Category: Société

4ème congrès ordinaire de la COSI-Bénin: Noël Chadaré décroche un second mandat de 5 ans

Noel Chadaré succède à lui mêmeEt de deux !, pour le secrétaire général sortant de la Confédération des syndicats indépendants du Bénin (Cosi-Bénin), Noël Chadaré. Il vient de bénéficier à nouveau de la confiance de ses camarades. Par un plébiscite sans appel, le candidat à sa propre succession conduira encore les rênes de la confédération pour les cinq prochaines années. C’était au terme du 4ème congrès ordinaire électif de son organisation syndicale qui s’est tenu du 17 au 19 avril 2017 à la Bourse du Travail. « Je remercie les congressistes qui m’ont renouvelé leur confiance. Je promets qu’ils ne seront pas une fois encore déçu comme au cours du mandat passé », a-déclaré le secrétaire général réélu, Noël Chadaré. Aussitôt élu, il a rassuré de ce que les perspectives sont heureuses et prometteuses pour les cinq années à venir, malgré la morosité ambiante qui frappe la plupart des organisations dans le monde. Il a rassuré de ce qu’à la Cosi-Bénin, les cinq prochaines années se présentent sous de bons auspices. Car, l’organisation s’apprête à franchir un nouveau cap sur le chemin de son inexorable ascension. Une ascension qui selon lui, passera par un ultime défi. Il s’agit de celui de ‘’l’autofinancement’’. Plaçant donc son mandat sous le signe de l’autofinancement de la Cosi-Bénin,  Chadaré a appelé les fédérations et les membres de ce nouveau bureau, à faire de ce défi, le fil d’Ariane des cinq prochaines années afin de permettre à  l’organisation de se donner les moyens de concrétiser sa vision. En dehors de ce défi, la nouvelle équipe entend renforcer la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs.

Un congrès soucieux de l’emploi des jeunes

« Problématique de l’emploi des jeunes au Bénin : Rôle et responsabilités des organisations syndicales dans la gouvernance politique, économique et sociale pour un travail décent ». C’est sur ce thème central qu’a porté le congrès ordinaire. La cérémonie d’ouverture a été l’occasion pour le secrétaire général sortant, Noël Chadaré, de rappeler le gouvernement à l’ordre sur certaines mesures qu’il qualifie de liberticide. Il a entre autres dénoncé, les deux lois votées en procédure d’urgence par les députés  sur le régime d’emploi des collaborateurs et celle d’embauche. Pour lui, ce sont deux lois qui viennent mettre en difficulté le marché de l’emploi au Bénin. « L’Etat vient renforcer les pouvoirs de l’employeur, en lui donnant les coudées franches pour faire de l’employé, un homme taillable et corvéable à merci ». A cela, s’ajoutent les crises dans le secteur de l’éducation et la création de nouvelles taxes, à l’instar de la Taxe sur les véhicules à moteur, mettant une pression fiscale sur les béninois sans augmenter les salaires. Au sujet des doléances, la ministre de la fonction publique, Adidjatou Mathys a appelé les organisations syndicales à accompagner le Programme d’actions du gouvernement (Pag), gage de création d’emplois   pour un travail décent en République du Bénin.

Des partenaires satisfaits du leadership de Chadaré

Le premier partenaire ayant renouvelé son soutien à la Cosi-Bénin est la CNV Internationaal, son partenaire financier et technique. Par la voix de sa représentante, Esther Droppers, ce partenaire a témoigné de son engagement à encore accompagner les actions de l’équipe de Noël Chadaré durant les cinq prochaines années. La Fondation Friedrich Ebert n’est pas restée du reste. Son Représentant résident, Rudolf Traub, pense que l’autonomie organisationnelle de la Cosi-Bénin  en particulier, et des organisations syndicales en général, mérite d’être saluée au Bénin. En outre, au nom de l’exécutif, la ministre de la fonction publique, Adidjatou Mathys a salué le respect des textes en vigueur ayant conduit à ce congrès, et mieux, le bilan élogieux réalisé par le secrétaire général Chadaré. Pour sa part, le représentant de la CSI Afrique, Kwasi Adu-Amankwaih a appelé la Cosi-Bénin, à travailler pour une solidarité et une justice sociale. A leur suite, cinq organisations syndicales à savoir la Csa-Bénin de Anselme Amoussou, la Cgtb de Moudassirou Bachabi, l’Unstb de Emmanuel Zounon, la Cspib de Christophe Dovonon, la Csub de Christophe Houessionon, ont, par la voix de leur porte-parole, encouragé leur camarade de la Cosi-Bénin, membre du « G6 », créé, à poursuivre la lutte pour la sauvegarde des intérêts des travailleurs. Au nom de la Cstb, Kassa Mampo a invité le congrès à prendre des motions contre les deux lois votées contre les travailleurs.  Des propos soutenus par le secrétaire général honoraire de la Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou, venu soutenir un camarade syndicaliste. Notons que sous le premier mandat de Noël Chadaré, la Cosi-Bénin est passée de 39 syndicats de base en 2012,  à 120  syndicales en 2017.

