de deux mois (7 octobre 2008 – 7 décembre 2008) consiste essentiellement à :
- intégrer les observations du gouvernement dans le rapport provisoire,
- finaliser l’ensemble du dossier en prenant également en compte les autres amendements du groupe.
En conclusion du rapport provisoire de juin 2008, la commission affirmait qu’il importe que le gouvernement diffuse largement les conclusions actuelles des échanges et des réflexions, afin de recueillir les réactions des institutions de la République et des composantes de la société.
« En créant la commission, le gouvernement lui a demandé de relire la Constitution de 1990 et non d’en rédiger une nouvelle. Il n’empêche que les modifications suggérées ne pourront être intégrées au texte initial de décembre 1990 que si elles reçoivent un large consensus de l’opinion publique et des forces politiques et sociales ». Le gouvernement a changé de politique et écarté la commission Ahanhanzo-Glèlè.

La commission GnonlonfounPierre Mètinhoué
« Nous avons envisagé, écrit le président Boni Yayi, avec les autres institutions de la République, de soumettre au peuple le projet de modernisation de notre Constitution avec le concours de hauts cadres juristes de notre pays. Des réflexions, il en est sorti un document transmis à l’Assemblée nationale en 2009. Ce dernier a été amélioré par un autre groupe de travail de cadres compétents que compte notre pays ».
Mais le rapport Gnonlonfoun est resté secret ! On aimerait le lire.
Un bon et sain examen du projet de révision de la Constitution gagnerait à ce que le gouvernement, par respect, pour le peuple diffuse les rapports Ahanhanzo-Glèlè et Gnonlonfoun avec les amendements qu’il y a apportés en sa qualité de chef de l’Exécutif, initiateur du projet.

Calmer le jeu
Que le président Boni Yayi calme le jeu en retirant son projet qui est « né avec sa croix de mort sur le front » pour emprunter la belle expression de Montherlant.
Plusieurs recours sont déjà pendants devant les hautes juridictions compétentes. On s’amusera bien. Faut-il souligner les nombreuses irrégularités juridiques qui risquent de bloquer le processus référendaire ?
La loi référendaire, loi n° 2011-27 du 28 janvier 2012 portant conditions de recours au référendum a été promulguée hors délai ! Elle n’est pas encore à ce jour publiée au journal officiel.
Par ailleurs, le président Boni Yayi précise dans sa lettre à l’épiscopat : « Comme vous l’avez si bien dit, toute révision a besoin d’un consensus. Je n’ai point perdu ce point de vue. J’ai souhaité, en effet, que l’Assemblée nationale procède à une vulgarisation du contenu de cette modernisation en direction de toutes les institutions de la République, de l’administration publique, les collectivités locales, la classe politique et tous les autres groupes socioprofessionnels et culturels ». De qui se moque-t-on ? De Gaulle a traité le peuple français de peuple de veaux. Le président Boni Yayi prendrait-il les Béninois même analphabètes pour des demeurés ? Nous n’oserions lui prêter une telle idée ! Le peuple béninois même analphabète se souvient encore de décembre 1989, de la vulgarisation ou popularisation de l’avant-projet, et du référendum constituant du 2 décembre 1990 ! On n’entre pas dans le monde en marchant à reculons.
Du point de vue constitutionnel, le texte soumis à l’Assemblée nationale, est un projet donc d’initiative gouvernementale (article 154 de la Constitution). Il n’appartient pas à l’Assemblée nationale de procéder à sa vulgarisation. C’est au gouvernement qui a pris l’initiative de la révision d’assurer la popularisation de son projet. Il est trop facile de se dégager de sa responsabilité sur un autre. Nous ne sommes plus sous un régime de parti unique ou parti-Etat-majorité présidentielle-Etat mais dans un Etat de droit, de démocratie libérale pluraliste. Le président Boni Yayi s’est engagé devant la commission Ahanhanzo-Glèlè à assurer la divulgation du projet de révision que son gouvernement aura arrêté. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Et pour ne pas poursuivre, le gouvernement a-t-il donné à l’Assemblée nationale tous les moyens financiers et matériels, disons la logistique budgétaire ? Et pourquoi le chef du gouvernement a-t-il envoyé ses ministres en campagne d’explication de la Constitution à travers tout le pays ? N’est-ce pas du gaspillage d’argent et une manière de distraire les braves populations des travaux des champs alors que le pays crie la faim et se meurt à petit feu ? Il n’y a aucune urgence à réviser la Constitution. Prenons le temps, et préparons une révision dans la sérénité. Le président Boni Yayi a présenté un projet à l’Assemblée nationale en 2009 ; il l’a retiré en 2012. Quel diable le pousse à ressortir son projet en 2013 en faisant courir de grands risques au pays ? Non à la révision de la Constitution au forceps.

