Category: Editorial

RAPPORTS PARLEMENT-EXECUTIF: 24 députés interpellent le gouvernement

Mathurin NAGO, Président de l'Assemblée Nationale  Les dernières déclarations du préfet des départements du Borgou et de l’Alibori inquiètent les députés. C’est pourquoi, 24 d’entre eux viennent d’interpeller le gouvernement à travers une question d’actualité datée du 28 février 2008 et déposée au secrétariat administratif de l’Assemblée nationale le mardi 26 février dernier. Par cette question d’actualité, les députés signataires exigent que le gouvernement vienne expliquer à la représentation nationale, les raisons et motifs de telles déclarations qui non seulement portent entorse aux principes démocratiques et jettent du discrédit sur la démocratie béninoise, pourtant appréciée par tout ailleurs mais aussi, constituent une menace grave sur les libertés d’expression et d’opinion des citoyens surtout des hommes politiques. 
Hugues E. Patinvoh

Question d’actualité

Au cours d’une déclaration de presse, déclaration relayée par le quotidien « La Presse du jour » dans sa parution du lundi 25 février 2008, le Préfet des départements du Borgou et de l’Alibori a tenu des propos dont l’essentiel se résume en ces termes :
« €¦ Depuis environ deux semaines, certains hommes politiques en quête de publicité rencontre les populations et tiennent des propos désobligeants et tendancieux de nature à semer des troubles en leur sein invectivant même le chef de l’Etat€¦ ». Il poursuit en affirmant que : « je me ferai entendre€¦ ». Quand on sait que les textes de la République reconnaissent aux partis politiques le droit à l’animation de la vie politique nationale, les propos de ce représentant de l’Etat central inquiètent et sont de nature à intimider tant les populations que les hommes politiques qu’ils qualifient des « aventuriers marchands d’illusions ». Les signataires de la présente question, demandent au gouvernement de bien vouloir donner à la représentation nationale, les éléments d’information quant aux mesures prises pour assurer la sécurité de la population en général et des hommes politiques en particulier en cette veille des élections communales et municipales.
                 Fait à Porto-Novo, le 28 février 2008

BENIN: Un Haut Commissariat à la gouvernance concertée installé

Cérémonie d'installation du Haut Commissariat pour la Gouvernance concertée   Boni Yayi met Moïse Mensah et son équipe au travail

Le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a procédé hier matin à l’installation des membres du Haut Commissariat à la gouvernance concertée. C’était en présence de l’Administrateur général du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) Sem Kemal Dervis, des membres des institutions de la République et du corps diplomatique accrédité au Bénin.

Les membres du Haut Commissariat à la gouvernance concertée ont pris officiellement fonction. L’équipe du ministre Moïse Mensah a été installée par le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi. La cérémonie a eu lieu au Palais des congrès de Cotonou en présence de nombreuses personnalités dont l’ Administrateur Général du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), Sem Kemal Dervis. Cette nouvelle institution de la République que dirige le haut fonctionnaire internationale, l’ancien ministre des Finances M. Moïse Mensah va permettre de renforcer le dialogue pour une meilleure gestion dans la transparence des affaires de l’Etat. «Dans notre quête de l’intérêt général,  et de l’équité, une exigence s’impose à nous : celle du dialogue qui permet une meilleure compréhension de l’autre, dans le respect mutuel et la tolérance réciproque, facteurs de paix et de cohésion nationale»,  a affirmé le chef de l’Etat pour justifier l’opportunité de la mise sur pied de cet organe. Pour le premier magistrat de la République, le service à lui confié par le peuple nécessite l’écoute, le recueil des sentiments profonds des populations. D’où l’importance de cette institution qui servira de pont entre le peuple, l’administration et les autorités étatiques pour une meilleure gestion des affaires dans la bonne gouvernance. Et c’est en cela que la mission ne sera pas de tout repos pour le  ministre Moïse Mensah et ses collaborateurs qui doivent initier de nombreuses actions en vue d’une gouvernance véritablement concertée gage de la transparence dans la gestion de la cité et  du développement du pays.
Christophe D. ASSOGBA

ENTRETIEN AVEC LE Pr HONORAT AGUESSY PRESIDENT CNI/MAEP:  » Nous avons préparé le Maep et déjà on nous écarte « 

LE Pr HONORAT AGUESSY PRESIDENT CNI/MAEP  Le Bénin bénéficie depuis quelques jours de réelles possibilités d’amorcer un tournant décisif dans sa marche vers son développement. En effet,  il est devenu lors du dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba le premier pays francophone de l’Afrique noire à bénéficier d’une aide massive des Etats-Unis estimée à plus de 1000 milliards de francs pour mettre en oeuvre son plan d’actions présenté à la face du monde à travers le Mécanisme Africain d’évaluation par les Pairs. Cette prouesse qui augure de perspectives heureuses pour notre pays est le fruit de la conjugaison de nombreuses expertises notamment de dignes fils du pays. En effet, composée d’une cinquantaine de personnes, la Commission Nationale Indépendante de mise en Å“uvre du Maep, a, grce à la pertinence de ses travaux permis au Bénin de graver son nom parmi les pays les plus respectés du continent africain. A travers cet entretien qu’il nous a accordé, le président de cette institution composée de compétences locales nous retrace le long chemin qui a abouti à cet heureux résultat, les difficultés rencontrées, les relations avec les autres acteurs de cette victoire et du degré d’implication prochaine des membres de cette commission dans la mise en Å“uvre du Maep au Bénin.
L’Evénement Précis: Quel sentiment anime le président de la Cni/Maep aux lendemains du satisfecit décerné au Bénin par l’UA et les Usa au sujet du rapport du Maep ?
Professeur Aguessy Honorat: Tout comme vous, je suis ravi, émerveillé par l’exemplarité de ce qui vient d’advenir, c’est vraiment beau. Que l’on puisse partir d’un travail sérieux, conséquent d’un pays pour parvenir à ce résultat quand bien même, il faut transiter par d’éminentes personnalités d’autres nations pour vérifier si ce qui vient du pays est exact ; si ce qui est dit va jusqu’au bout et ne cache rien. Vraiment, je suis ravi que ce travail ait pu être réalisé par des compatriotes et apprécié à sa juste valeur.

