Category: Editorial

Edito du 11 avril 2014: Le grand voisin de l’Est

Le Nigeria est devenu cette semaine la première puissance économique du continent et la 26ème plus grande économie au monde. Selon les nouvelles statistiques rendues publiques par le Bureau national de statistiques du pays, le Nigeria a enregistré un PIB de 510 milliards de dollars en 2012, dépassant les 384 milliards de dollars de l’Afrique du Sud en 2012.

Il s’agit assurément d’une information de première main pour le Bénin. Vantant toujours sa proximité avec ce « géant de l’Est », le Bénin aura désormais un argument de taille pour attirer les investisseurs. Etre à côté de la première économie du continent qui est, en même temps, le pays le plus peuplé d’Afrique, voilà qui devrait servir à améliorer l’investissement étranger chez nous.

            D’autant que le pays même fait face à d’énormes problèmes sécuritaires dont le plus grave reste les menaces de la secte Boko Haram. Les problèmes de gouvernance, les infrastructures en piteux état, la corruption endémique ainsi que la pauvreté demeurent également des freins à la prospérité. De fait, la première place obtenue au plan du PIB est insuffisante pour montrer la complexité d’un pays qui nous attire et nous repousse à la fois.

Avec un taux de croissance moyen de6,8% entre 2005 et 2013, le Nigeria est resté largement au-dessus de la moyenne africaine.Les prévisions de croissance pour2014 sont de 7,4%, selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). Depuis une dizaine d’années, le pays connait une croissance hors pétrole d’environ 5% et se lance à corps perdu dans une production agricole de grande ampleur.Ce que les statistiques n’avaient pas pris en compte, c’est aussi la croissance remarquable de l’industrie cinématographique avec un Nollywood qui prend ses marques un peu partout en Afrique. Sans compter les télécommunications qui connaissent un boom sans précédent. Malgré tout ceci, le PIB par habitant de l’Afrique du Sud est encore supérieur à celui du Nigeria (1555 dollars contre 7 508 dollars). La pauvreté y sévit encore dans un contexte où la gouvernance trébuche sur de nombreux scandales de corruption. Avouons aussi que l’Etat fédéral ne maîtrise pas tous les leviers de la gestion de ce pays décidément trop vaste pour être gouverné avec rigueur. La naissance et l’ampleur des fondamentalismes rétrogrades qui écument le pays en sont les signes les plus éloquents.

            C’est pour tout cela qu’il faut se demander si le Nigeria n’est pas pour nous plus une menace qu’une véritable opportunité.Abuja qui ne respecte les règles communautaires de la CEDEAO que selon les seules humeurs de ses forces de sécurité,fait vivre des misères à tous les opérateurs économiques béninois ayant opté pour le commerce formel avec le pays. Des barrières fiscales sont érigées pour protéger l’industrie et l’agriculture locales, parfois même au mépris des règles communautaires. Et il est connu que pour aller sur ce marché, il faut se doter d’une bonne dose de corruption. D’où d’ailleurs la mort précoce de notre fameuse zone de coprospérité bénino-nigériane créée en 2007.

On sait toutefois l’impact direct de l’économie nigériane sur celle du Bénin. Si l’on parle beaucoup de l’informel qui en constitue la part la plus importante, on parle beaucoup moins de ces bonnes dames en provenance des villes frontalières qui viennent s’approvisionner de façon régulière sur nos marchés. A Dantokpa ou ailleurs, elles constituent des mannes que les commerçantes béninoises attendent avec impatience.

Au-delà de tout ceci, les autorités d’Abuja ont des ambitions qui doivent nous faire réfléchir. Le nouveau port de Lagos, actuellement en construction risque d’avoir des répercussions sur celui de Cotonou, de par son gigantisme et les capacités qu’on lui prête. Et si le Port de Cotonou est touché, c’est tout le commerce de réexportation qui sera mis à mal, alors qu’il fait près de 90% des activités commerciales licites du Bénin avec le Nigeria. On n’oubliera pas non plus que le pays est en pleine réforme politique et économique. Les actions énergiques de la ministre des finances Ngozi Okonjo-Iweala,constituent un gage pour le futur. Femme de fer, elle ne lésine pas sur les moyens pour remettre en marche l’appareil de production miné par les années Abacha.

Pour nous aujourd’hui, le nouveau statut de première économie africaine fera regarder le Bénin autrement. Du moins, peut-on l’espérer, surtout si nous faisons l’effort de suivre le nouveau souffle qui vient d’Abuja.

Par Olivier ALLOCHEME

De Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni à » Parfaite, Daagbo, l’Esprit Saint de Banamè »: L’itinéraire d’une jeune élève devenue « Dieu »

Adulée, controversée et même contestée, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni, aujourd’hui déifiée paraît toujours mystérieuse. Et pourtant, elle avait une existence bien réelle. Enquête sur l’itinéraire d’une jeune élève devenue aujourd’hui « Dieu ».

