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L’ancien ministre Théophile Yarou, sur le projet de révision de la constitution: « On doit tenir compte des propositions des commissions Ahanhanzo-Glèlè, Gnonlonfoun et Djogbénou»

Théophile YarouLeader FCBE rompu, l’ancien ministre d’Etat chargé de la défense nationale,Théophile Yarou, se prononce sur l’actualité, notamment la question qui fâche le peuple béninois et certains praticiens de droit. Il s’agit du projet de révision de la constitution nationale. Sur le sujet, il a salué la qualité des développements faits par les universitaires dans les médias pour éclairer la lanterne du peuple. C’est à cette école qu’il appelle les députés pour dire, « Non » à l’actuel projet introduit à l’assemblée nationale. Il estime que le Président de la République doit écouter le message du peuple et savoir s’arrêter pour améliorer le texte. Parlant de la position de sa famille politique, les FCBE, il rassure de ce que, la décision est en cours et sera prise dans la journée de ce mercredi.

L’EVENEMENT PRECIS : Votre avis sur le débat au sujet du projet de révision de la constitution

Théophile YAROU : Je pense que la situation politique actuelle, notamment le débat sur le projet de révision de lois constitutionnelles nous a permis de nous rendre compte,  combien les béninois sont divisés sur la question. Je voudrais ici rendre hommages à un certain nombre de cadres compétents, contrairement à ce que certains pensent. Ils sont des gens recherchés au plan international malgré leur calendrier chargé en termes d’expertise dans la sous-région et au pays. Je donne l’exemple du Professeur Agrégé Joël Aïvo,  de surcroit rapporteur général de la commission Djogbénou. Vous vous imaginez, un rapporteur général de commission qui prend une position diamétralement opposée au projet dont il aurait contribué à la rédaction ? Mais la question est de savoir s’il a été associé à la fin. C’est la question à se poser puisque c’est quelqu’un qui sait de quoi il parle. C’est un spécialiste de droit constitutionnel. Et donc  que quelqu’un comme celui-là qui a été rapporteur de cette commission prenne des positions contraires à celles du gouvernement, c’est à saluer. Dans son intervention ce dimanche, il a tout dit. Le reste n’est que de la supputation. C’est ce qu’il a dit que le gouvernement devrait faire. Quand vous prenez aussi l’agrégée de droit, Madame Dandi Gnamou, elle a démontré par A plus B que nous avons un projet trop bavard, confus avec des incohérences. De même que le magistrat, Michel Adjaka qui était membre de la commission. Je ne veux pas oublier Serge-Prince Agbodjan qui faisait partie des experts chargés d’accompagner les membres de la commission. C’est lui qui éclairait les différents ateliers et qui au départ, soutenait la position du gouvernement. Mais aujourd’hui, disons que leur compétence, côté technique, a pris le déçu sur leur couleur  politique. C’est à saluer. Moi, je suis dès lors très fier d’être Béninois. Si le Béninois peut se comporter  comme Prince Agbodjan qui, lorsqu’il constate que l’orientation commence à prendre une allure politicienne au lieu d’être objective, il faut réagir,  on serait à un bon niveau de notre démocratie. Il a compris qu’il est technicien de la chose et la sauvegarde. C’est à son actif et à son honneur. Donc quand je prends  ces différentes positions à laquelle j’ajoute celle de Maitre Robert Dossou, ancien Président de la Cour Constitutionnelle, du Professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, le Président de la République devrait savoir que le pays est divisé sur ce projet et le retirer. Ce qu’il faut regretter, il y a le Professeur Djogbénou  qui veut en faire un défi personnel. Non, il n’est pas question. C’est vrai qu’il y a des avantages professionnels liés à la réussite d’un tel projet pour lui personnellement, mais  son projet a été mal concocté, avec un esprit un peu orienté vers les règlements de comptes, avec la suppression des libertés. Et donc par conséquent, c’est un projet qui ne doit pas aboutir normalement. Il ne reste qu’à nous retourner vers les députés.

Mais avec le niveau du débat, on a comme l’impression qu’il manque de compétences à l’Assemblée nationale
Non. Il y a bien de compétences au Parlement. On peut plutôt s’inquiéter que la plupart des  députés ne soient pas des spécialistes en la matière. Donc par  conséquent, il faudrait qu’ils soient éclairéspar des hommes de droit qui savent de quoi ils parlent et ayant fait leur preuve par le passé. Voilà ce que je peux dire au sujet de ce débat sur le projet de révision de la constitution.

Approuvez-vous le projet ?
Quand vous prenez le projet en lui-même, il y a des points qui fâchent et le peuple et surtout les membres de la commission. Vous prenez 45 jours pour un travail dont les résultats ne puissent pas être pris en compte dans le projet final. Où même parfois l’idée initiale défendue par le gouvernement et par la suite au sein de la commission a été  jetée ou nuancée, et revient sans aucun aménagement, sans aucune ouverture vers la prise en  compte des amendements apportés. C’est une insulte  à l’intelligence de tous ceux ayant contribué à l’élaboration du document. C’est très gênant. Je pense que le chef de l’Etat gagnerait à consulter un certain nombre de personnalités notamment des spécialistes de Droit constitutionnel pour qu’ils lui disent la vérité. On ne peut pas vivre ce qu’on subit depuis  01 an et accepter un mandat unique. La brutalité avec la quelle certaines mesures ont été appliquées et exécutées. Au regard de ça, pensez-vous que le peuple peut cautionner un projet qui supprime toute sa liberté ? Je ne crois pas. Ce n’est pas possible. De l’autre côté quand on voit le nombre de chômeurs et qu’on nous dise,aujourd’hui que l’urgent est la révision de la constitution, je suis navré.