Croyez-vous réellement lors de vos travaux parvenir à un résultat aussi éclatant ?
Dès l’élection du bureau de la Commission Nationale Indépendante (Cni) de mise en Å“uvre du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs ce fameux jour du 11 novembre 2005, ce bureau élu directement par des compatriotes délégués de nombreuses associations identifiées au cours de la réunion d’informations, nous avons su comment corriger ce qui était proposé par certains cadres  » cadrés  » qui ne pouvait déboucher que sur   » l’administrativisme « , tout simplement, nous avons su corriger cela pour faire en sorte que nous ayons dans la commission, affaire à des compétences avérées  et c’est ce qui nous a toujours donné de la confiance pour le sérieux du travail à faire. Pour ce qui nous a été proposé, je ne dis pas imposé mais ce qui avait été apprêté par ces cadres  » cadrés  » du ministère des Affaires Etrangères, je crois que ça aurait été du gchis.

Retracez- nous M. le président le processus qui a abouti à ce résultat ?
Quand le bureau qui doit conduire la Cni a été élu, nous avons immédiatement commencé le travail en suivant les termes de référence qui nous ont été présentés par le ministre Rogatien Biaou, c’est lui qui nous avait précisé comment la Cni devait contrôler toutes les étapes de l’exercice c’est-à-dire il y avait d’abord l’auto-évaluation qui devait être réalisé au niveau du Bénin et nous devrions travailler sur les quatre domaines qui ont été retenus à savoir : La Démocratie et la bonne gouvernance (la gouvernance politique), la gestion économique et la gouvernance économique, la gestion des entreprises et le développement socio-économique. Dès qu’il y a eu cela, nous avons fait réaliser le travail qu’il fallait en ne laissant de côté aucune compétence disponible au niveau de notre pays ; tous ceux qui pouvaient apporter leur contribution ont été associés c’est-à-dire les cabinets d’étude ont été identifiés pour pouvoir s’occuper chacun de tel ou tel domaine, tel autre cabinet pour s’occuper de la gouvernance économique, tel cabinet pour s’occuper de la gouvernance des entreprises, tel autre cabinet pour s’occuper de la gouvernance socio-économique. Donc c’est tout cela qui a été fait. Nous n’avons pas crû devoir faire ce qui se fait habituellement où quand on est sur un champs pareil, on procède à l’élimination des gens. Nous, nous sommes restés attentifs à la nécessité de faire intervenir des acteurs scientifiques, des intellectuels de choix pour ces différents domaines d’étude. Et c’est la contribution de tous ceux-là qui donne les résultats que nous avons aujourd’hui.

 Faites nous connaître alors M. le président la substance du rapport d’auto évaluation des experts nationaux?
C’est le cas de dire que le document est substantiel à savoir que c’est dense car pour chaque domaine, vous avez au moins 100 pages.  Avec tous ces quatre domaines , ce qu’on peut dégager maintenant comme synthèse, vous voyez  vous même  que c’est vraiment substantiel. Mais après tout le travail qui a été fait dans chaque domaine, nous avons demandé à des consultants de bien vouloir reprendre tous ces résultats relatifs à chaque domaine de gouvernance pour en dégager la synthèse. Nous avons demandé à des professeurs, des chercheurs de faire ce travail pour suivre les règles parce qu’il y a le questionnaire pour chaque domaine ; le domaine de la gouvernance et de la Démocratie. De même, il y a des questionnaires au secrétariat du Maep pour les trois (03) autres domaines. Cela a été suivi correctement.

 Si nous prenons le domaine de la Démocratie et de la gouvernance, qu’est ce que votre commission a concrètement retenu après son travail ?
Je crois qu’en suivant les questionnaires, il y a les problèmes qui déchirent les différents pays à l’heure actuelle. Vous prenez le cas du Kenya, il y a les problèmes d’élections. Je crois qu’il y a dans le problème des élections, comment interviennent les différentes parties prenantes de la politique à savoir les partis politiques, la société civile, le privé etc. Tous les problèmes qui se réfèrent à la bonne conduite politique. La politique politicienne, ne pas s’en tenir là. Il faut aller au-delà et voir  comment chaque couche de la population doit intervenir pour la réalisation de la démocratie participative. Il ne s’agit pas de quelque chose qui doit tenir compte de la démocratie arithmétique où tout simplement il y a telle ou telle élection à l’issue de laquelle tel parti arrive grce à l’industrie de la fraude à obtenir 50% des voix plus une (50% + 1) donc de régenter le pays tout le temps. Nous avons vu les  possibilités de consensus, d’échanges. Tout cela est bien précisé dans le texte. Vraiment, au lieu de mon commentaire, il vaut mieux que vous ayez en main tout cela. Pour la gouvernance économique, la nécessité d’étudier ce qui se passe sur le plan formel, sur le plan informel, le problème de la corruption : qu’ est- ce qui est à la base de la  corruption, qu’est ce qu’il faut pour enrayer tout cela, comment notre pays peut profiter de ses potentialités, de ses capacités endogènes pour son développement, comment sans rester dans le cadre autarcique, critiquable, notre pays peut grce à des principes bien fixés, travailler avec d’autres pour son économie ? Nous n’avons pas manqué de tenir compte bien sûr de tout ce qui était prévu dans les études prospectives.
Certains membres de votre équipe ont fait cas de conditions difficiles pour mener à bien leur mission; qu’en dites- vous ?
C’est vrai et c’est pourquoi je tiens à saluer l’exemplarité, leur prestation de service . A tout moment, je leur ai convié à l’abnégation, à tout moment, je leur ai demandé de se faire petit pour que le pays grandisse. A tout moment, je leur ai rappelé  les procédures d’obstacle et non d’ouverture des voies aux bailleurs de fonds avant de décaisser, il y a tellement de tracasserie . Nous n’avons pas manqué au cours de nos travaux d’injecter notre argent, de mettre la main à la poche. Je peux dire que conformément à notre perspective on a fait en sorte que l’élitisme ne soit pas de mise dans ce travail. Tenant à ce que le citoyen, la citoyenne du dernier hameau du pays le plus éloigné soit informé de ce que nous étions en train de faire, nous n’avons pas manqué nous -mêmes  d’injecter des millions de francs afin de permettre aux populations d’être informées dans toutes les langues nationales de ce que nous étions en train de faire. Contrairement à ce qui s’est toujours passé, quand il y a de tels travaux émanant de l’Etat,  l’argent  a été utilisé à quoi il a été destiné.  Je peux dire que là, j’ai été entendu par les membres de la commission qui ont été magnifiques. Aucune grogne, aucun mécontentement. Ils ont suivi en apportant le meilleur d’eux-mêmes et c’est merveilleux.

