Category: Editorial

Ouverture de la 3ème session extraordinaire de l’Assemblée nationale: Le projet de loi Ramu sur la table des députés

1Le parlement a ouvert, hier mardi 04 mars, une session extraordinaire, la troisième de l’année. Au nombre des points inscrits à l’ordre du jour, il y a le projet de loi portant institution du Régime d’Assurance Maladie Universelle (Ramu) en République du Bénin. Initié en 2012, ce projet du gouvernement vise à garantir la sécurité sanitaire des populations. Sa transmission au parlement traduit la volonté des autorités étatiques de l’imposer à tous les citoyens du pays. Le président de l’Assemblée nationale, à l’ouverture de la session, a montré son désir de voir ce dossier aboutir. Le professeur Mathurin Nago, nonobstant l’absence du président de la commission de l’éducation et des affaires sociales, l’honorable Epiphane Quenum a affecté ledit projet de loi à l’équipe demandant aux membres de se mettre vite au travail. En dehors de ce point, sont prévus aussi pour être étudiés durant la 3ème sessionextraordinaire, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé à Tunis le 09 janvier 2014, entre la République du Bénin et le Fonds Africain de Développement (Fad), dans le cadre du financement partiel du projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la vallée de l’Ouémé et celui portant autorisation de ratification de l’accord de financement, signé le 11 février 2014, entre l’Association Internationale de Développement (Aid) et la République du Bénin, dans le cadre du projet multisectoriel de l’alimentation, de la santé et de la nutrition.

Esckil AGBO

Laissé dans l’oubli et sans récompenses à ce jour: L’Adjudant chef qui a déjoué le coup d’Etat de 1972 en colère

Il a pour nom Hachémè Roger Dénis Azankpo et est âgé aujourd’hui de 78 ans. Il est en colère parce que personne ne pense à lui et personne ne parle de lui. Et pourtant, ce fut l’homme qui a déjoué le coup d’Etat qui devrait avoir lieu le 23 février 1972, alors commandité par le Colonel Maurice Kouandété. Adjudant-chef du premier Bataillon d’infanterie à l’époque, Hachémè Roger Dénis Azankpo a été invité manu militari à rejoindre la troupe, mais il s’en était violemment opposé au prix d’une oreille amputée et d’une surdité à vie. Nous l’avons rencontré lundi dernier à son domicile d’Akpakpa, visiblement affaibli, certainement sous le poids de l’âge et des séquelles du drame de 1972. Il ne cache pas son amertume pour n’avoir pas bénéficié, à ce jour, d’une reconstitution de carrière en bonne et due forme ainsi que d’autres avantages équivalant aux exploits et sacrifices consentis pour éviter, à un moment donné, le pire au Bénin.

Evènement Précis : Il y a 42 ans déjà que vous avez permis au Bénin d’éviter un coup d’Etat et c’est plutôt vous qui en avez payé le prix. Qu’est-ce qui s’était réellement passé ?

 

Dénis Roger HACHEME : Oui, c’était exactement un 23 février 1972 et en tant qu’adjudant chef du premier Bataillon d’infanterie, je logeais dans l’un des bâtiments situé derrière le Mess des Officiers et Sous-officiers. Ce jour-là, j’entendis à l’aube, un vrombissement d’une voiture 2 Cv s’arrêter devant mon salon. Un instant après, on tapait à la porte. J’ai sauté du lit en maillot de corps slip pensant que ce sont les ordres de dernière heure qui parvenaient parce que le président Hubert Maga d’alors devait voyager ce jour-là. J’ouvris donc la porte et fut surpris de voir trois militaires en tenue treillis armés de pistolets mitrailleurs et le chef de la troupe me disait d’un ton ferme et dur : «Suivez-moi ou c’est fini pour vous ».

 

Quelle a été votre réaction face à cette injonction ?

 J’ai préféré mourir que de les suivre. C’est ainsi que, sans plus tarder, j’ai dévié par un geste rapide, le pistolet du Sergent-chef Louis Agboton qui était le chef en question, et je suis arrivé à enlever le chargeur de l’arme. Je l’ai ensuite terrassé et l’ai dépouillé de tout ce qu’il avait : grenade, amulettes anti-balle, porte-monnaie. C’est alors que l’idée m’arriva de me saisir de son arme et de l’abattre. Le temps de remettre le chargeur, il m’a mordu à l’oreille gauche et au nez. J’ai fait fi de tout cela et saisi l’arme pour l’abattre. Entre temps, il disait aux deux hommes qui le suivaient de mettre leurs armes entre mes côtes et de tirer. Mais ceux-ci se mirent plutôt à me prier de ne pas le tuer. N’ayant pas exécuté les ordres de leur chef, j’ai laissé, à leur demande, le sergent-chef Agboton fuir dans sa 2Cv en laissant ses hommes, son arme, grenades et amulettes derrière lui.

 

Que s’est-il passé par la suite ?

Après cette agression, je me suis rendu à l’hôpital pour les soins. Un instant après, le Chef d’Etat-major général des armées de l’époque, le colonel Paul Emile de Souza arrivait, et c’est là que j’ai su que lui-même a été agressé à son domicile et que le soldat Moumouni a été abattu. C’est donc après leur échec au domicile du colonel de Souza qu’ils sont arrivés chez moi.

 

Pourquoi ces militaires étaient venus vous agresser ?

J’ai fini par comprendre qu’ils voulaient faire un coup d’Etat, et comme j’étais adjudant-chef du 1er Bataillon, il fallait mettre la main sur moi pour avoir les mains libres et mieux opérer. C’était tout un plan. Comme je l’ai dit tantôt, ils ont été chez le chef d’Etat major, puis ensuite chez moi. Et d’autres groupes étaient désignés pour faire les mêmes opérations ailleurs et tout vicier. Heureusement que ces groupes-là n’ont pas fait le déplacement.

 

Le coup d’Etat qu’ils organisaient était dirigé contre qui ?

 C’était contre le conseil présidentiel qui gouvernait le pays en ce temps, composé de Maga, Ahomadégbé et Apithy.

 

C’est donc pour défendre votre patrie que vous vous êtes opposé à ce coup d’Etat ?

 Effectivement. Pour moi, c’était un acte illégal. Je pouvais les suivre librement, mais j’avais préféré mourir en m’y opposant.

 

Alors, 42 ans après cet évènement, quels sentiments vous animent ?