 Parfaite de Banamè netParfaite de Banamè lors d’une de ses séances de prières au Stade de l’Amitié à Cotonou, le 02 mars 2013

« Parfaite, Daagbo, Dieu Esprit Saint de Banamè ». Ce sont des noms qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais avant cette métamorphose, elle avait vécu parmi les humains. Née le 18 avril 1990 à Sakété, selon les archives que nous avons consultées, « l’Esprit Saint » de Banamè, s’appelle à l’état-civil, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni. Née d’un père instituteur, Raymond Tchranvoun-Kinni et d’une mère revendeuse, feue Victorine Hounhouédo, elle a passé son enfance à Tori-Gare, une localité située à une trentaine de kilomètres de Cotonou, la métropole du Bénin. Avec ses parents, elle avait vécu dans la maison de feu Vincent Quenum, un fervent chrétien catholique. Une des parentes de l’ancien locataire de Tori-Gare, Albertine Agonsè qui la connaissait bien à l’époque témoigne : « A l’époque, elle était une petite fille. On ne la remarquait même pas. Elle avait deux autres sœurs ». Inscrite à l’école primaire publique centre de Tori-Gare vers les années 1994, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni obtient en 2000, son Certificat d’Etude Primaire (CEP). Roland Houessouvo, un de ses anciens camarades de classe avec qui elle avait passé le CEP, la même année, rencontré à Tori-Gare se souvient encore du genre d’élève qu’elle était. « J’avoue qu’elle était une travailleuse. Si elle n’est pas première de notre classe quand on était au CM2, c’est qu’elle est2ème », a-t-il indiqué. Des talents qu’elle n’a d’ailleurs pas perdus lorsqu’elle s’était inscrite au Collège d’Enseignement Général (CEG)de Tori-Agouako. Elle y était inscrite, selon les archives du collège, au cours de l’année scolaire 2000-2001. Et c’était sous le numéro 1759. Sa classe était la 6ème E, une classe dans laquelle sont inscrits, selon les précisions d’un de ses anciens professeurs, des élèves qui avaient un niveau appréciable. « Le rapport de fin d’année scolaire 2000-2001″ du Collège que nous avons consulté ne dément surtout pas cette affirmation. Au premier semestre, en effet, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni avait obtenu une moyenne de 11,78/20. Au second semestre, elle a bondi de deux points environs en s’offrant une moyenne de 13,36/20. Ce qui lui a permis d’être classée 3ème de la classe à la fin de l’année avec une moyenne de 12,82/20. Elle passe alors en classe supérieure et sera inscrite en 5ème A. Mais, après deux ans passés au CEGTori-Agouako, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni va quitter le village où elle a passé sa tendre enfance. Destination, le CEG Davié à Porto-Novo. Elle s’y est inscrite en 4ème MC5 (où sont inscrits des élèves destinés aux séries scientifiques). C’était au cours de l’année scolaire 2003-2004. Un de ses anciens camarades de classe rencontré au quartier Kandévié témoigne de son attitude à l’époque : « Elle était une fille vraiment timide. Elle parlait très peu, mais tombait trop souvent malade », a-t-il confié. Il faut dire qu’à Porto-Novo, elle a été placée chez son oncle maternel, Algnan Dossou qui, rencontré chez lui, s’est présenté comme le père adoptif de Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni.De façon péremptoire, il oppose une autorisation expresse de Parfaite avant de dévoiler quelques informations.Et pour cause : « Ce n’est plus la fille que j’avais éduquée. Elle s’est transformée. Elle est maintenant mon Dieu. Je ne peux rien dire sur elle si elle ne m’autorise à le faire. J’ai parlé à des journalistes comme vous qui ont transformé tout ce que j’ai dit. Si elle ne m’autorise pas, je ne dirai plus rien sur elle », s’est-il justifié. Il faut dire que la maison dans laquelle Parfaite a vécu s’est désormais transformée. Elle est actuellement en pleine reconstruction et fait la fierté de son ancien tuteur, Algnan Dossou.C’est une maison à étage bien imposante.

Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni désormais brevetée. Et après ?

En 2005, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni obtient son Brevet d’Etude du Premier Cycle(BEPC) au CEG Davié à Porto-Novo. Elle choisit alors la Série D une fois en classe de seconde. Inscrite en D3, elle obtient au premier semestre, 11,82/20 et est classée 34ème ex sur 70 élèves. Au second semestre, elle obtient 10,81/20puis totalise à la fin de l’année, une moyenne de 11,15/20 et est classée 19ème ex sur 70 élèves. Elle est passée régulièrement en Première D puis ensuite en Terminale, une année plus tard. Elle échoue à son premier essai au Baccalauréat Série D en 2008. Après cet échec, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni quitte Porto-Novo et le CEG Davié pour s’inscrire au CEG Le Faucon,un établissement privé situé dans la commune d’Abomey-Calavi, le 06 octobre 2008. Mais était-elle toujours la Vicentia travailleuse dont on témoigne à Tori-Gare ? Non. Les données avaient changé. Au CEG Le Faucon, elle a radicalement baissé de forme. Les archives du Collège Le Faucon consultées révèlent qu’elle a obtenu au premier trimestre, une moyenne de 8,46/20 et a occupé la 25ème place sur les 39 élèves que comptait sa classe. Au second trimestre, très irrégulière aux cours, pour le peu de matières dans lesquelles elle avait composé et qu’on lui a calculées, elle a obtenu une moyenne de 7,62/20 et a ainsi occupé le 34ème rang sur 39 élèves. Une baisse de forme qu’explique la Direction des études du Collège par son état de santé devenu trop fragile et dégradant. Ce qui ne lui permettait pas d’être régulière au cours ou de prendre part aux compositions de fin d’année et au Baccalauréat.

