Category: Art et Culture

Douze ans après son premier feuilleton: Retour triomphal d’AZIZA

Le prophète tenant ici la croix d'Aziza, son bton de commandement    Voyage à travers un vaste projet de coup d’Etat d’Aziza aux Chef d’Etats africains
Après le succès éclatant du feuilleton « AZIZA », le réalisateur Egbakotan-Assogba Egbakoku précédemment connu sous le nom de Romain Assongba revient avec un nouveau film. D’une durée de 2 heures 30 minutes, le nouveau produit réalisé propulse son auteur après la destruction de la suite des séries du film Aziza il y a douze ans.

« Aziza, le premier prophète de Dieu, le premier Président de la République d’Afrique ». C’est le titre du chef d’Å“uvre du chercheur anthropologue et réalisateur, le Docteur Egbakotan-Assogba Egbakoku qui sera connu du public dans quelques jours. Le produit qu’il a réalisé dans son propre studio est le fruit de plusieurs années de travaux de recherche scientifique d’anthropologie appliquée sans précédant après le sabotage et la destruction des bandes de la suite du film Aziza. Le premier feuilleton « made in Benin » qui dans les années 96 a secoué les écrans de la télévision nationale. Confiant en l’avenir, et après 12 ans de réclusion le réalisateur béninois s’est résolument donné au travail et sort une grande Å“uvre qui est un vaste projet de coup d’Etat d’Aziza aux Chefs d’Etat africains.

Une leçon aux gouvernants africains
Le nouveau film du réalisateur  Egbakotan-Assogba Egbakoku est une leçon pour les Chefs d’Etat africains qui hésitent encore à croire à l’Unité africaine. Tourné à Dassa, à Egbessi (Glazoué), à Sahouè (Mono), sur les plages de la mer à Cotonou, ce feuilleton de six épisodes de 26 minutes est d’une qualité exceptionnelle. Le héros du feuilleton, prophète a inventé la croix d’Aziza, l’incarnation des énergies de tous les ancêtres (d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique de l’Océanie) de tous les temps toutes religions confondues. Une croix qui est l’annonce de la fin des guerres inter religions. La théologie azizaïste est basée sur réconciliation de l’homme avec Dieu par nos ancêtres pour la paix. A cet effet, il existe depuis quelques temps, un pèlerinage azizaïste dans les Saintes d’Aziza à Dassa qui a servi de site de tournage à l’actuel feuilleton. L’aspect positif de ce film, c’est qu’il porte sur l’avenir de l’Afrique, un continent pauvre, secoué par les guerres et des coups d’Etat€¦Le Docteur Aziza a élaboré un projet de la constitution de la République d’Afrique. Un projet qui tranche nettement avec les expériences de l’Oua dans les années 60 et récemment de l’expérience de la naissance de l’Union Africaine. Selon le réalisateur du film, ces institutions africaines n’ont jamais eu une théorie politique. « Le syndicat » des chefs d’Etats africain se réunit en conférence pour décider de l’avenir de l’Afrique. La doctrine politique du docteur Aziza s’appelle le Faraïsme ( la Fondation Africaine de la République d’Afrique) qui est en mouvement politique qui Å“uvre à la débalkanisation de l’Afrique. Selon le mouvement faraïste, les 54 Etats de l’UA ne sont rien d’autre que les Républiques afro-bismarckiennes qui ne sont rien d’autres que les héritages de la conférence de Berlin de 1885. Aucune union n’est possible sans la balkanisation. Tous les Etats sont donc sous l’influence du principe de la conférence de Berlin comme tel, ils ne peuvent  pas défendre les intérêts de l’Afrique. Le réalisateur prend à témoin, les guerres tournantes sur le continent africain. « Si Houphouët Boigny avait soutenu le docteur N’Krumah dans la création d’Union d’Afrique, est-ce qu’il aurait aujourd’hui la guerre en Côte-d’Ivoire ?», s’est interrogé   Aziza. Un retour triomphal cinéaste béninois qui a, avec ses propres moyens réalisé ce nouveau film qui sera diffusé dans toute l’Afrique et dans le monde entier. Une initiative que le gouvernement doit appuyer surtout en ce moment où tout est mis en Å“uvre pour soutenir la cinématographie au Bénin.      
Gabin Euloge ASSOGBA

Gestion du showbiz au Bénin: Comment des promoteurs et producteurs appauvrissent les artistes

Alerte ! Les artistes vivent le calvaire. Des promoteurs et producteurs des Å“uvres artistiques exploitent dangereusement les artistes qui finissent par disparaître de la scène musicale. Nous venons de réaliser une enquête au coeur de la gestion du showbiz dans notre pays qui révèle une fois encore, l’exploitation de l’homme par l’homme qui constitue quand même un fléau dévalorisant pour l’espèce humaine. Cette fois-ci, les artistes sont les victimes qui, par faute de moyens financiers pour la production et la promotion de leurs Å“uvres se trouvent obligés de faire les frais de ces pratiques sadiques et obscènes. Des témoignages  et la vie que mènent  certains artistes que nous vous ferons découvrir à travers cette enquête vous permettront d’appréhender tous les contours de la question.

Quand des producteurs règnent en maître
Attention ! Le showbiz béninois est en souffrance. Le pouvoir de l’argent gche la vie de nos artistes qui, par peur sont contraints à garder le silence et mourir donc sans crier gars. Certains promoteurs font supporter aux artistes béninois la croix et bloquent ainsi leur émergence sur le plan professionnel. Aujourd’hui, bien d’artistes qui se trouvent dans des liens contractuels avec certaines maisons de production dont nous nous gardons pour l’instant de citer les noms se trouvent dans une situation de sabotage et d’exploitation inimaginable qu’il convient de dénoncer avec véhémence. Mais tenez vous tranquille, malgré ce désir délibéré de ces promoteurs d’artistes de bloquer la carrière de leurs cocontractants, ceux-ci se trouvent pourtant obligés de se taire puisque plus que jamais menacés de quitter la scène musicale. Et ces artistes,  se cachent donc pour mourir. Mais, votre journal, lorsque nous avons eu le vent de ces informations, nous nous sommes donné la tche de nous rapprocher quelques artistes qui vivent cette situation dramatique afin d’informer l’opinion publique sur les réalités quotidiennes que vivent les hommes de la culture. Le saviez-vous déjà ? Bien qu’étant en contrat avec un artiste, une maison de production très bien connue pour la qualité de ces productions a menacé un artiste de gcher sa carrière si celui-ci ne se tait bien que les clauses du contrat soient violées de façon flagrante par ce promoteur. Si cette menace a été proliférée, c’est juste parce que cet artiste a rappelé à son producteur de bien veiller au respect des clauses du contrat qui les lie. Aujourd’hui, ce jeune artiste qui ne vivait que des fruits de ces Å“uvres se trouve obligé de se soumettre au bon vouloir de son producteur qui lui promet de lui faire voir de toutes les couleurs s’il parvient même à décider de la rupture du contrat. Cet artiste qui s’est refusé de dévoiler son nom de peur d’être lché par son producteur qui devient pour lui un « demi dieu » vit actuellement dans une misère sans pareille puis qu’au cours de cette enquête, nous nous  sommes rendus dans sa maison, que dis-je, dans son taudis dans lequel il est actuellement menacé d’évacuation. Et pourtant, c’est un artiste connu de tout le public béninois et dont les clips passent à longueur de journées sur les écrans des postes de télévision et radios. Celui-ci n’est pas le seul. Bien d’autres artistes vivent le même calvaire, que dis-je, l’oppression de certains producteurs qui leur promettent une vie infernale si jamais ils les dénoncent.

