Category: Société

Rencontre ce jour entre six centrales syndicales et Talon: La CSTB n’était pas demandeuse d’audience

Paul Essè IkoLa Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB), de Paul EssèIko ne sera pas à la rencontre de ce jeudi 16 mars 2017 entre le Chef de l’Etat et les organisations syndicales. Et pour cause, elle ne fait pas partie des six organisations syndicales ayant demandé une rencontre d’échanges avec le Président de la République. Conséquence, le nom de l’organisation n’est pas mentionné dans la liste des centrales invitées au Palais de la République. En réalité, la correspondance N°420/MTFPAS/DC/SP-C en date du 13 Mars 2017 qui est adressée par la ministre de la Fonction publique et des affaires sociales, Adidjatou Mathys, fait suite à un courrier  que les six organisations ont adressé au Chef de l’Etat, au terme de leur forum du 27 février sur l’état de la Nation, et qui a porté sur le thème : « Les défis des libertés et de la Gouvernance à l’ère du régime de la rupture ». La polémique ne devrait être faite d’autant plus que la rencontre est la réponse à une demande. Au nombre des six organisations syndicales concernées, il faut citer  l’Union Nationale des Syndicats du Bénin (UNSTB) , de Emmanuel Zounon,  la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi-Bénin), de Noël Chadaré,  la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de Moudassirou Bachabi,  la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de Anselme Amoussou, la Centrale des Syndicats Unis du Bénin (CSUB), de Christophe Houéssionon et  la Centrale des Syndicats des Secteurs privés, Parapublic et Informel du Bénin (CSPIB) de Christophe Dovonou.

Emmanuel GBETO

Construction d’un pont moderne Cocotomey-Womey: Les travaux avancent contre la volonté d’une frange de la population

Depuis quelques jours, les travaux de la construction du pont devant relier Cocotomey à Womey sont lancés. Longtemps attendue par les populations, cette infrastructure sera une réalité, les deux années à venir malgré la résistance d’une portion de la population de Cocotomey nostalgique de son passé.

Il suffit d’arriver au carrefour de la pharmacie Concorde à Cocotomey et de tourner à droite. A Quelques 500 mètres de la voie principale, il est aisé de remarquer que ce quartier populeux de l’arrondissement de Godomey est en train de changer de visage. Les va et vient des grands véhicules le prouvent aisément. Deux sites se dégagent et se font remarquer à la population et aux visiteurs. Il s’agit du site qui abrite la logistique de l’entreprise qui exécute les travaux et la naissance de l’ouvrage qui fait corps avec le bas-fond de Womey. C’est le terrain du quartier qui est érigé en quartier général de l’entreprise Sogéa Satom. Les moissonneuses, les batteuses, les tracteurs… qui font le tour, toute la journée, viennent se reposer ici pour reprendre le trin quotidien, le lendemain. Mardi dernier, ce site a été aménagé sous le regard averti des contrôleurs du chantier.Sur ce site, hormis les grandes machines, le sable est versé toute la journée. Un peu plus loin, est implanté un hangar qui sert à sécuriser le matériel sensible de l’entreprise. De l’autre côté et à quelques mètres en contournant le Ceg Cocotomey, on tombe sur le site proprement dit.   A l’entrée du nouveau pont en gestation, il est évident de constater l’érection des plaques, des pancartes et des enseignes qui changent le décor du site. C’est pour indiquer le passage aux usagers de la voie, les règles de la circulation et tous les renseignements sur les différentes parties concernées par le projet. Chaque jour, les populations commencent déjà par s’habituer aux bruits et aux passages incessants des engins. Le projet prend corps et avance à grands parts comme si la société exécutante aussi veut livrer l’édifice avant la date butoir. A l’allure où vont les travaux, il est à parier que ce chantier sera livré avant la date indiquée dans le contrat d’exécution. Pour certains habitants de Womey et de Cocotomey « c’est une joie extrême ». Les uns et les autres attendent seulement le jour de la livraison de ce pont moderne. Pour des élèves qui viennent de Womey, « ce sera la fin du calvaire »,  a loué un parent d’élève qui est presque déjà dans l’apothéose.

Une frange de la population opposée

Le chef de quartier que nous avons rencontré le lundi matin nous a rassuré qu’aucune personne n’est contre ce projet. Monsieur Bernardin Coco est allé jusqu’à démontrer comment la population s’est mobilisée, il y a quelques jours, lorsque le directeur des infrastructures, Jacques Ayadji, a fait la remise de site à l’entreprise Sogea Satom. Mais la réalité est là. Une frange de la population est contre l’installation de ce pont de type moderne dans ce périmètre. Certaines familles de la localité sont accrochées à leurs us et coutumes. Selon elles, il y a des fétiches (Dan, Mami, Tron…) que leurs parents ont  enfouis depuis des lustres  dans le bas-fond que le pont va bientôt traverser, ont lâché des personnes installées dans le quartier depuis longtemps. Selon d’autres sources, c’est l’association de développement « Missité » de Womey qui tire les ficelles du bas. A cause des petits sous qu’elle prélève sur les motos, elle ne compte pas accompagner ce projet. Une chose est sûre, la construction de ce pont n’est plus qu’une question de temps. Le ministre des travaux publics, Hêhomey vient ce vendredi donner le top de l’exécution de cet ouvrage qui va s’ériger d’ici quelques mois, au grand bonheur des populations de la localité.

Mathias COMBOU

Interview avec le Professeur Adolphe Kpatchavi , Secrétaire Général de la Commission Nationale Permanente de la Francophonie: « La viabilité de l’espace francophone dépend de l’Afrique »

La communauté francophone célèbre le lundi prochain, 20 mars, la journée internationale de la francophonie. En prélude à cet événement, le Secrétaire Général de la Commission Nationale Permanente de la Francophonie, Professeur Adolphe Kpatchavi nous a accordé un entretien dans lequel il est revenu sur cette célébration au Bénin.  