Une élève pieuse, mais plaintive

Selon les témoignages faits par l’un des responsables du CEG Le Faucon, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni était une élève exemplaire. « J’ai vu en elle, une demoiselle très calme. Elle n’avait pas une santé solide et donnait des signes de fébrilité. Elle allait régulièrement voir les responsables que nous sommes pour se plaindre de ses camarades dont les comportements lui paraissaient déviants », a témoigné le directeur des études de ce collège. « Elle objectait souvent sur les comportements de ses camarades et faisait souvent observer qu’elle ferait une bonne responsable de classe », a-t-il précisé. Pieuse et évasive, Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni l’était, selon les mêmes responsables du CEG Le Faucon. « Ce qu’elle est devenue par la suite ne m’a pas surpris parce qu’elle se montrait trop pieuse et avait un comportement évasif », a témoigné la Direction des études.

Banamè, la métamorphose !

Au bord d’une voie de terre rouge située à une quinzaine de kilomètres du Centre-ville de la commune de Covè dans le département du Zou, se dresse une église modeste, encore en chantier. C’est l’église catholique Sainte Odile de Banamè. Nous y avons rencontré monsieur Gabriel Tobossou. Enseignant de formation, il est le secrétaire du Conseil pastoral paroissial, catéchiste dans ladite église.Comme si c’était hier, il se souvient encore de l’état dans lequel Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni était arrivée à Banamè. « Elle avait été conduite à l’église Sainte Odile de Banamè par ses parents, le 20 janvier 2009. Elle était très malade. Elle bavait. Elle était sous une emprise démoniaque », a rappelé Gabriel Tobossou, qui révèle l’avoir tenue dans ses bras pour qu’elle puisse recevoir les prières d’exorcisme et de délivrance qui lui ont été faites. Des prières à l’issue desquelles elle a pu recouvrer un tant soit peu sa santé après deux semaines d’inertie. Et c’est dans cet état de convalescence que la métamorphose de Tchranvoun-Kinni Vicentia en ‘’ Parfaite, Daagbo, puis Dieu esprit saint de Banamè » a commencé. Selon les explications données par le secrétaire paroissial de l’église Sainte Odile de Banamè, « c’est au bout de ces deux semaines qu’elle a commencé par faire croire aux fidèles et à toute l’église qu’elle avait des révélations ».«Lorsque l’assemblée se réunit, par exemple, elle raconte qu’elle est une grande personnalité, qu’elle n’a jamais péché, qu’elle est aussi parfaite que Dieu ou qu’elle est plus âgée que tous », a mentionné Gabriel Tobossou. D’où les surnoms  » Parfaite » (qui n’a jamais péché, sans tâche), « Daagbo » (plus âgée que tous)puis « Dieu » qui lui sont attribués aujourd’hui. « Au début, nous, on pensait qu’elle délirait. Mais, de plus en plus, la chose a pris de l’ampleur », a expliqué le secrétaire de l’église catholique Sainte Odile de Banamè. Au point où, l’exorciste, père Mathias Vigan qui avait dirigé les prières s’est laissé convaincre par tout ce que Parfaite disait. « Chose curieuse, alors que nous autres, nous n’y croyions pas, le premier d’entre nous, je veux parler du père exorciste Mathias Vigan, se disait convaincu de la véracité des révélations qu’elle faisait. On lui a tout dit, mais il nous a convaincus qu’elle ne mentait pas », a fait observer Gabriel Tobossou avant de préciser : « Lorsque Parfaite a remarqué qu’elle a réussi à convaincre le père Vigan, elle a commencé par faire plusieurs autres révélations. Ainsi, elle pouvait dire, par exemple, que telle ou telle autre personne avait la sorcellerie ou était envoûtée ». Au point où des fans clubs ont commencé par être formés en son nom, des séances de prière sont commencé par être organisées. Elle les dirigeait personnellement avec le soutien du père Vigan. Un soutien et une mobilisation des fidèles que l’évêque d’Abomey, Eugène Cyril Houndékon appréciait mal. Telle une sanction, il affecte alors le père Vigan sur une autre église à Dan, une localité située dans la commune de Djidja, dans le département du Zou, bien loin de Banamè avec pour interdiction que Parfaite le revoie. Il défère à cette instruction de l’évêque et prend service dans cette nouvelle église le 10 janvier 2010.Mais erreur. Au bout de quelques jours, selon les explications données par Gabriel Tobossou, Parfaite qui draine déjà du monde derrière elle, ira le rejoindre. Furieux, par une autre instruction, l’évêque d’Abomey, dans la juridiction sous laquelle se trouve l’église Sainte Odile de Banamè interdit désormais les « Campagnes d’évangélisation non autorisées et les déviations sectaires de Parfaite et ses sympathisants ». C’était le 20 janvier 2011.« C’est le texte de l’évêque qui a interdit à tout chrétien catholique de participer aux assemblées de Parfaite », a précisé Gabriel Tobossou. Dans la foulée, d’une manière déguisée, le père Vigan écope d’une nouvelle sanction. Il est rappelé en France où il devrait séjourner pour d’autres missions. Sur le terrain, sa protégée continue de mobiliser du monde autour d’elle jusqu’à ce qu’il rentre précipitamment de France et la rejoint. Ce qui fait dire à Gabriel Tobossou « qu’il est aussi contrôlé par Parfaite qui n’est pas encore guérie de ses ennuis démoniaques ». Face à la persistance de la violation de ses instructions, l’évêque d’Abomey prend une mesure plus radicale. Le 25 janvier 2013 donc, Parfaite et le père Mathias Vigan sont tous deux excommuniés. Une décision à l’issue de laquelle les deux sont renvoyés de l’église catholique. Par la suite, ils ont construit leur propre église dont le siège se trouve à Sovidji, un vaste domaine étendu sur une colline à quelques encablures de l’Eglise Sainte Odile de Banamè d’où ils ont été renvoyés. Une église qui n’a rien à envier à l’église catholique romaine de par ses attributs et qui draine aujourd’hui une horde de fidèles.