Quand des artistes deviennent le fond  de commerce de certains producteurs.
Aujourd’hui, les promoteurs et producteurs d’artistes profitent plus des fruits des Å“uvres artistiques des artistes que les artistes eux-mêmes. Sans être nécessairement des objets, certains artistes sont devenus aujourd’hui le fond de commerce de certains promoteurs. La preuve, certains artistes, bien qu’étant dans la misère, font le bonheur de leurs producteurs. La preuve, nous avons fait la rencontre d’un artiste du septentrion qui éprouve de grandes difficultés financières pour joindre les deux bouts alors que son distributeur officiel avec qu’il a signé il y a presque une année un contrat de distribution se permet le luxe de garder par devais lui, tous les fonds issus de la vente de ses albums sans lui verser une centime. Cet artiste, vous le connaissez aussi absolument très bien puisque ces Å“uvres sont jouées sur toutes les chaînes de télévision et de radios béninoises. Un jour, désespéré par le comportement de son distributeur qui dirige aussi une maison de distribution bien connue du public, a décidé de se déplacer vers son cocontractant. Pour mieux enrichir notre enquête, nous l’avons suivi jusque dans la maison de distribution, mais tout en gardant nos distances. Ayant juste fait son entrée dans le bureau du directeur de cette maison de distribution, l’atmosphère a changé.  Notre monsieur qui était pourtant dans une ambiance de gaieté change subitement de comportement. Visage grave, il déclare avec un ton assez sec à notre artiste : « Que cherches-tu ici encore. Je n’ai pas pu écouler tes produits pour te satisfaire. C’est vrai que dans le contrat, il n’est pas dit que je te rembourserai tes fonds après la vente de tous les produits, mais les réalités sont toutes autres. Il faut partir et quand je serai prêt, je te ferai appel moi-même. D’ailleurs, quand le gouvernement a décidé d’augmenter les prix des produits, pourquoi vous ne vous êtes pas manifestés pour protester. De toute façon, je ne suis pas en mesure de te payer pour le moment ». Cet artiste, malgré tout s’est trouvé dans l’obligation de se retourner bredouille. Près d’une demi heure passée dans cette agence, nous nous sommes rendus compte que notre artiste n’était pas le seul à se trouver dans la même situation. Plusieurs autres artistes ont fait leur apparition dans  cette maison pour poser les mêmes problèmes. Certains ont même failli en venir aux mains avec le directeur de la maison, qui, bien qu’étant conscient de sa culpabilité cherche à intimider ces artistes qui ne réclament que leurs droits. Mais le jour là, nous avons également fait un constat très amer qu’il convient de noter. Vous savez que des artistes béninois échangent leurs produits contre de simples motos.

Aujourd’hui, il n’est pas rare de constater qu’à travers la Presse, certains promoteurs d’artistes, pour se faire de la publicité, viennent sur les chaînes de télévision pour donner aux artistes, des moyens de déplacement à grand renfort médiatique. Parmi ces artistes qui reçoivent les différentes motos, il en a bien qui le font juste pour donner leurs Å“uvres artistiques à ces promoteurs qui en jouissent pleinement et pendant une bonne période. Ces témoignages, ce sont les artistes eux-mêmes qui nous ont confié. Il est alors évident et juste d’affirmer que les artistes béninois sont de réels fonds de commerce que les producteurs exploitent pour s’enrichir et laissant ceux-ci dans leur galère quotidienne. Il est alors impératif que les autorités chargées de la gestion de notre patrimoine culturel installent une structure qui veillera au bon respect des différents contrats qui lient les artistes et les producteurs d’une part, et d’autre part, les artistes et le bubédra. Ceci va de l’intérêt des artistes et de la promotion de la culture béninoise.  
Donatien GBAGUIDI

PUBLICATION: Le Pr Mahougnon KAKPO offre une nouvelle lisibilité à l’Å“uvre d’Oympe Bhêly- Quenum

Le Pr KAKPO Mahugnon     Après la publication en 2006 de son quatrième  Le livre Poétique baroque dans les littératures africaines   essai intitulé Introduction à une poétique du Fa, le professeur Mahougnon KAKPO, spécialiste des littératures africaines francophones, met de nouveau sur le marché littéraire un autre ouvrage dénommé Poétique baroque dans les littératures africaines francophones. Parue aux éditions des Diasporas en décembre2007, cette Å“uvre de 215 pages ouvre une nouvelle piste d’interprétation des Å“uvres littéraires africaines.
Poétique baroque dans les littératures africaines francophones est un essai littéraire dont la présente parution qui en constitue le Tome I, est consacrée à l’ensemble des Å“uvres de l’écrivain béninois Oympe Bhêly Quenum. En prenant pour objet d’études l’archaïque, une caractéristique du baroque, Mahougnon KAKPO, à travers une analyse quadripartite démontre la portée initiatique, psychanalytique, philosophique et symbolique des Å“uvres de celui qu’il convient d’appeler le chef de file des écrivains béninois.

Dans la première partie intitulée   le fait religieux :

L’archaïque comme rémanence de l’initiatique  (p 13 à 54), Mahougnon KAKPO affirme qu’en dehors des « thèmes afférents à la sociologie et à la politique, le fait religieux ou l’initiatique est, sans aucun, l’une des voies qui a le mieux permis à Olympe Bhêly Quenum de révéler l’Afrique des profondeurs ».(13)Selon lui, les sociétés négro-africaines sont particulièrement des sociétés d’initiation et, parlant d’initiation, il en dénombre un certain nombre notamment l’initiation clanique, l’initiation aux forces de la nature, et démontre leur manifestation dans les Å“uvres d’O.B.Q comme l’Initié, Les appels du Vodou, Liaison d’un ét逦.Il en déduit que le fait religieux dans l’Å“uvre d’O.B.Q fonctionne comme une résistance à l’oppression coloniale, illustration faite dans le roman Un piège sans fin à travers le suicide du personnage Affognon qui préfère s’offrir en holocauste au dieu du fer Gou plutôt que de subir les atrocités de l’univers carcéral colonial. Il en est de même de la mort mystérieuse de Houngbé dans Le chant du lac.

