Category: Editorial

Edito: Nago au petit trot

Mathurin Nago ne sera plus une excroissance du gouvernement au sein du parlement. Comme un aigle définitivement libéré de sa cage, il vole, vole et survole encore au-dessus de la tête de l’exécutif. Vendredi, il a encore commis l’un de ces petits coups qui ont le don d’énerver le maître de la Marina : « que cessent les manipulations, les calomnies et les intrigues, car la bataille, la vraie est ailleurs, » a martelé Mathurin Nago. Le Président de l’Assemblée nationale a en effet pris le temps de répondre à ses détracteurs, à tous ceux qui l’ont accusé en décembre d’avoir fait le jeu de l’opposition au moment du vote du budget 2014, en optant pour le vote secret. Ce mode de scrutin avait largement favorisé le rejet du projet gouvernemental. Mieux, l’homme a presque bravé la Cour Constitutionnelle lorsqu’elle a enjoint aux députés de se réunir en plénière le 31 décembre 2013 pour voter à nouveau le budget rejeté et jugé non conforme à la Constitution. Cette fois-là, ni l’adoption du texte par ordonnance, ni les dénonciations courroucées des membres les plus éminents de la mouvance qui ont parlé de traitrise sans attaquer ouvertement Nago, n’ont empêché le public de voir dans tous ces mouvements (tectoniques) des crises profondes de la yayicratie finissante. Il se passe que le professeur Nago est en train de s’affranchir progressivement de l’emprise du régime Yayi pour se construire une nouvelle identité pour 2016. Il se passe aussi que cette délivrance ne peut se réaliser que sur le mode de l’arrachement, surtout que Boni Yayi ne semble pas disposé à laisser qui que ce soit briguer un mandat présidentiel pour 2016. Il se passe enfin que Nago candidat, a besoin de sortir de ses habits d’acolyte numéro un du Chef de l’Etat en 2011. Et dans ce registre, il ne peut faire l’économie d’un combat. Son besoin de se démarquer ne saurait néanmoins se réaliser de si tôt. Et les représailles n’ont pas tardé. Déjà, la distance s’est creusée entre les deux hommes. On a vu les ministres à l’ouverture de la session de vendredi, mais ils étaient absents à la cérémonie de décoration de Nago et de ses pairs de l’Afrique venus participer à l’événement. On n’a pas vu Nago lors de la récente concertation organisée au palais par Yayi pour lancer ses troupes à l’assaut des prochaines élections. Il y a à peine quelques mois, cette perspective était inenvisageable. Progressivement, la machine FCBE qui aurait pu servir à faire monter un candidat du sérail au pouvoir, est en train de se tourner contre Nago. A l’intérieur du bureau de l’Assemblée nationale où les FCBE faisaient leur loi, des voix discordantes ont commencé à s’élever. Et l’on verra d’ici peu les échauffourées qui auront d’abord lieu à fleurets mouchetés avant d’éclater sur la place publique. Durant la session en cours, les Béninois verront comment s’exprimeront les forces en présence. La présentation et l’adoption du rapport du président de l’Assemblée nationale serviront de test. Mais il y aura aussi la désignation des membres de la CENA prévue pour cette session qui fera l’objet de toutes les fureurs. L’on surveillera surtout la désignation des membres désignés au titre du parlement pour siéger à la HAAC. Par le passé, les noms étaient partis de la présidence, imposés par la haute main du Chef de l’Etat. Ces différentes occasions rendront service au président de l’Assemblée nationale, s’il entend réellement prendre ses marques. La véritable question est de savoir quelle est la marge de manœuvre dont il dispose pour oser se mettre volontairement en congé du yayisme. Dans un contexte où le Chef de l’Etat veut tout régenter, cette bouffée de liberté ne fera qu’attiser sa méfiance et renforcer sa tendance à ostraciser son allié douteux. Dans ces conditions, toute opposition frontale sera perçue comme une menace et combattue comme telle, y compris par des manœuvres de destitution. Sans emprise réelle sur les députés FCBE, il reste à savoir comment Nago s’exprimera dans le seul langage que comprend l’hôte de la Marina, celui de la force.

Par Olivier ALLOCHEME

Polémique autour de l’invalidation ou non de l’année scolaire 2013-2014: L’année blanche écartée, le réaménagement du calendrier scolaire envisagé

Syndicat netLe gouvernement  reste toujours confiant à conduire l’année scolaire 2013-2014 à son terme. Or, à ce jour, l’école  est déjà trop perturbée pour qu’elle soit considérée par les institutions internationales comme l’UNESCO pour laquelle le Bénin ne respecte plus les normes en la matière. Sur la question, l’Unesco exige au moins 25 semaines de cours sans les congés et avec une marge. Ce qui fait, finalement, 20 semaines. Dans le cas du Bénin, on se  rend compte qu’il n’est plus sûr qu’on puisse rattraper les 25 semaines. Malheureusement, la date du 15 mars que recommandent les normes de l’UNESCO est franchie. C’est ce qui explique pourquoi le gouvernement s’emploie à rassurer les parents d’élèves que l’année ne sera pas blanche. Il faut citer le cas de l’organisation du baccalauréat 2014. Cet examen à 100% ne respectera pas le calendrier conçu par l’UEMOA. Sans doute, le Bénin se chargera de fixer la nouvelle date d’organisation de cet examen officiellement prévue par les textes pour le 16 juin. Ce bouleversement vient confirmer le plan du gouvernement visant à prendre les choses en main pour faire organiser les examens en septembre. On peut, à la lecture du schéma mis en place, conclure que le décret d’une année blanche ressort de la responsabilité du gouvernement. Ce qu’il n’aura pas le courage de prendre aussi facilement.

Les syndicalistes livrés aux parents d’élèves

Le gouvernement s’est mis aujourd’hui dans la posture d’un père de famille qui a répondu favorable à la majorité des doléances  de ses enfants. Il reste, depuis peu, silencieux sur les différentes revendications qui l’opposent aux syndicats, notamment, la Centrale des syndicats des travailleurs du Bénin (CSTB) et la Fesyntra-Finances qui restent fermes sur la question. Le pouvoir laisse l’impression d’avoir tout donné même le moins important. Et du coup, les activités pédagogiques devraient commencer comme dans les autres secteurs précédemment en grève. Mais rien n’y fit. Le constat aujourd’hui reste que cette stratégie a bouleversé la situation au sein de l’opinion publique qui pense que les travailleurs se moquent du peuple en refusant de reprendre les activités. La charge repose depuis quelques semaines sur les centrales, confédérations et la Fesyntra-finances qui n’ont pas encore ordonné la reprise des cours dans les lycées et collègues.

