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Nigéria champion d’Afrique 2013: Le Béninois Valère Ahouandjinou de l’encadrement technique aussi

Un Béninois est aussi champion d’Afrique depuis hier nuit. Il s’agit de Valère Ahouandjinou. Il est dans le staff technique du Nigéria comme l’un des adjoints du sélectionneur du Nigéria Stephen Keshi au même titre que Daniel Amokachi, l’ancien international nigérian. Très peu connu du public sportif béninois, Valère Ahouandjinou est un ancien international béninois qui a fait l’essentiel de sa carrière de footballeur au Nigéria. C’est d’ailleurs là qu’il fit la connaissance de Stephen Keshi. Les deux hommes ne vont plus se séparer jusqu’à ce sacre d’hier. Entre temps, Valère Ahouandjinou retourna au pays où il a fait ses armes d’entraineur avec  Asaco (Association sportive des amis de Cotonou) qui évolua dans les années 2000 en 1ère division  béninoise. Il a disparu entre temps de la circulation avant d’être revu à Lomé, une nouvelle fois avec son vieil ami. Stephen Keshi venait de prendre les rênes de la sélection nationale du Togo, les Eperviers en février 2004. Contre toute attente, il qualifia Emmanuel Adebayor et ses coéquipiers pour la coupe du monde allemand en 2006 mais ne conduira le Togo à la compétition. Après une petite pause, il va relancer sa nouvelle carrière d’entraineur au Mali avec les Aigles en 2008 avec toujours comme adjoint le Béninois Valère Ahouandjinou. Si les Béninois ne participent plus à la Can depuis deux éditions et n’ont jamais remporté la compétition, il y a un Béninois qui est devenu médaillé d’or depuis hier parce que membre du staff technique nigérian. Il s’agit de Valère Ahouandjinou.

Entretien avec Boni Yayi à Paris « Les terroristes ont créé des cellules dormantes dans chacun de nos pays ».

Le Chef de l’Etat Thomas Boni Yayi, dresse au journal français  L’Expression, le  diagnostic lucide de la performance des institutions africaines  dans  la crise malienne. Président en exercice de l’Union africaine (UA) jusqu’au 27 janvier, il salue surtout la promptitude de la France et attire l’attention sur les risques qu’encourent les Etats africains intervenant au Mali.

Le Président Béninois Boni Yayi


L’Express : Vous avez salué à diverses reprises le « leadership » de la France sur le théâtre malien. Cette primauté ne serait-elle pas avant tout le révélateur de l’échec de l’Union africaine et de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao)?

 

Le constat s’impose: nous avons mis du temps à réagir. Car, nous avons cru à la bonne foi des rebelles armés. D’abord le MNLA -Mouvement national de libération de l’Azawad-, qui est à l’origine de toute cette confusion, puis Aqmi, Ansar-Eddine et le Mujao. Nous avons voulu croire à la possibilité de dialoguer, de manière à restaurer l’ordre constitutionnel et à permettre au Mali de renouer avec sa tradition démocratique. Finalement, les faits nous ont donné tort. Une fois installés, ces terroristes-là ont déclaré la guerre à l’humanité. En ce sens, vous avez parfaitement raison: il y a eu des difficultés pour forger un consensus au niveau de Bamako, mais aussi de la Cédéao appuyée par l’UA, comme de la communauté internationale. Même après le vote de la résolution 2085 [par le Conseil de sécurité de l'Onu], obtenir le principe de l’envoi d’une force internationale n’a pas été facile. Aux Nations unies, ça discute énormément. C’est pourquoi je salue la fermeté de la France, son intervention appropriée et le professionnalisme de son armée.

Voilà plus de dix ans que l’on annonce la naissance d’une Force africaine en attente. La Cédéao a avalisé l’octroi –éphémère, il est vrai- du statut d’ancien chef d’Etat au capitaine putschiste Amadou Sanogo. Quels enseignements tirez-vous de tels errements?

 

C’est dans l’organisation du travail que nous avons à progresser. Lorsque le coup d’Etat a eu lieu [le 22 mars 2012], un médiateur a été nommé…

Lequel médiateur, en l’occurrence le président burkinabé Blaise Compaoré, a fait preuve d’une singulière mansuétude envers les rebelles comme envers Sanogo.