 Donatien GBAGUIDI

Entretien avec Imorou Guiwa Bouraima, vice-président de la ligue de football du Bénin: « Les clubs dissidents sont toujours dans la peau d’adversaires »

Imorou Guiwa Bouraima netLe championnat national de football a repris le week-end dernier. Sur 7 matches prévus, seuls trois ont eu lieu. Pour cause, certains clubs ont décidé de ne pas se présenter sur les terrains. Pourquoi ? Et que risquent-ils ? Le vice-président de la Ligue du football du Bénin, Imorou Guiwa Bouraïma a tenté de donner la réponse à ces questions dans cette interview accordée à votre journal.

L’Evénement Précis : Vous êtes le principal organisateur du championnat de football au Bénin. Alors dites ce que vous pensez de la situation qui est survenue lors de la reprise du championnat, où certains matches n’ont pas eu lieu ?

Imorou Guiwa Bouraima : Nous avons appris comme tous les Béninois que le week-end passé, certains clubs de la 1ère division n’ont pas repris le championnat. Parmi ces clubs, deux ont fait forfait et deux autres ont abandonné le match. Il s’agit respectivement de Jap et Adjobi pour le premier cas, des Dragons et d’Asos pour le second. Nous n’avons pas compris pourquoi. Ces clubs avaient écrit à la Fbf pour exprimer leurs difficultés à poursuivre le championnat faute de moyens financiers. En son temps, ils ont été rencontrés par le président Ahouanvoébla qui leur avait demandé de patienter parce que la subvention que les clubs réclament doit venir essentiellement de l’Etat représenté par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs puisque, les négociations avec les sponsors n’ont pas encore abouti. Vous n’êtes pas sans savoir que ce n’est que le mois dernier que nous avions officiellement lancé la régie marketing chargée de rechercher les sponsors aussi bien à notre équipe nationale qu’à la ligue du Bénin. C’est donc dans cette situation que nous nous trouvons actuellement. Alors, c’est une surprise pour nous d’apprendre que ces clubs-là ont abandonné le championnat.

Est-ce que les subventions sont prévues par les textes de la Fédération ?

L’engagement au championnat de football 1ère et 2ème divisions est régi par un cahier de charges qui stipule que les clubs, en s’engageant, doivent produire la preuve de leurs capacités financières à jouer pleinement le championnat. C’est pour cela qu’il a été demandé une caution bancaire. Et ces clubs, pour la plupart, avaient fourni cela. Alors, vu que le championnat n’est qu’au début de la phase retour, nous pouvons estimer que les clubs ne sont qu’à mi-chemin dans l’exécution de leurs budgets. Or, quand on regarde les subventions que donnait le ministère ou le sponsor que la ligue professionnelle des années 2009-2010 avait eu, cela ne représente que le 1/5ème du budget du club. La saison écoulée, le ministère n’avait pas donné la subvention et malgré cela, les clubs avaient joué. C’est la fédération qui a donné un coup de pousse en octroyant à chaque club de 2ème division 1 000 000F Cfa et 2 000 000F Cfa pour chaque club de 1ère division ; ceci au cours de la phase retour. Alors, nous ne sommes pas encore à la fin du championnat. Et quand le président de la fédération avait rencontré ces clubs, il leur avait expliqué que les démarches étaient en cours avec le ministère. Le ministre actuel en a fait une priorité. Il faut que les clubs soient soutenus afin qu’ils puissent continuer le championnat et le finir. Je crois qu’à cette rencontre, les clubs concernés avaient promis au président qu’ils allaient patienter.

Pensez-vous que ce boycott est fait à dessein ?

C’est justement pour cela que je disais que je n’ai pas compris leur démarche. C’est à croire qu’ils continuent toujours de se mettre dans la peau d’adversaires puisque quand vous regardez bien, vous allez constater que ce sont des clubs qui ont à leur tête des gens qui avaient été adversaires à la liste qui a remporté les élections. On dirait que les élections continuent toujours dans leurs têtes et qu’ils cherchent tous les moyens pour pouvoir déstabiliser l’équipe qui est à la tête de la Fbf actuellement.

Y a-t-il des sanctions qui sont prévues en cas d’abandon ou de forfait ?

Bien sûr. Et à l’heure où je vous parle, elles sont déjà tombées puisque la commission d’organisation et d’homologation des matches du championnat s’est réunie pour statuer et homologuer les résultats avant que la 15ème journée prévue pour le mercredi 9 avril n’ait lieu. Et au cours de cette séance, elle a retenu conformément à l’article 76 du règlement du championnat (Toute équipe qui fait forfait au cours d’un match est immédiatement reléguée en division régionale) que les deux équipes, à savoir, Adjobi et Jap sont disqualifiées pour la suite de la compétition et sont reléguées en division régionale. Quant aux Dragons et Asos, ils ont été frappés par l’article 69 du règlement qui stipule que «lors d’abandon d’un match, ces cas sont soumis à la compétence de la commission de discipline qui est la seule structure compétente au niveau de la ligue). Et pour ce que je sais, cette commission aura à appliquer les prescriptions du code de discipline de la ligue du football. Elle peut aussi s’en référer au code disciplinaire de la Caf et de la Fifa. Et dans ces cas de figure, lorsqu’il y a abandon, le code de discipline au niveau du Bénin prévoit que l’équipe ait match perdu, une défalcation de trois points, plus une amende de 1 000 000F Cfa.