Sur la question, la présidente Rosine Soglo s’est prononcée
Exactement. La présidente Rosine Sogloa été la première comme à son  habitude, à lever le ton en appelant le Président de la République  à écouter son peuple. Le peuple aujourd’hui a comme priorité, les trois repas par jours, et non le mandat unique. C’est la liberté d’aller et de revenir, d’expression, sans craindre les représailles, son besoin. Quand on prend l’article 35 par exemple qui interdit les marches de soutien et autres. Je suis d’accord. C’est bon. Mais est- ce que les marches de contestation aussi sont interdites. Je le dis parce qu’ils sont venus au pouvoir par des marches.Si vous pouvez marcher contre quelqu’un, pourquoi est-ce que vous interdisez à d’autres  de marcher pour l’autre. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Et quand on dit  que des professeurs de droit mettent des articles de ce genre dans une constitution, cela nous interpelle. Dans ce projet, on est même allé jusqu’à dire que le présent projet de révision de constitution, n’entrainent pas une nouvelle République. C’est une disposition à ne pas mettre dans une constitution. Je pense que les spécialistes ont abondement  opiné sur cela. Je demande à nos députés d’être à l’écoute du peuple qui veut un mieux-être. La pauvreté s’est accrue depuis le 06 avril 2016. Depuis ce jour, les Béninois ne travaillent plus, alors que Koupaki nous disait au soir du 20 mars 2016, qu’il fallait mettre les Béninois au travail. Est-ce que le peuple est après un an, au travail ? Non. Allez dans les ministères, vous verrez. Jusqu’au 15 mars, le budget 2017 n’est même pas encore engagé. C’est comme cela le Béninois sera au travail ? Pour conclure, je dirai que les propositions faites par les professeurs Joël Aïvo et Dandi Gnamou sont pertinentes. Elles permettent d’obtenir un consensus, qui n’est pas acquis. La constitution elle-même veut qu’une révision soit consensuelle.

Actuellement,  la position des FCBE se résume à quoi ?
Les FCBE diront leur position d’ici ce soir. Pour l’instant, je donne ma position et également la position des FCBE au sein de la commission. Quand nous étions au niveau de la commission, nous avions demandé que la commission soit transformée en  assemblée constituante. Mais on n’a pas été écouté. Il y a même le parti communiste qui a demandé les états généraux. Le gouvernement doit savoir qu’une constitution est l’âme d’un pays, le contrat social de toutes les nationalités du pays. Cela ne peut pas être révisé par un groupuscule et imposé à tout le peuple. Je pense qu’aujourd’hui au sein des FCBE, c’est la position dominante. Je souhaite qu’à l’issue des échanges avec nos députés, que cette position l’emporte sur autre chose. Si c’était notre position qui emportait sur la majorité, on dirait à nos députés de dire tout simplement au gouvernement de reprendre le travail et de prendre en compte les propositions des commissions, Ahanhanzo-Glèlè, Gnonlonfoun et Djogbénou. Ces trois commissions ont fait de bonnes propositions et ne se sont pas donné cette liberté de supprimer des droits à une catégorie de citoyens béninois. D’ici ce soir, on s’aura.

Ne craignez-vous pas un achat de conscience au niveau des FCBE ?
Non. Je ne crains pas cela. C’est vrai que l’assemblée nationale est le haut lieu de la politique et malheureusement, le haut lieu de toute forme de compromissions. Je pense que nos députés sont vertueux et on peut compter sur eux. Ils ne pourront jamais vendre leur peuple. Nous n’avons pas peur que nos députés succombent à la corruption. Ce qu’il faut plutôt craindre, concerne les incompréhensions. Il faut craindre que nos députés n’aient pas la même lecture de la constitution. Ils ne sont pas tous du domaine. C’est pourquoi, il faut un travail préalable d’explications. Je les invite à suivre les débats qui se mènent dans les médias pour enrichir leur argumentaire pour des propositions d’amendements concrets. Le principe chez les FCBE n’est pas de rejeter la révision de la constitution. Le Président Yayi Boni avant déjà fait des propositions de révision, avec deux commissions, donc il ne serait pas sérieux de notre part de dire qu’il ne faut pas réviser la constitution. Mais la version actuelle  du projet doit être rejetée pour la reprise du travail. Ce qui est clair chez nous est que nous sommes contre le mandat unique, et on a déjà dit au sein de la commission. On a donné les avantages du mandat unique, mais je peux dire que cela correspond à un second mandat du chef de l’Etat. Il se retrouve dans les mêmes conditions. Donc si un chef d’Etat qui est en deuxième mandat veut travailler et laisser un nom, il peut le faire. Il n’est plus tenu aux compromissions politiques ou autres. C’est exactement cela. Il n’y a donc rien de nouveau. Dans les grandes démocraties, c’est un mandat renouvelable au moins une fois. Le mandat unique n’apporte rien de nouveau. Il faut plutôt constitutionnaliser les bonnes pratiques et les tares rencontrées dans l’application de certaines dispositions constitutionnelles. Il faut donc apporter des solutions en modification au texte constitutionnel.

