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Ministère de l’environnement: Des experts ont échangé sur le changement climatique au Bénin

Quatre (4) communications ont sanctionné le rendez-vous d’échanges et de recevoir organisé par le ministère de l’environnement et de la protection de la nature. C’est le Professeur Abel Afouda qui a présenté le rapport des travaux de la rencontre lors de la cérémonie de clôture de l’atelier. Pour le présentateur, les changements climatiques ont un effet néfaste sur les êtres humains. Dans sa présentation, il faut retenir que le changement climatique peut agir sur la pluviosité. Le représentant résidant du Pnud Mme Edith Gasana a remercié les participants pour le travail abattu en deux jours. Elle a réaffirmé la volonté du Pnud d’accompagner les actions en direction de la réduction de la pauvreté. Le secrétaire général du ministère représentant Mme le minstre Biao Koudénoukpo Juliette a indiqué que le rapport présenté est d’une qualité exceptionnelle. C’est pourquoi, il a demandé aux partenaires de continuer à soutenir ces genres d’activités. 
Gabin Euloge ASSOGBA

Appui de la Banque Mondiale aux communes: Le Bénin obtient un complément de 17 milliards d’appui au Pgud II

La salle de conférence de la Banque Mondiale au Bénin a abrité le vendredi dernier une rencontre entre les représentants de l’institution financière et la presse. Il s’est agit pour eux d’informer de l’état des négociations au sujet du financement complémentaire sollicité par le Bénin au Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (Pgud)  II.

Animée par le représentant du représentant de la Banque Mondiale au Bénin Fily d’Almeida, chargé d’opérations Principales en Développement Humain II, Région Afrique et le coordonnateur de la cellule de pilotage du Pgud II, Gaston Boco, du Directeur de cabinet du Ministère de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière  Joseph Kechion et du chef du Projet, Franck Bousquet, cette conférence de presse a permis aux communicateurs de mettre en lumière les nombreuses réalisations issues du Pgud II dont l’impact sur les populations est perceptible à travers l’amélioration de leurs conditions de vie. En effet, aux dires des représentants de la Banque, ce sont à plus de 230.000 citadins que la mise en Å“uvre de ce projet a donné l’accès au réseau routier et à 38 000 autres habitants contre les inondations périodiques. Ainsi, à travers réhabilitation, pavage et assainissement des voies, le Pgud II,  né pour élargir l’accès des habitants des principales villes du pays (Cotonou, Porto-novo et Parakou) ainsi que quelques villes secondaires telles que Abomey-Calavi, Kandi et Lokossa a favorisé l’accès aux équipements d’infrastructures et aux services de base. C’est à la lumière des impacts positifs de la mise en Å“uvre du Pgud II et à l’importance des besoins encore nombreux à satisfaire que le Bénin, à travers la vision du gouvernement du changement a sollicité un programme complémentaire à cet important projet de son partenaire privilégié que constitue la Banque Mondiale. A cet effet, les négociations entre le Bénin et la Banque Mondiale ont abouti à  la signature d’un programme complémentaire de 47 millions de dollars soit 17 milliards de Fcfa. Cette signature a eu lieu dans les locaux du Ministère du Développement et de l’Evaluation de l’Action Publique le vendredi 25 avril dernier. En attendant l’entrée en vigueur de cet accord le 26 septembre 2008,  ce dernier sera soumis au Conseil d’Administration de la Banque Mondiale le 26 juin prochain. Face à la presse vendredi dernier, le Directeur de cabinet du Ministère de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière
 Joseph Kechion a adressé les remerciements du gouvernement à la Banque Mondiale qui s’est toujours disposé à soutenir le Bénin dans sa marche vers le développement.  Selon lui, ce projet entre dans les priorités du gouvernement de Boni Yayi qui place le développement des villes au fronton de ses priorités. Estimant que le financement complémentaire va élargir l’accès des populations aux équipements de base dans les régions ciblées et favorisera du coup la réduction de la pauvreté, le coordonnateur de la cellule de pilotage du projet a dit toute sa joie de voir le Bénin bénéficier d’un rallonge de financement dudit projet. Selon le porte-parole des villes bénéficiaires du PGUD II, Joseph Ahissou, les réalisations du PGUD II sont l’émanations des besoins exprimées par les villes à travers leur plan de développement. Car les villes participent aussi bien à l’élaboration des projets ainsi qu’à leur suivi. Ainsi, précise-t-il, le financement complémentaire permettra par exemple à Porto-Novo, la ville dont il relève, d’améliorer les travaux d’assainissement engagés dans les quartiers comme Koutongbé, Hounsoukpo. Ces énormes investissements dont les Å“uvres sont palpables méritent des soins particuliers ont indiqué  les experts de la banque mondiale qui attendent d’ailleurs des villes qu’elles accroissent la sensibilisation auprès des populations pour un meilleur entretien des ouvrages. C’est d’ailleurs le prochain défi de l’institution, a laissé entendre le représentant du représentant résident de la Banque mondiale au Bénin qui indique qu’il il y a la mise en place d’un mécanisme de suivi des projets.
Jean-Claude D. DOSSA

Convocation partielle du corps électoral par l’exécutif : Le gouvernement s’est substitué à la Cour suprême

Le Président de la Cour Suprême Saliou AboudouA la suite des nombreux dysfonctionnements observés lors des derniers scrutins locaux, le gouvernement béninois à travers son conseil des ministres en séance extraordinaire le jeudi 24 avril 2008, a reconvoqué dans certaines localités expressément énumérées, le corps électoral pour voter le 1er mai prochain. Au regard des textes en vigueur en matière électorale, l’on est en droit de soutenir que ce processus est enclin à remettre en cause les attributs constitutionnels de la Cour Suprême.