La deuxième partie de l’Å“uvre a pour titre   Une épiphanie de la peur : l’archaïque comme permanence .

(p55 à 76 )  Cette partie est une étude psychanalytique des personnages d’O. B. Q. Ici, Mahougnon KAKPO, muni d’ un scanner Freudien fait une incursion dans l’univers mental des personnages quenumiens et révèle leurs états psycho- psychanalytiques telles que
la peur, la folie l’angoisse, la détresse, la tristesse€¦dont l’une des causes est paradoxalement l’amour. Il remarque à cet effet que «  que ce soit dans Un piège sans fin, dans le chant du lac ou dans As-tu vu Kokolie ?, l’amour qui, en principe, devrait révéler les vrais visages de l’hédonisme, n’expose plus qu’une entropie négative qui s’accentue progressivement par l’intermédiaire d’une isotopie de la peur, de l’angoisse, de la tristesse, de la détresse, de la folie et de la mort€¦. » (p 57 )Par ailleurs, il démontre la manifestation d’une palingénésie individuelle dans Un piège sans fin à travers les personnages Ahouna et  Anatou, d’une palingénésie collective dans le chant du lac à travers des personnages tant humains, animaux que divins.

La troisième partie titrée  l’isomorphisme de la mort : l’archaïque comme rémanence 

Est une véritable démonstration de la portée philosophique de l’Å“uvre d’O. B Q .avec pour éléments de réflexion la problématique de la mort. La prépondérance de ce thème dans les écrits de l’auteur serait due, selon Mahougnon KAKPO au fait qu’il en est obsédé : « la mort se manifeste de façon quasi permanente dans l’Å“uvre de l’auteur. On comprend qu’il en éprouve une cruelle obsession et sa démarche métaphysique est de la banaliser, de l’exorciser. »(78) Il en conclut que c’est là sûrement le compte qu’O.B . Q a à régler avec la mort. Ainsi , pour le critique, la mort chez cet écrivain revêt un symbolisme pluriel. Elle est perçue à la fois comme une acceptation, une punition et une vie continuelle. Pour justifier le symbolisme de la mort comme chtiment, Mahougnon Kakpo donne l’exemple des personnages Ahouna (Un piège sans fin) ; Houngbé, Houinssou, Tovignon, Houéfa (Le chant du lac) ; Akpanakan (Liaison d’ un été) ; Djessou (L’initié) et même des dieux  qui sont morts pour avoir commis le crime qu’est l’homicide. En ce qui concerne le symbolisme de la mort comme vie continuelle, Kakpo Mahougnon remarque qu’ « Olympe Bhêly Quenum, dans une démarche spiritualiste et en parfait accord avec la philosophie de l’ontologie chez les Négro- Africains, abolit la frontière entre la vie et la mort. » (p103) Selon lui, l’occurrence de la mort comme vie continuelle dans l’Å“uvre d’O ; B .Q se manifeste notamment chez les initiés véritables quel que soit le pôle auquel ils appartiennent. Morceaux choisis :
« Ogboni ! nous sommes des initiés authentiques, ceux qui ont vu le jour avec la terre africaine. Ecoute, mon fils€¦ Tout initié meurt ignoré des siens, méprisés de son peuple, haï de ses amis pour qui la vie est jouissance, passage bruyant, fracassantes exhibitions dans la calme confrérie des btisseurs. Mais aucun initié véritable ne meurt complètement€¦Agis, Kofi ! Oh ! Agis éternellement, mais au-dedans de toi tout d’abord. » ( l’initié  p228)
« Je peux partir maintenant ou un peu plus tard : tu as vu en moi ce que personne d’autre ne verra et qui, jamais ne deviendra squelette ou poussière »
( Loni- Loni Jè).

Dans la quatrième partie intitulée  les symboles de l’inconscient collectif :L’archaïque comme résurgence 

(147à195)  Mahougnon Kakpo montre que les livres d’O. B. Q .épouse les formes d’un éternel retour avec pour principaux supports notamment les symboles de l’inconscient collectif. Il souligne que «  l’analyse de la rémanence de l’archaïque dans l’Å“uvre d’Olympe Bhêly Quenum a révélé que l’auteur éprouve fondamentalement une angoisse profonde devant le temps et devant la mort. Aussi voulait-il les abolir par l’occurrence de leurs items » (p 148 ) L’éternel retour dans l’Å“uvre de cet auteur se note aussi bien au niveau des personnages que des espaces. A titre illustratif, le personnage Abikou se manifeste dans la plupart des Å“uvres de l’auteur. Le critique justifie cet état de choses par le fait que, O. B. Q lui- même est Abikou et, à propos, voici ce qu’en dit l’auteur dans son roman l’initié :
« (€¦.)
Je suis Abicou
Venu avant tous les autres
Né après la mort de tous les frères et sÅ“urs
Je suis l’enfant qu’on a eu peur
De voir repartir
Parce qu’il était
Venu plusieurs fois déjà€¦ »
Par ailleurs en remontant dans la généalogie d’O. B. Q le critique a montré que la plupart de ses personnages portent les noms de ses parents. Ainsi, dans Un piège sans fin l’un des personnages narrateurs s’appelle  Houénou alors que le père de l’auteur a pour nom Paul Houénou, même constat avec l’héroïne du roman Les appels du Vodou qui se nomme Vicédêssin, nom que porte sa mère .Il en est de même d’autres personnages tels que Yaga, Gbénoumi qui dans la réalité sont respectivement les noms de sa grand-mère et de sa sÅ“ur.
L’autre aspect important de cette quatrième partie est l’analyse faite du symbolisme de certaines images catamorphes tels que l’eau, le ventre la forêt qui jalonnent les écrits d’O.B.Q ; Cet essai littéraire prend fin par une petite anthologie de la règle d’or qui est l’ensemble des paroles initiatiques empreintes de sagesse qui guident l’initié et lui ouvrent les horizons de l’univers.
Avec ce tome I  de Poétique baroque dans les littératures africaines francophones, Kakpo Mahougnon devient sans doute le premier critique a avoir mené une réflexion originale approfondie qui prend en compte l’ensemble des Å“uvre d’ Olympe Bhêly Quenum qui d’ailleurs aura 80 ans le 20 septembre prochain.