Demande d’explication
Malgré l’usage de plusieurs formules de politesse, tous les lecteurs de la lettre du chef de l’Etat qui ont l’expérience de l’administration ont compris qu’il s’est adressé à Mgr Antoine Ganyé dans les termes utilisés habituellement par un supérieur hiérarchique pour obtenir une information de son subordonné.
Dans un Etat laïc comme la République du Bénin, où l’Eglise et l’Etat sont séparés, peut-on accepter que le président de la République se comporte vis-à-vis de la hiérarchie de l’Eglise catholique comme si elle dépendait de lui ? En effet, commentant l’analyse des évêques sur les dossiers de tentative de son empoisonnement et de son renversement par coup d’Etat, le chef de l’Etat écrit ce qui suit : « (…) je me permets de vous prier avec beaucoup de respect et de considération en votre qualité de président de la Conférence épiscopale, une grande institution de foi, de bien vouloir me faire connaître les éléments en votre possession à partir desquels vous déclarez qu’il s’agit d’évènement douteux et contestés ».
La suite des propos du président de la République sur cette question précise est grave puisqu’il soupçonne les évêques d’être en lien avec celui qu’il appelle « le principal accusé » et surtout de « se substituer à la justice de notre pays, ou l’influencer dans l’instruction de ce dossier, ou semer le doute dans l’opinion nationale et internationale ».
Comment peut-on en vouloir à quelqu’un à la date du 20 août 2013 pour la simple raison qu’il a des doutes concernant cette affaire de tentative d’empoisonnement du président Boni Yayi après que le juge Angelo Houssou, juge d’instruction au tribunal de 1ère instance de 1ère classe de Cotonou, a prononcé le 17 mai 2013 une ordonnance de non-lieu général, et que la chambre d’accusation de la cour d’appel de Cotonou a confirmé le 1er juillet 2013 ?
Le président de la République informe Mgr Ganyé qu’au stade où se trouve l’instruction des dossiers de la tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat, il s’en est dessaisi pour les confier à la justice divine. S’il en est vraiment ainsi, comment se fait-il que le parquet général de Cotonou, cette justice humaine, se soit pourvu en cassation dès le 1er juillet 2013 ?

Silence éloquent
Les évêques ont montré que l’une des facettes les plus critiques du malaise ambiant est le malaise politique. Ils ont affirmé, avec raison, que « notre démocratie se porterait mieux, si les règles d’une saine coopération consensuelle établies étaient cultivées et entretenues ».
Ils suggèrent, à la suite de plusieurs personnalités politiques non membres de la mouvance présidentielle actuelle, que le pouvoir accepte d’entrer en dialogue avec les représentants d’autres courants de pensée afin de parvenir « à une appréciation objective diversifiée et par conséquent plus juste des problèmes ».
Fort curieusement, cette proposition concrète n’a pas retenu l’attention du chef de l’Etat puisqu’il n’en a rien dit dans sa lettre à Mgr Ganyé.
Fortement préoccupés par la sauvegarde de la paix dans notre pays, nous invitons nous aussi, le pouvoir en place et ceux qui aspirent à prendre sa relève, à tout mettre en œuvre pour se rencontrer et se parler avec la franchise nécessaire, car ce qui est en jeu dépasse chacun d’entre nous.
Les intérêts égoïstes passeront, le pays, notre patrimoine commun, demeurera. Faisons en sorte que les générations montantes ne nous reprochent pas de le leur avoir légué dans un état lamentable.