J’ai honte de mon pays. Un militaire a dirigé pendant des années ce pays, et il n’a rien fait pour moi. Il a minimisé ce coup, qui était le seul coup où les gens ont pris les armes de l’Etat pour aller chez le chef d’Etat major général et l’adjudant chef du 1er Bataillon d’infanterie.

 

Quand vous parlez d’un militaire, c’est qui ? Est-ce le président Kérékou ?

Oui, c’est bien lui. Il a pris à la légère ce coup à cause de son ami et frère, le Colonel Kouandété qui était en réalité le commanditaire. Kérékou me doit beaucoup. Il me doit. Si en 1958, je n’étais pas surplace, il n’aurait pas été à l’école d’officier. Il sait de quoi je parle.

 

Donc, vous pensez que c’était une affaire de régionalisme puisqu’ils sont tous du septentrion ?

 Bien sûr que oui. On protège ses frères pour, dit-on, entre autres, assurer l’unité de l’armée en face des gens qui font des conneries.

 

De tous ceux qui ont été agressés ce jour-là, êtes-vous en train de nous dire que personne n’a été dédommagé ?

Je sais que le Colonel de Souza a été nommé général après, mais je ne pense pas que ce soit à cause du coup. Alors que début mars 1972, soit plus d’une semaine après cette agression, j’étais reçu par le président Maga, en compagnie du Colonel de Souza et devant moi, le chef d’Etat disait à mon second d’ouvrir un dossier de nomination exceptionnelle pour moi. Mais, quelques mois après, ce fut la révolution du 26 octobre 1972, et ce dossier a disparu.

 

Après la révolution, on a connu la démocratie avec un autre président, Nicéphore Soglo. Quelle démarche avez-vous mené en sa direction ?

 Je dois rappeler qu’il y avait eu, entre temps, l’amnistie. Mais personne n’avait pensé à moi. J’ai été obligé de saisir la Cour suprême qui m’a donné raison. Mais, on a fait semblant de m’accorder une reconstitution de carrière, et je suis passé de lieutenant à capitaine, alors que l’un des officiers qui faisait partie du coup, en la personne de Soglo Marc était nommé un an trois mois après moi, commandant.

Aujourd’hui, nous sommes en 2014. Il y a donc 42 ans et tout cela est supposé être du passé. Qu’est-ce que vous attendez concrètement du gouvernement actuel ?

Je voudrais d’abord dire ceci : si on nous avait tué ce 23 février 1972, c’est donc comme ça que cette affaire aurait été banalisée. Le Général de Souza, paix à son âme, en a été certainement troublé et c’est évident que cela l’a vite envoyé à l’au-delà. Heureusement, moi, je suis un spiritualiste et j’ai un mental assez fort pour tenir jusqu’à ce jour. Et si aujourd’hui, je parle, c’est pour montrer au peuple béninois que l’injustice est flagrante. J’ai déposé une demande de reconstitution de ma carrière depuis 2007 à la présidence qui l’a transmise régulièrement au Ministère de la Défense. J’aurais appris que le traitement de mon dossier avait été entamé. Mais je ne sais pas pourquoi cela n’aboutit pas toujours. Il y a deux ans, j’ai adressé une demande d’audience auprès du président Boni Yayi pour lui exprimer ma situation de vive voix. Mais, je n’ai jamais eu un écho favorable à ce jour.

 

Quel est votre souhait, concrètement ?

Qu’on reprenne ma reconstitution de carrière et qu’on me décore devant tout le monde pour montrer à la jeune génération qu’il faudrait servir la république et être prêt à mourir. Et en plus, je demanderais qu’on pense aussi aux deux soldats qui n’ont pas obéi aux ordres du sergent-chef Agboton. Il s’agit des nommés Amétopé et N’Po Honoré. On doit aussi les décorer devant la troupe pour montrer qu’à un moment donné, s’ils remarquent que les ordres qu’on leur donne sont illégaux, ils doivent cesser d’obéir. Je demande aux soldats actuels de travailler avec abnégation, avec l’amour de la patrie et du prochain.

 

De son vivant ou à titre posthume ?

 Son acte de bravoure empreint d’un sens patriotique à nul autre pareil ne mérite pas d’être traité ainsi. Il aurait pu en mourir ce 23 février 1972, lorsqu’en face des soldats armés venus l’emporter pour accomplir la sale besogne, il n’avait pas usé de ses talents de grand combattant. Agé aujourd’hui de 78 ans, avec l’amputation à vie de la partie supérieure de l’oreille gauche et une surdité absolue, Hachémè Roger Dénis Azankpo aborde le sujet, le cœur déchiré. Son nouveau cri d’alarme ne devrait plus connaître le silence et l’indifférence des autorités étatiques, comme toutes les autres fois où il leur a tendu la main. L’arrêt favorable rendu par la Cour suprême le 20 juillet 2000, qu’il a alors saisie à travers une requête pour reconstitution de carrière devrait, à lui seul, suffire pour qu’on régularise une triste situation qu’il traîne depuis de longues années. Il y a aussi le Décret n°92-294 du 29 octobre 1992 portant reconstitution de carrière des personnels militaires bénéficiaires de la Loi n°90-028 du 09 octobre 1990 portant Amnistie des faits autres que ceux de droit commun, dont il n’a pas apparemment bénéficié, contrairement à d’autres militaires de son temps.

Devant être normalement promu au grade de sous-lieutenant pour compter du 1er octobre 1973, son nom, selon des informations reçues, fut rayé des états d’avancement au titre des années 1973,1974, 1975, 1976, 1977 et 1978. Ce n’est qu’en 1979, qu’il eut cette promotion, après donc six années de retard qui ont perturbé le bon déroulement de sa carrière jusqu’à son admission à la retraite en 1983. « Dans toutes les armées du monde, un tel acte de bravoure est toujours sanctionné par une nomination exceptionnelle et une décoration faite devant la troupe en arme », a souligné le vieil officier dans sa lettre de demande d’audience, datant du 13 février 2012 adressée au Chef de l’Etat Boni Yayi. «Depuis bientôt 40 ans, je n’ai reçu aucune récompense en avancement, aucune distinction honorifique, aucune citation dans l’histoire de mon pays de la part de l’Etat. Si bien que mes enfants, mes petits enfants sont injuriés parce que leur père et grand-père porte la partie supérieure de l’oreille gauche coupée », a-t-il aussi déploré dans la même lettre.

