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Interview avec Li Keqiang, le premier Ministre chinois: « Dans sa coopération avec l’Afrique, la Chine s’en tient toujours aux principes d’égalité, de bénéfice réciproque… »

Le premier Ministre chinois, Li Keqiang, en tournée en Afrique s’est prêté aux questions des journalistes africains. Sans langue de bois et particulièrement pointilleux, l’homme a partagé avec la presse africaine, la vision de la République Populaire de Chine dans ses relations avec les pays africains. Il n’a surtout pas manqué de répondre à ceux qui émettent des critiques acerbes contre la Chine en raison de sa remarquable présence sur le continent africain. Lire l’intégralité de son interview traduite par les services du Centre culturel chinois au Bénin.

Médias africains : Li Keqiang netVous êtes un dirigeant ayant une vision internationale. Vous avez été dans beaucoup de pays du monde. Quelle est votre impression sur l’Afrique ?

Le Ministre Li Keqiang : J’ai été en Égypte en 2009, mais je n’ai pas vu toute l’Afrique. Le continent, comme je l’ai lu dans des livres, comprend l’Afrique du Nord composée des pays arabes et l’Afrique subsaharienne, et s’étend sur une terre vaste, fertile et pleine de merveilles. Il compte plus de 1 500 groupes ethniques et plus de 2 000 langues. L’Afrique, dotée d’une civilisation splendide et très ancienne, est considérée comme le berceau de la civilisation humaine. On y trouve l’intarissable Nil, le majestueux Kilimandjaro, la prestigieuse vallée du rift africain et la célèbre migration d’animaux au Massai Mara, avec des peuples simples, des chefs de tribu hospitaliers, des musiques ardentes et des danses chaleureuses. C’est un continent en pleine émergence et débordant de vitalité que je souhaite découvrir depuis longtemps.
Depuis le début du siècle, les pays africains ont ravivé l’esprit du panafricanisme pour avancer à pas de géant sur la voie d’une intégration africaine accélérée. Au cours de la dizaine d’années écoulées, l’Afrique a réalisé une croissance économique des plus rapides au monde, et des exploits dans le domaine du développement socio-économique. Aujourd’hui, l’Afrique affiche un grand dynamisme et montre un nouveau visage. Elle constitue désormais, on peut le dire, une force majeure dans la multipolarisation mondiale, un important marché émergent pour la reprise et l’intégration économiques dans le monde et aussi un représentant remarquable de la diversité du patrimoine mondial. J’admire l’esprit d’engagement et de solidarité que manifestent les peuples africains et je suis pleinement confiant dans l’avenir radieux du développement de l’Afrique.

Depuis plus d’un demi-siècle, les relations sino-africaines restent toujours solides et se développent sans discontinuer malgré les grands changements mondiaux. Selon vous, quelles en sont les raisons ?
La Chine et l’Afrique sont liées par une relation qui remonte loin dans l’histoire et une amitié qui se consolide au fil du temps. Depuis les années 50 et 60 du siècle dernier, la Chine et les pays africains, rapprochés par le même passé, se sont soutenus mutuellement dans leur combat solidaire et ont forgé une amitié profonde.
Un vieil adage chinois dit : « Il est facile d’avoir beaucoup d’argent, mais difficile de trouver de vrais amis. » Nous ne saurions jamais oublier que ce sont les frères africains qui nous ont portés à l’ONU et nous sommes toujours fiers d’avoir contribué à la construction du chemin de fer Tanzanie-Zambie. Parmi les aides internationales qu’ont reçues en 2008 les sinistrés du séisme à Wenchuan, celles en provenance de l’Afrique nous sont particulièrement précieuses. Dans des enceintes multinationales telles que les Nations Unies, la voix de la Chine pour défendre les droits et intérêts légitimes des nombreux pays en développement, dont les pays africains, est la plus ferme. Les peuples africains sont pour les Chinois bons frères, bons amis et bons partenaires, sincères et dévoués. Les relations sino-africaines, dépassant la distance géographique et les différences en matière de culture et de système, se caractérisent par la sincérité, la confiance mutuelle et la bonne entente et sont considérées comme un modèle de la coopération Sud-Sud.
La coopération sino-africaine a donné de vastes possibilités et une grande impulsion au développement de la Chine et de l’Afrique, et surtout contribué amplement au renforcement du poids de l’ensemble des pays en développement dans le monde et à la promotion de la cause du progrès de l’humanité. Nous entendons travailler ensemble avec les pays africains pour raffermir sans cesse la confiance politique mutuelle, approfondir la coopération dans les domaines de la paix et de la sécurité, rehausser la coopération pragmatique et intensifier les échanges humains, et faire progresser davantage le nouveau partenariat stratégique sino-africain.

On dit que c’est votre première visite en Afrique en tant que Premier Ministre. Quel est l’objectif de cette visite ? Et quel message souhaitez-vous faire passer aux peuples africains ?
C’est ma première visite sur le continent africain depuis ma prise de fonctions comme Premier Ministre du Conseil des Affaires d’État chinois. C’est également mon premier déplacement à l’étranger pour cette année. Ce sera un voyage placé sous le signe de la continuité, de la coopération et de la solidarité, une occasion pour moi de parcourir le chemin de l’amitié ouvert par les dirigeants chinois et africains de l’ancienne génération, de mesurer la profondeur de l’amitié et de la solidarité entre les peuples chinois et africains, de constater sur place le dynamisme du développement socio-économique africain et d’écouter les attentes des Africains aspirant à une vie meilleure. J’ai une forte volonté de contribuer concrètement à l’approfondissement des relations entre la Chine et l’Afrique et à la promotion de leur coopération dans différents domaines au plus grand bénéfice des peuples chinois et africains.
Durant cette tournée, je me rendrai au siège de l’UA et j’y prononcerai un discours pour présenter les idées et propositions de la Chine sur la promotion des relations et de la coopération entre la Chine et l’Afrique dans la nouvelle époque. J’aurai, dans les quatre pays à visiter, des échanges de vues approfondis avec leurs dirigeants sur le renforcement des relations bilatérales et de larges contacts avec des personnalités de divers milieux. J’assisterai et ferai une intervention au Forum économique mondial pour l’Afrique, et je m’entretiendrai avec les dirigeants de pays africains présents au Forum de la promotion des relations et de la coopération bilatérales. Je rencontrerai également la communauté chinoise et des personnels des établissements chinois en Afrique. J’espère que ma visite permettra d’approfondir davantage l’amitié traditionnelle entre la Chine et l’Afrique, de rehausser la coopération pragmatique sino-africaine, de renforcer la solidarité et l’entraide entre les deux parties, de promouvoir le développement partagé de la Chine et de l’Afrique, et de mieux faire comprendre aux 1 milliard d’Africains que les 1,3 milliard de Chinois seront pour toujours leurs amis sincères et leurs partenaires fiables et que la Chine veut travailler avec l’Afrique pour perpétuer l’amitié sino-africaine.
Un proverbe africain dit : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. » L’amitié sans cesse renouvelée et la coopération tous azimuts entre la Chine et l’Afrique sont à préserver avec beaucoup de soins par les Chinois et les Africains. La Chine entend travailler en toute sincérité et renforcer la solidarité avec les pays africains, et coopérer d’une manière mutuellement bénéfique avec eux pour promouvoir un développement partagé et réaliser au plus tôt les rêves glorieux du renouveau de la Chine et de l’Afrique.