L’Evénement Précis : La communauté internationale célèbre le lundi 20 mars, la journée internationale de la Francophonie. Que signifie cette journée, et comment est-elle célébrée au Bénin ?

Professeur Adolphe Kpatchavi : « Les souvenirs sont nos forces, disait Victor Hugo, et quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux ». C’est le sens que je puis donner à cette célébration annuelle que je considère comme devoir de mémoire et comme un renouvellement de nos engagements vis-à-vis de cette grande institution qui fait partie de notre identité.
Le 20 mars 1970 est la date souvenir qui a consacré la signature à Niamey au Niger du traité portant création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), aujourd’hui Organisation Internationale de la Francophonie. C’est à cette occasion que depuis 1988, cette fête a été instituée. Nous sommes des millions à travers le monde à fêter aujourd’hui cet évènement historique sur les cinq continents. Au-delà de son caractère festif, la Journée Internationale de la Francophonie constitue également un moment de bilan.
A l’instar de tous les pays de l’espace francophone, la JIF est célébrée au Bénin depuis quelques années sous forme d’une « Quinzaine de la Francophonie ». Le programme de cette année est composé d’une série de 16 manifestations : activités culturelles, sportives, scientifiques, jeux-concours de promotion de la langue française, séances de vulgarisation des du plan stratégique de la Francophonie 2016 – 2022. Ces manifestations qui ont lieu à Cotonou, à Natitingou, à Klouékanmè, à Porto Novo, à Abomey Calavi, à Parakou, etc. seront clôturées par un forum de réflexion sur Les actions de la Francophonie au Bénin à l’Horizon 2021 : bilan et perspectives.

Quel est le thème retenu pour cette année et comment le Bénin l’intègre-t-il à la commémoration ?
Chaque célébration porte sur un thème. Celui retenu cette année par l’OIF, c’est « « J’aime, je Partage » # mon 20 mars ». Pour rester collé à cet esprit de partage, nous avons placé la célébration 2017 sous le signe de la visibilité ; visibilité des actions phares de la francophonie au Bénin dans les domaines de la formation et de l’éducation, de l’économie numérique, du renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, de la coopération au service du développement. Ceci nous permettra de nous projeter à l’horizon 2021, d’arrimer les actions de l’OIF avec le Programme d’Action du Gouvernement (PAG).
Je voudrai remercier ici tous les coordonnateurs, porteurs de projets et à toutes les personnes qui ont accepté de nous accompagner dans cet exercice de bilan et de projection. Je voudrais nommer ici le président de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) Monsieur Luc Atrokpo, le directeur du Centre International en Afrique de Formation des Avocats Francophones CIFAF, le Bâtonnier Jacques Migan, le Directeur du Campus Numérique Francophone (CNF) Monsieur Stéfano Amèkoudi, le point focal du projet Ecole et Langues Nationales (ELAN), Monsieur Félix Oloni, le Directeur Général du Festival International du Théâtre du Bénin (FITHEB), Monsieur Hector Hounkpè et le Directeur Général du Centre Culturel Artistic Africa, Monsieur Ousmane Alédji, etc.

Quels sont les nouveaux défis auxquels la Francophonie doit faire face aujourd’hui ?
La Francophonie est une organisation internationale fondée sur le partage d’une langue et des valeurs communes aux locuteurs de cette langue. Ces valeurs sont : la diversité culturelle, la paix, les droits de l’Homme, l’égalité, l’éducation, la solidarité. Ce sont des valeurs qui méritent aujourd’hui d’être appropriées et intégrées à la problématique de la lutte contre la pauvreté. Un des grands défis, c’est la survie-même de l’espace francophone.
L’espace linguistique francophone regroupe 14% de la population mondiale. Nous devons être fiers d’appartenir à cet espace. Mais notre sentiment d’appartenance à cet espace se renforcerait si nous conjuguons nos efforts pour faire face aux grands défis des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Au-delà de tout, nous devons travailler aujourd’hui pour traduire en urgence la vision économique de la Francophonie dans le concret, dans le quotidien de nos populations. Autrement dit, l’espace francophone doit être un espace d’échanges, d’attractivité et de convergence de toutes les initiatives qui concourent à la lutte contre la pauvreté.
La dimension économique est déterminante pour la visibilité et la viabilité de l’espace francophone à l’ère de la mondialisation. Les questions économiques sont des sujets sur lesquels les pays francophones doivent se concerter pour se positionner par rapport au reste du monde.