Du reste, l’indifférence visible des autorités étatiques face aux nombreux cris d’appel et de détresse du vieil officier laisse penser qu’elles n’en font pas une préoccupation majeure. Peut-être qu’on attend sa mort pour se rappeler de lui et chantonner sur tous les toits qu’il fut un digne fils de ce pays. Et à l’occasion, il recevra sans doute tous les honneurs qu’il aurait mérités. A titre posthume…. Hélas.

Réalisation: Christian TCHANOU

 

 

 

 

 

Débat sur la restitution des défalcations lors de la 5ème journée des négociations avec les syndicats: Le gouvernement pose des conditions

les syndicalistes restent sollidairesLa rétrocession des défalcations de février dépend de la reprise du travail

Nouvel échec des négociations entre le gouvernement, les centrales et confédérations syndicales en grève depuis le 07 janvier 2014. C’est ce qu’il faut retenir de la 5ème rencontre entre les différentes parties en lutte. Et pour preuve, hier, jeudi 27 février, elles n’ont pas pu s’accorder pour la reprise des activités dans le secteur public paralysé, il y a bientôt deux mois. Durant deux heures environs, les parties n’ont fait que discuter du préalable portant sur les défalcations du mois de février. Mais le refus catégorique du gouvernement de retourner les sous va bloquer les choses. A cet effet, les membres du gouvernement et le présidium vont sortir de la salle mettant un terme aux négociations et abandonnant les responsables syndicaux. Selon le point fait par le ministre de la Fonction publique, Martial Sounton à leur sortie, le gouvernement rétrocédera les sous à condition que les travailleurs reprennent le chemin des services dès lundi prochain. Cette proposition a été très tôt rejetée par les organisations syndicales qui ont, l’une après l’autre, donné leur point de vue sur la situation. Très attristés par cette volonté du gouvernement de maintenir la tension, ils restent néanmoins toujours déterminés à poursuivre les mouvements jusqu’à ce que satisfaction soit donnée à leurs revendications. Ceci, en dépit de leur main tendue.

 

Lire les différents propos à la fin du 5ème round

 

Ministre du travail et de la fonction publique, Martial SOUNTON

« Il n’y aura pas d’année blanche »

Qu’est-ce qu’il faut retenir de la 5ème rencontre ?

« ….Les défalcations qui ont été opérées sur les salaires du mois de janvier et de février concernent les jours de grève de janvier. Le gouvernement dit et réaffirme que dans le souci de l’apaisement du climat social, il faut renoncer aux défalcations concernant les jours de grève de février sur les mois à venir. Mais ils sont restés sur leur position pour dire qu’on doit finir de déblayer ce premier point. En réalité, le gouvernement continue de tendre la main aux organisations syndicales. Le gouvernement dit qu’en cas de divergence d’une loi de la république, on n’est pas obligé de camper sur notre position, étant donné qu’il y a des structures compétentes, des voies de recours qui peuvent nous départager. En attendant qu’on soit départagé, le gouvernement fait la concession sur les défalcations concernant les jours de grève du mois de février 2014 et souhaite que le travail reprenne et que les négociations se poursuivent.

Le spectre d’année blanche qui plane

Il n’y aura pas d’année blanche. Je sais que le sens patriotique de tous les Béninois doit jouer pour que l’intérêt de chacun soit mis de côté pour l’intérêt supérieur de la nation et que la question de la légalité de notre pays soit respectée. De ces deux points de vue, je ne vois pas comment nous irons à une année blanche. En tout cas, le gouvernement ne prêche pas pour une année blanche. Je crois aussi que les secrétaires généraux feront de leur mieux pour qu’il n’y ait pas d’année blanche. J’ai mes enfants qui sont ici au Bénin. Je n’ai aucun enfant à l’extérieur. Et donc, je suis concerné par cette question.

La question de la saisine de la justice

Il n’y aura pas d’impasse. Et je suis sûr que la presse contribuera à ce qu’il n’y ait pas d’impasse. Je suis sûr. Je rappelle que nous avons besoin du moratoire de trois mois qui n’est pas, à ce jour accepté, pour avancer ».

 

Paul ESSE IKO, SG/CSTB

« Que les masses des travailleurs et le peuple se mobilisent pour qu’on fasse respecter les textes de la république »

« Après ce dernier round de négociations, nous constatons que le gouvernement campe sur sa position. Il ne veut pas bouger et ne cesse de faire comme nous l’avons dit, du dilatoire. C’est à croire que les revendications que nous avons posées tournent uniquement autour de la question des défalcations. Cette question a pour but, bien sûr de faire respecter la loi de l’assemblée sur le droit de grève. Mais il reste la question de la suspension du préfet et du commissaire central. Cette revendication est plus importante que la prunelle de nos yeux. Ensuite, il reste bien sûr le problème de l’annulation du concours frauduleux. A la fin du débat, on constate que le gouvernement fait du sur place. Et il ne reste qu’une seule chose. Que les masses des travailleurs et le peuple se mobilisent sur le terrain pour qu’on fasse respecter les textes de la république ».

 

 Dieudonné LOKOSSOU, SG/CSA-Bénin

« On n’a jamais reçu une lettre nous disant que cette grève est illégale »

« Nous assistons à une situation d’enlisement progressif. Et c’est le gouvernement qui n’est pas dans la posture de négocier et de bien négocier. Depuis le 07 janvier 2014 que nous avons lancé ce mouvement, il a fallu le 4ème round pour qu’on nous sorte brutalement que c’est une grève illégale. Lorsque la grève est illégale, le gouvernement le notifie par écrit aux syndicalistes. Jusqu’ici, on n’a jamais reçu une lettre, nous disant que cette grève est illégale. A supposer même que la grève soit illégale, pourquoi alors accepter de payer un mois de défalcation. Cela veut dire qu’il n’y a pas de cohérence. Donc, je voudrais seulement faire savoir que si l’année est blanchie, c’est du fait du gouvernement qui vient faire croire qu’on négocie. Nous avons donc le texte sur l’exercice du droit de grève chez nous qu’ils ont lu en diagonale et appliquent sauvagement les défalcations. Je voudrais lancer un appel aux travailleurs pour qu’ils ne soient pas déçus et qu’ils s’apprêtent à poursuivre la grève. Car, nous apprenons que le gouvernement a un plan B. C’est ce qui fait qu’il poursuit avec la surenchère. Ceci, parce que si le gouvernement était responsable, on ne serait pas à cette étape. Si la population doit s’en prendre à quelqu’un, c’est au gouvernement qui est en faillite ».