Edito: Retour à l’âge de pierre

Logo facebookTant que les manifestations de rue sont favorables à Boni Yayi et à la mouvance, il n’y a jamais de trouble à l’ordre public. Personne n’en veut au Président de la République, donc on ne saurait jamais perturber ses partisans qui manifestent jour et nuit pour l’émergence fulgurante du pays. Mais sitôt que l’opposition tente de manifester à son tour, des individus mal intentionnés prennent les armes et menacent de tout faire sauter.
Telle est, du moins, la curieuse équation que le ministère de l’intérieur invite les Béninois à ingurgiter à travers l’interdiction de la manifestation de samedi. Subitement, le même ministère qui ne trouvait rien aux marches yayistes, se met à farfouiller dans ses dossiers et découvre, comme par hasard, que la Convention Patriotique des Forces de Gauche (CPFG) est « inconnue ». Certainement qu’il ne connait pas non plus l’Union fait la Nation, coorganisatrice de la marche « pacifique » projetée pour protester contre le projet de loi du gouvernement sur la révision de la constitution et contre la violation des libertés démocratiques.
On peut relever que le résultat direct de ces éléments mis en épingle, est l’interdiction de la marche de samedi. C’était le but recherché. Les raisons officielles ne furent que des alibis officiels. Mais dans ce registre, il y a des paliers qui sont franchis.
Le premier, et il est de taille, c’est que désormais aucun mouvement anti ou pro-Yayi ne saurait être autorisé à marcher au Bénin s’il n’est légalement et dûment reconnu. Jusqu’ici, les marches pro-Yayi n’ont pas eu besoin de ces tracasseries administratives et sécuritaires. Mais à partir du moment où la jurisprudence a été instaurée, le bon sens voudrait qu’elle s’applique à tous. Connaissant le régime en place, il n’y a rien de moins sûr…
Le deuxième, l’on peut comprendre que le gouvernement s’arroge le droit d’évoquer n’importe quel alibi pour interdire les manifestations de l’opposition. Jusqu’ici, s’il est possible de montrer que la CPFG est « inconnue et illicite », comme le dit le pouvoir, rien ne prouve les menaces armées évoquées. Pour la simple crédibilité du régime, il eût été nécessaire que le ministre de l’intérieur nous exhibe les preuves (ou même des débuts de preuves) de ces affirmations. Ne l’ayant pas eu jusqu’ici, tout citoyen est fondé à en douter. Et le problème est précisément à ce niveau : le pouvoir Yayi peut facilement être accusé d’être un prédateur des « libertés démocratiques chèrement acquises » pour employer un vocable cher aux mouvements revendicatifs. Il est même fort à parier que ce soit le but recherché par les organisateurs de la marche de samedi : pousser le pouvoir à montrer à la communauté internationale sa face hideuse.
J’ai le sentiment, très clair, que le gouvernement est tombé dans ce traquenard. Samedi, tous les observateurs ont pu constater l’inorganisation presque évidente de la pseudo-marche. Certains militants anti-révisionnistes eux-mêmes n’ont pas caché leur amertume face à cette situation. Et c’est la raison pour laquelle, aucune échauffourée n’a eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre. La ruse des organisateurs a été d’associer un mouvement archiconnu (l’UN) à un autre (inconnu et même illégal, la CPFG) obligeant de fait le pouvoir à annuler la manifestation. Ce qui est recherché, c’est le résultat : une annulation qui salit Boni Yayi et le discrédite davantage auprès de la population et des chancelleries occidentales. Le ministre de l’intérieur croyait avoir fait du mal à l’opposition, c’est précisément dans les pieds de son patron qu’il a tiré, vendredi soir, en interdisant la marche du lendemain.
Il faut maintenant s’inquiéter du retentissement international de cette interdiction. Le lobbying mené depuis quelques mois auprès du congrès américain pour faire reconnaitre Boni Yayi au rang des prédateurs des libertés, a toutes les chances de prospérer. Ce qui comporte des risques évidents pour le Millénium Challenge Account (MCA). Or, le MCA, c’est près de 200 milliards de FCFA mis à la disposition du Bénin dans le premier compact.
Pris au piège de la petite dictature, le régime Yayi accumule ainsi les facteurs de sa propre déliquescence. Auprès des militants les plus extrémistes de l’opposition, il enfonce littéralement le clou à travers cette mesure. C’est dire que la radicalisation des positions ne saurait produire bientôt que des étincelles dangereuses.

Par Olivier ALLOCHEME

La tragédie sans fin du football béninois: Coffi Codjia, une perle rare née du néant

codjia bonaUn trésor ! Une espèce rare ! Un homme exceptionnel ! Les mots manquent pour magnifier la grandeur de la carrière et du personnage. Bonaventure Coffi Codjia, c’est de lui qu’il s’agit. Il fait partie des arbitres africains les plus connus dans l’arène mondiale du football. Au moment où le football béninois peinait à sortir des sentiers battus, au moment où les uns et les autres se déchiraient au pays, au moment où le championnat national ne s’organisait pas, au moment où les Ecureuils ramassaient les buts avec les paniers, au moment où les crises s’accumulaient, il était le seul à porter haut, loin et même dans les firmaments le nom de son pays. Un arbitre doré dans un pays qui se morfond dans les profondeurs du classement mondial du foot. C’est inimaginable ! « Un jour de 1994, se rappelle-t-il encore, je commençais par ma carrière internationale ». « Ma première Coupe d’Afrique a été en 2000 avec une affiche Egypte-Zambie à Kano au Nigéria dans une période de grand harmattan », se rappelle-t-il encore. Sept coupes d’Afrique des nations dont la finale de 2008 entre Egyptiens et Camerounais, remportée par les Pharaons à Accra au Ghana, deux coupes du monde et les nombreuses coupes des confédérations sans oublier les éliminatoires et les coupes continentales de clubs. Bonaventure Codjia a fait le tour du monde sifflet en main et fait connaitre son pays. Malheureusement, cette belle carrière finie, le natif de Ouidah est rangé dans les placards de l’oubli. Dans le même temps, ses homologues des autres pays d’Afrique et du monde sont magnifiés et reconvertis dans leurs pays respectifs. Si tel n’est pas le cas, la fédération du pays les envoie au sein des instances continentales ou mondiales. Avec une carrière aussi fulgurante, l’arbitre international béninois ne devrait pas continuer à tourner en rond à Cotonou dans son quartier à Agla en quête de la pitance quotidienne. Les responsables de la fédération béninoise de football devraient chercher, en toute logique, à utiliser à des fins plus profitables un homme de cette trempe. Mais, nous sommes dans un pays où les meilleurs sont oubliés au moment où les médiocres triomphent.
José Mathias COMBOU