Quelles opportunités la Francophonie offre-t-elle aux pays africains ?
La viabilité de l’espace francophone dépend de l’Afrique. Sur les 274 Millions d’habitants de l’espace francophone, l’Afrique représente 43%. 60% de cette populations francophone africaine est très jeune (moins de 30 ans) et des projections démographiques sont plus prometteuses pour l’Afrique que sur tous les autres continents les trois prochaines décennies.
Ces indicateurs nous montrent que l’avenir de la Francophonie, la survie ou la viabilité de l’espace francophone dépendent de l’Afrique de par cette croissance démographique assez jeune, de par le nombre de locuteurs en augmentation et de par les projections en matière d’opportunités d’affaires, d’échanges et d’investissements.
Quels types de mécanismes mettre aujourd’hui en place pour porter ces atouts, pour exploiter ce potentiel inédit qui sont déterminants pour la viabilité de l’espace francophone ? Le Bénin de par sa stabilité politique et les différentes réformes entreprises actuellement à travers le Programme d’Actions du Gouvernement se positionne très bien par rapport à ces multiples opportunités et pourrait les années à venir jouer un rôle de leadership par rapport aux autres pays de l’espace francophone.
Il faudrait promouvoir dans l’espace francophone, une croissance durable et inclusive, en mettant l’accent sur la création d’emplois par le développement de l’entrepreneuriat, pour les jeunes et les femmes, dans les secteurs à fort potentiel. C’est le sens de la croissance partagée et du développement responsable.
On peut saluer ici les efforts faits par l’OIF dans son agenda programmatique pour l’horizon 2022 et de sa programmation quadriennale 2015-2018. Un axe de ce programme est consacré à la «Promotion de l’emploi par l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes en Afrique subsaharienne francophone ». C’est le lieu d’exprimer toute la gratitude à l’endroit de l’OIF et de Madame la Secrétaire Générale pour avoir choisi le Bénin parmi les huit pays pilotes de ce programme.
Dans ce sens, un accord – Cadre a été signé pendant le sommet à Antanarivo par le Ministre des Affaires Etrangères de la Coopération avec l’administrateur de l’OIF représentant Madame la Secrétaire Générale. Cet accord permettra la mise en place au Bénin d’un programme qui vise à renforcer l’environnement institutionnel entrepreneurial et à accompagner les jeunes et les femmes porteurs de projets viables, à renforcer et créer des parcs d’incubateurs, à développer des plateformes d’échanges d’expérience et de bonnes pratiques sur l’emploi et l’entrepreneuriat, et la mise en réseau des acteurs.
Outre les enjeux économiques, l’espace francophone doit faire face à de nombreux défis sécuritaires.

Quels sont ces défis sécuritaires ?
Aujourd’hui, le maintien de la paix devient l’affaire de tous et nécessite désormais d’énormes efforts de synergie au sein de la communauté internationale. Nous devons être plus audacieux et rechercher des mécanismes plus performants pour le règlement des crises. Autrement dit, il est de notre devoir pour la stabilité du monde et de l’espace francophone, d’inventer une démarche originale et opérationnelle de prévention des conflits.
Dans ce cadre le Bénin a expérimenté et proposé depuis 2015 à la communauté internationale, une démarche authentiquement africaine dénommée la « Paix par un autre chemin » à travers le dialogue interreligieux et interculturel. C’est une initiative dont l’objectif est d’établir des rapports de confiance et de fraternité entre les religions, de faciliter la coexistence et le vivre ensemble entre différentes cultures, et ce, autour des actions communautaires concrètes de développement.
D’ailleurs, cette initiative a été déjà portée au niveau de la 71eme Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies et a reçu un écho favorable de tous des Chefs d’Etats et de gouvernements. Une Résolution y afférente a été soumise à l’appréciation des Chefs d’Etats et de Gouvernements pendant le 16ème Sommet de la Francophonie tenue à Antanarivo en novembre 2016.

Que diriez-vous pour conclure cet entretien ?

Je pense que la Francophonie doit être aujourd’hui une Francophonie de l’espoir, une Francophonie des solutions aux problèmes cruciaux de sous-emploi qui frappent tous nos Etats. Il est temps d’ouvrir la porte de l’espoir à ces milliers de jeunes et de femmes qui sont les leviers de la croissance, des vecteurs de la paix et du développement responsable.
Je souhaite bonne fête à toutes et à tous.

Entretien réalisé par Alphonse KOUNOUHO

Transport aérien: Les travaux préparatoires de l’aéroport de Glo-Djigbé lancés

herve-hehomeyLa construction de l’aéroport international de GloDjigbé fait partie des grands travaux inscrits dans le programme d’action du gouvernement «Bénin Révélé» du président Patrice Talon. En prélude à la mise en place du chantier pour la construction de ce joyau, le  Ministre des Infrastructures et des Transports, Hervé Héhômey, à la tête d’une forte délégation composée des ministres José Didier Tonato du cadre de vie et du développement durable, Sacca Lafia de l’intérieur et de la sécurité publique et de Barnabé Dassigli de la décentralisation et de la gouvernance locale, a procédé dans la matinée de vendredi 10 mars 2017 au lancement des travaux préparatoires. En effet, l’objectif principal de la sortie des ministres du gouvernement était d’aller au contact des populations de Zê, de Tori Bossito et d’Abomey-Calavi, afin de les sensibiliser sur le bien-fondé de ce projet  et avoir en retour leur accompagnement. Cette première phase des travaux permettra essentiellement de lever tous les goulots d’étranglement pouvant faire obstacle à la bonne évolution des travaux proprement dits, une fois qu’ils seront lancés. Ils prendront en compte bien évidemment le dédommagement des propriétaires de toutes les parcelles qui sont dans l’emprise du site de l’aéroport, a rappelé le ministre des infrastructures et des transports Hervé Hèhômey. Pour lui, le territoire de Glo Djigbé est le mieux à même d’accueillir cette infrastructure qui vient  répondre aux exigences structurelles et sécuritaire de l’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin. D’une longueur de 4250 m2 pour une largeur de 600 m2 , le joyau dont les populations de Zê, de Tori Bossito et d’Abomey-Calavi sont venus saluer le lancement des travaux préparatoires, offrira une aire de sécurité de 150 m x 100 m, une aérogare pouvant traiter 900 passagers l’heure tant à l’arrivée qu’au départ et aussi une aérogare fret pouvant traiter jusqu’à 12.000 tonnes de colis par an.Le Maire de la Commune d’Abomey Calavi, Georges Bada, présent à cette cérémonie a, dans un premier temps, remercié le Chef de l’Etat, le président Patrice Talon pour avoir concrétisé ce projet qui date de 1974. Il a ensuite exhorté les populations des différentes localités environnantes au patriotisme afin que la commune d’Abomey-Calavi soit révélée au monde entier. Il en est de même pour le Chef d’arrondissement de Glo-Djigbé. Le préfet du département de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia , qui a marqué aussi cette cérémonie de sa présence, a  rappelé  aux  populations que  le rêve est en train de devenir réalité grâce à la détermination du Président Patrice Talon.Rappelons par ailleurs qu’il est prévu aussi dans la cadre de ces travaux, la construction d’une voie express de 40 km qui reliera la route des pêches au carrefour Cocotomey. Cette étape importante de ce vieux projet d’une quarantaine d’année lève définitivement le doute sur la volonté du président Talon de relever le défi de concrétisation  de ce projet qui a toujours fait l’objet de promesse jamais réalisée de la part des régimes successifs.