Emmanuel GBETO

Projet Asphaltage : José Tonato présente le projet d’aménagement des espaces libérés

Tonato entouré des cadres techniquesLe ministre du cadre de vie et du développement durable, José Didier Tonato a animé, le vendredi 14 avril à Cotonou, une conférence de presse au cours de laquelle il a dévoilé le projet Asphaltage. D’un coût global d’environ 400 milliards de francs CFA et dédié à l’aménagement et à la réhabilitation des voiries primaires, secondaires et tertiaires, ce projet fait suite à l’opération de libération du domaine public et prend en compte neuf villes.
« Projet d’aménagement des voiries primaires, secondaires et tertiaires de Cotonou, Porto-Novo Abomey-Calavi, Seme-Podji, Parakou, Abomey, Bohicon, Natitingou et Lokossa ». Tel est l’intitulé du projet Asphaltage qui s’inscrit dans le Programme d’actions du gouvernement. Il vise entre autres résultats dans les villes concernées, l’amélioration des conditions de circulation, l’amélioration de l’accès des ménages aux équipements sociocommunautaires et aux services d’assainissement pluvial, la dynamisation des économies locales et l’accroissement des ressources financières des villes concernées. Le coût global du projet, dont les travaux ont démarré en octobre 2016 par des études de cadrage, est estimé à plus 380 milliards de francs CFA. Initiative gouvernementale préparée dans une démarche partenariale avec les communes concernées, le projet Asphaltage se matérialisera par l’aménagement et la réhabilitation d’environ 620 kms de voies répartis comme suit : Cotonou 225 km, Porto-Novo 85 Km, Parakou 70Km, et 30 à 35 Km dans chacune des autres communes.  En présentant le projet aux journalistes, le ministre Tonato a expliqué qu’il s’organise en deux lots. Le premier, « Agglomération »,  prendra en compte les villes de Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi et Sèmè-Podji, et le second, dit « Pôles »,  regroupera les villes de Parakou, Abomey, Bohicon, Natitingou et Lokossa. Le démarrage des travaux est prévu pour le dernier trimestre 2017, a annoncé le ministre, qui a souligné la mise en œuvre, en même temps que le projet Asphaltage, de plusieurs initiatives. Il s’agit notamment du démarrage des aménagements pilotes de rues et espaces publics à Cotonou, Porto-Novo et Parakou ; la poursuite des actions de rénovation de marchés secondaires et d’aménagement de trames d’accueil des commerçants, et la construction de marchés modernes dans les arrondissements des principaux centres urbains.

Flore S. NOBIME

Ouverture, ce jour, du 4ème congrès ordinaire de la Cosi-Bénin: Noël Charadé place les assises sous le signe de l’autofinancement

1-Le secrétaire général, Noel Chadaré (au milieu) a appelé ....Le 4ème congrès ordinaire de la Confédération des syndicats indépendants du Bénin (Cosi-Bénin) démarre effectivement, ce mardi 18 avril 2017 à la Bourse du travail. En prélude aux assises, un séminaire de réflexion, pré-congrès, a été organisé à l’endroit des  fédérations et les membres du bureau exécutif de la confédération. Placé sous le thème intitulé : « La Cosi-Bénin et l’amorce de son autofinancement », les réflexions ont porté sur les stratégies de développement des Activités génératrices de revenus (Agr) et de mobilisation des cotisations syndicales. Pour le secrétaire général en exercice, Noël Chadaré, à la veille de ce congrès électif, il convient de retenir que les objectifs de son mandat sont atteints. A l’en croire, la vision du mandat qui est de travailler à élargir la confédération a été un succès. « De 2012 à 2017, on est passé de 52 syndicats à 125 syndicats »,  s’est-il réjoui. Parlant de la visibilité, il s’est également dit fier de ce que la Cosi-Bénin a aujourd’hui, une grande audience sur ses actions et prises de position. Par ailleurs, le grand défi qui l’attend reste celui de l’autofinancement de la confédération. Sur la question, Noël Chadaré a appelé les participants à proposer des stratégies devant permettre la concrétisation du projet. Le soutien du partenaire financier CNV Internationaal a permis à la Cosi-Bénin de bénéficier d’une communication  donnée par un expert.  Consultant en développement institutionnel et renforcement organisationnel, Timothée Boko, a offert à travers un exposé, des outils pour faciliter l’autofinancement. Il a entre autres, appelé à la création d’une crédibilité et d’une image positive, de service et produits adaptés,  d’une entreprise sociale, de la diversification de partenariat, de la cotisation syndicale…La cérémonie officielle devant lancer les travaux sera ouverte par la ministre de la fonction publique, Adidjatou Mathys.

Emmanuel GBETO

Médias/Bénin: Le quotidien ‘’L’Evénement précis’’ s’outille sur la diversification des sources d’information

Exif_JPEG_420«Diversification des sources et traitement d’une enquête journalistique ». C’est sur ce thème que le quotidien ‘’L’Evénement Précis’’ a recyclé ses journalistes. C’était au détour d’un atelier qui s’est déroulé ce vendredi 14 avril 2017 dans les locaux de l’organe. Plantant le décor, le rédacteur en chef et chargé de la formation, Olivier Allochémè a partagé avec les participants le contexte de la formation. A l’en croire, il s’impose qu’après plusieurs années de pratique, il faut recycler le personnel en tenant compte des insuffisances constatées. « L’investigation a été identifiée comme une stratégie commerciale de différenciation par rapport à la grande masse des journaux privés. Il s’avère donc nécessaire de renforcer l’existant pour améliorer Exif_JPEG_420la qualité des enquêtes de cette année 2017 » a-t-il précisé. Des propos renchéris par le Directeur général, Gérard Agognon, il est important d’avoir des sources multiples, crédibles, afin de gérer au mieux, avec sincérité et fiabilité les productions. Il a saisi l’occasion pour inviter les journalistes à faire toujours preuve de professionnalisme dans la gestion des sources. Ce sur quoi le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Franck Kpochémé, est revenu largement dans son intervention. Le président a salué l’initiative et remercié la direction du journal qui tente toujours de rester collée aux règles d’une presse crédible d’avant-garde. Il a profité de l’occasion pour manifester son souhait de voir « toutes les rédactions béninoises s’inspirer de ce que l’Evénement Précis fait ».

