Category: Société

Appui de la Banque Mondiale aux communes: Le Bénin obtient un complément de 17 milliards d’appui au Pgud II

La salle de conférence de la Banque Mondiale au Bénin a abrité le vendredi dernier une rencontre entre les représentants de l’institution financière et la presse. Il s’est agit pour eux d’informer de l’état des négociations au sujet du financement complémentaire sollicité par le Bénin au Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (Pgud)  II.

Animée par le représentant du représentant de la Banque Mondiale au Bénin Fily d’Almeida, chargé d’opérations Principales en Développement Humain II, Région Afrique et le coordonnateur de la cellule de pilotage du Pgud II, Gaston Boco, du Directeur de cabinet du Ministère de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière  Joseph Kechion et du chef du Projet, Franck Bousquet, cette conférence de presse a permis aux communicateurs de mettre en lumière les nombreuses réalisations issues du Pgud II dont l’impact sur les populations est perceptible à travers l’amélioration de leurs conditions de vie. En effet, aux dires des représentants de la Banque, ce sont à plus de 230.000 citadins que la mise en Å“uvre de ce projet a donné l’accès au réseau routier et à 38 000 autres habitants contre les inondations périodiques. Ainsi, à travers réhabilitation, pavage et assainissement des voies, le Pgud II,  né pour élargir l’accès des habitants des principales villes du pays (Cotonou, Porto-novo et Parakou) ainsi que quelques villes secondaires telles que Abomey-Calavi, Kandi et Lokossa a favorisé l’accès aux équipements d’infrastructures et aux services de base. C’est à la lumière des impacts positifs de la mise en Å“uvre du Pgud II et à l’importance des besoins encore nombreux à satisfaire que le Bénin, à travers la vision du gouvernement du changement a sollicité un programme complémentaire à cet important projet de son partenaire privilégié que constitue la Banque Mondiale. A cet effet, les négociations entre le Bénin et la Banque Mondiale ont abouti à  la signature d’un programme complémentaire de 47 millions de dollars soit 17 milliards de Fcfa. Cette signature a eu lieu dans les locaux du Ministère du Développement et de l’Evaluation de l’Action Publique le vendredi 25 avril dernier. En attendant l’entrée en vigueur de cet accord le 26 septembre 2008,  ce dernier sera soumis au Conseil d’Administration de la Banque Mondiale le 26 juin prochain. Face à la presse vendredi dernier, le Directeur de cabinet du Ministère de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière
 Joseph Kechion a adressé les remerciements du gouvernement à la Banque Mondiale qui s’est toujours disposé à soutenir le Bénin dans sa marche vers le développement.  Selon lui, ce projet entre dans les priorités du gouvernement de Boni Yayi qui place le développement des villes au fronton de ses priorités. Estimant que le financement complémentaire va élargir l’accès des populations aux équipements de base dans les régions ciblées et favorisera du coup la réduction de la pauvreté, le coordonnateur de la cellule de pilotage du projet a dit toute sa joie de voir le Bénin bénéficier d’un rallonge de financement dudit projet. Selon le porte-parole des villes bénéficiaires du PGUD II, Joseph Ahissou, les réalisations du PGUD II sont l’émanations des besoins exprimées par les villes à travers leur plan de développement. Car les villes participent aussi bien à l’élaboration des projets ainsi qu’à leur suivi. Ainsi, précise-t-il, le financement complémentaire permettra par exemple à Porto-Novo, la ville dont il relève, d’améliorer les travaux d’assainissement engagés dans les quartiers comme Koutongbé, Hounsoukpo. Ces énormes investissements dont les Å“uvres sont palpables méritent des soins particuliers ont indiqué  les experts de la banque mondiale qui attendent d’ailleurs des villes qu’elles accroissent la sensibilisation auprès des populations pour un meilleur entretien des ouvrages. C’est d’ailleurs le prochain défi de l’institution, a laissé entendre le représentant du représentant résident de la Banque mondiale au Bénin qui indique qu’il il y a la mise en place d’un mécanisme de suivi des projets.
Jean-Claude D. DOSSA

Campagne Mondiale pour l’Education pour Tous à Parakou : La «Cboept» lutte pour mettre fin à l’exclusion des enfants

 La Coalition béninoise des organisations pour l’éducation pour tous ( Cboept) a marqué d’un cachet spécial la célébration de la 8ème édition de la semaine mondiale  d’action pour l’éducation pour tous. Cette organisation a mobilisé les enfants pour un plaidoyer en faveur de l’éducation pour tous. C’était le  25 avril dernier à Parakou .

