Jean-Baptiste Elias, Président de l’Observatoire de lutte contre la Corruption (OLC) SOUS « L’Arbre à palabres »:  » La corruption n’a pas régressé sous le Changement »

Jean-Baptiste Elias, Président de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption (Olc) est notre invité sous la rubrique exclusive du Quotidien L’Evénement Précis  » Sous l’arbre à palabre « . Sans autre forme de protocole, l’homme a accepté avec une disponibilité déconcertante, faire face aux questions des journalistes de la Rédaction. Acteurs rompus des débats télévisés, l’exercice ne lui a pas constitué une épreuve trop éprouvante. Très relaxe, il a abordé la question de la corruption au Bénin dans ces différents aspects. Il a passé dans cet entretien en revue les grands dossiers de corruption, la méthode Olc et Fonac dans un tableau peu reluisant sur l’état de la corruption au Bénin. Néanmoins l’exercice a été plus difficile pour le tonitruant acteur de lutte contre la corruption quand il s’est agi de faire une incursion dans sa vie privée. Laconique, Prudent, réservé, …, l’homme ne sera plus le même. Un entretien passionnant qui va au-delà du Jean-Baptiste ELIAS que vous connaissez !

 LA CORRUPTION SELON JEAN-BAPTISTE !

 Pour permettre à vos lecteurs et aux populations de comprendre ce que veut dire le terme  » Corruption « , je dirai simplement que la corruption est égale  » tout ce qui est pourri « . Tout ce qui est pourri est égal à la corruption. Sinon on fera des démonstrations scientifiques pour dire que même les détournements de deniers publics font parti de la corruption. La prévarication, la mauvaise volonté font partie de la corruption. Tenez vous tranquille, la corruption n’est pas seulement une affaire d’argent. Les filles que les professeurs  » détournent  » au niveau des collèges, et couchent avec elles pour leur donner des notes, c’est de la corruption aussi.

L’ OLC EN QUESTION

 L’Observatoire de lutte contre la corruption (Olc) est une institution de la République qui compte trois volets. Il y a les représentants de l’Etat, deux députés et un représentant du ministre de la Justice, de l’intérieur, de la décentralisation, des Finances. Le Chef de l’état est représenté par l’Inspecteur général d’Etat. Il y a ensuite la société civile représentée par un magistrat, un Journaliste, un Avocat, un Expert comptable, deux Syndicalistes, deux Représentants d’Ong et le secteur privé représenté par deux élus de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib). C’est donc tous ceux-là qui constituent l’Olc et c’est au sein de ces 19 membres qu’un bureau est élu. Actuellement j’en suis le Président. Je suis le 1er Vice président et Porte parole du Fonac qui est une Ong.

ETAT DE LA CORRUPTION AU BENIN

 Par rapport aux années antérieures, nous avons présenté le livre blanc sur l’état de la corruption au Bénin. C’est une obligation faite à l’Olc de publier chaque année un livre blanc sur l’état de la corruption au Bénin. La troisième édition est en cours de préparation et sera publiée dans quelques semaines ou mois. Ceci se réalise avec l’aide des techniciens, des planificateurs et autres ingénieurs que nous envoyons sur le terrain pour la rédaction des éléments qui constituent le document. Alors aujourd’hui, je suis malheureusement au regret de vous annoncer que la corruption n’a pas régressé et il suffit de poser la question à votre entourage. Vous savez la lutte contre la corruption est une affaire de comportement, c’est un travail de longue haleine. Nous avons un volet important dans la lutte contre la corruption que nous appelons prévention et l’éducation pour le changement de comportement pour faire reculer la corruption mais le second volet est la répression qu’on appelle punition. Alors sur les plans éducatif et de prévention, on a pu faire le maximum mais le deuxième volet qui doit décourager ceux qui sont pour la corruption, n’est pas au rendez-vous. C’est la répression qui ne relève pas de nous ni de l’observatoire de lutte contre la corruption (Olc), ni du Fonac ni d’aucune autre structure de lutte contre la corruption. Mais la répression dans la lutte contre l’impunité relève de l’autorité du pays. C’est d’abord la Justice et l’exécutif qui sont habilités par la loi béninoise pour donner les sanctions qu’il faut. La justice qui est submergée par beaucoup de dossiers et qui prend son temps à rendre la justice dans la sérénité, n’arrive pas à punir à temps pour décourager à jamais tous ceux qui ont des velléités pour cette pratique-là. Mais malheureusement ! De même, le relais doit être pris par l’administration pour que l’agent fautif soit puni avec des sanctions qui vont de l’avertissement jusqu’à sa révocation. Ce que nous, nous avons à faire est de dénoncer les cas, de suivre l’évolution de la corruption, de faire des actions de prévention et d’éducation. C’est une course de relais. Il doit être pris par l’exécutif qui doit mettre en place les conseils de discipline. Nous ne pouvons pas dire aux gens de démissionner, cela ne changera rien. Lorsque nous avons lancé ce  » livre blanc « , nous avons écrit à toutes les institutions pour leur demander d’envoyer des représentants. Et chaque ministère a envoyé des délégués pour suivre. Mais nous n’avons vu aucun représentant des ministères ou des institutions, contester ce qui est écrit dans le livre. Cela veut dire que c’est réel. Maintenant que nous avons joué notre partition, la balle est dans l’autre camp c’est-à-dire la fonction publique qui doit mettre en place les conseils de discipline pour que les sanctions administratives soient administrées à tous ceux qui sont les mauvais agents permanents de l’Etat. Et puis au niveau de la justice pour qu’elle puisse étudier de façon rapide pour que les sanctions tombent. Et je vous rappelle qu’en 2007 nous avons mis à nu le dossier concernant la Sbee, la soneb et autres que vous connaissez. Il ne revient pas à l’Olc ou au Fonac de lever l’immunité parlementaire des députés et d’engager des poursuites contre eux. La loi a défini clairement la procédure à suivre pour les sanctionner. Donc tout en étant Président de l’Olc, nous sommes dans un Etat de droit où chaque institution doit jouer sa partition. Nous avons déjà fait ce qu’on doit faire en dénonçant ces agents-là. Maintenant le relais doit être pris par les institutions compétentes. LA CORRUPTION SOUS LE CHANGEMENT Nous ne caricaturons pas le travail que nous faisons sous l’ère d’un régime ou d’un autre. Qu’il y ait régime ou pas, notre travail est technique. Le  » Livre blanc  » par exemple est un document qui n’a pas été élaboré par une seule personne. Il y a des sociologues, démographes, et autres qui ont fait le travail avec l’ensemble des membres de l’Olc. L’inspecteur général d’Etat l’Inspecteur Général des Finances, l’Inspecteur Général du MRAI, l’Inspecteur des Services Administratifs du Ministère de la Décentralisation tous membres de l’OLC ont participé de bout en bout à sa rédaction. Vous savez très bien que la corruption n’est pas un élément quantifiable. Toutes les réponses qui sont données à toutes les questions qui sont posées par toutes les administrations de l’Etat ont conduit aux résultats qu’on a mis dans le document. Vous devez le lire pour mieux apprécier la situation.