Atelier mobile de théâtre et de scène (AMETH SCENE): Abdoulaye Farouk dote le Bénin de sa première salle de spectacle mobile

vue de gradinsDoter le Bénin de salles de spectacles démontables et modulables : c’est l’objectif que s’est fixé le scénographe béninois Abdoulaye Farouk en initiant le projet ‘’ Atelier Mobile de Théâtre et de Scène (AMETH- SCENE). Démarré depuis le 05 mai dernier, ledit projet suit son cours normal et réunit, en dehors des constructeurs béninois, ceux du Togo et du Burkina Faso.
Le Bénin est en voie d’avoir une salle de spectacle modulable et démontable ; la première dans l’histoire de sa culture. Ceci grâce à la clairvoyance et à la détermination du jeune comédien et scénographe Abdoulaye Farouk. Par son projet AMETH-SCENE, il vient de faire de l’ancien Dahomey, la troisième nation africaine, après le Mali et le Burkina Faso, à posséder d’espace culturel mobile.« Une salle de spectacle, aujourd’hui, c’est juste un espace clôturé par rapport à la sécurité sinon, si les conventions sont claires c’est une salle démontable », a expliqué le coordonnateur général du projet. Il s’agit d’un dispositif, a-t-il poursuivi qui comporte tous les accessoires concourant à une vraie salle de diffusion de spectacles : lumière, sons etc… En ce qui concerne le projet AMETH – SCENE principalement financé par la Coopération Suisse au Bénin, il consiste en la construction d’environ 1000 places de gradins déplaçables à tout moment, accompagnés d’un podium de 8 mètres sur 7 entièrement équipés.Démarrée depuis le 05 mai dernier, la première phase dudit projet s’est intéressée à la peinture, à la teinture, à la soudure et la menuiserie. Un tour sur le chantier de construction sis à Porto- Novo permet de constater de visu les œuvres déjà disponibles d’une part et celles en cours de réalisation d’autre part. Les constructeurs venus du Burkina Faso, du Togo et entourés de leurs homologues béninois sont en pleine activité et ne laissent, a-t-on remarqué, aucun objet où la main ne passe. Ils étaient bien attentionnés et travaillent avec soin et rigueur. A l’entrée, ce sont les menuisiers qui vous accueillent avec leurs nombreux outils qui en disent long sur l’immense tâche qu’ils accomplissent. Un peu plus loin,les soudeurs avec un petit poste radio à côté. Dégustant ainsi de la bonne musique, ils scindent et collent ou du moins soudent les barres de fers à leur disposition suivant un schéma ou un plan prédéfini. Une vue panoramique sur tout le chantier vous amène dans le royaume des gradins déjà construits attendant les dernières retouches et le podium en plein montage. En un mot, Abdoulaye Farouk a réussi à faire conjuguer les efforts de ces constructeurs aux siens afin de donner au Bénin sa première salle de spectacle démontable, modulable et mobile. Il faut signaler qu’après la phase des constructions qui prend fin le 31 août prochain, la ville de Parakou abritera dans le mois d’octobre la présentation des œuvres réalisées.