 

Disons qu’il s’est donné les instruments pour tenir un certain nombre de conciliabules. Mais le statut d’ancien chef d’Etat n’a pas été conféré au capitaine Sanogo par la Cédéao. Jamais. Nous avons réfuté cela. Nous l’avons même invité à rentrer à la caserne. Moi-même, j’ai demandé au président Goodluck Jonathan du Nigeria de créer les conditions pour qu’il cesse d’interférer dans la vie politique du Mali et de lui proposer l’asile à Abuja. Ce qu’il a fait. Hélas, Sanogo a refusé. Ce que nous avons déploré. C’est donc avec stupéfaction et tristesse que nous avons appris que le même capitaine fait irruption de temps en temps dans l’arène politique malienne, au point d’avoir orchestré la destitution du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Pour le reste, il est vrai que nous avons tardé à agir et les terroristes nous ont trahi, déclarant la guerre au monde entier en projetant de prendre Mopti puis Bamako. A cet instant, nous n’avions pas, c’est exact, une force disponible. Elle a pourtant été créée, cette Force en attente. Chaque pays est autorisé à libérer un contingent pour la constituer. Une Force virtuelle? Soit. Soyons honnêtes: notre capacité à la mobiliser pose problème. C’est l’un des aspects de l’état des lieux que j’ai laissé à la présidente de la commission de l’Union africaine [allusion à la Sud-Africaine NkosazanaDlamini-Zuma, patronne de l'exécutif permanent de l'UA]. Nous devons en tirer les leçons pour l’avenir. Plus jamais ça! La crise malienne doit nous conduire à nous réorganiser, de manière à afficher une certaine responsabilité dans la gestion des affaires de notre continent.

 

Comment tarir dans l’aire sahélienne le trafic de drogue, source de revenus essentielle des djihadistes?

 

Nous devons agir à trois niveaux. D’abord, au niveau de nos Etats, où il faut une meilleure gouvernance politique, économique et sociale, fondée sur la vertu et le sens des responsabilités. Avec un mécanisme de surveillance continental doté d’un mandat permettant de rappeler à l’ordre si besoin chacun de nous. Là où il y a saine gouvernance, il ne peut y avoir de narcotrafic ou de groupe ethnique marginalisé au point de prétendre proclamer sa république [allusion aux Touaregs du MNLA].

De même, il faut éviter de remettre en cause la laïcité et de faire de la religion un instrument de gestion des affaires de nos pays. Je fais référence ici à Ansar-Eddin qui prétendait créer un Etat islamique fondé sur la charia. Attacher des enfants pour leur couper les bras ou les jambes, ce n’est pas l’islam. L’islam est une religion de tolérance, d’amitié, d’amour et de bon voisinage. Le Prophète n’a jamais exigé que l’on oblige tout citoyen à se convertir. Ensuite, il faut aussi une meilleure gouvernance à l’échelle de nos régions, en veillant au respect de l’intangibilité de nos frontières. Enfin, au niveau de l’UA, il importe de revoir l’édifice institutionnel, afin de renforcer notre unité et de parler d’une seule voix.

 

Un citoyen béninois, qui se fait appeler Abdullah, a remplacé fin 2012 un Nigérien à la tête d’une katiba -phalange combattante- du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Que vous inspire ce fait quant à l’essor de l’islamisme armé dans la sous-région?

 

Lorsque j’ai appris cela sur RFI (Radio France Internationale), j’ai été surpris. On savait qu’il y avait des éléments terroristes de l’Aqmi, venant d’un pays proche [l'Algérie] qui a vécu des moments difficiles et dont nous partageons les douleurs. C’est quand la crise a éclaté qu’ils ont commencé à recruter des jeunes des pays voisins, dont ce Béninois qui a gravi les échelons au point d’accéder à la tête d’une unité du Mujao. On trouve dans les rangs des terroristes des Béninois, des Togolais, des Sénégalais, des Ivoiriens, mais aussi des Canadiens, des Français, des Japonais, des Coréens, des Chinois, venus de partout, d’Afghanistan, du Pakistan ou d’ailleurs. Voilà pourquoi il faut non seulement traiter la question du Mali, mais aussi intégrer la dimension saharo-sahélienne. D’après nos renseignements, ces gars-là ont créé des cellules dormantes dans chacun de nos pays. Voilà pourquoi, en tant que président de l’Union africaine, j’ai tiré le signal d’alarme et fait le tour du continent et du monde entier, j’ai visité les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, alerté les partenaires du G-20 et du G-8. Je suis aussi venu voir le président François Hollande, qui, quant à lui, m’a écouté religieusement.