DOSSIER CEN-SAD TOUJOURS VIVANT

 Je confirme que le dossier de la Cen-sad est envoyé au ministère de la justice et que la justice l’a envoyé au tribunal qui à son tour l’a envoyé à la police judicaire pour que l’enquête préliminaire soit lancée afin de déclencher l’opération de poursuite. Le dossier n’est pas mort. Aucun des dossiers, n’est mort. Au cours d’une conférence de presse j’ai affirmé que le dossier de la Sbee est par exemple à la justice. Et que des tentatives sont en train d’être faites pour que ça évolue afin qu’on écoute ceux qu’on doit écouter. Et qu’on écoute par la suite ceux qui sont sous protection de l’immunité parlementaire. C’est justement ce que je vous expliquais. A ma connaissance, je peux vous confirmer que les dossiers ne sont pas encore enterrés. Il y a des problèmes sur des dossiers certes mais on cherche les formules nécessaires pour que ces difficultés soient levées. A ma connaissance, je suis en mesure de vous dire que les dossiers sont transmis du ministère de la justice vers le palais de justice et de la justice vers les Opj pour qu’une enquête préliminaire soit faite.

TENTATIVE DE LEVEE D’IMMUNITE DE CERTAINS DEPUTES PAR LE CHEF DE L’ETAT

Vous savez que c’est ce que j’ai vu que je dis. Nulle part, je n’ai appris qu’un papier est envoyé à un niveau donné pour demander la levée d’immunité d’un parlementaire impliqué dans une affaire de corruption au Bénin. Quand je l’aurais vu, je vous le dirai. Par contre, quand je vous ai dit que le dossier de la Cen-Sad est suivi, c’est parce que j’ai vu le papier de transmission. Aussi si je vous ai dit que les autres dossiers sont à la justice c’est parce que j’ai connaissance des dossiers. Les lettres par lesquelles le processus se poursuit, je les ai vu. Je peux le dire et le répéter si on m’interpellait. La procédure de levée d’immunité parlementaire ne s’opère pas telle que l’on l’évoque dans la rue. Il faudrait expliquer aux populations que la procédure est toute autre. Nous sommes dans un Etat de droit où il y a la séparation des pouvoirs. La levée d’immunité parlementaire ne se fait pas n’importe comment. D’abord, il y a le règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui fait avec la constitution le bloc de constitutionnalité. Les conditions dans lesquelles on peut lever l’immunité parlementaire sont donc assez complexes. Une fois que l’enquête est faite, le juge estime que l’état du dossier tel qu’il est, nécessite qu’il écoute le député concerné. Et c’est le juge qui engage la procédure de levée de l’immunité. Il envoie cette demande au parquet qui l’envoie au procureur général et lui à son tour l’adresse au ministère de la justice qui, le transmet au président de l’Assemblée nationale qui se charge de l’étudier au niveau du bureau de l’Assemblée. Et là l’Assemblée nationale va le programmer et en plénière, une majorité qualifiée va voter ou non la levée d’immunité de ce député. Une fois que cette levée est faite, on invite l’individu à se mettre à la disposition de la Justice. La procédure n’est pas du ressort du Président de la République qui va écrire pour demander à ce qu’on lève l’immunité parlementaire de qui que ce soit. Il faut savoir que nous sommes légalistes et tout le peuple béninois a voté la constitution comme cela. Il faut ajouter que les députés ont fait leur règlement intérieur qui a été validé par la cour constitutionnelle et qui fait bloc de constitutionnalité. Alors c’est important en tant que pays de droit d’observer les règles et procédures car il y a quelque chose que nous appelons le droit de la défense. Si elle n’est pas respectée et nous voulons faire comme nous le souhaitons, on aura à faire à une dictature qui ne dit pas son nom et qui sera nuisible pour nous tous. Vous savez bien que dans une partie de notre pays par exemple sous prétexte de quelqu’un qui est venu voler les enfants, on prend les gens et on les brûle. Maintenant notre constitution a pris des mesures pour que le droit de la défense soit respecté. Il est que nous puissions demander à nos députés de comprendre que le peuple qui les a élu a soif de connaître la vérité et que la levée de l’immunité parlementaire de quelqu’un ne veut pas dire forcement qu’il est fautif. Si les intéressés ont déclaré qu’ils sont blancs comme neige et qu’ils sont sûrs d’eux-mêmes, il n’y a pas de raisons que la Justice ne les blanchisse. Mais pourquoi on n’essaie de ne pas aller à la levée de l’immunité et que les choses traînent pour démotiver tout le monde.

LES MINISTRES, UN AUTRE CAS ?