Pensez- vous avoir décelé en vos collaborateurs un esprit de patriote ?
De véritables patriotes, c’est le cas de le dire. Grce à cette circonstance, ce cadre, j’ai pu prendre contact avec de vrais compatriotes. Je les salue encore, je les saluerai toujours. Ils n’ont jamais eu à réclamer telle ou telle chose même si parfois, il fallait les inviter à l’Institut de Développement Endogène et des Echanges (Idee)-Ndlr: situé à Ouidah- ils se déplaçaient de Cotonou pour venir ici en comptant sur les infrastructures financées par moi-même et qui sont disponibles. Ils n’attendent pas  de l’argent de personne ni d’aucun bailleur de fonds pour que nous puissions faire avancer les travaux. Mais ils ont toujours accepté d’être présents pour que le travail avance.

En ce qui concerne vos travaux, est-ce la seconde phase du projet  » Alafia 2025  » ou carrément quelque chose de complètement différent ?
Vous faîtes bien de poser cette question. Si l’on devait tenir compte de la perspective de certains cadres  » cadrés  » , de certains « administrativistes », on devait dire que nous étions partis ex nihilo. Mais nous, dès le départ, nous avions imposé l’articulation  avec les études prospectives. C’est pourquoi les premières conférences qu’on a organisées pour briefer les membres, c’étaient sur les études prospectives et c’étaient très bien. Les unes et les autres ont pu saisir que nous ne partions pas de zéro. Il y a déjà certaines choses qui sont dites dans les études prospectives et il nous faut rester attentifs à cela. Ce n’est pas ce qui se fait habituellement. Alors que l’argent est disponible pour tel ou tel projet qui arrive, on ignore complètement les études qui existent avant ce projet là. Non! Nous autres, nous avons procédé de façon scientifique. Il ne s’agit pas d’une activité politicienne où il faut mettre la croix sur ce qui est venu avant. Il faut dégager de l’ensemble qui préexiste les leçons qui s’imposent.

Retracez- nous le processus qui a abouti à cette heureuse perspective pour notre pays ?
L’exercice qui est proposé à tout pays au Maep doit déboucher sur un plan d’actions ; ce que propose le pays pour juguler les dysfonctionnements, pour corriger les  aspects de mal développement pour parvenir à un développement approprié internationalement et panafricainement. C’est de cela qu’il s’agit. Dans ce cadre, nous devions,  en tenant compte des études prospectives et de ce que nous-mêmes, nous avons réalisé sur le terrain, en prenant contact directement avec les populations dans le cadre de la démocratie participative, nous devions déboucher sur un plan d’actions. Ce plan d’actions a été vu et retouché par le Panel des experts venus de la part de l’Union Africaine pour voir si c’est en harmonie avec les analyses que nous avons menées  dans les quatre domaines de la bonne gouvernance et voir si ça concorde avec ce qu’il convient de prendre comme décision pour corriger ce qu’on aurait noté et ce qu’on a noté effectivement comme dysfonctionnement. Tout cela a pu déboucher sur les conclusions actuelles.
 Certains estiment que votre rapport, en raison de sa qualité, n’a été retouché que très légèrement par les experts de l’UA. Qu’en dites- vous ?
Nous ne pouvons que saluer cet esprit d’amour du prochain de la part de ceux qui expriment une telle confiance. En tous cas, pour ce que nous avons fait, nous n’avons pas manqué de mettre au service de notre pays tout ce que nous pouvions avoir appris. Moi-même, pour ce qu’il convient de faire avec les sciences sociales et humaines, n’oublions pas que c’est quelques 20 ans au centre de recherches scientifiques au 15 quai Anatole France à Paris. Dans la recherche scientifique, ce que nous avons pu tirer de ce travail, nous l’avons mis ; ce que nous nous avons appris en tant que doyen de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université d’Abomey-Calavi que nous avons fondée ; ce que nous avons appris des enseignants des chercheurs, nous les avons mis au service de notre pays. Ce que nous avons appris en tant que directeur général de la recherche scientifique et technique au Bénin, nous l’avons mis également au service du pays pour que l’on évite de dire qu’on part ex-nihilo. Ce que nous avons pu acquérir aussi sur le plan international pendant plus de 12 ans de direction du Programme Enseignement Supérieur de l’Unesco pour l’Afrique et de la formation des personnels de l’éducation, nous avons mis cela au service de notre pays. Connaissant bien comment les choses pouvaient marcher sur le plan international, il ne pouvait pas y avoir beaucoup de défectuosités dans le travail fourni ; et faisant confiance à nos cabinets d’étude qui ont pris tel ou tel aspect, tout a été bien conduit et on n’a pas laissé les cabinets d’étude travailler seuls et décider de la conclusion des résultats sur lesquels ont débouché les travaux dans différents cabinets d’étude .

 Lorsque vous aviez été appelé pour faire ce travail, croyez- vous atteindre un résultat aussi éclatant pour notre pays ?
L’essentiel pour nous autres, c’était de faire pour notre pays le travail possible, de mettre à disposition nos capacités intellectuelles, nos compétences pour que notre pays en tire le plus grand bien sans tenir compte de ce que cela pourrait lui apporter et qui saurait attirer de la part de certains des mentalités d’exclusion ou des courses pour se partager le gteau. Pour nous autres non ! on peut ne pas avoir un franc de ces 1000 milliards, pour les membres de la Cni/Maep ça ne leur dira rien.