Atelier bilan du Programme MIGDEVRI: Echanges fructueux entre universitaires et experts sur la migration en Afrique

MIGDEVRI, Elieth EYEBIYI à l'ouverture des travauxOrganisé par le Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local (LASDEL), un atelier bilan de recherche sur le programme MIGDEVRI a regroupé du lundi 03 avril au vendredi 07 avril à l’hôtel Bel Azur à Grand Popo des universitaires, scientifiques et autres experts venus venus de plusieurs pays d’Afrique. Il a porté sur le thème : « Migration, mobilité et développement en Afrique ».

Après quatre rencontres antérieures consacrées aux différentes questions liées aux mouvements migratoires en Afrique, Le Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local (LASDEL) a jugé bon de faire le bilan des différentes recherches initiées par des universitaires, chercheurs et autres experts partenaires dans le programme MIGDEVRI. C’est ce qui justifie l’atelier bilan qui s’est déroulé du lundi 03 au vendredi 07 avril dernier à l’hôtel Bel Azur à Grand Popo sur le thème : « Migration, mobilité et développement en Afrique ». Il a réuni des participants en provenance de plusieurs pays dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, Mali, le Niger, le Sénégal, le Danemark, la France, la Suisse, la Norvège et autres. Ils sont constitués de journalistes, sociologues, de socioanthropologues, de chercheurs universitaires, de plusieurs doctorants et autres spécialistes des questions de migration et de mobilité.
Avec l’appui financier de la Coopération Suisse, cet atelier permettra de faire le point des grands travaux de recherches menées par certains participants sur la migration et les mobilités en Afriques. Elieth EYEBIYI, Coordonnateur scientifique du programme MIGDEVRI, a rappelé à l’ouverture des travaux, la philosophie du LASDEL qui consiste à développer la formation des cadres, notamment des chercheurs en sociologie anthropologie et sur toutes les questions liées au développement en Afrique. Il s’agit également, à le croire, de réfléchir à des formes de liens entre les résultats des recherches et l’élaboration de politiques publiques sur la thématique migration, mobilité et développement. Le présent atelier, selon lui, vise surtout à faire le point sur l’état des connaissances et des expériences dans la région en matière de migration et de mobilités et s’inscrit dans un cycle d’ateliers de recherches qui se sont déjà déroulés au Benin, au Nigeria, au Burkina-Faso et au Niger.
Représentant le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à l’ouverture des travaux, le Professeur Marc KPODEKON a fortement salué l’initiative du LASDEL, soulignant que la question de migration est une problématique importante qui les regroupe depuis 4 ans. Le Centre béninois de la recherche scientifique et de l’innovation, dont il assume la direction, est dans la même dynamique, à le croire.
Le problème de migration et de mobilité est inné en l’homme. Si les historiens disent que le premier homme est venu d’Afrique, et que nous avons actuellement 7 milliards d’âmes sur la terre, cela dénote de l’importance de la problématique d’immigration. Elle rentre également bien dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) qui met le capital humain au centre du développement du Bénin », a-t-il également souligné.
Plusieurs communications ont été exposées aux participants, entre autres, « La circulation des marchandises et les mobilités en Afrique, cas de l’axe Lomé-Abidjan », « Immigrations aux Etats-Unis, cas des étudiants Burkinabè », « Entrepreneuriat des migrants et économie informelle en Côte d’ivoire », « Le Fa transfrontalier, l’art secret des Yoruba de la diaspora».

 Des acquis significatifs pour le Programme MIGDEVRI
A la cérémonie de clôture des travaux, Le coordonnateur scientifique du Programme MIGDEVRI, Elieth EYEBIYI a présenté quelques résultats obtenus depuis sa mise en œuvre. Il est à retenir que quatre ateliers viennent ainsi d’êtres organisés autour de la même thématique, à savoir Ouidha 2015, Ota ( Nigéria) 2015, Ouaga 2016, Niamey 2016 et en supplément l’atelier bilan, Grand-Popo 2017, avec plus de 120 candidatures reçues constituées des participants académiques et des journalistes. Il y a eu également 20 bourses mises à disposition dont 11 ont été attribuées. 50 ouvrages sont aussi prévus et 125 autres ouvrages spécialisés ont été acquis. Comme autres avancées, a souligné par ailleurs, Elieth EYEYBIYI, il y a l’identification d’un potentiel de recherches sur migration et développement dans la région Afrique ; la sensibilisation à la pluridisciplinarité, la création d’un réseau ad’hoc de chercheurs francophones et anglophones. L’expérience d’inclusion des acteurs non académiques s’est également matérialisée selon lui.

Christian Tchanou

Lettre ouverte au chef de l’Etat: Ismaël Kaffo appelle Talon à ne pas lâcher son projet de révision

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur le Président de la République,

Je viens très respectueusement, en tant que citoyen de notre pays, débarrassé de mon boubou de partisan et en toute liberté, vous donner mon sentiment sur le cataclysme politique que notre pays a vécu à l’Assemblée nationale le 4 avril 2017 à travers le vote qui a abouti au rejet de la prise en considération du projet de loi portant modification de la Constitution du 11 décembre 1990.

Sur cet événement majeur de notre vie politique, votre réaction était très attendue et vous l’aviez livrée au travers l’émission À bâtons rompus le samedi 8 avril 2017. Vous aviez fait preuve de pédagogie pour expliquer les articles qui ont suscité des questionnements. Vous aviez estimé ne pas pouvoir le faire avant, car vous craigniez que cela participe d’un parasitage du dialogue que vous aviez engagé avec les députés. Je suis heureux que vous ayez compris que le rejet ne procède pas d’un déni de l’opportunité du projet, mais plutôt d’une démarche purement politicienne ; je suis même tenté de dire qu’il s’agit d’un coup politique contre la Nation, étant donné que la Commission technique ayant étudié le texte a recommandé, à l’écrasante majorité, sa prise en considération.