 

 Pascal TODJINOU, SG/CGTB

 

« S’il y a troubles demain, il faut l’imputer au gouvernement »

« Il faut que cela soit clair dans toutes les têtes. S’il y a troubles demain, il faut que cela soit imputé au gouvernement parce que les organisations syndicales ont suffisamment fait de concessions à ce gouvernement qui campe toujours sur sa position. De deux, le gouvernement n’a rien offert. En réalité, il fait le prélèvement de janvier et février et vient dire qu’il donne le mois de février si on ne continue pas la grève. Or, nous sommes en grève. Cela veut dire que le gouvernement est dans la logique du pire. Et que le peuple béninois soit largement informé de ce, qu’aujourd’hui, c’est le gouvernement qui porte la responsabilité. C’est pourquoi, quand nous sommes venus, nous avons demandé le point de vue du gouvernement sur la restitution des prélèvements sur salaires au titre de 2014. C’est sur cela seul qu’on est resté. Par voie de conséquence, on continue la grève jusqu’à satisfaction des revendications. N’ayons jamais peur. Même si le gouvernement d’aujourd’hui ne restitue pas, le prochain remboursera ».

 

Noël CHADARE, SG/COSI

« Le gouvernement n’a pas fait le pas qu’il faut pour la sortie de crise »

« Nous venons de faire le constat de l’échec des négociations. Le gouvernement n’a pas bougé d’un iota. Lundi dernier, il avait dit qu’il irait se concerter. Aujourd’hui, on pensait qu’il avait quelque chose à proposer. Mais, on a été surpris que le gouvernement vienne marteler sa position de lundi dernier. La grève se poursuivra tant que le gouvernement n’aura pas fait la concession pour une sortie de crise. On prend les parents d’élèves et le peuple à témoin…. Le gouvernement n’a pas fait le pas qu’il faut pour la sortie de crise ».

 

Christophe DOVONON, SG/CSPIB

« L’Etat est en cessation de payement »

« C’est une incapacité de l’équipe gouvernementale de manager malgré la bonne volonté des syndicalistes que nous sommes. L’ambiance du lundi n’a rien de comparable avec ce qu’on a vu aujourd’hui. Je crois que le plan B du gouvernement est de rester sur sa position pour nous faire peur. C’est maitre Joseph Djogbénou qui nous a informés que l’Etat est en cessation de payement. Et c’est ce qu’ils sont en train de nous démontrer. Car, la grève est universelle et reconnue de tous. Il sera seul, demain, pour les conséquences. Ce serait dommage pour les enfants, les prisonniers, les malades. Ce que le gouvernement n’a pas compris, c’est qu’il ne sait pas ceux qui rentreront demain dans la lutte ».

 

Laurent METONGNON, SG/FESYNTRA-FINANCES

« Poursuivons le mouvement pour maintenir le droit de grève »

« Le gouvernement dit avoir fait des efforts. Il faut que le peuple arrive quand même à comprendre les efforts qu’il a faits. Ce que le gouvernement a fait, est qu’il estime avoir offert comme cadeau. La défalcation du mois de février ne sera versée qu’à condition que les grèves ne se poursuivent pas. Donc, c’est un ultimatum lancé aux travailleurs, alors que les défalcations ont été bel et bien faites sur le salaire de février. L’autre effort qu’a fait le gouvernement est que, par rapport aux résultats des concours frauduleux, une commission est mise en place et il nous a cité ceux qui composent cette commission. Ensuite, par rapport au limogeage du préfet et de son bras exécutant, le commissaire central de Cotonou, l’effort est que l’arrêté de 2012 a été rapporté. Le dernier effort qui a rapport au Smig, le CNT s’est déjà réuni et la décision a été que l’augmentation du Smig n’a pas été accordée. Sur les sept (07) points, voilà les efforts que le gouvernement a faits. Le septième point est celui du point indiciaire ; les 1.25 aux enseignants et également aux autres qui n’ont pas perçu complètement. Là, le gouvernement nous renvoie à la commission nationale. Donc, voilà alors les efforts que le gouvernement pense avoir fait. Pour ceux qui nous écoutent, c’est le gouvernement qui ne veut pas de la décrispation. Les travailleurs n’ont qu’à en prendre acte. Car, nous avons rejeté en bloc tout ce que le gouvernement pense avoir fait comme effort. La mobilisation permanente des travailleurs arrivera à briser le plan B du gouvernement et fera poursuivre le mouvement pour maintenir le droit de grève, arracher les libertés ».

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

Soutien politique sans faille aux réformes dans la filière coton: Les populations de Sinendé font bloc derrière Boni Yayi pour les combats présents et futurs

(4) Forte mobilisation des cadres de Sinendé et d'autres communesLes populations de Sinendé réunies autour des cadres de la localité ont réaffirmé leur soutien au Chef de l’Etat samedi dernier à l’occasion d’une séance de prières. Elle a été organisée sous l’égide du Ministre de l’Economie et des Finances, Aliou Jonas Gbian,  du Directeur général du Matériel et  de la Logistique, Ibrahim Bani Goro et du  maire de Sinendé soutenus par d’éminentes personnalités dont El Hadj Sassif, les députés Djibril Débourou,  OrouSéguéné, les maires des communes de  N’dali,  de Pèrèrè et Bembèrèkè. Avec quelques intermèdes culturels assurés par des groupes folkloriques de la localité, les cadres et les populations ont réitéré leur attachement aux idéaux du Chef de l’Etat, Docteur Boni Yayi et ont surtout prié pour que la paix revienne au Bénin. Mais avant, c’est le roi de Sinendé et les chefs traditionnels qui ont  béni les initiateurs de cette géante manifestation politique  qui vise, selon les explications données par le ministre de l’Economie et des Finances à réunir la communauté musulmane et toutes les autres confessions religieuses à prier pour la paix au Bénin et pour le Chef de l’Etat afin que les chantiers qu’il a ouverts soient achevés pour le bonheur des populations.  Sur les diverses banderoles qui ont retenu l’attention, on pouvait lire des phrases fortes qui traduisent bien l’enjeu de la manifestation. A titre illustratif, sur quelques banderoles, des mots comme « soutien sans faille aux réformes entreprises sur la filière coton, barrer la voie aux prédateurs de l’économie nationale, unis tous aux côtés de Yayi pour  les combats futurs et présents etc ». Saisissant cette même occasion, Jonas Gbian a expliqué aux populations, les enjeux des remous qui s’observent aujourd’hui dans le pays. Les populations ont salué les efforts déployés par le Président de la République pour que le Bénin décolle réellement. Il faut dire que cette grande séance de prières intervient aux lendemains des mesures idoines que le Président de la République a prises pour juguler la crise qui secoue actuellement  la plupart des services publics.