 

Persistance de la crise sociopolitique: Albert Tévoèdjrè lance l’alerte pour une urgente remobilisation

Albert Tévoèdjrè netDans un article dont il est signataire, le Professeur Albert Tévoèdjrè se dit davantage préoccupé par  la persistance de la crise sociopolitique au Bénin. S’il reconnaît que les revendications sociales sont légitimes, elles ne doivent néanmoins jamais mettre en péril durablement, selon lui,  l’essentiel prioritaire de tout être humain. C’est le temps de la « conscience en action », dit également Tévoèdjrè qui estime  qu’ «une concertation  doit donc  se préparer soigneusement, sans retard, sans « diabolisation » préalable  de  quiconque, afin  de conquérir   avec l’accord du plus grand nombre une  victoire essentielle à notre développement et à  la survie de notre démocratie ! ». Lire ci-après l’intégralité de cet article.

Réflexion du Professeur Albert Tévoèdjrè

JUSTICE ET MISERICORDE POUR LE BENIN !

Le Benin se débat confusément pour sortir  d’une crise sociale  qui  fragilise dangereusementles bases  essentielles au fonctionnement normal de toute république. Si  dans la gestion de ce dossier, de  graves erreurs ont été commises et finalement avouées,  si chacun situe la responsabilité de tel ou tel aspect du drame selon sa propre analyse, il reste que les très nombreux dégâts observés et reconnus touchent de toute évidence chaque foyer et l’ensemble de lanation et que la paix citoyenne avec le monde du travail, surtout dans la fonction publique, devient une  aveuglante priorité. Certes, on peut espérer que des « bricolages »de dernière minute sauveront pour certains une année scolaire et académique particulièrement chahutée. Ils devront  largement  ce « sauvetage in extremis »au plaidoyer généreux et  désespéré de Mgr   Antoine GanyéArchevêque de Cotonou ! Mais, ce replâtrage  tardif et probablement précaire ne convaincra  aucun observateur attentif. Le mal  en vérité est profond, corrosif et persistant. Si nul sursaut n’intervient,il faut redouter, pour ce pays, un très sombre avenir, quels que soient ses  dirigeants,- ceux d’aujourd’hui  comme ceux de demain.Or, il se fait  que ce même  Bénin entre désormais dans la grande fièvre des  élections.    La LEPI  est enfin  en marche ! Les candidats se font connaitre  moins timidement. Les professions de foi, les programmes électoraux se peaufinent et commencent à circuler.C’est  peut-être  le moment de tenter de résoudre définitivement  un   problème majeur qu’il faut audacieusement affronter.Dans tous les pays du monde, sauf dans quelques rares pays africains, les revendications sociales ne donnent jamais lieu à la fermeture des écoles et des hôpitaux. La situation qui prévaut au Bénin depuis de nombreux mois est  l’une des plus catastrophiques en Afrique et dans le monde.Cela doit cesser. Il s’agit d’un péril immédiat dont les conséquences  économiques et sociales sont sans mesure.Il  y a ici atteinte publique et directe à la vie et aux droits  des plus faibles.Le monde entier qui tristement nous observe et nous plaint peut aussi nous interpeller et nous aider si nous le voulons et pourvu que nous fassions preuve d’un peu de discernement.  Les hommes et les gouvernements  passent… les peuples et les sociétés demeurent en se renouvelant.Avec, par exemple, l’appui de l’Organisation Internationale du Travail, des instances internationales responsables des droits de l’homme et  des droits des enfants, en accord avec les associations des parents d’élèves et  des principaux syndicats, y compris les centrales syndicales internationales, en collaboration  aussi avec  les organes de presse de tous bords, les confessions religieuses et leurs autorités à divers niveaux, nous devons pouvoir engager dès à présent une concertation responsable pour terminer avec ce fléau.Aucun candidat aux élections  ne devrait retenir notre attention si son programme, dès à présent,ne comporte pas l’engagement que voici : Dans l’intérêt de tous, l’école et l’hôpital  doivent être rigoureusement  épargnés et doivent toujours fonctionner, quelles que soient la couleur, l’origine ethnique ou géographique, la formation politique ou la religion de tel président ou de tel autre élu.

Les revendications sociales sont légitimes et on doit en préserver le droit. Elles ne doivent néanmoins jamais  mettre en péril durablement l’essentiel prioritaire de tout être humain. C’est le temps de la « conscience en action ».Une concertation  doit donc  se préparer soigneusement, sans retard, sans « diabolisation » préalable  de  quiconque, afin  de conquérir   avec l’accord du plus grand nombre une  victoire essentielle à notre développement et à  la survie de notre démocratie !

Le temps presse…  Armés de discernement, agissons ! Maintenant !

Albert Tévoédjrè (Frère Melchior) Ancien Directeur général adjoint du Bureau International du Travail

Elections communales et minicipales: Le ministre Isidore Gonlonfoun confirme la tenue du scrutin dans 3 mois

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe ministre de la Décentralisation, Isidore Gnonlonfoun était hier l’invité de l’émission ‘’Eclairage’’ de la radio nationale. Il était question pour l’autorité de faire le point de la décentralisation sur le plan national et des perspectives pour un développement équitable des communes.

« L’organisation à bonne date des élections est le signe de la vitalité de notre démocratie… et, d’autant plus que la correction de la Lépi est engagée, je crois que le gouvernement s’active pour que les élections communales et locales aient lieu dans trois mois au plus ». C’est en ces termes que M. Gnonlonfoun a abordé l’organisation des élections communales et locales au cours de cette émission. Le ministre a mis l’accent sur la formation des agents des collectivités locales et le renforcement des capacités managériales des maires. A l’entendre, beaucoup de communes font l’effort de la bonne gouvernance tandis que d’autres trainent toujours les pas. Or, selon la loi sur la décentralisation, si une commune n’arrive pas à s’autogérer après dix ans, elle sera rattachée à une autre. Aussi, le ministre trouve-t-il que le Bénin est dans une démarche participative et que son Ministère fera en sorte que tout aille mieux dans chaque commune. Il a été également évoqué la question de l’uniformisation des prix de légalisation des actes administratifs. Le ministre a promis initier une autre rencontre avec les maires à ce sujet. Par rapport à la gestion du fonds Fadec par les communes, il a expliqué que l’audit de la gestion 2012 de ces fonds a été déjà fait et que celui de l’année 2013 va démarrer bientôt. Ce qui permettra aux Partenaires techniques et financiers de comprendre comment ils sont gérés et au gouvernement de prendre des mesures pour punir les maires qui seront reconnus coupables de mauvaise gestion. Les problèmes qui minent le développement des communes n’ont pas été occultés. Et le ministre va exiger le respect des textes par les conseils communaux à travers l’organisation régulière des sessions du conseil communal et des réunions périodiques entre le maire et ses adjoints. Il a également fait cas des secrétaires généraux des mairies qui doivent être des cadres compétents pour qu’ils aient les capacités de gérer la partie technique de l’administration communale avec l’accompagnement du maire. Isidore Gnonlonfoun a abordé les problèmes de lotissement et des conflits frontaliers entre les communes estimant que l’Assemblée nationale se chargera de faire la lumière sur ces sujets avec des propositions de loi qui sont en instance d’adoption au parlement. Il a, pour finir, invité les populations à s’intéresser plus à la gestion de la chose commune. « Que chacun joue sa partition », dira-t-il « pour un développement harmonieux et équitable à la base ».