Conformément à l’article 72 de la  Loi n° 2007-28 fixant les règles particulières applicables aux élections des membres des Conseils communaux ou municipaux et des membres des Conseils de village ou de quartier de ville, en République du Bénin, « Le scrutin €¦ se déroule en un seul et même jour sur toute l’étendue du territoire national y compris les représentations diplomatiques et consulaires ». C’est en fait une disposition légale qui pose un principe de la norme de régularité en matière électorale au Bénin. Et c’est à cela que s’est soumis le gouvernement béninois en convoquant le corps électoral pour le dimanche 20 avril 2008.
Dès lors que corps électoral est régulièrement convoqué, tout autre fait ou événements qui viendraient à se greffer au processus engagé ou à le remettre en cause sont supposés être du ressort du contentieux électoral engagé par le gouvernement lui-même à travers la convocation du corps électoral. Reconnaissant alors que les dysfonctionnements observés dans plusieurs arrondissements ou dans plusieurs quartiers et villages constituent des contentieux que doivent ou peuvent soulever les listes concernées dans ces différentes localités ou même les citoyens ordinaires de ces localités, mieux par l’Etat lui-même au regard de l’ampleur des dysfonctionnements qui peuvent engendrer d’éventuels troubles à l’ordre public, il s’imposait de saisir la Cour suprême pour une reprise des élections dans les localités en causes.
 Et conformément aux dispositions de l’article 124 alinéa 2 de la Constitution du 11 décembre 1990 reprises par l’article 116 de la Loi n° 2007-25 portant règles générales pour les élections en République du Bénin, seule « €¦ la Cour Suprême est compétente en ce qui concerne le contentieux des élections locales ». Et donc c’est cette institution républicaine qui est habilitée à constater les dysfonctionnements électoraux en l’espèce et à apprécier de l’opportunité à faire reprendre le vote dans une localité ou une autre.

Les gangs du gouvernement

A travers le conseil des ministres du jeudi 24 avril 2008, le gouvernement a pris beaucoup de gangs pour s’éviter les critiques que nous  sommes actuellement en train de formuler à son égard en prévenant que sa décision ne fait suite à aucun contentieux et en la fondant sur le soucis de justice et d’équité pour les citoyens béninois. En effet, le Conseil mentionne : « €¦ La convocation du Corps électoral dans ces localités vise donc à rétablir au plus tôt le jeu démocratique et à faire prévaloir l’égalité, la justice et l’équité,  en permettant à nos compatriotes concernés d’exercer leur droit de vote. Il importe de souligner que cette élection partielle ne fait suite à aucun contentieux électoral ».
Mais en raisonnant comme le gouvernement l’a fait, il a essayé de restreindre les attributs de la Cour Suprême et à ignorer les implications du processus électoral engagé du fait de la première convocation du corps électoral ; processus qui a engendré les anomalies actuellement constatées. On ne saurait donc comme le gouvernement essaie de le faire, d’isoler les zones de dysfonctionnement du grand processus engagé avec lequel elles ne font qu’un.
Mieux dans les localités expressément citées par le compte rendu du conseil des ministres du 24 avril, il en existe plusieurs tels que Godomey où quelques bureaux de vote ont opéré normalement, si minime soient-ils, et dès lors engagent toute la localité, déplaçant toutes les observations sur le champ du  contentieux électoral sous le ressort exclusif de la Cour suprême.

La Cena a-t-il induit le gouvernement en erreur ?
Visiblement la Commission électorale nationale autonome (Cena) s’est trompée de voie de recours en invitant le gouvernement à reconvoquer le corps électoral dans les localités où l’on a observé des dysfonctionnements criards et qu’elle a unilatéralement généralisé dans son rapport adressé au gouvernement comme étant des zones où les opérations électorales n’ont pas eu lieu. En effet, dès lors qu’un seul bureau de vote a ouvert dans une circonscription électorale, à l’heure réglementaire ou en retard criard, la Cena cesse d’avoir la qualité d’apprécier la validité ou la crédibilité de ces  scrutins et doit se soumettre au verdict de la Cour suprême. Mais s’érigeant en juge d’appréciation de la validité des élections comme la Cena l’a fait, elle a sans nul doute outrepasser ses prérogatives conduisant le Gouvernement à franchir les siennes pour se substituer à la Cour suprême.
En somme, le rapport adressé par la Cena au Gouvernement et qui a fondé celui-ci à convoquer à nouveau un corps électoral devrait l’être en direction de la Cour suprême, seule instance en matière électorale locale à apprécier la validité et la crédibilité des scrutins et à juger de leur reprise ou non.
Médard GANDONOU

Campagne Mondiale pour l’Education pour Tous à Parakou : La «Cboept» lutte pour mettre fin à l’exclusion des enfants

 La Coalition béninoise des organisations pour l’éducation pour tous ( Cboept) a marqué d’un cachet spécial la célébration de la 8ème édition de la semaine mondiale  d’action pour l’éducation pour tous. Cette organisation a mobilisé les enfants pour un plaidoyer en faveur de l’éducation pour tous. C’était le  25 avril dernier à Parakou .