 Pour les ministres par exemple, il y a aussi un problème. On dit qu’il est une partie de l’exécutif, il prend des décisions qui peuvent plaire ou ne pas plaire. Alors il ne faut pas pour un oui ou un non, qu’on le conduise devant la Justice. Maintenant, si ces dispositions ne sont pas bonnes, il est question de faire une révision de la constitution afin que les populations puissent dire quelles procédures s’adaptent le mieux à la bonne gouvernance, pour lutter contre la corruption, pour qu’il ait l’éthique et pour qu’il ait la morale. Se prononcer sur ce passage qui dit que l’acte qu’il a posé en temps que ministre ne peut qu’être qualifié si une majorité qualifiée de l’Assemblée le vote. En France par exemple, l’ancien président de la République Jacques Chirac est devant la justice sans tapage.

LE VERROU DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE

 Nous sommes tous d’accord pour qu’on allège la procédure de saisine de la Haute Cour de Justice. La preuve, c’est que les hauts juges qui sont à la Haute cour de justice n’ont jamais pu trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Ils n’ont personne à juger parce que la procédure est telle que pour en arriver-là, il faut vraiment franchir beaucoup d’étapes de sorte que la Haute cour de justice est mise là depuis des années et ça n’a jamais jugé personne. Et si ça reste comme cela ça ne jugera personne. Pour revenir un peu en arrière, je suis passé sur une chaîne de télévision pour parler du dossier Cen-Sad. Par rapport à ce dossier, j’ai été le premier et l’unique à appeler le nom des entreprises impliquées dans ce dossier avec les noms des chefs d’entreprise impliqués dans ce dossier. Durant 2 heures 45 minutes, j’ai décortiqué le dossier sur une chaîne de télévision et jusqu’à ce jour, personne n’a pu dire que ce que j’ai dit est faux parce que j’ai tous les papiers sur moi. J’ai toujours toutes les preuves avant de parler. Pour la petite histoire, il y a un responsable d’entreprise qu’on a conseillé de me poursuivre devant la justice. Et c’est lui-même qui me l’a dit et je vais vous dire dans qu’elle condition, puisqu’il a été compromis dans un autre dossier après celui de la Cen-Sad et je l’ai pris la main dans le sac. J’ai demandé de le sanctionner et on l’a fait. Après il est venu me dire, monsieur le président  » j’ai un peu de chance sinon la sanction que vous avez proposée contre moi, de deux ans aurait pu être plus. Ceci parce que le jour où vous avez appelé mon nom dans le dossier Cen-Sad, on m’a dit si et ça et je n’ai pas voulu. Si j’avais fait cela, j’aurais eu la sanction plus forte. Donc aucune des personnes interpellées n’a tenté une action en justice.

DES  » LAMPISTES  » SANCTIONNES AU MINISTERE DES FINANCES

Je vais répéter exactement ce que j’ai dit lors d’une conférence de presse qui a été relayée. Nous, nous sommes pour la justice et contre l’injustice. Les agents du ministère des finances qui ont été sanctionnés ne sont que des menus fretins. Ce sont des lampistes, de menus fretins qui ne sont que des exécutants. C’est moi même qui en juillet 2009 ai proposé qu’on mette sur pied une Commission pour vérifier comment les entreprises qui ont travaillé dans l’affaire Cen Sad ont été recrutées. Mais ni le Fonac ni l’Olc n’avait été associé pour donner les informations que nous détenons sur ce dossier à la commission. Nous sommes pour qu’on sanctionne tous les auteurs de malversations sans distinction. Et c’est là que nous avons appelé le nom du Directeur de cabinet d’un ministère qui a crié partout pour dire qu’il va nous assigner en justice. Mais à ce jour, il n’a jamais tenté le procès. Il a su qu’il a dit des choses qu’on n’a pas eu à dire nous autres. Quand on lui a passé la bande après, il s’est calmé et puis on est resté là. Nous continuons de dire que ce directeur est un agent permanent de l’Etat. Le conseil des ministres d’août 2009 a bien dit que les experts sont aussi fautifs. Alors si c’est le cas, pourquoi sur le plan administratif on ne lui a pas donné une sanction en tant que Directeur de cabinet et on va prendre les petits fretins qu’on va punir. Et c’est ça l’impunité dont je vous parlais toute à l’heure. MARCHE VERTE CONTRE LA CORRUPTION Je suis incapable de vous dire si cette marche a eu des effets dans la lutte contre la corruption. Je suis incapable de vous dire si une volonté réelle existe aujourd’hui dans la lutte contre la corruption. Le Chef de l’Etat dans son programme d’actions, a accordé une place de choix à la lutte contre la corruption. Mieux quand le chef de l’Etat est venu, les premières actions entrent parfaitement dans l’assainissement des moeurs, de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance. Je le lui ai rappelé le 24 juin 2006. Moins de trois mois après son arrivée au pouvoir par exemple, il a signé un décret de sa main pour définir les compétences et qualifications des cadres à nommer au niveau des ministères. Voici les profils que vous devez avoir, des directeurs centraux et techniques etc. Ceux qui avaient appris la nouvelle avaient comme nous applaudi. On s’est dit que c’est de la technicité pure et ça doit pouvoir aller. Mais aujourd’hui nous l’avons dit au cours de l’une de nos conférences de presse. Sur les trente ministères, vous ne trouverez pas deux (02) qui aient des cadres remplissant les conditions de nomination exigées et signées par le Chef de l’Etat lui-même. Quand je sais que je suis nommé à un poste dont je n’ai pas les profils, je cours vite pour me remplir les poches ou pour faire ce qu’on me demande de faire même si ce n’est pas bon parce que celui qui m’a mis là risque de m’enlever. C’est ce qui fait que la mauvaise gouvernance continue. Tout simplement parce qu’on a mis des gens à des postes qu’ils ne méritent pas. Mieux en décembre 2006, le Chef de l’Etat a signé un décret traçant les profils pour être inspecteur général d’un ministère. Les profils sont donnés. Et à l’occasion on a dit que pour éviter des règlements de compte, que celui qui sera mis à ce poste ait un certain profil. Et il ne peut plus être enlevé avant trois ans sauf s’il commet une faute très grave, ou s’il démissionne ou s’il est admis à valoir ses droits à la retraite. Voilà les trois conditions. Mais des ministres sont arrivés et ont vu gênant des Inspecteurs à leur poste et les ont enlevé sans autre forme de justificatifs. L’OCBN, UN NOUVEAU DOSSIER ? Quand vous êtes dans la même maison et que vous avez des visions différentes sur le même sujet, c’est souvent difficile. Oui je vous confirme que nous avons connaissance du dossier. Oui je vous confirme que nous avons rencontré les autorités de l’Ocbn. Oui je vous confirme que nous avons rencontré le ministre d’Etat sur le dossier de l’Ocbn. Je confirme aussi que nous avons beaucoup de dossiers sur l’Ocbn. Nous avons écouté les camps. Vous savez qu’au niveau de l’Ocbn, il y a 4 syndicats. Nous avons déjà écouté deux qui ont des positions diamétralement opposées. Nous qui ne sommes pas de la maison que voulez vous qu’on fasse ? Trouver la vérité ! Et c’est ça que nous sommes en train de chercher, on na’ pas fini. Mieux, vous savez que l’Ocbn n’est pas seulement que l’affaire du Bénin, il y a le Niger qui est partie prenante. Alors nous avons essayé de voir au niveau des autorités béninoises les informations que nous avons recueillies. Tant qu’on n’aura pas fini de faire tout le tour et avoir une idée claire de l’affaire, je ne pourrai rien dire dans la presse. Au moment opportun, on fera une conférence de presse pour mettre les choses au clair.