Propos recueillis par Emmanuel GEBTO

Edito: Le pire, c’est le référendum

logo journalRaisonnons par l’absurde. Patrice Talon a pu obtenir les ¾ des voix pour faire examiner son projet de révision constitutionnelle. La commission des lois analyse le projet, consulte les groupes organisés, les syndicats, la classe politique, les professeurs d’université…Elle est allée même jusque dans les hameaux les plus reculés pour écouter les citoyens. Elle propose alors des amendements au texte du gouvernement, mais celui-ci n’atteint pas les 4/5 requis. Que va-t-il se passer ?
Il se passera que le gouvernement sera obligé d’aller devant le peuple.  Et alors, avec quel texte le fera-t-il ? Selon l’article 12 de la loi 2011-27 du 18 janvier 2012 portant conditions de recours au référendum, le même texte soumis aux députés, sera présenté pour contrôle de constitutionnalité devant la Cour constitutionnelle. La Cour, contrairement aux députés, n’aura aucun droit d’amendement. Il lui suffira d’étudier la constitutionnalité du texte, sans y introduire les innovations que beaucoup de Béninois souhaitent depuis longtemps. Elle s’assurera que les éléments suivants ont été pris en compte : la forme républicaine et la laïcité de l’Etat ;  l’atteinte à l’intégrité du territoire national ;  le mandat présidentiel de cinq (05) ans, renouvelable une fois ;  la limite d’âge de quarante (40) ans au moins et soixante dix (70) ans au plus pour tout candidat à l’élection présidentielle ;  le type présidentiel du régime politique au Bénin.  Et c’est tout !   Et ce que beaucoup réclament aujourd’hui arrivera : le référendum. Etes-vous sûr que Talon perdra un référendum ?
Revenons donc sur terre. Est-ce vrai que Talon perdra forcément en cas de référendum ?
A ceux qui répondent oui, je demande juste une seconde d’attention.  Il y a un homme en exil qui, malgré toute la machine répressive mise en place pour le contrecarrer, a été capable de gagner une élection présidentielle. Aujourd’hui, cet homme est au pouvoir, avec un régime présidentiel où il tient tous les leviers de l’Etat et où il est capable de mobiliser en quelques semaines tout son gouvernement, et tout l’appareil administratif du pays. Cet homme s’appelle Patrice Talon. Pensez-vous toujours qu’il perdra un référendum qu’il a organisé ? Ouvrez donc les yeux, qui donc vous dit qu’on perd une élection qu’on a organisée soi-même dans un pays pauvre et de majorité analphabètes comme le Bénin ?
Ouvrez donc les yeux ! Si j’étais à sa place, et Dieu seul sait que je ne le suis pas encore aujourd’hui, si donc j’étais à sa place, je ne me presserais pas pour faire le référendum. Et assurément, il prendra son temps pour préparer le terrain, réparer les dommages qu’il a pu causer, faire les promesses qu’il faudra. Et, légalement, il fera saigner les caisses de l’Etat ! Oui, c’est un référendum dans lequel les ressources publiques, mobilisées par le biais d’un collectif budgétaire, seront à sa disposition. A moins d’être le plus médiocre des stratèges politiques, Talon ne peut perdre un référendum au Bénin.
Alors quoi, que croyiez-vous ? Qu’il se laissera faire, sans mot dire ? On n’organise pas une élection pour la perdre, surtout un référendum. Ce qui est constant, c’est qu’on dépensera à foison les ressources de l’Etat et que l’on coupera certainement dans certains projets et programmes. Il n’aura peut-être pas besoin de désorganiser le gouvernement pour y parvenir, mais il est clair qu’il fera un carnage dans l’administration et surtout dans les caisses de l’Etat.   Ce serait totalement, complètement, définitivement, normalement et logiquement légal.
A contrario, que se passerait-il si on utilisait uniquement la voie parlementaire ? Avec le tollé actuel, les députés, de plein droit, feront ce qu’ils ont toujours fait pour les lois importantes : ils consulteront leurs bases. La commission des lois écouterait les partis, les syndicats, la société civile, les chefs et rois traditionnels et proposera des amendements pour améliorer le texte proposé par le gouvernement. Si cette voie est suivie, nous en aurions fini pour longtemps avec cette Arlésienne, avec l’avantage de faire des économies, en période de crise économique exacerbée. La voie parlementaire met le peuple de ceux qui s’intéressent réellement à la constitution au centre du jeu.  Avec la voie référendaire, par contre, on donnera le sentiment à ceux qui ne savent ni lire ni écrire qu’ils sont consultés : on se trompe et on trompe les petites gens.
Au demeurant, figurez-vous ce qui se passerait si Patrice Talon perdait effectivement même le référendum : il sablera le champagne. Il serait délivré de sa promesse de ne faire qu’un mandat…

Par Olivier ALLOCHEME

Entretien avec l’ancien Président Nicéphore Dieudonné SOGLO, Membre du conseil d’administration de SASAKAWA: « J’ai demandé à Sasakawa de revenir aider mon pays »

Nicéphore Soglo epLa présidente du conseil d’administration du Sasakawa, la professeure Ruth Oniang’o est en visite officielle au Bénin depuis quelques jours. Dans ce cadre, le président Nicéphore Dieudonné Soglo, membre du conseil d’administration, s’est prêté à nos questions. S’il se dit fier d’accueillir la délégation du Sasakawa, il ne manque de rappeler l’importance que revêt cette visite pour le Bénin qui a besoin de relever son agriculture. Lisez plutôt.

L’Evénement Précis: Excellence monsieur le Président, Vous êtes honoré d’une grande visite, celle de la présidente du conseil d’administration de Sasakawa. Quels sont vos sentiments à l’arrivée de cette délégation ?

Président Nicéphore Dieudonné SOGLO : Ce qu’il faut rappeler à la population de notre pays, c’est que le plus grand savant du monde agricole que le monde ait jamais connu s’appelle Norman Borlaug. Et au moment où il y avait la guerre communisme contre capitalisme, États-Unis contre Union Soviétique, on a eu à faire appel à son génie. Parce qu’il n’y a pas d’autres moyens pour qu’on puisse éradiquer la famine qui sévissait. Et cela a permis de nourrir la population de son pays. Parce que Norman Borlaug a fait vraiment des prouesses dans le domaine de l’agriculture. La même chose est arrivée au Mexique qui était évidemment collé aux États-Unis. Et dans le monde entier, le génie de Norman Borlaug a été reconnu. Et c’est lui qui a créé le prix Nobel de l’agriculture

Monsieur le Président, pourquoi la visite au Bénin de la présidente du conseil d’administration de Sasakawa est si importante ?
Simplement parce que dans les années 1984, il y a eu de terribles sécheresses qui ont tué de millions de personnes dans le sahel et surtout en Éthiopie. Tous les pays se sont précipités pour donner de l’argent, des vivres. Il y a eu même cette célèbre chanson «we are the world» avec tous les grands chanteurs, on peut dire américains.
Et qu’est-ce qu’il a fait? Un japonais a dit que tout l’argent et toute la nourriture vont être détournés. Ce qu’il faut faire, c’est se rappeler le proverbe chinois «il vaut mieux apprendre aux africains comment pêcher plutôt que de leur donner le poisson tous les jours». C’est à la base du programme de Sasakawa en Afrique, de ce grand savant Norman Borlaug et ensuite le président Jimmy Carter. Donc, c’est le trio. Sasakawa pour l’argent, Norman Borlaug
Pour le cerveau et le génie, et le président Carter pour son organisation, sa fondation. Et c’est cela qui a fait que dans 14 pays d’Afrique, on a fait l’objet des prouesses. Et j’ai pu m’appuyer là- dessus pour faire de notre pays, tout petit, pour sortir du désastre de 18 années de marxisme léninisme où il n’y avait plus de banques, où les 120 entreprises ont déposé leur bilans, où on avait mis 10000 personnes dans les rues, qu’on ne payait pas les gens depuis plusieurs années.C’est grâce au secours de Sasakawa que nous avons pu relever notre économie, mettre de l’ordre et devenir la troisième puissance cotonnière d’Afrique après l’Égypte et le Mali. Alors, tout le monde sait dans quel état est aujourd’hui notre économie ? Est-ce que nous n’avons pas besoin d’aide dans le domaine agricole ?