Permettez que je vous dise que sur les vingt-deux suffrages exprimés en faveur du rejet de la prise en considération du projet, on peut dénombrer, entre autres mobiles :

  • la rumination d’une rancœur contre le Bénin depuis longtemps ;
  • la nostalgie de votre prédécesseur ;
  • la vengeance pour cause d’indigestion de la gestion d’un dossier précis ;
  • l’intoxication
  • le rejet du mandat unique

Tout cela est humain, et il est tout aussi humain que vous exprimiez votre tristesse. Croyez-moi, Monsieur le Président de la République, je me suis rendu compte, à travers diverses émissions radiodiffusées, que nous sommes très nombreux à être tristes, voire courroucés. Nous sommes,cependant, un certain nombre à jurer que votre nature de compétiteur-né ne vous fera pas jeter le manche après la cognée.

Monsieur le Président de la République, permettez que je vous dise alors que vous le savez très bien que modifier la Constitution du 11 décembre maintenant n’est pas une option, mais un impératif. Usez, je vous en supplie, de la prérogative que cette constitution vous permet de revenir devant les députés dans un délai de trois mois, et vous aurez ainsi prouvé que votre engagement dans ce combat citoyen est inébranlable.

Qu’il vous plaise d’écouter, Monsieur le Président de la République, le cri de cœur du président de l’Assemblée nationale dans son discours d’ouverture de la première session de l’année 2017, lorsqu’il égrenait les nobles idéaux qui motivent la modification de la Constitution du 11décembre 1990. Je veux citer la suppression de la peine de mort, la réforme du système partisan qui doit favoriser le financement public des partis politiques, l’amélioration de la participation des femmes dans les instances de décision, l’opérationnalisation de la Haute cour de justice, la création de la Cour des comptes, l’allègement des pouvoirs du président de la République.

Qu’il vous plaise de dépouiller humblement votre projet des articles nouveaux à polémique en considérant que tout ce que vous voulez ne se fera pas d’un seul coup, mais que vous devezréaliserce qui vous est possible dans cette noble tâche de construction de la Nation, à cette étape, à charge pour vos successeurs de la poursuivre ensuite.Aucun esprit sensé ne vous déniera le droit de renoncer,pour vous-même, au mandat unique si vous ne parvenez pas à le constitutionnaliser maintenant, et pour cause ; vous avez prouvé votre bonne foi en la matière en prenant des mesures courageuses parmi lesquels les désignations des chefs-lieux des douze départements, le marquage des esprits sur le respect de l’ordre et la discipline dans nos villes et le coup de frein au commerce des faux médicaments.

À travers les soixante voix exprimées, le 4 avril 2017, en faveur de la prise en considérationde votre projet de modification de la Constitution du 11 décembre 1990 et le discours d’ouverture, le 10 avril 2017, de la première session parlementaire de l’année 2017, les députés vous ont dit être prêts à vous accompagner efficacement dans la réalisation de votre programme d’actions du gouvernement. Vous avez ainsi les moyens d’engranger, à moyen terme, des résultats sur le plan économique et social, talon d’Achille de tout gouvernement. Si ce qui a tout l’air d’un cataclysme politique doit être ainsi relativisé, il ne doit surtout pas émousser votre ardeur.

Vous devez donc prendre en compte le fait que votre projet de modification de la Constitution du 11 décembre 1990 n’est pas rejeté, mais il a été simplement bloqué par un coup politique. Pour être une épreuve, je vous le concède, c’en est une, mais vous devez vous remobiliser et revenir avec une version qui transcendera le coup.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes salutations déférentes.

                                               Ismaël Kaffo

Entretien avec Moudassirou Bachabi, SG/ CGTB: « Les lois sur l’embauche et les collaborateurs externes ne sont pas à l’avantage des travailleurs »

Le vote des deux lois  sur lSG CGTB Bachabi’embauche et le recrutement de collaborateurs extérieurs par l’Assemblée nationale continue de susciter des remous dans le rang des responsables syndicaux. C’est le cas du secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), MoudassirouBachabi. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il a expliqué l’inopportunité des deux textes. Il estime qu’au-delà de ce que pense le gouvernement, ces lois ne sont en rien élaborées pour le bonheur des travailleurs. Aussi pense-t-il, qu’elles doivent être purement et simplement retirées, afin d’éviter la colère des organisations syndicales qui pourraient,par cette occasion, engager des mouvements pour paralyser l’administration publique. Par la même occasion, le syndicaliste s’est prononcé sur la sortie médiatique du Chef de l’Etat, le samedi dernier, après le rejet du projet de révision de la constitution par les députés. Pour lui, le Chef de l’Etat doit revoir sa carte et écouter le peuple.

L’EVENEMENT PRECIS : Commençons cet entretien par l’actualité politique. Quelle lecturefaites-vousde l’intervention du Chef de l’Etat, samedi dernier ?