On dit tous que la coopération sino-africaine est prometteuse. Où se trouvent les opportunités ? Quelles mesures concrètes la Chine prendra-t-elle pour faire avancer cette coopération ?
La Chine et l’Afrique, respectivement le plus grand pays en développement et le continent regroupant le plus grand nombre de pays en développement, sont toutes confrontées aux tâches pressantes du développement économique et de la modernisation. Depuis l’entrée au 21e siècle, la Chine et l’Afrique ont saisi les opportunités historiques offertes par l’approfondissement de la mondialisation et travaillé dans l’esprit de solidarité et de coopération gagnant-gagnant pour faire entrer leurs relations dans un « âge d’or ». Et elles ont toutes les deux beaucoup bénéficié de leur coopération. Actuellement, la Chine se trouve dans une phase cruciale du développement marquée par l’approfondissement global de la réforme et l’accélération de la transformation du mode de développement, alors que l’Afrique entreprend une nouvelle marche vers l’intégration, la prospérité et la renaissance du continent. La coopération sino-africaine s’offrira ainsi de nouvelles opportunités d’avancer à grandes enjambées. Durant ma visite, ensemble avec les dirigeants de pays africains et de l’UA ainsi que les représentants des entreprises chinoises et africaines, nous travaillerons dans un esprit pragmatique, innovant et entreprenant, pour faire le bilan du chemin parcouru, tirer les enseignements, identifier les insuffisances et explorer activement de nouveaux domaines, pistes et modalités de coopération de manière à porter la coopération sino-africaine tous azimuts à un niveau supérieur.
La Chine et l’Afrique accroîtront les échanges et la coopération dans le domaine de la lutte contre la pauvreté pour promouvoir le développement partagé. La Chine compte plus de 100 millions de personnes vivant encore sous le seuil de la pauvreté, tandis que l’Afrique fait face à pas mal de difficultés et défis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La lutte contre la pauvreté est un domaine phare de la coopération entre la Chine et l’Afrique, engagées l’une comme l’autre pour le développement économique et l’amélioration du bien-être social. La Chine entend partager avec l’Afrique ses expériences en matière de réduction de la pauvreté et de développement de l’agriculture, renforcer la coopération agricole et aider l’Afrique à former des compétences dans le domaine agricole. Le chemin vers le développement durable et une vie plus digne passe par la lutte contre la pauvreté.
La Chine et l’Afrique renforceront leur coopération dans les domaines industriel et financier pour promouvoir l’industrialisation et le développement de l’industrie manufacturière du continent africain. L’Afrique est déjà sur une voie rapide de la croissance et marche résolument vers la modernisation. La Chine entend participer activement, avec les atouts qui sont les siens, à la construction d’infrastructures en Afrique pour une meilleure interconnectivité infra-africaine et renforcer par là sa coopération industrielle avec l’Afrique en l’aidant à développer en priorité l’industrie manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre, à accroître l’emploi et à stimuler la consommation. En outre, la Chine aidera l’Afrique, par des moyens d’investissement et de financement innovants, à résoudre l’insuffisance de fonds. Au cours de ma visite, des accords de coopération seront signés entre les deux parties dans les secteurs routier, ferroviaire, aéronautique, électrique et autres.
La Chine et l’Afrique intensifieront leur coopération en matière de ressources humaines, d’écologie et de protection de l’environnement pour soutenir le développement à long terme de l’Afrique. Les ressources humaines sont la ressource la plus prometteuse du continent africain. La Chine entend renforcer la formation dans tous les domaines pour les pays africains, et notamment la formation professionnelle destinée aux jeunes Africains, pour aider l’Afrique à tirer profit pleinement et durablement de son dividende démographique. L’amitié entre les peuples repose sur la compréhension mutuelle. La Chine lancera une série de programmes d’échanges et de coopération socioculturels pour multiplier les échanges humains et renforcer la compréhension et l’amitié entre les peuples chinois et africains. Le vert reste toujours la couleur intrinsèque de l’Afrique. La Chine travaillera en étroite coopération avec l’Afrique et fournira un soutien financier à la protection des animaux sauvages et à la lutte contre le changement climatique sur le continent, de manière à faire progresser ensemble « une belle Chine » et « une belle Afrique ».

Ces dernières années, des médias ont évoqué des questions telles que le déséquilibre du commerce sino-africain, le manque de qualité de produits chinois exportés vers l’Afrique et le non-respect par des entreprises chinoises des lois et règlements du travail des pays d’accueil. Comment voyez-vous ces questions survenues dans la coopération sino-africaine ?

Avec le développement rapide sur tous les plans des relations entre la Chine et l’Afrique, la coopération entre les entreprises des deux parties rencontre des « ennuis pour grandir », de nouvelles questions se posent et appellent des solutions appropriées. Attachant une très grande importance à ces questions sans jamais les esquiver ou les dissimuler, le gouvernement chinois est prêt à engager des consultations sérieuses avec les pays africains dans un esprit de respect mutuel, de pragmatisme et d’efficacité pour y trouver une solution. Ici, je tiens à réitérer que la Chine continuera à développer sa coopération avec l’Afrique conformément aux principes de sincérité, d’égalité, de bénéfice mutuel et de gagnant-gagnant, en demandant à ses entreprises d’observer scrupuleusement les lois et règlements locaux, d’être responsables quant à la qualité des travaux et des produits et envers les consommateurs, et d’assumer leur part de responsabilité à l’égard de la société et de l’environnement des pays d’accueil. Dans le même temps, j’appelle les pays africains concernés à renforcer la régulation de marché et les mesures de sécurité, et à protéger dûment les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises en Afrique ainsi que la sécurité de leurs personnels.
Dans l’ensemble, les questions apparues dans la coopération sino-africaine ne sont, après tout, que des cas rares et isolés, et l’approfondissement continu de cette coopération depuis ces dernières années représente le courant principal et la tendance générale. En 2013, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique a atteint 210 milliards de dollars américains, soit 2 000 fois celui de 1960, faisant ainsi de la Chine le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la cinquième année consécutive. À l’heure actuelle, plus de 2 500 entreprises chinoises sont présentes en Afrique, créant plus de 100 000 emplois locaux. L’année dernière, plus de 1,4 million de touristes chinois ont voyagé en Afrique, apportant d’importantes recettes en devises étrangères aux pays concernés. Selon un rapport du FMI, la coopération sino-africaine contribue déjà à hauteur de plus de 20% au développement de l’Afrique. Le « facteur chinois » s’affirme chaque jour davantage dans le développement de l’Afrique, et la coopération sino-africaine apporte des bénéfices tangibles aux peuples des deux parties et a devant elle de très vastes perspectives.

Comment voyez-vous l’allégation de certains médias selon laquelle la Chine pratique le « néo-colonialisme » en Afrique ?
La Chine et les pays africains sont bons frères et bons partenaires travaillant dans la solidarité pour le développement commun. Dans sa coopération avec l’Afrique, la Chine s’en tient toujours aux principes d’égalité, de bénéfice réciproque, de pragmatisme, d’efficacité, de sincérité et de respect des engagements, et de ne pas assortir ses aides à l’Afrique de condition politique. Elle est restée fidèle à ces principes depuis des dizaines d’années sans jamais s’en écarter. La coopération sino-africaine a contribué activement au développement de l’Afrique, notamment dans le domaine du progrès social et du bien-être de la population, l’objectif étant d’améliorer l’environnement de l’investissement sur le continent et la vie des Africains. De nombreux projets d’infrastructures réalisés avec l’assistance chinoise, comme des écoles, hôpitaux, stades et systèmes d’approvisionnement en eau et en électricité, ont facilité le travail et la vie des populations. Pour alléger le fardeau des pays africains dans leur marche en avant, jusqu’en fin 2013, la Chine a annulé au total 20 milliards de yuans RMB de dettes en leur faveur. Pour renforcer les capacités d’auto-développement des pays africains, la Chine a également travaillé énergiquement à promouvoir la coopération industrielle et financière avec eux pour les aider à mettre en place des systèmes indépendants et complets de l’industrie manufacturière et de l’agriculture modernes, afin de consolider sans cesse la base de la coopération sino-africaine. Cette coopération, mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant, offre des opportunités à la Chine et à l’Afrique.
La Chine et de nombreux pays africains ont tous souffert dans le passé de l’agression étrangère et de l’occupation coloniale ou semi-coloniale. « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ». Voilà un concept traditionnel plusieurs fois millénaire de la Chine et un élément majeur de sa civilisation. Le soi-disant néo-colonialisme chinois en Afrique ne correspond ni aux traditions et cultures chinoises, ni à la réalité de la coopération amicale, de l’égalité et du bénéfice mutuel entre la Chine et l’Afrique. De nombreux dirigeants africains ont fait savoir publiquement que l’Afrique, qui avait subi le colonialisme, savait bien ce que ce mot signifie et que les pays africains ne se laisseraient jamais induire en erreur par une telle allégation. Je peux affirmer solennellement aux amis africains que la Chine ne s’engagera jamais sur le vieux chemin du colonialisme emprunté par d’autres pays et qu’elle ne permettra jamais aux agissements colonialistes du passé de se reproduire en Afrique. La Chine entend rester toujours ami fiable et partenaire fidèle des peuples africains et contribuer activement à la construction d’un beau continent africain.

Propos recueillis par la presse africaine

L’Ambassadeur du Japon près le Bénin, Daini TSUKAHARA: «La coopération japonaise impacte directement les populations à la base »

ambassadeur du japon netDaini TSUKAHARA, l’ambassadeur du Japon près le Bénin est le 75e invité de la rubrique « Sous l’Arbre à Palabre ».  Avec une équipe de journalistes mobilisés pour le rencontrer, Daini TSUKAHARA  a brossé les 34 années de coopération qui lient l’Empire du Soleil Levant au Bénin. Les trois domaines prioritaires d’intervention du Japon au Bénin, à savoir la santé et l’hygiène, le développement du secteur primaire  et le renforcement des capacités humaines sont longuement abordés dans cet entretien exclusif. L’absence remarquée de son pays dans le domaine clé des infrastructures routières au Bénin est aussi évoquée par le diplomate. A cœur ouvert avec les journalistes, Daini TSUKAHARA parle aussi de la catastrophe qui a frappé le Japon en mars 2011, encore ému par les marques d’affection et de soutien  dont ont fait preuve le Bénin et les Béninois à l’égard de son peuple.