 

Propos recueillis par Vincent Hugeux, L’Express

 

Can 2013: Le Nigeria sacré champion d’Afrique pour la 3ème foi

La joie nigériane juste après le coup de sifflée final

Les Super Eagles ont remporté ce dimanche à Johannesburg leur 3e couronne de champion d’Afrique de leur histoire. Les coéquipiers de Sunday Mba, unique buteur de la soirée, ont battu le Burkina Faso (1-0) au terme d’un match bien maitrisé.

Le Burkina Faso ne goutera pas au plaisir d’un premier sacre continental, c’est le Nigeria qui va pouvoir accrocher une 3 étoile de champion d’Afrique à son maillot. La deuxième pour Stephen Keshi, sacré en tant que joueur en 1994 et dorénavant en tant qu’entraîneur. Il n’est que le deuxième homme à réaliser un tel exploit après l’Egyptien Mahmoud El Gohary. Le Nigeria est venu à bout du Burkina Faso ce dimanche sur la pelouse du National Stadium de Johannesburg qui avait fait le plein (1-0). Privés d’Emmanuel Emeniké, co-meilleur buteur de cette CAN avec 4 réalisations, les Nigerians ont dominé cette finale. A la 7e minute, le défenseur Ambrose ouvrait les hostilités en envoyant une tête au-dessus. Et la lourde frappe non-cadrée d’Aristide Bancé à la 24e minute ne devait pas faire oublier que c’était bien le Nigeria qui se montrait le plus dangereux dans cette 1ère période. Une 1ère mi-temps marquée par de nombreuses approximations techniques, signe de la tension et de la pression caractéristique d’un tel rendez-vous. Et c’est justement sur une prouesse technique, un enchaînement de toute beauté, que la rencontre allait basculer. Suite à une mauvaise sortie de Keba Paul, Victor Moses s’infiltrait dans la surface burkinabè, son tir contré terminait sa course dans les pieds de Sunday Mba. Le joueur d’Enyimba enchaînait alors un coup du sombrero sur Mohamed Koffi avant de reprendre de volée du pied droit. Un enchaînement qui ne laissa aucune chance au gardien burkinabè Daouda Diakité (1-0, 39e). Un avantage que ne lâcheront plus les Super Eagles.  Lors de leur 1er affrontement dans cette CAN, les deux équipes avaient fait match nul 1-1 avec une égalisation du Burkina Faso dans les dernières secondes grâce à Alain Traoré. Mais aujourd’hui, le sauveur n’était pas sur le terrain ! Et c’est bien le pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria qui peut exulter. Les Super Eagles sont champions d’Afrique.

Mathias Combou

Dossiers poursuite de certains ministres devant la Haute cour de justice: Les travaux en commission se poursuivent ce jour

Les parlementaires béninois de la sixième législature ont entamé hier jeudi 07 février 2013, l’examen de la demande de poursuite de certains ministres devant la Haute cour de justice. Il s’agit des anciens ministres de Mathieu Kérékou et de Boni Yayi, Armand Zinzindohoué, Soulé Mana Lawani, Rogatien Biaou, Kamarou Fassassi et François Noudegbessi. Selon des sources proches du palais des gouverneurs, on apprend qu’au cours de la séance d’hier, les députés ont juste pris connaissance des dossiers accompagnant les demandes de poursuite et ont souhaité aller les lire d’abord avant de se prononcer. Dans le même temps, certains parmi eux se posent la question de savoir s’il n’y a pas une intention de règlement de compte derrière ces demandes de poursuite. Ces derniers jurent de fouiller de fond en comble chacun de ces dossiers avant de dire quoi que ce soit. Rappelons que ces anciens ministres sont soupçonnés dans des affaires de corruption, de détournement et de faux en écriture. La plus récente est l’affaire relative à l’arrêt du chantier de construction du nouveau siège de l’assemblée nationale par rapport auquel 14 milliards francs CFA ont déjà été dépensés sans une réelle évolution dudit chantier. Le gouvernement a donc demandé la poursuite des anciens ministres de Yayi François Gbènoukpo Noudégbessi et Soulémana Lawani. Avant ce dernier dossier, le parlement avait été déjà saisi en 2009 de quatre autres dossiers de poursuite impliquant le  ministre Soulémana Lawani par rapport à l’affaire CEN-SAD, où il lui est reproché la signature d’un marché gré à gré et des surfacturations de plusieurs millions de francs. La demande de poursuite de l’ancien ministre de l’intérieur  Armand Zinzindohoué est relative à l’affaire de placement illicite d’argent, dénommé ICC-services dans laquelle il lui est reproché d’avoir signé un permis de port d’arme à un des dirigeants de Icc-services et perçu des pot de vin de plus de 52 millions. Quant à Kamarou Fassassi, il et cité dans affaires de malversations à la Sbee et enfin Rogatien Biaou qui serait impliqué dans l’affaire de bradage d’un domaine de l’Ambassade du Bénin aux USA.