Lire ici les propos de coordonnateur du projet

FAROUK 2«(…) On est sur AMETH SCENE qui veut dire Atelier des Métiers de Théâtre et de scène. C’est un projet qui s’intéresse à la promotion et à la transmission des connaissances sur les métiers qui sont directement appliqués aux arts dramatiques. L’édition de cette année s’intéresse à la teinture, à la peinture, à la soudure, à la menuiserie et tient à pallier un peu le manque de salles de diffusion de spectacles au Bénin. Nous avons initié un tel projet pour contribuer ou pour créer une salle modulable ou mobile pour le Bénin, une première au Bénin et une troisième dans la sous- région. C’est parti du Mali, du Burkina Faso et le Bénin.Vous allez constater que les gradins sont disponibles, on a déjà fini de sortir de l’usine de menuiserie toute la jauge de 600 places qui sont avec nous ; il y en a 200 qui sont restées au nord, à la coopérative de meubles de Parakou. Après l’acquisition, on va être présent sur un certain nombre de manifestations notamment celles communautaires ethniques, tels la Gaani, Nonvitcha et autres. Quand le dispositif est déplacé sur ces manifestations, cela donne à voir, donne à réfléchir sur les nouvelles formes d’architecture par rapport au spectacle. (…) C’est un projet qui est exécuté grâce à l’appui pas des moindres : la Coopération suisse et l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA). Pour moi, c’est juste pour poser le premier pas ; quand les autorités vont nous voir, elles sauront qu’on pouvait plus que les gens le pensaient parce qu’au départ ils n’y croyaient pas du tout. Le projet s’est étalé globalement sur trois mois ; nous l’avons démarré depuis le 05 mai et il prendra fin le 31 août. (…)Au terme des travaux de construction, c’est la ville de Parakou qui a été retenue pour présenter le dispositif final en octobre prochain. C’est un dispositif qui est modulable et démontable. Nous avons au total 800 places de gradins mobiles et un podium de 8 mètres sur 7. Le projet total nécessitait au total vingt huit millions mais on n’a pu mobiliser que vingt quatre millions. Quand le dispositif rentre dans une salle, il y a tout pour que cela s’appelle salle de spectacle. Une salle de spectacle, aujourd’hui, c’est juste un espace clôturé par rapport à la sécurité. Sinon, si les conventions sont claires, c’est une salle démontable. Après le projet, nous allons passer à la phase d’entretien et de maintenance ».Par Esckil AGBO

En dépit de la médiation du Chef de l’Etat: La crise s’endurcit entre les Fcbe d’Abomey-Calavi

PrudencioLa crise au sein des Fcbe de Godomey et autres localités d’Abomey-Calavi va de mal en pis. Des cas de tentative d’assassinat, de cambriolages et des menaces permanentes sont évoqués depuis peu et sont assimilés à des «règlements de compte à connotation politique».
La dernière médiation de Boni Yayi qui a appelé les protagonistes au calme et à l’unité semble avoir échoué. Les leaders des Forces Cauris pour un Bénin émergent «Fcbe » du vaste arrondissement de Godomey et ses environs continuent de se chamailler. Les dernières informations rapportent des cas de « règlement de compte » entre les protagonistes. Si les preuves d’accusations faites s’établissent difficilement pour le moment, l’on ne manque pas de soupçonner telle ou telle personnalité politique d’être à la base du moindre ennui que connait son alter ego du camp adverse. C’est ainsi, qu’un jeune leader et responsable de mouvement de jeunes Fcbe, aurait très récemment échappé à une « tentative d’assassinat», à l’occasion d’une réunion qu’il devrait présider. Un quotidien de la place, rapportant l’information en début de semaine, a tôt fait, dans ses interrogations de susurrer la main invisible d’un homme politique de Godomey. Intox ? Fausseté ? Manipulation ? La nouvelle a été ainsi accueillie par plusieurs personnalités locales approchées ces derniers jours sur cette affaire. Un très proche et aîné politique du jeune en question était même surpris d’apprendre une telle nouvelle dans les médias, alors qu’il dit censé être parmi les premières personnes qui devraient en être informées, si tant est que le fait est exact.
Un cambriolage récent au domicile d’un homme politique par des individus non encore identifiés fait également grand bruit à Godomey. La crise tant décriée n’y serait pas non plus étrangère. Des noms de leaders sont même cités comme de « probables instigateurs ». Ce qu’ils rejettent de but en blanc. D’autres sources rapportent que des « menaces permanentes » sont proférées, soit par téléphone ou par personne interposée dans un camp comme dans l’autre.
Deux camps s’affrontent inlassablementValentin Djènontin (1)
Aujourd’hui, deux camps opposés se dégagent dans cette crise qui ébranle Godomey, et même au-delà, dans toute la 6ème circonscription électorale. D’un côté, il y a celui de l’honorable Claudine Prudencio et ses alliés, dont Emmanuel Koï, le Chef d’arrondissement Caja Dodo, etc. De l’autre, le conseiller Paulin Dossa, l’intendant Bagoudou, tous deux en fonction à la présidence, ainsi que d’autres personnalités comme le ministre Djènontin, le maire Hounsou-Guèdè, le maire Onitchango et autres. Deux camps antagonistes qui peinent désormais à parler le même langage en dépit des tentatives de réconciliation dont la dernière a été orchestrée de main de maître par le Chef de l’Etat. A cette séance qui a permis aux uns et autres d’extérioriser toute leur colère, dit-on, tout a été concocté pour enterrer définitivement la hache de guerre. Erreur. Dès les jours suivants, tombe drue, une assignation en justice de la part d’un participant à cette rencontre contre un autre. Motif : le plaignant parle des menaces proférées à son encontre par celui-ci devant le Chef de l’Etat. Il aurait, dans ses boutades, affirmé qu’il serait prêt à ligoter le plaignant et l’amener dans cet état jusqu’au Chef de l’Etat, s’il mettait pied dans sa localité. Une boutade qui n’aurait pas trop plu à Yayi, au point où il demanda séance tenante à l’auteur de présenter ses excuses à la personne qu’il visait. Mais visiblement, le linge sale n’a pu être lavé en famille à ce sujet. D’où l’assignation devant le Tribunal de première instance de Cotonou. La séance avec Boni Yayi devrait être même suivie d’une autre, cette fois-ci dans la commune, avec la participation effective de tous les protagonistes. Elle n’a pas encore eu lieu à ce jour. Et rien ne présage d’une telle perspective dans un avenir proche. Bien au contraire.
Du reste, la guéguerre au sein des Fcbe de Godomey et environs semble s’envenimer au fil des jours et au rythme des faits malveillants qui se produisent sur le terrain. Des militants ne cachent plus leur amertume à ce sujet. Nombreux, ils menacent déjà de claquer la porte à cette famille politique. Si la mésentente date de longtemps, les récentes installations «cavalières et non consensuelles» des coordinations communales et d’arrondissement par des leaders contre la volonté d’autres, ont davantage infecté la crise. A la Coordination nationale des Fcbe, l’on regrette amèrement cette situation et l’on continue de réfléchir à une meilleure et définitive porte de sortie. « On verra bien !», lance, optimiste, le numéro 1 des Fcbe, Eugène Azatassou.