Yannick SOMALON

Entretien avec le Professeur Tingbé Azalou, Coordonnateur scientifique du Master EPDev: « L’administration béninoise a soif des spécialistes de la prospection »

tingbe-azalouLa rubrique ‘’INVITE DU LUNDI’’ de cette semaine s’intéresse à une nouvelle formation en cours à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Il s’agit du Master professionnel Etudes Prospectives et développement (EPDev) dont le promoteur et coordonnateur scientifique est le Docteur en anthropologie sociale et sociologie comparée de l’Université René Descartes, Paris V Sorbonne, Albert Tingbé Azalou. Professeur titulaire des Universités du CAMES et ancien chef du Département de sociologie-anthropologie (Dsa) de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash), actuellement Faculté des sciences humaines et sociales (Fashs), il assume depuis 2012, les fonctions de coordonnateur de la spécialité sociologie de développement à l’Ecole doctorale pluridisciplinaire de sa faculté. Dans cet entretien, le Directeur scientifique du laboratoire d’analyses des dynamiques socio-anthropologiques et d’expertise pour le développement,  a fait le point du déroulement de la formation de la première promotion des apprenants inscrits dans ce master. A cet effet, il a également parlé des avantages de la formation pour l’administration béninoise à qui, il  a d’ailleurs conseillé, le recrutement de spécialistes de la prospection. Lisons-le !

L’EVENEMENT PRECIS : Vous venez de remettre sur le marché de l’emploi, une première promotion d’auditeurs que vous avez formée en Master. Dites-nous le contenu de cette formation .

Prof. Albert Tingbé Azalou : C’est un master professionnel avec un programme de formation en réflexion prospective pour répondre à une demande sociale. Cela, simplement parce qu’aujourd’hui, après la conférence de Maastricht de 1990, il n’y a pas de spécialistes sur le marché  pour conduire à bien les programmes de développement et pour construire également par rapport à des  visions bien définies ce qu’on peut appeler des stratégies de développement. Donc c’est un master qui vient combler un vide de point de vue professionnel et scientifique pour permettre à l’Etat  béninois de disposer des ressources humaines qualifiées dans le domaine de la Prospective stratégique afin d’éviter aux entreprises et à toutes les entreprises,  l’improvisation qui n’est pas de nature à opérer des changements nécessaires pour le bien-être des populations.

Alors depuis quand ce master a-t-il démarré à l’Uac ?
Ce master a été ouvert courant Février 2015 pour durer deux ans par promotion. C’est-à-dire quatre semestres de cours. Pour cette promotion, au bout des deux ans, les auditeurs ont fait un stage en entreprise qui leur a permis de disposer des thèmes et des sujets  qui ont fait objet de recherches approfondies ayant  débouché sur des mémoires qui ont  été soutenus avec succès. Et sur un effectif de 37 inscrits au départ, 29 apprenants ont pu déposer leur mémoire pour soutenance. Ce sont eux qui ont reçu leur attestation de diplôme, le 07 mars 2017.

Qu’est- ce qui explique la chute de l’effectif dans les soutenances ?

Certains  sont  malades et ne sont pas encore remis de leur état. D’autres également malades n’ont pas pu faire le terrain avec les autres, tout comme une catégorie qui a connu des difficultés diverses qui ont été des contraintes pour eux. Et parmi les 08 apprenants restants, 03 candidats ont déposé leur mémoire la semaine dernière et j’attends un effectif de 05 candidats  pour les programmer, constituant une troisième vague de soutenance. Les autres vont soutenir au fur et à mesure qu’ils vont déposer leur mémoire.

Comment se déroule l’encadrement ?
Il y a 32 enseignants qui ont dispensé des cours sur les quatre semestres. Parmi ces enseignants, il y a dix professeurs titulaires des universités du CAMES, une vingtaine maitres de conférences et quelques-uns qui sont des maitres assistants sollicités en experts et qui travaillent dans les administrations.

En termes d’opportunités pour ces auditeurs, que pouvons-nous retenir ?
En termes d’opportunités, ce sont des personnes ressources qui pourront avoir l’opportunité parce qu’ils ont déjà la capacité de faire de la réflexion prospective en termes d’identification des problèmes de développement qui se posent dans le pays, à l’échelle déconcentrée comme décentralisée. Ils ont la capacité d’identifier les goulots d’étranglement, la capacité de faire des  analyses diagnostiques et de dégager les points forts et faibles  d’une entreprise. Ils peuvent aussi formuler des défis et des enjeux dont la mise en œuvre devrait permettre de dégager des idéaux et vision de développement. Ils ont appris à formuler des stratégies de développement. Ils ont également appris à mettre en œuvre ces stratégies pour déboucher sur des programmes et des projets, sans oublier, la définition des politiques publiques pour le développement national.

