Category: Editorial

Ordonnance de non-lieu dans l’affaire Port sec de Tori: La justice blanchit Ouin-Ouro, Ahanhanzo Glèlè et consorts, Yayi doit les réhabiliter

L’ex-secrétaire général de la présidence, Edouard Ouin-Ouro, l’ex-directeur général du Port autonome de Cotonou, Joseph AhanhanzoGlèlè, l’ancien président du Conseil d’administration du port,  Isholla Bio Sawé ainsi que monsieur EricHounguè sont lavés de tout soupçon. Ils bénéficient tous d’un non-lieu de la justice béninoise pour absence de charges contre eux dans l’affaire les concernant. Selon des sources généralement bien informées, tous ces inculpés poursuivis pour corruption et trafic d’influence sont ainsi blanchis par la Cour d’appel de Cotonou  qui a  prononcé un « non lieu »  dans l’affaire Port sec de Tori ayant entraîné, à l’époque, leurs limogeages respectifs.  Selon des sources judiciaires, cette ordonnance de non-lieu rendue depuis plusieurs semaines, est devenue définitive en l’absence de tout appel du parquet conformément aux dispositions du code pénal. En clair, plus rien ne bloque la prise d’actes pour la jouissance totale de cette décision de justice.

Nécessité d’une réhabilitation

L’ordonnance rendue par cette haute juridiction vient ainsi blanchir définitivement ces derniers des faits de corruption pour lesquels ils sont poursuivis, notamment, dans la gestion du projet de construction et d’exploitation du port sec de Tori, où ils étaient accusés d’avoir perçu des « pots-de-vins » allant de 3 à 10 millions par tête, auprès du promoteur de la société HEMOS CIAT présumée concessionnaire du port sec.

Maintenant qu’ils ont été lavés de tout soupçon de corruption dans cette affaire par l’institution compétence, plusieurs voix plaident déjà pour leur réhabilitation, souhaitant que le gouvernement puisse à nouveau  monter au créneau et porter l’information à l’opinion publique nationale et internationale. Le Chef de l’Etat et son gouvernement doivent se saisir de cette décision et envisager la réparation des préjudices de  tous ordres causés à ces personnes dans cette affaire. Certaines sources rapportent que c’est parce que  le chef de l’Etat n’a pas encore connaissance de cette ordonnance de non-lieu prononcée à leur encontre par la cour d’appel de Cotonou que les victimes de cette affaire continuent  de trainer depuis qu’ils bénéficient de cette décision de haute portée pour leur honneur. Il est urgent que les dispositions utiles soient prises pour leur faire jouir des fruits de ce non-lieu qui clôt définitivement cette affaire.

Christian TCHANOU

 

Prix OMPI du Meilleur Inventeur INNOTEB 2014: Valentin Agon reçoit la médaille d’or avec son produit « API-PALU »

L’Organisation Mondiale de la Propriété intellectuelle (OMPI) vient de distinguer l’inventeur béninois, Valentin Agon.  Et de la plus grande manière. Son produit API-PALU Gélule a reçu la médaille d’or parmi les grandes inventions reconnues par l’organisation à travers le monde entier. Hier, à la salle Baobab du Novotel Orisha de Cotonou, il a été procédé à la remise officielle du prix. C’était en présence d’une forte délégation gouvernementale conduite par la ministre du Commerce et de l’industrie du Bénin, Naomie Azaria, des personnalités de la trempe du Professeur Albert Tévoédjrè, le Médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, l’ex-président de la Cour constitutionnelle, Me Robert Dossou et autres. Pour le Directeur général de l’Agence nationale de la Propriété intellectuelle, par ce prix, Valentin Agon vient d’inscrire son nom dans les annales de l’histoire. Il sera renchéri par le Professeur Albert Tévoédjrè qui voit dans cette consécration, «une  revanche humaine ». « Nous venons,  à travers ce prix, prendre une revanche. Pas celle des Noirs, mais de l’Homme universel », a       affirmé le Professeur Tévoédjrè  avant de poursuivre par une citation d’Aimé Césaire : « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’histoire ». Et pour lui, cette citation qui date de plusieurs années vient d’être concrétisée par Valentin Agon. « Cette belle déclaration d’Aimé Césaire, nous venons de la vivre ce soir », a-t-il conclu. Après lui, Mme Naomie Azaria n’a pas non plus tari de mots pour magnifier les efforts qu’effectue Valentin Agon pour hisser le Bénin sur la plateforme mondiale des inventions. « Monsieur Valentin Agon, vous faites la fierté de notre pays », s’est-elle réjouie avant d’inviter la jeunesse béninoise à emboîter le pas à l’heureux du jour afin que le Bénin soit réellement au rendez-vous du développement.