Christian Tchanou

Conférence de presse à l’Ambassade de Chine: L’Ambassadeur Tao Weiguang fait l’état des lieux de la coopération sino-africaine

L'Ambassadeur Tao Weinguang et Martial SountonÀ la faveur d’une conférence de presse, donnée hier, Jeudi 22 août 2013,  à l’ambassade de Chine, l’autorité consulaire Tao Weiguang a fait l’état des lieux de la coopération entre la république populaire de Chine et les Etats africains, notamment le Bénin. En effet, trois points essentiels ont servi d’axe à l’exposé de Weiguang.  D’abord, l’autorité a fait comprendre que le niveau et la planification d’ensemble de la diplomatie chinoise montrent pleinement un caractère stratégique, global et innovant. Sur ce point, il s’est investi à présenter la nouvelle équipe gouvernementale de la Chine, présidé par son excellence Xi Jinping avant de s’attarder quelques minutes sur la feuille de route de ladite équipe. À en croire ses explications, le déroulement de ce programme d’action a déjà démarré avec, à la clé, les premières sorties officielles du président depuis son élection à la tête de république chinoise.  La Russie et L’Afrique ont été ses premières étapes de visite d’affaire.   Par la suite, l’autorité consulaire a fait savoir qu’une série de progrès majeurs ont été enregistrés dans l’innovation  théorique et pratique de la diplomatie.  Enfin Tao Weiguang a mis un accent particulier sur l’une des préoccupations  brûlantes de la Chine pour l’heure, celle d’étudier et d’appliquer en profondeur les nouveaux acquis de l’innovation théorique et pratique sur le plan diplomatique pour ouvrir de nouveaux horizons à la diplomatie chinoise. À la fin de l’exposé, l’autorité consulaire a répondu à quelques questions relatives surtout à la coopération sino-béninoise. A ce sujet, le point n’était pas moins élogieux.

Teddy GANDIGBE

Situation socio-politique nationale: Voici ce qu’ont dit les conférenciers sur le cas de Séfou Fagbohoun

1- Le cas de Séfou FAGBOHOUN. 