 

Monsieur l’ambassadeur quel sentiment vous anime d’être au sein de l’équipe de L’Evénement Précis ?

C’est un plaisir de rencontrer les journalistes qui travaillent dans les média. Car les média sont un outil très important pour faire connaître tous les événements, tout ce qui se passe dans le pays et dans le monde à la population. Donc, la presse joue un rôle très important dans tous les domaines, sur le plan du développement, sur le plan de l’éducation, sur le plan sanitaire etc. Dans ce sens, je suis très heureux d’être reçu par vous en tant qu’invité de cette rencontre.

 

En tant que représentant du gouvernement japonais au Bénin, quels sont les grands axes d’intervention de votre coopération ?

Le Japon et le Bénin entretiennent une très bonne relation diplomatique et amicale. La coopération japonaise avec le Bénin a débuté en 1980. Et elle a été initiée par un projet pour l’amélioration de la santé. Depuis lors, elle a progressé, et le Japon est intervenu dans plusieurs domaines. Surtout, je dirais dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable. Le Japon a pu réaliser avec les autorités béninoises la construction d’un millier de puits et de points d’eau en faveur de la population. Le Japon a également construit de nombreuses salles de classes au Bénin. Aujourd’hui, nous pouvons compter jusqu’à huit cent vingt (820) salles de classes construites grâce aux grands projets que le Japon a financés au Bénin. Le troisième domaine, c’est le domaine de la santé. Là, nous avons réalisé pas mal de projets qui ont permis d’améliorer les conditions sanitaires et d’hygiène au Bénin, y compris les actions menées par de jeunes volontaires qui travaillent dans ce domaine. Ensuite nous avons réalisé quelques projets qui touchent le secteur de la pêche et de l’agriculture. Nous avons également accordé de l’aide alimentaire au Bénin. Voilà quelques unes des grandes réalisations que la coopération japonaise a effectuées jusqu’aujourd’hui. Je pourrais dire aussi qu’au mois de décembre 2012, le Japon a fixé les grandes orientations de la coopération japonaise au Bénin. Et dans ces grandes orientations, nous avons fixé trois(03) domaines prioritaires d’intervention. Le premier domaine prioritaire, est  la santé et l’hygiène, le deuxième domaine est le développement du secteur primaire. J’entends avec ce terme, secteur primaire, l’agriculture et la pêche surtout. Et le troisième domaine prioritaire est le renforcement des capacités humaines. D’ici quelques années, nous allons orienter notre coopération prioritairement dans ces trois domaines que nous avons fixés. Cela ne veut pas dire que le Japon n’intervient pas dans d’autres domaines. S’il y a des projets très importants et très urgents qui correspondent aux besoins de la population de base, alors nous sommes toujours prêts à les examiner sérieusement.

 

Spécifiquement pour cette année fiscale, à combien s’élèvent ces interventions ?

Chaque pays a sa méthode de travail. Pour le cas du Japon, contrairement à d’autres pays, nous ne fixons pas préalablement le montant à allouer pour un pays spécifique. Ce n’est qu’à la fin de l’année que nous pouvons savoir finalement combien d’argent nous avons accordé, combien de projets nous avons réalisés dans chaque pays. Par exemple, certains pays occidentaux prononcent le montant qu’ils fixent pour un pays sur deux ans ou cinq ans `a venir par exemple. Ce n’est pas du tout le cas de la coopération japonaise. Nous examinons la demande du gouvernement bénéficiaire au coup par coup. Et après examen fait, si nous considérons que le projet est pertinent et qu’il pourrait apporter beaucoup de bénéfices à la population de base, nous allons envoyer les missions d’étude sur place pour examiner en détail la pertinence aux yeux des experts. Ces études déterminent l’envergure de notre coopération eventuelle et également la responsabilité ou les efforts à assumer par les autorités bénéficiaires. Dans le cas de l’assistance dans le domaine sanitaire par exemple, il faut que les médecins et infirmières soient affectés quand il y aurait la réalisation d’un nouveau bloc quelconque dans cet hôpital. Donc nous faisons ce genre d’étude bien détaillées, et nous faisons une autre discussion avec le gouvernement bénéficiaire et si les deux parties sont d’accord, nous pouvons enfin signer un échange de notes, qui est une sorte de contrat et d’engagement des deux parties que nous allons financer et exécuter le projet.

Et si on prend spécifiquement pour les deux dernières années ?

Pour les deux dernières années, j’ai grosso modo le montant déjà calculé sur la base de l’année du calendrier. En 2012, nous avons engagé pour un montant de huit milliards de francs Cfa. Et pour 2013 également, huit milliards de francs Cfa. Dans ces montants, le montant que nous avons versé dans le cadre de la coopération technique n’est pas inclus, puisque nous n’avons pas encore de chiffres calculés.

 

Qu’en est- il des bourses octroyées aux Béninois durant les années 2012 et 2013 ?

Le Japon a octroyé deux bourses d’études pour ce qui concerne l’année 2013, dans le cadre de la recherche post-universitaire et de la formation professionnelle. Pour l’année 2014, le nombre de bourse d’étude dont les Béninois vont bénéficier est de trois. C’est l’occasion de dire qu’à part ces bourses d’études du gouvernement, financées par le Ministère de l’Education, nous avons d’autres formes de formations. Nous pouvons citer la formation pour l’apprentissage de la langue japonaise, prévue pour les diplomates et les fonctionnaires. A cet effet, nous avons eu en 2013, un stagiaire béninois. Cette année, le recrutement est en cours. Pour ce qui est du stage de formation technique, la JICA (Agence japonaise de la coopération internationale), accueille de nombreux stagiaires béninois au Japon ou dans des pays tiers où ils sont formés. 37 stagiaires béninois ont bénéficié de cette formation en 2012 au Japon et 45 en pays tiers. Nous n’avons pas encore les chiffres exacts pour l’année 2013 mais, plus de 30 stagiaires béninois ont reçu cette formation au Japon, et environ 40 dans les pays tiers. Pour ce qui est des bourses d’études du Ministère de l’Education, nous vous annonçons que le nombre de candidats que le Bénin peut présenter a augmenté puisque Tokyo nous a demandé d’offrir deux bourses d’études supplémentaires au Japon. Jusqu’ici, nous recevons les étudiants ayant fini leurs études universitaires pour des recherches. A partir de l’année prochaine, nous recrutons des candidats pour faire des études universitaires au Japon. Une autre bourse va concerner la formation en ingénierie. Le processus de recrutement est actuellement en cours et j’espère que les médias s’occuperont de la diffusion de l’information afin que beaucoup de candidats chercheurs ou personnes ayant fini les études universitaires, puissent s’adresser à l’Ambassade pour présenter les dossiers d’inscription.

Quel bilan faites-vous pour avoir contribué à la construction de plusieurs infrastructures scolaires, sur toute l’étendue du territoire national ?

Le Japon a contribué à la construction de plus de 820 salles de classe au Bénin, à travers les quatre dernières phases de construction de salles de classes. Actuellement, la cinquième phase de construction de salles de classe dans les écoles primaires est en cours, dans les deux départements au Nord. Dans cette phase, nous comptons construire plus de 200 salles de classes dans l’enseignement primaire. De plus, il y a aussi des réalisations faites en acceptant l’utilisation du fonds de contre-partie qui émane de la vente de riz sous l’aide alimentaire japonaise et d’autre aide financière. Le gouvernement bénéficiaire accumule des montants de vente de ces produits et l’utilisation de ce fonds est un sujet de discussion entre les deux gouvernements. Nous avons déjà accepté l’utilisation d’une partie de ces fonds pour la construction de salles de classes. J’ai participé moi-même à l’inauguration de ces modules de classes avec le Ministre de Développement. Je n’ai pas encore compté le nombre de salles de classes réalisées grâce à ces fonds, mais c’est considérable. A part les grands projets de construction d’un millier de salles de classes, l’Ambassade a un moyen de soutenir les activités des Organisations non gouvernementales, les projets qu’elles initient en faveur des populations de base. Jusqu’aujourd’hui, l’Ambassade du Japon a déjà financé plusieurs projets présentés par les ONGs pour la construction de salles de classes. Nous soutenons donc, par divers moyens, la construction de salles de classes au Bénin. Le Japon attache une importance particulière au développement de l’éducation parce que cela émane de nos propres expériences. Si le Japon se réjouit d’être la troisième puissance économique aujourd’hui, nous pensons que c’est grâce au développement de l’éducation. Le Japon n’a pas de ressources naturelles importantes. Nous n’avons que des hommes et des femmes et le renforcement de capacités humaines est la clé du développement économique et sociale du Japon. A l’époque féodale d’Edo qui allait de 1600 à 1868 et gouvernée par les Shoguns, il n’y avait pas de guerre au Japon, excepté quelques conflits. Des Samouraï lisaient des livres et apprenaient la lecture aux enfants. Même les bonzes (maitres bouddhistes), enseignaient à lire, à écrire et à calculer aux enfants. Vers les années 1850, les Européens et les Américains étaient venus pour demander au Japon d’ouvrir sa porte. Le constat était amer pour les Japonais. La différence du développement technologique était évidente. Si les Européens avaient recours à la force, le Japon auraient été colonisés, comme d’autres pays voisins. Donc, après la restauration de Meiji en 1868, nous avons formé le gouvernement et une des premières tâches importantes du gouvernement a été d’envoyer de nombreux ministres en fonction et des jeunes cadres et étudiants à l’étranger pour apprendre la réalité de l’Europe ou des Etats Unis, et introduire leurs savoirs-faires, la technologie, les systèmes avancés pour construire le pays. Le Japon a invité de nombreux ingénieurs étrangers pour former notre jeunesse et apprendre leur technologie avancée. L’éducation que ces enfants avaient reçue lors de la période féodale a certainement contribué à la compréhension rapide de ce qui se passe à l’étranger et à l’identification des moyens pouvant être utilisés pour rattraper ce retard et au renforcement de la connaissance intellectuelle. Notre propre expérience de cette époque a joué un rôle capital dans le développement de notre pays. Nous pensons que les pays en développement pourront tirer une leçon à partir de nos expériences, dont le Bénin qui n’a pas de ressources naturelles importantes comme le Japon. Voilà les idées principales et des raisons pour lesquelles le Japon attache une importance particulière au développement des ressources humaines, dans le cadre de la coopération japonaise au Bénin.