SCANDALE DE LA SONAPRA

 Il faut faire attention, il s’agissait de la certification du compte de la Sonapra. Les auditeurs n’ont pas certifié les comptes. Je vous le confirme. Maintenant le dossier est passé au niveau de l’Assemblée nationale. Elle a déjà écouté l’intéressé et ça suit son cours. Nous, nous sommes en possession du dossier. C’est dire que si nous n’avons pas les 100% d’éléments, nous ne parlons pas, parce que si vous êtes restés à 98%, c’est les 2% qui restent que votre adversaire va prendre pour vous poursuivre. Nous avons les 100% malgré ça les gens contestent. Ce que nous constatons simplement, la lutte contre l’impunité n’est pas au rendez-vous et c’est un facteur qui fait que la corruption prend de l’ampleur. Quand nous faisons le travail d’éducation que nous mettons à la portée des autorités qui doivent prendre le relais, cela n’est pas bien pris. Elles doivent pouvoir mettre en place les conseils de disciplines pour que des sanctions soient infligées aux agents indélicats. Nous sommes partis au ministère de la fonction publique à plusieurs reprises pour pousser la mise en place des conseils de discipline. Mais ça n’a jamais abouti. Deuxièmement les dossiers au niveau de la justice doivent pouvoir prospérer et très rapidement pour qu’on puisse sanctionner les mis en cause. Tant que ça ne sera pas fait, le phénomène va toujours s’amplifier. Permettez- moi de vous dire qu’actuellement, beaucoup de pays viennent prendre l’exemple chez nous ici.

TENTATIVE D’ASSASSINAT CONTRE VOTRE PERSONNE

 Effectivement, le commanditaire a été arrêté par la suite et la justice s’est occupée de lui. Nous n’avons pas voulu en faire une affaire grandiose. Je vous surprendrai en disant que nous n’avons même pas voulu suivre ce que la justice a fait de l’intéressé. Je vous dirai plus, puisqu’il y a eu un autre cas de tentative d’assassinat sur ma modeste personne qui a été presque perpétrée. Les gens auraient recruté des tueurs à gage d’un pays voisin et les gens sont arrivés à la frontière du Bénin, ils devraient rentrer au Bénin et plus précisément venir à Cotonou une nuit m’assassiner et repartir pour qu’il n’y ait pas de traces. Mais il y a eu un d’entre eux qui est béninois qui a vendu la mêche. Lui est béninois et dit qu’il n’était pas dans le coup et que lui était dans le véhicule qui a convoyé les tueurs engagés. Et il les a quitté à la frontière là-bas pour venir au Bénin se confesser. Il est venu à mon bureau pour relater les faits. Il a dit qu’on doit m’exécuter le 31 juillet 2008. Je lui ai demandé s’il est sûr, il a dit oui et m’a indiqué où ils sont. Je l’ai mis à l’aise et j’ai appelé la direction générale de la police nationale. Deux commissaires sont venus avec deux inspecteurs et ils ont tout entendu de ce que disait le monsieur. Ils sont entrés pour lui mettre la menotte. On l’a emmené et on a fait le procès verbal et on l’a déféré à la justice. La justice l’a écouté. On lui a demandé de donner le nom le celui qui a commandité l’opération. A ce jour, il n’a jamais donné le nom. Il a été condamné et il a fait douze mois de prison ferme. Il est sorti et il m’a téléphoné pour me dire qu’il veut me voir. Maintenant, je veux vous dire la chose. Je lui ai donc dit de venir. J’ai pris mes dispositions bien entendu. Ce jour là, il est venu et tout mon bureau était barricadé par les forces de sécurité publique. Il est arrivé avec une moto et quand il a vu tout l’environnement là, il s’est dit qu’on risque de le reprendre encore. Il est parti loin et m’a appelé pour dire président, je veux vous dire tout et vous avez mis des policiers partout pour me reprendre. Je sais bien que c’est un risque ce que nous faisons.

 LE BOUCLIER DE ELIAS : UN GRIS-GRIS OU LA FAMILLE?