Donc la présidente est au Bénin pour susciter la révolution agricole ?
Oui. Parce qu’elle a pris la succession à notre conseil d’administration, du grand savant Norman Borlaug. Et c’est une femme  de très grande qualité. Vous savez, les japonais ne choisissent pas au hasard. Il a fallu que je leur demande à plusieurs reprises de faire une initiation du Bénin parce qu’ils sont retirés dans presque tous les pays africains. Ils sont dans presque 14 pays africains. Aujourd’hui, ils ne sont plus que dans deux pays en Afrique occidentale, le Nigeria et le Mali. En  Afrique orientale, ils sont en Éthiopie et en Ouganda.

Monsieur le Président, Vous avez plaidé que la délégation de Sasakawa vienne donc au Bénin ?
Oui. J’ai plaidé. Je les ai suppliés. En ma qualité de membre du conseil d’administration, je leur ai demandé de revenir aider mon pays. Et cela se situe dans quelle optique ? L’un des grands économistes que nous avons en France qui s’appelle Serge MICHAILOF a écrit dans un livre qu’il a baptisé du nom d’un continent et d’un pays AFRICANISTAN. Afrique et Afghanistan, il en a fait un seul mot. La population de l’Afrique a commencé à s’accroître de un milliards et demi. C’est à dire  déjà la moitié de la population africaine au sud du Sahara en moins de 20ans. Or, qu’est-ce que c’est la poudrière ? Et bien, La poudre, c’est le milliard et demi d’augmentation de la population. Mais, qu’est-ce qu’il faut faire pour pouvoir les nourrir si non ils vont aller dans Boko haram, parce que nous avons dans le sahel, comme ce qui s’est passé en Somalie et surtout ce qui s’est passé en Afghanistan.

C’est parce que vous avez vu venir une crise au Bénin que vous avez plaidé qu’ils viennent….
Je crois que gouverner, c’est prévoir. Et donc, on a dit, la démographie, on peut dire, c’est la poudre. Et le détonateur, ce sont les emplois. Si les gens n’ont pas d’emploi, ils vont vivre de quoi? Donc la présence de cette dame est une présence capitale pour notre pays. Et c’est la raison pour laquelle quand on était à Nairobi, on a tenu une séance de travail, le président Talon et moi. C’est le Président Talon qui l’a invité officiellement.

C’est pourquoi dans le calendrier de son séjour, il est prévu qu’elle prenne connaissance largement du programme d’action du gouvernement?
Absolument.

L’avènement de cette visite va permettre donc de prendre  en compte plusieurs volets de financement des activités inscrites au programme d’action comme la révolution agricole au Bénin ?
Oui. Mais l’argent n’est pas le plus important. Le plus important, c’est la politique que nous devons mettre en place. Si elle est bonne, vous aurez de financement sans problème. Et si vous avez des sponsors et que l’on reconnait la qualité et vraiment les résultats, vous n’aurez aucun problème. Je dis bien ceci. De tout programme que vous faites, c’est là où je vous dis toujours qu’on est intelligent à plusieurs, il faut avoir d’appui de tous les côtés. Tu peux avoir le meilleur programme, mais il faut avoir le soutien non seulement d’autres cerveaux. Une fois que tu as çà et que celui qui finance se dit si telle personne est ici, je peux aller les yeux fermés, c’est pour cela, qu’avoir dans son jeu Sasakawa, c’est avoir les financements. C’est tout.

Monsieur le Président, c’est un honneur pour le membre du conseil d’administration que vous êtes si le séjour de madame la présidente se déroule très bien ?
Oh. Non. Moi j’ai déjà dépassé l’âge des responsabilités. L’âge des capacités , c’est quand vous  êtes en train d’apprendre votre métier dans les universités. Je suis à l’âge des vanités et je n’ai plus rien à prouver. Je crois que dans mon pays, l’Afrique et le monde, les gens savent ce qui a été fait dans mon pays après l’écroulement du mûr de Berlin.

Entretien réalisé  par Gérard AGOGNON

Matches amicaux des sélections A et A’ du Bénin: Oumar Tchomogo justifie ses choix

Oumar Tchomogo conférence de PresseLe sélectionneur national des Écureuils du Bénin, Oumar Tchomogo a tenu une conférence de presse, le lundi 20 mars au siège de la Fédération béninoise de football. Objectif, informé les journalistes sur la préparation des matches amicaux qui vont opposer le 24 mars (Journée FIFA) les écureuils A aux Maurabitouns de Mauritanie, et le 27 mars, les écureuils locaux aux pharaons locaux d’Egypte. Ainsi dans son intervention, Oumar Tchomogo a fait savoir que ces matches tiennent lieu de matches d’essais de joueurs et de tactique qu’il met en place dans l’optique des prochaines joutes internationales à savoir, les éliminatoires de la CAN Cameroun 2019 et les éliminatoires du CHAN. Le technicien béninois, toujours à la recherche des joueurs béninois inconnus du public mais qui auraient apporté une plus value à l’équipe nationale, a déploré le manque de moyens financiers qui ne lui a pas du tout facilité la tâche. «J’étais en discussion avec 5 joueurs. Mais les moyens ont manqué pour que je finalise avec eux tous. Et c’est seulement ceux avec qui j’avais eu déjà à discuter longuement qui ont accepté venir. Il s’agit de Moïse Adilehou, Olivier Verdon et Cédric Hountondji», a ajouté l’entraineur Béninois qui a également expliqué pour ce qui concerne l’équipe nationale locale qu’il s’est basé sur les joueurs ayant disputé le dernier tournoi de l’Uemoa pour composer son effectif. Il faut préciser que le Bénin est dans la même poule que l’Algérie, la Gambie et le Togo, pour ce qui concerne les éliminatoires de la CAN Cameroun 2019.