Yannick SOMALON

Rejet du budget général de l’Etat/Gestion 2014: Mathurin Nago crache sa vérité aux mouvanciers

nago netDans son discours d’ouverture de la première session ordinaire 2014, vendredi dernier à Porto-Novo, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Mathurin Nago est revenu sur le vote secret adopté lors de l’examen du budget général de l’Etat gestion 2014 en décembre passé. Selon ses explications, il a, à défaut du consensus, appliqué de manière stricte les textes de lois qui régissent l’institution parlementaire. « Je voudrais à nouveau dire que dans ce dossier budgétaire la seule et unique exigence qui m’a guidé a été, à défaut du consensus, l’application stricte et rigoureuse des textes de lois qui régissent le fonctionnement du parlement. En tout cas, ce fut ma seule motivation, contrairement à ce que certaines mauvaises langues tentent de faire répandre et de faire croire dans un souci de déstabilisation, de dénigrement et de salissure », a-t-il déclaré. Le président Nago vient donc rétablir l’ordre quatre mois environ après le veto des députés à la loi des finances de 2014. Pour rappel, lors de l’examen du budget général de l’Etat, exercice 2014, deux groupes de députés dont l’un conduit par l’honorable Eric Houndété et l’autre, par son collègue Djibril Mama Débourou ont initié deux propositions contradictoires pour l’adoption du projet de budget. Le premier a opté pour le vote secret et le second, le vote public. Après moult réflexions et des concertations avec les initiateurs, le président de l’Assemblée nationale avait choisi le vote secret. Le vote aussitôt terminé, il était devenu l’objet d’une campagne d’intoxication et de sabotage. Mathurin Nago, avaient clamé ses critiques dont des ministres de la République, a violé les textes de lois de son institution. A l’instar d’un souffre-douleur, celui-ci revient, quelques mois plus tard, sur la « scène » pour rétablir la vérité.

Esckil AGBO

Retour de Sabaï Katè à l’occasion de l’An 3 du deuxième mandat du Chef de l’Etat: Grande mobilisation à Banikoara pour Boni Yayi

Katé netLes populations de Banikoara étaient massivement mobilisées samedi dernier au stade Bani Gansè de la ville autour de l’ancien ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, actuel Conseiller spécial à l’agriculture, à l’environnement et à la protection de la nature du Président de la République. Des milliers de sympathisants de Sabaï Katè sont venus réaffirmer le leadership de celui qu’ils ont surnommé ‘’La Force’’ et célébrer avec lui le troisième anniversaire de la réélection de Boni Yayi à la tête du Bénin.

Lorsque la voiture 4×4 Land Cruzer Toyota transportant l’ancien ministre s’est immobilisée au milieu de la foule vers midi et demie, les milliers de sympathisants venus de tous les villages et arrondissements de Banikoara et même des autres communes du Bénin se sont spontanément levés pour l’accueillir comme héros. Ni les sueurs qui dégoulinaient sur les fronts et les torses, ni l’intense chaleur encore moins l’appel de l’estomac à satisfaire l’heure du déjeuner n’ont découragé l’immense foule dont une bonne partie était présente sur les lieux depuis les premières heures de la matinée. Au milieu des cris de joie, les instruments de musique des orchestres et les sons des tam-tams et autres instruments traditionnels, imposent leurs sonorités pour saluer         Sabaï Katè. C’est depuis la veille que Banikoara et environs étaient en mouvement. Samedi soir aux environs de 21 heures, Kabirou, conducteur de Zémidjan, vient faire la ronde devant l’Hotel Nam’Gourou pour savoir si l’ancien ministre est déjà présent dans la ville ou s’il va venir de Kandi le lendemain. « Nous voulons l’accueillir en roi et lui faire la surprise de lui servir d’éclaireur jusqu’au stade. Je suis venu m’informer pour avertir notre groupe de Zémidjan. Sabaï Katè, c’est l’homme de la situation à Banikoara », explique-t-il furtivement, préoccupé par les mouvements de phares des voitures à l’entrée de l’hôtel. Moins de deux heures auparavant, c’est Innocent Monkirigui qui s’impatientait dans le bus qui l’amenait de N’dali à Kandi. Venu précipitamment de Kalalé pour assister à la séance de prières en l’honneur du chef de l’Etat, il ne veut point se faire raconter l’opportunité qui s’offre aux populations de remercier le Président de la république pour le rappel à ses côtés de Sabaï Katè. « C’est cet homme qui nous a redonné le goût de la production cotonnière. Le monde agricole et notamment les producteurs de coton de Banikoara lui doivent beaucoup », se réjouit-il. « Je veux mobiliser autant de monde qu’il faut pour montrer à tous ceux qui s’étaient réjoui de son départ du gouvernement que ‘’La force’’ reste la force et que Katè est de retour », ajoute-t-il.

 

« Je suis au service du Chef de l’Etat »

« C’est grâce à lui que le Chef de l’Etat s’intéresse mieux que par le passé à notre commune », insiste un producteur. Mais le nouveau conseiller spécial à l’agriculture, à l’environnement et à la protection de la nature se veut l’ouvrier de Boni Yayi. « C’est lui notre éclaireur et notre bienfaiteur », précise Sabaï Katè. Il cite ses réalisations à Banikoara. De l’aménagement de la route Banikoara-K  andi au démarrage imminent du tronçon Banikoara-Kérou-Péhunco-Kouandé en passant par le raccordement de la ville à l’interconnexion Nord Togo-Nord Bénin, le projet du village du millénaire à Founougo, les forages d’eau, la construction du Lycée technique, la construction prochaine de l’usine de montage des machines agricoles, l’électrification des chefs-lieux d’arrondissements de Banikoara et l’appui de divers ordres aux producteurs de coton. Sabaï Katè n’oublie pas de rappeler l’intérêt du chef de l’Etat aux cadres de la commune de Banikoara dans les plus hautes fonctions de l’Etat. C’est pourquoi, dans un style rassembleur, il adresse, aux noms de tous ses aînés, sa gratitude à Boni Yayi pour avoir placé Bio Gounou Sina, Mamatou Meba Djossou, Orou Guiwa Bio Toro et lui-même dans les hautes instances de décision. « Ce sont ces réalisations phénoménales qui gonflent la popularité de Boni Yayi et augmentent le nombre de personnes qui épousent sa vision malgré les tergiversations de ses adversaires », précise-t-il. « J’implore la Miséricorde, Dieu Tout Puissant, pour qu’il déverse ses bénédictions sur lui, qu’il le protège, guide ses pas et inspire la postérité afin qu’elle lui soit reconnaissante », déclare Sabaï Katè. « Pour ce qui me concerne, je voudrais placer ma récente nomination sous le signe de sa volonté de me voir poursuivre le combat pour le développement. Et je ne vais point le décevoir », poursuit-il.