 Après ce résultat, les membres de la Cni ne peuvent-ils pas encore servir pour la mise en Å“uvre du programme ?
Normalement, dans les termes de référence qui nous ont été présentés le 11 novembre 2005 par le ministre Rogatien Biaou, la commission est là pour les différentes phases du mécanisme.  Après l’acceptation du rapport présenté par notre cher président de la République, nous devions nous engager dans la phase de suivi-évaluation. Mais dans la tête de certains cadres « cadrés », il y a le fait qu’ayant vu arriver l’argent, il faut oeuvrer à créer un dysfonctionnement c’est-à-dire de tout faire pour que ce ne soit  pas ceux qui sont au courant de tout le processus qui continuent de sorte que je peux vous dire de la part de certains, dès qu’il y a eu l’auto-évaluation conduite par nous et dès réception de la première équipe qui est arrivée avec notre sÅ“ur Angélique Savané et son équipe, on a voulu exclure totalement les membres de la Cni. Mais ceci n’est que la résultante des élucubrations de certains cadres  » cadrés  » et surtout d’un individu qui est au niveau de la Direction de l’intégration Africaine ; mais nous, ça ne nous a rien dit. Nous autres, nous continuons notre travail et nous n’avons pas manqué d’informer le président de la République sur une certaine entreprise de goujaterie qui est entreprise au niveau du ministère des affaires étrangères parce que c’est à l’arrivée du ministre actuel fin juin- début juillet qu’il a été pris en mains et instrumentalisé par le directeur de la Direction de l’Intégration Africaine pour agir dans tel ou tel sens pour  écarter complètement la commission, afin de mettre fin à son travail. Alors que dans ce qui nous a été dit par le ministre Biaou, à toutes les étapes, même si on ne joue pas le rôle prépondérant telle que la phase qui a été gérée par le panel des experts qui sont venus pour le compte de l’Union Africaine avec Mme Marie Angélique Savané, on doit être associé .A l’heure actuelle, la commission selon les textes, doit prendre en mains la phase du suivi-évaluation pour faire ce que vous attendez d’elle.

 Depuis le résultat d’Addis-Abeba, aviez- vous été contacté par le gouvernement ?
Vous pensez que chez nous, on a cette culture. Quels que soient les régimes, vous pensez qu’on a cette culture du sérieux pour dire il y a telle ou telle chose, voilà que nous venons d’en finir avec ce qui donnait lieu à beaucoup d’inquiétudes, il nous faut revoir avec la commission le travail à faire maintenant. Personne n’a pris contact.
 Comment éloigner ceux qui ont fait le travail pour que vraiment on puisse faire du n’importe quoi, c’est ça qui est dans l’esprit des gens.  On sait qu’on peut créer n’importe quel désordre, ce sera à l’insu du président de la République parce que quand il voudra avoir des informations à ce sujet, c’est toujours quelqu’un du ministère qui va se rendre devant lui pour lui tenir un faux discours sur la marche des choses et compte tenu de ses préoccupations multiples, il va prendre ça pour vérité ; c’est ainsi que ça se passe dans notre pays, nous nous en sommes rendu compte. Et aucun conseiller non plus n’est capable de suivre cela et de lui dire, attention, il y a telle ou telle chose.

- A qui pensez- vous lorsque vous évoquez les coups bas contre la commission ?
 C’est celui qui dit qu’il va prendre les informations à l’Union Africaine et que personne d’autre n’a le droit de se rendre à l’Union Africaine. Je donne l’exemple de ce qui s’est passé à Accra en juin-juillet. Il est vrai que moi, j’avais un autre créneau mais il se trouve que le conseil des ministres avait pris une décision pour que le président de la Cni/Maep et le coordonnateur de l’équipe se rendent à la réunion d’Accra. Il devait y avoir la réunion des différentes commissions. Ça a été pris par le conseil des ministres. Le coordonnateur est venu annoncer cela et j’ai laissé tomber toutes mes activités pour me rendre à Accra. Savez- vous que nous ayant rencontré là-bas, un certain individu se disant directeur de l’Intégration Africaine, c’était la foudre, le mécontentement vis-à-vis du coordonnateur qu’on a engagé pour lui dire:  » Même si le conseil des ministres a dit telle ou telle chose, est- ce que moi, le directeur de l’intégration africaine, je vous ai dit que vous avez le droit de faire le voyage avec le président? ». C’est ainsi que les choses marchent à l’insu des autorités. Or dans son discours quand le président s’est présenté devant le forum des chefs d’Etats sa première phrase a été :  » Je salue la présence dans la salle du professeur Aguessy Honorat, président de la Commission Nationale Indépendante de mise en Å“uvre du Maep qui a travaillé sur le rapport du Bénin ». Et c’est au cours de cette réunion qu’on a décidé que tout se fera à Addis-Abeba. Mais après, il peut être chambré par ses collaborateurs au point que quand  il se rendait à Addis-abeba,  c’est quand même curieux qu’un tel président qui connaît le président de la commission, qu’il n’ait pas dit que j’ai besoin du président de la commission là-bas même si la dernière phase a été menée par le panel des experts de l’UA, mais ça n’a pas été fait.
Ce n’est pas qu’il n’ait pas exprimé ce desideratum, ce souhait mais le milieu qui sert de carapace au président est tel que ça peut annihiler tout ce qui est indispensable pour ce processus.

Voulez-vous dire qu’il existe des craintes pour la mise en Å“uvre du programme ?
Ceci est ce qu’il y a de plus exact, il existe un risque incroyable. Il y a ces personnes là qui agissent comme des goujats et jusqu’à présent, c’est le directeur de l’Intégration Africaine à savoir Séraphin Lissassi qui est à la base de cela car si l’actuel ministre des affaires étrangères a commencé à grouiller de telle ou telle manière tout en ignorant la commission, si quelques semaines seulement après son installation, il a commencé par aborder ce sujet de façon négative alors qu’avant lui, le ministre Alhadji Diallo était vraiment admirable, il y a problème. S’il y a cela, c’est parce que ces responsables de hauts lieux sont instrumentalisés par leurs collaborateurs et il y a des risques.

Après ce résultat, croyez-vous que les membres de la Cni/Maep soient encore utiles pour la suite pour la mise en Å“uvre de ce vaste chantier ?
Vous savez, si c’est à la commission comme les textes le disent, ce n’est pas un ministre qui nous a choisi, ce n’est pas un individu qui nous a porté; c’est un décret du gouvernement qui a mis en place la Cni/ Maep. Il peut ne pas s’agir de la totalité des membres de la commission mais avec ce que nous avons vu dans les autres pays à savoir le Ghana, le Kenya, le Rwanda et bien d’autres pays qui sont déjà partis à ce mécanisme, ce sont les mêmes membres de l’unique commission nationale qui peut prendre d’autres dénominations, qui sont restés là pour gérer l’après acceptation du plan d’action présenté par leur président. C’est exclusivement en ce qui concerne le Bénin qu’il y a ces gens qui sont en train de manigancer le pouvoir.