Valentin Agon promet aller plus loin

Toujours  égal à lui-même, Valentin Agona profité de cette soirée organisée en son honneur pour réaffirmer son engagement à aller plus loin dans ses efforts pour mettre le Bénin et l’Afrique sur l’orbite du développement.  Car, pour lui, aucun développement ne peut s’opérer sans invention. « Sans invention, il n’y a pas de progrès. Tout ce que vous touchez est produit par quelqu’un et qui en tire profit peut-être à des milliers de kilomètres de vous. Je promets aller plus loin. Je veux participer davantage à l’invention. J’irai plus loin que vous ne l’imaginez », a-t-il promis avant de surprendre les autorités gouvernementales par une autre promesse. Valentin Agon, pour stimuler davantage les Béninois à inventer, a promis accorder à chacun des cinq meilleurs inventeurs retenus au Salon de l’innovation  prochain qu’organise le gouvernement, une enveloppe financière d’1 million de francs CFA. Lui à qui,  le gouvernement béninois, pour avoir obtenu ce prix international, a offert une enveloppe financière de 500.000FCFA.

Donatien GBAGUIDI

Edito: C’est lui-même qui a rédigé le contrat

logo netLe Chef de l’Etat l’a avoué la semaine dernière lors de sa rencontre avec les jeunes, le contrat mettant en place le Programme de Vérification des importations (PVI) a été rédigé  par Patrice Talon. Cette déclaration, pour scabreuse qu’elle puisse paraître,  vient à point nommé.

Tous ceux qui ont pu lire et relire le contrat du PVI peuvent en convenir, c’est un véritable contrat léonin noué par des copains pour se remplir les poches. A l’époque, les rares patriotes qui osaient le dénoncer avaient été traînés dans la boue par le Chef de l’Etat en personne. Dans une de ces rages qu’on lui connait, il ne put s’empêcher, en septembre 2011, de menacer les douaniers de radiation, lorsque ceux-ci étaient partis en grève contre ce même PVI. Menacés et persécutés, ils ont fini par reprendre service, sans obtenir la résiliation  du contrat. On se rappelle tout le cirque qui a été monté pour tenter de les faire remplacer par des retraités. Moins d’un an plus tard, le PVI s’est révélé une véritable épée de Damoclès sur l’économie béninoise. Il y a à peine quelques jours, les langues se sont déliées pour fustiger ce vol qui a failli tourner à la catastrophe pour nous tous. Le président du patronat, Sébastien Ajavon a manqué de mots assez durs pour qualifier les ravages que cette entente biaisée a eus sur les entreprises. Il n’a pas rappelé ce que le Chef de l’Etat a révélé : c’est Talon lui-même qui a rédigé son contrat.

        C’est une révélation odieuse qui devrait constituer une preuve de parjure. Reste à savoir qui sont ceux qui ont pu signer ce chiffon, le PVI ayant plongé les opérateurs économiques nationaux dans l’anxiété avant de faire sombrer le port de Cotonou déserté par les navires. En dehors de Talon, lui-même, il y avait l’éternel Pascal Irénée Koupaki, exécuteur des basses œuvres du régime, ainsi que Issa Badarou Soulé et Idriss Daouda. Le Chef de l’Etat n’avait pas apposé sa signature au bas de ce document et peut aujourd’hui nous dire combien ces ministres, Koupaki en tête, ne furent  que des complices de l’homme d’affaires.

        Autre contrat, autre litige, celui de l’OCBN. Le contrat signé par l’Etat avec la société Petrolin pour relever cette institution  moribonde est aujourd’hui dans l’impasse. La semaine dernière, Petrolin qui appartient à l’homme d’affaires Samuel Dossou-Aworêt, a sollicité une conciliation, conciliation qui est en fait la première étape vers un autre litige qui ira bientôt devant la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA. Car, le marché attribué à Petrolin sur la base d’un contrat a fini par être donné au groupe Bolloré, entraînant du coup un litige titanesque dont le Bénin sortira certainement avec des pertes énormes. Nous finirons par vendre le Bénin pour payer les escapades du régime Yayi.

        Il faut le croire, tout ceci constitue des ingrédients d’une gouvernance approximative. Le drame ici, c’est que les contrats signés, même par des ministres véreux et mal inspirés, ne peuvent que faire l’objet de litiges. On ne parlera pas assez de la convention minière par laquelle l’Etat a donné à la Nouvelle Cimenterie du Bénin (NOCIBE), une bonne partie du calcaire d’Adja-Ouèrè contre zéro franc avec des exonérations fiscales et douanières sur vingt ans. Au finish, cette convention frauduleuse et criminelle permettra à la NOCIBE de ne payer aucun impôt pendant cinquante ans, ni aux collectivités locales ni à l’Etat central.