 

Ces sanctions ne sont-elles pas un peu corsées ?

Nous n’avons plus rien à apprendre au peuple en matière de football. Le public sportif et surtout les acteurs dont les clubs sont dans ces cas connaissent bien les sanctions en la matière. Ce n’est pas la première fois que cela se passe. Vous savez que déjà en 2012 lorsqu’il y a eu refus de participation au championnat par certains clubs qui avaient soutenu le « camp Ajavon », ils ont été rapidement disqualifiés et remplacés par d’autres. La saison dernière, les clubs Tanékas et Eternel Fc n’ont pas fini le championnat, tout simplement parce qu’ils ont été automatiquement disqualifiés parce qu’ils ont eu des soucis financiers et ont manqué un match. Non seulement, ces deux clubs ont été disqualifiés, mais ils ont été aussi rétrogradés en division régionale.

Si ces sanctions sont appliquées, l’effectif du championnat va se réduire. Comment cela va se passer ?

D’abord, laissez-moi-vous dire que le championnat va se poursuivre contrairement à ce que certains pensent. Il sera désormais joué sans les deux clubs qui ont été disqualifiés. On donnera les points de match gagné à tous leurs adversaires.

Et si ces clubs décidaient de revenir pour la suite du championnat ?

Ils ne pourront plus revenir. Les textes sont clairs. Il faut alors donner les mêmes chances à tout le monde. S’ils revenaient, c’est comme s’ils ont favorisé les équipes face auxquelles ils ont fait forfait.

Que diriez-vous en conclusion ?

Juste demander au public sportif et aux inconditionnels du football de rester sereins et d’aller comme cela se doit au stade pour suivre les matches.

Propos recueillis par Anselme HOUENOUKPO

Entretien avec Eugène Azatassou, Coordonnateur national des FCBE, sur les trois ans de Yayi II: « La refondation a souffert du non accompagnement de tous les Béninois à tous les niveaux »

Azatassou netLe Coordonnateur national des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), Eugène Azatassou, se désole que tous les Béninois n’aient pas pu accompagner la refondation annoncée par le Chef de l’Etat, il y a trois ans, dans tous les compartiments et à tous les niveaux. Il dément également que l’an 3 de second quinquennat de Boni Yayi ait été célébré avec faste, comme l’ont décrié certains, mais plutôt dans la prière et dans la concentration. Le dialogue politique et l’avenir des FCBE après 2016 sont quelques-uns des autres sujets abordés dans cette interview par Eugène Azatassou.

Evènement Précis : Le président Boni Yayi vient de boucler les trois ans de son second quinquennat. Pensez-vous que la refondation qu’il avait annoncée en 2011 a vraiment été amorcée ?

 

Eugène Azatassou : Je voudrais d’abord rappeler qu’en 2006, le Dr Boni Yayi avait fait campagne sur le thème du changement et de l’émergence du Bénin. Après 5 ans, il a constaté qu’il était nécessaire, pour accélérer l’émergence du Bénin, que l’on fasse ce qu’il a appelé la refondation de la République. Cette refondation a consisté en un train de mesures qui transformeraient normalement le Bénin dans tous les compartiments et qui agiraient sur l’état d’esprit du Béninois pour en faire un homme apte au travail pour le développement. C’est de cela qu’il s’est agi. Maintenant, est-ce que cette refondation a été véritablement amorcée ? Bien entendu, les réformes ont été engagées, pratiquement sur tous les plans, économique, politique, social et culturel, non sans les résistances qu’on a constatées. Mais que cela soit au premier quinquennat ou au second, il manque l’essentiel, à savoir que lorsque quelqu’un a une vision de ce genre, il faudrait l’accompagnement de tous les Béninois dans tous les compartiments et à tous les niveaux. C’est cela qui fait hélas défaut. Il y en a qui se sont opposés aux réformes parce qu’ils n’ont pas compris, quand bien même ils sont de bonne foi. Mais, il y en a d’autres qui les combattent tout simplement parce que c’est le Dr Boni Yayi qui les a initiées. Pour eux, il ne faudrait donc pas que ce soit lui qui le fasse. Et cela est un problème parce que, tant qu’’il n’existera pas d’espace, ou un temps, ou quelque chose autour de quoi tous les Béninois s’uniront, c’est évident que le développement de ce pays aura du mal à se concrétiser.

 

En 2011, le président Boni Yayi avait aussi insisté sur la gouvernance politique, parlant justement de la refondation. Mais, à la célébration des trois ans, on a comme l’impression que le dialogue est complètement rompu dans le pays.

Le dialogue politique n’est pas rompu par le chef de l’Etat. Il fait l’effort d’associer toute la classe politique à la gestion du pays et au débat sur les grandes orientations nationales. Malgré le K.O. de 2011, vous avez suivi ce qu’on a appelé la main tendue. Certains y ont répondu, ont discuté et échangé avec le chef de l’Etat sur les grandes questions nationales. D’autres ont refusé carrément. Mais, en réalité le dialogue politique est comme les autres choses, à savoir que, pour que le chef de l’Etat réussisse, il faut qu’on s’y mette tous. Si certains agissent en francs tireurs, se mettent d’un côté pour compter les mauvais coups, les insuccès et se gargariser des échecs, c’est évident que nous avancerons difficilement. Mais si tout le monde s’y mettait, si tout le monde voulait certainement d’un dialogue politique, nous irons loin, car il s’agit du Bénin.