1-1. Le Complexe Industriel pour la Promotion du Palmier à Huile ( C.I.P.P-GF) SA :

Ce projet initié par le Groupe FAGBOHOUN  a reçu l’autorisation du Gouvernement Béninois en 2005. Son financement était bouclé. FAGBOHOUN accompagné d’un cadre du Bénin, fonctionnaire à la Banque Mondiale s’était rendu chez un partenaire technique en Malaisie pour finaliser le dossier. Le projet était supposé  générer quatre vingt-dix (90) emplois permanents et deux-cent-quinze (215) emplois temporaires
Quand en 2006, YAYI est venu au pouvoir, le cadre venu de la Banque mondiale  lui parla du projet et de l’accord du partenaire technique malaisien. Le Président de la République s’est alors rendu  en Malaisie avec le cadre en question. Le partenaire technique a alors demandé à ce dernier des informations sur son partenaire du projet. Il  lui a été répondu  que FAGBOHOUN était en prison ; l’intéressé exprimant sa surprise, a réagi de la sorte : «Ah bon, vous mettez vos hommes d’affaires en prison?»
Malgré le tapage médiatique de sa tournée au Bénin au début de l’ère YAYI, l’industriel Malaisien s’est retiré de l’affaire. Notons qu’au jour d’aujourd’hui, FABGOHOUN est le premier planteur de palmier à huile avec six cents hectares (600ha)  déjà en phase de production et mille-cent-soixante-dix-sept hectares (1177 ha) en cours de plantation  et  qui rentreront en phase de production d’ici 2017.
Le 13 Mai 2009, le Président YAYI finit par autoriser le projet de FAGBOHOUN en lui accordant l’agrément du régime «C» du code d’investissement par décret N°2009-188 du 13 Mai  2009.
Mais subitement vers fin 2010, à l’approche des élections présidentielles  de 2011, il a fait débarquer dans la plantation de FAGBOHOUN une horde d’agents des eaux et forêts pour tout saccager: logement des ouvriers, arbres etc. Jusqu’à ce jour le projet peine à démarrer.

1.2 Le Projet de cimenterie à MASSE

Suite à  l’arrêté N°06 /MMEH/DC/SG/CTRNE/CTJ/DGM du 11 Mars 2004 portant autorisation  d’ouverture et d’exploitation du gisement  de calcaire de Massè, FAGBOHOUN  a constitué un pool bancaire pour le financement dont la BOAD où YAYI était encore président.
YAYI, après être  devenu président du Bénin, et, après avoir embastillé FAGBOHOUN, il a  donné le projet à  un  libanais de nationalité sénégalaise qui a pris le projet. Celui-ci s’est alors installé sur le site d’exploitation dont FAGBOHOUN détient un titre foncier de propriété.
Le projet de cimenterie de FAGBOHOUN devrait générer en phase active des emplois d’environ trois cents (300) temporaires et cent dix (110) permanents depuis les travaux du génie jusqu’à  l’implantation de l’usine.
Malgré l’insistance du Président YAYI pour  que le libanais s’installe sur une propriété privée d’autrui, l’intéressé  en homme d’affaire avisé a exigé un autre site non litigieux. C’est à cause de toutes ces tribulations que cette affaire a trainé depuis et que cette production de ciment n’a pas encore commencé.

1.3- L’Espace Aéroportuaire

La cession du fond de commerce a été faite au profit de   FAGBOHOUN depuis le 08/08/1994 par le Gouvernement SOGLO. Mais ce dernier, malgré la décision de la commission de Dénationalisation basée sur un appel d’offres, décide de donner une partie de l’espace à un Libanais. Le Groupe – FAGBOHOUN saisit la justice qui finit près de dix-huit (18 ans) après par lui donner raison. Entretemps  cent -quarante-un (141) emplois permanents sont perdus sans oublier des emplois occasionnels. Mais YAYI refuse l’exécution de cette décision de justice et fait exercer des recours sans fin.

Les dessaisissements illégaux de FAGBOHOUN de ses titres fonciers

Cet animateur privilégié  du secteur privé a vu plusieurs de ses titres fonciers à Cotonou, à Sèmè Kpodji, à Parakou et à Massè accaparés par le pouvoir en place, avec des procédures judiciaires triomphantes pour  Faghohoun.
Sans évoquer le cas SONACOP  tout se passe comme si le pouvoir  a décidé d’en finir définitivement avec FAGBOHOUN c’est-à -dire de le réduire à néant et de le dépouiller de tout son patrimoine, sinon comment comprendre que le pouvoir en place s’acharne avec autant de rage sur les biens fonciers d’un citoyen.
Réalisation Olivier ALLOCHEME

 

A la suite du clergé: Le Patronat réagit bientôt sur la révision de la constitution