        Tels sont les contrats au Bénin, telles sont aussi les graves conséquences juridiques qu’ils engendrent déjà pour le pays. Mais alors, lorsque les litiges surviennent, notre pays affiche encore des attitudes déconcertantes qui multiplient les chances de perdre les procès. Tenez, selon la dernière parution de la revue La Lettre du Continent, c’est bien le Chef de l’Etat qui a interdit à l’Agent Judiciaire du Trésor de répondre aux multiples convocations de la Cour commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA, dans le cadre de l’affaire PVI. Conséquence, le montant de 160 milliards risque d’être  bientôt l’amère potion que nous devrons boire.

        Dans tous ces cas, l’Etat se fourvoie en faisant signer par des ministres félons et des hommes d’affaires véreux des contrats qui, aujourd’hui, constituent des épées de Damoclès sur nos têtes.

Par Olivier ALLOCHEME

Tractations pour la mobilisation autour de la table ronde de Paris: Yayi incite le corps diplomatique à soutenir l’initiative

boni-yayi-2 netA la faveur d’un déjeuner de  travail qu’il  leur a offert  ce mardi, le président Boni Yayi a  échangé avec  les membres du corps diplomatique accrédité au Bénin, sur les enjeux  de la table ronde des investisseurs qu’organise le Bénin à Paris,  du 17 au 19 juin prochain. Il n’a pas manqué de préciser à ses hôtes que  le Bénin compte s’appuyer  sur ce forum  international pour relancer sa machine économique.

Le climat de stabilité politique, de paix et de sécurité constitue un atout majeur pour attirer les investisseurs en direction  du Bénin, selon le président Boni  Yayi.  Pour lui, la table ronde de Paris, prévue du 17 au 19 juin prochain,  sera l’occasion de mobiliser le système financier international au chevet  d’une  économie béninoise en pleine mutation. « Le gouvernement s’emploiera à poursuivre les réformes institutionnelles et structurelles pour asseoir les bases d’une relance solide et durable de notre économie », a rassuré le chef de l’Etat.

A l’occasion de ce déjeuner de travail,  le président du comité d’organisation de la table ronde, le ministre en charge du développement, Marcel de Souza a présenté aux diplomates présents le tableau de bord des projets qui seront étudiés lors des travaux. Il s’agit de  projets structurants qui ont vocation d’accélérer la transformation de l’économie, de drainer des investissements lourds en vue d’impulser une croissance forte, durable, inclusive, créatrice de richesse et d’emplois.  Cinq pôles majeurs sont ciblés, à cet effet, précise le ministre. Le premier qui regroupe la chaîne des transports, prend en compte le projet de l’épine  dorsale, la construction d’un port minéralier en eaux profondes, de ports secs le long de l’épine dorsale et de l’aéroport international de GloDjigbé. Le deuxième pôle concerne le vaste programme énergétique élaboré par le gouvernement pour fournir au secteur productif une énergie stable, compétitive et à moindre coût. Il s’agit, entre autres, de la construction de barrages hydroélectriques, dont ceux d’Adjarrala, Dogo bis, Vossa, etc, la construction de centrales thermiques à base de charbon, la promotion des énergies renouvelables. Dans le secteur touristique, le projet prioritaire est celui de la route des pêches. Potentiel grenier d’emplois, ce projet permettra de mettre en valeur le patrimoine national  à travers le tourisme balnéaire, culturel et d’affaires, le sport nautique etc, avec un fort effet d’entraînement attendu sur la croissance. Dans le domaine de la santé, il est prévu la construction d’un hôpital de référence destiné à arrêter la saignée financière due aux évacuations sanitaires. D’autres projets non moins importants sont prévus au portefeuille de la table ronde. Au total, 130 projets focaliseront l’attention au cours des assises pour un besoin de financement estimé à 6529 milliards dont 2900 milliards sont attendus des travaux de la table ronde.

 Des diplomates impressionnés

Les atouts pour y parvenir, indique le ministre, ne manquent pas. Marcel de Souza citera, entre autres, l’attractivité de l’environnement politique et sécuritaire,  la stabilité du cadre macroéconomique avec une croissance de 5,6% en 2013, la maîtrise de l’inflation estimée à 1% en 2013, l’amélioration des recettes publiques et l’effort continu d’amélioration de la qualité des dépenses.