Le rappel de Katè est une marque de sympathie envers le bassin cotonnier

Au cours de la séance de prières, les musulmans ont rappelé qu’au bout des cinq années du premier mandat de Boni Yayi, l’ambiance tendue provoquée par ses adversaires, ne rassurait personne de son retour. « Les gens ont tenté d’empêcher la mission que Dieu lui a confiée, mais l’Eternel étant au contrôle lui a accordé le second mandat par un K.O. auquel Banikoara a participé en votant en sa faveur presque à 100% », raconte-t-il. « C’est une date à ne pas oublier », complète Sabaï Katè. « C’est à l’issue de cette réélection qu’il a appelé notre frère à ses côtés. Alors qu’il l’a juste mis de côté pour des raisons que le Béninois lamda ne peut connaître, beaucoup pensait que c’est la fin de Katè et que le pont était rompu avec Yayi. Voilà qu’il le rappelle encore plus près de lui », démontre la communauté musulmane. « Tout Banikoara prie pour que Dieu qui lui a permis de gagner sur ses adversaires en 2011 l’assiste encore davantage et lui accorde santé et énergie pour le bonheur de chaque Béninois », implore-t-elle en chœur avec l’assistance.

Cette séance de prières a été l’occasion pour toutes les communautés de Banikoara de se réunir autour du Roi Nansounon également présent sur les lieux pour marquer une nouvelle fois leur attachement à Sabaï Katè et leur soutien indéfectible au Docteur Boni Yayi.

Wandji A.

Edito du 11 avril 2014: Le grand voisin de l’Est

Le Nigeria est devenu cette semaine la première puissance économique du continent et la 26ème plus grande économie au monde. Selon les nouvelles statistiques rendues publiques par le Bureau national de statistiques du pays, le Nigeria a enregistré un PIB de 510 milliards de dollars en 2012, dépassant les 384 milliards de dollars de l’Afrique du Sud en 2012.

Il s’agit assurément d’une information de première main pour le Bénin. Vantant toujours sa proximité avec ce « géant de l’Est », le Bénin aura désormais un argument de taille pour attirer les investisseurs. Etre à côté de la première économie du continent qui est, en même temps, le pays le plus peuplé d’Afrique, voilà qui devrait servir à améliorer l’investissement étranger chez nous.

            D’autant que le pays même fait face à d’énormes problèmes sécuritaires dont le plus grave reste les menaces de la secte Boko Haram. Les problèmes de gouvernance, les infrastructures en piteux état, la corruption endémique ainsi que la pauvreté demeurent également des freins à la prospérité. De fait, la première place obtenue au plan du PIB est insuffisante pour montrer la complexité d’un pays qui nous attire et nous repousse à la fois.

Avec un taux de croissance moyen de6,8% entre 2005 et 2013, le Nigeria est resté largement au-dessus de la moyenne africaine.Les prévisions de croissance pour2014 sont de 7,4%, selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). Depuis une dizaine d’années, le pays connait une croissance hors pétrole d’environ 5% et se lance à corps perdu dans une production agricole de grande ampleur.Ce que les statistiques n’avaient pas pris en compte, c’est aussi la croissance remarquable de l’industrie cinématographique avec un Nollywood qui prend ses marques un peu partout en Afrique. Sans compter les télécommunications qui connaissent un boom sans précédent. Malgré tout ceci, le PIB par habitant de l’Afrique du Sud est encore supérieur à celui du Nigeria (1555 dollars contre 7 508 dollars). La pauvreté y sévit encore dans un contexte où la gouvernance trébuche sur de nombreux scandales de corruption. Avouons aussi que l’Etat fédéral ne maîtrise pas tous les leviers de la gestion de ce pays décidément trop vaste pour être gouverné avec rigueur. La naissance et l’ampleur des fondamentalismes rétrogrades qui écument le pays en sont les signes les plus éloquents.

            C’est pour tout cela qu’il faut se demander si le Nigeria n’est pas pour nous plus une menace qu’une véritable opportunité.Abuja qui ne respecte les règles communautaires de la CEDEAO que selon les seules humeurs de ses forces de sécurité,fait vivre des misères à tous les opérateurs économiques béninois ayant opté pour le commerce formel avec le pays. Des barrières fiscales sont érigées pour protéger l’industrie et l’agriculture locales, parfois même au mépris des règles communautaires. Et il est connu que pour aller sur ce marché, il faut se doter d’une bonne dose de corruption. D’où d’ailleurs la mort précoce de notre fameuse zone de coprospérité bénino-nigériane créée en 2007.

On sait toutefois l’impact direct de l’économie nigériane sur celle du Bénin. Si l’on parle beaucoup de l’informel qui en constitue la part la plus importante, on parle beaucoup moins de ces bonnes dames en provenance des villes frontalières qui viennent s’approvisionner de façon régulière sur nos marchés. A Dantokpa ou ailleurs, elles constituent des mannes que les commerçantes béninoises attendent avec impatience.

Au-delà de tout ceci, les autorités d’Abuja ont des ambitions qui doivent nous faire réfléchir. Le nouveau port de Lagos, actuellement en construction risque d’avoir des répercussions sur celui de Cotonou, de par son gigantisme et les capacités qu’on lui prête. Et si le Port de Cotonou est touché, c’est tout le commerce de réexportation qui sera mis à mal, alors qu’il fait près de 90% des activités commerciales licites du Bénin avec le Nigeria. On n’oubliera pas non plus que le pays est en pleine réforme politique et économique. Les actions énergiques de la ministre des finances Ngozi Okonjo-Iweala,constituent un gage pour le futur. Femme de fer, elle ne lésine pas sur les moyens pour remettre en marche l’appareil de production miné par les années Abacha.

Pour nous aujourd’hui, le nouveau statut de première économie africaine fera regarder le Bénin autrement. Du moins, peut-on l’espérer, surtout si nous faisons l’effort de suivre le nouveau souffle qui vient d’Abuja.