Anselme HOUENOUKPO

Audience à la présidence avec une délégation de haut niveau: Soglo remet Sasakawa à Talon pour engager la révolution agricole

Sasakawa TalonAprès sa visite à l’Université d’Abomey-Calavi et à l’Institut international d’agriculture tropicale, la délégation de l’Association Sasakawa pour l’Afrique a été reçue en audience dans la soirée d’hier, mardi 21 mars 2017, par le Président de la République, Patrice Talon. La forte délégation conduite par la présidente de l’Association, Ruth Oniang’o, était honorée de la présence à ses côtés de l’ancien président de la république et membre du Conseil d’administration de la SAA, Nicéphore Dieudonné Soglo. En présence du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Delphin Koudandé, et de l’ancien ministre Gaston Dassouhoui,  le président Talon, s’est réjouit de la visite au Bénin de la présidente de  l’Association Sasakawa pour l’Afrique. Cette audience qui s’est rapidement transformé en une séance de travail a été l’occasion pour le Chef de l’Etat de s’enquérir de la mission de l’association du grand savant Normann Borlaug et de de connaitre  l’approche nécessaire qu’elle compte entreprendre pour redynamiser sa coopération avec le Bénin. Selon les explications de la présidente de la SAA, l’organisation intervient dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, les recherches agricoles et contribue aussi à la participation des femmes dans le secteur agricole en les dotant de bourses d’études pour leur formation. Pour ce fait, l’approche mise en œuvre par la SAA, continue-t-elle, est d’aller au contact des paysans, les sélectionner, prendre connaissance de leurs besoins et œuvrer pour leur épanouissement à travers l’amélioration des productions. Face aux grandes stratégies exécutées par la SAA à l’endroit des producteurs de plusieurs pays africains et dont les résultats sont des plus satisfaisants, le président Talon a exprimé l’entière disponibilité de son gouvernement à travailler étroitement avec l’Association afin de réaliser les projets inscrits dans le volet agriculture du Programme d’actions du gouvernement pour opérer une véritable révolution agricole. Cette sollicitation du Président Talon qui a reçu un écho favorable. En effet, la présidente du Conseil d’administration de Sasakawa pour l’Afrique a, au cours de cette séance de travail dit toute son admiration aux autorités béninoises pour l’accueil dont elle a fait l’objet depuis son arrivée ainsi que pour le travail remarquable qui se fait sous le leadership du président de la république. Elle a aussi réaffirmé l’engagement de son institution à se mettre à la disposition du Bénin pour contribuer à la révolution agricole. Un grand pas vient ainsi d’être fait dans le renforcement de la coopération entre l’Association Sasakawa pour l’Afrique et le Bénin,  s’est réjoui le Président Soglo qui a introduit ladite délégation en audience auprès du Président Talon. Nicéphore Soglo a remercié le Chef de l’Etat pour sa détermination à saisir l’opportunité de la SAA pour donner le le bien-être au peuple béninois.

Rastel DAN

Déclaration du président du comité exécutif de la Fbf, Moucharafou Anjorin: « Hayatou a échoué avec nous, cette page est tournée »

Anjorin Didavi TchomogoLe président du comité exécutif de la Fbf, Moucharafou Anjorin a tenu une séance d’échange avec les présidents des clubs de ligue 1, 2 et 3, ainsi que ceux des ligues régionales, le lundi 20 mars 2017, au siège de la fédération à Djassin (Porto Novo). Au cours de ce rendez vous, les membres de la famille du football ont abordé la question de la crise et de l’organisation des activités de la fédération dont les matches amicaux des équipes nationales et surtout le déroulement des championnats.
Parlant de la situation de la crise, le président Anjorin a rassuré que l’ordre est déjà rétabli. Selon lui, il y n’y a plus de crise, surtout que le tribunal a donné une décision qui annule les mandats d’arrêt émis à l’encontre de certains membres de la fédération. Ce qui accorde du coup une liberté totale d’agir à ces derniers. «La cour vient de donner le feu vert. Nous ne saurions parler encore de la crise », a affirmé l’homme qui pense que c’est le contrôle du pouvoir qui est la pomme de discorde au sein de la famille du football. Revenant sur la question du non démarrage du championnat, Anjorin a informé que s’il ne tenait qu’à lui, on aurait démarré le championnat. «Ce n’est pas de notre volonté que le championnat n’est pas encore lancé. La fédération n’a pas d’argent, ni les clubs. Il ne faut pas qu’on se mente». A en croire le président, ce sont les moyens qui font défaut et que l’essentiel est de tout parfaire avant de démarrer le championnat sans avoir à l’arrêter parce que telle ou telle équipe n’aurait pas répondu aux matches. « Il faut attendre le temps qu’il faut pour bien décoller au risque de retomber dans les mêmes travers », va-t-il poursuivre tout en insistant : «si j’ai accepté écourter mon mandat, c’est parce que j’ai la volonté de voir le gouvernement croire en nous afin de nous aider financièrement à véritablement décoller ».

«Nous ne voulons pas aller contre le désir du chef de l’État »
Pour ce qui est des activités de la Fbf, Moucharafou Anjorin et ses collaborateurs ont informé qu’ils travaillent toujours pour mettre la structure sur orbite. Ainsi depuis l’Assemblée générale extraordinaire qui a validé les résolutions du protocole d’accord, la Fédération Béninoise de Football a paraphé un contrat de partenariat avec son homologue de la République française. Selon les explications du vice-président de la FBF, Bruno Didavi, la Fédération Française de Football (FFF) est disposée à recevoir l’équipe A du Bénin pour des stages. Elle va envoyer le Directeur Technique National de la FFF au Bénin au mois d’avril prochain pour une mission de prospection au cours de laquelle il va recueillir les besoins du Bénin. Aussi, la FFF va accompagner l’arbitrage béninois, assurer la formation du personnel de la FBF. D’un autre côté, la Fbf a également noué un contrat de partenariat de 2 ans renouvelable par tacite reconduction avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRM), lors d’une mission conduite par Anjorin Moucharaf et Bruno Didavi dans le pays des Lions de l’Atlas. Ce partenariat appelle la Fédération royale marocaine à accueillir et former les cadres du milieu footballistique béninois sur le mode de fonctionnement et la formation en arbitrage. Outre ces points, le contrat invite la Frm à accueillir les sélections béninoises de catégorie d’âge ainsi que les sélections féminines pour des stages de préparation.