Pour renforcer ces atouts, poursuit Marcel de Souza, les réformes en cours seront poursuivies et renforcées dans tous les secteurs stratégiques. En dehors de l’amélioration du climat des affaires avec le guichet unique du port et le guichet unique de formalisation des entreprises dont les résultats deviennent palpables en termes de facilitation et d’accélération des procédures de création d’entreprises au Bénin, d’autres secteurs névralgiques de l’Etat connaîtront une profonde refonte. Il s’agit, entre autres, de l’administration publique appelée à devenir une administration de développement, des finances publiques avec en toile de fond la lutte contre la corruption, le système éducatif pour mettre l’accent sur la formation technique et l’entrepreneuriat, le système judiciaire avec la création en vue d’un tribunal et d’une cour d’appel du commerce, etc. Les  représentants du Pnud et de la Banque mondiale ont salué cette initiative du gouvernement tout en promettant le soutien de leurs institutions respectives pour une bonne réussite de la table ronde.

Lever tous les goulots d’étranglement

A la fin de la rencontre,  le président Boni Yayi a réaffirmé les attentes du Bénin à l’issue de ces trois jours de travaux en termes d’impact sur la croissance aujourd’hui estimée à 5,6%, mais surtout sur l’amélioration de la qualité de vie au Bénin par l’éradication de la pauvreté. Tout en plaidant pour un appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux, le Chef de l’État s’engage à poursuivre les efforts pour lever tous les goulots d’étranglement qui jalonnent la marche du Bénin vers l’émergence.Le président de la République a eu, par ailleurs, des entretiens  avec l’ambassadeur de la République islamique d’Iran, hier mardi 3 juin 2014, au sujet de cette table ronde. A sa sortie du cabinet présidentiel, Assan Ali Bakshi a exprimé l’intérêt de son pays à accompagner le Bénin dans ce processus, au nom de la riche coopération avec la République islamique d’Iran. A cet effet, a rassuré le diplomate iranien, les hommes d’affaires, les sociétés, banques et institutions financières d’Iran seront présents aux côtés du Bénin à ces assises pour la promotion des investissements, notamment, dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire. Saisissant l’occasion de cette audience, le diplomate iranien a évoqué la question des groupes djihadistes qui sévissent sur le continent, notamment, au Nigeria. Il a affirmé la solidarité de l’Iran avec le Nigeria quotidiennement frappé par les horreurs du mouvement islamiste BokoHaram dont l’un des coups d’éclat reste l’enlèvement de plus de deux cents jeunes filles. Il a dit joindre la voie de son pays à la mobilisation générale pour la libération de ces filles et fustigé, au passage, l’amalgame entretenu par ces mouvements entre la religion musulmane et leur idéologie terroriste.

 Wandji A.

Détention prolongée du député Force-Clé: Candide Azannaï déclenche le combat pour la libération de Désiré Vodonon

Candide Azannaï netA la faveur d’une conférence de presse qu’il a donnée dimanche dernier au Bénin Marina Hôtel à Cotonou, le député Candide Azannaï a annoncé pour très bientôt un autre grand combat qu’il entend mener. Il s’agit de la libération de Désiré Vodonon, également député comme lui. « Il n’y a plus aujourd’hui aucune  raison  pour que Vodonon Désiré soit encore en prison »,a clamé Candide Azannaï qui pense que l’affaire  qui le concerne est « une  méchanceté à l’étape actuelle ». Et sa détention, « un excès dans l’arbitraire parce que la justice est mise à l’horizontal par l’exécutif». Le sieur Daniel Padela Kioski, le plaignant principal aurait retiré sa plainte depuis fort longtemps, à en croire le président du parti « Restaurer l’Espoir», qui estime que  Désiré Vodonon, contrairement à ce qui se dit, n’a rien volé. « Il est lié à un businesset a rempli sa part de contrat », a laissé entendre Candide Azannaïdimanche dernier, déplorant la « persécution » dont  l’homme serait victime depuis l’éclatement de cette affaire.« Le dossier-là est vide,  Vodonon est un otage politique, comme ceux qu’on a libérés récemment dans l’affaire Talon. Vous n’avez pas entendu leurs déclarations ? Si tant est que Boni Yayi est leur bienfaiteur, ils l’auraient remercié, ce qu’ils n’ont pas fait », a-t-il aussi déclaré à la presse. Pour CandideAzannaï, si Désiré Vodonon avait accepté de devenir Fcbe, il n’aurait jamais subi ce sort, mais il se dit déterminé à se battre de toutes ses forces et avec tous les moyens qu’il faut pour obtenir sa libération dans un meilleur délai.  Désiré Vodonon est en détention à la prison civile de Cotonou depuis trois ans déjà, sans être condamné à ce jour par la justice béninoise qui s’est auto-saisie de son dossier. On l’accuse dans une affaire  «d’escroquerie internationale » estimée à 3 milliards dont les victimes seraient des hommes d’affaires sud-américains.