Quel est le contenu du programme des activités culturelles ?

Nous n’avons pas de capacités matérielles et humaines pour lancer des activités culturelles de grandes envergures. Mais nous considérons que les échanges culturels sont très importants et constituent un moteur pour mieux connaitre les peuples. La compréhension mutuelle favorise la création du monde pacifique. Grâce aux efforts du personnel de l’Ambassade et de certaines personnes qui ont déjà certaine connaissance sur la culture japonaise, quelques projets culturels ont été réalisés. Nous avons fait l’exposition des poupées japonaises, réalisée l’année dernière grâce au concours de l’Institut Français. Nous avons reçu de nombreux visiteurs à cette exposition. Sachez que la fabrication de poupées a une longue tradition au Japon, et les poupées font partie de la vie japonaise. Le 3 mars, par exemple, est la journée de la jeune fille au Japon, et c’est en moment que les parents souhaitent le bonheur et la longévité à leurs filles en exposant des poupées pour elles. A part cette exposition, nous avons réalisé quelques séances de projection de films japonais, ceci en collaboration avec certaines organisations telles que IFE, qui donne les cours de l’apprentissage de la langue japonaise à Cotonou. Au niveau de notre Ambassade, nous avons des DVD sur la culture japonaise et nous avons déjà fait quelques projections de ces DVD lors de l’inauguration des salles de classes réalisées pour montrer les aspects culturels du Japon et la vie des élèves japonais. Nous avons aussi reçu les spécialistes de pliage de papier, appelé le ORIGAMI, qui est une spécialité du Japon. C’est une pratique qui permet de fabriquer des objets comme les bateaux, les animaux, les armures, etc, en pliant le papier sans couper.

 

Parlez-nous un peu du projet de l’aide aux microprojets culturels…

L’Ambassade dispose de moyens de financement pour des projets dans deux domaines. Le premier est par exemple pour la construction d’infrastructures scolaires, la réhabilitation des centres de santé ou l’acquisition d’équipements et le second concerne le domaine culturel et sportif. Avec le gouvernement béninois, nous avons conclu un accord d’introduction de l’appui culturel et sportif en décembre dernier. Ce volet de coopération permet d’offrir des instruments musicaux, de réhabiliter des salles pour les artistes, ou la fourniture des équipements sportifs. C’est toujours à travers les ONGs que nous réalisons ces projets. Comme ce système a été nouvellement introduit au Bénin, nous n’avons pas encore des cas concrets mais je souhaite que ces informations soient partagées d’abord avec les journalistes et diffusées aux différentes ONG parce que ça permet d’étendre leurs activités.

A quoi sert alors l’accompagnement du Japon aux populations à la base ?

L’un des objectifs majeurs de notre coopération de petite taille est d’atteindre aussi largement que possible la population de base. C’est un système pour soutenir les populations de façon directe et non par l’intermédiaire du gouvernement. Nous souhaitons qu’au-delà de ce que nous faisons avec le gouvernement, notre coopération de petite taille soutienne directement les populations de base. Nous comprenons qu’il y a de nombreuses organisations non gouvernementales qui travaillent en faveur des populations. Et c’est aussi pour soutenir les efforts de ces ONG qui sont en contact permanent avec la population de base et qui travaillent bénévolement. C’est important pour le gouvernement japonais de disposer des moyens pour soutenir les activités de ces ONGs.

Nous avons déjà fait l’expérience avec une trentaine d’Ongs qui ont bénéficié de cet appui. Récemment, nous avons signé deux contrats dans le domaine de la santé avec l’Ong Béthesda et l’Association Médico-Sociale de Ménontin. Même un groupement des maraichers a bénéficié de ce financement pour l’acquisition d’équipements de maraichage.

Avez-vous fait une étude pour savoir l’impact de ces différents financements sur les populations à la base ?

Pour vérifier l’impact, nous demandons à l’Ong bénéficiaire de nous présenter des rapports périodiques et le rapport d’audit fait par l’institution indépendante. La plupart des rapports sont positifs.

Est-ce que l’aide alimentaire japonaise au Bénin va continuer ?

Nous examinons au coup par coup pour voir s’il y a des déficits au niveau de la production, consommation, exportation et importation alimentaire. Nous demandons au gouvernement bénéficiaire de nous présenter la requête avec des données statistiques pour évaluer si ce besoin existe réellement.

Comment vous gérez alors les contentieux liés à cette aide-là ?

Nous avons une commission qui se charge du projet d’aide alimentaire. Nous exigeons dans le cas de l’aide alimentaire de déposer un fonds de contrepartie et nous demandons un rapport périodique de la gestion de l’aide. En plus, nous nous réunissons pour discuter de l’état d’avancement des choses. Donc, nous prenons toutes ces précautions, pour éviter des situations qui pourraient compromettre la coopération entre les deux pays.

 

A combien pouvez-vous évaluer alors la coopération bénino-Nippone à l’Homel dans le domaine de la santé ?

Le montant que le Japon a accordé au projet de l’HOMEL est évalué à environ six milliards de franc Cfa. En ce montant, le Japon a réalisé la construction des blocs sanitaires de traitement, d’hospitalisation et d’accouchement. L’acquisition des équipements médicaux a été également financée. En plus de ce montant que j’ai cité, le Japon envoie des volontaires japonais et des experts dans le domaine de la santé à l’hopital. Cela montre que le Japon attache une importance à la santé des enfants et des mères béninoises car la réduction du taux de mortalité des enfants est un engagement pour le Japon. Au Japon, le taux de mortalité des enfants est très bas et je souhaite que cela soit ainsi pour les enfants béninois afin que la coopération puisse se réjouir des efforts faits dans ce domaine-là. Comme je l’avais dit tout à l’heure, la santé fait partie des trois domaines prioritaires de la coopération japonaise et nous allons continuer à étendre nos actions dans ce domaine. Nous avons eu des requêtes dans ce sens et nous souhaitons avoir une mission d’étude du Japon pour examiner la possibilité de la poursuite de coopération dans le domaine de la santé.

Nous constatons aujourd’hui que les entreprises japonaises sont carrément absentes du Bénin. Pourquoi ?

C’est vrai que les entreprises japonaises ne sont pas fortement représentées au Bénin. Pourtant, je pourrais citer, par exemple, la CFAO, qui était une société française, est devenue aujourd’hui comme une société japonaise. A travers cette société, les produits de marque TOYOTA, YAMAHA et les pneus Bridgestone sont commercialisés au Bénin. Il y a également des sociétés béninoises jouant comme une agence des sociétés japonaises comme RICOH, une société spécialisée dans la fabrication des copieuses, imprimantes et autres matériels informatiques. En plus, nous recevons des visites des hommes d’affaires japonais qui cherchent des opportunités et c’est le cas de Yamaha-Motor qui travaille aussi dans le domaine de la purification de l’eau de surface. Dans le domaine de la santé, il y a des hôpitaux et des centres médicaux au Bénin qui utilisent des microscopes de l’OLYMPUS. Donc, il y a des produits japonais qui sont très connus surtout pour leur qualité. J’ai un espoir, car l’Afrique se développe et l’émergence des classes moyennes des consommateurs africains est déjà tangible. Alors il va arriver que ces derniers choisissent non pas seulement au fonction des prix mais surtout au fonction de la qualité. Donc, si les consommateurs commencent par tenir compte des critères de qualité, ce qui est reconnu pour les produits japonais, je crois que ces produits vont s’ouvrir réellement au marché africain. Même si les sociétés japonaises ne sont pas très présentes ici, je souhaiterais mentionner qu’il y a des sociétés japonaises qui achètent des produits béninois tels que le coton, le beurre de karité. Je connais au moins deux société qui importent ces produits béninois qu’ils transforment en produits fini. Pour le coton, c’est pour fabriquer des textiles et pour le beurre de karité, c’est pour fabriquer des cosmétiques pour les femmes.