 Combien de membres composent la Cni/ Maep ?
Normalement, avec ce que le gouvernement a retenu, ce sont quelques 93 personnes. Cependant, c’est une cinquantaine de personnes qui ont toujours participé aux réunions du début à la fin. La première monture accordait la priorité aux représentants des différents ministères. Sur une cinquantaine de personnes, on avait plus de vingt sept (27) venant des ministères mais nous avons dit que ce n’est pas cela en relisant les textes du Maep où l’on met l’accent sur l’implication lourde du privé et de toutes les composantes de la société, nous avons intégré toutes les composantes de la société, les vendeuses des marchés, tels artisans, telles associations de femmes etc. De façon diversifiée, nous avons proposé beaucoup de groupes et même l’association des handicapés que représente notre aîné le professeur Adjo Bocco Moumouni puisqu’il est atteint maintenant de la cécité. Je ne sais pas mais je me suis toujours demandé pourquoi on a ajouté le mot  » Indépendante  » à la désignation de la commission nationale. N’est-ce pas parce que les gens avaient à l’esprit leur pensée de détourneurs , de gens qui manigancent beaucoup ? Sachant qu’ils vont bousculer les gens de toutes les manières , ils ont voulu ajouter  » Indépendante « .
 
 Est-ce à dire que le Maep date du gouvernement de Mathieu Kerekou ?
Le processus a débuté depuis le gouvernement défunt mais le gouvernement actuel n’a fait aucune difficulté pour poursuivre ce qui était déjà initié sous le gouvernement défunt. D’ailleurs, les gens n’ont pas manqué de mettre l’accent là-dessus. Madame Savané n’a eu de cesse à  dire que c’est le premier pays où l’on voit que ce qui a été initié par un ancien gouvernement est pris en charge par le nouveau gouvernement sans problèmes, sans critiques.

 Quel message pouvez-vous délivrer aux populations avec ces 1000 milliards?
Ce que je peux envoyer comme message  aux populations est de leur demander d’aider les autorités à bien gérer ces 1000 milliards dans le cadre de suggestions et recommandations qui sont faites pour les quatre domaines de la bonne gouvernance. Que ce soit bien géré pour ce cadre là et rien que pour cela. Qu’on ne se dise pas qu’il y a 1000 milliards et qu’il faille maintenant oppresser vers quelque extrémité pour pousser le gouvernement pour dépenser cet argent à d’autres fins. On aide le gouvernement à bien gérer cela et à bien comprendre pourquoi ça a été obtenu.

 Vous ne souhaitez donc pas voir cet argent servir à financer les élections ?
Surtout pas, car là c’est toujours inutile. Essentiellement dans tous les pays africains avec l’industrie de la fraude -c’est heureusement moins développé au Bénin- Il faut être vigilant. Vous voyez ce qui s’est passé au Kenya, pays qui est parti au Maep et siège au sein du forum des Chefs d’Etats qui juge chaque nouveau postulant avec son plan d’actions. Mais vous voyez ce qui se passe dans ce pays ?

Propos recueillis par Jean-Claude D. Dossa et Gérard AGOGNON

Désignation des membres CEA: Les négociations piétinent toujours au Parlement

Une nouvelle session extraordinaire s’ouvre ce jour
Mathurin NAGO, Président de l'Assemblée Nationale   Les députés se sont à nouveau réunis en séance plénière vendredi dernier, 8 février 2008 au palais des gouverneurs à Porto-Novo afin de poursuivre la désignation de leurs représentants dans les démembrements de la Commission électorale nationale autonome (CENA), notamment au niveau des commissions électorales d’arrondissement (CEA). Malheureusement, les nombreux rounds de négociation et de conciliabules, les multiples reports de séances n’ont pas permis de décanter la situation. C’est donc dans cette ambiance d’insatisfaction que la première session extraordinaire convoquée en principe pour évacuer ce dossier de désignation des représentants du parlement au sein de la CENA ainsi que dans ses démembrements a été clôturé. En effet, au cours de cette séance plénière, les présidents des groupes parlementaires ont été invités à expliquer les raisons de ce blocage et faire le point sur le niveau d’avancement des négociations au sein de leurs groupes respectifs. Pour Epiphane Quenum, parlant au nom du groupe ADD-démocratie et progrès, c’est que les groupes parlementaires ne s’accordent pas encore sur les positionnements dans certains arrondissements. « C’est cette phase qui piétine », a-t-il ajouté avant de rassurer que d’ici lundi la situation pourrait se décanter. Le président du groupe parlementaire ADD-paix et développement Jean-Baptiste Edayé a quant à lui déclarer qu’il ne reste que quelques retouches à faire au niveau de son groupe parlementaire par rapport à certains positionnements qui ont été effectués dans les départements ; mais que les discussions se poursuivent pour la finalisation de leur liste. En ce qui concerne la mouvance parlementaire, c’est Célestine Adjadohoun qui a parlé au nom de ses collègues du groupe €¦.  Elle a souhaité que chacun de ses collègues confirme d’ici lundi les choix qu’ils ont opérés et que dès lundi la liste dudit groupe soit finalisée. En tant que président du groupe parlementaire Fcbe €¦., Justin Yotto Sagui a déclaré qu’en ce qui concerne son groupe, qu’il ne reste que la confirmation des échanges de postes effectuées avec les autres groupes. Pour le président Anani Abimbola, les négociations sont très avancées au sein de son groupe parlementaire car dit-il, il ne reste que quelques retouches à faire ainsi quelques accords à prendre entre députés afin que la liste de son groupe ne soit présentée. Mais toutefois, il a fait observer qu’il y a des gens qui avaient été retenus comme cea et qui sont encore candidats. Ainsi souhaite t-il, qu’un peu de temps leur soit accordé afin de leur permettre de retourner dans les villages décanter la situation. Comme on peut donc le constater, les choses ne sont pas pour autant facile pour nos honorables députés qui s’échinent à accorder leurs violons sans pour l’instant réussir à trouver le bout du tunnel. Une nouvelle session extraordinaire, la deuxième de cette année 2008 s’ouvre ce jour lundi pour permettre aux députés de boucler ce processus de désignation de leurs représentants dans les Cea.
Florie Bah (coll.)