Il faut noter,par ailleurs,que le sujet principal de la conférence de presse tenue dimanche dernier par Candide Azannaï est relatif au  pardon accordé par Boni Yayi à Patrice Talon et consorts dans les affaires « tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat ». Un pardon qui, aux yeux de l’honorable, «n’a plus aucun sens » aujourd’hui, où le gouvernement refuse de respecter la  décision de la Cour commune de justice et d’arbitrage. Une décision qui somme l’Etat béninois de rapporter la résiliation du  contrat avec la société Bénin Contrôl dans le dossier Pvi-Ng au risque de lui payer 129 milliards au bout de 60 jours.

Christian TCHANOU

Diplomatie internationale: L’ambassadeur Omar Arouna communie avec plusieurs diplomates de Washington

Le mercredi 28 mai 2014, à l’Hôtel Omni Shoreham,Omar Arouna, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Bénin près les Etats-Unis d’Amérique, a offert un cocktail en l’honneur du corps diplomatique et des institutions internationales accréditées à Washington suite à la présentation de ses lettres de créances au président américain, Barack Hussein Obama, quelques jours plus tôt, c’est-à-dire, le 21 mai. «Je considère ma nomination en tant que chef de la mission béninoise aux États-Unis comme l’expression de la volonté du président Yayide renforcer davantage les relations avec les Etats-Unis, offrant ainsi la contribution du Bénin à l’édification du pont à laquelle, tous ici, nous nous appliquons: le pont entre l’Afrique et les États-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré à cette occasion. « Je crois fermement que, dans l’accomplissement de cette importante mission, j’aurai le soutien de tout un chacun dans cette salle »,s’est-il aussi rassuré. S’il affirme, par ailleurs, que dans sa fonction antérieure, il a appris à identifier les portes et les canaux non officiels de la capitale américaine, il souhaite compter désormais sur chacun de ses nouveaux camarades pourlui apprendre « comment reconnaitre une porte officielle ou canal officiel et comment l’utiliser avec dignité. »

« A nos amis du département d’État, je vous remercie pour votre soutien à mon prédécesseur et l’aide que vous nous avez apporté à moi et ma famille au cours des dernières semaines et je me réjouis d’avance d’une collaboration fructueuse », a dit par ailleurs, l’ambassadeur Omar Arouna.

Christian TCHANOU

1ère session ordinaire de l’Assemblée consulaire : La CCIB renaît sur la scène économique nationale et internationale

SatchiviInstallés le 25 janvier 2014, les 84 élus consulaires avec à leur tête le président Jean-Baptiste Satchiviont tenu leur première session ordinaire. Organisée conformément aux  statuts de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCIB), elle s’est tenue dans les locaux de l’institution consulaire le vendredi 30 mai dernier en présence des présidents des institutions de la République et de la ministre de l’industrie, du commerce, des petites et moyennes entreprises (Micpme), Naomie Azaria. A l’ouverture des travaux, c’est le président Jean-Baptiste Satchiviqui a planté le décor à travers son mot de bienvenue en précisant l’objectif de la rencontre. Il s’agit, selon lui, de présenter au nom du bureau exécutif, aux élus consulaires, le projet de plan de travail annuel et de développement des activités de l’institution consulaire, suivi du projet du budget pour l’année en cours. La forte mobilisation des élus revêt, selon lui,la signification du patriotisme économique et de l’attachement qu’ils accordent au développement du Bénin. L’occasion a également été pour lui de présenter les grands chantiers qu’il envisage atteindre avec son équipe. C’est à ce titre qu’il a rappelé la série d’actions qu’il a engagées pour marquer les 100 premiers jours de l’assemblée consulaire dénommés « 100 jours pour changer le visage de la CCIB ». En outre, précise-t-il, « le taux d’exécution du plan de travail, de démarrage de cette mandature regroupant six axes déclinés en 43 activités validées par le Ministère de tutelle avoisine 70% ».

La touche  de NaomieAzaria

Saluant la mobilisation des élus malgré la diversité d’origine et de points de vue des uns et des autres, la ministre du commerce a suggéré à l’assemblée, l’inscription de deux préoccupations à l’ordre du jour. Il s’agit, selon NaomieAzaria, de laparticipation des opérateurs économiques à la Table Ronde de Paris qui se tiendra les 17, 18 et 19 juin 2014 et l’organisation des élections complémentaires afin de porter l’effectif des élus à 99 en respect des textes régissant l’institution. A cet effet, l’autorité ministérielle a exhorté à instaurer un climat de confiance en mutualisant  le savoir-faire pour réunir tous les créateurs de richesses et d’emplois qui sont opérateurs économiques, tant de l’intérieur que de la diaspora. Par ailleurs, NaomieAzaria a rappelé le souci du chef de l’Etat et de son gouvernement qui s’attèlent grâce à des réformes courageuses et ambitieuses pour relancer l’économie par l’amélioration des facteurs de production, l’amélioration de l’environnement des affaires, le palliatif aux nombreuses défaillances structurelles et conjoncturelles, le tout arrimé à une politique économique inclusive.