«Une éducation  de qualité pour tous pour mettre fin à l’exclusion maintenant». C’est le thème central de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation pour tous.  C’est autour de ce thème que le plaidoyer des enfants  de Parakou a été axé. Trois caravanes  à travers le pays ont été organisées  dans les départements du Zou et des Collines, le Borgou et l’Alibori, le Mono et le Couffo pour plaider en faveur de l’éducation pour tous. La caravane de Parakou  sous la conduite du Trésorier général de la Coalition béninoise des organisations pour l’éducation pour tous M. Richard Houndjo, a mobilisé plus de 400 enfants et a échoué à  la direction départementale de l’enseignement  maternel. Dans leur plaidoyer,  les enfants ont rappelé a l’autorité en chargé de l’éducation primaire dans le Borgou et l’Alibori qu’en avril 2000, les dirigeants du monde se sont réunis à Dakar au Sénégal pour faire le pari d’atteindre en 2015 les six objectifs de l’Education pour Tous. Malgré cette promesse, dira le porte-parole des enfants, «aujourd’hui dans le monde, 774 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire, 72 millions d’enfants sont privés de toute chance d’aller à l’école et dans les pays en guerre, de conflits, de catastrophes naturelles, c’est seulement 2% qui ont accès à l’éducation». «Chez nous au Bénin, plus de sept cent mille (700.000) enfants déscolarisés et non scolarisés ne sont pas pris en compte par le système éducatif national selon une étude réalisé par le ministère des enseignements primaire et secondaire en 2006 avec l’appui de l’Unicef». Selon le porte-parole des enfants, malgré les efforts du chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi pour redorer le blason de l’école béninoise, la situation n’est guère reluisante et le taux de fréquentation scolaire dans les départements reste encore sombre car beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés. Les enfants ont souhaité que le autorités en charge de l’éducation ordonne que dans les localités rurales, l’inscription scolaire devienne obligatoire pour tous les enfants en ge. Il exige aussi du gouvernement un personnel enseignant qualifié et des infrastructures modernes et équipées et des conditions de vie décentes pour les enseignants. Le directeur départementale de l’enseignement maternel et primaire du Borgou-Alibori  a écouté avec attention les doléances des enfants et a pris l’engagement de rendre compte aux autorités gouvernementales afin que cesse l’exclusion des enfants.
Christophe D. ASSOGBA

Bénin:Elections communales: Les résultats des bureaux de votes de Kilibo disparus

 Après la tenue des élections municipales, communales et locales à Kilibo dans la commune de Ouèssè , c’est autour d’une irrégularité monstre que les populations de cette localité supputent. Il s’agit de la non disponibilité des plis de l’arrondissement de Kilibo après le vote.

Cet arrondissement de la commune de Tchaourou compte 29 bureaux de vote et aucun plis à ce jour n’est retrouvé. Les résultats des votes des citoyens et citoyennes de cette localité ne sont pas disponibles.  Pire les membres de la commission électorale d’arrondissement (CEA), premiers responsables à l’échelle locale sont introuvables sur le terrain. Quant au coordonnateur de la CENA dans les Collines, son téléphone cellulaire est hors tension depuis quelques jours. Tous les appels pour le joindre ont été sans suite. Sur le terrain, les populations redoutent un montage tendant à favoriser une liste surtout qu’il y avait eu par le passé une tension avait régné entre les partisans des listes. Face à la situation, la commission électorale nationale autonome (CENA) est interpellée car il est difficile d’avouer ou d’interpréter le comportement de ces agents qui sont sous l’autorité de la CENA. Cette défaillance qui est en même temps un manquement à la loi doit trouver une solution dans les meilleurs délais pour éviter d’en rajouter aux irrégularités observées au cours du scrutin du dimanche 20 avril.
Bruno H. DJOGBENOU

Me Joseph Djogbenou au sujet des élections du 20 avril : « Le gouvernement s’est illustré par la corruption d’Etat »

Me Joseph Djogbenou, acteur de la société civile béninoiseAu nombre des formes de corruption observées au cours des dernières élections, celle qui semble la plus criarde aux dires de Joseph Djogbénou est celle émanant du gouvernement du Dr Boni Yayi. Pour l’homme de lois, « Le gouvernement s’est illustré par la corruption d’Etat » en usant à des fins électoralistes des biens de l’Etat au profit des candidats qu’il soutient et de menaces à l’encontre des populations réputées proches des partis adverses. Pour lui, cette attitude du gouvernement a favorisé une inégalité des chances entre les partis en compétition au mépris de la lettre et de l’esprit des dispositions de la constitution du 11 Décembre 1990. De même, Me Joseph Djogbénou, par ailleurs Président de l’Ong Droits de l’Homme, Paix et Développement (Dhpd), s’est offusqué des annonces de gratuité des frais d’inscription à l’université et de la Césarienne au profit des femmes qui, selon lui, s’apparentent à un achat de conscience des populations.
Se prononçant sur les nombreuses ratées observées au cours du scrutin du dimanche dernier, Joseph Djogbénou les met sur le compte de plusieurs facteurs. A en croire ses propos, cet état de fait est le fruit de la forte présence du politique dans le choix et le fonctionnement de l’institution. En outre, l’implication des Forces Armées Béninoises dans le processus électoral constitue pour lui, une des causes des ratées du processus. C’est d’ailleurs pour quoi, il pense qu’il faut proscrire dans l’avenir, toute intervention des hommes en treillis dans le processus. Dans cette optique, l’acteur de la Société Civile croit nécessaire la reforme de la Cena afin de la rendre professionnelle et réellement indépendante. Il propose en outre la mise en place d’une direction exécutive conduite par un bureau composé de techniciens et d’experts notamment des juristes, des sociologues entre autres et un conseil d’administration chargé de la surveillance de cette dernière et qui compterait en son sein les partis politiques. De même, il apparaît fondamental pour l’avocat que le mandat des membres du bureau de la Cena s’étende sur une période plus longue et la garantie d’une protection juridique notamment une immunité relative au cours de cette période. D’autre part, il recommande que la Cena ne soit plus constitutionnalisée en raison des changements fréquents que connaissent ses attributions.
Jean-Claude D. DOSSA