Quelles sont les structures qui peuvent les employer ?
Toutes les structures ont besoin de la réflexion prospective. Et qu’il s’agisse d’entreprise privées, publiques, même dans les banques, partout où on travaille pour le développement, la réflexion prospective est nécessaire pour planifier sur le long terme des activités. Donc toutes les structures sont ouvertes à ces cadres formés qui peuvent travailler dans l’éducation, l’industrie, le commerce, la culture, l’environnement, la justice, la sécurité, la religion…..

Est-ce que la formation à déjà des partenaires au niveau des structures publiques et privées ?
Les entreprises où certains auditeurs ont fait leur stage, ont formulé des demandes et lorsque nous avons eu vent de cela, nous avons encouragé les auditeurs. Nous nous intéressons en partie à leur placement, mais ce n’est pas à nous de gérer les appels vers eux. Ils sont  libres de répondre par rapport à la nature du contrat. Donc, ils sont sur le marché et appartiennent à eux-mêmes et négocient leur contrat.

La cérémonie de sortie a bénéficié du regard du gouvernement à travers un acte de don de documents. A quoi retourne ce geste ?
Le gouvernement apprécie le travail qui se fait parce que la réflexion prospective depuis les années 1998 au Bénin, constitue un exercice incontournable dont nous disposons d’un document phare, Bénin 20-25 Alafia. Ceux qui sont astreints au progrès savent la valeur de ce document. Et donc, c’est pour nous motiver que les dirigeants de l’ex-Haut-Commissariat à la gouvernance concertée ont  demandé au gouvernement et au Programme des Nations unies qui les soutenaient, d’accepter ce don, qui a été fait à notre master. Il vise à renforcer les capacités intellectuelles  des auditeurs et permettre à tous les étudiants du Département de sociologie-anthropologie  de la Faculté des sciences humaines et sociales  et de toute l’université. Cela vient pour faire la promotion de l’intellectualité dans notre pays.

Quelle est la part de soutien du rectorat dans cette formation ?
Le rectorat a autorisé ce master depuis  plus de deux ans. Il travaille à nous soutenir comme il le fait pour toutes les initiatives du genre établies sur le campus d’Abomey-Calavi.

Pour parler de l’historicité du master, vous l’avez souvent liée à Bénin Alafia 20-25. Expliquez-nous ?
C’est au cours de la remise à la salle du Peuple du palais de la République, le 16 août 2001, devant un parterre de diplomates, de responsables d’institutions de la république et devant tout le gouvernement au complet que cette cérémonie a eu lieu, pour connaitre de la remise du document Bénin 20-25 Alafia au gouvernement. Et les experts, à travers leur porte-parole que j’ai eu l’honneur d’avoir été, ont souhaité que la réflexion prospective soit intégrée dans l’enseignement supérieur pour former des personnes ressources capables de continuer l’exercice et la mise en œuvre de ce nouveau projet de société. C’est ce qui a motivé les uns et les autres à initier des séminaires et des cours dans ce sens. Ceci a conduit les étudiants qui ont fait des démarches pour demander que cet enseignement soit réellement intégré à leur programme de formation. C’est comme cela que tout doucement en sociologie, nous avons commencé sous forme de séminaire de choix libre ensuite comme enseignement qui s’impose et chemin faisant, nous avons eu l’opportunité donc de créer ce master  qui capitalise tous ceux qui ont le goût de la réflexion prospective depuis leur année de licence en passant par la maitrise à ce jour.

Quelles sont vos perspectives en vue ?
En termes de perspectives, le doctorat est possible pour ceux qui auront réuni les conditions qui seront fixées en relation avec les autorités académiques de  votre  université.

Professeur, quel regard portez-vous sur l’administration béninoise ?
L’administration béninoise a besoin de spécialistes de la prospection. Déjà dans les DPP qui constituent les poumons incontournables de la vie des ministères et donc de ce qui relève de l’orientation  nécessaire à accorder pour le développement du pays. Les administrations déconcentrées en ont besoin dans les préfectures, les mairies, les arrondissements. Les familles en ont aussi besoin pour mieux se situer. On doit savoir où on va, sans quoi, pas de vent favorable. Donc, on a besoin de vision pour  fonctionner au jour le jour pour pouvoir progresser. Et sans cette démarche, rien ne pourrait être possible.

A quand la prochaine rentrée ?
La rentrée académique pour la troisième promotion aura lieu le 20 mars 2017. Là, nous avons la première promotion  qui est partie, la seconde promotion rentre en deuxième année. Donc les portes sont ouvertes à la troisième promotion.

Qui sont ceux-là qui ont accès à cette formation ?
Tout licencié en sciences humaines et sociales, démographes, juristes, économistes, touristes, statisticiens, psychologues, sociologues, anthropologues et autres, est autorisé.

Un message à l’endroit des béninois dubitatifs
C’est de s’intéresser à la prospective. On ne peut rien faire sans savoir où on va. Si on ne sait où on va, on ne sait quand prendre le départ. L’improvisation ne conduit pas au développement. Le pilotage  à vue ne conduit non plus au développement. Il n’y a que cette démarche qui puisse permettre aux béninois  et à chaque individu où il se trouve d’avoir les repères nécessaires pour pouvoir évoluer et faire progresser son être par rapport aux mutations en cours  dans le système social dans lequel on vit. Aujourd’hui, il est difficile d’être père de famille sans un regard prospectif. Difficile d’être chef d’entreprises ou autres  sans savoir faire la réflexion prospective qui existe déjà sous forme endogène. Nos parents savent faire la réflexion prospective. Ils font intervenir des systèmes divinatoires qui ont aussi des limites. Ils font aussi intervenir d’autres mécanismes qui les situent dans le temps avec des réalités écologiques environnementales et autres. Mais aujourd’hui, on doit aller autrement pour savoir comment piloter son existence. C’est après soi qui valorise le soi. La réflexion prospective, on a plus que besoin pour évoluer.