 

Il y a pourtant les opposants et les forces sociales qui proposent des assises nationales. Mais tout laisse croire que le gouvernement fait la sourde oreille.

Il faudrait que les forces qui proposent les assises nationales clarifient leur contenu et nous disent ce à quoi elles serviront réellement. Or, ce n’est pas le cas. Certains pensent d’ailleurs qu’il ne faudrait pas que le gouvernement y participe, contrairement à d’autres qui estiment que la participation de l’exécutif est incontournable. Je me demande aussi sur quoi l’on veut déboucher en parlant d’assises nationales. J’ai entendu certaines personnalités de la classe politique dire qu’on va prendre des décisions qui seront imposées au gouvernement. Est-ce une nouvelle conférence nationale des forces vives de la nation. Et si c’était le cas, pourquoi on exclurait une partie, et surtout ceux qui se chargeraient de mettre en application les décisions qui en seraient issues Tout cela est flou. Le gouvernement ne peut pas suivre ce dont il n’a aucune précision.

Est-ce que cela ne vous fait pas de la peine de voir célébrer avec tant de fastes les trois ans de Yayi II dans un Bénin en crise, où l’administration publique continue d’être paralysée, où les écoles sont fermées avec la menace d’une année blanche, où le délestage sévit, etc. ?

Je dois d’abord rectifier quelque chose. Les trois ans n’ont pas été célébrés avec faste, comme vous le dites, et comme l’ont dénoncé certains. Ils ont été célébrés dans la concentration et dans la prière, avec quelques spectacles à la fin, pour égayer les Béninois. Pour les trois ans du second quinquennat, le Dr Boni Yayi a convié l’ensemble du peuple béninois à des moments de réflexion et de concentration. Ce n’est pas parce qu’on a des problèmes qu’il ne faut pas réfléchir. La prière est une occasion de concentration et d’élévation pour voir quel bout tenir pour que les problèmes soient réglés. Vous avez vu, vous-mêmes, un moment comme la messe à l’Eglise St Michel de Cotonou et l’intervention de Mgr Antoine Ganyè. Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas d’électricité et que les écoles sont fermées qu’il faut se priver de ce beau discours, de cet appel à la paix et à la cohésion nationale ?

 

Mais, apparemment, tous les syndicats d’enseignants n’ont pas entendu ce message, puisque bon nombre d’entre eux continuent la grève.

 Ils poursuivent la grève parce que certains d’entre eux ont d’autres objectifs. Ils veulent déstabiliser l’Etat. Mais tous ceux-là sont aussi des Béninois et ont leur pratique et vision. Nous qui n’avons pas la même vision, allons leur opposer la nôtre de façon à ce que l’apaisement revienne.

 

Il reste désormais, deux ans au président Boni Yayi pour boucler son second quinquennat et ses dix ans de règne. Vous pensez qu’au cours de ces deux prochaines années, le Béninois pourra enfin retrouver l’espoir qu’il a tant nourri avec le président actuel ?

Le Béninois ne dit pas attendre l’espoir. Il ne doit pas attendre de retrouver quelque chose. Il y a une ligne qui est tracée par le Dr Boni Yayi, à savoir que la démocratie doit s’enraciner et l’Etat de droit doit se renforcer. Mais tout cela doit se compléter par le développement et cela ne peut se faire que par le travail de tous. Le Béninois a à se jeter à corps perdu dans la production pour que le Bénin se développe. C’est au bout de cela que se trouve l’espoir.

 

Le président Boni Yayi s’en va en 2016. Le devenir des FCBE ne va-t-il pas s’arrêter là ?

Nous travaillons à ce que cela puisse se poursuivre sans à-coups.

Propos recueillis par Christian TCHANOU

En prélude au démarrage des opérations électorales pour la HAAC: Des proches du candidat Magnidet appellent à l’inscription sur les listes électorales

Les professionnels des médias de l’Agence Bénin presse (ABP) et des quotidiens ‘’La Nation’’,  ’’Le Matinal’’, ’’Le Matin’’ et ’’Le Meilleur’’ ont reçu hier, jeudi 10 avril, une forte délégation de la Coordination de campagne du candidat Marie-Richard Magnidet. Conduite par le premier responsable de cette structure, Gérard Agognon, il était question pour la coordination de campagne, de  sensibiliser les journalistes à ne pas perdre de vue l’enjeu important qu’est le choix de leur représentant à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). Partout où elle est passée, la délégation a expliqué qu’il était impérieux pour les professionnels des médias, surtout ceux étant déjà en possession de leur carte de presse, de ne pas attendre les derniers jours pour aller s’acquitter de leur devoir consistant à s’inscrire pour se faire délivrer la carte d’électeur. Selon cette équipe, ils pourront réaliser cette inscription à la Mairie de Cotonou et au siège du 2ème arrondissement, plus précisément, à Sodjèatimè. La délégation en a profité pour inviter les journalistes à prendre part massivement et à faire participer leurs amis à l’investiture de Marie-Richard Magnidet, en tant que candidat de la presse écrite à la HAAC. Cette cérémonie est prévue pour se tenir à la Maison des médias, ce même lundi 14 avril, à partir de 11 heures précises. A toutes  ces rédactions, les membres de la Coordination ont été chaleureusement accueillis. Après avoir répondu aux questions posées par quelques journalistes,  ils ont été assurés par les responsables et les professionnels des organes concernés que le message a été bien capté. Satisfaite par cette tournée d’information et de sensibilisation, l’équipe de la Coordination n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