MoudassirouBachabi : Je crois qu’il n’y pas de lecture particulière à faire. Le Chef de l’Etat s’est engagé à faire un certain nombre de choses à la tête du pays. Il a dit être prêt et a les moyens de faire aboutir ses promesses. En son temps, on lui disait qu’il y a des promesses qu’il peut conduire seul, dans le même temps, il y a d’autres qui nécessitent une large participation. En ce qui concerne le projet de révision de constitution, je crois que, son gouvernement et lui, se sont mal pris, parcequ’ils en ont fait un défi personnel, estimant que c’est à eux de donner à la constitution le contenu. Ils ont oublié que nous sommes dans un pays démocratique. Quoi qu’on dise, le verdict des représentants du peuple n’a pas raté. C’est au prix  de plusieurs pressions que les députés ont été obligés de descendre à la base pour écouter. Sinon quand ils ont reçu le projet, aucun d’eux n’était descendu. Maintenant que les tensions ont commencé par monter, c’est arrivé.C’est dommage qu’on ne puisse pas faire les choses comme cela était attendu du peuple. Maintenant, si le Chef de l’Etat a décidé de renoncer au projet, il est le seul responsable, puisque c’est lui qui a promis. Si par la suite, il refuse, on ne peut que prendre acte. Notre souhait est qu’il ne recule pas sur tous les autres chantiers, parcequ’il faut donner le meilleur au pays. C’est dommage que le premier combat s’achève de cette façon. Mais, nous gardons le cap de la lutte. A notre niveau, il y a un certain nombre de  dispositions auxquelles nous allons inviter le Chef de l’Etat à renoncer également. Je veux parler de la loi sur les collaborateurs extérieurs et la loisur l’embauche.

Justement, nous avons entendu la CSA-Bénin exposer une analyse technique de la situation, mais cela n’a pas effrayé le gouvernement qui a passé les textes au vote.Quelle est la position de la Cgtb ?

Ce sont des textes qui aujourd’hui fâchent et malgré ce qu’on nous a expliqué, je crois que ces textes ne doivent pas être appliqués.

Le gouvernement a promis vous rappeler pour une étude du code de travail. Où en sommes-nous dans cette promesse ?

De toutes les façons, c’est le jeudi qu’on ouvre les discussions avec le gouvernement et nous espérons qu’ils auront l’écoute qu’il faut pour comprendre que le contexte béninois ne peut pas devenir un champ d’expérimentation de mesures qu’on aurait utilisées ailleurs. Nous, on a une réalité qui n’est pas comparable aux réalités auxquelles ils sont en train d’emprunter les dits textes. S’ils entendent raison, tant mieux. Mais dans le cas contraire, en bon démocrate, on a les voies de recours légales, y compris les actions syndicales. Au moment opportun, nous aviserons.

Le gouvernement estime que c’est à l’avantage  des travailleurs que ces lois sont votées.

Aujourd’hui, c’est trop facile. On nous a aussi dit ici que le texte de la constitution était à l’avantage du peuple, et pourtant les représentants du peuple n’ont pas vu cela de cette façon. Nous, quand nous regardons un peu ces textes, ce n’est pas à l’avantage des travailleurs.

Expliquez-nous

Si vous prenez la loi sur l’embauche, il est dit dans ce texte que le contrat àdurée déterminée est renouvelable ‘’ n’’ fois, c’est-à-dire,  à vie. Cela suppose que le travailleur qui est recruté sur la base d’un contrat de ce genre est dans une position de stress, parce qu’à chaque fin d’année, on peut le remercier. En début d’année, il  attend que son employeur lui renouvelle son contrat. Dans une condition comme celle-là, il est évident que si c’est le contrat à durée déterminée qui est reconduit, il n’a aucune perspective de carrière. Et s’il n’a pas cela, le travailleur ne peut faire aucune revendication, car à tout moment, il est obligé de se contenir pour espérer un renouvellement de son contrat. Il ne peut pas demander le renouvellement de son contrat. Il se peut que ce seul contrat renouvelé vous faire maintenir votre salaire fixe. Si vous rentrez là avec 10.000 fcfa comme salaire, vous avez toutes les chances de conserver cela pendant 40 ans, puisque c’est le mêmecontrat qui est renouvelable.  A partir du moment où, en le renouvelant, on ne tient pas compte des paramètres, on va rendre les agentsesclaves du capital financier. Et cela pose un problème. Ça réduit également la base de sécurité sociale pour ceux ayant déjà travaillé pendant des années et qui attendent les actifs cotisés en leur faveur. Ils ne disent pas que c’est pour eux, mais que cela va faciliter le recrutement des jeunes. Si c’est le cas, il va falloir que les gens aient besoin des compétences des jeunes qu’il y a sur le terrain. Or, notre problème au Bénin n’est pas celui de l’emploi. C’est plutôt  que le marché de l’emploi offre des opportunités  que les jeunes n’arrivent pas à saisir parce qu’ils n’ont pas le profil requis. Donc si vous allez dans les structures, on vous dira qu’il y a du travail mais personne pour prendre ;On se rendra compte que notre service éducatif ne produit pas des offreurs de service, mais rien que des demandeurs d’emploi. C’est là le vrai problème. C’est pour celaque cette loi ne profite en rien aux jeunes béninois.

Et la seconde loi sur les collaborateurs externes. Que lui reprochez-vous ?