Réalisé par Emmanuel GBETO

Lois sur l’embauche et le statut des collaborateurs extérieurs de l’Etat: La CSA-Benin relève des atouts et des insuffisances

Position de la CSA-Bénin sur les deux propositions de lois en étude à l’Assemblée Nationale et relatives à l’embauche et au statut des collaborateurs extérieurs de l’Etat :
Il faut éviter de rendre légale la dérèglementation du marché du travail
Les organisations de travailleurs doivent éprouver leur vigilance face à ce qui peut apparaître comme des intentions nobles de représentants du peuple qui ont pris l’initiative de propositions de lois en vue de légiférer ou de réglementer dans des domaines d’activités déjà couvertes par des textes et qui semblent, non seulement, mettre ainsi en insécurité des emplois établis, mais menacent aussi des possibilités de création d’emplois.
Où se trouve l’urgence d’une loi pour prendre en compte des dispositions contenues déjà dans le code du travail en phase de relecture depuis plusieurs années ? Pourquoi, en tant que représentants du peuple, les honorables députés ne décident-ils pas d’œuvrer à l’aboutissement de ce projet de relecture du code du travail. Cette relecture a l’avantage de respecter un processus participatif et inclusif avec la contribution des organisations de travailleurs et d’employeurs. Que cache ce refus de la simplicité dans l’action publique ? C’est une question que la CSA-Bénin demande à tous les travailleurs de se poser.
Quant à la PROPOSITION DE LOI PORTANT REGIME GENERAL D’EMPLOI DES COLLABORATEURS EXTERIEURS, en quoi son contenu est-il une avancée par rapport à la situation actuelle où nous savons tous qu’il existe le décret 2015-315 du 03 juin 2015 qui régit déjà cette catégorie de travailleurs de l’Etat ?
En tant forces sociales responsables, il nous faut lire et apprécier ces propositions de lois au-delà de leur apparence et voir quelles peuvent en être les impacts sur les acquis sociaux des travailleurs de notre pays. C’est la raison pour laquelle, la CSA-Bénin donne ici son avis technique sur ces deux propositions de textes pour attirer l’attention de tous (travailleurs, société civile, députés et gouvernants) sur tous les aspects afin de prendre position de façon responsable et empêcher un recul sur la plan des relations de travail.

I. PROPOSITION DE LOI FIXANT LES CONDITIONS ET LA PROCEDURE D’EMAUCHE, DE PLACEMENT DE LA MAIN-D’ŒUVRE ET DE RESIALISATION DU CONTRAT DE TRAVAIL EN REPUBLIQUE DU BENIN
Pertinence
Les questions abordées par le projet de loi et qui concernent :
- les conditions et la procédure d’embauche et de placement de la main-d’œuvre ;
- la conclusion des contrats de travail et la cessation des relations de travail ;
- les conditions de travail ;
- le règlement des conflits individuels de travail, sont pertinentes.
Il est à noter cependant que ces questions sont contenues dans le code du travail en vigueur et reprises dans le code du travail en chantier avec des améliorations notables. En conséquence, il est souhaitable que l’étude du code du travail en chantier, soit accélérée au lieu de prendre quelques parties du code du travail pour en faire une loi.

Atouts de la proposition de loi :
- Formalisation du travail intérimaire : Depuis quelques années, le travail intérimaire a vu le jour au Bénin mais aucune législation ne l’organise. Cette loi permettra d’organiser le travail intérimaire au Bénin.

- Horaires individualisés de travail : Il s’agit d’une pratique qui va permettre à l’employeur de déroger à la règle de l’horaire collectif de travail tout en respectant la durée légale de travail fixée à quarante (40) heures par semaine.

- Composition des juridictions de travail : A partir de la mise en œuvre de cette loi, aucune juridiction de travail ne peut fonctionner sans les assesseurs travailleurs et employeurs.

Menaces
- Article 13 de la proposition de loi
« Le contrat de travail à durée déterminée peut être renouvelé indéfiniment ».
Il s’agit d’une remise en cause d’un acquit contenu dans le code du travail en vigueur qui prescrit que le contrat à durée déterminée n’est renouvelable qu’une fois. Il s’agit ici d’un recul par rapport aux acquis.
- Article 13 de la proposition de loi (dernier alinéa)
« Dans tous les cas, le caractère à durée déterminée d’un contrat de travail relève de la qualification donnée par les parties »
Cet alinéa est inutile dans la mesure où l’article 12 de la proposition de la loi prévoit : « le contrat de travail à durée déterminée est un contrat écrit portant un terme certain fixé par les parties ».
- Article 30 de la proposition de loi :
La limitation du montant de la réparation à neuf (09) mois de salaire en cas de licenciement abusif, n’est pas dissuasive et ne semble pas tenir compte des préjudices subis par le travail victime d’un abus. Il faudra laisser le juge continuer à fixer le quantum des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif.
- Article 32 de la proposition de loi :
Les dispositions du présent article ne prévoient aucune procédure en matière de licenciement pour motif économique. Il est donc nécessaire d’indiquer au niveau de cet article, les conditions dans lesquelles va se dérouler, le licenciement pour motif économique. C’est le cas au niveau du code du travail en vigueur où en cas de licenciement pour motif économique, l’employeur doit respecter une procédure (article 47,48 et 49).
- Article 36 de la proposition de loi :
« La démission est expressément notifiée par écrit à l’employeur. Elle peut être constatée »
Le constat de la démission au cas où elle n’est écrite sera fait par qui ? Cette précision manque à l’article. Ce constat devra être fait par l’inspecteur du travail ou le juge.