Ils ont dit

KamilouArouna, élu consulaire, président régional légitime de la CCIB/Borgou-Alibori

 « Avec la tenue de cette  session, l’espoir est grand »

« Comme notre président, Jean-Baptiste Satchivi, nous nous sommes également inscrits dans la dynamique de changer le visage de notre institution. Car, vous n’êtes pas sans savoir qu’il est question de l’économie béninoise pourvoyeuse de devises. Et comme vous l’avez entendu dire par le président, nous ferons de notre CCIB à l’horizon 2019, une institution d’appui au développement et au rayonnement des entreprises du Bénin dans le monde entier. Aujourd’hui, la CCIB reste comme sa vision l’indique, le porte étendard du savoir-faire béninois à l’international. L’espoir est grand pour que nous puissions améliorer l’image de notre économie ».

Narcisse SOGLO, élu consulaire, président de la Commission développement des travaux et infrastructures de la CCIB

« La CCIB jouera sa partition pour le développement du partenariat durable avec l’international » 

« Vous avez constaté que la collaboration a commencé avec les opérateurs économiques que nous sommes. C’est déjà un point que nous devons tous saluer. A la suite de cette session, nous entendons œuvrer aux côtés des pouvoirs publics et des institutions bancaires afin d’aider l’économie nationale à retrouver ses lettres de noblesse. Le président a évoqué plusieurs chantiers qui méritent notre soutien en tant qu’élus consulaires, et je crois que c’est une vision commune, et il peut être rassuré. Maintenant, dans son message, la ministre du commerce a fait cas de la Table Ronde de Paris qui aura lieu les 17, 18 et 19 juin prochains. Sur la question, je dirai que nous sommes conscients de ce que, ce sont des occasions que nous devons souvent saisir pour faire améliorer le paysage des affaires au Bénin. Et d’ailleurs, la CCIB jouera sa partition pour le développement du partenariat durable avec l’international ».

Réalisation Emmanuel GBETO

Edito du 02 juin 2014: Vive le roi !

logo netLes adorateurs du Chef de l’Etat étaient en meeting ce week-end à Bembèrèkè. Rachidi Gbadamassi et consorts ont clamé leur amour pour Boni Yayi en insistant sur le fait que l’on ne saurait « enterrer le roi vivant ». C’est une allusion à peine voilée à ceux qui auraient l’outrecuidance de penser à succéder au roi.

        Le roi ici, c’est, bien sûr, Boni Yayi. Et il est à supposer qu’il n’est pas du tout informé de cette dénomination qui sème la confusion dans les esprits. Il ne peut être vraiment d’accord avec ces adulateurs trop zélés qui l’appellent roi en insinuant ostensiblement que lui-même  aurait oublié que nous sommes en République. Non, Yayi ne peut être informé de cette méprise monumentale consistant, en plein XXIème siècle, après tant de luttes et de souffrances de ce peuple, à confondre  le fauteuil présidentiel à un  trône royal. Mais, en arriver à ce niveau où députés et ministres en viennent à nous retourner à plus de cent ans en arrière, voilà qui pose problème. Veulent-ils dire qu’en réalité Boni Yayi est un féodal, incapable de se rappeler qu’il a été élu et que, pour cela, il a succédé à quelqu’un qui est bien vivant et le sera encore longtemps ? Veulent-ils sous-entendre que les Béninois conçoivent en réalité le pouvoir présidentiel comme une métaphore de la royauté de jadis ?

        Une réponse objective à ces deux questions nous amène à penser que la véritable confusion se trouve dans l’esprit de ceux qui prennent le peuple béninois pour des moutons de panurge  incapables de se rendre compte que ce ne sont plus les règles monarchiques qui gouvernent le pays appelé Bénin depuis plus d’un demi-siècle.

        En réalité, cette confusion n’est qu’apparente. Ces propos viennent corroborer toutes les informations faisant état de démarches menées en haut lieu afin que les têtes couronnées du septentrion  acceptent l’idée d’un troisième mandat. A chaque étape de leur périple, les émissaires envoyés de Cotonou auraient été éconduits par les rois qui ont rappelé la nécessité de sauvegarder le maigre échafaudage démocratique existant encore dans le pays.  Le rêve de transformer le fauteuil de la Marina en un trône monarchique s’est heurté à ce premier fiasco, en attendant que d’autres émissaires, pourvus de moyens plus conséquents, ne viennent « convaincre » leurs Majestés. Le roi n’est pas encore mort, dites-vous ?