Né en 1965 à Bopa (Bénin), Mahougnon Kakpo est à la fois écrivain et critique littéraire. Docteur ès lettres, il enseigne depuis une dizaine d’années à l’université d’Abomey-Calavi. Il est par ailleurs directeur des éditions des Diasporas et président de l’association littéraire Le scribe noir. Il est actuellement le directeur des examens et concours du ministère de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle.

Armand k. ADJAGBO (Coll. extérieur)

Critique du film Le mur invisible : Tragédie de l’exode africain: La mer, le mur fatal à franchir sur la route de l’émigration

Les bruits assourdissants de la mer en furie occupent l’écran. Ils soufflent aux spectateurs l’identité de ce mur invisible qui sépare certains africains de leur rêve et annoncent les premières images d’un film documentaire, chronique d’une tragédie humaine au cÅ“ur du 21ème siècle : la problématique de l’émigration des Noirs vers l’Europe.

Mer et jeunes africains serviront aux réalisateurs vénézuéliens Carlos Feo et Cécilia Zamudio, à meubler dans une apparence de complicité et d’amour, le premier plan de ce film documentaire réalisé en 2007 qui, sans décrocher un Prix à la 6ème édition du Festival International du Film de Ouidah, était tout de même en compétition avec une bonne impression dans les salles. Une apparence qui ne résistera pas devant les horribles révélations de ce film sur les relations «mer» et «jeunes africains» dans une épreuve d’émigration clandestine.

Quand des rescapés miraculeux d’hécatombes nautiques se souviennent €¦ témoignent du drame€¦ pleurent et n’ont plus que leurs deux gros yeux à l’écran pour le faire. Quand l’écran ressasse les images de la mer vorace de l’me Noire €¦ des corps en putréfaction voguant à la surface de l’océan aux délices des rapaces€¦, l’équation de l’émigration clandestine vers l’Europe reste entière. Mais dans ce film documentaire, les réalisateurs se sont évertués à donner les causes au phénomène et même à situer des responsabilités.52 minutes de conscientisation mais aussi 52 minutes de critiques ouvertes contre le capitalisme occidental, les réalisateurs n’ont pas mis de gants pour dénoncer le phénomène. Ils ont pris position et l’ont assumé durant le temps du film et même après. Carlos Féo, l’un des réalisateurs nous confiera sans ambages à la suite de son film : «Nous avons fait option de dire les choses de façon manichéiste».Cette prise de position face à un problème sur lequel les débats sont totalement ouverts, l’on s’en aperçoit très tôt dans les premières minutes du film. Un zapping brutal sur des images télévisuelles des grands hommes d’Etat occidentaux se prononçant et décidant du sort du continent africain montre de for belle manière l’option des réalisateurs : l’Occident est responsable du drame.

Tous les textes qui défileront à l’écran durant ce documentaire conspirent à accuser vertement l’Europe, les Usa€¦ de la destruction du continent Noir à la base du phénomène de l’émigration. Les réalisateurs réaffirmeront cette prise de position au détour de quelques interviewés tels que Sifo, un émigrant gambien pour qui la cause du phénomène réside dans «l’appauvrissement de l’Afrique». Pour un autre qui sûrement a mieux exprimé la conviction des réalisateurs de ce film «c’est un génocide». C’est plutôt d’un diaporama choc de photographies de cadavres d’africains sur les plages et dans les océans sur un fond musical dramatique, tout commentaire cessant, dont useront les réalisateurs pour dire les mêmes réalités. Et avec le dialogue des images, le drame était véritablement à l’écran.

Néanmoins quant aux causes et responsabilités du drame, le documentaire Le mur invisible : Tragédie de l’exode africain semble s’être laissé à des affirmations plus ou moins faciles. Déjà les personnes retenues par les réalisateurs pour certaines interviews, notamment pour les accusations contre des Etats, semblent ne pas remplir les qualités et compétences minimales pour se prononcer sur des sujets pour lesquels ils sont sollicités. Un simple émigrant ivoirien suffit-il par ce seul statut pour accuser les Usa, d’avoir pillé l’Afrique ? Sans nul doute, il y a des ressources humaines mieux indiquées pour crédibiliser davantage de telles thèses.

En ce moment où des Vénézuéliens prêtent leur caméra à l’Afrique pour dénoncer un drame, la mer : le mur invisible engloutit peut-être à la bordure du continent un espoir Noir à l’épreuve de l’émigration clandestine. Néanmoins, les réalisateurs semblent se nourrir et nourrissent le public d’espoir puisque les chants triomphants de la petite fille noire, repris en chÅ“ur et sur lesquels les écrans de ce documentaire se noirciront, annoncent sans nul doute des lendemains victorieux pour le continent Noir…

Médard GANDONOU
Article disponible sur le site du cinema africain www.africine.org

Entretien avec Moussa Sène Absa: «La tragédie de l’émigration continue et nous n’avons pas le droit de croiser les bras»

5ème édition du Festival international du film de Ouidah. Les réalisateurs se croisent et s’entrecroisent, soucieux d’assister à la sentence du public qui est dans les salles noires. À la cafétéria du Festival, un homme détendu, pipe à la bouche, est entouré d’une dizaine de jeunes étudiants. Le réalisateur sénégalais Moussa Sène, dont le film Teranga Blues est en compétition, suscite l’attention des jeunes qu’il semble accrocher par la thématique de son film. Pour lui, l’avis du public sur ses Å“uvres est prioritaire. Mais jusque-là il ignore que son film aura le lendemain le Prix du public. C’est dans cette atmosphère festivalière que l’homme s’est prêté à nos questions. Il aborde ici la philosophie qui sous-entend Teranga Blues et le parcours qu’à déjà fait ce film. Il regrette l’état actuel du cinéma sénégalais et apprécie la multiplicité des festivals de cinéma sur le continent.
L’Evénement Précis: Quelle philosophie sous-entend la réalisation de votre film Teranga Blues ?
Moussa Sène Absa
: Teranga Blues, c’est l’histoire de la jeunesse africaine aujourd’hui. Une jeunesse désemparée, désespérée qui s’embarque dans les bateaux de fortune pour mourir en mer. Moi je voulais en montrer le contrepoids. Cela voudra dire m’interroger sur le retour de la manivelle. Et si l’on partait et qu’on y revenait sans la fortune espérée ? C’est le postulat du film Teranga Blues. Cela m’est arrivé à l’esprit à la suite d’un voyage sur Paris où au cours de mon vol, je vis un jeune africain qu’on essayait de rapatrier de force, qui était tellement traumatisé, malheureux et qui pleurait et priait de toutes ses forces. Dans l’avion je me suis alors mis à réfléchir sur ce cas. Je me suis rendu compte qu’il a mille raisons de pleurer et de se débattre. Il va rentrer chez lui sans rien dans une famille où sa mère, ses frères, son fiancé et même ses amis l’attendent parce que ça fait longtemps qu’il vit à en France et tout le monde dans sa famille espère quelque chose. C’est le postulat du film.