II. PROPOSITION DE LOI PORTANT REGIME GENERAL D’EMPLOI DES COLLABORATEURS EXTERIEURS

Pertinence :
L’utilisation des personnes non Agent Permanent de l’Etat (APE) ou non Agent Contractuel de l’Etat (ACE) ne date pas d’aujourd’hui. En effet, le décret 2015-315 du 03 juin 2015 portant conditions d’emploi des personnels non agents de l’Etat nommés par le Président de la République et les membres du gouvernement, a été pris pour la gestion des personnels non APE et non ACE utilisés par l’Etat.
La proposition de loi portant régime général d’emploi des collaborateurs extérieurs ne vient donc pas créer une situation nouvelle.
Le décret 2015-315 du 03 juin 2015, définit clairement les contours d’utilisation de ces personnels dont la gestion est faite en comparaison à la situation réservée aux agents de l’Etat, justifiant de la même qualification professionnelle. L’Etat conclut avec les intéressés, un contrat de travail dont la durée est limitée à leur séjour dans l’emploi pour lequel ils ont été nommés. Ces derniers n’ont jamais eu ni la qualité d’APE ni celle d’ACE. De même, les emplois pour lesquels ces personnels sont nommés sont précisés dans le décret suscité.
L’Etat pourrait donc continuer à utiliser les dispositions de ce décret qui règle suffisamment les questions liées à la gestion des personnels recrutés par l’Etat et qui ne sont ni APE ni ACE.
L’objectif caché, visé par la proposition de loi portant régime général d’emploi des collaborateurs extérieurs de l’Etat, est certainement de faire appel à des « militants » sous prétexte qu’ils vont occuper des emplois exigeant un niveau de qualification professionnelle élevé. C’est pour cette raison que les emplois concernés ne sont pas précisés dans la proposition de loi.
Plusieurs questions restent sans réponses satisfaisantes. En effet, en quoi cette loi permettra de :
- Renforcer la capacité d’employabilité des demandeurs d’emploi en vue de les sortir du chômage de longue durée ?
- Combattre le sous-emploi dans l’administration publique, les institutions de l’Etat ainsi que les collectivités territoriales décentralisées ?
- Réduire la pauvreté en assurant une cohésion sociale.
La pertinence en ce qui concerne l’adoption de cette loi reste donc à démontrer.

Insuffisances relevées
1- Le projet de loi n’indique nulle part, les conditions de recrutement de ces personnels. Seront-ils recrutés par concours, par appel à candidature ou par cooptation ?
Pour permettre l’égale admissibilité de tous à ces emplois publics, il serait nécessaire que les recrutements pour ces emplois publics, se fassent après appel à candidature dans le respect des dispositions en vigueur au Bénin en matière d’occupation des hauts emplois publics.

2- L’article 9 de la proposition de loi stipule « la rémunération et les autres avantages du collaborateur extérieur de l’Etat sont fixés par le contrat de collaboration ou le contrat de déplacement »
Il est nécessaire d’indiquer la norme selon laquelle, les rémunérations et avantages seront fixées.
Cette norme devra tenir compte de la situation salariale qui prévaut dans la fonction publique afin d’éviter que les collaborateurs extérieurs de l’Etat viennent bénéficier d’une situation salariale différente de celle des APE et ACE justifiant des mêmes qualifications professionnelles.
Par ailleurs, il faudra indiquer les emplois concernés par l’utilisation des collaborateurs extérieurs afin que les contours de cette loi soient connus dès maintenant.

Cette proposition de loi vient-elle régler un problème conjoncturel ?
Quelles sont les dispositions que l’Etat prend pour y remédier ?

Anselme Amoussou

Création de l’observatoire genre à l’UAC: Les femmes s’engagent pour le rayonnement de la coopération universitaire

Un nouvel observatoire est né à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Il s’agit de l’Observatoire genre. Il a été mis sur les fonts baptismaux, le jeudi 09 mars 2017. C’était dans la Salle Etisalat de l’Uac, lors de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme. A cet effet, les femmes de l’université ont été entretenues sur deux thèmes. Le  thème principal intitulé : « Contribution de l’Observatoire Genre de l’UAC à la prise en compte de l’approche genre dans les activités académiques et de coopération universitaire» et  le deuxième dénommé : « Stratégie d’intégration efficace de la dimension genre dans les activités académiques et de coopération universitaire de l’UAC». A cet effet, la communicatrice commise pour exposer le premier thème, Francine Toupé Anialoko, a mis l’accent sur la complémentarité qui doit exister entre l’homme et la femme. Pour elle, il faut lever les barrières et les discriminations qui peuvent entraver des frustrations. Elle pense que les femmes ne doivent plus rester en arrière-plan dans le développement de l’université. La recherche scientifique se fait avec tous les acteurs, dont les femmes. Louant l’initiative, elle a salué la clairvoyance d’esprit  des autorités rectorales qui ont compris très tôt qu’il faut un observatoire pour gérer les questions «genre». Au cours de la rencontre, elle a fait savoir combien,  l’approche genre conditionne et pousse à mettre les hommes et les femmes au même pied d’égalité, à donner les mêmes possibilités aux hommes et aux femmes pour le développement de la société. A l’ouverture des échanges, le recteur de l’Université, le Professeur Brice Sinsin s’est réjoui de ce que cet observatoire vient pour corriger les lacunes dans les instances de prises de décisions. « Cela permettra de régler beaucoup de projets de coopération », a-t-il apprécié. Pour sa part, la Présidente de l’observatoire, Prisca Gogan a précisé l’objectif de l’initiative qui selon elle, vient pour fédérer les efforts des acteurs de l’Uac. Quant à la coordonnatrice, Pascaline Babadankpodji¸ elle s’est fait le devoir de partager les raisons qui expliquent l’opportunité de création. L’observatoire est composé de 15 membres.