«Une éducation  de qualité pour tous pour mettre fin à l’exclusion maintenant». C’est le thème central de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation pour tous.  C’est autour de ce thème que le plaidoyer des enfants  de Parakou a été axé. Trois caravanes  à travers le pays ont été organisées  dans les départements du Zou et des Collines, le Borgou et l’Alibori, le Mono et le Couffo pour plaider en faveur de l’éducation pour tous. La caravane de Parakou  sous la conduite du Trésorier général de la Coalition béninoise des organisations pour l’éducation pour tous M. Richard Houndjo, a mobilisé plus de 400 enfants et a échoué à  la direction départementale de l’enseignement  maternel. Dans leur plaidoyer,  les enfants ont rappelé a l’autorité en chargé de l’éducation primaire dans le Borgou et l’Alibori qu’en avril 2000, les dirigeants du monde se sont réunis à Dakar au Sénégal pour faire le pari d’atteindre en 2015 les six objectifs de l’Education pour Tous. Malgré cette promesse, dira le porte-parole des enfants, «aujourd’hui dans le monde, 774 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire, 72 millions d’enfants sont privés de toute chance d’aller à l’école et dans les pays en guerre, de conflits, de catastrophes naturelles, c’est seulement 2% qui ont accès à l’éducation». «Chez nous au Bénin, plus de sept cent mille (700.000) enfants déscolarisés et non scolarisés ne sont pas pris en compte par le système éducatif national selon une étude réalisé par le ministère des enseignements primaire et secondaire en 2006 avec l’appui de l’Unicef». Selon le porte-parole des enfants, malgré les efforts du chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi pour redorer le blason de l’école béninoise, la situation n’est guère reluisante et le taux de fréquentation scolaire dans les départements reste encore sombre car beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés. Les enfants ont souhaité que le autorités en charge de l’éducation ordonne que dans les localités rurales, l’inscription scolaire devienne obligatoire pour tous les enfants en ge. Il exige aussi du gouvernement un personnel enseignant qualifié et des infrastructures modernes et équipées et des conditions de vie décentes pour les enseignants. Le directeur départementale de l’enseignement maternel et primaire du Borgou-Alibori  a écouté avec attention les doléances des enfants et a pris l’engagement de rendre compte aux autorités gouvernementales afin que cesse l’exclusion des enfants.
Christophe D. ASSOGBA

Construction d’infrastructures scolaires: La France octroie 655 millions au Bénin

Les gouvernements du Bénin et de la France à travers le ministre des Finances et de l’économie M. Soulé Mana Lawani et l’Ambassadeur de France au Bénin, Sem Hervé Besancenot ont signé un avenant à la convention du programme «éducation pour tous». C’était lundi dernier au ministère des Finances.
D’un montant global de 655 millions de francs CFA, cet avenant porte sur une aide complémentaire  du gouvernement français à la convention du programme «Education pour tous». Ces fonds mis à la disposition du gouvernement béninois sur la demande du Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi lors de sa visite en France serviront au financement de la construction de salles de classe à travers le pays. Le ministre des Finances et l’Ambassadeur Besancenot au cours de la cérémonie de paraphe des documents de cette aide ont rappelé les circonstances dans lesquelles cette aide a été sollicitée. Selon eux, c’est le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi qui a évoqué à son homologue français Nicolas Sarkozy le manque d’écoles au Bénin pour contenir le flot grandissant des écoliers et élèves au lendemain de la décision de gratuité de l’enseignement maternel et primaire. Le président français a répondu favorable à la requête du président Bénin Yayi et cet avenant vient compléter les 9,8 milliards du programme « Education pour tous». Le ministre Soulé Mana Lawani a assuré la partie donatrice de l’utilisation efficiente de cette aide afin qu’elle puisse résoudre le problème de manque criard d’école notamment dans les zones rurales du pays.
Christophe D. ASSOGBA

BENIN: Un Haut Commissariat à la gouvernance concertée installé

Cérémonie d'installation du Haut Commissariat pour la Gouvernance concertée   Boni Yayi met Moïse Mensah et son équipe au travail

Le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a procédé hier matin à l’installation des membres du Haut Commissariat à la gouvernance concertée. C’était en présence de l’Administrateur général du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) Sem Kemal Dervis, des membres des institutions de la République et du corps diplomatique accrédité au Bénin.