M AJAVON SebastienLe Patronat béninois se prépare à réagir à son tour sur le projet de révision de la constitution qui continue de défrayer la chronique. La nouvelle a été annoncée ce mercredi par le président de cette institution, Sébastien Ajavon, à l’occasion d’une rencontre qu’il a tenue avec des responsables de centrales syndicales. «Qu’est ce que la révision de la Constitution apportera à l’économie ? C’est de la diversion. On divertit, on laisse les problèmes sérieux et on parle de révision de la Constitution », a-t-il regretté à cette séance, ajoutant que le «Patronat ira plus loin que le clergé ». Allusion faite à la récente déclaration de l’institution religieuse qui a exprimé son désaccord sur le sujet. A la question des syndicalistes de savoir si la Patronat a reçu copie du projet de loi envoyé au parlement par le gouvernement, la réponse de Sébastien Ajavon a été directe : « Vous savez déjà la réponse. On n’a rien reçu. Dans ce pays tout est à l’envers. Ils savent bien que nous sommes de gens avertis et que s’ils nous le remettent, on va leur dire que ce n’est pas bon.» Et M. Ajavon de poursuivre : « Chacun devra répondre de ses actes. Il faut que cela soit clair. Si les députés y contribuent, ils répondront ». Pour le président du Patronat, « la question de la révision de la constitution tant agitée est une perte de temps, une diversion pure et simple ».
Entre autres sujets également abordés à cette séance, figure l’évolution des conclusions de la table ronde sur le dialogue secteur public secteur privé tenue en octobre 2012 et aussi la question du relèvement du Smig fixé à 31.625 FCFA. Si pour le premier point, le président du Patronat a indiqué que rien n’a bougé depuis lors, il a rassuré les syndicalistes sur le second point, affirmant : « nous sommes conscients de la question. C’est une procédure très longue et on est avancé dans le processus ».

Christian Tchanou 

Situation socio-politique nationale: Azannaï, Serpos, Sacca et Yahouédéou dénoncent l’asphyxie des hommes d’affaires

100_3877Ce sont quatre durs à cuir de la politique nationale. Candide Azannaï, Ismaël Tidjani-Serpos, Fikara Sacca et Janvier Yahouédéou qui ont réuni hier la presse nationale au CODIAM. Objectif, entretenir les hommes et femmes des médias sur la problématique du chômage dans un contexte marqué, selon eux, par le harcèlement des grands hommes d’affaires du pays. La déclaration liminaire de cette conférence a été présentée par l’ancien député, Ismaël Tidjani-Serpos, membre du Parti du renouveau démocratique (PRD). Il a entériné « entièrement » l’analyse de la Conférence épiscopale  selon laquelle les vraies urgences du Bénin ne se trouvent pas dans une quelconque révision constitutionnelle, mais dans le chômage préoccupant des jeunes. Présentant les chiffres jugés alarmants du chômage dans notre pays, l’orateur a estimé que l’Etat ne peut à lui seul lutter contre le fléau. Mais, il s’étonne de « l’acharnement » contre les grands hommes d’affaires. Prenant l’exemple du richissime Séfou Fagbohoun, il a rappelé son incarcération au lendemain de l’avènement de Boni Yayi au pouvoir, la saisie de ses propriétés foncières, en dépit de toute décision de justice ainsi que l’affaire Sonacop vue comme un résultat direct de cet acharnement. Les conférenciers se sont attardés également sur le cas de la société Cajaf-Comon de Sébastien Ajavon, objet d’un redressement fiscal de 32 milliards de FCFA, alors qu’elle a porté plainte devant la Cour Suprême du fait du non reversement par l’Etat de 13 milliards de TVA à son profit comme l’exigent les pratiques fiscales en vigueur dans tous les pays du monde. Cajaf-Comon a payé entre 2009 et 2012 plus de 30 milliards de FCFA d’impôts à l’Etat béninois, mais son PDG reste menacé de prison aujourd’hui du fait du pouvoir, selon le  conférencier. « Pourquoi cherche-t-on à l’éreinter par une lecture fiscale inintelligente et non dynamique pour le pays ? »,  s’est indigné Ismaël Tidjani-Serpos. Quant à Patrice Talon, il a été rappelé les nombreux emplois créés par ses différentes entreprises, mais aussi les déboires qu’elles enregistrent depuis un certain temps. « Le Bénin risque de  payer lourdement l’indemnisation de Bénin Control SA », a dit l’ancien député.  Face à ce tableau jugé préoccupant,  les conférenciers ont demandé aux acteurs du secteur privé de rester solidaires. Ils ont annoncé la création prochaine d’un « numéro blanc » mis à la disposition de tous les hommes d’affaire  « pour décourager toutes les dérives éventuelles qui peuvent être de nature à perturber leurs activités ». « La chose est arrivée à un niveau  où si on ne dit rien, c’est grave », indique le député Fikara Sacca. Janvier Yahouédéou a rappelé,  pour sa part, que la démarche menée par le groupe vise à aider le gouvernement. « Le capital national privé est persécuté », conclut Candide Azannaï, faisant un lien entre cette situation et le taux de chômage des jeunes.

Olivier ALLOCHEME