Par Olivier ALLOCHEME

De Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni à » Parfaite, Daagbo, l’Esprit Saint de Banamè »: L’itinéraire d’une jeune élève devenue « Dieu »

Adulée, controversée et même contestée, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni, aujourd’hui déifiée paraît toujours mystérieuse. Et pourtant, elle avait une existence bien réelle. Enquête sur l’itinéraire d’une jeune élève devenue aujourd’hui « Dieu ».

 Parfaite de Banamè netParfaite de Banamè lors d’une de ses séances de prières au Stade de l’Amitié à Cotonou, le 02 mars 2013

« Parfaite, Daagbo, Dieu Esprit Saint de Banamè ». Ce sont des noms qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais avant cette métamorphose, elle avait vécu parmi les humains. Née le 18 avril 1990 à Sakété, selon les archives que nous avons consultées, « l’Esprit Saint » de Banamè, s’appelle à l’état-civil, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni. Née d’un père instituteur, Raymond Tchranvoun-Kinni et d’une mère revendeuse, feue Victorine Hounhouédo, elle a passé son enfance à Tori-Gare, une localité située à une trentaine de kilomètres de Cotonou, la métropole du Bénin. Avec ses parents, elle avait vécu dans la maison de feu Vincent Quenum, un fervent chrétien catholique. Une des parentes de l’ancien locataire de Tori-Gare, Albertine Agonsè qui la connaissait bien à l’époque témoigne : « A l’époque, elle était une petite fille. On ne la remarquait même pas. Elle avait deux autres sœurs ». Inscrite à l’école primaire publique centre de Tori-Gare vers les années 1994, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni obtient en 2000, son Certificat d’Etude Primaire (CEP). Roland Houessouvo, un de ses anciens camarades de classe avec qui elle avait passé le CEP, la même année, rencontré à Tori-Gare se souvient encore du genre d’élève qu’elle était. « J’avoue qu’elle était une travailleuse. Si elle n’est pas première de notre classe quand on était au CM2, c’est qu’elle est2ème », a-t-il indiqué. Des talents qu’elle n’a d’ailleurs pas perdus lorsqu’elle s’était inscrite au Collège d’Enseignement Général (CEG)de Tori-Agouako. Elle y était inscrite, selon les archives du collège, au cours de l’année scolaire 2000-2001. Et c’était sous le numéro 1759. Sa classe était la 6ème E, une classe dans laquelle sont inscrits, selon les précisions d’un de ses anciens professeurs, des élèves qui avaient un niveau appréciable. « Le rapport de fin d’année scolaire 2000-2001″ du Collège que nous avons consulté ne dément surtout pas cette affirmation. Au premier semestre, en effet, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni avait obtenu une moyenne de 11,78/20. Au second semestre, elle a bondi de deux points environs en s’offrant une moyenne de 13,36/20. Ce qui lui a permis d’être classée 3ème de la classe à la fin de l’année avec une moyenne de 12,82/20. Elle passe alors en classe supérieure et sera inscrite en 5ème A. Mais, après deux ans passés au CEGTori-Agouako, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni va quitter le village où elle a passé sa tendre enfance. Destination, le CEG Davié à Porto-Novo. Elle s’y est inscrite en 4ème MC5 (où sont inscrits des élèves destinés aux séries scientifiques). C’était au cours de l’année scolaire 2003-2004. Un de ses anciens camarades de classe rencontré au quartier Kandévié témoigne de son attitude à l’époque : « Elle était une fille vraiment timide. Elle parlait très peu, mais tombait trop souvent malade », a-t-il confié. Il faut dire qu’à Porto-Novo, elle a été placée chez son oncle maternel, Algnan Dossou qui, rencontré chez lui, s’est présenté comme le père adoptif de Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni.De façon péremptoire, il oppose une autorisation expresse de Parfaite avant de dévoiler quelques informations.Et pour cause : « Ce n’est plus la fille que j’avais éduquée. Elle s’est transformée. Elle est maintenant mon Dieu. Je ne peux rien dire sur elle si elle ne m’autorise à le faire. J’ai parlé à des journalistes comme vous qui ont transformé tout ce que j’ai dit. Si elle ne m’autorise pas, je ne dirai plus rien sur elle », s’est-il justifié. Il faut dire que la maison dans laquelle Parfaite a vécu s’est désormais transformée. Elle est actuellement en pleine reconstruction et fait la fierté de son ancien tuteur, Algnan Dossou.C’est une maison à étage bien imposante.

Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni désormais brevetée. Et après ?

En 2005, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni obtient son Brevet d’Etude du Premier Cycle(BEPC) au CEG Davié à Porto-Novo. Elle choisit alors la Série D une fois en classe de seconde. Inscrite en D3, elle obtient au premier semestre, 11,82/20 et est classée 34ème ex sur 70 élèves. Au second semestre, elle obtient 10,81/20puis totalise à la fin de l’année, une moyenne de 11,15/20 et est classée 19ème ex sur 70 élèves. Elle est passée régulièrement en Première D puis ensuite en Terminale, une année plus tard. Elle échoue à son premier essai au Baccalauréat Série D en 2008. Après cet échec, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni quitte Porto-Novo et le CEG Davié pour s’inscrire au CEG Le Faucon,un établissement privé situé dans la commune d’Abomey-Calavi, le 06 octobre 2008. Mais était-elle toujours la Vicentia travailleuse dont on témoigne à Tori-Gare ? Non. Les données avaient changé. Au CEG Le Faucon, elle a radicalement baissé de forme. Les archives du Collège Le Faucon consultées révèlent qu’elle a obtenu au premier trimestre, une moyenne de 8,46/20 et a occupé la 25ème place sur les 39 élèves que comptait sa classe. Au second trimestre, très irrégulière aux cours, pour le peu de matières dans lesquelles elle avait composé et qu’on lui a calculées, elle a obtenu une moyenne de 7,62/20 et a ainsi occupé le 34ème rang sur 39 élèves. Une baisse de forme qu’explique la Direction des études du Collège par son état de santé devenu trop fragile et dégradant. Ce qui ne lui permettait pas d’être régulière au cours ou de prendre part aux compositions de fin d’année et au Baccalauréat.