« Nous ne pouvons ne pas soutenir Issa Hayatou pour ces élections à la CAF »
Parlant des activités liées aux équipes nationales, il faut retenir leur engagement dans les compétitions statutaires de la Caf dont le Chan. Ce qui a suscité des réactions de certains acteurs du football. Mais pour leur répondre, le président Anjorin a laissé entendre que le Bénin ne perd rien en jouant. « Nous voulons permettre aux jeunes joueurs béninois qui ont fait leur preuve lors du tournoi de l’Uemoa à Lomé en décembre dernier de pouvoir poursuivre sur la même lancée. C’est notre vision», a-t-il déclaré avant d’ajouter «je sais que nous ne sommes pas en championnat. Mais, il faut tenter le coup car je suis un homme qui aime prendre de risque. Nous jouons le Togo en aller retour. Après, on tombera sur le Nigeria. Ce qui peut nous marcher en son temps». Sur la question de la participation du Bénin au dernier congrès de la CAF, le président Anjorin a été bref. «Le Bénin a toujours soutenu le président Hayatou. C’est donc normal que pour ces élections, nous allions encore avec lui par loyauté. Il a échoué. Nous avons aussi échoué parce que les gens voulaient le changement. Cette page pour moi est tournée et je pense que nous devons penser à autre chose », a-t-il conclu, tout en invitant tous les membres du comité exécutif à se rendre plus disponibles afin que la Fbf puisse bouger effectivement.

Anselme HOUENOUKPO

Débrayage dans le secteur de la santé: « C’est un crime contre les malades », dixit Adrien Hounsa

Président de Gasvie ONG, Adrien HounsaEn janvier dernier, l’ONG Groupe d’action pour la santé et la vie (ONG Gasvie-Bénin) a adressé une lettre à plusieurs personnalités au sujet des mouvements de grève dans le secteur santé au Bénin. Trois mois après, le président de Gasvie ONG revient sur cette démarche dont il explique les raisons, et fait des suggestions pour une autre gestion des mouvements de grève dans le secteur.

L’Evénement Précis : Vous avez adressé en janvier dernier une « lettre d’alerte » à un certain nombre de personnalités sur la grève dans le secteur de la santé. Qu’est-ce qui explique cette démarche?    

Adrien Hounsa : « Cette lettre est le fruit d’une réflexion que nous avons eue au niveau de l’ONG au sujet des malades qui meurent massivement en cas de grève. Nous avons réfléchi et cherché à savoir les raisons pour lesquelles les agents de santé se mettent en grève, pourquoi au Bénin la grève est devenue la nouvelle maladie qui tue massivement, et pourquoi on traîne les pas. Nous avons réfléchi à cette problématique et nous nous sommes dit qu’il fallait que nous nous adressions à une masse importante de ceux qui ont la gouverne de ce pays, afin que ces personnes, une fois sensibilisées, puissent changer le cours habituel des choses et faire quelque chose. Nous l’avons fait parce que nous avons compris qu’il faut régler le problème globalement et non de façon isolée. Ecrire au seul ministre de la santé n’est pas suffisant ; la preuve,  lorsque les médecins en spécialisation ont revendiqué la dernière fois, il a fallu l’intervention de la présidence pour essayer de trouver des solutions. Notre lettre est une lettre d’exhortation pour que chacun, au niveau qui est le sien, ne lambine plus, surtout lorsqu’il s’agit de la santé ».

Qui avez-vous ciblé ?
« La lettre a été envoyée au ministre de tutelle, le ministre de la santé. Nous l’avons également envoyée au ministre de l’Economie et des finances, à la ministre de la fonction publique, au ministre de la justice, à la ministre de l’enseignement supérieur et au ministre des Affaires étrangères. Le président de la Cour suprême figure au nombre des destinataires de cette lettre, également le représentant-résident de l’Oms au Bénin, les partenaires techniques et financiers du secteur santé, les confédérations syndicales, les organisations des droits de l’homme, les  présidents des ordres, associations, et les secrétaires  généraux des syndicats du ministère de la santé. Ils sont tous destinataires au même titre, et c’est seulement le président de la République qui l’a reçue en ampliation spéciale. Nous avons écrit à tout ce monde, parce que les résolutions d’Alma Ata en 1978 ont affirmé que le règlement d’un problème de santé est multidimensionnel et ne relève pas que du seul ministère de la santé. Il s’agissait dont pour nous, à travers notre démarche, de faire des suggestions en vue de solutions conjuguées et efficaces ».

Que vous ont-ils répondu ?
« Depuis le mois de janvier que la lettre a été envoyée, c’est seulement la Confédération des syndicats autonomes du Bénin, la Csa-Bénin qui nous a fait le devoir patriotique et le devoir administratif d’accuser réception et répondre. Bien qu’ayant l’adresse de l’ONG sur la correspondance, personne parmi tous les autres, n’a daigné accuser réception. C’est ce qui montre qu’il n y a que la politique qui intéresse au Bénin. Cette attitude est révoltante, parce que c’est le minimum qu’on puisse faire quand on est dans ’administration. Ils ont tous reçu la lettre.

Que contient cette « lettre d’alerte » ?
Cette lettre a été écrite pour montrer les causes de la grève et stigmatiser clairement la responsabilité de ceux qui dirigent ce ministère, parce qu’ils font du deux poids, deux mesures. Aucun médecin n’a aucune doléance non satisfaite, mais toutes les autres corporations de ce ministère ont des dossiers de revendications et de doléances qui n’ont jamais été satisfaites. Et on donne l’impression qu’il suffit que le médecin soit là pour que tout soit réglé, alors que c’est archi faux. Le médecin pose le diagnostic, les autres corporations paramédicales traitent le malade. Poser le diagnostic et traiter sont deux actes qui se complètent indubitablement, comme les deux lignes du rail qui conduisent le train à destination. Les gens font du deux poids, deux mesures, la corporation paramédicale est bafouée, alors que les paramédicaux font plus de 90% de la masse de travail sur le malade. Le personnel administratif aussi court des risques qu’on ne peut pas négliger. Le deux poids deux mesures est source de frustration, source d’injustice et dans ces conditions,  les gens ne peuvent pas accepter de mourir de faim pendant qu’autour d’eux, d’autres sont en train de resplendir.