 

Pourquoi le Japon n’intervient pas dans la réalisation des infrastructures routières ?

Pour le moment, la coopération japonaise au Bénin se fait sous forme de don. La réalisation des projets d’infrastructure tels que les routes, nécessite énormément d’argent qui n’est pas couvert par le don. Or, les projets d’infrastructures se font en général sous forme de prêt, sous forme de crédit. Donc, en tenant compte de la capacité de remboursement des prêts et d’autres, le Japon se contente, pour le moment, de sa coopération avec le Bénin sous forme de don uniquement. C’est la raison pour laquelle le Japon n’intervient pas dans la réalisation des projets d’infrastructure de grande envergure. Je pourrais ajouter que le Japon examine toujours s’il y a des possibilités de revoir cette coopération sous forme de crédit pour le Bénin. Nous faisons toujours des études. Si la situation socioéconomique s’améliore, nous allons examiner. Les projets d’infrastructures sous-régionales sont également une possibilité que nous pouvons examiner et qui pourrait nous intéresser. Ce n’est pas l’intervention pays par pays mais plutôt des projets régionaux et en ce moment-là, le gouvernement japonais examine de quelle manière il peut financer ces projets d’infrastructures au niveau régional. Tokyo examine la possibilité de financement aux projets qui permettent l’intégration régionale et le développement régional. Le problème est de savoir par quel moyen on peut financer. Est-ce à travers les structures financières régionales ou bien à travers les organisations régionales ? C’est un autre élément d’examen.

L’un des grands moments de la coopération entre le Japon et l’Afrique est la TICAD 5. Quelles sont les perspectives pour le Bénin ? Qu’est-ce que cette TICAD 5 rapporte au Bénin ?

La TICAD 5 comme vous le savez, est un forum au cours duquel les dirigeants, les leaders d’opinion, et les opérateurs dans divers domaines se rassemblent pour discuter du développement économique de l’Afrique toute entière. Dans ce cadre-là, nous l’avons déjà débattu en juin dernier à Yokohama en rassemblant plus de 4000 participants à ce processus. C’était la 5ème conférence de ce genre, ce qui signifie que nous avons déjà 20 ans de processus de la TICAD. Nous déterminons et établissons une feuille de route du développement dans les domaines où nous intervenons. Les 4 et 5 mai prochains, nous allons organiser à Yaoundé, une première réunion ministérielle de TICAD 5. Là, nous allons faire le suivi de ce que nous avons débattu en juin dernier à Yokohama. Durant la TICAD V, le Japon a annoncé sa volonté de soutenir le développement du continent africain en contribuant pour les 5 prochaines années aux alentours de 32 milliards de dollars. 14 milliards de dollar seront offerts sous forme d’aide publique au développement et les autres sous forme de participation du secteur privé ou de soutien pour les investisseurs japonais qui interviennent sur le marché africain. A priori, la TICAD ne vise pas nécessairement la coopération pays par pays. Donc, c’est très difficile de prévoir comment le Bénin pourrait tirer profit de la TICAD 5. Ce n’est pas de cette manière qu’on voit les choses. Une fois qu’une feuille de route est établie durant la TICAD, notre coopération est orientée dans ce sens. Donc, si le Bénin présente un projet qui rentre dans la droite ligne de la feuille de route, c’est sûr que ce projet sera examiné sérieusement. Voilà pour le moment tout ce que je pourrais dire. Mais toujours est-il que nous avons fixé trois domaines prioritaires de coopération vis-à-vis du Bénin. Nous travaillons en tenant compte de l’engagement que le Japon a fait durant la TICAD 5 et aussi en tenant compte de notre axe prioritaire afin de renforcer davantage notre coopération avec le Bénin.

 

Qu’en est-il de la visite annoncée du premier ministre japonais au Bénin ?

Je voudrais commencer par vous dire que le premier ministre du Japon n’a pas annoncé la visite au Bénin. Nous avons examiné la possibilité quand nous avons reçu l’invitation du président de la République du Bénin, Boni Yayi. L’examen a révélé que ce n’est pas possible. Car, il faut bien que des critères soient remplis avant que notre avion officiel pour les déplacements de notre Premier Ministre puisse atterrir quelque part. L’avion officiel est géré par notre agence d’autodéfense qui a ses propres critères techniques pour opération. Et là-bas, ils ont leurs propres critères techniques. D’après l’examen, il s’est avéré que l’aéroport de Cotonou ne remplissait pas certaines exigences techniques pour l’opération de notre avion officiel.

 

Pourquoi l’année a-t-elle été déficitaire au Japon ? Est-ce à cause des catastrophes qui sont survenues ?

Je crois que vous mentionnez les balances commerciales du Japon. Alors, pour ce qui est de la balance commerciale, il y a longtemps que le Japon est un pays excédentaire. Mais en 2011, cette année coïncide avec celle où il y a eu ces grandes catastrophes naturelles (tremblement de terre suivi de tsunami) qui ont causé beaucoup de dégâts matériels et de pertes humaines. A partir donc de 2011, la balance commerciale est devenue déficitaire. Par contre, je dirais que la balance des comptes qui tient aussi compte des flux des investissements et des redevances ou d’autres, reste toujours excédentaire. J’avoue que bien avant qu’il n’y ait eu ces catastrophes, l’excédent de la balance commerciale du Japon commençait à diminuer. Mais cela n’empêche pas de reconnaitre que les catastrophes ont joué un rôle important dans le déficit de la balance commerciale du Japon. Car, surtout sur la production de l’électricité, les centrales nucléaires fournissaient un tiers de la production d’électricité au Japon. Avant l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, nous avions 54 réacteurs nucléaires. Après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, nous avons pris des mesures très strictes pour la sécurité. Avant que les réacteurs ne redémarrent, il faut faire l’examen de stress. Après l’examen de stress positif, nous demandons l’accord de la population riveraine. Actuellement au Japon, il n’y a aucun réacteur nucléaire qui soit en opération. Qu’avons-nous donc fait pour combler ce déficit d’électricité ? Au début, le gouvernement et les opérateurs d’électricité ont demandé à la population d’économiser l’énergie électrique. Dans les maisons, au lieu d’allumer 5 lampes, les populations sont tenues d’allumer deux ou trois au maximum par exemple. Et au niveau des gros consommateurs d’électricité, surtout les usines, il a été demandé que l’utilisation de l’électricité soit étalée. Car les week-ends, les nombreuses usines ferment et l’utilisation de l’électricité baisse. Et la tension de l’électricité baisse. Travailler les samedis et dimanches et reposer les mardis et mercredis par exemple. Ce qui a été fait et qui permet pour le moment de fournir suffisamment d’électricité au peuple japonais avec l’utilisation maximale des centrales thermiques. Cela alourdit la facture pétrolière comme le Japon importe presque à 100% sa consommation en pétrole. Ce qui devient aussi coûteux quand le prix du pétrole monte. Mais il faut reconnaitre que la facture pétrolière n’est un élément parmi d’autres. D’autres éléments comme la situation économique générale du monde, l’exportation des produits japonais vers d’autres pays, la fluctuation de taux de change pour ne citer que ceux là, expliquent aussi la balance commerciale déficitaire du Japon pour ces trois dernières années. Grâce aux efforts du gouvernement japonais, il y a quelques signes de la reprise de l’activité économique. Cela pourrait d’ici quelques années donner de répercussion sur la balance commerciale.

 

Avec ces difficultés, beaucoup s’attendent à ce que le Japon réduise ses champs de coopération. Mais c’est tout le contraire. Comment expliquez-vous cela ?