        Bien sûr, il ne mourra pas, s’il s’agit vraiment de Boni Yayi. Son départ du pouvoir ne saurait être assimilé à une mort ou à un malheur quelconque. Et pourtant, cette vision métaphorique trahit, non pas seulement une conception monarchique du pouvoir, mais surtout une volonté d’imposer l’idée d’une imposture successorale. En clair, à travers ces métaphores grotesques, il est question d’induire dans les esprits fragiles, l’idée qu’il ne faut pas penser à l’après-Yayi. Que le seul fait de le faire est une hérésie nécessitant meetings prépayés et déclarations furieuses. C’est là, en effet, une tentative  d’imposition féodale qui tire sa source de  l’effroi d’un après-2016 que l’on se refuse à envisager comme une nécessité inspirée du système appelé démocratie. C’est finalement une mauvaise compréhension monumentale des principes ayant favorisé l’arrivée du Chef de l’Etat en 2006 et sa reconduction en 2011.

        Nous ne sommes pas en monarchie. Le dire sous cette forme triviale peut paraitre superflu au regard des acquis des deux dernières décennies. Mais le meeting de Bembèrèkè montre à suffisance que les acteurs politiques nationaux ne le comprennent que très peu. Ils en ont une conception encore moyenâgeuse, révoltante et antinationale.

        Les faveurs royales entourant le pouvoir d’Etat en Afrique et plus précisément au Bénin sont à la base de ces incroyables lubies. Aller au pouvoir signifie simplement y  bénéficier d’une foule de privilèges aussi improbables les uns que les autres. Il n’est donc pas si étonnant que les populations, dans  leur immense majorité, réclament de l’argent pour assister au plus petit meeting politique ou qu’elles se pointent chez le leader politique de leur localité dès qu’elles ont besoin d’argent. Dans notre imagerie nationale, nous sommes convaincus qu’en dernier ressort celui qui  prend le pouvoir a droit à toutes les faveurs.

        Heureusement, ceux qui proclament que le roi est éternel  verront bientôt que la force d’une démocratie est de jeter à la poubelle les idéologies néfastes et leurs zélateurs.

Par Olivier ALLOCHEME

Naissance de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND): Les leaders politiques de l’Atlantique sortent leur arme de combat

Née pour renforcer le paysage politique, l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND) a effectué sa sortie officielle le samedi 31 mai au Palais des congrès de Cotonou avec la présence de plusieurs partis politiques venus en soutien.

Une vingtaine de partis et mouvements ont fédéré leurs énergies pour créer une alliance. Il s’agit de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND). Il s’agit, entre autres, des partis Rassemblement pour le progrès et le renouveau (RPR) de Valentin Aditi Houdé, du Rassemblement démocratique du Bénin (FDB) d’Octave Houdégbé, de l’Union citoyenne pour la patrie (UCP-Faaba) de Nazaire Dossa, de l’Union des forces citoyennes pour le développement (UFCD) de Moussa Amadé, de Vision et espoir pour le Bénin (Vebe) de Valentin Somassè, de la Mission des jeunes patriotes pour le développement (MJPD) de Romaric Vyaho, du Parti Force de progrès (PFP) de Boniface Chrysostome, du Rassemblement pour un Bénin Uni-Sonignon de Célestine Adjanonhoun, du Mouvement républicain pour la paix et le développement (MRPD) de Dominique Atchawé, du Parti de la rénovation pour la solidarité et le progrès (PRSP) de Cyriaque Domingo… Ayant mobilisé plus de dix (10) mille militants venus de partout, ce congrès a été l’occasion pour le président du comité d’organisation, Boniface Chrysostome, de présenter le parcours pour que cette initiative soit une réalité.