 Je ne vais jamais au village. Je suis toujours à Cotonou. Quand nous avons commencé le travail, je reconnais que toute la famille a pris peur y compris ma maman. Mais, un an, deux ans après, ils sont tous rassurés et disent qu’au fond, le travail que je fais, c’est pour le bien de la nation. «Même si tu te sacrifies pour la nation, il faut bien des gens pour le faire, allez, continue», me rassurent-ils. Je n’ai pas de gris-gris. Pour faire rire un peu, je vous raconte cette anecdote. Je revenais d’un voyage un jour et puis à l’aéroport en escale où d’autres béninois qui étaient aussi en escale m’ont vu et ont dit en langue fon  » Elias, comment c’est toi ? Tu vis encore ? Nous t’avons lancé des sorts en vain « . Et tout le monde s’est mis à rire. Et j’ai dit Ah! Bon. Je n’ai aucune arme. C’est la nature qui me protège. Je n’ai pas des amulettes. Quand le téléphone sonne, je n’ai pas peur, je prends toujours. Je décroche toujours mes téléphones même les appels masqués. Il n’y a pas d’incantations au bout du fil qui tiennent. Si quelqu’un essaie, ça fait son affaire. Mais, je vous dis une fois encore que la nature est là. Je vous dis que jamais, ni Jean-Baptiste ni aucun membre de l’observatoire de lutte contre la corruption ni aucun membre du Fonac ne va nuire à quelqu’un tout simplement parce que nous avons envie de nuire à quelqu’un. Le sujet est tellement important et grave que nous étions obligés de faire et de donner des noms pour notre crédibilité parce que vous-même les journalistes, vous souhaitez savoir. Et nous le faisons, preuves en main. Jamais, nous ne faisons pour nuire à quelqu’un. Si nous le faisons, sachez que c’est toujours pour que ça change positivement pour que d’autres disent attention, on appelle le nom des gens. Il ne faut pas que je fasse la même chose pour qu’un jour, mon nom aille à la télévision. Voilà ce pourquoi nous procédons ainsi.

DOSSIER GSM

 Ce dossier est beaucoup plus traité par Me Lionel Agbo. Vous le savez bien. La bataille des cellulaires au Bénin, c’est le chouchou de Me Lionel Agbo. Nous en avons parlé un tout petit peu entre temps mais c’est vrai que je suis au courant que tous les opérateurs économiques n’ont pas payé. C’est vrai, ce n’est pas faux. Maintenant, l’organe de régulation est à pied d’œuvre pour voir avec les opérateurs économiques par quels voies et moyens les emmener à payer ce qu’ils n’ont pas pu payer jusque là ou à comprendre ce qui a fait qu’ils n’ont pas payé. Est-ce des difficultés qu’ils ont, des difficultés momentanées et passagères et à quel moment on pourrait rééchelonner ce qu’ils doivent à l’Etat pour qu’ils le payent. C’est l’organe de régulation qui est actuellement à pied d’œuvre.

 RELATIONS AVEC LE CHEF DE L’ETAT

Parfois, oui, il nous fait l’honneur de nous appeler. Nous discutons, nous échangeons. Et vous savez que le Chef de l’Etat a beaucoup de préoccupations. Il ne va certainement pas pouvoir nous appeler à tout moment. Quand il y a des sujets et surtout quand nous sortons et que nous faisons le point des dossiers à la nation, parfois il est intéressé de discuter avec nous, de comprendre et de comprendre davantage. Parce qu’au cours d’une conférence de presse, nous parlons peut-être pendant deux heures et vous journalistes, vous ne relayez peut-être que trois (03) minutes pour les audiovisuels. Vous comprenez que ce qu’on a dit en deux heures, prendre trois minutes là-dedans, lui, il ne comprendra pas grand-chose. S’il est intéressé par un sujet, il nous appelle, il nous demande et on le lui dit  » Monsieur le président, voici les dossiers « .

L’ORIGINE DE L’ENGAGEMENT DANS CETTE LUTTE

 Il y a eu un forum national les 26, 27 et 28 mars 1998 pour mobiliser la société civile contre la corruption. C’était au Plm Alédjo. J’étais donc de ce forum là. J’ai participé comme bien d’autres et à la fin, on a dit qu’il faudrait que nous puissions pérenniser les actions de lutte contre la corruption. Après, nous avons fondé le Fonac et depuis lors, le Fonac est en place depuis mai 1998. Quant à l’Olc, il n’est créé que depuis 2004.

CORRUPTION, UNE LUTTE VOUEE A L’ECHEC AU BENIN?

La lutte contre la corruption, quand on me dit que nous sommes dans un pays pauvre, je réponds souvent que c’est le serpent qui se mord la queue. Que faut-il comprendre par là ? Si nous sommes pauvres, nous devons tout faire pour être riches. Et pour être riches, il faut qu’à défaut d’enrayer complètement la corruption, nous puissions la réduire sensiblement. J’ai toujours dit aux travailleurs que si nous réduisons la corruption et que l’argent rentre dans les caisses de l’Etat, nous sérions les premiers à dire maintenant qu’on a fait les recettes, redistribuez-les. Tenez ! Prenez le livre blanc sur l’état de la corruption et vous verrez que le secteur le plus corrompu au Bénin, c’est la douane. Le jour où j’ai rendu public ce livre blanc, les douaniers étaient dans la salle. Aucun d’eux n’a dit que c’est faux. L’inspecteur général des services de douane s’est rapproché de moi après et m’a dit  » je suis mal à l’aise. Nos collègues font tellement de bêtises que quand je viens à des réunions comme ça et qu’on sort quelque chose sur nous, je suis obligé de me taire « . Mais, si le travail que nous faisons et les recettes qui devraient rentrer dans les caisses de l’Etat rentrent réellement dans les caisses de l’Etat et que la caisse est renflouée, c’est nous même qui allons dire aux autorités de revoir à la hausse le salaire des agents permanents de l’Etat, des contractuels. La pauvreté va diminuer. Je sais que derrière chaque agent de l’Etat, il y a de nombreuses familles. Le père, la mère, la femme, la belle-mère, les neveux, les oncles…mais si au lieu d’avoir 100.000 francs, il a 200.000 francs, il va satisfaire davantage les gens. Si au lieu d’avoir 200.000 francs, il a 250.000 francs, il prend 50.000 francs pour donner à une de ses sœurs comme capital pour un petit commerce, cette dernière sera libérée. Il en fait autant avec un autre ainsi de suite, on pourra enrayer un peu la pauvreté. Mais, si nous disons qu’il faut d’abord l’argent avant que la corruption ne cesse, ça ne cessera jamais.