Interview de Mme Juliette Biao koudenoukpo,Ministre de l’Environnement : «La dimension environnementale est une priorité du gouvernement de Boni Yayi»

Mme Juliette Biao koudenoukpo,Ministre de l'Environnement Après Boni Yayi, Juliette Biao KOUDENOPUKPO semble être l’un des ministres de Chef de l’Etat à comprendre que la gestion d’une entitée du pays passe par une présence permanente et constante sur le terrain lorsqu’on veut avoir des résultats concrets. En un temps record, elle a, grce au soutien ferme du Président de la République, Dr Boni Yayi, réussi à toucher les consciences béninoises avec la reprise effective des journées de salubrité, à entamer une éducation environnementale qui permettra à terme de ressusciter le civisme dont notre pays a besoin pour se mettre sur le chemin de l’émergence. Au détour d’une tournée, le ministre de l’environnement qui a accepté spontanément de répondre aux préoccupations des journalistes explique dans cet entretien le bien-fondé de ses nombreuses descentes sur le terrain et situe l’opinion publique sur les axes du programme d’action du gouvernement en matière environnementale. Elle évoque d’ailleurs la volonté manifeste du gouvernement d’intégrer la dimension environnementale dans toutes les initiatives de développement

L’événement Précis : Madame le Ministre, comment se porte aujourd’hui votre département ?

Juliette BIAO KOUDENOUKPO : Merci monsieur le journaliste. Le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature n’est pas dans un état alarmant même s’il y a encore beaucoup à faire pour qu’il se porte à merveille. Je serai plus à l’aise si, à ce stade, vous me posez plutôt la question de savoir comment se portera mon ministère. La raison en est qu’il est trop tôt pour apprécier de façon objective l’impact de nos interventions au niveau du département. Nous sommes en effet à un stade de diagnostic, une étape d’état des lieux et d’identification des défis majeurs auxquels nous devons faire face. Cependant nous pouvons oser espérer que tout ira pour le mieux en comptant sur une méthode de travail susceptible de créer de la plus value dans la gestion du ministère. On vous a vu effectuer des tournées dans les structures placées sous votre tutelle.

Que peut on retenir de ces tournées et qu’est-ce qui en résulte comme bénéfice ?

Les tournées effectuées dès ma prise de service dans les structures sous tutelle s’inscrivent dans le cadre d’un état des lieux et d’une prise de contact avec les collaborateurs. Lorsque vous avez à gérer un département, il faut le découvrir, le connaître pour espérer le maîtriser. Par ailleurs le renforcement d’un travail d’équipe passe en tout premier lieu par la connaissance aussi bien des ressources humaines que par la connaissances des règles du jeu, ce qui s’appelle « learning stage » dans un processus de « team building ». Quand je parle des règles du jeu, je veux également insister sur le concept de bonne gouvernance si cher au Président de la République et qui doit servir de toile de fond dans notre gestion quotidienne.

A quoi ont servi ces tournées et qu’est-ce qui en résulte comme bénéfice ?

Le bénéfice qui résulte de ces tournées, c’est surtout le point des évolutions faites au triple plan technique, social et statutaire. Ce point devra servir de point de départ et devra permettre d’éviter le double emploi et de « tisser la nouvelle corde au bout de l’ancienne » si tant est que l’ancienne corde reste solide.

 Si l’on doit évaluer ce qui est fait en fonction de la mission à vous assignée par le chef de l’Etat, dans quelle fourchette vous vous retrouverez dans l’exécution des tches ?

Cela pourrait vous paraître bizarre, mais croyez-moi, je suis à l’étape « zéro » par rapport aux tches. Non, je n’aime pas me voiler la face. Les défis à relever sont énormes, il faut pouvoir bien les identifier pour espérer y apporter des solutions idoines. Le plus gros défis est d’abord de faire prendre conscience de la nécessité aujourd’hui d’accorder l’importance qu’il faut à la dimension environnementale. Ce défi est d’autant plus difficile à relever que les populations africaines en général attendent d’ « être au pied du mur » avant de réagir. Malheureusement, il est possible qu’à ce stade les dégts soient irréversibles et là c’est non seulement la génération présente qui en souffre, mais c’est également la génération future.

Qu’est-ce qui est prévu dans le programme d’action du gouvernement pour juguler l’avancer du désert quand on sait que certaines villes de notre pays sont en proie à ce phénomène naturel ?

Il faut d’abord évoquer la volonté manifeste du gouvernement d’intégrer la dimension environnementale dans toutes les initiatives de développement. Le gouvernement est plus que jamais convaincu que la création de la richesse ne peut se faire de façon durable sans une prise en compte des questions environnementales. A ce titre, dans le tout premier axe prioritaire il est prévu de promouvoir la croissance économique à travers, entre autres, le renforcement du pôle sur la diversification agricole qui intègre bien entendu une gestion intégrée de l’environnement et des ressources naturelles. Il faut ajouter à cela tous les engagements auxquels notre pays a souscrits au plan international à travers les traités et conventions relatifs à la gestion de l’environnement. La mise en Å“uvre de ces conventions permettra dans une large mesure de juguler l’avancée du désert.

Qu’en est-il de la gestion des aires protégées ?