Les membres du Haut Commissariat à la gouvernance concertée ont pris officiellement fonction. L’équipe du ministre Moïse Mensah a été installée par le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi. La cérémonie a eu lieu au Palais des congrès de Cotonou en présence de nombreuses personnalités dont l’ Administrateur Général du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), Sem Kemal Dervis. Cette nouvelle institution de la République que dirige le haut fonctionnaire internationale, l’ancien ministre des Finances M. Moïse Mensah va permettre de renforcer le dialogue pour une meilleure gestion dans la transparence des affaires de l’Etat. «Dans notre quête de l’intérêt général,  et de l’équité, une exigence s’impose à nous : celle du dialogue qui permet une meilleure compréhension de l’autre, dans le respect mutuel et la tolérance réciproque, facteurs de paix et de cohésion nationale»,  a affirmé le chef de l’Etat pour justifier l’opportunité de la mise sur pied de cet organe. Pour le premier magistrat de la République, le service à lui confié par le peuple nécessite l’écoute, le recueil des sentiments profonds des populations. D’où l’importance de cette institution qui servira de pont entre le peuple, l’administration et les autorités étatiques pour une meilleure gestion des affaires dans la bonne gouvernance. Et c’est en cela que la mission ne sera pas de tout repos pour le  ministre Moïse Mensah et ses collaborateurs qui doivent initier de nombreuses actions en vue d’une gouvernance véritablement concertée gage de la transparence dans la gestion de la cité et  du développement du pays.
Christophe D. ASSOGBA

Echanges sur le Pturalisme et transhumance: Le Ministre Koudénoukpo rassure les éleveurs Peuhls

Le ministre de l'environnement Juliette Koudénoukpo appuyé par le Colonnel peuhl Mama Sambo  Elle suggère la mise sur pied d’un Cadre de concertation avec les éleveurs Peuhls
Le Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature Juliette Biaou Koudénoukpo était le samedi 9 février 2008 au tréfonds du Bénin dans la localité de Guéné à Malanville pour entretenir les éleveurs peulhs de cette localité confrontés à de sérieux problèmes de pturalisme et de transhumance.
C’était une communauté des Peuhls Eleveurs de Malanville Des échanges en présence d'une forte colonie peuhl éleveurs                très heureuse qui était face à un ministre de l’environnement déterminé à rencontrer cette couche de la société, à les entretenir sur les problèmes qui sont particuliers à eux mais qui constituent des préoccupations sérieuses pour le développement de l’Elevage au Bénin. Les grands moyens ont été déployés pour rassurer la communauté Peuhl qui s’imagine véritablement marginalisée dans la prise en compte des préoccupations des différentes communautés.

Aux grandes missions les grands moyens !
A bord d’un airbus de quinze places pavoisé aux couleurs nationales béninoises, la délégation du ministère de l’environnement qui a décollé de la base aérienne de Cotonou vers 8heures 20 minutes a foulé la piste d’atterrissage de Kandi dans le Nord profond autour de 10 heures 41 minutes. A une trentaine de minutes de cette piste, dans la localité de Guéné à Malanville, des centaines de peuhls attendaient comme dans un rêve, la venue du « Messie » tant ils étaient subjugués par les problèmes de  pturalisme et transhumance. Quand la forte délégation composée du Ministre de l’environnement, du Directeur de cabinet et d’autres membres du cabinet accompagné par l’actuel Directeur Général du Cenagref appuyé par la présence des fils du terroir tels le Colonel Mama Sambo, a fait son apparition au lieu des manifestations, les scènes de témoignages d’allégresse par rapport à cet acte inédit du ministre de l’environnement étaient multiples. Chants, danses, numéros d’expression de grandes joies€¦ les Peuhls avaient du mal à maîtriser leur état d’me.
Cependant cette grande gaieté n’a pas fait occulter aux Peulhs, les grands problèmes  qui soutendaient la sollicitation de la descente du ministre de l’environnement.