 LA CORRUPTION N’EST PAS LE SEUL FREIN AU DEVELOPPEMENT

La corruption n’est pas le seul frein au développement La pauvreté, je le dis une fois encore, n’est pas essentiellement liée à la corruption. Il y a des pays qui sont riches et où il y a la corruption aussi. Donc, la corruption, ce n’est pas ça qui entraine la pauvreté. Pas du tout. Prenez l’exemple des pays les plus industrialisés au monde. Quand vous touchez des cas de corruption là-bas, c’est toujours des centaines de millions et des centaines de milliards qui sont en jeu. Je ne veux pas appeler des noms. Et pourtant, c’est des pays bien développés. La corruption sévit également dans ces pays là et on ne peut pas dire que c’est notre pauvreté à nous qui fait que la corruption existe. LE FETICHE FAIT-IL ENCORE PEUR ? Il fait peur. La seule chose que nous n’avons pas encore réglé au Bénin, c’est la lutte contre l’impunité. Et ça là, il faut que tous ensemble, nous y travaillons pour que ça devienne une réalité. Une fois qu’on va commencer à punir réellement les gens maintenant, si la punition commence dans les trois prochains mois, je vous dis que vous allez voir qu’il y aura un recul sensible de la corruption.

LE PROJET DE LOI CONTRE LA CORRUPTION

 Nous avons un projet de loi à l’Assemblée Nationale sur la lutte contre la corruption au Bénin. C’est le président Mathieu Kérékou qui a introduit ce projet de loi le 6 mars 2006 qui prend en compte beaucoup de volets. On a amélioré le projet qui se trouve à l’Assemblée. Et en septembre 2009, sous la conduite du président de l’Assemblée Nationale du Bénin, un séminaire parlementaire de deux jours s’est tenu au centre international de conférences sur ce projet de loi là. Les députés ont promis le sortir mais ce n’est pas encore sorti. C’est inscrit au N°3 de l’ordre du jour de la présente session de l’Assemblée nationale. Les députés, au niveau de la Commission des lois, ont promis l’étudier. Si cette loi était adoptée, on va régler un peu ce que vous dites parce que des dispositions sont prises pour que les sanctions prennent de l’ampleur. Je vais vous donner un exemple. Aujourd’hui, le droit béninois n’a pas prévu des mesures pour la surfacturation. Si vous avez un cas de surfacturation aujourd’hui que vous emmenez à la justice du Bénin, le juge a deux possibilités. Ou bien, il relaxe l’intéressé simplement pour dire que le droit béninois n’a pas prévu la surfacturation ou alors il qualifie autrement le délit. Mais, il y a des avocats qui vont se lever pour dire que ce qualificatif n’est pas bon parce qu’il s’agit bien de la surfacturation. Le juge sera obligé de le libérer parce qu’il n’y a pas de délit de surfacturation actuellement. Mais, dans ce projet là, il y a cette infraction. Tout ce qui était absent de notre droit positif est contenu dans le projet de loi. Et pour la petite histoire, certains députés qui sont un peu habitués à moi me disent  » Mais Elias, pourquoi tu veux que nous-mêmes on te donne le bâton avec lequel tu vas nous chicoter après ? « . Et on a rigolé. Mais c’est significatif.

 DON DU CHEF DE L’ETAT AUX CONFESSIONS RELIGIEUSES

 C’est difficile d’apprécier parce que dans l’Etat de droit, il est prévu que l’exécutif a la possibilité de venir en aide à des structures ou à des individus qui sont dans le besoin. Je sais qu’une des confessions religieuses a refusé de prendre. Donc cette confession là est supposée comme n’étant pas dans le besoin. Mais d’autres ont pris. Celles-là sont donc supposées comme étant dans le besoin. A partir du moment où les textes de la République disent que le Chef de l’Etat, père de la Nation est en mesure d’apporter l’aide à ceux qui en ont besoin et c’est lui qui apprécie, moi, je ne suis pas en mesure de dire que c’est bon ou que ce n’est pas bon. C’est bien ce que les textes ont prévu. Malheureusement, c’est ça.

JEAN-BAPTISTE ELIAS UNE FOIS CORROMPU ?

 J’ai toujours dit aux gens que je serai heureux qu’un jour quelqu’un vienne à la place publique et dise monsieur Elias, vous avez fait telle chose, voici les preuves, qu’en dites-vous ? Je n’ai pas d’acte de corruption. C’est ce que je dis aux gens et qu’ils ne comprennent pas. Si avant, je m’étais mêlé d’une quelconque affaire louche, pourrie comme je vous l’ai dit, je n’oserai jamais faire ce que je fais là. Je vais vous donner un exemple. Quand le 21 juin 2007 nous avons fait les révélations sur le dossier Sbee, en juillet 2007 malheureusement avec la complicité de certains organes de presse, on a écrit partout  » Elias Jean-Baptiste, l’arroseur arrosé « , on va sortir des dossiers sur lui, comment il a géré le Pacipe, comment il a géré les infirmiers, on va sortir des dossiers sur lui, on l’attend. La presse écrite l’a fait et la presse audiovisuelle l’a fait avec des revues de presse. Depuis juillet 2007 à ce jour, on attend toujours qu’on sorte les dossiers sur Jean-Baptiste Elias. On n’a jamais sorti les dossiers et on attend. Moi, je rigolais seulement. Même les Infirmiers diplômés d’Etat qu’on a cité pour dire que j’ai géré les infirmiers diplômés d’Etat, se sont levés pour dire qu’ils iront à la télé pour faire une déclaration. J’ai dit d’attendre d’abord qu’on emmène le dossier avant qu’ils ne se prononcent là-dessus. On n’a pas encore le dossier et vous voulez aller dire quoi là-bas. Les responsables du Pacipe ont dit qu’il y a eu six pays qui ont connu le Pacipe. Des six pays, le Pacipe financé par l’Union Européenne, le Bénin est le seul et unique à avoir bien géré le Pacipe sous Elias Jean-Baptiste. Nous avons des lettres de félicitations. La commission de l’Union Européenne qui a mis en cause Mme Edith Cresson alors patronne de l’Union Européenne, composée des auditeurs chevronnés est arrivée ici au Bénin pour auditer Elias Jean-Baptiste dans les travaux au niveau du Pacipe. J’en suis sorti avec les félicitations. J’ai les documents sur moi. Alors laissez-les faire. Nous attendons. Gardez votre calme, n’allez pas vite en besogne. Et depuis juillet 2007, ça fait trois ans, on n’a jamais vu un dossier quelconque. J’attends toujours. Peut-être qu’ils prennent leur temps. Dès qu’ils seront prêts, on verra.