Emmanuel GBETO

Polémique autour de l’organisation des manifestations religieuses dans les lieux publics: Le clergé catholique annonce la tenue effective du chemin de croix du vendredi saint

La communauté religieuse catholique observe depuis quelques jours le mois de carême au cours duquel certaines manifestations religieuses ponctuelles ont eu lieu. Ainsi, face aux rumeurs tentant à faire croire que le Chemin de Croix du vendredi saint et La procession du Christ Roi seraient interdits par le gouvernement parce qu’ayant lieu dans les domaines publics, la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb) vient d’éclairer la lanterne de ses fidèles. Dans un communiqué rendu public le 06 mars 2016 et signé du président de la Ceb, Monseigneur Victor Agbanou, la haute instance de l’église catholique romaine a rappelé qu’à l’issue de la rencontre entre le ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes et une délégation de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), le Vendredi 03 mars 2017, le Gouvernement du Président Patrice Talon a montré son attachement à la préservation de la laïcité du Bénin et qu’il n’a donc aucune intention de s’en prendre aux confessions religieuses. Selon le communiqué de la Ceb, la « décision vise essentiellement toute occupation durable et permanente de l’espace public, au point de troubler l’ordre public ». En conséquence, la Ceb informe tous les chrétiens catholiques que les manifestations religieuses ponctuelles à caractère national, en l’occurrence pour l’Eglise catholique, Le Chemin de croix du vendredi saint, la Procession du Christ Roi, Le pèlerinage de Dassa, etc.,  demeurent autorisées dans les espaces publics. « Quant aux rares cortèges processionnels ponctuels, on continuera, comme par le passé, d’en aviser les autorités locales, pour bénéficier de l’encadrement des forces de sécurité. », a précisé la Ceb qui a pour finir, invité les fidèles catholiques au calme et à la prière afin que règnent la paix et la cohésion pour le développement au Bénin.

Germin DJIMIDO

Verdict du Tribunal de première instance de Cotonou, suite à l’opération PANGEA IX: La justice condamne les vendeurs de médicaments arrêtés

Trois (03) mois de prison par sursis et  une amende de 200.000 FCFA. C’est la peine à laquelle ont été condamnées les personnes emprisonnées dans le cadre de l’opération PANGEA IX. Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de première instance de Cotonou. Cette opération, mise en œuvre  par l’Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC-Interpol) vise à  lutter contre la criminalité pharmaceutique transnationale. Si toutes les personnes arrêtées  ont été relaxées, il a été retenu contre elles l’exercice illégal de la profession de pharmacien. Ainsi, les produits pharmaceutiques saisis seront systématiquement détruits, mais les biens en numéraire leur seront restitués. Le tribunal n’a pas voulu entrer dans le détail de la qualité réelle des produits vendus, mais s’est simplement contenté de la législation en vigueur en matière de commercialisation des produits pharmaceutiques. Selon maitre Ibrahim Salami, l’un des avocats des inculpés,  ils seront suivis pendant 5 ans, période durant laquelle ils seront doublement condamnés  s’ils reprennent la vente desdits médicaments.

Olivier ALLOCHEME

Conduite de la politique nationale du Travail: Mireille Adankon sonne le renouveau à la DGT

La nouvelle directrice générale du Travail, Mireille Constance Lègba Adankon place sa mission sous le signe du renouveau. Son challenge, aider le gouvernement à faire de l’administration du Travail, un véritable instrument de développement.
Sa nomination, le 8 février dernier, est perçue dans les milieux de l’Inspection du Travail comme le casting parfait pour réformer l’administration du Travail. Sa mission à la Direction Générale du Travail, Mireille Constance Lègba Adankon la prend avec conviction et détermination convaincue qu’elle est du rôle déterminant des services qu’elle patronne ont  à jouer dans la conduite des réformes liées à l’amélioration du climat des affaires et à l’avènement d’un cadre normatif de travail favorable au développement du Bénin. « La politique générale de l’Etat en matière de travail repose sur les piliers tels que l’efficacité, la rationalité, la restauration de la valeur humaine. Que l’on soit du secteur privé ou public, du formel ou de l’informel, l’on doit exercer son travail dans un environnement social et juridique paisible », affirme-t-elle. Du coup, la nouvelle Directrice générale du Travail s’inscrit dans une démarche de mobilisation de tout le personnel à sa charge vers l’exécution efficiente de la politique de l’Etat telle que présentée dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). Cette structure a pour vocation la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation de la politique nationale du travail, la promotion du dialogue social en milieu du travail, la promotion des relations interprofessionnelles, la promotion de la sécurité sociale dans tous les secteurs d’activités, la collecte et la publication des statistiques du travail, la lutte contre le travail des enfants. « Je mesure le poids de ma responsabilité et je vous rassure de l’engagement de la Direction générale du Travail à jouer efficacement sa partition dans l’atteinte des objectifs du Bénin révélé », assure-t-il. Son pari, c’est d’aider le gouvernement du Président Patrice Talon  à faire de l’administration du Travail, un véritable instrument de développement.
Le personnel ravi de cette nomination y voit le signe de la nouvelle dynamique que le gouvernement entend insuffler à la politique nationale du travail au Bénin. L’émulation à la DGT est d’autant plus importante que le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) ne peut donner des résultats probants que dans un contexte d’investissements privés facilités par un code de travail réformé dont la Direction générale du Travail se porte garant de sa bonne application. La nouvelle administration du Travail, celle qui portera la marque de Mireille Constance Lègba Adankon s’inscrit dans la rupture avec la gouvernance approximative en misant sur la compétence et le professionnalisme dans la gestion de la politique nationale du Travail. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut, c’est la clé du gouvernement du Nouveau Départ pour bâtir une administration de développement. L’Administration du Travail est bien au rendez-vous.

Wandji A.