Une oreille attentive aux doléances des éleveurs !
C’est en présence des maires des communes de Malanville et de Karimama, du Roi de Guéné que les populations d’éleveurs peulhs ont présenté avec une énergie de dernier recours au ministre de l’environnement Juliette Koudénoukpo, les problèmes de pturalisme,  transhumance transfrontalière et la gestion des conflits auxquels ils sont confrontés au quotidien et qui entravent foncièrement le développement de l’élevage dans leur localité et par ricochet dans tout le Bénin.
Plusieurs associations d’éleveurs sont intervenues pour une peinture accablante des conditions d’élevage dans cette localité du pays qui demeure pourtant l’un des points les plus riches du cheptel béninois.  Pour l’Aspeb, les problèmes de pturage, d’absence récurrente de points d’eau pendant  les saisons sèches, l’arnaque des éleveurs les forêts etc. sont les doléances les plus préoccupantes et les plus urgentes. Quant à l’Anoperb, c’est avec une vision plus circonspecte et plus prospective qu’elle a abordé ses doléances. Ainsi, la professionnalisation des éleveurs semblent être prioritaire à ses yeux. Selon l’Anoperb, l’équation  d’exiguïté de l’espace de pturage se pose avec acuité dans un environnement assez concurrentiel où les départements d’Alibori Borgou qui détiennent les 2/3 et du cheptel national, doivent s’assurer l’espace cultural en tant que première région productrice de coton. Ces problèmes joints à l’inorganisation
des transhumances transfrontalières sources de plusieurs conflits et la caducité des textes et loi régissant le secteur d’activité a suggérer quelques pistes de solutions au ministre à travers l’élaboration d’un Code pastoral, l’aménagement d’espaces agropastoraux, la mise en place de lieux de vaccination des animaux€¦
Pour le ministre de l’environnement qui justifiait sa présence à la tête de cette délégation par l’interpellation des responsables des airs protégés dans les différentes crises dans la communauté et par les instructions personnelles du Chef de l’Etat, il y a  au nombre des problèmes soumis à son attention, ceux dont le règlement est purement endogène à la communauté Peuhl. Par contre pour les autres problèmes, le ministre ne s’est pas empêché de reposer la grande équation qui se pose à l’Etat dans les résolutions des contentieux entre les éleveurs et les responsables des airs protégés. Selon le ministre, « si la vache pour le Peuhl est sa vie », « il faut tout de même sauvegarder les airs protégés dans l’intérêt des populations ». Il apparaît dès lors l’absolue nécessité d’un dialogue continu entre l’Etat et les éleveurs de bétails afin davantage d’éclairage sur les décisions et actes du gouvernement. A cet effet, le Ministre Juliette Koudénoukpo a suggéré un Cadre de concertation au ministère de l’élevage afin d’une meilleure écoute des éleveurs en général et des éleveurs Peuhls en particulier.
Médard GANDONOU

Lancement du projet de la zone de Todomè: La reconstruction du marché Dantokpa se précise

Issa Demole MOKO, Ministre de la Décentralisation   Le ministre de la Décentralisation, des Collectivités locales et de l’Aménagement territoriale, Issa Démolé Moko a procédé vendredi dernier au lancement de la première pierre des travaux de la deuxième phase du projet de reconstruction de la zone de Todomè au marché Dantokpa. Le Chef de l’Etat, le président Boni Yayi est attendu dans quelques jours pour le premier coup de pioche qui va concrétiser le démarrage effectif des travaux.
Le DG Sogema Tamègnon posant la première des travaux de reconstruction   Le lancement de cette deuxième phase porte à trois milliards de francs Cfa, les engagements du gouvernement dans les marchés Dantokpa en moins d’un an. Cet investissement de 515 boutiques et magasins, de 502 places sous hangars, de 2 points de regroupement des ordures à Dantokpa, de 10 nouvelles bouches d’incendies et d’un local infirmier de premiers soins. Pour Lambert Koty, directeur général de AGETUR, cette deuxième phase des travaux concerne la zone sinistrée 3 et deux autres zones adjacentes de Todomè. 220 boutiques et 55 magasins collectifs modernes, la construction de 250 places et hangars de marché, la construction de 2 batteries de toilettes publiques, la construction de 6 nouvelles bouches d’incendies, l’aménagement VRD des espaces, la construction d’un nouveau point de regroupement des ordures, l’acquisition des bacs à ordures€¦C’est la présentation du projet faite par Lambert Koty lors de la cérémonie.  Le directeur général de la Sogema Joseph Tamégnon a exprimé la joie et l’enthousiasme des usagers des marchés de la Sogema pour l’espoir des lendemains meilleurs que le gouvernement fait naître en eux dans une politique de grands travaux visant à terme, la construction de l’ensemble des marchés Dantokpa-Gbogbanou et Ganhi. « Les différents chantiers qui seront ouverts créeront des désagréments et des nuisances que la direction générale de la Sogema s’engage à gérer au mieux afin de réduire leurs conséquences sur les usagers aussi bien dans les zones concernées par les travaux que celle de délocalisation provisoire d’activités », a laissé entendre Joseph Tamégnon qui souhaite que les actions entamées ou programmées se poursuivent à un rythme soutenu jusque sur le dernier mètre carré du périmètre couvert par la gestion de la SOGEMA. Le ministre de la Décentralisation, des Collectivités locales et de l’Aménagement territoriale, Issa Démolé Moko a rappelé que c’est en juin 2007 que le président Boni Yayi a pris l’engagement de transformer le marché. « Tous les ans, le budget national va débloquer une somme très importante afin que dans quelques années, on finisse avec les anciens hangars », a laissé entendre le ministre qui demande aux usagers de la zone en construction de prendre patience pendant l’exécution des travaux qui dure 4 mois.
Gabin Euloge ASSOGBA