Les aires protégées du Bénin sont localisées au Nord et au Nord-ouest du pays, aux frontières avec le Burkina faso et le Niger. Elles font partie d’un ensemble de réserve de faune que partagent le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. La superficie de tout cet ensemble est d’environ 1 250 000 ha comprenant la Zone Cynégétique de Pendjari (180 000 ha), la Zone Cynégétique de l’Atacora (125 640 ha) et le Parc National de la Pendjari (266 040 ha). La grande faune qui compte plus de 20 espèces est incontestablement le principal attrait touristique et la raison fondamentale de protection des Aires Protégées du Bénin. Ce sont essentiellement les buffles, les Eléphants, les Bubales, les Damalisques, les Cobes de Buffon, les Guépars, les lions, les Hyènes, les Phacochères etc. L’avifaune dans les Aires Protégées est aussi diverse que variée. On y compte près de 280 espèces d’oiseaux. Il s’agit entre autres des Grues couronnées, des Hérons, des Aigrettes, des Jabirus, des Marabouts, des Calaos, des Sertpentaines, des Rolliers etc€¦.. Les communautés riveraines de ces Aires Protégées font plus de 500 000 habitants. Les deux parcs nationaux ne sont pas au même niveau de développement et de valorisation de leurs ressources. Si, en effet le Parc Pendjari a bénéficié de beaucoup d’aménagements à travers plusieurs appui sur le FED et procure des retombées substantielles aux populations riveraines, ce n’est pas le cas avec le parc du W du fleuve Niger. Ce dernier est limité par un certain nombre de contraintes qui se traduisent par : · Le cadre institutionnel chargé de la gestion des Aires Protégées est naissant, il manque d’expérience et de moyens (matériels et techniques). · La législation actuelle en matière de conservation et de protection ainsi qu’en matière d’exploitation / utilisation des ressources naturelles est inappropriée. Toutefois, de nouveaux textes sont déjà élaborés et sont en étude au Parlement. · La gestion de la ressource faune et du Parc est marquée par un flagrant manque d’efficacité dû au manque de formation des agents, au manque de motivation et au manque d’organisation. Les moyens matériels et d’équipements sont aussi insuffisants · Le braconnage dépasse actuellement de loin les capacités de régénération des populations de la grande faune.. · Les populations ne bénéficient pratiquement pas des retombées économiques de l’exploitation du Parc et des zones cynégétiques. Leurs rapports avec les forestiers sont · empreints de méfiance, voire d’hostilité.. · La transhumance transfrontalière conduit chaque année plusieurs milliers de têtes de bétail à l’intérieur du Parc · Le besoin croissant en terres disponibles pour la production agricole et surtout du coton amène les populations de la région à cultiver dans le Parc · La dégradation du couvert végétal, sans être irréversible, atteint un niveau alarmant. · La multiplicité et la diversité des ethnies compliquent singulièrement l’application des mesures participatives qui risquent, sans précautions particulières, de provoquer des conflits ethniques. · L’implication de plusieurs bailleurs de fonds implique une coordination parfaite, non seulement avec les autorités béninoises mais aussi entre les bailleurs de fonds. · Le Bénin ne dispose que d’un nombre limité de personnes-ressources capables de gérer efficacement des Aires Protégées. Il faut toutefois signaler que des améliorations considérables ont été induites à travers le projet régional ECOPAS dans sa composante « Bénin ». Certains atouts favorisent un meilleur développement et une meilleure valorisation de ce parc, il s’agit entre autres : · Des potentialités institutionnelles favorables au développement d’activités de conservation du Parc existent. Ce sont : · L’autonomie de l’institution CENAGREF ; · La composition multisectorielle du Conseil d’administration du CENAGREF, comprenant entre autres des représentants des privés, des AVIGREF ; · La volonté politique de l’Etat béninois pour la conservation et la participation des populations riveraines ; · L’engagement de plusieurs bailleurs pour un long terme

Quel est l’Etat du patrimoine forestier béninois ?

 Au Bénin le secteur forestier joue un rôle essentiel dans la survie de nombreuse communauté et dans le développement économique de nombreux pays. Les forêts et les zones boisées sont également des composants clés de l’environnement et fournissent des services essentiels et primordiaux pour lutter contre la dégradation des terres et les changements climatiques, ainsi que pour conserver les zones humides, les zones côtières et les systèmes d’eau douce Les Forêts et les zones boisées fournissent une large gamme de biens et de services qui créent des opportunités pour le développement et l’amélioration du bien être de l’homme. Certains biens comme le bois de chauffe et bois de construction sont assez évidents alors que d’autre comme les sources d’eau le sont moins de chauffe et bois de construction sont assez évidents alors que d’autre comme les sources d’eau le sont moins Les fonctions environnementales des forêts et zones boisées incluent la protection des bassins versants, la purification de l’eau et la régulation des débits des rivières, qui à leur tour assurent l’approvisionnement en eau pour la production d’énergie hydraulique, les forêts et les zones boisées permettent d’éviter l’érosion des sols et sont ainsi capitales pour l’agriculture et la production alimentaire. Elles fournissent d’autres services comme la provision d’ombre, d’habitat, de pturage et ont des valeurs culturelles (forêts sacrées, arbres et plantes de paix) et esthétiques. A cela s’ajoute le rôle de séquestration de carbone

Aujourd’hui, quels sont les problèmes réels de votre département ministériel ?