Après sa nomination à la tête de la Boad: Bio Tchané présente sa gratitude à Boni Yayi

Abdoulaye Bio TCHANE, le nouveau patron de la Boad     A tout Seigneur tout honneur, dit-on. L’ancien Directeur général Afrique du Fonds Monétaire International (Fmi) a rendu mercredi dernier une visite de courtoisie au Président de la République. Selon les propos du nouveau patron de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad), il est normal de venir témoigner toute sa gratitude au Chef de l’Etat qui lui a permis d’accéder à ce poste important de responsabilité. Sa visite s’inscrit en effet dans le cadre de présentation de ses remerciements au Chef de l’Etat qui n’a ménagé aucun effort pour présenter et appuyer sa candidature à la présidence de la Boad. Pour l’ancien argentier du Fmi, le Président Boni Yayi, connaissant bien cette institution bancaire ouest africaine pour l’avoir dirigée pendant une décennie, lui a fait confiance vu ses qualités professionnelles tout en le soutenant dans sa candidature au poste de direction de cette banque régionale. Non seulement Bio Tchané a tenu à remercier le Chef de l’Etat, mais également il a présenté toute sa reconnaissance au peuple béninois au nom duquel sa nomination a été effective. Profitant de sa visite au Président de la République, Bio Tchané  a saisi la même occasion pour dévoiler ses ambitions à la tête de l’institution bancaire. Pour lui, son objectif principal est de faire de la Banque Ouest Africaine de Développement, une banque véritablement dynamique sur le plan économique pouvant aider réellement au développement de l’Afrique.

Donatien GBAGUIDI

Crise à Télécel Bénin: Le tribunal confirme définitivement l’Administrateur Chodaton

Ismaël TIDJANI SERPOS, Arbitre Départteur du Tribunal Arbitral   Les dirigeants de Télécel organisent la résistance en déclenchant la substitution de Télécel par Etisalat

A  travers deux décisions rendues le 24 janvier 2008, le Tribunal arbitral constitué dans le cadre de la gestion du contentieux qui divise les deux actionnaires de la société Télécel Bénin a définitivement statué sur la personne compétente pour diriger la société jusqu’à la fin de la période de mésintelligence. Anatole Chodaton est confirmé Administrateur provisoire. Mais déjà, l’on soupçonne des indices de résistance dans le rang des dirigeants actuels de Télécel Bénin face à la décision de justice.
Les dirigeants actuels de Télécel Bénin issus du rang de Atlantique Télécom ont enclenché depuis quelques jours, une campagne de substitution définitive de la société Télécel Bénin par Etisalat le concessionnaire provisoire de l’Etat dans la gestion de la dite société jusqu’à la résolution de la crise de mésintelligence entre Sarci et Atlantique Télécom.  Selon les confidences des agents de cette société interrogés, les dirigeants de Télécel Bénin ont oralement informé le personnel de la disparition pure et simple de Télécel Bénin au profit de Etisalat.
Cette campagne fait suite à certaines décisions de la justice dans la crise qui ooppose Sarci Sarl à Atlantique Télécom. Le Tribunal arbitral présidé par Ismaël Tidjani Serpos a rendu le 24 janvier 2008, deux décisions confirmatives de la précédente décision ADD n°001 du 30 octobre 2007 portant  nomination d’un Administrateur provisoire en la personne de Anatole Chodaton à la tête de Télécel Bénin.

A l’Administrateur confirmé s’ajoutent des nominations d’autres experts€¦
Par les décisions n°001/TA/2008 et n°004/TA/2008 du 24 janvier 2008, le Tribunal arbitral ad hoc présidé par l’Arbitre départiteur Ismaël Tidjani Serpos s’est déclaré compétent à siéger dans le dossier Télécel opposant Sarci et Atlantique en confirmant la décision ADD n°001 du 30 octobre 2007 portant  nomination d’un Administrateur provisoire en la personne de Anatole Chodaton à la tête de Télécel Bénin, prise par l’arbitre départiteur. Dès lors, il rejette la demande de sursis de statuer sollicitée par Atlantique Télécom tout en reprécisant dans lesdites décisions, les missions de l’administrateur provisoire dont il précise que le mandat est suspensif des fonctions du Directeur Général et du Conseil d’administration. Il ordonne par ailleurs aux représentants de  la société Atlantique Télécom Sa et Télécel Bénin de mettre à la disposition des experts, les pièces relatives à la trésorerie de la société.
Trois experts en les personnes de M. Toïdi Moutaï, expert comptable, Philipe Bonou Ahidoté comptable agréé, Max Francisco Ingénieur R et D ont été nommés par le Tribunal arbitral pour assurer le contrôle de gestion de la société.
Benjamin Sèmèvo

Bureau de la Cena 2008: Les représentants du gouvernement saisissent la Cour suprême pour violation des textes

Le Présdent Boni Yayi sevré des réalités de gestion de Télécel Bénin   « La commission électorale nationale autonome (CENA) est dirigée par un bureau de cinq (05) membres en tenant compte de sa configuration politique€¦ ». C’est ce que dispose l’article 38 de la loi portant Règles générales pour les élections en République du Bénin. Cette disposition n’a pas été respectée dans le cadre de la mise en place du bureau de l’institution,  selon plusieurs membres de la CENA 2008.Quelques jours seulement après son élection, le bureau de Pascal Todjinou est encore sur la sellette. En effet, les représentants du  gouvernement au sein de la CENA  viennent de saisir la Cour Suprême pour invalider à nouveau ce bureau pour non-respect, selon eux, de l’esprit de la loi portant Règles Générales pour les élections en République du Bénin. Prenant appui sur l’article 38 de cette loi, les membres de la CENA représentant le gouvernement au sein de l’institution veulent amener la haute instance judiciaire à enjoindre les membres de la Cena 2008 à constituer un bureau qui reflète les différentes sensibilités politiques présentes en son sein contrairement au bureau actuel. S’inspirant de la jurisprudence existante en la matière, les membres de la CENA qui s’apprêtent à déposer leur recours ce jour entendent amener la cour à dire le droit.   Ce nouvel épisode qui fait suite au refus de sept membres de la Cena de reconnaître l’ex bureau de Todjinou,  et à qui la Cour a donné raison, vient  donner la preuve que la sérénité n’est pas encore d’actualité au sein de la Cena 2008. Se défendant de ne pas vouloir mettre à mal le processus électoral en introduisant leur recours devant la Cour, les représentants de l’exécutif  disent aspirer à ce que la légalité préside toutes les actions au sein de l’institution. A cet effet, ils exhibent les  précédentes décisions de la Cour Constitutionnelle qui avait déjà statué dans des cas similaire au profit de la prise en compte des différentes tendances dans la constitution du bureau devant conduire aux destinées de l’organe chargé de mener à bon les élections des conseillers communaux, de quartiers de villes et de villages dans les prochaines semaines.. Tous les regards sont donc à nouveau tournés vers l’institution judiciaire pour dénouer ce différend qui fait planer l’épée de Damoclès sur la tête du bureau de Pascal Todjinou.
Jean-Claude D. DOSSA