Entretien avec Esther Tekelenburg et Meike Korpershoek, volontaires de l’ONG « Peuple du Monde »: « Une journée porte ouverte pour donner vie et moyens aux orphelins »

Esther Tekelenburg et Meike Korpershoek, volontaires de l'ONG « Peuple du Monde »   L’ONG « Peuple du Monde »  qui s’occupe des enfants orphelins à Abomey tient le 23 février 2008 une journée porte ouverte. Dans le cadre de cette activité, deux volontaires hollandais oeuvrant aux côtés de cette ONG ont accepté nous entretenir sur les objectifs d’une telle journée.
Présentez-nous brièvement l’ONG « Peuple du Monde » ?
L’ONG « Peuple du Monde » est un orphelinat réalisé par Monsieur Médard Landry Amadji qui accueille les enfants de 2 à 17 ans. A l’origine de cette aventure, Monsieur Amadji avait un voisin qui était décédé et il a alors pris la décision de prendre en charge ces enfants orphelins. Pour protéger les enfants et se protéger lui-même, il a décidé de créer l’ONG. L’objectif étant bien sûr de donner de meilleures conditions de vie aux orphelins d’Abomey. 

Qu’est-ce qui justifie vos présences au sein de cette ONG ?
Nous nous sommes deux volontaires venues de la Hollande dans le but d’aider l’ONG « Peuple du Monde » durant deux mois, à avoir des partenaires et de nouveaux  sponsors pour le fonctionnement de l’orphelinat.

Comment un orphelinat arrive-t-il à survivre dans Monsieur Médard Landry Amadji, les deux volontaires hollandaises et les enfants de l'Orphelinat                                le contexte béninois ?
Ce n’est pas facile. Nous vivons des dons des personnes de bonnes volontés. Il y a également pour le centre, quelques sponsors en Europe et aux Etats-Unis qui viennent en appui à l’orphelinat.  Mais actuellement, il y a quelques difficultés au niveau de ces partenaires. Donc, le centre n’a pas les moyens. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous organisons la présente activité en espérant vivement que les bonnes volontés nous accompagnerons.

Parlez-nous de cette activité et quels résultats en attendez-vous concrètement ?
L’ONG « Peuple du Monde » organise à Abomey le 23 février 2008, le Carnaval des Enfants Orphelins qui sera principalement constitué par une journée porte ouverte et une soirée dansante. C’est d’abord une activité récréative qui permettra aux enfants de se réjouir. Mais ce sera aussi une occasion de décrocher d’autres sponsors et bonnes volontés pour l’Orphelinat.

Qu’est-ce qui est spécifiquement prévu au cours de cette journée pour réellement faire plaisir aux enfants orphelins ?
Nous avons programmé beaucoup de jeux, des cours de musique et danse, des séances de sketches conçus par les enfants eux-mêmes, des artistes locales, et un DJ pendant la soirée dansante etc. Divers mets seront spécialement préparés pour le plaisir des enfants.