Hugues PATINVOH

Sinistre à Ouinhi:Benoit Assouan Dègla vole au secours des populations

Benoit Assouan Dègla vole au secours des populations de Ouinhi

Le ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes, Benoît Assouan Dègla,  est allé au secours des populations du village de Tohouè situé dans l’arrondissement de Gangban (Ouinhi) avec des dons de vivres et de matériels d’habitation suite à l’incendie ayant ravagé 181 concessions et fait un mort. C’était le mardi 05 février.

 

 Des sacs de riz, des bidons d’huile, des paquets de tôles, des pointes, des tentes composent les dons remis aux populations par le ministre Dègla qui a voulu, par ce geste, leur signifier le soutien de son département ministériel, mais aussi celui de tout le peuple béninois à travers le gouvernement. Très contentes de cette marque de soutien, les populations de Tohouè ont remercié le ministre Dègla, à qui elles ont promis en faire un bon usage. Même si les spéculations vont bon train, il convient de rappeler que cet incendie a coûté la vie à une vieille dame qui, voulant récupérer une bassine d’argent qu’elle gardait jalousement dans sa case, est décédée.  

Nafiou

 

 

Concours de recrutement des APE: Garba Yaya s’explique et apporte des preuves « Il n’y a pas eu substitution de résultats »

L’affaire de soustraction frauduleuse de noms dans le cadre du concours de recrutement organisé au profit du Ministère de l’économie et des finances continue d’occuper les grands sujets de l’actualité. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du dossier, nous nous sommes rapprochés du principal mis en cause. Il a nom, Yaya Garba, le Directeur du recrutement des agents de l’Etat (DRAE). Preuve à l’appui, l’homme s’est expliqué. Sans détour, il  a réitéré qu’il n’y a jamais eu de substitution frauduleuse de candidats, mais une fuite de communiqué non officiel sur lequel la candidate Idjouola, plaignante devant l’Observatoire de lutte contre la corruption, le Médiateur de la République et la Cour Constitutionnelle a été déclarée admise alors qu’elle ne l’est pas en réalité, selon ses dires. Dans ses explications dont nous publions l’intégralité, Yaya Garba donne sa part de vérité sur chaque aspect du dossier et émet des regrets par rapport à la gestion faite de l’affaire par l’Olc.

Les preuves apportées à l’Olc et la vérité des faits selon Yaya Garba

« Dame Idjouala est une candidate malheureuse qui n’est pas admise. Au terme de l’inscription, elle a un numéro anonyme qui est 1135. Issa Imorou Adissou a un numéro anonyme de correction qui est 1196. A la délibération, c’est bien le candidat Issa Imorou qui a été déclaré admis tandis que Adjouola est classée 19ème sur ce document. Après cette première délibération sous forme anonymat, nous sommes venus lever l’anonymat. Sur ce document, Issa Imorou est 5ème et dame Adjouola est 19ème. Tout était sur un fichier qu’on ne pouvait copier. Malheureusement, nous avons des collaborateurs. Il s’agissait donc de recopier le fichier sur le communiqué. C’est de là que des collaborateurs-(les enquêtes se poursuivent encore)-ont saisi le nom de dame Adjouola en lieu et place de celui du sieur Issa Imorou. Madame la ministre de la fonction publique a signé le communiqué autour de 21 heures puis elle est rentrée. Mais avant d’afficher, on devrait avoir 48 heures pour les vérifications. Mais madame la ministre a insisté qu’on publie immédiatement le communiqué pour qu’il n’y ait pas de manipulations de résultats issus de la délibération. Malheureusement, les vérifications ont révélé qu’il y a eu un intrus dans le corps des Inspecteurs des impôts. Nous avons normalement 60 jours pour corriger les erreurs éventuelles sur les résultats. Mais là, une question se pose : fallait-il corriger avant d’afficher dans tous les départements sans corriger l’erreur? Nous nous sommes dit qu’il faut corriger la page erronée et amener à madame la ministre, la bonne copie. Elle nous a dit qu’on aurait dû laisser ça comme ça. Et c’est elle qui a eu raison. Car, des personnes mal intentionnées ont fait que certaines personnes ont déjà eu la première copie non corrigée. C’est ainsi qu’à l’affichage, dame Adjouola a été surprise de ne pas trouver son nom. Et dans sa plainte qu’elle a adressée à certaines structures, elle a elle-même clairement mentionné que sur le document officiellement affiché, elle n’est pas admise alors que sur un autre document, elle l’est. Elle s’est donc servie de ce communiqué-là pour se plaindre à l’Olc, pour se plaindre à la Cour Constitutionnelle et au Médiateur de la République.