 Wandji A.

Déclaration du Président de l’Ong Alcrer depuis son retour de Paris: Martin Assogba demande chef de l’Etat de clarifier les 10 millions FCFA qu’il lui a donnés

photo alcrer 1Le président de l’Ong Alcrer a fait sa première sortie médiatique hier  depuis son retour de Paris, où il est allé subir des soins suite à son agression, courant décembre 2013. Il a relaté avec précision à l’appui, toutes les étapes suivies dans sa prise en charge, tant au Bénin qu’en France. S’il dit  pardonner à ceux qui ont voulu lui ôter la vie, il précise qu’il n’est pas de son pouvoir d’arrêter ou de faire arrêter l’enquête en cours parce qu’il s’agit d’une tentative d’assassinat, à le croire. Mais Martin Assogba n’a pas manqué non plus de dire la vérité sur la somme de 10 millions de FCFA que le Chef de l’Etat, Boni Yayi lui aurait donnée. Il affirme l’avoir effectivement reçue, mais se refuse, à ce jour, de l’utiliser tant qu’on ne lui clarifie pas sa nature. « Etait-ce un don à titre personnel du Dr Boni Yayi ? Est-ce le témoignage de la solidarité nationale à mon égard dans ces moments de difficultés ? Je n’en ai pas encore une idée claire. J’invite donc instamment les émissaires du gouvernement venus me remettre cet argent d’éclairer l’opinion publique sur la nature de ce don aux fins de lever tout équivoque au sujet de cette somme d’argent qui demeure, à ce jour encore, intacte », a déclaré Martin Assogba. Lire ci-après l’intégralité de ses propos liminaires à cette conférence de presse.

Lire l’intégralité de sa déclaration  à la presse

En ce moment où le seigneur me fait grâce de me retrouver encore vivant devant vous, je tiens d’entrée de jeu à vous dire infiniment merci, à vous et à toutes les personnalités et invités présents en ces lieux pour avoir répondu massivement à mon invitation. C’est pour moi un témoignage éloquent de votre amour du prochain et de votre amitié à mon égard dans le combat commun que nous menons depuis plusieurs années pour le développement de notre chère patrie le Bénin.

Comme vous pouvez le constater, je me porte bien après l’épreuve que j’ai traversée. Après la tentative d’assassinat dont j’ai été victime dans la nuit du lundi 09 décembre alors que je rentrais comme à l’accoutumée à mon domicile à Ouèdo, je voudrais rassurer tout le peuple béninois que je suis aujourd’hui en bonne santé et prêt à continuer de porter, à ma modeste échelle, sa voix et ses aspirations. Je puis dire que je suis revenu de très loin grâce à vos prières mais aussi au savoir-faire et à la disponibilité dont j’ai pu bénéficier de la part des médecins de l’hôpital de Zone d’Abomey-Calavi à la clinique Pitié-Salpétrière de Paris en passant par le CNHU où tout a été mis en œuvre pour que je sois devant vous aujourd’hui. Je leur exprime ici mon infinie reconnaissance.

En guise de preuve de l’exceptionnelle chance que j’ai eue de m’en sortir presque indemne et d’être en si bon état de santé aujourd’hui, les médecins m’ont dit à Paris : « monsieur, vous êtes atteint à des endroits très sensibles. Si nous cherchons à vous opérer, vos quatre membres seront paralysés ». C’est d’ailleurs faute de ces opérations qu’en ce moment même où je m’adresse à vous, deux des huit balles que j’ai reçues sont encore dans mon corps en attendant qu’au fil des mois ou des années, l’effet des médicaments conduise à leur éjection.

En ce moment précis, ma pensée pleine de reconnaissance va à l’endroit vous tous, femmes et hommes, jeunes et vieux de toutes les contrées de notre pays, de mes collègues membres d’organisations de la Société civile, des syndicalistes, des présidents d’institutions de la République, des honorables députés, des partenaires techniques et financiers de notre pays dont les appels téléphoniques, les messages et les prières de toutes sortes ont été pour moi une source de réconfort dans ces moments difficiles. A travers ces témoignages de soutien, vous m’avez démontré qu’en dépit des apparences, le peuple béninois n’a pas encore perdu les valeurs d’amour du prochain, de solidarité, de compassion que lui ont léguées en héritage nos devanciers.

C’est aussi le lieu pour moi de témoigner ma profonde gratitude aux membres du gouvernement avec à leur tête le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi qui a fait preuve à l’endroit de ma modeste personne d’une attention particulière. Cette attention s’est traduite par la présence à mon chevet de plusieurs ministres et surtout par sa décision de me faire évacuer en France pour des soins plus appropriés à mon état de santé. Je dois, peut-être aussi, la vie à cette sollicitude. Au nom de ma famille, des membres de l’organisation que je dirige et en mon nom personnel, je lui dis à nouveau merci.

 

Distingués invités,

Chers amis journalistes

Le combat que je mène depuis plusieurs années, ensemble avec vous, est aussi celui de la promotion de la transparence et de la reddition des comptes. Je ne saurai donc me soustraire à ces principes cardinaux qui sont indispensables pour le développement de notre pays. C’est pourquoi, je m’impose le devoir de dire au peuple béninois la nature et l’étendue du soutien dont j’ai pu bénéficier depuis mon agression de la part du gouvernement de notre pays.

En effet, quelques heures seulement après mon agression, j’ai eu l’agréable surprise de recevoir la visite, dans les locaux de l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi, du ministre Valentin Djènontin venu me porter le message de compassion du Chef de l’Etat qui se trouvait ce lundi 09 décembre 2013 en Afrique du sud. C’est au cours de cette visite qu’il a appelé le Chef de l’Etat qui tenait à me faire personnellement part de sa compassion. Transféré le 10 décembre 2013 de l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi au CNHU Hubert Maga, j’ai encore reçu la visite de plusieurs ministres avec à leur tête le ministre d’Etat, qui m’ont fait part de la décision du gouvernement et de son chef de procéder à mon évacuation sanitaire vers la France en raison des risques que présentait mon état de santé.

Cette évacuation inattendue jusque-là, entraînait ipso facto un certain nombre de dépenses à prévoir. En plus des soins médicaux que l’hôpital d’accueil a évalué à 17.000 euros, il fallait donc faire face à l’hébergement, à la restauration, au transport etc. qui devraient coûter 5.160 euros selon les estimations qu’ont eu à faire les services de l’hôpital parisien pour trente jours.