D’abord, cette loi ne précise pas la nationalité des personnes à faire venir. Cela suppose qu’à tout moment, ils peuvent descendre du continent qu’ils veulent. Cela fait la promotion d’un corps parallèle de fonctionnaires. Et donc, nous aurons des  fonctionnaires quisont régis par un statut qui n’est pas maîtrisé puisque c’est en fonction du contrat qu’on fixe leursconditions de travail et donc de rémunération. Et puisque liés par un contrat, ils ne revendiqueront rien à l’Etat. Nous aurons alors une catégorie de fonctionnaires dans l’administration qu’on peut à tout moment remplacer puisque la loi parle  de l’intérim et d’emploi également. Ces collaborateurs externes accéderont à tous les emplois publics sauf dans le domaine de la sécurité. Et en même temps quand il y a un fonctionnaire de l’Etat indisposé ou qui abandonne son poste pour une raison ou une autre, parce qu’il revendique quelque chose qu’on ne lui donne pas, on mettra quelqu’un d’autre à sa place. Autrement dit, tous les acquis sociaux seront remis en cause. Iln’y aura plus de droit de grève dans l’administration, la possibilité de négocier de  meilleures conditions de travail parce qu’il y a d’autres là pour faire ce que vous refusez pour raison revendicative. On se retrouvera dans un gel de recrutement. Parce que ce mode de recours à des compétences  à l’administration est plus aisé, puisque ça ne soumet personne à un concours. Donc le principe de l’équité d’accès de tous les citoyens à l’emploi public est rompu. Et donc, on pourra  faire appel à des courtisans qui viendront briser le secret de l’administration. On assiste à une désintégration de notre administration, et à la remise en cause de tous les acquis sociaux. C’est vrai qu’on veut moderniser notre administration et faire en sorte qu’elle devienne une administration de développement. Mais on n’a pas dit qu’il faut remplacer les fonctionnaires dans le statut qu’on ne leur connait pas, un corps parallèle qui pourra à tout moment se substituer à ceux qui ont accédé à l’emploi public par des voies normales. On veut légaliser les collaborateurs externes mais on  ne nous dit pas comment est-cequ’on permet à tous les Béninois d’accéder  de façon équitable à ce statut-là. Et pour ça,il faut remettre cela en cause.

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

Soutenance de thèse en sociologie du développement: Léchidia de Souza, Docteur avec la mention ‘’Très honorable avec félicitations du jury’’

Dr Pélagie de Souza Prof honoraire Honorat AguessyLe travail scientifique conduit sous la direction du Professeur  honoraire Honorat Aguessy, par le dorénavant, Docteur Pélagie Léchidia Afiavi Dopé  de Souza, lui a permis d’accéder au grade de Docteur en sociologie du développement avec mention, « Très honorable avec félicitations du jury », dans la formation doctorale : sociologie-anthropologie, option : sociologie du développement. La restitution de travaux de recherche, objet de soutenance, a eu lieu le dimanche 09 avril 2017 dans l’amphithéâtre de l’ex-Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université d’Abomey-Calavi. C’est devant un jury international présidé par le Professeur Tingbé-Azalou Albert, que l’impétrante a présenté la substance de ses travaux de recherche. Pour la circonstance, les examinateurs étaient, Docteur Adolphe Codjo Kpatchavi, Maître de Conférences, Université d’Abomey-Calavi, Bénin, Professeur Alkassoum  Maiga Université Ouaga I, Pr Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso et Docteur Kokou Mawulikplimi Gbemou, Maître de Conférences, Université de Lomé, Togo.  Cette soutenance qui a porté sur le thème intitulé : ‘’La reddition de comptes à l’épreuve de la gouvernance du développement dans la commune de Ouidah au Bénin’’, a permis à la candidate  d’analyser le cadre normatif de la reddition de comptes et les pratiques induites dans le processus du développement de la commune de Ouidah. A en croire, Pélagie Léchidia de Souza, dans son exposé, « les élus locaux ne sont pas toujours enclins à rendre compte et les populations n’exercent pas leur droit de demander des comptes aux élus conformément aux dispositions légales ». C’est à ce titre que la présente recherche qui met l’emphase sur la reddition de comptes et la gouvernance locale, a été initiée.

Travail original et d’intérêt scientifique

Après la mise en œuvre de la méthodologie de travail, trois résultats ont été obtenus par la candidate. Au premier point, il s’agit de la perception des acteurs qui est biaisée par l’imprécision et la méconnaissance du cadre normatif en matière de reddition de comptes dans la commune de Ouidah. Ensuite, il apparaît selon l’impétrante que la non-intériorisation suffisante de la reddition de comptes dans les pratiques de gestion dans la commune de Ouidah est un handicap pour son développement. Et enfin,  l’insuffisance de mise en œuvre de la reddition de comptes par la mairie de Ouidah est fonction de la méconnaissance de ce principe et de l’ignorance des normes officielles par les populations. Après analyse et le développement dans une technicité et une approche bien maitrisée,  elle précise en quoi cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la place de la reddition de comptes dans la gouvernance locale et de surcroît le développement local au Bénin. En somme, Pélagie de Souza relève que la participation citoyenne au niveau communal reste encore faible. L’accès des populations à l’information sur la gestion des affaires publiques y est limité. Les gouvernants ne sont pas toujours en clin à rendre compte et les populations n’exercent pas leur droit de demander des comptes aux élus conformément aux dispositions légales. Et cet état de choses pose le problème du manque de clarté des dispositions officielles (législatives, règlementaires, juridiques) justifié par la perception des acteurs socio-politiques qui rendent complexe la mise en œuvre de la reddition de comptes et son contrôle par les Organisations de la société civile (OSC) dans la commune de Ouidah. « Il y a donc discordance des pratiques comportementales des acteurs socio-politiques de la commune de Ouidah, dans la mise en œuvre de la reddition de comptes », a-t-elle conclu. Par ailleurs, après avoir apporté leurs contributions pour améliorer la qualité scientifique du travail, les membres du jury ont encouragé et félicité la candidate pour sa capacité d’écoute et son abnégation au travail. Ils ont jugé le sujet d’actualité, traité avec pertinence dans un plan équilibré et l’ont assorti de mention très honorable avec félicitations des membres du jury dans l’unanimité. Le jury l’a invitée à poursuivre la réflexion  en perspective comparative, modernité tradition.