Les problèmes réels qui se posent au Ministère sont surtout d’ordre institutionnel, et matériel. Au plan institutionnel, le cadre législatif de gestion des ressources naturelles, en l’état actuel ne cadre pas bien avec la politique actuelle de l’Etat, notamment en ce qui concerne la décentralisation et la nécessité de renforcer la gouvernance locale dans la gestion des ressources naturelles. La nécessité d’une évolution du cadre institutionnelle est indispensable. En ce qui concerne la gestion de la dimension environnementale, la gestion des déchets solides qui constitue aujourd’hui un casse-tête, relève normalement des collectivités locales. Malheureusement, celles-ci ont du mal à y apporter des mesures correctives appropriées. Aussi la synergie qui doit contribuer à améliorer la situation ne semble pas encore fonctionnelle entre les mairies et les services techniques du Ministère de l’environnement. Par ailleurs, les conditions nécessaires, qu’elles soient d’ordre statutaire ou d’ordre matériel, ne favorisent pas bon fonctionnement de la police environnementale pourtant incontournable pour assurer un environnement sain à travers le respect des normes environnementales. C’est d’autant plus indispensable que le degré d’incivisme s’accentue. Toujours au plan institutionnel, il faut noter que les problèmes environnementaux ne sont jamais strictement linéaires, ils font partie d’une toile complexe ; L’amélioration de la gestion de l’environnement, ainsi que du développement humain dépasse bien souvent un secteur donné, et demande à la gouvernance, aux réponses politiques , et à la gestion de l’environnement de trouver de nouveaux niveaux de coopération et de collaboration. A titre d’illustration, la déforestation n’est pas seulement question d’arbres  mais c’est aussi question de modification de paysage, des écosystèmes et de transformation de l’environnement socio-économique proche de la forêt. Elle a des implications sur : – la biodiversité et la gestion du captage des eaux, – augmentation des écoulements et l’accélération de l’érosion des sols et l’alluvionnement des rivières – la modification de la fertilité des sols – les changements sociaux et inter reliés dans la société notamment la pénurie de choix de source de revenu, la survenue d’un environnement économique qui ne soutient pas les activités à valeur ajoutée – la réduction de la productivité agricole et du bétail – l’augmentation des problèmes de santé puisque l’accès au plantes médicinales, à la viande et aux frits sauvages aurait disparu. Ces nouveaux niveaux de coopération ont encore du mal à être fonctionnels.

Si on vous demandait de conclure cet entretien que diriez-vous ?

 Je tiens à lancer deux appels. Le premier appel que j’ai à lancer à l’endroit de mes compatriotes est de faire leur devoir citoyen en contribuant quotidiennement à assurer un environnement sain à travers le respect de l’environnement. Je tiens également à rappeler à tous les citoyens béninois que l’une des grandes conclusions auxquels sont parvenus les participants à la conférence tenue lors du sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernement à Maastricht (Pays-Bas) en 1990 sur le Développement de l’Afrique, conférence à laquelle le Bénin a pris une part très active, est que les forêts participent à 90% aux moyens d’existence des populations vivant dans un état d’extrême pauvreté dans les pays en développement. Ceci voudrais dire que sans une volonté manifeste des citoyens de contribuer à la mise en Å“uvre de stratégies clairement définies, il n’y a pas d’avenir pour l’environnement et donc pas d’avenir pour l’Homme. Chacun de nous doit jouer sa partition à quelque niveau que ce soit.

Propos recueillis par Gérard AGOGNON

Elections communales et municipales de 2008 : Les positionnements de la Fcbe ont payé à Dassa-Zoumé

Les jours passent et les différents candidats aux dernières élections communales, municipales et locales du dimanche dernier connaissent désormais leur sort. Dans la commune de Dassa-Zoumé, les dés sont jetés et en attendant les résultats définitifs, la liste Forces Cauris pour un Bénin Emergent se taille la part du lion.
Sur les 19 sièges à pouvoir dans les dix (10) arrondissements de la commune, la Fcbe rafle la majorité au vu des premiers résultats issus de cette élection. Même si des candidats continuent de calculer pour savoir s’ils seront élus conseiller ou pas, l’heure n’est plus en tout cas au pronostique. Sur les 46.721 inscrits pour ce scrutin dans la commune, 36085 personnes ont effectivement exprimé leurs suffrages soit une participation de 80,38%. Les récents résultats confirment le raz-de-marée des Cauris avec 18849 voix. La moisson a été abondante même si des listes ont émergé dans certaines localités. A Akoffodjoulé par exemple, c’est la liste UDPS de Gédéon Dassoundo qui damne le pion à tous les autres challengers avec 1282 voix contre 949 pour la Fcbe, deuxième dans cet arrondissement. Globalement, c’est la liste Force-Clé qui vient en deuxième position après la Fcbe avec 6294. Suivront les listes Udps (5164 voix), G13 (3868) et KB qui tient la lanterne rouge dans cette commune avec 1958 voix. Une analyse de ces différents résultats en faveur de la Fcbe montre que cette victoire est le fruit des positionnements opérés dans cette localité contrairement à ce à quoi on a assisté dans plusieurs commune du département  où la Fcbe a fait fiasco. Il faut donc saluer la clairvoyance du coordonnateur Fcbe de la localité, le premier vice-président de l’Assemblée nationale l’honorable André Dassoundo qui a su bien jouer afin que ces élections qui s’annonçaient très serrées dans la commune se passent en faveur de la liste du Chef de l’Etat. André Dassoundo vient de confirmer une fois encore qu’il maîtrise sa région après les résultats enregistrés dans la localité lors des élections présidentielles de mars 2006 et les dernières élections législatives où Dassa-Zoumé  a toujours témoigné par le vote, son soutien au Chef de l’Etat le président Boni Yayi.