L’Olc face au dossier

Quand j’ai été reçu par l’Olc, j’ai dit à son Président, Jean-Baptiste Elias et  à la commission que c’est la seule tribune qui va nous blanchir officiellement. Et là, nous avons amené les copies de l’intéressée et on lui a fait appel. Elle a reconnu ses copies et elle a dit que c’est son écriture. Nous lui avons dit que ce n’était pas une question d’écriture, mais de reconnaissance de copie. Et devant la commission de l’Olc, elle a avoué que c’était bel et bien ses copies. Sur les copies, en français, elle a obtenu 5 sur 20. En Fiscalité, elle a obtenu 10,50 sur 20. Au regard de ces notes, elle a donc huit (8) de moyenne. Or, pour ce concours, celui qui a 15,00 de moyenne ne passait même pas. Donc dame Lydie qui a 8,67 et qui occupait la 118ème place ne pouvait pas passer parce qu’on voulait 14 personnes. Entre temps, elle-même avait envoyé ses parents pour faire des vérifications. En découvrant ces choses, ses parents se sont confondus en excuses. Voilà ce qui me vaut le nom de fraudeur qu’on agite un peu partout.

Des accusations de placement des parents

J’ai 22 neveux qui ont passé le concours. Un seul a pu réussir. Le seul là, je crois qu’il a d’abord eu un diplôme et je pense que je n’étais pas le Directeur des examens et concours (DEC) quand il l’avait eu. Il y a mon collaborateur Salifou qui a trois enfants. L’aîné a 17 ans. Les gens ont pourtant mis sur Facebook qu’il a placé six (6) personnes. Il y  a le Conseiller technique juridique (CTJ) du ministère dont le prénom est Kouagou et le nom N’dah. Parce que les gens ont vu un certains Kouagou être admis sur la fiche, ils ont mis que c’est le fils du CTJ. Il y a également le Directeur des ressources financières et du matériel (DRFM) du ministère. Il s’appelle Sidi Aolou. Puisque les gens ont vu qu’il y a un Sidi qui est admis, on a dit qu’il est son fils. Mais s’il vous plaît : est-ce que c’est  parce que je suis Garba qu’aucun autre Garba ne peut être admis au concours de la fonction publique ? Aucune autorité ne peut avoir son fils être admis pour un concours même si celui-ci est major ? Il faut qu’on se pose donc des questions. Je trouve que la démocratie béninoise est exceptionnelle.

Les présidents des jurys n’ont rien à voir dans ce dossier

Les gens ont dit que les présidents des jurys se sont partagé les postes. Je voudrais demander la permission de quelques uns parmi eux pour expliquer la situation. Qu’ils me le pardonnent. Monsieur Azandosessi Thomas est un Président de jury. Il a deux de ses enfants qui ont échoué. Gounou Abdoulaye est aussi Président de jury. Et pourtant, son petit frère a échoué. Mieux, même madame la ministre du travail et de la fonction publique, sa fille aînée, 2ème ex-æquo  pour le concours des administrateurs en ressources humaines a échoué. Ça, on n’en parle pas. Les présidents de jury ne savent pas à l’avance le nom des candidats dont ils vont corriger les copies. C’est pour cela qu’on donne l’anonymat. Ce qui veut dire que tu peux corriger la copie de ton enfant sans le savoir. Mieux que ça. Si nous prenons le français, ils sont 216 à corriger 66.000 copies. Quelle est la probabilité pour que tu corriges la copie de ton enfant dans ce lot alors qu’il n’y a pas de nom ? Le problème qui se pose, c’est que lorsque dans un concours où 66.859 personnes ont pris part, on ne veut que 432, cela veut dire d’office, qu’avant que le concours ne commence, environ 66.400 personnes ont échoué. Soit environ un admis sur 200 personnes. Ce qui fait que finalement, les gens s’étonnent de qui est réellement admis étant donné que la plupart ont échoué.