Alors au regard de ce postulat, quelle a été dans ce film la créativité du réalisateur au développement de la thématique ?
Mais avec ce postulat, je me suis dit comme ce jeune est en quête de richesse, d’abondance, autant lui en donner. Mais à quel prix ? Voilà toute l’interrogation.

S’il faut apprécier le degré de fiction de votre film au regard de la réalité, est-ce que la société sénégalaise dont vous êtes issu est effectivement confrontée à des cas de retour au bercail de compatriotes dans le dénuement matériel absolu ?
La problématique de Teranga Blues n’est pas seulement relative à la société sénégalaise.. Tout le continent africain est concerné : et si on arrivait pas à devenir riche, que faut-il faire ? Mourir en Europe ? La question fondamentale, c’est quel est le sens de la vie ? S’arrête t-elle à amasser beaucoup d’argents ? Il y a aujourd’hui en Europe, beaucoup d’africains qui se refusent de rentrer dans leur pays, quinze, vingt, trente ans après juste parce qu’ils estiment n’être suffisamment pas riches pour satisfaire toutes les attentes de leur famille et alliés.

Quel est déjà le parcours de Teranga Blues ?
Je n’aime pas compter les festivals. L’accueil du public est beaucoup plus important pour moi. Sinon je puis déjà dire que j’étais en Allemagne avec ce film, à San Paolo au Brésil, à New York, à Chicago, je suis actuellement à Ouidah au Bénin etc. Il faut retenir que le film à une vie qui est bien différente de la mienne.

Quel accueil Teranga Blues a alors reçu dans le public africain ?
J’ai jusque-là, j’ai fait seulement trois projections en Afrique. Mais les jeunes qui l’ont vu l’ont beaucoup aimé.

À évaluer le drame de l’émigration en Afrique, n’avez-vous pas le sentiment, au regard du message que le film véhicule, que Teranga Blues est arrivé trop tard dans un monde trop vieux ?
- Les jeunes qui ont vu mon film en Afrique m’ont posé la même question : «Il fallait faire ce film-là avant que tous ces jeunes n’aillent se jeter en mer». Non je crois qu’une jeunesse a besoin de référence, de rêve et si à un moment donné, il ne trouve pas cela, il va le chercher ailleurs. C’est une erreur de penser que le drame est au passé. Chaque jour qui se lève, des jeunes africains continuent de tenter cette aventure fatale. Des jeunes continuent de courir le risque à travers le désert, d’autres en pirogues€¦ La tragédie de l’émigration continue et nous n’avons pas le droit de croiser les bras.

Après Teranga Blues, quelles perspectives pour le réalisateur ?
Ouh€¦ ! J’écris. J’écris mille choses à la fois. Moi j’ai l’habitude d’écrire deux trois choses à la fois. Un texte peut être avancé plus que l’autre mais je m’occupe toujours puis je partage par la suite ma connaissance. Je me sens ainsi utile.

Comment se porte aujourd’hui le cinéma sénégalais après la mort du doyen Sembène ?
Il se porte très mal, même avant la mort du Doyen Ousmane Sembene.

Et pourtant beaucoup de pays africains désireraient être à la place du Sénégal en cinématographie ?
Le cinéma sénégalais se porte très mal juste parce que nous aurions pu aller très loin. Aujourd’hui nous sommes à Ouidah au Bénin. Si le Sénégal a su saisir sa chance on serait peut-être en Alaska ! Le Sénégal a eu la chance d’avoir fait les bases du cinéma africain avec le premier réalisateur du continent ; la cinématographie réelle africaine s’est construite autour du cinéma sénégalais. On aurait pu aller beaucoup plus loin. Mais comme ceux qui nous dirigent ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, on est là où on en est mais on se bat.

De votre position, comment appréciez-vous aujourd’hui la multiplication des festivals de cinéma sur le continent ? Un atout ou une faiblesse ?
Mais aujourd’hui sur le continent au Mali, en Guinée au Sénégal, au Bénin €¦ toutes les salles de cinéma sont en train de fermer leurs portes. Les festivals apparaissent dès lors comme la seule alternative pour le public africain d’avoir l’opportunité de suivre le cinéma africain sur écran géant.

Une impression sur le Festival Quintessence auquel vous prenez part ?
 Ce qui m’a impressionné dans ce festival c’est la jeunesse. Il y a beaucoup de jeunes pleins de bonne volonté, curieux qui veulent apprendre, il y a quand même une graine qui est en train de germer et de croître. c’est très promettant pour le cinéma africain.

Entretien réalisé par Médard GANDONOU
L’entretien est disponible sur le site du cinéma africain www.africine.org

CRITIQUE DE FILM Amma, les Aveugles de Dakar: Exister pour rappeler aux autres, Dieu

Critique de cinema: Amma, les Aveugles de Dakar,

Mamadou Sellou Diallo 

   La mendicité, fait social dans les capitales africaines. Trop souvent les politiques d’État s’en préoccupent pour mieux l’occulter. La caméra de Mamadou Sellou Diallo s’en saisit€¦

Au cÅ“ur de la ville de Dakar, le phénomène a attrapé une dimension préoccupante aussi grande que la vue panoramique qui servira au réalisateur dans les premiers plans du film documentaire Amma, les aveugles de Dakar consacré 52 minutes durant au fait de société que constitue la mendicité. Réalisé en avril 2006, ce film tourné au coeur de la ville de Dakar dans une des capitales les plus concernées par le phénomène de mendicité et qui s’est révélée très féconde en inspiration aux cinéastes et écrivains tels que Cheik Aminata Sow Fall dans «La grève des battù», vient après le court métrage Autre présage (2003) du réalisateur Sellou Diallo.