Gabin Euloge ASSOGBA
 

Bénin: L’ancienne classe politique au secours de la démocratie

L'ancienne classe politique mobilisée  Tous les artisans de la démocratie béninoise se sont retrouvés mercredi dernier au Palais des Sports de Cotonou pour dénoncer la gestion qui est faite des acquis de la conférence des Forces Vives de la Nation. Il ne manquait que le Général Mathieu Kérékou à ce premier round du combat  pour la préservation de l’unité et de la cohésion nationale.
« Le Bénin est un petit pays, mais il pèse beaucoup ». C’est l’une des récentes déclarations du président Mathieu Kérékou qui attirait l’attention de la nouvelle classe politique sur le danger qui la guette si jamais, elle trahi le peuple, un peuple mature. Plongée dans un silence profond, l’ancienne classe politique n’est pas morte comme le pensaient certains. Rosine, Léhady et Nicéphore Soglo, Adrien Houngbédji, Amoussou Bruno, Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto, Célestine Zannou, Salé Salifou, Rachidi Gbadamassi€¦Il ne manquait que Mathieu Kérékou pour que les artisans de la démocratie béninoise soient au complet.  Que le Kaméléon soit là ou pas, les Béninois sont unanimes pour accepter le thème de la déclaration sur la situation nationale des quatre dinosaures de la classe politique béninoise : « Oui à la démocratie ! Non à la dictature ».

Les signataires de la déclaration à savoir : la Rb, le Psd, le Madep et le Prd ont été explicites dans leurs messages. Il s’agit pour eux de lancer un vibrant appel à toutes les forces politiques, à l’ensemble des acteurs de la vie publique, à tous les démocrates ainsi qu’à toutes les organisations de la vie sociale de notre commune patrie, afin qu’ils se mobilisent, s’engagent dans la réflexion et dans des actions pertinentes, en vue de contribuer effectivement aux efforts nécessaires pour la consolidation de la démocratie, la sauvegarde de la paix sociale, la préservation de l’unité et de cohésion nationale. L’événement du mercredi dernier, même s’il est unique en son genre demeure l’apanage de la démocratie béninoise. Ce à quoi nous avons assisté n’est rien d’autre que le prolongement d’une séquence « d’événements politiques heureux » à laquelle les Béninois sont habitués depuis la conférence nationale quand la démocratie se trouve en danger. Des adversaires politiques d’hier qui se mettent très tôt ensemble pour sauvegarder la paix sociale, la cohésion et l’unité nationale chèrement acquises par le Bénin. Le président Yayi Boni doit tirer de grandes leçons de cette sortie de ceux qui l’ont précédés à la tête de notre pays.

Le président Nicéphore Soglo lors de son intervention mercredi dernier s’est posé la question de savoir : Qui aurait pu imaginer que le Prd, le Madep, la Rb et le Psd se mettraient ensemble  pour défendre la même cause ? Pour Nicéphore Soglo, c’est parce que la démocratie béninoise est en danger. Est-il nécessaire de rappeler comment il a perdu le pouvoir en 1996 et toutes les alliances spontanées qui font de notre démocratie, un exemple pour les pays du monde entier. Si l’alliance Wologuèdè a décidé de soutenir Yayi en 2006, c’est pour qu’on ait le verdict des urnes ne soit pas contesté. Bref pour la préservation de la paix. C’est donc le premier round d’un combat amical dont le seul souci reste et demeure la sauvegarde de la démocratie, la chose la mieux partagée par les Béninois. Il faut donc que le changement change. 

Gabin Euloge ASSOGBA

SITUATION POLITIQUE NATIONALE: Quatre grands partis dénoncent l’improvisation et la précipitation du gouvernement

Les leaders politiques des quatre grandes formations politiques du pays Rb,  Prd,  Psd et Madep   Rb,  Prd,  Psd et Madep invitent Boni Yayi à revoir sa gouvernance