EST-CE QU’ON ESSAIE DE VOUS CORROMPRE ?

Ce que je fais aujourd’hui ne permet même pas à quelqu’un de tenter. Parce qu’il sait que s’il fait ça, il est foutu.

JEAN-BAPTISTE ELIAS ET LES FEMMES

 Le travail que je fais ne me permet pas de courir les femmes. Je ne peux pas courir les femmes parce que si je cours les femmes, c’est le moyen le plus indiqué pour me tuer. Si une femme me court et que je ne donne pas suite, ça finira par s’estomper. Même de temps en temps, je n’en donne pas suite pour la simple raison que je suis conscient que ce que je fais est très dangereux. De ce point de vue, il faut prendre toutes les précautions. J’espère que ce ne serait pas un secret pour vous de dire que je ne vais pas dans une boîte de nuit, ce ne serait pas secret pour vous de vous dire que je ne vais pas dans un restaurant pour manger, dans le bistrot. Parce que si vous fréquentez ces coins, on vous fera la fête très vite. Je suis vulnérable mais je suis prudent.

 CANDIDATURE UNIQUE DE L’UN

 Je crois que tous les citoyens que nous sommes, nous avons souhaité qu’il y ait moins de partis politiques. C’est possible. Parce que plus il y en a, plus c’est difficile à comprendre et c’est difficile à gérer aussi. Tenez, il y avait vingt six candidats aux élections de 2006. C’est trop pour un petit pays. Dans d’autres pays, c’est trois , quatre, cinq. Pourquoi allons-nous chercher alors à multiplier les partis politiques. Il est à souhaiter que d’autres se fondent ensemble mais vous savez bien pourquoi il y a des partis politiques multiples. C’est tout simplement le problème de leadership. Je veux être numéro un, je ne veux être sous personne. Si les gens veulent rester ensemble, pourquoi pas ? D’autres n’ont qu’à arriver encore pour faire des unions afin que l’échiquier politique national puisse se réduire à deux, trois quatre…partis et puis c’est bon pour nous. Si on a quatre, cinq…candidats, les contestations seront moindres, je ne sais pas. Carte d’identité Jean-Baptiste Elias est un infirmier diplômé d’Etat. C’est sa première profession et c’est avec une fierté qu’il revendique cette identité. Mais avec toute la dimension qu’a prise l’homme, beaucoup de béninois qui le connaissaient infirmier diplômé d’Etat s’interrogent sur cette ascension fulgurante et cette facilité à s’inscrire sur le registre du droit et de son lexique, de l’économie et de son lexique du jour au lendemain. C’est l’autre face de la vie de l’homme qu’il ne se vante pas de divulguer. En effet, né à Ouidah en 1947 d’André Elias qui est déjà décédé et d’Elisabeth Elias née DAGNON qui est encore vivante, Jean-Baptiste est d’une famille de six enfants, trois filles et trois garçons. Mais lui-même n’a eu que des filles, quatre. L’absence de bague de mariage à ses doigts ne doit point étonner les curieux sur sa vie conjugale car il en est allergique.  » Si vous avez quelque chose qui compromet votre santé, la première des choses, c’est de vous en débarrasser », précise-t-il. Le petit Jean-Baptiste a fait l’école primaire à l’école privée catholique de Ouidah en 1953. Il raconte en ces termes son cursus scolaire et universitaire.  » J’ai obtenu mon certificat d’études primaire (Cep) dans cette école. Par la suite, j’ai été au cours secondaire Léon Bourgine à Porto-Novo. Et les parents chez qui j’étais à Porto-Novo sont affectés à Cotonou. Donc, je suis venu faire le cours secondaire des cheminots à Cotonou pour finir. Et j’ai passé le concours d’entrée à l’école des infirmiers diplômés d’Etat, Inmes à Cotonou. J’ai été placé chez des parents et je n’ai aucune honte à le dire. Mieux, au Cm2, quand j’allais faire mon Cep, mes parents étaient bien à Ouidah et pourtant, on m’a placé chez mon maître d’école. Donc, je suis resté chez l’enseignant et je n’ai pas regretté qu’il m’est tabassé un peu. Au contraire, quand je le vois aujourd’hui, je le remercie. Après le Cep, je suis parti à Porto-Novo. Après ça, j’ai fait le cours secondaire des cheminots. Après ça, j’ai fait mon diplôme d’Etat d’infirmier en 1969. Je n’ai pas fait le Bac mais j’ai fait l’examen direct d’entrée à l’université. J’ai fait l’Inmes d’où je suis sorti en 1969 « . Son premier poste a été la circonscription médicale de Cotonou. C’était à une période où après la sortie des écoles professionnelles, tout le monde est déversé dans la fonction publique qui en avait besoin tellement. Un an après, il y avait un concours pour aller faire la spécialisation de santé publique. Jean-Baptiste est admis à ce concours et a été faire le diplôme de santé publique à Bobo dioulasso à l’époque en Haute Volta en 1971. Mais dans les années 1972 , quand il était à Djougou pour le Ministère de la santé, il a passé le concours d’entrée à l’université pour faire la Faculté des sciences juridiques, économiques et politiques. Et en 1978, il a fait sa Maîtrise en Sciences juridiques, Option Droit des affaires et carrières judiciaires. Il cumulait alors le travail à l’inspection médicale du travail et il allait au cours. Pas facile pour un enfant de pauvre ! Alors en 1981, tout