La raison pour laquelle le Japon n’a pas baissé son niveau de coopération malgré les difficultés, est que le Japon a été, dans le passé, soutenu par la communauté internationale. Surtout après la deuxième guerre mondiale où le Japon est redevenu un pays en développement. Pour se développer, nous avons reçu beaucoup de soutien financier et moral de la part de la communauté internationale. Les Américains et les Européens nous ont aidés, et même la Banque Mondiale nous a prêté de l’argent. Ce n’est que dans les années 90 que nous avons pu rembourser la totalité de nos dettes. Et également nous avons besoin du soutien de la communauté internationale dans divers domaines. Nous obtenons toujours le soutien des amis pour des actions sur la scène internationale. En plus, le Japon est un pays qui tient toujours la parole donnée et nous tenons toujours à cette réputation. Je pense que sans le développement des pays en développement, il n’y aura pas de prospérité du monde entier, ni de la prospérité du Japon. Donc c’est important pour nous de continuer notre coopération vis-à-vis des pays en développement qui sont pour la plupart des pays amis ou qui nous fournissent de matières premières nécessaires à notre économie. En plus, l’expérience des catastrophes montre combien nous avons été soutenus par nos amis du monde entier. Nous avons reçu la solidarité, le soutien financier, matériel et moral chaleureux de la part de la communauté internationale. Le Bénin aussi nous a beaucoup soutenus et le gouvernement béninois nous a envoyé une aide financière, de même que des particuliers qui ont contribué à travers une campagne. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que la Croix-Rouge Béninoise nous a aussi aidé. Ce qui nous a beaucoup encouragé est ce sentiment ressenti à notre égard, en ce moment de détresse où nous avons été battus par la puissance de la nature et où nous avons perdu 18 mille personnes en un coup. C’était une expérience très difficile à vivre. Le moral des hommes japonais et des femmes japonaises était complètement bas. C’était difficile d’imaginer que nous pouvons relever la tête après cette catastrophe. Mais en même temps, nous avons compris que nous n’étions pas seuls. A côté de nous, nous avons su que des amis du monde entier, des Béninois, des Africains, des Européens, des Asiatiques, des Américains, nous soutenaient chaleureusement. C’est donc cette prise de conscience que nous étions soutenus, qui nous a rehaussé notre moral, et qui nous a donné le courage de surmonter cette difficulté. Il y a certe beaucoup de défis que nous devons relever et un long chemin à parcourir pour effacer définitivement le trace de cette catastrophe de notre mémoire, mais le plus important est que nous avons retrouvé le moral. C’est grâce à vous que nous y sommes parvenus.

Qu’en est-il du jugement sur la consommation des baleines qui frappe le Japon ?

Sur cette question, il faut que j’apporte quelques éclaircissements. D’abord, c’est la Cour Internationale de Justice qui a fait le jugement. Et ce n’est pas à l’unanimité que ce verdict a été pris. En plus, ce n’est pas contre la consommation des baleines que cela a été fait. Le jugement a été fait sur la façon que le Japon utilisait pour faire la recherche scientifique des balaines dans l’Antarctique. Dans la convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, il y a deux volets. Il s’agit des volets de protection et d’exploitation. Au niveau de la Commission Baleinière Internationale, normalement on devrait examiner les moyens de protéger les espèces des baleines qui sont en danger de disparition et les méthodes d’exploiter raisonnablement les espèces des baleines qui ne sont pas en danger. Il y a à peu près 80 espèces de baleines au monde. Il y en a qui sont menacées et qu’il faut être protégees, car certaines espèces sont en voie de disparition déjà. Pour les autres espèces qui sont en croissance, elles peuvent être exploitées d’une manière raisonable en permettant leur reproduction. Donc, nous pensons que la Commission Baleinière Internationale devrait examiner la possibilité d’introduire un quota pour certaines espèces de baleines exploitables. Aujourd’hui, il y a un dysfonctionnement et la discussion sur l’exploitation n’est plus possible. Pourtant la CBI accepte les activités de recherche et elles sont nécessaires pour avoir des données scientifiques car sans avoir des statistiques exactes, on ne peut pas avoir des discussions sur la nécessité de protection et l’exploitabilité des baleines. Le jugement était fait sur la façon dont le Japon exécutait ses recherches. Le Japon regrette ce jugement mais en tant que pays de droit, nous respectons ce jugement et nous allons examiner d’ajuster nos activités de recherche en tenant compte de ce jugement.

 

On voit rarement le Japon sur le théâtre des opérations de maintien de la paix dans le monde. Quelles en sont les raisons ?

Le Japon n’est pas réticent pour la participation à des operations de maintien de la paix. Au contraire, Il souhaite jouer un rôle important dans ce domaine. D’ailleurs durant la TICAD, un des thèmes majeurs a porté sur le maintien de la paix et de la stabilité en Afrique et il y contribue énormément. Il faut admettre que ses actions ne sont pas très visibles, si on les compare par exemple avec la présence française, américaine et autre dans ce domaine. A vrai dire, le Japon participe très activement aux opérations de maintien de la paix à partir de l’année 1992, et nous avons participé aux 14 opérations de maintien de la paix des Nations Unies et nos agents des forces d’autodéfense déployés jusqu’en octobre 2013 ont atteint 9.000. Nous déployons, par exemple, environs 350 agents d’autodéfense au Soudan du Sud. Pourquoi en 1992, parce qu’au Japon, il n’y avait pas de loi qui permettait d’envoyer les agents d’autodéfense à l’étranger. Après la fin de la 2ème guerre mondiale, le Japon a adopté une nouvelle constitution dans laquelle, il était dit dans un article que le Japon ne dispose pas de forces armées afin de résoudre des conflits internationaux. C’est en 1992 que le Japon a adopté la loi qui permet que nos agents puissent participer aux activités de maintien de la paix dans le cadre des Nations Unies. Mais même avant 1992, par des moyens de contribution financière le Japon intervenait activement. Au moment de la guerre de Golf en 1990, le Japon a énormément financé pour les opérations dans le cadre des Nations Unies. Pour les frais de maintien de la paix, le Japon contribue de 10 à 12%. Ce centre abritera de nombreux stagiaires de la région et nous continuerons ce genre de coopération dans dix centres qui se trouvent en Afrique.

S’il vous était demandé de conclure cet entretien, que diriez – vous ?

Je considère les Béninois sympathiques. Je m’attache au Bénin par la ressemblance entre nos deux pays et nos deux peuples. Et les valeurs que nous partageons ensemble, ça nous attire. Je souhaite élargir notre intervention de coopération et renforcer nos relations d’amitié dans divers domaines. Que ce soient les coopérations gouvernement–gouvernement ou avec les organisations non gouvernementales, avec la presse, avec les milieux culturels et même avec les gens de la rue. Je souhaite travailler pour tisser les liens amicaux entre nos deux peuples et que l’échange entre les personnes s’accroissent.

Théâtre: Ousmane Alédji expose les grandes orientations du FITHEB 2014

Ousmane Alédji netLe directeur par intérim du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB), Ousmane Alédji a échangé lundi dernier avec les journalistes. Au menu des échanges, les grandes orientations du FITHEB 2014. C’était à l’occasion d’un dîner de presse que la direction de l’institution a organisé au Restaurant Magestic sis à Cotonou au quartier Cadjèhoun. On retient de sa présentation que le FITHEB 2014 se tiendra du 29 novembre au 7 décembre 2014. Contrairement aux années précédentes, la biennale se limitera exclusivement à la ville de Cotonou. Mais selon les explications de son directeur, quelques activités pourraient être organisées dans les villes à statut particulier conformément aux recommandations faites par le Comité provisoire de supervision (CPS) de l’édition 2014. Selon le point fait par le directeur intérimaire, les grandes orientations du FITHEB 2014 tournent principalement autour de trois différents points. Le premier, c’est la stratégie de mobilisation du public. Le second point concerne les veillées du FITHEB qui seront organisées. Quant au 3ème point, on retient qu’un colloque sera organisé sur la biennale. Sur le premier point précisément, Ousmane Alédji annonce des spectacles dans les rues et autres points de regroupement populaire pour permettre un véritable rapprochement du festival des populations à la base. Parmi les quelques places publiques qui vont accueillir les spectacles, on peut retenir selon les précisions données par Ousmane Alédji, la Place de Souvenir, l’Etoile Rouge, la Place Lénine, la Maison du peuple d’Agla, la Maison du peuple de Sainte Rita et consorts. Au total, selon le Directeur intérimaire du FITHEB, 35 compagnies de théâtre de 10 personnes chacune sont attendues. Elles proviendront de plusieurs pays comme entre autres, le Nigeria, le Togo, le Ghana, l’Afrique du Sud, le Cuba, le Burkina-Faso, le Togo, la Colombie, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, le Canada, la Belgique, le Liban et la France. Selon les prévisions faites, le public attendu est de 100.000 personnes en moyenne à raison de 1000 personnes par spectacle. Il est à noter que le village du FITHEB, contrairement aux éditions précédentes, sera érigé au Centre de promotion et de l’Artisanat (CPA).

 Donatien GBAGUIDI

Inauguration de boutiques dans les marchés de Ste Rita et Ménontin: Léhady Soglo comble les attentes des femmes

lehady-sogloLe premier Adjoint au maire de Cotonou, Léhady Vinagnon Soglo a procédé le mercredi 30 avril dernier à l’inauguration de huit boutiques modernes dans les marchés de Ste Rita, et de Mènontin. C’était en présence des nombreuses femmes de ces marchés.