Les leaders politiques des quatre grandes formations politiques du pays notamment la Renaissance du Bénin (Rb), le Parti Social démocrate (Psd), le Parti du Renouveau démocratique (Prd) et le Mouvement Africain pour le développement économique et le progès (Madep) sont sortis de leur mutisme. A l’occasion d’un géant meeting au palais des sports du stade de l’Amitié de Kouhounou, Nicéphore D. Soglo assistés de Rosine V. Soglo et de Léhady Soglo, Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou et Antoine Kolawolé Idji ont fait leur lecture de la situation nationale. L’essentiel de leur déclaration commune est émaillée de nombreux griefs sur la gestion du pays par le président Boni Yayi. Ils invitent le chef de l’Etat élu grce à la contribution de tous à revoir sa copie pour ne pas remettre en cause les acquis de la démocratie.
«Jamais depuis la conférence nationale, le Bénin n’a connu un régime dont les rapports avec les autres instituions de la République ont été aussi tendus, et les décisions ont fait l’objet d’autant de recours en inconstitutionnalité. Le décision de la Cour Constitutionnelle relative au non   respect  de la séparation des pouvoirs dans le conflit ayant opposé récemment les magistrats au gouvernement, le non respect de la décision de la Cour Constitutionnelle relative aux nominations à la tête des médias de service public, le maintien en prison d’un élu parlementaire en dépit de son immunité, l’appel à la désobéissance  lancé aux adjudicataires de fréquences octroyées par la Haut autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac), sont autant  de faits avérés, illustratifs des violations répétées de notre Loi fondamentale  par le pouvoir en place, qu’il convient d’abhorrer». Voilà les violations flagrantes de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 par le  gouvernement du Dr Boni Yayi  dénoncées  par les quatre grands. Dans leur déclaration, les partis politiques signataires ont fait observer que sur tous les plans et à tous les niveaux, le pouvoir en place depuis avril 2006 et qu’ils ont contribué à installer viole la constitution, menace le pluralisme politique, l’unité nationale et la cohésion sociale et la laïcité de l’Etat, bafoue les rapports entre le Parlement et le gouvernement, crispe le climat entre les acteurs politiques et les acteurs sociaux, foule aux pieds la liberté de la presse et la liberté syndicale, met en quarantaine le statut de l’opposition et l’application intégrale des lois sur la décentralisation, viole les principes et règles des finances publiques, relativise  la lutte contre la corruption et l’impunité et sclérose et régionalise  la gestion des ressources humaines de l’Etat. S’agissant de la lutte contre la corruption et de l’impunité, les signataires estiment  que c’est un programme admirable auquel ne peut se soustraire aucun citoyen. Mais ils s’aperçoivent  du caractère incantatoire de la lutte du  gouvernement de Yayi  contre ce fléau social. «En l’occurrence, celle-ci relève plus d’une déclaration d’intention que d’un engagement réel susceptible  d’être suivi d’actions concrètes, dépouillées de tout folklore populiste», a laissé entendre le président Bruno Amoussou. Pour eux, il y a trop de tapage médiatique dans la lutte contre la corruption. Il s’agit d’une lutte à géométrie variable contre la corruption et l’impunité que mène le gouvernement dit du changement. Sur le plan des finances publiques,  le gouvernement utilise des comptes occultes pour gérer des activités de l’Etat au mépris des règles de finances publiques. En ce qui concerne la gestion des ressources humaines de l’Etat, le régionalisme «jamais égalé»  et la politisation à outrance prend le pas sur les critères de compétence. Une situation qui a des conséquences sur l’efficacité de l’administration. «Les Béninois notent aussi  avec inquiétude, l’augmentation exponentielle du train de vie de l’Etat renforcée par la création de nouvelles institutions budgétivores telles que le Haut Conseil au Changement, l’organe Présidentiel de médiation, le Haut Commissariat à la gouvernance concertée, etc. Le coût excessif des voyages présidentiels, qui ne sont pas  toujours opportuns et justifiés constitue également un autre motif de préoccupation de nos compatriotes».

Religieux et liberté                     le Président du PRD Me Adrien HOUNGB2DJI signant la Déclaration
 Et ce n’est pas tout : l’Etat béninois républicain et laïc «souffre aujourd’hui de l’immixtion intempestive et de plus en plus flagrante du religieux dans les affaires de l’Etat, au travers d’individus et de groupes proches des milieux évangélistes, agissant au nom de la société civile ou du chef de l’Etat». Quant à la liberté de presse et la liberté syndicale, les signataires de la déclaration estiment que «jamais, la liberté de presse  et la liberté syndicale n’ont été autant billonnées» que sous Boni Yayi. Ils ont dénoncé les ingérences et les injonctions du gouvernement  dans le secteur de la presse avec à la clé la mise au pas de la plupart des organes de presse tant du service public que du privé à l’aide des contrats de non publication d’informations critiques, l’acharnement fiscal, la censure, l’interdiction d’antenne et de rédaction ou de couverture, les interpellations, intimidations et autres menaces. Pour les partis signataires, le gouvernement en place brille aussi par le non respect des textes de lois sur la décentralisation  et sur le statut de l’opposition non sans montrer que l’Assemblée nationale tant à devenir une caisse de résonance du gouvernement assortie de menaces et d’intimidation des députés. Au total, en douze points, les quatre grands ont peint un tableau pas du tout reluisant de la situation nationale sur tous les plans. Des observations pertinentes partagées par Mme Célestine Zannou, Lazare   Sèhouéto du Map et le coordonnateur du G13 Bako Arifari qui ont soutenu avec un argumentaire  de démocrate épris de liberté et de paix la déclaration des quatre grands. « J’ai la preuve que notre démocratie est en danger», a lché sans ambages le président Nicéphore Soglo qui n’entend plus laisser quelqu’un qu’ils ont contribué à installer au pouvoir bafouer les acquis de la conférence nationale. Il a ajouté que la liberté passe avant le pain. Pour le président Nicéphore Soglo, le président Mathieu Kérékou sur qui on avait des doutes quant à la résurgence des pratiques dictatoriales à son retour au pour en 1996 a géré le pays dans le respect de la constitution.

Responsabilités
Toutefois, ils invitent le gouvernement du Dr Boni Yayi à revoir sa copie, sa gestion. En vertu du respect de la constitution, les partis signataires de la déclaration invite également le gouvernement en place à assumer plutôt pleinement ses responsabilités et laisser chaque institution de la République jouer les siennes. Selon eux e gouvernement doit rechercher le dialogue, la concertation et non l’affrontement et des solutions durables aux problèmes des laborieuses populations. Aussi doit-il cesser de s’immiscer dans les domaines de compétences des collectivités territoriales et prendre les mesures salutaires pour mettre à leur disposition des moyens de manière à favoriser «l’instauration d’une démocratie participative à la base, un développement local durable et une prospérité partagée, toutes choses qui s’accommodent mal de l’attitude de l’exécutif en matière de compétence et d’intervention sur le terrain». Concernant la corruption, ils recommandent la mise en Å“uvre de mesures concrètes relatives à l prévention et à son éradication et non plus des incantations.  Au demeurant, les signataires ont lancé un vibrant appel au peuple béninois et à toutes ses composantes à la mobilisation perpétuelle, à la réflexion  en vue de sauvegarde des libertés et de la démocratie béninoise menacée par une gestion hasardeuse du pouvoir sur fond de la dictature bannie à jamais depuis février 1990.
Christophe D. ASSOGBA