De mon lit de malade, je n’avais aucune idée précise de la manière dont ces dépenses étaient prévues pour être supportées.

C’est pendant les préparatifs de cette évacuation que j’ai été informée par mon épouse de la remise d’une somme de dix millions de francs CFA par la délégation gouvernementale venue à mon chevet au CNHU en guise de contribution du Président de la République à la prise de mes frais médicaux.

En dépit de cette sollicitude du gouvernement, j’ai interdit à ma famille d’utiliser cet argent jusqu’à ce que je sois convaincu qu’il n’est pas en porte-à-faux avec les principes que je m’évertue à promouvoir et à défendre au sein de nos populations. Etait-ce un don à titre personnel du Dr Boni Yayi ? Est-ce le témoignage de la solidarité nationale à mon égard dans ces moments de difficultés ? Je n’en ai pas encore eu une idée claire jusqu’à ce jour. J’invite donc instamment les émissaires du gouvernement venus me remettre cet argent à clarifier l’opinion publique sur la nature de ce don aux fins de lever toute équivoque au sujet de cette somme d’argent qui demeure jusqu’à ce jour encore intacte.

Comme vous pouvez l’imaginer, une fois évacué sur Paris, j’ai donc dû mobiliser des ressources propres et compter sur les contributions financières que m’ont apporté certains compatriotes en guise de soutien dans l’épreuve, pour faire face aux dépenses liées à l’achat des médicaments, de nourriture qui avaient déjà été évaluées supra.

Il convient de faire observer que mon séjour en France était prévu pour durer un mois soit 30 jours. Mais, au finish, il a été prolongé de trente jours supplémentaires pour la poursuite des soins. Ainsi, mon épouse et moi-même avions dû faire 60 jours, soit trente jours supplémentaires ; ce qui nous a contraints du coup à multiplier par deux – chacun en ce qui le concerne-les dépenses initialement prévues.

Face à la polémique née des informations tendancieuses rapportées par certains organes de presse, je demeure donc imperturbable. Je n’ai jamais marchandé mes principes et ne le ferai jamais.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis journalistes,

Si cette occasion me permet de donner des nouvelles de mon état de santé à  l’opinion publique, elle est aussi, à mes yeux, une tribune indiquée pour rassurer tous mes compatriotes de mon engagement résolu ainsi que celui de tous les animateurs de l’ONG ALCRER de continuer le combat en faveur de l’enracinement de la démocratie dans notre pays. Nous clamons haut et fort, ici et maintenant, que ni la peur ni l’intimidation encore moins les menaces et autres attaques ne sont et ne seront assez efficaces pour freiner ou remettre en cause notre dévouement et notre engagement pour la cause de notre pays. Nous continuerons de façon résolue à jouer la partition qui est la nôtre dans la marche de notre chère patrie vers plus de libertés, de démocratie, d’Etat de droit et de prospérité.

Comme vous le savez, une instruction policière a été ouverte au sujet de l’agression dont j’ai été victime. A ce jour, je n’ai aucune idée de l’évolution de l’enquête mise en branle par le Procureur de la République. Mon intime conviction est cependant que la justice de mon pays fait son travail selon ses moyens et ses méthodes.

C’est le lieu pour moi de dire du haut de cette tribune – et cela d’un cœur sincère-que je pardonne à ceux qui ont voulu m’ôter la vie. Toutefois, il n’est pas de mon pouvoir d’arrêter ou de faire arrêter l’enquête en cours parce qu’il s’agit d’une tentative d’assassinat.

D’ailleurs, en tant qu’ardent défenseur de l’Etat de droit dans notre pays, c’est-à-dire un pays dans lequel les lois sont effectivement appliquées et la justice rendue, je ne saurai constituer une entrave au travail de la justice. J’exige donc que toute la lumière soit faite dans cette affaire afin que nous soyons tous édifiés sur les mobiles, les auteurs et éventuellement les commanditaires de cet acte crapuleux. L’aboutissement de cette affaire permettra de mettre un terme au cycle infernal des affaires non élucidées et permettra de redorer le blason de notre Justice.

Pour finir, je formule le vœu de voir encore les relations entre vous, acteurs des médias et l’ONG ALCRER continuer à se consolider afin que nos efforts conjugués parviennent à sortir notre pays -le Bénin- de l’emprise de la misère, de la corruption, de l’analphabétisme, de l’embrigadement des libertés fondamentales des citoyens ainsi que des nombreux autres maux auxquels notre pays se trouve encore confronté.

Que Dieu protège le Bénin !

Je vous remercie

Réalisation : Christian TCHANOU

Mobilisation à l’inauguration d’une mosquée et d’une école mixte franco-arabe à Kompa: Bako-Arifari et les responsables de Karimama preint pour la préservation de la paix

Kompa Karimama (122)Une mosquée et un module de 03 classes meublées, construits en matériaux définitifs, la première au toit en dalle, au plancher carrelé et la seconde au toit en tôle et au plancher cimenté. Tels sont les deux joyaux que Nassirou ARIFARI BAKO, natif de la localité, a mis à la disposition des populations. Ce projet, négocié et obtenu par le ministre des Affaires étrangères et par l’intermédiation de l’ONG Organisation Humanitaire pour l’Entraide Islamique (OHEI), sous les soins de son président, le Dr Chitou Abdelhamid Alaho SANNI, a été financé par un donateur saoudien  du nom d’Abdoulaye BEN IBRAHIM AL WAHIBI. Le Dr SANNI est professeur de langue arabe à l’Université d’Abomey Calavi et c’est sous sa clairvoyance que son ONG a joué le rôle de maître d’ouvrage pour le suivi des travaux du début jusqu’à la fin. Bientôt, les enfants du milieu, assoiffés de connaissances en français et en arabe pourront intégrer ce module. Aussi, plusieurs ouvrages religieux en arabe, en français et bilingues franco-arabe, composés de différents types du Saint Coran et bien d’autres livres sur l’Islam, mais aussi sur le dialogue entre Chrétiens et Musulmans pour la paix ont été remis à la communauté islamique de Kompa. Au nom des populations, le maire de Karimama, Moussa MAMA BELLO, entouré de ses deux adjoints, a remercié le président, les membres de l’ONG OHEI ainsi que le ministre ARIFARI BAKO, initiateur du projet et tous ceux qui ont contribué à sa réalisation. Le Dr SANNI en a profité pour démontrer à l’assistance, à travers un prêche improvisé et détaillé, que l’Islam est, par excellence, une religion de paix. « Le musulman doit incarner cette paix partout où il se trouve, aussi bien par ses paroles que par ses comportements au quotidien », a-t-il souligné. Un geste qui sera renchéri par le ministre et le maire qui ont fait allusion à l’actualité sociopolitique nationale qui défraie la chronique et qui interpelle tout le peuple béninois à œuvrer pour la paix. Cette paix dont il faut reconnaitre l’importance et la préserver pendant qu’il est encore temps, pour ne pas la perdre avant de s’en rendre compte trop tard. Une prière dite par l’Imam de Kompa a mis un terme aux manifestations.