Il est important de rappeler que le démarrage de l’inscription sur les listes électorales, dans le cadre des élections du 17 mai prochain, démarre rigoureusement le lundi 14 avril. Selon le calendrier de la Commission électorale autonome de la HAAC (CEA-HAAC), la phase des inscriptions ne durera qu’une semaine, donc s’achève le 23 avril prochain. Elle est ouverte spécialement aux professionnels des médias détenant la carte de presse délivrée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication et leur permettra d’obtenir leur carte d’électeur ; seule condition pour choisir leur représentant à la HAAC pour la prochaine mandature.

Wandji A.

Gigantesque marche sur les directions des réseaux GSM: Des consommateurs dénoncent la qualité des services de MTN et MOOV

« Halte à l’arnaque, à la surfacturation, à l’abus des consommateurs, à la facturation suspecte, à la tarification exorbitante, à un service internet inaccessible et des forfaits internet surenchéris, à l’interruption brusque des appels, à la communication trop cher, aux services-clientèle jamais joignables, aux défalcations arbitraires de crédits ». C’est ce qu’on pouvait lire sur les pancartes et banderoles des consommateurs des produits GSM dans les rues de Cotonou mercredi dernier. Ils exprimaient, en effet, leur amertume face au traitement que font d’eux ces deux opérateurs GSM. La forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Cotonou n’a donc pas été un obstacle à cette marche pacifique et de dénonciation sur les directions générales des réseaux MOOV (aujourd’hui Etisalat-Bénin) et MTN. Pancartes et banderoles en mains, les centaines de consommateurs ont parcouru une dizaine de kilomètres avant de laisser leur message aux opérateurs concernés. Dans les yeux, on lisait mécontentement,désolation, frustration, amertume, ras-le-bol. De la place de l’Etoile Rouge aux environs de 09 heures 30 minutes à la direction générale de MOOV au carrefour Sonacop en passant par le Carrefour Unafrica, la Bourse du travail, le carrefour Soneb, les manifestants n’ont fait que réclamer ce qui est de leur droit. Dirigée par le président de l’ONG Bénin-Conso et droit de l’Homme (BCDH ONG), Hermann Mèton, avec l’encadrement de la police nationale, la première étape de cette marche a chuté à MOOV aux environs de 10 heures 05 minutes. Après une trentaine de minutes de marche, la grande foule a été reçue par trois responsables de MOOV Bénin. Là, la motion a été lue par Hermann Mèton. Au nom des consommateurs, il a exigé le respect du droit des consommateurs, d’un service de qualité, d’une tarification claire et limpide, un service clientèle de qualité, une connexion fiable et une ligne opérationnelle pour les plaintes. « La situation du consommateur béninois est très peu enviable », déplore-t-il, tout en ajoutant que cet état de chose est simulable à un assassinat financier à long terme du consommateur. En réponse à leurs doléances, c’est le Directeur juridique et de régulation d’Etisalat Bénin, Alexis Aïtchéou assisté de deux responsables de la société qui a informé de l’absence du directeur général. Pour lui, cette marche est qualifiée de retour-clients et avec la promesse d’un compte rendu au directeur général.

MTN aussi mis en garde

Après l’étape de MOOV, cap a été mis sur la direction générale de MTN située à quelques mètres de la direction générale d’Ecobank à Ganhi. A ce niveau aux environs de 11 heures 15 minutes, le message a été le même à la différence que c’est Hermann Mèton qui a dénoncé ce qu’il appelle « l’assassinat du client ». « La situation du consommateur béninois est très peu enviable », déplore-t-il, tout en qualifiant la situation simulable à un assassinat financier à long terme du consommateur.Pour finir, les manifestants confient que dans les prochains jours, si rien n’est fait, les deux réseaux Gsm risquent de voir leur clientèle réduite. Ils promettent revenir si leurs doléances n’ont vraiment pas été prises en compte.

Emmanuel GBETO

Edito du 09 avril 2014: Le piège

Boni Yayi croyait jouer au plus dur, il s’est fait avoir par plus rusé que lui. Avec le huitième round des négociations gouvernement-centrales syndicales qui a eu lieu ce lundi, tout le monde a vu le glissement des revendications des travailleurs vers des considérations pécuniaires. On est passé de la réclamation des droits et libertés publics pour une exigence financière laissée à l’abandon depuis 2012.

Ce glissement peu glorieux est le résultat direct des rebuffades successives du gouvernement qui s’est fait prendre à son propre piège. En faisant la sourde oreille, il a contribué à un enlisement inutile et finalement onéreux. Au début de la contestation, les syndicalistes ne croyaient certainement pas devoir en venir à des exigences financières. Mais la durée de la grève, les manœuvres d’étouffement mises en œuvre en vain, ont montré la force des syndicats. On aura remarqué le soutien des travailleurs aux centrales syndicales, notamment des enseignants qui ont administré une véritable claque au Front d’action des trois ordres de l’enseignement. Ce Front sort affaibli, plus que jamais divisé, meurtri même par le refus ostentatoire de la base d’écouter les directives contestéesde ses dirigeants. C’est l’une des rares fois où l’on a pu voir dans ce pays les travailleurs faire bloc pour dire niet à leurs responsables syndicaux de base. Il est vrai que, face aux travailleurs en lutte, le gouvernement, maladroitet fébrile, ne pouvait que reculer.Il aréussi à commettre toutes les fautes, et son Chef n’a multiplié que de faux semblants pour tromper les partenaires sociaux. Soupçonnés de connivence avec le pouvoir, les responsables du Front ont pu donner l’impression de maîtriser la troupe. Mais la suite, c’est le terrible désaveu qu’ils ont essuyé et le durcissement du débrayage, la plupart des enseignants étant convaincus qu’ils ont été manipulés (voire achetés) par le pouvoir.

