Edito: La renaissance

logo journalIl n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais le projet présenté lundi soir par le ministre des sports est l’émanation de la juste vision pour relancer le sport au Bénin et donner aux jeunes de nos communes des loisirs sains.

         Il n’est pas du tout dans mes habitudes de faire l’apologie d’une action publique, encore moins d’une ambition qui n’est qu’une projection de l’instant, sans préjuger des incertitudes de l’avenir. Mais il faut à la vérité dire que ce qui est bien est bien, afin d’encourager à la persévérance, ceux qui ont le redoutable devoir de concrétiser nos rêves. Oui, ici, le ministre des sports a vu juste en cherchant à aller au-delà des mots et des vœux pieux. Qu’a-t-il dit ce lundi ? Que bientôt il y aura 12 académies départementales, 85 stades communaux et départementaux, 93 associations sportives communales, et 80 classes sportives. Ces  projets phares sont destinés à réaliser  une véritable renaissance du sport béninois  sous la houlette de 400 encadreurs des classes sportives à la base et 744 encadreurs pour les associations sportives communales. En somme, ce projet ‘’d’ordre social et économique’’ permettra de créer près de 1200 emplois permanents. Ils sont destinés à promouvoir la pratique du sport dans toutes les localités du Bénin puisque le ministre est convaincu que les talents existent au Bénin et se trouvent dans les communes. Pour Homeky, il s’agira d’instituer au Bénin, 80 classes sportives reparties sur l’ensemble du territoire national dans les 76 communes à l’exception de Cotonou qui sera par contre, divisé en quatre zones. Il y sera pratiqué le football, le basket-ball, le handball, l’athlétisme, et les arts martiaux. «Dans chaque commune, nous aurons des équipes dans deux catégories d’âges. Les moins de 20 ans et les plus de 20 ans », a-t-il clarifié. Tout cela sera chapeauté par 12 académies départementales  et  l’académie nationale du Bénin implantée au stade René Pleven de Cotonou. La visibilité médiatique des sports nationaux sera désormais une réalité avec la création d’une chaîne Radio-Télé exclusivement dédiée à la promotion du Sport  pour la promotion des talents révélés.

         La seule question que je me pose depuis lundi est celle-ci : où diantre vont-ils trouver les ressources pour réaliser réellement tout cela sur les quatre prochaines années ?

         Car ce qui est en jeu immédiatement, c’est bien l’amélioration des performances du Bénin dans les compétitions sportives à long terme. Le cas du football est  bien révélateur. A la veille des matchs internationaux, l’on ramasse (non, le mot n’est pas assez fort)  des quidams de quatrième et cinquième division en France ou ailleurs pour venir rabibocher une « équipe » qui n’a d’équipe   que le nom. Après avoir encaissé les buts et collectionné les humiliations, chacun rentre dans sa énième division en attendant la prochaine compétition.    Pendant ce temps, le public sportif désabusé se tourne vers les championnats européens, en se moquant bien de savoir s’il y a des joueurs dans les Dragons, des maçons dans les Panthères de Djougou ou même des tourneurs dans le Mogas. 99% des passionnés de foot béninois ne connaissent presque rien de nos joueurs et sélectionneurs, alors que le petit garçon d’Abomey maitrise jusqu’à la couleur des crampons du Barça ou les gestes de légende de Liverpool. A long terme, la vision du ministre pourra mettre fin à cette honteuse  extranéité et faire revenir au bercail ceux qui n’avaient la tête qu’ailleurs, les pieds ici.

         Oui, c’est bien à long terme que se mesureront les impacts de cette vision. Elle transforme nos communes en des centres de formation pour les sportifs, même dans les villages les plus reculés, donnant aux jeunes des loisirs capables de les maintenir sur place, au lieu qu’ils ne tentent l’exode qui les déversera dans les grandes villes déjà saturées de monde. Elle donne aux élèves et aux étudiants l’authentique occasion d’oser rêver d’autre chose que de cahier, d’étude ou de note, alors que le monde d’aujourd’hui leur demande d’autres atouts capables de les propulser sur d’autres horizons. On saura demain que ce n’est pas une malédiction d’être nul en Français lorsque l’on sait jouer au basketball …

         Il faut donc que le ministre des sports ait rapidement les moyens dont il a besoin pour lancer ce programme absolument novateur.

 Par Olivier ALLOCHEME

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