Avez-vous un appel à lancer dans le cadre de cette activité ou au nom de l’Orphelinat ?
Dans un premier temps, nous invitons toutes les personnes à participer à la Journée Porte Ouverte qui aura lieu le 23 février 2008 à 14 heures à l’Orphelinat « Peuple du Monde » à Abomey et à la soirée qui commence à 19 heures à Pergola à Abomey. Par ailleurs, nous invitons toutes les personnes à penser à ces enfants orphelins et à leur venir en aides à travers les dons en nature ou en espèce. Tout est bienvenu à l’Orphelinat « Peuple du Monde ».

Propos recueillis par Médard Gandonou

Crise de confiance à Amnesty International Bénin: Rejet du comité de médiation de Roger Gbégnonvi

Le Président de Amnesty Internationale  Bénin, Yves Bankolé  Après le spectacle inédit du week-end dernier qui a vu le ministre en charge de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, Roger Gbégnonvi interdire manu militari la tenue du 2ème congrès de Amnesty International Bénin, l’heure est aux tractations pour aplanir les différends qui opposent le bureau sortant à ce dernier.
Ainsi, deux rencontres ont déjà eu lieu entre le bureau dirigé par Yves Bankolé et le camp du ministre Roger Gbégnonvi, par ailleurs membre fondateur du mouvement. Ces conciliabules pour amener les parties à fumer le calumet de la paix, se heurtent cependant au refus catégorique des membres du bureau sortant à se plier à une médiation menée par le comité mis en place par Roger Gbégnonvi et dont l’impartialité et la crédibilité ont été écornées par leur implication dans le différend. En effet, s’appuyant sur les déclarations de soutien exprimées par les anciens présidents et personnes ressources sur les chaînes de télévisions publiques au ministre Gbégnonvi, le camp du président Bankolé récuse ce comité, d’autant plus qu’il ne peut être juge et parfois à la fois dans cette crise de confiance. En outre, pour le bureau sortant, ce comité est entaché d’illégalité d’autant plus que sa mise en place n’est conforme à aucune des dispositions statutaires du mouvement de défense des droits de l’homme. « Roger Gbégnonvi n’a plus le statut de membre de Amnesty International Bénin depuis des années, à quel titre peut-il donc mettre en place un comité pour diriger une institution, donc détachée de sa personne ? », s’interroge l’un des responsables du mouvement. « Il n’a pas qualité pour mettre en place un comité quelconque. Seuls le bureau exécutif, le conseil National et le Congrès ont ce pouvoir. », ajoute t-il.
Tout en réaffirmant sa disponibilité à Å“uvrer pour le retour au calme à travers une autorisation expresse donnée au camp de Roger Gbégnonvi pour auditer les comptes de l’institution, le bureau sortant rejette toute médiation menée par le conseil mis en place par le ministre. En attendant, les responsables s’acquittent de leurs devoirs à la tête de l’institution.
C’est d’ailleurs dans cette optique qu’ils ont été reçus par la 2ème personnalité du pays, le président de l’Assemblée Nationale, Mathurin Coffi Nago afin d’explorer les voies et moyens d’alléger les souffrances des prisonniers au Bénin.
Jean-Claude D. DOSSA

Insatisfaction de leurs revendications: Les enseignants du supérieur à nouveau en grève

Vicentia Boco, le Ministre de l'enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique   Après un moment de répit, l’université d’Abomey-Calavi renoue avec l’inertie. Les enseignants du temple du savoir ont en effet déclenché une grève de 72h pour exprimer leur mécontentement face au traitement dont ils font l’objet de la part du gouvernement. Le Syndicat Autonome de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (Synares) et le Syndicat National de l’enseignement Supérieur (Snes) décrient le peu d’entrain dont fait preuve le gouvernement du Dr Boni Yayi pour apporter des solutions concrètes à leurs revendications. Ces celles-ci, selon la motion de grève des enseignants, ont pour non l’absence d’infrastructures pour dispenser les cours, la multiplication de promesses non tenues par les autorités, le paiement au compte-gouttes des indemnités indues pour le compte de l’année académique 2006-2007, la caducité et la non application du statut des enseignants qui fait des enseignants béninois les moins bien rémunérés de la sous région aux dires du trésorier général du Synares.

Par ailleurs, ils dénoncent l’application des Nouveaux programmes d’Etudes (Npe) et sur le plan national les atteintes aux libertés publiques observées depuis quelques mois dans le pays.