08 boutiques modernes ont été inaugurées respectivement dans les marchés de Ste Rita et de Ménontin par le premier adjoint au maire de Cotonou, Léady Vinagnon Soglo. C’est un acte qui, aux dires du représentant de la municipalité de Cotonou vient mettre fin à plus de deux(02) ans d’attentes des femmes.Construites sur fonds propres de la municipalité, ces boutiques viennent,dit-il, s’ajouter à la longue liste d’infrastructures de types modernes réalisées par les autorités de la ville pour offrir de meilleures conditions de vie et de travail aux femmes, notamment celles des différents marchés. D’un cout global de vingt- quatre millions cent soixante-treize mille trois cent vingt-neuf mille (24.173.329) francs cfa, ces boutiques ont été réalisé par l’entreprise EDAF. «Depuis notre arrivée à la tête de la municipalité de Cotonou, notre souci a été de mettre dans les meilleures conditions de travail et de vie les femmes de la ville, notamment celles qui sont dans les marchés. C’est pourquoi nous nous sommes attelés à la construction d’infrastructures nécessaires au bon développement de leurs activités’’, a laissé entendre Léhady Soglo. Après avoir rappelé les marchés bénéficiaires de ce projet notamment, Vèdoko, Houénoussou et de Fifadji, le premier adjoint au maire de Cotonou est revenu sur le rôle capital que ces boutiques joueront dans le développement des activités des femmes. Pour finir, il a invité les bénéficiaires à en faire bon usage afin que la ville s’affirme toujours mieux comme la vitrine au Bénin.

Mathieu K. BOKO(Coll.)

Selon les avocats de Yayi suite à la décision rendue par la Cour suprême vendredi: « L’annulation des deux arrêts était prévisible »

Les avocats de Boni Yayi affirment avoir prédit la décision rendue vendredi dernier par la Cour suprême dans les dossiers de tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat contre le chef de l’Etat. Face aux hommes des médias hier à Azalaï Hôtel de la Plage de Cotonou,Me Sadikou Alao, président du collectif était visiblement heureux aux côtés de ses confrères.«Cela veut dire, concrètement, que toutes les parties et toutes les personnes qui étaient accusées dans l’ordonnance du juge d’instruction se retrouvent à nouveau accusées devant la chambre d’accusation nouvelle qui sera autrement constituée et qui devra reprendre la procédure en ce qui concerne lesdites décisions », a-t-il indiqué. La décision ainsi rendue vendredi dernier par la chambre judiciaire de la Cour suprême semble remettre tous les compteurs à zéro. Les avocats de Yayi n’espéraient pas mieux et avaient, dans leur argumentaire, plusieurs moyens, au-delà de celui brandi par la haute institution judiciaire, à savoir que les deux arrêts alors rendus par le juge d’instruction n’avaient pas tenu compte du nouveau code de procédure pénale déjà en vigueur à l’époque. Conséquence, les dossiers doivent retourner devant la chambre d’accusation de la cour d’appel de Cotonou, dans l’état où ils étaient avant les deux arrêts de non-lieu.

Le 17 mai 2013, en effet,deux ordonnances avaient été rendues par le juge d’instruction qui, alors, avait la charge d’instruire les dossiers de tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat. Suite à cela, le ministère public représenté par le procureur de la république avait interjeté appel.Boni Yayi, victime dans ce dossier, à travers ses avocats, en a également fait de même. Des débats ont eu lieu devant la chambre d’accusation. Et c’est ainsi que, le 1er juin 2013, deux arrêts de non-lieu ont été rendus. Il faut rappeler que lesdits arrêts avaient infirmé partiellement les ordonnances rendues par le juge d’instruction, infirmations partielles qui tiennent à ce que la chambre d’accusation a estimé que les cas Patrice Talon et Olivier Boko devraient être disjoints des autres cas.« La chambre judiciaire de la Cour suprême est le juge de contrôle de la loi qui veille à ce que les juridictions dont les décisions sont déférées devant elles ne puissent pas enfreindre aux normes légales qui sont en vigueur », a souligné hier Me Rafiou Paraiso. « Les personnes qui sont poursuivies et qui sont en détention y seront alors maintenues, leurs mandats de dépôt gardent leur plein effet. Les mandats d’arrêt qui ont été également émis à l’encontre de Patrice Talon et Boko Olivier sont aussi en vigueur et continuent de faire leurs effets », a-t-il aussi précisé.

Christian TCHANOU

Géant concert de remerciement du « Hagbè national »: Sagbohan signe son retour sur la scène musicale

sagbohan danialou22 netExploit d’énergie inattendu. Sagbohan Danialou a triomphé tout simplement de la douleur que lui a causé en décembre dernier, le décès de son fils, Djibril Sagbohan. Et c’est à travers le géant concert particulièrement effervescent qu’il a animé dans la soirée du vendredi dernier à son centre de formation dénommé, Togbin Hagbè-Houta situé dans la commune d’Abomey-Calavi

« Le passé est passé, la vie continue… Ce n’est pas un concertoù nous allonsessuyer encore des larmes. Il s’agit de faire oublier le passé pour regarder l’avenir », avait promis deux jours avant son retour sur scène, SagbohanDanialou. Et il a tenu parole. Son géant concert de remerciement s’est effectivement tenu. C’était le vendredi 02 mai dernier dans la soirée. La surprise dece concert, c’est bien la débordante énergie que l’homme-orchestre a déployée tout au long de la soirée. Le public s’y attendait peu. Face à une foule impressionnante de spectateurs avides de découvrir le nouveau Sagbohan douloureusement endeuillé, l’artiste, accompagné de son homologue togolais, King Mensah, fait son entrée triomphale sur la scène. Sans attendre, la foule surexcitée se met à les applaudir sans cesse. L’adrénaline a surtout monté quand il s’est saisi de son micro pour entonner sa fameuse chanson, « A mon noudéhoundou » (Vis ta comme tu le peux). Une chanson dans laquelle il lance comme un défi à ceux qui veulent le voir dans le cachot du désespoir, « qu’il tiendra toujours bon ». En chœur, les spectateurs bien informés de la philosophie de cette chanson accompagnent l’artiste avec joie. Mais, ce n’est pas encore le clou de la soirée.

Et vient l’apothéose !

Après environ une heure de fidélité témoignée à son micro baladeur,Sagbohan Danialou se déchaine davantage. Il s’installe à la batterie, se saisit de deux petits bâtons, puis se met à faire résonner avec dextérité,tous les instruments musicaux installés devant lui,revisite les meilleures chansons de son riche répertoire. Puis la foule est davantage excitée. Sous l’effet des produits Sobebra qui coulaient aussi à flot, la plage de Togbin devient alors plus effervescente. L’homme-orchestre aussi,particulièrement inspiré et débordant d’énergie,enflamme davantage la foule avec des chansons et des rythmes qu’elle maîtrise bien. Toute chose qui démontre à raison que Sagbohan Danialou est définitivement de retour sur la scène musicale.

Des artistes et des autorités unis derrière Sagbohan Danialou

L’autre leçon qu’on peut tirer de ce géant concert de Sagbohan Danialou, c’est bien l’union sacrée faite autour de lui. Ensemble avec lui, des icônes de la musique, comme Stan Tohon, King Mensah et les talents artistiques de la nouvelle génération comme Zeynab, DibiDobo, Les Frères Guèdèhounguè et consorts ont chanté avec l’homme-orchestre. Mieux, les autorités tant gouvernementales que municipales ainsi que militaires et policières ont aussi fait le déplacement pour témoigner leur soutien à Sagbohan Danialou. Une façon de l’encourager à réellement oublier la douleur du passé pour regarder l’avenir comme lui-même l’a indiqué.

Donatien GBAGUIDI

Préparatifs des éliminatoires de la Can U20/Sénégal 2015: Le Bénin gagne le Nigeria en amical

Les Ecureuils juniors siteLes Ecureuils juniors du Bénin ont gagné par la marque de 1 but à 0 leurs homologues du Nigeria dans un match amical comptant pour les préparatifs des éliminatoires de la Can Sénégal 2015, hier, au stade René Pleven d’Akpakpa.

Bénin 1-Nigeria 0. C’est le résultat de la rencontre amicale qui a opposé hier sur le gazon synthétique du stade René Pleven les équipes de football juniors des deux pays. En effet, c’est à la 49ème minute de jeu que les Béninois ont pris l’avantage grâce à une réalisation de Mama Seibou. Ce jeune milieu de terrain de l’Aspac a, comme à son habitude, pris sa chance des 25mètres et la balle est allée se loger dans la lucarne droite du gardien de but Nigérian, Joshua Enahoro. Jusqu’à ce moment du jeu, ce sont les Flying Eagles (l’équipe nationale junior du Nigeria) conduits par Garba Manu qui faisaient le jeu. D’abord, en première partie, ils ont imposé leur jeu technique et tactique fait de petites passes pouvant désorganiser le plan de l’adversaire. Mais, avec un travail défensif correct, les jeunes béninois ont pu contenir les assauts de leurs adversaires. Le Nigeria termine alors les 45premières minutes sans conclure ; un seul tir cadré. Il en est de même pour les poulains de Lafiou Yessoufou qui, au retour des vestiaires, vont surprendre plus d’un en prenant l’avantage.