Dakar sous la confusion sonore des prêches musulmanes, le brouhaha quotidien de Dakar en activité et le chÅ“ur retentissant des hymnes de mendicité des «Amma» c’est-à-dire les mendiants, ce portrait nous embarque dans les méandres d’un fait social que la société se refuse de comprendre et d’accepter. Il faudra bien entendre la perception de Sellou Diallo pour s’en faire une autre opinion. La voix off du commentaire, lourde et imposante, oblige bien le spectateur à embarquer avec le réalisateur. La vie des mendiants ne doit pas se limiter aux présomptions et aux préjugés. Il faudra s’immerger dans leur passé, leur foyer, leur famille, leur possibilité de survie €¦ «C’est dur d’être mendiant€¦», dira une mère non voyante, l’un des personnages principaux de ce documentaire.Sellou Diallo va se confondre à ces êtres particuliers qui permettent à de millions de Sénégalais croyants, par leur simple présence dans les rues, dans les gares, devant les mosquées de se rappeler de Dieu dans leur vie. Une organisation. Une stratégie : mieux choisir les points rentables de la ville, s’armer des meilleures mélodies pour mieux impressionner €¦

Avant Sellou Diallo, on croyait à un monde de facilités et de paresse. Et pourtant c’est tout un combat pour la vie qui exige quelques fois des aptitudes.Le réalisateur va totalement prendre fait et cause pour ces êtres au point de leur prêter ses armes cinématographiques pour convaincre l’opinion et même se valoriser. Quand la camera du réalisateur tourne son regard vers le ciel comme les yeux de ces non voyants, pour filmer les mendiants au travail, il transforme forcément ses plans en de véritables instruments de valorisations des «Amma» qui s’affirment dès lors à l’écran avec des silhouettes imposantes et impressionnantes€¦ Paradoxe dans une société où ils sont perçus avec une vue méprisante ! Il a donné la possibilité aux « professionnels de la mendicité» comme le revendique un non voyant le patriarche Mawdo, personnage principal du film, de justifier leur existence dans la société. Et il n’y a pas mieux que ceux-ci pour expliquer le processus pour devenir mendiant.

Ce documentaire a permis de rappeler aux consciences collectives et individuelles que leur «sort c’est de rappeler la présence de Dieu». Et quand on demande «que cherchent-ils dans le ciel, ces aveugles?», il se trouve un qui répond «nous cherchons Dieu».À la suite de la conclusion du commentaire de ce film qui, d’une intonation assurée, soulignait que «le vrai regard vient des yeux de l’me», les mendiants africains peuvent se réjouir d’avoir en la personne de Sellou Diallo, un défenseur déclaré.Mais il ne doit pas tout de même ignorer l’évidence que le film documentaire Amma, les aveugles de Dakar s’est bien passé des réactions de leurs détracteurs ou des partisans de leur internement pur et simple. Et donc, l’écran les a sûrement socialement rétablis mais qu’en sera-t-il de la réelle vie quotidienne ? Le questionnement est tout entier.

Médard GANDONOU
Article disponible sur le site du cinema africain www.africine.org

Bénin: A quand une véritable politique de développement culturel?

Le ministre de la Culture Soumanou TOLEBA   Au soir de l’année 2007, le gouvernement du changement a affiché de façon remarquable, toute sa bonne volonté de promouvoir autrement la chose culturelle. Les différents concerts organisés  et les dotations financières allouées aux artistes sont encore des illustrations évocatrices même si les artistes apprécient diversement cette initiative du pouvoir exécutif. Toutefois, il est d’une évidence irréfutable que promouvoir la culture, c’est bien avant tout créer des conditions d’éclosion et de perfectionnement des valeurs culturelles longtemps  reléguées au second plan. Il est vrai que les artistes jubilent déjà par rapport au milliard culturel qui  leur est alloué pour le compte de cette année 2008. Cependant, la promotion de la culture ne peut aucunement se limiter à d’interminables regards de bienfaisance du gouvernement à travers des donations de ressources financières autour desquelles une minorité  d’artistes s’arrose le droit de bénéfice exclusif, laissant ainsi derrière eux, une horde d’artistes qui pourtant méritent également le fruit de ces retombées. D’ailleurs, les artistes sont déjà divisés et certains crient même à la mascarade et une ségrégation artistique.

Une enquête que nous avons faite tout dernièrement dans ce sens révèle bien les limites de ce geste que s’évertue à faire le gouvernement. Les artistes comédiens approchés tels que ceux de la compagnie Sèmako et bien d’autres dénoncent avec véhémence l’injustice que le gouvernement crée dans le rang des artistes béninois en octroyant aux seuls artistes musiciens, des millions après des concerts et oubliant ainsi les artistes comédiens, les écrivains et autres. De toute façon, la carence d’une vision claire pour l’émergence culturelle reste encore  pour le gouvernement du changement, un défi à relever. Seules des actions hardies véritablement  révolutionnaires pourront permettre un réel essor de la culture béninoise.

La nécessité de la création d’une industrie culturelle
Qui veut voyager loin ménage sa monture dit-on. Mais, le Bénin, un pays qui a de nobles ambitions de se faire  compter parmi les pays émergents du monde a-t-il vraiment ménagé sa monture, ou du moins en ce qui concerne le domaine culturel ? En réalité, on ne peut que répondre par la négative à cette interrogation. Comme nous l’avions fait remarquer plus haut, le Bénin manque toujours d’un plan de développement culturel. Même si tout dernièrement, le comité chargé de finaliser les travaux  du forum sur la culture a récemment  laissé son rapport au Chef de l’Etat, il est tout aussi clair que le gouvernement n’en a pas encore tiré les conclusions pour en déduire un plan de développement culturel. Promouvoir la culture passe inévitablement par la création d’infrastructures adéquates permettant un décollage de la chose culturelle. Et ceci  nécessite bien de moyens tant financiers que structurels. Jusqu’à ce jour, l’Etat béninois n’a pas encore pour les artistes, une structure industrielle dans laquelle les artistes pourront facilement se faire enregistrer afin de sortir leurs produits avec une qualité irréprochable. Des artistes continuent de subir le calvaire pour pouvoir mettre sur le marché des Å“uvres artistiques. A défaut donc d’une industrie culturelle gouvernementale, des individus, formés sur le tas et avides de gagner leur vie ont créé çà et là des soit-disant studios d’enregistrement dont l’accès est très difficile pour les artistes qui ont très peu de ressources financières. Même ceux qui parviennent à faire recours à ces derniers ne trouvent toujours pas satisfaction dans les différentes réalisations, à cause de l’amateurisme qui caractérise le secteur. L’Etat devra alors penser à une réorganisation de ce secteur et penser également à la création des industries culturelles afin de permettre aux artistes riches en inspiration de se faire enregistrer et à moindre coût. Ceci éviterait aux artistes d’inutiles dépenses et des déceptions notées quant à la qualité de leurs Å“uvres.
  