Rastel DAN (stag)

Protection réciproque des investissements entre le Bénin et le Liban: L’Assemblée nationale range le projet de loi

AIMDBK_0150La représentation nationale n’a pas  pu adopter, hier jeudi 27 février  comme annoncé, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord entre la République du Bénin et la République du Liban sur l’encouragement et la protection réciproque des investissements, signé à Sao Paolo (Brésil) le 15 juin 2004. Et pour cause, la commission des finances et des échanges  que dirige l’honorable Grégoire Laourou a, conformément à l’article 75.1 du règlement intérieur  de l’Assemblée nationale, retiré  le rapport de ses travaux en commission sur le sujet. En effet,  suite à la présentation dudit rapport  à la plénière, les députés, toutes tendances confondues, ont dénoncé  les torts des Libanais  vivant au Bénin  sur l’économie du pays.   De Lazare Sèhouéto à Sofiath Schannou en passant Kakpo Zannou, Sabi Soulé et  plusieurs autres, la colère était à son comble.  Ils ont  tous révélé les désastres économiques qu’orchestrent les hommes d’affaires libanais.  Tous ont déploré l’introduction d’un tel projet de loi par le gouvernement  au parlement. Ainsi,  la représentation nationale a affiché sa colère contre  ce projet  de loi. Ayant vu venir le rejet du dossier par l’institution parlementaire, le patron de la commission des finances et des échanges, le député Grégoire Laourou  a purement et simplement  retiré  le rapport de sa commission. Il faut retenir que le ministre Arifari Bako a expliqué les avantages  liés à cette ratification  aussi bien  au profit du  Liban que du  Bénin.

Réaction du ministre des Affaires étrangères Arifari Bako: « Il faudrait qu’on applique nos propres textes »

  « Je voudrais, tout d’abord, vous exprimer toute ma considération et ma révérence à notre maman. Les textes  soumis  à l’appréciation du parlement ont suscité nombre de débats et d’inquiétudes. Cet accord  a été signé depuis  2004  mais arrivé en examen 10 ans plus tard.  Le gouvernement a donné le temps d’apprécier afin d’éviter certaines erreurs. Les accords de promotion et de protection à l’étranger sont relativement standards.  Ces accords interviennent comme des essais de mise en œuvre… Le cas du Liban avec le Bénin, vous avez dû le constater, ce n’est pas promotion et protection mais c’est un accord d’encouragement… Mais, il faudrait qu’on applique nos propres textes. L’accord de ratification ne donne aucun droit particulier en dehors de ce que les lois exigent au Bénin ».

Esckil AGBO

Vaccination anti méningocoque: Kindé Gazard engage le processus dans 08 communes

IMG_0081Le gouvernement béninois a démarré, hier mardi, une campagne de vaccination anti méningocoque.Cette opération qui durera du25 au 27 février concerne huit (08) communes. Il s’agit, notamment, de Natitingou et Djougou dans l’Atacora-Donga et de six (06) communes du Borgou, à savoir, Tchaourou, Nikki, Kalalé, Bembérèkè, Sinendé et N’dali.Pourquoi, ces huit (08) communes ? Selon le Ministère de la santé, en février 2012, une campagne de vaccination avec le vaccin polysaccharide anti méningococcique A+C a été organisée par la Direction nationale de la santé publique (Dnsp) dans 25 communes du Borgou-Alibori, Atacora-Donga et des Collines. Mais, cette campagne n’avait pas pris en compte ces huit (08) communes parce qu’elles avaient un statut vaccinal bon.

Les raisons logistiques et stratégiquesqui fondent l’opération

Des explications de la Dnsp,après la campagne de masse de février2012, il existe un stock de 394.670 doses de vaccin polysaccharide anti méningococciqueA+C qui arrive à péremption à fin avril 2014 et qu’ilfaudra rendre utiles surtout que le besoin se fait ressentir. La santé des populations est bien suivie puisqu’au plan stratégique, la Dnsp envisage prendre en compte les personnes âgées de 30 ans et plus dans les 08 communes concernées. Car, selon elle, ces personnes sont actuellement plus exposées que celles des 25 communes vaccinées en février 2012. Par ailleurs,il faut rappeler qu’en novembre 2012, l’Agence nationale de vaccination et des soins de santé primaire avait mené une autre campagne de vaccination par le nouveau vaccin conjugué anti méningococcique A (Men Afri Vac). Cette dernière avait pris en compte les cibles de 1 à 29 ans dans toutes les communes du Borgou-Alibori, de l’Atacora-Donga et des Collines.

Emmanuel GBETO

Après sa nomination: Ousmane Alédji investi dans ses fonctions de Directeur intérimaire du FITHEB