Une élève pieuse, mais plaintive

Selon les témoignages faits par l’un des responsables du CEG Le Faucon, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni était une élève exemplaire. « J’ai vu en elle, une demoiselle très calme. Elle n’avait pas une santé solide et donnait des signes de fébrilité. Elle allait régulièrement voir les responsables que nous sommes pour se plaindre de ses camarades dont les comportements lui paraissaient déviants », a témoigné le directeur des études de ce collège. « Elle objectait souvent sur les comportements de ses camarades et faisait souvent observer qu’elle ferait une bonne responsable de classe », a-t-il précisé. Pieuse et évasive, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni l’était, selon les mêmes responsables du CEG Le Faucon. « Ce qu’elle est devenue par la suite ne m’a pas surpris parce qu’elle se montrait trop pieuse et avait un comportement évasif », a témoigné la Direction des études.

Banamè, la métamorphose !

Au bord d’une voie de terre rouge située à une quinzaine de kilomètres du Centre-ville de la commune de Covè dans le département du Zou, se dresse une église modeste, encore en chantier. C’est l’église catholique Sainte Odile de Banamè. Nous y avons rencontré monsieur Gabriel Tobossou. Enseignant de formation, il est le secrétaire du Conseil pastoral paroissial, catéchiste dans ladite église.Comme si c’était hier, il se souvient encore de l’état dans lequel Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni était arrivée à Banamè. « Elle avait été conduite à l’église Sainte Odile de Banamè par ses parents, le 20 janvier 2009. Elle était très malade. Elle bavait. Elle était sous une emprise démoniaque », a rappelé Gabriel Tobossou, qui révèle l’avoir tenue dans ses bras pour qu’elle puisse recevoir les prières d’exorcisme et de délivrance qui lui ont été faites. Des prières à l’issue desquelles elle a pu recouvrer un tant soit peu sa santé après deux semaines d’inertie. Et c’est dans cet état de convalescence que la métamorphose de Tchranvoun-Kinni Vicentia en ‘’ Parfaite, Daagbo, puis Dieu esprit saint de Banamè » a commencé. Selon les explications données par le secrétaire paroissial de l’église Sainte Odile de Banamè, « c’est au bout de ces deux semaines qu’elle a commencé par faire croire aux fidèles et à toute l’église qu’elle avait des révélations ».«Lorsque l’assemblée se réunit, par exemple, elle raconte qu’elle est une grande personnalité, qu’elle n’a jamais péché, qu’elle est aussi parfaite que Dieu ou qu’elle est plus âgée que tous », a mentionné Gabriel Tobossou. D’où les surnoms  » Parfaite » (qui n’a jamais péché, sans tâche), « Daagbo » (plus âgée que tous)puis « Dieu » qui lui sont attribués aujourd’hui. « Au début, nous, on pensait qu’elle délirait. Mais, de plus en plus, la chose a pris de l’ampleur », a expliqué le secrétaire de l’église catholique Sainte Odile de Banamè. Au point où, l’exorciste, père Mathias Vigan qui avait dirigé les prières s’est laissé convaincre par tout ce que Parfaite disait. « Chose curieuse, alors que nous autres, nous n’y croyions pas, le premier d’entre nous, je veux parler du père exorciste Mathias Vigan, se disait convaincu de la véracité des révélations qu’elle faisait. On lui a tout dit, mais il nous a convaincus qu’elle ne mentait pas », a fait observer Gabriel Tobossou avant de préciser : « Lorsque Parfaite a remarqué qu’elle a réussi à convaincre le père Vigan, elle a commencé par faire plusieurs autres révélations. Ainsi, elle pouvait dire, par exemple, que telle ou telle autre personne avait la sorcellerie ou était envoûtée ». Au point où des fans clubs ont commencé par être formés en son nom, des séances de prière sont commencé par être organisées. Elle les dirigeait personnellement avec le soutien du père Vigan. Un soutien et une mobilisation des fidèles que l’évêque d’Abomey, Eugène Cyril Houndékon appréciait mal. Telle une sanction, il affecte alors le père Vigan sur une autre église à Dan, une localité située dans la commune de Djidja, dans le département du Zou, bien loin de Banamè avec pour interdiction que Parfaite le revoie. Il défère à cette instruction de l’évêque et prend service dans cette nouvelle église le 10 janvier 2010.Mais erreur. Au bout de quelques jours, selon les explications données par Gabriel Tobossou, Parfaite qui draine déjà du monde derrière elle, ira le rejoindre. Furieux, par une autre instruction, l’évêque d’Abomey, dans la juridiction sous laquelle se trouve l’église Sainte Odile de Banamè interdit désormais les « Campagnes d’évangélisation non autorisées et les déviations sectaires de Parfaite et ses sympathisants ». C’était le 20 janvier 2011.« C’est le texte de l’évêque qui a interdit à tout chrétien catholique de participer aux assemblées de Parfaite », a précisé Gabriel Tobossou. Dans la foulée, d’une manière déguisée, le père Vigan écope d’une nouvelle sanction. Il est rappelé en France où il devrait séjourner pour d’autres missions. Sur le terrain, sa protégée continue de mobiliser du monde autour d’elle jusqu’à ce qu’il rentre précipitamment de France et la rejoint. Ce qui fait dire à Gabriel Tobossou « qu’il est aussi contrôlé par Parfaite qui n’est pas encore guérie de ses ennuis démoniaques ». Face à la persistance de la violation de ses instructions, l’évêque d’Abomey prend une mesure plus radicale. Le 25 janvier 2013 donc, Parfaite et le père Mathias Vigan sont tous deux excommuniés. Une décision à l’issue de laquelle les deux sont renvoyés de l’église catholique. Par la suite, ils ont construit leur propre église dont le siège se trouve à Sovidji, un vaste domaine étendu sur une colline à quelques encablures de l’Eglise Sainte Odile de Banamè d’où ils ont été renvoyés. Une église qui n’a rien à envier à l’église catholique romaine de par ses attributs et qui draine aujourd’hui une horde de fidèles.

 Donatien GBAGUIDI

Entretien avec Imorou Guiwa Bouraima, vice-président de la ligue de football du Bénin: « Les clubs dissidents sont toujours dans la peau d’adversaires »

Imorou Guiwa Bouraima netLe championnat national de football a repris le week-end dernier. Sur 7 matches prévus, seuls trois ont eu lieu. Pour cause, certains clubs ont décidé de ne pas se présenter sur les terrains. Pourquoi ? Et que risquent-ils ? Le vice-président de la Ligue du football du Bénin, Imorou Guiwa Bouraïma a tenté de donner la réponse à ces questions dans cette interview accordée à votre journal.

L’Evénement Précis : Vous êtes le principal organisateur du championnat de football au Bénin. Alors dites ce que vous pensez de la situation qui est survenue lors de la reprise du championnat, où certains matches n’ont pas eu lieu ?