Construction du presbytère de l’Eglise locale « Ebénézer » Jesuhonto: Une fête d’actions de grâce pour magnifier l’œuvre de Dieu

L’Eglise locale « Ebénézer » Jesuhonto de Podji Daho, la région synodale de Houlénou, de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin, a remercié Dieu, pour ses œuvres, à travers une messe d’action de grâce, tenue ce dimanche 9 avril 2017. Elle a été marquée par l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Une occasion pour les fidèles et les responsables, de montrer combien de fois, l’Eglise protestante méthodiste a enterré une fois pour de bon, la hache de guerre. Cette messe a aussi été marquée par la participation de l’association, « La Bonne Semence », créée depuis 40 ans à Cotonou, qui a pris sur elle, la charge d’aider l’église protestante dans ses œuvres qu’elle accomplit sur toute l’étendue du territoire. Cette association a été représentée par son vice-président, Jacques Azavounon et son secrétaire, Riphath Agbobli. « Nous devons nous entendre, conjuguer les efforts pour que la réconciliation soit vraiment effective, pour montrer à la face dumonde que la réconciliation fait bon chemin dans le secteur. Les offrandes vont consistées à achever la construction du presbytère. Les fidèles venus de partout, sont là pour accompagner le Pasteur Ahinon. Il n’y a pas de différence, nous sommes un », a soutenu le pasteur du secteur Ebénézer de Podi Daho, Etienne Messi. Pour Julien Houndonougbé, président du comité de l’événement, cette fête a été une opportunité de remerciement à Dieu et a pour but de procéder à l’achèvement du presbytère. Chose confirmée par le responsable de la communauté méthodiste de Jesuhonto de Podji Daho, le Pasteur Joseph Ahinon. Dans l’ancien temps, dira-t-il, j’étais locataire chez un El Hadj, qui a fini par nous dire, « Vous ne payez pas ! ». Aujourd’hui, les communautés ont décidé d’ériger un endroit pour abriter le Pasteur, il y a de cela neuf mois. La bonne semence a commencé, je suis obligé de venir regagner ce lieu. Il fait noter le moment favorable de la réconciliation pour, en symbiose avec son collègue Etienne Messi, œuvrer pour l’achèvement de la construction. « Ce que Papa Albert Tévoédjrè a apprécié et a voulu nous accompagner dans cette mission », précise-t-il. Le chargé de l’Eglise locale Hosanna de Gbècon à Porto-Novo, détaché comme aumônier à la Clinique Le bon Samaritain de Porto-Novo, la base de l’aumônerie hospitalière protestante, Pasteur Daniel Bankolé, est revenu sur le thème de la prédication. Thème que l’Eglise a proposé au peuple de Dieu, intitulé : « Hosanna au fils de David », qui repose sur le verset 9, chapitre 21 de l’évangile, selon Saint Mathieu. A partir de ce verset, dit-il, nous constatons que le cri de proclamation, de joie est un cri d’espérance, par laquelle nous réalisons que nous sommes en chemin avec le Seigneur, et que nous sommes engagés avec confiance avec le Seigneur. L’espérance qui est chrétienne, qui délibère et délivre de la peur. Lorsqu’on est délivré de la peur, on peut réaliser bien des projets que la gloire duSeigneur. « Ce thème rejoint l’initiative du professeur Albert Tévoédjrè, qu’on peut réaliser la paix autrement, par un autre chemin. Ce chemin, non seulement, est l’accompagnement que nous pouvons faire à ceux qui sont faibles. Ce qui n’est que le témoignage socioéconomique. Je me retrouve dans cette perspective, par rapport à la vision qui est celle de l’aumônerie, qui a pour rôle, l’accompagnement psycho-spirituel des personnes qui sont malades dans les hôpitaux », a conclu le Pasteur Bankolé.

Wandji A.

Formation sur les enquêtes de crime et mise à disposition d’équipements modernes: La France renforce les forces de sécurité

Emmanuel Prat (le blanc) okSouvent après des crimes et infractions divers, tout porte à croire qu’il n’y a aucun indice sur place pour situer les responsabilités et retrouver les coupables. Mais avec des méthodes techniques et scientifiques, on peut bien déceler les traces et indices laissés par les délinquants ou le coupable. C’est de cet outil de travail que le Bénin est désormais doté. A travers le Projet d’Appui au renforcement de la police technique en Afrique de l’Ouest (ARTECAO), la France vient aider le Bénin à amoindrir ses difficultés liées à la collecte et à l’analyse de preuves matérielles sur les lieux de crime. A cet effet, 18 éléments de forces de sécurité publiques à savoir 09 policiers et 09 gendarmes, ont reçu une formation didactique. La cérémonie de fin de formation et de remise de plateau technique a été effective le vendredi 07 Avril 2017  dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire à Cotonou. A l’occasion, le Coordonnateur régional du Projet ARTECAO, le Capitaine Emmanuel PRAT a présenté le projet qui contient deux composantes à savoir une première  pour le Bénin sur la modernisation de la Police technique et scientifique (PTS) et une deuxième composante qui concerne la Côte d’Ivoire où l’objectif est d’en faire un pôle  d’expertise régionale. Son vœu est de voir l’Etat béninois  poursuivre dans la voie tracée pour sauvegarder l’initiative avec le matériel de travail composé  de groupes électrogènes,  des casques de chantier, des outils utiles sur les scènes de crime, des matériels de révélation, des moyens de déplacement, de communication, informatiques, des frigos pour les produits chimiques,  et autres.