Vous disiez avoir réfléchi sur les raisons de la grève. Pouvez-vous citer quelques-unes de ces raisons ?
Depuis des années, la grève a été toujours un refus de l’administration de céder ce qui était promis, ou de céder à ce qui peut se faire. Et lorsque vous promettez quelque chose à un groupe de travailleurs qui se trouve dans le besoin, et que vous ne tenez pas vos promesses, vous créez une injustice vis-à-vis de ces personnes qui sont victimes. Et quand vous le faites à certains groupes et que vous laissez d’autres, vous créez un mécontentement beaucoup plus social que les gens ne peuvent pas supporter, parce que c’est teinté d’injustice. Les causes de la grève varient d’une structure à une autre,  mais dans la santé, c’est la mauvaise gouvernance des médecins-ministres qui en est la principale. On ne peut pas laisser ce ministère dans les seules mains des médecins ou des gens qui ne sont pas formés pour. Au départ, on pouvait avoir des raisons de le faire mais aujourd’hui, on a beaucoup d’administrateurs hospitaliers, et aussi beaucoup de cadres supérieurs sachant gérer les ressources du secteur de la santé, les ressources humaines, financières et matérielles.  On ne peut donc pas continuer de faire de l’à peu près. Laisser la gestion du ministère de la santé aujourd’hui à des médecins, c’est faire de l’à peu près, c’est ne  pas vouloir atteindre les objectifs. Et leur position revancharde fait qu’en dehors des médecins, aucune autre corporation n’est capable de faire quoi que ce soit, alors que c’est très faux. Ce n’est pas normal qu’on laisse le ministère de la santé dans les mains de médecins qui n’ont pas couplé leurs connaissances d’une école régulière de gestion de ressources du secteur de la santé. Dans ma promotion du Cesag (le Centre africain d’études supérieures en gestion, basé à Dakar, Ndlr), il y avait des médecins spécialistes venus étudier la gestion des ressources du secteur de la santé. Au Cameroun, et un peu partout ailleurs en Afrique, aucun médecin n’occupe une fonction administrative et de gestion du secteur de la santé si, en plus de son diplôme de médecin, il n’a un diplôme d’administration et de gestion des hôpitaux. Pourquoi au Bénin faisons-nous de l’à peu près ? Les administrateurs sont la cinquième roue du carrosse. On les utilise pour des tâches très peu professionnelles et c’est dommage que le ministère de la santé puisse tourner dos à des cadres qui peuvent s’occuper de la gestion des hommes et des femmes, du matériel de travail et de l’argent.

Vous semblez très remonté contre la nomination de médecins comme ministres de la santé
Le médecin traite la maladie ; il ne gère pas les ressources qui permettent de traiter la maladie. Il s’agit de gérer les ressources du secteur de la santé, et non pas d’être spécialiste de la santé. Les spécialistes sont au pied du malade. Quand on les met à gérer des choses, ils transforment tous les fonds en des fonds d’atelier et de séminaires. Le médecin gère les malades, il ne gère pas les ressources du secteur santé.  Celui qui doit écouter le malade, le faire examiner, lui demander un bilan, faire une prescription et surveiller l’état évolutif du malade, on le met dans un bureau, on lui remet des milliards qu’on lui demande de gérer. Ce n’est pas possible.

Que préconise alors l’ONG Gasvie-Bénin pour une meilleure gestion des mouvements de grève dans le secteur santé au Bénin ?
Ma proposition est très simple. Lorsque le groupe d’agents de santé se met d’accord avec son administration sur les besoins à satisfaire, on se met d’accord sur un calendrier et le moment venu, on les satisfait. Les gens n’auront plus aucune raison d’aller en grève. La grève dans le secteur santé est un crime contre les malades. Parce que c’est les malades qu’on punit. Les autorités et leurs parents ne se font pas soigner au Bénin. La capacité d’être responsable, c’est apporter des solutions aux problèmes qui se posent à ceux qui dépendent de vous. Si vous êtes incapable de trouver des solutions, vous déposez le tablier.C’est aussi simple que ça.

Qu’auriez-vous à dire pour conclure ?
Pour moi, l’essentiel est qu’il n’y ait plus de grève dans le secteur santé. Les revendications des travailleurs du secteur santé doivent être écoutées. Si l’autorité est d’accord qu’on doit pouvoir leur accorder ce qu’ils demandent, il ne faudrait pas que l’autorité continue de faire traîner les pas jusqu’à ce que les gens lancent un mot d’ordre de grève. L’autorité doit courir dans les mêmes conditions qu’elle court lorsqu’il y a une épidémie de choléra. On ne peut pas traîner les pas, car la grève fait des ravages. Et la grève est due essentiellement au fait que l’autorité s’assoit sur les points de revendication sur lesquels elle s’est mise d’accord avec les représentants des travailleurs.  Si l’autorité peut réfléchir à cette lettre et voir ce qui peut être fait, ça ira mieux dans le secteur de la santé.

Réalisé par Flore S. NOBIME

Débats sur le changement ou non de République dans le projet de révision de la Constitution: Les preuves d’une non réécriture de la Constitution

Des polémiques s’enflent davantage depuis que le gouvernement a transmis le projet de révision de la constitution au parlement et a dévoilé le contenu au grand public. Des spécialistes en parlent. Les novices aussi. Tout ceci démontrant à suffisance la vitalité de la démocratie béninoise. Reste que des analyses et commentaires qui  en ressortent depuis peu  dans le milieu de ceux qu’il faut considérer comme de purs techniciens,  ne manquent pas de semer des confusions. En précisant  tout clairement à l’article 2 du projet de loi  que  « La présente loi constitutionnelle ne constitue pas l’établissement d’une nouvelle Constitution et n’emporte pas l’entrée en vigueur d’une nouvelle République », le gouvernement pensait sans doute lever tout doute dans les esprits, mais il y a en qui, se basant sur le nombre d’articles et les matières modifiés, dénoncent une sorte de « réécriture de la constitution » craignant du coup l’avènement d’une nouvelle République. Mais  l’on ne devrait pas perdre de vue qu’il y a déjà  eu dans le passé, un ex-projet de révision avec une envergure plus grande, sans  que ses initiateurs ne parlent d’une nouvelle République ; même si des  soupçons pesaient fortement dans ce sens  quant à la stratégie alors mise en orchestration par ceux-ci pour se maintenir au pouvoir. A contrario, le présent projet a déjà réglé cette  crainte dans l’opinion publique.
Il est à rappeler que le projet introduit par l’ancien régime sur la base du rapport de la commission Gnonlonfoun à laquelle ont appartenu certaines éminences, se proposait de toucher à au moins 90 articles de la Constitution, soit plus de 52% de son contenu. Le préambule même de la Constitution a été modifié. Et à ce propos justement, le professeur Joseph Djogbenou avait fait une lecture détaillée du projet pour en exposer le contenu. Ce qui n’a rien à voir avec le projet actuel. A titre de comparaison, le projet initié par le gouvernement Talon se propose de modifier 43 dispositions, soit 26,8% du texte, et de créer 15 nouveaux articles, soit 9,2% de l’ensemble des 160 articles actuels. Alors que le  précédent projet de loi transmis à l’Assemblée nationale par le décret n°2013-255 du 6 juin 2013 contient 173 articles contre 160 dans la constitution actuelle, soit une augmentation de 13 articles (7, 51%). Les articles modifiés sont au nombre de 90, soit 52,023%. Neuf (9) institutions républicaines sont prévues par le nouveau projet contre six (6) dans le texte actuel. Il est donc attendu une augmentation des organes institutionnels à hauteur de 33%. Le préambule lui-même est constitué, dans le projet transmis, de 613 mots contre 469 dans le texte actuel soit une modification à hauteur de 23,49 %. Dans l’ensemble, le texte initial est profondément remanié, transformé à hauteur de 52, 023%.
Bref,  il est utile que  des débats plus sains et plus objectifs soient faits autour du présent projet qui, a fortiori, connaîtra des amendements certains, lors de son examen au parlement.