Qui est réellement artiste au Bénin ?
L’artiste béninois peut-il se prétendre professionnel ? Si nous l’acceptons, sur quelles bases juridiques repose alors cette profession ? A cette dernière interrogation, on peut sans doute dire qu’il n’en existe aucune. En réalité, le monde artistique béninois ressemble à une véritable poubelle puisque tout le monde peut y pénétrer sans pour autant avoir les qualités requises pour se prévaloir faire partie de ce cercle pourtant très important quant à l’image d’une nation. Le développement d’un pays, c’est aussi une vision claire pour l’émergence d’une culture au service du peuple. Mais, jusqu’à présent, aucun document n’existe pour permettre aux uns et aux autres de faire la différence entre les amateurs et les vrais artistes. En principe, toute action doit commencer d’abord par un apurement de ce secteur afin que tous ceux qui d’une manière ou d’une autre s’improvisent artistes et déshonorent ainsi cette noble profession puissent être écartés du lot. Ce faisant, le partage du fonds alloué à la culture se fera de façon plus consistante et plus rigoureuse. Les amateurs de la musique pourront connaître également leurs limites et cesser de honnir le monde des artistes qui demeure encore pollué.
Donatien GBAGUIDI

Etretien avec l’artiste chanteuse Okine: « J’ai beaucoup innové dans mon second album qui sortira très bientôt sous le label « Laha Productions »

l'artiste chanteuse Okine       De son vrai nom Kinsou Odette, Okine est une artiste béninoise qui a grandi en Côte-d’Ivoire, son pays adoptif. Après le grand succès qu’a connu son premier album baptisé « Enawagnon » sorti il y a 5 ans, l’artiste a choisi reculer pour mieux sauter. Pour Okine, le succès de son premier album lui impose un devoir de production de belle facture qui supplantera sa première sortie discographique. Et pour le réussir, l’artiste travaille activement pour encore faire parler d’elle. Dans une interview qu’elle nous a accordé, Okine dévoile tout sur son prochain album qu’elle promet très attrayant.
L’Evénement Précis : Il  y a 5 ans, vous avez sorti votre premier album intitulé « Enawagnon ». Quel bilan pouvez-vous en faire ?
Okine
 : L’album est sorti et ça a connu un grand succès. Par rapport à cet album donc, j’ai un véritable recul pour pouvoir sortir encore, quelque chose de meilleur. Pour parler franchement, je n’y ai rien gagné. C’est vrai que l’album a eu un grand succès, mais en terme de gain ou de bénéfice, je n’ai absolument rien eu. Ceci juste parce que nous n’avons pas élaboré une bonne politique de promotion et de distribution. Je dirai tout simplement qu’il y a eu une mauvaise gestion de ce chef-d’Å“uvre qui pourrait quand même beaucoup m’apporter financièrement vu l’engouement et l’appréciation que le public lui a accordé. Je pense que ce qui me reste à faire de fondamental, c’est d’instaurer autour de mes productions, une équipe dynamique et dévouée qui pourra valablement assurer la promotion et la distribution de mes produits artistiques. Et cela, je martèle  ardemment. C’est pour cela d’ailleurs que je me suis confiée au groupe « Laha Productions » qui va assurer la production et la distribution de mon 2ème album qui sortira très bientôt.

Vous avez fait le showbiz ivoirien. Aujourd’hui, vous avez découvert le monde musical béninois. Quelle appréciation faites-vous de l’évolution de la musique béninoise ?
Je pense que la musique béninoise évolue beaucoup. J’ai remarqué qu’il y a 2 ans, les jeunes se sont vraiment donnés à la chose musicale pour véritablement faire émerger le monde artistique. Je trouve donc que par rapport au showbiz ivoirien, le Bénin connaît vraiment un essor spectaculaire quant à sa musique. C’est une chose qu’il convient d’encourager absolument. Toutefois, il faudra continuer dans la même lancée pour perfectionner les efforts qui sont déjà faits.

S’il vous était donné de citer 5 artistes de la nouvelle génération qui ont marqué l’année 2007, sur qui porteriez-vous votre choix ?
Pour moi, c’est un choix qui n’est pas facile à faire. Mais, pour un observateur averti comme moi et  accro de la chose culturelle, je pense que, même si c’est  pêle-mêle, je peux essayer de le faire selon mon goût. Ainsi, pendant l’année 2007, les artistes suivants ont été les plus en vue : « Les Frères Guèdèhounguè », les « H2O », le « Diamant noir », « Pelagie la Vibreuse » et « Les Frères de sang ». Je précise que c’est mon choix et c’est ma conviction en tant qu’artiste.

Depuis 3 ans, vous avez gardé le silence en privant ainsi votre public de vos belles mélodies. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Vous savez, il n’est pas normal de s’empresser pour faire  sortir de façon régulière des albums qui en réalité ne valent pas la peine. Moi, je crois que lorsque pour le premier essai, le public vous a sérieusement apprécié, cela devient pour vous un devoir de mettre tout en Å“uvre pour lui confirmer vos talents artistiques à votre  seconde sortie d’album. Si moi j’ai gardé le silence, c’est parce que je veux présenter à mon public, quelque chose de plus mélodieux et de plus beau que mon premier album. Actuellement, je suis avec « Laha Productions » qui devient mon producteur dans mon second album qui sera beaucoup plus riche en sons et en images que le premier. Bientôt, mes fans et les consommateurs de mes produits apprécieront avec satisfaction cet album qui fera tabac.

Vous voulez faire votre seconde sortie discographique qui portera le label « Laha Productions ». Quel sera le menu de cet album ?
Pour ce second album, je n’ai pas changé de rythme. J’ai essayé de rester dans ma tendance musicale. Mais, cette fois-ci, j’ai innové pour plus plaisir à mon public. Ainsi, j’ai créé une nouvelle danse que j’ai baptisée « Tournequin » qui est très dansante. L’album comporte 9 titres tous très riches en enseignements et très évocateurs. Le titre phare,  c’est « Attention, les hommes » dans lequel j’ai essayé de rappeler aux hommes, la valeur de la femme. Par là, j’ai invité les hommes à octroyer à la femme, la place qu’elle mérite dans la société, puisqu’elle est la mère de toute l’humanité et mérite d’être traitée avec respect. Le second titre est baptisé « Sort de ce corps » qui sensibilise sur le sida et les comportements à adopter pour éviter ce mal dévastateur. Quant au 3ème titre, c’est le remix « Tu m’as tué ». Les autres titres sont tous aussi très alléchants et particulièrement dansants.

Propos receuillis par Donatien GBAGUIDI

Le 2ème album « Vignon » des frères guèdèhounguè sur le marché

   Ils sont revenus en puissance. Ils, ce sont bien les talentueux frères guèdèhounguè. Après le succès éclatant  qu’a connu leur tout premier album intitulé « Azangban », le groupe « Les frères Guèdèhounguè » vient de renouveler au public béninois, leur engagement  de fidélité dans les sorties discographiques de très bonne facture.

Ce nouvel album, lancé il y a déjà quelques jours est constitué de 10 titres tous particulièrement philosophiques et très enrichissants du point de vue enseignements et leçons. Toujours égal à lui, ce groupe de frères très solidaires revient enrichir la discographie béninoise avec des sonorités d’inspirations  purement traditionnelles et très dansantes.