Entretien avec Moussa Sène Absa: «La tragédie de l’émigration continue et nous n’avons pas le droit de croiser les bras»

5ème édition du Festival international du film de Ouidah. Les réalisateurs se croisent et s’entrecroisent, soucieux d’assister à la sentence du public qui est dans les salles noires. À la cafétéria du Festival, un homme détendu, pipe à la bouche, est entouré d’une dizaine de jeunes étudiants. Le réalisateur sénégalais Moussa Sène, dont le film Teranga Blues est en compétition, suscite l’attention des jeunes qu’il semble accrocher par la thématique de son film. Pour lui, l’avis du public sur ses Å“uvres est prioritaire. Mais jusque-là il ignore que son film aura le lendemain le Prix du public. C’est dans cette atmosphère festivalière que l’homme s’est prêté à nos questions. Il aborde ici la philosophie qui sous-entend Teranga Blues et le parcours qu’à déjà fait ce film. Il regrette l’état actuel du cinéma sénégalais et apprécie la multiplicité des festivals de cinéma sur le continent.
L’Evénement Précis: Quelle philosophie sous-entend la réalisation de votre film Teranga Blues ?
Moussa Sène Absa
: Teranga Blues, c’est l’histoire de la jeunesse africaine aujourd’hui. Une jeunesse désemparée, désespérée qui s’embarque dans les bateaux de fortune pour mourir en mer. Moi je voulais en montrer le contrepoids. Cela voudra dire m’interroger sur le retour de la manivelle. Et si l’on partait et qu’on y revenait sans la fortune espérée ? C’est le postulat du film Teranga Blues. Cela m’est arrivé à l’esprit à la suite d’un voyage sur Paris où au cours de mon vol, je vis un jeune africain qu’on essayait de rapatrier de force, qui était tellement traumatisé, malheureux et qui pleurait et priait de toutes ses forces. Dans l’avion je me suis alors mis à réfléchir sur ce cas. Je me suis rendu compte qu’il a mille raisons de pleurer et de se débattre. Il va rentrer chez lui sans rien dans une famille où sa mère, ses frères, son fiancé et même ses amis l’attendent parce que ça fait longtemps qu’il vit à en France et tout le monde dans sa famille espère quelque chose. C’est le postulat du film.

Alors au regard de ce postulat, quelle a été dans ce film la créativité du réalisateur au développement de la thématique ?
Mais avec ce postulat, je me suis dit comme ce jeune est en quête de richesse, d’abondance, autant lui en donner. Mais à quel prix ? Voilà toute l’interrogation.

S’il faut apprécier le degré de fiction de votre film au regard de la réalité, est-ce que la société sénégalaise dont vous êtes issu est effectivement confrontée à des cas de retour au bercail de compatriotes dans le dénuement matériel absolu ?
La problématique de Teranga Blues n’est pas seulement relative à la société sénégalaise.. Tout le continent africain est concerné : et si on arrivait pas à devenir riche, que faut-il faire ? Mourir en Europe ? La question fondamentale, c’est quel est le sens de la vie ? S’arrête t-elle à amasser beaucoup d’argents ? Il y a aujourd’hui en Europe, beaucoup d’africains qui se refusent de rentrer dans leur pays, quinze, vingt, trente ans après juste parce qu’ils estiment n’être suffisamment pas riches pour satisfaire toutes les attentes de leur famille et alliés.

Quel est déjà le parcours de Teranga Blues ?
Je n’aime pas compter les festivals. L’accueil du public est beaucoup plus important pour moi. Sinon je puis déjà dire que j’étais en Allemagne avec ce film, à San Paolo au Brésil, à New York, à Chicago, je suis actuellement à Ouidah au Bénin etc. Il faut retenir que le film à une vie qui est bien différente de la mienne.

Quel accueil Teranga Blues a alors reçu dans le public africain ?
J’ai jusque-là, j’ai fait seulement trois projections en Afrique. Mais les jeunes qui l’ont vu l’ont beaucoup aimé.

À évaluer le drame de l’émigration en Afrique, n’avez-vous pas le sentiment, au regard du message que le film véhicule, que Teranga Blues est arrivé trop tard dans un monde trop vieux ?
- Les jeunes qui ont vu mon film en Afrique m’ont posé la même question : «Il fallait faire ce film-là avant que tous ces jeunes n’aillent se jeter en mer». Non je crois qu’une jeunesse a besoin de référence, de rêve et si à un moment donné, il ne trouve pas cela, il va le chercher ailleurs. C’est une erreur de penser que le drame est au passé. Chaque jour qui se lève, des jeunes africains continuent de tenter cette aventure fatale. Des jeunes continuent de courir le risque à travers le désert, d’autres en pirogues€¦ La tragédie de l’émigration continue et nous n’avons pas le droit de croiser les bras.

Après Teranga Blues, quelles perspectives pour le réalisateur ?
Ouh€¦ ! J’écris. J’écris mille choses à la fois. Moi j’ai l’habitude d’écrire deux trois choses à la fois. Un texte peut être avancé plus que l’autre mais je m’occupe toujours puis je partage par la suite ma connaissance. Je me sens ainsi utile.

Comment se porte aujourd’hui le cinéma sénégalais après la mort du doyen Sembène ?
Il se porte très mal, même avant la mort du Doyen Ousmane Sembene.

Et pourtant beaucoup de pays africains désireraient être à la place du Sénégal en cinématographie ?
Le cinéma sénégalais se porte très mal juste parce que nous aurions pu aller très loin. Aujourd’hui nous sommes à Ouidah au Bénin. Si le Sénégal a su saisir sa chance on serait peut-être en Alaska ! Le Sénégal a eu la chance d’avoir fait les bases du cinéma africain avec le premier réalisateur du continent ; la cinématographie réelle africaine s’est construite autour du cinéma sénégalais. On aurait pu aller beaucoup plus loin. Mais comme ceux qui nous dirigent ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, on est là où on en est mais on se bat.