La France en phase avec l’engagement sécuritaire du Bénin

Initiée grâce au soutien technique et financier de la France, cette formation s’imposait au Bénin. C’est à ce titre que l’Ambassadrice de France au Bénin, Véronique Brumeaux, a indiqué combien la Police technique et scientifique (PTS) est le fil rouge indispensable à une politique de sécurité moderne et efficace. A l’en croire, la PTS est un atout majeur pour permettre aux forces de sécurité de remplir efficacement leur mission. « Le Bénin a été choisi parce qu’il a manifesté sa volonté à remettre la PTS à sa juste place et aussi parce qu’il dispose d’équipement adapté au sein du CDSP que la France avait contribué à créer », a précisé l’Ambassadrice. Elle s’est réjouie de ce que, lancé en avril 2016, ce projet a obtenu de  bons résultats, à ce jour. « 934 personnels ont été formés à ce jour » , confie-t-elle. La remise du plateau technique vient pour elle, comme une étape décisive de la modernisation. « Grâce à ce matériel et aux autres investissements déjà réalisés à hauteur de 79 millions de Fcfa, les forces de sécurité intérieure du Bénin pourront mettre en œuvre les connaissances et les compétences acquises avec une efficacité accrue. Toute la chaine pénale est ainsi renforcée », conclut l’Ambassadrice de France près le Bénin, Véronique Brumeaux. Le directeur de cabinet du ministère de la sécurité publique, Ouorou Baro Mora a, dans son discours de clôture officielle de cette première phase de formation,  salué le France pour ce soutien de taille. Il s’est réjoui de ce que cette formation vient ajouter une plus-value à la promotion de la qualité de gouvernance sécuritaire béninoise. « Nous sommes demandeur de cette formation », a martelé le représentant du ministère. La partie a été marquée par la simulation d’une scène de crime expliquée par le coordonnateur national du projet, le commissaire Emmanuel Tonoukouin.

Ils ont dit

Capitaine Emmanuel PRAT, Coordonnateur régional du Projet  ARTECAO
« … Permettre aux personnes formées de mieux appréhender les scènes d’infraction »
« Notre travail est de renforcer la police technique et scientifique au Bénin à travers des formations, une modernisation et des plateaux techniques pour permettre aux personnes formées d’investiguer sur des scènes d’infraction criminelle. Cette formation a comme avantage de permettre aux personnes formées de mieux appréhender les scènes d’infraction. A cet effet, un protocole a été mis en œuvre au cours des exercices pratiques par les stagiaires et consiste à la prise en compte des scènes d’infraction, la recherche, matérialisation de traces et des indices, fixation des lieux, prise de notes, photos, vidéo et enfin le prélèvement et le conditionnement des traces  et indices relevés sur les scènes d’infraction, pour assurer la traçabilité  et les indices qui vont être mis sous scellé, de la scène d’infraction au moment pénal. Cette formation a duré semaines, du 27 mars au 07 avril 2017. On a eu une bonne partie de théorie au cours de la première semaine pratiquement, où on a abordé tous les points concernant les problématiques des traces et des indices, comment aborder une scène d’incendie, d’arme à feu,  noyade,… Cela a été un bon moment pour le stagiaire de se faire former et d’avoir une grosse documentation. Ils  repartent avec l’ensemble du contenu des cours de la formation qui permet d’avoir une bonne base de données d’informations sur laquelle ils vont s’appuyer pour rédiger leur rapport, mais aussi pour communiquer avec la hiérarchie et aussi avec leurs collègues… ».
 
Constant Honvou, Police judicaire du Port, formateur
« …Nous avons des techniciens bien formés »
«  Lorsqu’on parle d’enquête judicaire aujourd’hui dans notre pays, il faut savoir que la police technique et scientifique devraient constituer le socle de toute investigation. Mais avec l’avènement du projet ARTECAO, ce problème est en train d’être réglé. A partir du moment où je vous parle, nous avons des techniciens bien formés, que ce soit  du côté de la police que de la gendarmerie nationale, des personnels bien capables de gérer en intégralité une scène d’infraction de rituelle ou criminelle. Donc, à l’heure où je vous parle, en matière de scène d’infraction, nous sommes  suffisamment outillés pour faire le travail. Il faut commencer par quelque part, c’est pourquoi les premiers pas sont en train d’être posés pour faire avancer la police technique et scientifique. Pour avoir une banque de données, il faut avoir recueilli des données sur le terrain et pour faire ce travail, il faut former des personnels. Et je crois que d’ici à là, on aura une banque de données et la police technique et scientifique sera aux normes requises dans notre pays ».
Paul Houéssou, Officier de police, stagiaire
« …. Nous allons désormais travailler avec beaucoup plus de finesse  »
« Nous avons acquis de nouvelles aptitudes pour gérer les scènes d’infraction, ce qui jusque-là n’est pas encore rentré dans les habitudes  des fonctionnaires de  police et de  la gendarmerie. Il faut avouer qu’avec cette formation, nous allons désormais travailler avec beaucoup plus de finesse  pour pouvoir mettre à la disposition de la justice, des preuves tangibles et irréfutables, afin de permettre aux magistrats d’asseoir leurs décisions. Vous n’êtes pas sans savoir que quand il y a crime, les populations n’ont pas ce reflet de préserver les lieux. C’est dans ce cadre que nous sollicitons le concours des médias pour vulgariser ces formations pour montrer à nos populations qu’il ne s’agit plus de se précipiter sur les scènes d’infractions, parce que c’est un parent ou un proche, mais plutôt penser à préserver les lieux afin de permettre aux techniciens des scènes d’infraction de faire leur travail pour élucider les situations judicaires. C’est vrai que ce n’était pas encore dans la culture des populations, mais avec le temps et la détermination, on y arrivera ».

Emmanuel GBETO