Jean-Claude D. DOSSA

Critique du film Le mur invisible : Tragédie de l’exode africain: La mer, le mur fatal à franchir sur la route de l’émigration

Les bruits assourdissants de la mer en furie occupent l’écran. Ils soufflent aux spectateurs l’identité de ce mur invisible qui sépare certains africains de leur rêve et annoncent les premières images d’un film documentaire, chronique d’une tragédie humaine au cÅ“ur du 21ème siècle : la problématique de l’émigration des Noirs vers l’Europe.

Mer et jeunes africains serviront aux réalisateurs vénézuéliens Carlos Feo et Cécilia Zamudio, à meubler dans une apparence de complicité et d’amour, le premier plan de ce film documentaire réalisé en 2007 qui, sans décrocher un Prix à la 6ème édition du Festival International du Film de Ouidah, était tout de même en compétition avec une bonne impression dans les salles. Une apparence qui ne résistera pas devant les horribles révélations de ce film sur les relations «mer» et «jeunes africains» dans une épreuve d’émigration clandestine.

Quand des rescapés miraculeux d’hécatombes nautiques se souviennent €¦ témoignent du drame€¦ pleurent et n’ont plus que leurs deux gros yeux à l’écran pour le faire. Quand l’écran ressasse les images de la mer vorace de l’me Noire €¦ des corps en putréfaction voguant à la surface de l’océan aux délices des rapaces€¦, l’équation de l’émigration clandestine vers l’Europe reste entière. Mais dans ce film documentaire, les réalisateurs se sont évertués à donner les causes au phénomène et même à situer des responsabilités.52 minutes de conscientisation mais aussi 52 minutes de critiques ouvertes contre le capitalisme occidental, les réalisateurs n’ont pas mis de gants pour dénoncer le phénomène. Ils ont pris position et l’ont assumé durant le temps du film et même après. Carlos Féo, l’un des réalisateurs nous confiera sans ambages à la suite de son film : «Nous avons fait option de dire les choses de façon manichéiste».Cette prise de position face à un problème sur lequel les débats sont totalement ouverts, l’on s’en aperçoit très tôt dans les premières minutes du film. Un zapping brutal sur des images télévisuelles des grands hommes d’Etat occidentaux se prononçant et décidant du sort du continent africain montre de for belle manière l’option des réalisateurs : l’Occident est responsable du drame.

Tous les textes qui défileront à l’écran durant ce documentaire conspirent à accuser vertement l’Europe, les Usa€¦ de la destruction du continent Noir à la base du phénomène de l’émigration. Les réalisateurs réaffirmeront cette prise de position au détour de quelques interviewés tels que Sifo, un émigrant gambien pour qui la cause du phénomène réside dans «l’appauvrissement de l’Afrique». Pour un autre qui sûrement a mieux exprimé la conviction des réalisateurs de ce film «c’est un génocide». C’est plutôt d’un diaporama choc de photographies de cadavres d’africains sur les plages et dans les océans sur un fond musical dramatique, tout commentaire cessant, dont useront les réalisateurs pour dire les mêmes réalités. Et avec le dialogue des images, le drame était véritablement à l’écran.

Néanmoins quant aux causes et responsabilités du drame, le documentaire Le mur invisible : Tragédie de l’exode africain semble s’être laissé à des affirmations plus ou moins faciles. Déjà les personnes retenues par les réalisateurs pour certaines interviews, notamment pour les accusations contre des Etats, semblent ne pas remplir les qualités et compétences minimales pour se prononcer sur des sujets pour lesquels ils sont sollicités. Un simple émigrant ivoirien suffit-il par ce seul statut pour accuser les Usa, d’avoir pillé l’Afrique ? Sans nul doute, il y a des ressources humaines mieux indiquées pour crédibiliser davantage de telles thèses.

En ce moment où des Vénézuéliens prêtent leur caméra à l’Afrique pour dénoncer un drame, la mer : le mur invisible engloutit peut-être à la bordure du continent un espoir Noir à l’épreuve de l’émigration clandestine. Néanmoins, les réalisateurs semblent se nourrir et nourrissent le public d’espoir puisque les chants triomphants de la petite fille noire, repris en chÅ“ur et sur lesquels les écrans de ce documentaire se noirciront, annoncent sans nul doute des lendemains victorieux pour le continent Noir…

Médard GANDONOU
Article disponible sur le site du cinema africain www.africine.org