Wilson Damilola a multiplié les arrêts

Après l’ouverture du score, les jeunes béninois, certainement gagnés par l’euphorie de la victoire ou physiquement cuits, ont offert davantage l’opportunité à Ihéanacho Keleshi, Yahaya Musa et leurs coéquipiers de produire le jeu. A maintes reprises, ils se sont rapprochés suite à des actions biens conduites des buts gardés par Wilson Damilola. Il a fallu les arrêts remarquables du jeune gardien de but d’Ayéma, notamment, aux 55ème, 57ème, 75ème et 76ème minutes pour voir le Bénin sortir de la rencontre sans encaisser. De quoi donner la joie et un peu de confiance au public qui a effectué massivement le déplacement. Car, il faut le rappeler, depuis le dernier match de la Can jouée en Algérie (Février 2013), la sélection junior du Bénin n’a plus jouéde match international. Pour le compte de ces éliminatoires, le Bénin affronte le 11 mai prochain à Brazzaville, le Congo avant de l’accueillir 15 jours plus tard. A l’issue de cette étape, le vainqueur gagnera l’un des tickets en jeu pour aller au Sénégal. Un défi que les nouveaux joueurs Fortuné Oré, Afissou Tamou et autres Herman Kassa, Marcelin Koukpo, placés autour de Séibou Mama, doivent relever.

Anselme HOUENOUKPO

Vie du président de l’Ong Alcrer: Martin Assogba a encore reçu de graves menaces de mort

martin netLe président de l’ONG ALCRER, Martin Assogba est toujours visé. Ses bourreaux continuent de le poursuivre. En effet, après un assassinat manqué dans la nuit du lundi 09 décembre 2013, il fait à nouveau l’objet de menaces de la part de personnes non identifiées. C’est dans la nuit du mercredi 30 avril dernier qu’il a reçu un appel anonyme aux environs de 19h25mn. Il s’agit des graves menaces dans lesquelles son interlocuteur anonyme lui conseillait de ne pas sortir de son domicile jusqu’au mardi 06 mai. Alertées, les autorités policières au nombre desquelles le Commissaire central d’Abomey-Calavi se sont aussitôt dépêchées à son domicile pour s’enquérir de la situation.Dix (10) policiers du Commissariat central d’Abomey-Calavi ont, par ailleurs, assuré la garde du domicile de Martin Assogba jusqu’au petit matin. Une nouvelle enquête devra être ouverte pour déterminer les auteurs de ces menaces.

Emmanuel GBETO

 

Sur « Zone franche » de Canal3: Le Dg/ ANPE rassure les chercheurs d’emploi

Invité de l’émission « Zone franche » de ce dimanche 04 mai sur la télévision Canal3, le directeur général de l’Agence Nationale Pour l’Emploi(ANPE), Didier Maixent Djeigo a, d’entrée, reprécisé l’objectif principal de l’institution qu’il dirige depuis trois(03) ans, celui d’être au service de l’emploi des jeunes et de leurs compétences. A l’en croire, le rapport entre l’emploi et la compétence est indéniable. C’est pourquoi l’ANPE créée depuis 2004 en vue d’accompagner les jeunes chercheurs d’emploi reste et demeure un outil important et pertinent à ne pas négliger. Ceci, ajoute l’invité, pour réduire les problèmes cruciaux qui ne sont que des bombes à retardement, celui du chômage et du sous-emploi. Saluant la création du service public d’emploi à l’endroit de la jeunesse et qu’il a la responsabilité de diriger, M. Djeigo, chiffres à l’appui, a montré le rôle capital qu’il joue en matière d’intermédiation pour la couche juvénile. De trois, le nombre des antennes est passé à douze (12) soit, en moyenne,une agence par département. Aussi, peut-on noter un effort considérable tant au niveau du programme d’appui à l’employabilité qui est passé de cinq cent (500) au départ à mille six cent(1600) Béninois toutes catégories confondues et qui sont placées tant dans les entreprises privées de la place que dans les structures publiques avec la création des centres de formation pour les jeunes dénommés «Business center promotion » (BPC) qui sont ou seront installés sur toute l’étendue du territoire national. Conscient des défis qui restent à relever en matière de création et d’auto-emploi des jeunes,notamment, dans le secteur de l’agriculture, de l’artisanat et du tourisme,il a rassuré les chercheurs d’emploi, tout en affirmant qu’en dépit des moyens financiers qui constituent un goulot d’étranglement, la réflexion est actuellement en cours pour de meilleurs résultats. Toutefois, il appelle les uns et les autres (parents, partenaires et chercheurs d’emploi) à s’armer de courage pour disposer de cet outil performant (l’emploi). «Nous sommes très sensibles que certains continuent de vivre dans la précarité. C’est d’ailleurs pour quoi mon équipe et moi travaillons jour et nuit pour accomplir notre mission, celle de sortir la jeunesse du chômage et nous y parviendrons », a-t-il conclu.

Mathieu K. BOKO(Coll.)

Edito : Un nouveau messie nommé Michel Dognon

Le tout nouveau conseiller spécial du chef de l’Etat à la gouvernance des entreprises publiques est venu à point nommé. Tout droit descendu des Etats-Unis, il a certainement la recette magique pouvant redresser définitivement les entreprises et offices d’Etat. Il ne saurait en être autrement au regard de la cérémonie pompeuse organisée au palais de la République cette semaine pour sa présentation aux directeurs généraux dont il est venu sauver les entités. Bienvenu, monsieur Dognon !

                Son arrivée vient donc à point nommé. On se doit d’abord de reconnaître que quelques rares entreprises et offices publics sont particulièrement bien gérés. L’un des cas les plus exemplaires reste la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) dont le Directeur général, Adam DendéAffoest parvenu à faire la différence au point de totaliser bientôt huit années à la tête de la structure. Quelle recette a-t-il pu trouver pour s’en sortir dans un environnement général marqué par les limogeages massifs et fréquents ? Seul Dieu le sait.

                A l’autre bout de ce label de qualité et de stabilité, se trouve le Port autonome de Cotonou. L’instabilité managériale qui caractérise ce« poumon de l’économie béninoise » est si grave que huit années de régime Yayi ont vu se succéder pas moins de huit DG à la tête de la structure. Vache à lait des gouvernements successifs, le Port est aussi au centre de manœuvres politiques intenses. Ce ne sont plus les appétits voraces des différentes chapelles politiques désireuses d’y positionner l’un des leurs qui étonneraient quiconque. Ces derniers temps, le limogeage du DG intérimaire de son poste d’intérim (et non de son poste de DGA qu’il conserve toujours) a ravivé les flammes. Des fournées de rois et chefs traditionnels sont déjà convoyées vers le palais pour faire le lobbying nécessaire afin de positionner tel cadre de telle région à ce strapontin juteux. Et puisque tout se politise dans le pays, il ne faut pas être étonné que soit positionné bientôt un quidam aux compétences techniques douteuses mais dont le profil politique convient parfaitement à la volonté du prince de satisfaire telle région ou telle personnalité de son bloc politique.

                Comme on l’aura remarqué, depuis 2006, les nominations à ces postes ne relèvent jamais de l’efficacité managériale. Elles appartiennent au contraire à la sphère des calculs politiques. D’où les messes de remerciement, d’où les prières et le concert tonitruant des DG cherchant par tous les moyens à attirer l’attention sur leur gratitude. Un peu comme si leur compétence réelle se mesurait à l’aune de leur aplatissement devant la personne présidentielle.

                Il faut malgré tout souhaiter à Michel Dognon qu’il réussisse sa mission et que surtout il soit écouté par le Chef de l’Etat. Le contexte même de sa mission a ceci de singulier qu’elle intervient en une période où plus personne ne croit aux capacités des entreprises publiques à générer des bénéfices. Apparemment, les agents de ces structures en sont, eux aussi, convaincus, si convaincus qu’ils font tous les efforts requis pour repousser leurs clients. L’univers concurrentiel rend justice à l’usager dans certains cas. Libercom, par exemple, est aujourd’hui sinistré après avoir été le premier réseau GSM au Bénin et après avoir bénéficié de nombreuses facilités dès le départ. De son premier rang, il ne subsiste aujourd’hui que de vagues souvenirs. Malgré ces résultats médiocres, l’on peut se demander si les nominations à la tête de cette structure respectent la simple règle de la compétence.

                L’on aura aussi à se demander quels résultats le nouveau conseiller pourrait atteindre dans un contexte où la philosophie de l’autorité qui nomme et à qui appartient le pouvoir ultime de révoquer, se trouve à mille lieux des vertus de bonne gouvernance. L’arrivée de l’expert parviendra-t-elle à enrayer cette tendance ? Espérons-le.

                Dans tous les cas, pour entrer dans la sphère de la performance, les entreprises publiques doivent résolument échapper à l’empire du politique pour se mettre sous la seule autorité qui compte en matière de management : celle du client. Pour l’apprendre, on n’aura certainement pas besoin de faire débarquer des experts de New-York ou de Paris.

Par Olivier ALLOCHEME