Imorou Guiwa Bouraima : Nous avons appris comme tous les Béninois que le week-end passé, certains clubs de la 1ère division n’ont pas repris le championnat. Parmi ces clubs, deux ont fait forfait et deux autres ont abandonné le match. Il s’agit respectivement de Jap et Adjobi pour le premier cas, des Dragons et d’Asos pour le second. Nous n’avons pas compris pourquoi. Ces clubs avaient écrit à la Fbf pour exprimer leurs difficultés à poursuivre le championnat faute de moyens financiers. En son temps, ils ont été rencontrés par le président Ahouanvoébla qui leur avait demandé de patienter parce que la subvention que les clubs réclament doit venir essentiellement de l’Etat représenté par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs puisque, les négociations avec les sponsors n’ont pas encore abouti. Vous n’êtes pas sans savoir que ce n’est que le mois dernier que nous avions officiellement lancé la régie marketing chargée de rechercher les sponsors aussi bien à notre équipe nationale qu’à la ligue du Bénin. C’est donc dans cette situation que nous nous trouvons actuellement. Alors, c’est une surprise pour nous d’apprendre que ces clubs-là ont abandonné le championnat.

Est-ce que les subventions sont prévues par les textes de la Fédération ?

L’engagement au championnat de football 1ère et 2ème divisions est régi par un cahier de charges qui stipule que les clubs, en s’engageant, doivent produire la preuve de leurs capacités financières à jouer pleinement le championnat. C’est pour cela qu’il a été demandé une caution bancaire. Et ces clubs, pour la plupart, avaient fourni cela. Alors, vu que le championnat n’est qu’au début de la phase retour, nous pouvons estimer que les clubs ne sont qu’à mi-chemin dans l’exécution de leurs budgets. Or, quand on regarde les subventions que donnait le ministère ou le sponsor que la ligue professionnelle des années 2009-2010 avait eu, cela ne représente que le 1/5ème du budget du club. La saison écoulée, le ministère n’avait pas donné la subvention et malgré cela, les clubs avaient joué. C’est la fédération qui a donné un coup de pousse en octroyant à chaque club de 2ème division 1 000 000F Cfa et 2 000 000F Cfa pour chaque club de 1ère division ; ceci au cours de la phase retour. Alors, nous ne sommes pas encore à la fin du championnat. Et quand le président de la fédération avait rencontré ces clubs, il leur avait expliqué que les démarches étaient en cours avec le ministère. Le ministre actuel en a fait une priorité. Il faut que les clubs soient soutenus afin qu’ils puissent continuer le championnat et le finir. Je crois qu’à cette rencontre, les clubs concernés avaient promis au président qu’ils allaient patienter.

Pensez-vous que ce boycott est fait à dessein ?

C’est justement pour cela que je disais que je n’ai pas compris leur démarche. C’est à croire qu’ils continuent toujours de se mettre dans la peau d’adversaires puisque quand vous regardez bien, vous allez constater que ce sont des clubs qui ont à leur tête des gens qui avaient été adversaires à la liste qui a remporté les élections. On dirait que les élections continuent toujours dans leurs têtes et qu’ils cherchent tous les moyens pour pouvoir déstabiliser l’équipe qui est à la tête de la Fbf actuellement.

Y a-t-il des sanctions qui sont prévues en cas d’abandon ou de forfait ?

Bien sûr. Et à l’heure où je vous parle, elles sont déjà tombées puisque la commission d’organisation et d’homologation des matches du championnat s’est réunie pour statuer et homologuer les résultats avant que la 15ème journée prévue pour le mercredi 9 avril n’ait lieu. Et au cours de cette séance, elle a retenu conformément à l’article 76 du règlement du championnat (Toute équipe qui fait forfait au cours d’un match est immédiatement reléguée en division régionale) que les deux équipes, à savoir, Adjobi et Jap sont disqualifiées pour la suite de la compétition et sont reléguées en division régionale. Quant aux Dragons et Asos, ils ont été frappés par l’article 69 du règlement qui stipule que «lors d’abandon d’un match, ces cas sont soumis à la compétence de la commission de discipline qui est la seule structure compétente au niveau de la ligue). Et pour ce que je sais, cette commission aura à appliquer les prescriptions du code de discipline de la ligue du football. Elle peut aussi s’en référer au code disciplinaire de la Caf et de la Fifa. Et dans ces cas de figure, lorsqu’il y a abandon, le code de discipline au niveau du Bénin prévoit que l’équipe ait match perdu, une défalcation de trois points, plus une amende de 1 000 000F Cfa.

 

Ces sanctions ne sont-elles pas un peu corsées ?

Nous n’avons plus rien à apprendre au peuple en matière de football. Le public sportif et surtout les acteurs dont les clubs sont dans ces cas connaissent bien les sanctions en la matière. Ce n’est pas la première fois que cela se passe. Vous savez que déjà en 2012 lorsqu’il y a eu refus de participation au championnat par certains clubs qui avaient soutenu le « camp Ajavon », ils ont été rapidement disqualifiés et remplacés par d’autres. La saison dernière, les clubs Tanékas et Eternel Fc n’ont pas fini le championnat, tout simplement parce qu’ils ont été automatiquement disqualifiés parce qu’ils ont eu des soucis financiers et ont manqué un match. Non seulement, ces deux clubs ont été disqualifiés, mais ils ont été aussi rétrogradés en division régionale.

Si ces sanctions sont appliquées, l’effectif du championnat va se réduire. Comment cela va se passer ?

D’abord, laissez-moi-vous dire que le championnat va se poursuivre contrairement à ce que certains pensent. Il sera désormais joué sans les deux clubs qui ont été disqualifiés. On donnera les points de match gagné à tous leurs adversaires.

Et si ces clubs décidaient de revenir pour la suite du championnat ?

Ils ne pourront plus revenir. Les textes sont clairs. Il faut alors donner les mêmes chances à tout le monde. S’ils revenaient, c’est comme s’ils ont favorisé les équipes face auxquelles ils ont fait forfait.

Que diriez-vous en conclusion ?

Juste demander au public sportif et aux inconditionnels du football de rester sereins et d’aller comme cela se doit au stade pour suivre les matches.

Propos recueillis par Anselme HOUENOUKPO

Entretien avec Eugène Azatassou, Coordonnateur national des FCBE, sur les trois ans de Yayi II: « La refondation a souffert du non accompagnement de tous les Béninois à tous les niveaux »

Azatassou netLe Coordonnateur national des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), Eugène Azatassou, se désole que tous les Béninois n’aient pas pu accompagner la refondation annoncée par le Chef de l’Etat, il y a trois ans, dans tous les compartiments et à tous les niveaux. Il dément également que l’an 3 de second quinquennat de Boni Yayi ait été célébré avec faste, comme l’ont décrié certains, mais plutôt dans la prière et dans la concentration. Le dialogue politique et l’avenir des FCBE après 2016 sont quelques-uns des autres sujets abordés dans cette interview par Eugène Azatassou.