Ousmane AlédjiOusmane Alédji est désormais investi dans ses nouvelles fonctions de Directeur par intérim du Festival international de Théâtre (FITHEB). Nommé Directeur par intérim par arrêté ministériel le lundi 24 février dernier, il a officiellement pris fonction. C’était hier à la salle de conférence de l’institution sise au quartier Ganhi à Cotonou. A l’occasion, son prédécesseur, Pascal Wanoua fait un bilan sommaire de ses quatre années de gestion. Des années au cours desquelles il dit avoir ressenti des douleurs et des amertumes face « aux loups ravageurs » que constituent, selon ses propos, des acteurs culturels. Et c’est pourquoi, dans son allocution, il prévient Ousmane Alédji : «Bientôt, ils viendront vers vous. Certainsse présenteront comme de véritables bons conseillers, d’autres de bons amis. Mais, derrière les visages angéliques, se cache des loups ravageurs. Soyez donc prudent », a-t-il prévenu avant de souhaiter le succès du FITHEB 2014 que le nouveau directeur intérimaire aura la charge d’organiser. En réponse aux avertissements de son prédécesseur, Ousmane Alédji se dit conscient de « l’environnement délicat dans lequel se trouve actuellement le secteur de la culture ». Mais, il invite surtout à l’union afin que la situation soit améliorée pour le rayonnement du secteur. Ensuite, Ousmane Alédji a pris des engagements fermes devant les représentants du Ministre de la Culture et les acteurs culturels d’œuvrer pour relever le défi de l’organisation réussie du FITHEB 2014. Mais, avant, il pose une condition sine qua none : « Si on nous donne les moyens de nos ambitions, nous allons réaliser le rêve, celui de faire du FITHEB, un label pour le Bénin », a-t-il fait savoir. Le représentant du ministre de la Culture, Eric Totah a rappelé au nouveau directeur, ses obligations telles que stipulées dans l’arrêté ministériel qui le nomme.Selon ses propos, le nouveau directeur devra simplement se borner à organiser l’édition 2014 de la biennale et liquider les affaires courantes de l’institution. « Il n’est pas question de procéder à des investissements ou de recruter du personnel sans l’autorisation préalable de l’autorité et du Comité provisoire de supervision qui devra vous assister. La rigueur et l’abnégation sont donc les valeurs qui doivent vous animer », a averti Eric Totah. Il faut dire que le Comité provisoire de supervision (CPS) qui compte neuf (09) membres a été également installé hier et est présidé par le Directeur du Fonds d’aide à la culture, Blaise Tchétchao.

Donatien GBAGUIDI

 

4ème journée des négociations Gouvernement/syndicats: Le ministre Abiola promet la fin de la crise au 5ème round

AbiolaLe gouvernement a saisi la balle au bond et rassure. C’est la lecture faite de la déclaration du ministre d’Etat, le Professeur François Abiola au terme de la 4ème rencontre de négociation organisée le lundi 24 février à Cotonou. « Nous reviendrons pour conclure ces négociations », a annoncé le ministre d’Etat.Il ressort de cette déclaration que l’espoir est permis. Face à l’ouverture que les six centrales et confédérations syndicales ont accordée,le gouvernement a déclaré avoir pris acte de leurs propositions consistant à se faire rétrocéder les deux mois de défalcations. « Nous allons en discuter au sein du gouvernement et dans les 48heures au maximum », a précisé François Abiola.

Élèves et étudiants ont aussi mis la pression

« Nous voulons reprendre les cours ». C’est cette phrase qu’ont scandé un groupe d’élèves et d’étudiants présents sur les lieux de négociations. Ce groupe d’étudiants a accueilli, au cours de l’après-midi du lundi 24 février, les parties aux négociations les exhortant au dégel. Pancartes en mains, ils ont pris d’assaut la devanture de l’Infosec, ensuite la cour et enfin la salle de négociations pour exiger de fructueuses négociations.Le regard accablé des ministres et responsables syndicaux n’a en rien émoussé leur engagement.

La lueur d’espoir

Même si le gouvernement met du temps à saisir la main tendue des organisations syndicales, on peut croire qu’un pas a été fait.En effet, suite à un tête-à-tête de cinq heures, ils se sont séparés avec des propositions mais pas de consensus. En réalité, les négociations ont démarré aux environs de 15heures50minutes,loin des journalistes. Après deux heures de discussions, le gouvernement a demandé une première suspension.Des informations reçues, de part et d’autre, il ressort que seule la question de la légalité ou non de la grève aurait été au centre des débats.Sur la question, les responsables syndicaux déclarent que cette fois-ci, ils s’amusent avec du sable. Et à Noël Chadaré de la Cosi-Bénin d’ajouter que « s’ils refusent de rétrocéder les défalcations, on quitte la salle ».

 La question de la légalité de la grève classée

Après 25 minutes de pause, les deux parties retournent dans la salle. Mais, très vite, la légalité de la grève sera classée et le gouvernement d’annoncer n’être disposé à restituer que les défalcations du mois de janvier, c’est-à-dire, un mois sur les deux ayant connu l’opération. Il sera suivi une suspension pour une nouvelle concertation de 15 minutes demandée par les syndicats pour analyser cette proposition.Leur retour dans la salle a précipité la fin de cette 4ème journée de pourparlers. « On est au point 1, celui des défalcations », a annoncé Laurent Mètognon, secrétaire général de la Fesyntra-Finances. Le niveau des négociations sera apprécié par Pascal Todjinou qui a confié que« maintenant, je peux dire que c’est bon. On a démarré les négociations ». Il a donc été noté une timide avancée dans ces négociations qui se poursuivront dans les tout prochains jours.

Prof. François Abiola, ministre d’Etat: « Nous reviendrions pour conclure ces négociations »

 « Lorsque nous avons parcouru la loi2001-09 du 21 juin 2001 portant exercice de grève en république du Bénin, nous avons montré aux centrales syndicales que cette loi, notamment dans les articles 3, 6 et 7 recommande la procédure pour aller en grève. Donc, nous pensons que cette procédure n’est pas respectée. Le gouvernement a pris acte de leur proposition. Nous allons en discuter au sein du gouvernement et dans les 48heures au maximum, nous reviendrions pour conclure ».

Dieudonné Lokossou, SG/CSA Bénin: « Nous avons déjà fait preuve d’ouverture »

« Je crois que la nuit porte conseil. C’est pourquoi nous avons demandé aux facilitateurs et aux ministres de se rapprocher du Chef de l’Etat pour renégocier pour que nous puissions nous retrouver très vite s’ils sont prêts. C’est le statu quo. Nous avons déjà fait preuve d’ouverture. Car, ce n’est pas une bonne chose que les enfants soient dans les rues, les tribunaux sont également fermés, l’administration tourne au ralenti. Je crois que nous sommes sortis du cadre de préalable et on a commencé par aborder effectivement les problèmes. Donc, ce qui bloque actuellement est la question des défalcations. Il faut préciser, qu’on n’a pas encore abordé les autres points comme le limogeage du préfet, l’invalidation des concours frauduleux. Et je crois qu’il y a une commission mise en place pour cela ».

Noël Chadaré, SG/ COSI-Bénin: « Que l’Etat prenne aussi un engagement pour la restitution des défalcations de 2012 »

« Nous, nous avons demandé qu’ils restituent ce qu’on a pris aux travailleurs pour qu’il n’y ait aucune défalcation pour 2014 et que l’Etat prenne aussi un engagement pour la restitution de celles de 2012. Donc, il faut des efforts de part et d’autre pour aller vers le dégel ».

Réalisation: Emmanuel GBETO