Christian Tchanou

Assemblée nationale: Le Code des marchés publics modifié

Les députés ont repris ce lundi 20 mars 2017, les travaux d’examen de la proposition de loi portant modification du Code des marchés publics en vigueur au Bénin. Après la suspension des travaux, le vendredi dernier, la Commission des finances et des échanges de l’Assemblé nationale a intégré des amendements et autres informations reçues du gouvernement pour améliorer le rapport de ses travaux qui a été soumis à l’appréciation des députés, le lundi dernier au Parlement. La proposition de loi modifiant et complétant la loi N° 2009-02 du 07 août 2009, portant code des marchés publics et des délégations de service public en République du Bénin, proposée par l’honorable Jean-Michel Abimbola compte 154 articles répartis en 7 titres. Elle vise selon le rapport à améliorer les conditions applicables à tous les marchés publics et surtout le renforcement du contrôle de la passation des marchés publics. Elle définit de ce fait, les attributions de la Direction nationale de contrôle des marchés publics et fixe les règles régissant la passation, le contrôle l’exécution, le contrôle, et la régulation des marchés publics au Bénin ainsi que la procédure d’autorisation du gré à gré. Les députés ont à travers un débat houleux, montré qu’ils se sont imprégnés des différents articles de la loi modificative. Ils ont déploré la création des structures de représentation, ce qui, aux dires des députés Augustin Ahouanvoébla, Boniface Yèhouétomè et autres, pourrait alourdir la procédure de passation des marchés publics et créer la confusion dans les rôles de passation et de contrôle. L’honorable Barthélémy Kassa a exigé de ce fait, la prise par le gouvernement des mesures de contrôle pour assurer la transparence dans la passation des marchés publics. Le gouvernement représenté par le Ministre de l’économie et des finances et le Garde des Sceaux a apporté des clarifications face aux inquiétudes des députés. Les sept titres du texte ont été examinés et adoptés ainsi que l’ensemble du texte proposé et amendé à l’unanimité des députés présents et représentés.

Germin DJIMIDO

La Fondation œcuménique pour la paix en Afrique reçue en audience à la Cour suprême: Les Conseils de Ousmane Batoko au Président de la Fopa, Gilbert Dake Djokess

FOPA DJokess DAkeUne délégation de la Fondation œcuménique pour la paix en Afrique (FOPA), conduite par son président, Gilbert Dakè Djokess a été reçue, ce mardi 21 mars 2017 par le Président de la Cour Suprême, Ousmane Batoko. A l’occasion, Ousmane Batoko a prodigué quelques conseils à son hôte afin qu’il puisse mieux accomplir sa mission de promotion de la paix et de dialogue interreligieux.
« Cette mission que vous vous êtes assignée est une lourde charge. Vous n’aurez sûrement pas du temps pour vous-même, parce que  vous serez sollicité à tout moment. Je vous y encourage vivement ». Ce sont les premiers mots d’encouragement prononcés par le Président de la Cour Suprême à l’endroit de la délégation de la Fopa et de son président, Gilbert Dakè Djokess.  Une délégation constituée de neuf membres, tous responsables de cette institution de droit commun, spécialisée dans le règlement des crises interreligieuses et de la promotion de la paix. Elle était au Cabinet du président de la Cour suprême pour trois points essentiels, à savoir, recevoir des conseils du président Ousmane Batoko pour mieux accomplir sa mission, le solliciter pour la résolution de la crise qui oppose les fidèles de l’église Pentecôte de la Foi depuis près d’une décennie et pour laquelle la médiation de la Fopa est sollicitée et enfin, inviter officiellement, le président de la Cour Suprême à la Journée Œcuménique nationale pour la Paix qu’elle organise dans l’Ouémé-Plateau, précisément à Porto-Novo, le samedi 22 avril 2017. Sur le premier point lié aux conseils du président de la Cour suprême, Ousmane Batoko conseille au président de la Fopa, de cultiver l’humilité avec ses collaborateurs, autour de lui et dans la gestion des différents conflits pour lesquels il sera sollicité. Car, la vérité, selon ses explications, c’est la course effrénée au pouvoir qui conduit les hommes à s’entredéchirer.  « Le pouvoir est une menace pour la paix », a-t-il martelé tout en réitérant l’entière disponibilité de la Cour suprême à accompagner la Fopa dans sa mission. Pour ce qui concerne le point lié à la gestion de la  crise entre les fidèles de l’église Pentecôte de la Foi, le président de la Cour suprême a invité son hôte à provoquer le dialogue entre les deux ailes.  Il a surtout promis sa disponibilité au président de la Fopa pour que ce conflit connaisse enfin son épilogue. A propos du dernier point relatif à l’invitation du président de la Cour suprême à la Journée œcuménique nationale pour la paix, Ousmane Batoko a instruit ses collaborateurs présents à la rencontre, à prendre tous les contacts nécessaires avec la Fopa afin que les discussions puissent se poursuivre après l’audience. Des engagements et conseils à l’issue desquels la délégation de la Fopa a pris congé des lieux après une photo de famille.

Donatien GBAGUIDI