Félicitation à Yayi Boni

Nous devons remercier le Président Yayi Boni. Parce que si tous les Présidents recrutaient, on n’en serait pas à cette étape de retard. Même si aujourd’hui, il fait l’effort d’en recruter un peu, nous nous devons de le féliciter et de nous en réjouir.

Des regrets contre l’Olc

Je regrette quelque chose. Nous nous sommes prêtés au questionnaire du Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption (OLC) devant la commission. Nous avons répondu à un certain nombre de préoccupations de l’institution. Mais malheureusement, aujourd’hui, on les a retrouvées dans les journaux. Si nous avons répondu à ses questions, c’est parce que nous avons trouvé qu’une institution comme celle-là est crédible. C’est pourquoi nous avons donné un certain nombre de secrets sur l’organisation des concours dans notre pays. Mais tout se retrouve maintenant dans la presse. Quand nous étions devant la commission, nous avions dit au Président : « Si vous pensez que nous étions coupables, coupez-nous la tête. Mais si vous pensez au regard des preuves probantes que nous avons apportées devant la candidate elle-même que nous sommes blancs comme la neige, il faut le dire devant la face du monde. Mais nous avons constaté que dans l’entretien qu’il a eu avec la presse sur le dossier, il a fait économie de vérité. Quand le Président de l’Olc est venu ici, il a eu les copies des deux candidats en cause. Il nous a dit que ce n’est pas ça qui l’intéresse, qu’il veut voir les copies de tous les autres candidats. Je lui ai répondu que j’ai été instruit par mon ministre pour répondre devant la commission sur la plainte de substitution frauduleuse de candidat et que s’il devrait voir toutes les autres copies, il voudra bien le dire à mon ministre qui pourra m’instruire à nouveau. Permettez-moi de le rappeler. On se souvient encore : le Président de l’Olc avait déjà prédit qu’il y a une mauvaise organisation du concours et qu’il fallait bien entendu l’annuler. S’il n’est pas satisfait avec les documents que nous avons déjà donnés et que c’est les documents d’autres corps qui vont lui permettre de certifier ce que nous avons dit, on est en droit de se poser des questions.

De la mauvaise organisation

On a donné une épreuve de comptabilité sans annexe et les gens ont dit que les candidats ont crié. Mais celui qui a proposé l’épreuve est l’un des meilleurs comptables au Bénin. Il a dit qu’il a déjà donné cette épreuve en France et qu’il met au défi quiconque lui prouvera que ce n’était pas une bonne épreuve. Il a dit qu’il a donné une épreuve qui comporte deux dossiers : qu’on peut les évaluer sur le premier dossier ainsi que sur le second. J’ai été surpris que pour cette épreuve, plus de 30 personnes ont eu 19,50 sur 20 dans cette épreuve.

En réalité, il n’y a pas eu substitution

 En réalité, il n’y a pas eu une substitution comme le prétendent les gens. Ce qu’il y a eu au niveau de la Direction de recrutement des agents de l’Etat, c’est une fuite. Ce qui nous amène à le dire, c’est bien la question suivante : comment la fille a-t-elle pu avoir le premier communiqué qui n’est pas officiel ?     Pour ça, les enquêtes se poursuivent et nous pensons que nous allons démasquer le réseau. Il s’agissait du souci d’un petit Directeur qui voulait se rattraper de corriger une erreur pour qu’elle ne se propage pas. L’erreur est humaine. C’est celui qui persiste dans l’erreur qui est diabolique. On pensait avoir rattrapé l’erreur, mais malheureusement, des gens de mauvaise foi ont déjà fait leur sale besogne. Tous ceux qui sont intervenus ont estimé qu’il s’agissait d’une mauvaise manipulation de l’ordinateur. Je ne m’y connais pas bien. Mais je ne crois pas. Il faut qu’ils arrivent à me convaincre.

Donatien GBAGUIDI

La Une du 19-09-2012