De votre position, comment appréciez-vous aujourd’hui la multiplication des festivals de cinéma sur le continent ? Un atout ou une faiblesse ?
Mais aujourd’hui sur le continent au Mali, en Guinée au Sénégal, au Bénin €¦ toutes les salles de cinéma sont en train de fermer leurs portes. Les festivals apparaissent dès lors comme la seule alternative pour le public africain d’avoir l’opportunité de suivre le cinéma africain sur écran géant.

Une impression sur le Festival Quintessence auquel vous prenez part ?
 Ce qui m’a impressionné dans ce festival c’est la jeunesse. Il y a beaucoup de jeunes pleins de bonne volonté, curieux qui veulent apprendre, il y a quand même une graine qui est en train de germer et de croître. c’est très promettant pour le cinéma africain.

Entretien réalisé par Médard GANDONOU
L’entretien est disponible sur le site du cinéma africain www.africine.org

Mme Titilayo J.M. Clarisse Odjo, maire de Pobè: « Je serai candidate pour continuer mon oeuvre à la tête de Pobè »

Mme Titilayo J.M. Clarisse Odjo, maire de Pobè     A quelques mois de la fin du mandat des élus locaux, votre organe donne la parole aux acteurs du développement local pour exposer les acquis et les zones d’ombre de leur passage à la tête de nos localités. A cet effet, c’est l’une des rares femmes élues locales de notre pays qui a accepté de nous accorder cet entretien. A travers ces échanges, le maire de Pobè dans le département du Plateau, Mme Titilayo J.M. Clarisse Odjo nous dresse le bilan de ses actions à la tête de sa commune, des difficultés pour la concrétisation de ses ambitions et de ses attentes vis-à-vis du gouvernement.
L’Evénement Précis:  Madame le maire, à quelques semaines de la fin de votre mandat, quel bilan faites vous de votre passage à la tête de Pobè ?
Le Maire
: Je répondrai qu’avec le peu de moyens que le gouvernement central a concédé aux communes comme celle de Pobè et face à l’immensité des problèmes dont la recherche de solution, au regard des textes de la décentralisation incombe aux autorités communales, j’ai dû  accorder la priorité à  des questions sociales en privilégiant la réalisation des infrastructures socio-communautaires telles que les écoles, les dispensaires, les adductions d’eau villageoises, les appuis financiers aux groupements féminins, les aides aux indigents, le soutien aux initiatives provenant des jeunes et la création d’emplois sans pour autant négliger l’économie et le culturel où j’ai respectivement amélioré le revenu de la commune et impulsé la dynamique d’une organisation communale des acteurs culturels de la localité.

Etes vous satisfait de ce bilan ?
Je le suis. Mais, je dois avouer que je reste sur ma faim quant à la réalisation de plusieurs ambitions que je nourris pour ma commune

Enumérez nous au moins trois des difficultés qui n’ont pas permis la réalisation de vos ambitions ?
Je peux d’abord faire cas du non transfert par le gouvernement des ressources nécessaires aux communes, ensuite du non reversement par le gouvernement de certaines ristournes et enfin de la non réalisation par le gouvernement de certaines PIP prévues au budget de la commune sans oublier l’incivisme fiscal.

Que faut-il donc faire à votre avis pour faciliter la gestion du pouvoir à la base ?
De mon point de vue, il faut partir des réalités sociologiques et culturelles de nos villages pour prendre l’initiative des lois afin de faciliter leur mise en application sur le terrain et aussi rendre effective la déconcentration, restaurer le pouvoir local et transférer les ressources nécessaires aux communes.

Au terme de cette mandature, êtes vous prête à revivre une nouvelle expérience municipale ?
Je ne ferai pas l’affront à mes mandants de le refuser s’ils me le demandaient€¦.

€¦€¦.Et pour quelle raison ?
Parce que c’est une mission patriotique que l’histoire retiendra malgré toutes les peines que cela comporte.

Quels conseils donneriez vous au prochain maire de votre commune ?
Je lui conseillerai de respecter les textes de la décentralisation, de rechercher le consensus au sein du conseil communal et de ne point ménager ses efforts dans la recherche de solutions aux nombreux problèmes auxquels sont confrontées les populations.

Propos recueillis par Jean-Claude D. DOSSA

CRISE TELECEL-SARCI SARL: La cour déboute Atlantique Télécom et condamne ses avocats

les Sages de la Cour Constitutionnelle    A travers deux décisions Dcc 08-001 et Dcc 08-002 du 15 janvier 2008, la Cour Constitutionnelle du Bénin s’est prononcée  sur la constitutionnalité du tribunal arbitrale siégeant dans le conflit Atlantique Télécom et Sarci Sarl présidée par Ismaël Tidjani Serpos et ayant nommé récemment un administrateur provisoire objet de contestation.
« Les recours en exception d’inconstitutionnalité soulevés concurremment devant le tribunal ad hoc et devant la Cour Constitutionnelle par la Société Atlantique Télécom SA sont irrecevables ». Ainsi la légalité et la partialité de la Cour arbitrale évoquées par Atlantique Télécom pour contester la nomination de l’administrateur Provisoire Anatole Chodaton  se retrouvent sans véritable fondement juridique. La Cour Constitutionnelle a d’ailleurs su bien apprécier ce manque de fondement juridique qui s’assimile à une volonté de dilatoire de la part des avocats de Atlantique télécom. A cet effet, les 7 sages de la Cour sont allés plus loin à leur saisine sur l’exception d’inconstitutionnalité pour condamner dans l’article 2 de la décision DC 002 du 15 janvier 2008, les avocats de la partie requérante  à un viol de la constitution : « €¦ (Noms des avocats) ont violé l’article 35 de la Constitution » qui dispose que « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun ».  En effet, pour la Cour, les avocats étant auxiliaires de justice participant au service public de la justice, et étant forcément conscients que l’exception d’inconstitutionnalité ne peut porter que sur une loi et non sur la composition d’une cour arbitrale, ont fait preuve d’une « volonté manifeste de faire du dilatoire et d’empêcher le juge saisi du dossier de rendre sa décision dans un délai raisonnable€¦ ».
Il se dégage de droit de cette décision de la Cour Constitutionnelle que toutes les décisions rendues par le Tribunal arbitral présidé par Ismaël Tidjani Serpos y compris la nomination d’un administrateur provisoire à la tête de Télécel Bénin sont valables et devraient en principe s’imposer aux parties.  

Médard GANDONOU