Un plus pour la majorité présidentielle plurielle

« C’est l’occasion d’affirmer l’appartenance de l’Alliance à la majorité présidentielle plurielle », a précisé le président Valentin Houdé.          Toutefois, il estime que la vision consistant à résister aux épreuves du temps, surtout aux écueils politiques, aux entreprises diaboliques de déstabilisation et de division, aux calomnies gratuites afin que toutes les échéances électorales soient pensées ensemble, conduites ensemble et gagnées ensemble. A sa suite, plusieurs autorités politiques ont apporté leur soutien au nouveau né. Le représentant de l’Alliance ABT, Assan Séïbou a fait un vœu à l’AND. « Je souhaite que Dieu sauvegarde cette alliance du démon de la division ». Car, pour lui, c’est l’heure de donner la chance au pays de se développer. Affirmant que l’AND fait 10% des partis politiques composant le paysage politique béninois, il pense que « c’est une force sur laquelle, il faut compter pour le développement. Pour sa part, le président du PSD, Emmanuel Golou qualifiera plutôt l’alliance de « photo de réconciliation qui doit être un exemple ». A cet effet, il a souhaité la naissance de deux autres alliances pour atteindre l’objectif de changement du paysage. En sa qualité de président de la Renaissance du Bénin (RB), Léhady Soglo, verra que c’est le temps de la reconstruction du paysage politique qui est arrivé, de même que le temps de fermeture des gouffres. Ne pouvant rester indifférent à la naissance de cette « fille » qui se réclame de la majorité présidentielle plurielle, le vice-président du Frap, Hubert Balley a souhaité que l’AND joue un rôle développeur conformément aux textes en vigueur. Par ailleurs, pour l’honorable Candide Azannaï, président de « Restaurer l’Espoir », c’est l’occasion de lever deux équivoques. La première a porté sur le pardon présidentiel le 14 mai dernier à l’endroit de l’opérateur économique, Patrice Talon. Un pardon qu’il qualifie d’inexistant. « Il y a plutôt eu fraude sur le mot pardon », précise-t-il. En second lieu, il pense contrairement à d’autres, qu’il n’est pas question de dorloter Boni Yayi avant qu’il ne parte du pouvoir en 2016. « Qu’il y ait élections ou pas, Il faut forcer Boni Yayi à partir », a-t-il lancé au peuple béninois. Des propos renchéris par le président du RDR, l’Honorable Epiphane Quenum qui constate « que l’AND n’est pas un marché ouvert où on viendra pêcher des leaders ». Enfin, c’est au président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago que reviendra l’honneur de saluer la volonté de regroupement qui est, selon lui, une nécessité. Car, précise-t-il, « aucun développement ne peut se faire avec la pléthore de partis existants ». Cependant, il a convié les membres à s’inspirer des expériences passées.

 Emmanuel GBETO

Polémique autour de la sentence arbitrale dans l’affaire PVI-NG: Le Bénin conteste la décision devant la CCJA, le Sg de l’Ohada apporte des clarifications

boni-yayi-2 netSes propos viennent mettre un terme à la polémique autour del’authenticité de la sentence quisuscite des vagues depuis peu sur l’affaire Pvi-Nouvelle Génération. Interrogéhier par l’agence de presse africaine Afrika7,Narcisse Aka, secrétaire général de l’arbitrage à l’OHADA, a confirmé que la décision condamnant l’Etat béninois dans le dossier l’opposant à la société Bénin Control SA, a été prise par des arbitres privés. « La Ccjan’a encore rendu aucune décision concernant le Bénin »,a-t-il insisté, confirmant les récentes déclarations des autorités béninoises. A le croire, c’est maintenant que la CCJAvient d’être saisie par le Bénin, en contestation de la sentence rendue par des juges privés. »Il y a beaucoup de confusions au niveau des décisions de la cour », a également fait constater à Afrika7,  Narcisse Aka.« Mais la cour abrite en son sein un centre d’arbitrage. Et dans le cadre des activités du centre d’arbitrage, des tribunaux arbitraux peuvent être appelés à rendre des sentences arbitrales », a-t-il aussi précisé.

 Les tribunaux arbitraux seraient conduits par des arbitres qui sont des personnes privées et qui rendent des sentences arbitrales. Donc, dans les deux dossiers mis en cause ici,les tribunaux arbitraux qui ont été saisis par les sociétés Bénin Contrôl et Patrice Talon, siégeant dans le cadre du centre d’arbitrage de la cour, ont rendu deux sentences arbitrales, qui ne peuvent pas être considérées comme des décisions de la cour, selon Narcisse Aka. « Nos dispositifs permettent des recours, lorsque des sentences sont rendues par des tribunaux arbitraux. Je puis vous dire que, depuis ce matin, l’Etat du Bénin, représenté par Me Sadikou Alao, a déposé deux recours en contestation des sentences arbitrales devant la cour», a également annoncé le secrétaire général de l’arbitrage à l’Ohada. « C’est vrai que beaucoup d’acteurs qui ne sont pas habitués à l’arbitrage ne perçoivent pas toujours la nuance entre une sentence rendue par un tribunal arbitral et un arrêt rendu par une cour de justice, telle que la cour de l’Ohada », a-t-il avoué, par ailleurs. Selon nos informations, le recours de l’Etat béninois porte sur les points suivants : Le défaut de convention d’arbitrage, le défaut du contradictoire, l’ordre public international, le détournement de la mission confiée au Tribunal arbitral. Toute chose qui reste conforme à la procédure habituelle au niveau de l’institution.

Christian TCHANOU