en étant au ministère de la Santé, il y a eu une bourse de l’Oms qui est arrivée pour faire le doctorat en économie option économie de santé. Il y a postulé tout en étant juriste. Et puis, il est admis et il est parti à l’Université de Clermont-Ferrand pour faire son Diplôme d’Etude Approfondie en Economie puis son doctorat de 3ème cycle. Il a réussi également le Diplôme d’étude approfondie et a réussi le doctorat en économie. Il conclut fièrement ce cursus en ces termes  » Donc, je suis docteur en économie. Je suis juriste, je suis économiste et je suis homme de santé « . Mais l’aventure Elias ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il raconte la suite :  » je suis rentré pour repartir encore au ministère de la santé publique où j’étais chef de service. Et en 1996, j’ai été admis, après un test pour occuper le poste de directeur du Programme d’assistance à la communication et à l’information sur la protection de l’environnement (Pacipe) qui est un projet de l’Union Européenne. Quand j’étais à Clermont-Ferrand, j’ai fait un diplôme de communicateur, donc je suis un communicateur. J’ai occupé ce poste de 1996 à 1999. Et en 1999, j’ai été élu au Conseil économique et social (Ces), poste que j’ai occupé pendant dix ans. J’ai fini mon dernier mandat en juillet 2009 « . La lutte contre la corruption, Jean-Baptiste Elias l’a commencé en 1998 avec une Maman qui aujourd’hui l’y soutient fortement. Une maman qui aime voir son fils Jean-Baptiste le téléphoner pour lui demander de venir la voir. Jean-Baptiste même affirme qu’il est un enfant chéri pour sa mère. Et il en donne la raison ;  » Quand elle m’a mis au monde, elle me l’a raconté, que j’étais malade et que j’allais mourir. Et on a demandé de faire des médicaments, des infusions. Ce qui a été fait et petit à petit, la fièvre que j’avais a cessé. Elle avait peur que je meure « . Mais ce pan de sa vie privée ne sera qu’un des rares évoqués aisément par Elias. Sur sa vie conjugale, il est quelque peu mal-à-l’aise. Néanmoins il se justifie  » je n’ai peur de rien. Je suis seulement prudent « . Intimité Les parents de Jean-Baptiste sont catholiques. Ils ont mis leur fils dans cette religion, il n’en sera pas pratiquant. Comme il ne sera d’ailleurs pratiquant de rien.  » Je respecte toutes les religions mais je ne pratique rien  » avoue-t-il. Il croit en l’amitié mais face à tout ce qu’il observe autour de lui, il estime qu’il faut parler de l’amitié avec circonspection. Il préfère d’ailleurs être ami à tout le monde mais rester prudent car dit-il  » Celui qui vous dit qu’il est un ami à vous, peut vous créer des torts volontairement ou involontairement « . Il a un respect particulier pour l’homme pourvu que celui-ci exerce un travail. En retour il souhaite ardemment que l’autre le respecte. Jean-Baptiste évite beaucoup de manger dans les restaurants et de se distraire dans des discothèques. La sécurité personnelle en est la raison fondamentale. Mais si un jour, il doit être votre invité, évitez lui la viande rouge et de l’alcool. Il n’est pourtant pas végétarien puisqu’il est consommateur de la viande blanche. Savez-vous que Jean-Baptiste était un grand footballeur ? Non ! Et pourtant c’était un vrai gardien de but. Mais maintenant, il ne le pratique plus. Il poursuit cette passion devant les écrans de télévision. Mais sa grande distraction devant la télé ce n’est pas le football mais les débats. Lui-même d’ailleurs étant un des plus célèbres acteurs télévisés des débats contradictoires. D’un autre côté, il est un acteur de théâtre. Il est même un des membres fondateurs des Muses du Bénin. Il y a quand même une qualité qu’il apprécie bien chez lui-même.  » Ce que j’apprécie chez moi, c’est que je suis un bon travailleur, infatigable, prêt, dévoué à tout, à tout moment. Moi, je n’ai pas de repos. Je travaille samedi, je travaille dimanche. Et j’ai du mal à suivre ceux qui s’adonnent à la paresse « . Sur le plan politique ne cherchez pas outre mesure à lui coller une étiquette :  » Je ne suis d’aucun parti politique et je ne le serai pas parce que ce que je fais aujourd’hui là, je suis à l’aise, je lève la tête « .

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One comment on “Jean-Baptiste Elias, Président de l’Observatoire de lutte contre la Corruption (OLC) SOUS « L’Arbre à palabres »:  » La corruption n’a pas régressé sous le Changement »

  1. BONI James E. dit :

    Du courage Mr JB Elias.
    Vous prenez assez de risque pour le bien des béninois et vous en êtes fier. Dieu vous le rendra au centuple.le peuple a besoin d’être formé, informé, éduqué, éclairé. je crois que la presse a un grand rôle à jouer.De nous jours la presse béninoise peut elle jouer ce rôle quant on sait qu’elle est bipollarisée,roule pour des candidats,fait de la déformation de la vérité, distrait le peuple qui doit travailler pour la prospérité?
    La lutte contre la corruption passe alors par l’assainissement de notre presse.
    Que Dieu vous aide et vous protège! Amen!

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