Evènement Précis : Le président Boni Yayi vient de boucler les trois ans de son second quinquennat. Pensez-vous que la refondation qu’il avait annoncée en 2011 a vraiment été amorcée ?

 

Eugène Azatassou : Je voudrais d’abord rappeler qu’en 2006, le Dr Boni Yayi avait fait campagne sur le thème du changement et de l’émergence du Bénin. Après 5 ans, il a constaté qu’il était nécessaire, pour accélérer l’émergence du Bénin, que l’on fasse ce qu’il a appelé la refondation de la République. Cette refondation a consisté en un train de mesures qui transformeraient normalement le Bénin dans tous les compartiments et qui agiraient sur l’état d’esprit du Béninois pour en faire un homme apte au travail pour le développement. C’est de cela qu’il s’est agi. Maintenant, est-ce que cette refondation a été véritablement amorcée ? Bien entendu, les réformes ont été engagées, pratiquement sur tous les plans, économique, politique, social et culturel, non sans les résistances qu’on a constatées. Mais que cela soit au premier quinquennat ou au second, il manque l’essentiel, à savoir que lorsque quelqu’un a une vision de ce genre, il faudrait l’accompagnement de tous les Béninois dans tous les compartiments et à tous les niveaux. C’est cela qui fait hélas défaut. Il y en a qui se sont opposés aux réformes parce qu’ils n’ont pas compris, quand bien même ils sont de bonne foi. Mais, il y en a d’autres qui les combattent tout simplement parce que c’est le Dr Boni Yayi qui les a initiées. Pour eux, il ne faudrait donc pas que ce soit lui qui le fasse. Et cela est un problème parce que, tant qu’’il n’existera pas d’espace, ou un temps, ou quelque chose autour de quoi tous les Béninois s’uniront, c’est évident que le développement de ce pays aura du mal à se concrétiser.

 

En 2011, le président Boni Yayi avait aussi insisté sur la gouvernance politique, parlant justement de la refondation. Mais, à la célébration des trois ans, on a comme l’impression que le dialogue est complètement rompu dans le pays.

Le dialogue politique n’est pas rompu par le chef de l’Etat. Il fait l’effort d’associer toute la classe politique à la gestion du pays et au débat sur les grandes orientations nationales. Malgré le K.O. de 2011, vous avez suivi ce qu’on a appelé la main tendue. Certains y ont répondu, ont discuté et échangé avec le chef de l’Etat sur les grandes questions nationales. D’autres ont refusé carrément. Mais, en réalité le dialogue politique est comme les autres choses, à savoir que, pour que le chef de l’Etat réussisse, il faut qu’on s’y mette tous. Si certains agissent en francs tireurs, se mettent d’un côté pour compter les mauvais coups, les insuccès et se gargariser des échecs, c’est évident que nous avancerons difficilement. Mais si tout le monde s’y mettait, si tout le monde voulait certainement d’un dialogue politique, nous irons loin, car il s’agit du Bénin.

 

Il y a pourtant les opposants et les forces sociales qui proposent des assises nationales. Mais tout laisse croire que le gouvernement fait la sourde oreille.

Il faudrait que les forces qui proposent les assises nationales clarifient leur contenu et nous disent ce à quoi elles serviront réellement. Or, ce n’est pas le cas. Certains pensent d’ailleurs qu’il ne faudrait pas que le gouvernement y participe, contrairement à d’autres qui estiment que la participation de l’exécutif est incontournable. Je me demande aussi sur quoi l’on veut déboucher en parlant d’assises nationales. J’ai entendu certaines personnalités de la classe politique dire qu’on va prendre des décisions qui seront imposées au gouvernement. Est-ce une nouvelle conférence nationale des forces vives de la nation. Et si c’était le cas, pourquoi on exclurait une partie, et surtout ceux qui se chargeraient de mettre en application les décisions qui en seraient issues Tout cela est flou. Le gouvernement ne peut pas suivre ce dont il n’a aucune précision.

Est-ce que cela ne vous fait pas de la peine de voir célébrer avec tant de fastes les trois ans de Yayi II dans un Bénin en crise, où l’administration publique continue d’être paralysée, où les écoles sont fermées avec la menace d’une année blanche, où le délestage sévit, etc. ?

Je dois d’abord rectifier quelque chose. Les trois ans n’ont pas été célébrés avec faste, comme vous le dites, et comme l’ont dénoncé certains. Ils ont été célébrés dans la concentration et dans la prière, avec quelques spectacles à la fin, pour égayer les Béninois. Pour les trois ans du second quinquennat, le Dr Boni Yayi a convié l’ensemble du peuple béninois à des moments de réflexion et de concentration. Ce n’est pas parce qu’on a des problèmes qu’il ne faut pas réfléchir. La prière est une occasion de concentration et d’élévation pour voir quel bout tenir pour que les problèmes soient réglés. Vous avez vu, vous-mêmes, un moment comme la messe à l’Eglise St Michel de Cotonou et l’intervention de Mgr Antoine Ganyè. Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas d’électricité et que les écoles sont fermées qu’il faut se priver de ce beau discours, de cet appel à la paix et à la cohésion nationale ?

 

Mais, apparemment, tous les syndicats d’enseignants n’ont pas entendu ce message, puisque bon nombre d’entre eux continuent la grève.

 Ils poursuivent la grève parce que certains d’entre eux ont d’autres objectifs. Ils veulent déstabiliser l’Etat. Mais tous ceux-là sont aussi des Béninois et ont leur pratique et vision. Nous qui n’avons pas la même vision, allons leur opposer la nôtre de façon à ce que l’apaisement revienne.

 

Il reste désormais, deux ans au président Boni Yayi pour boucler son second quinquennat et ses dix ans de règne. Vous pensez qu’au cours de ces deux prochaines années, le Béninois pourra enfin retrouver l’espoir qu’il a tant nourri avec le président actuel ?

Le Béninois ne dit pas attendre l’espoir. Il ne doit pas attendre de retrouver quelque chose. Il y a une ligne qui est tracée par le Dr Boni Yayi, à savoir que la démocratie doit s’enraciner et l’Etat de droit doit se renforcer. Mais tout cela doit se compléter par le développement et cela ne peut se faire que par le travail de tous. Le Béninois a à se jeter à corps perdu dans la production pour que le Bénin se développe. C’est au bout de cela que se trouve l’espoir.

 

Le président Boni Yayi s’en va en 2016. Le devenir des FCBE ne va-t-il pas s’arrêter là ?

Nous travaillons à ce que cela puisse se poursuivre sans à-coups.

Propos recueillis par Christian TCHANOU