Ceux qui ont fait le déplacement au palais des congrès le 23 décembre dernier n’ont pas résisté à la puissance de ce groupe qui n’a d’autres ambitions que d’épater les Béninois à travers de la bonne musique tirée de nos richesses traditionnelles. Même le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, M. Soumanou Toléba a marqué remarquablement de sa présence  pour déguster au même titre que les nombreuses autres personnalités, les premières sonorités exclusives de cet album dénommé « Vignon » qui signifie littéralement (L’enfant est bon). Sur place, ne pouvant résister à la qualité sonore et philosophique de cet album qui dépasse de très loin  le  premier, des personnalités ont dû mettre la main à la poche pour se  procurer de ce chef d’Å“uvre assez précieux. C’est le cas par exemple du Directeur Général de « Pharmaquick » qui a acheté ce jour là devant le grand public, un seul CD de cet album à 300 mille francs. Bien d’autres personnalités ont fait comme lui.

Le titre phare de cet album est dénommé « Danger public ». Ce titre donne une leçon et un exemple très évocateurs. A travers ce titre, ils invitent les uns et les autres à prier et ensuite à laisser la nature s’exprimer chaque fois que l’on se retrouve devant un besoin pressant au lieu de vouloir à tout prix prendre par des chemins, mêmes les plus détournés. Concernant les autres titres tous aussi très enrichissants, on peut citer entre autres, « Vignon », « Djogbé sè », « Miétonou », « Sato », « Ahoubla », « Manonkpo », « Hommage à Sossa Guèdèhounguè » chantés dans plusieurs langues telles que fon xla mina.  Ces artistes qui font aujourd’hui le bonheur du public béninois sont au nombre de 4 et ont choisi comme danseuses leurs 6 sÅ“urs toutes aussi super qu’eux, ceci pour exprimer leur solidarité familiale.

Donatien GBAGUIDI

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC L’ARTISTE BENINOIS KLINMYS: « Je suis au Bénin pour faire partager le petit joyau que j’ai conçu en France »

l'artiste de la soul Music Béninois KLINMYSUne nouvelle étoile de la musique béninoise a fait son apparition sur la scène du show-biz international. Artisan d’un Soul Music suave dont il détient seul le secret dans la voix et le rythme, Klinmys de son vrai nom Klinkpé Michel revient de la France sur sa terre natale avec un opus de 10 titres dont il assurera personnellement la promotion durant ces quelques jours au Bénin. C’est à cette occasion que votre journal s’est rapproché de lui pour avoir en exclusivité cet entretien axé sur l’objet de son séjour.

L’événement précis: Parti du Bénin pour la France sous le nom de Klinkpé Michel, vous y revenez sous le pseudo de Klinmys. Qu’est-ce qui s’est réalisé entre temps ?

Klinkpè Michel est mon nom à l’état civil. Klinmys, c’est mon nom d’artiste. Cela sous-entend qu’entre temps de l’étudiant en  droit au Bénin, je suis devenu en France artiste chanteur, auteur compositeur. En effet, après mes études secondaires au Lycée Toffa 1er où j’obtins mon Bac B et ma première année d’étude en Droit à l’Université d’Abomey Calavi, j’ai embarqué sur la France où malgré ma passion pour la musique je fis un Bts en Communication des entreprises au Lycée Anne-Marie Martel, le Puy en Valay. 
Alors que vous n’étiez pas présent sur le territoire national, les chaînes de  radio et télé vous ont annoncé à travers un single. Actuellement vous êtes de retour au Bénin, votre pays natal pour quelques jours. Quel est le motif de ce come-back ?
Je suis revenu au Bénin pour faire partager avec le public béninois, le petit joyau que j’ai conçu spécialement pour eux, afin de leur faire connaître les morceaux qui constituent mon nouvel album.

Vous revenez donc au Bénin avec un album
Tout à fait. L’album est intitulé WHY qui veut dire POURQUOI. « Pourquoi » parce que je me suis interrogé dans cet album, sur divers fléaux qui touchent le monde entier notamment les enfants. Par exemple à travers les morceaux « Miwadoto » et « Enfants du monde » qui me sont très chers, j’ai essayé de dénoncer la situation des enfants dans le monde et au Bénin qui au lieu de s’instruire, avoir un toit, se nourrir et vivre en bonne santé comme le prescrit le Droit des enfants, sont confrontés au quotidien au contraire. Des enfants qui déjà à l’ge de quatre, cinq  ans sont obligés de se lever tôt à 5 heures ou même à 4 heures du matin pour travailler, pour aller vendre au marché ou d’autres choses qui ne sont pas du tout de leur ressort. Je crois qu’un enfant a droit à la « belle vie » c’est-à-dire jouir au minimum des droits que lui concède son statut d’enfant.

Est-ce à dire que l’album est entièrement dédié aux enfants ?
Non. L’album est également orienté vers d’autres univers qui parlent du vécu quotidien, de l’amour, de la déception, hommage aux gens qui ont perdu des êtres chers dans leur vie. Bref, l’album s’intitule WHY avec dix titres et donc je me pose tout un tas de questions.

Pourquoi avoir choisi procéder au lancement de l’Album au Bénin ?
J’ai décidé en collaboration avec tous ceux qui me soutiennent de lancer mon album au Bénin parce que étant Béninois, j’ai jugé très important de venir dans mon propre pays pour faire connaître au public béninois qu’il existe un artiste béninois à l’étranger qui pense fortement à son pays et qui par respect pour sa Nation, souhaite partager le fruit de son travail à l’extérieur avec eux. Il s’agit pour moi  d’avoir l’avis et le soutien du public béninois.

Sous quelle forme se fera le lancement de l’album le 29 décembre 2007 ?
Le lancement qui aura lieu au Maquis Chez Clarisse à Cotonou est envisagé sous la forme d’une conférence de presse ouvert au public. Il s’agira fondamentalement d’entretenir les médias  sur l’album qui sauront relayer le message auprès du grand public. On a opté pour cette forme parce que nous croyons beaucoup en l’aptitude et la capacité de notre presse nationale à porter une information à la grande masse.

Cela suppose que l’album sera disponible sur le marché dès le lancement ?
En réalité, l’album sera disponible le jour J en vente promo. Pour la suite, on informera les mélomanes sur la vente au grand public.

Avez-vous un dernier appel au public béninois ?
J’aimerais dire au public béninois, que leur fils, leur frère « le Petit » Klinmys les invite à venir nombreux découvrir son album. Ce sera un moment de partage et d’intenses plaisirs.

Entretien réalisé par Médard GANDONOU