Il fallait forcément récompenser cette ténacité des travailleurs. Il fallait que les centrales syndicales trouvent un trophée tangible à exhiber en dehors des droits et des libertés. Il leur fallait répondre à la question essentielle : que vous a donc rapporté toute cette agitation ?

La question des 1.25 a donc fini par devenir centrale, alors qu’elle n’était que marginale. Soucieux de donner « quelque chose » à leurs bases, Paul Issè Iko et les autres ont été contraints de ressortir des tiroirs les revendications financières laissées à l’abandon.

En réalité, cette question est des plus explosives. Sa résolution pourrait déboucher à terme sur des perturbations majeures de la situation économique du pays. Car, il s’est agi des25% d’augmentation salariale accordée contre toute logique par l’ex-premier ministre Pascal Irénée Koupakià l’ensemble des travailleurs, alors qu’au départ, la mesure ne devait concerner que les seuls agents du Ministère des finances. Le protocole d’accord signé en avril 2011 accordait le bénéfice de cette revalorisation à tous les agents de l’Etat, la Cour constitutionnelle sollicitée l’ayant même avalisé. Or, un an seulement plus tôt, les enseignants avaient déjà décroché leur prime d’incitation à la fonction enseignante, équivalant à 25% du salaire. Ainsi, en deux années seulement, les enseignants qui forment 55% environ de la masse salariale, venaient de bénéficier de 50% d’augmentation salariale. Dans un Etat économiquement fragile et une gouvernance chaotique. On mesure l’incompréhension des organismes financiers internationaux et surtout du Chef de l’Etat. Boni Yayi a vu derrière ces accords très généreux qui sortent de l’ordinaire, des manœuvres politiciennes pour 2016. Ce qui a conduit plus tard à la fragilisation de Koupaki au sein du Conseil des ministres où il avait été réduit à néant.Il faut, en effet, se demander où l’Etat trouvera les ressources de cette augmentation sans précédent. Et depuis 2011, j’attends toujours de voir comment l’on pourra satisfaire et les exigences d’une masse salariale déjà très élevée et les exigences régaliennes de l’Etat, sans compter le courroux des bailleurs de fonds. J’attends de voir comment s’opérera la magie…

Pour l’heure, le gouvernement en a eu pour son compte. Il eût trouvé un terrain d’entente avec les syndicats dès le début de cette fronde, qu’aujourd’hui on n’en serait pas à craindre deux maux majeurs : l’année blanche et les menaces sur les finances publiques.

 Par Olivier ALLOCHEME

Lancement par les Chefs d’Etat du Bénin et du Niger de la reconstruction de la route ferroviaire: Bolloré s’engage à réussir l’OCBN

Les travaux de construction du chemin de fer sur le tronçon  Cotonou-Parakou-Niamey sont  entrés dans leur phase opérationnelle. Le lancement officiel a eu lieu les 7 et 8 avril derniers, respectivement à Niamey au Niger et à Parakou au Bénin.

Au cours d’une visite qu’il a effectuée à Cotonou, le président de la république du Niger, Mahamadou Issifou  et son homologue béninois, Boni Yayi, ont, en compagnie du PDG du Groupe Bolloré, Vincent Bolloré, convenu du démarrage officiel  de l’important chantier ferroviaire sous-régional ouest africain par l’axe prioritaire Cotonou-Niamey. L’objectif du projet est d’assurer la connexion des capitales Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan par les rails sur un linéaire de 2500 Km. Sur ses 1700 km de lignes qui restent à construire, 1000 sont situés sur les territoires béninois et nigérien. Il s’agit, en fait, de rétablir la ligne ferroviaire Cotonou-Parakou construite depuis 1936, puis d’entreprendre la construction d’une nouvelle qui va relier Parakou et la capitale nigérienne, Niamey, afin de sortir l’OCBN de son coma profond.  Rappelons que le 7 novembre 2013 à Cotonou, les Etats béninois et  nigérien, puis le Groupe Bolloré avaient signé un mémorandum d’entente sur la réalisation de l’ouvrage. Selon ce document, la réalisation et l’exploitation du chemin de fer Cotonou-Niamey seront assurées par une multinationale. Elle sera dotée d’un capital social de 70 milliards de francs CFA dont 10% du capital de la société pour chacun des deux Etats, 20% reviendront à leur secteur privé respectif et 40% pour le partenaire stratégique, en l’occurrence, le Groupe Bolloré. La mise en place d’une telle infrastructure découle de la volonté du Groupe Bolloré d’accompagner l’Etat béninois dans la résolution de certaines difficultés auxquelles il est confronté. La réalisation dudit projet augure, par ailleurs, de nouvelles perspectives pour l’économie des deux Etats et de la sous-région, notamment, en ce qui concerne  l’exportation de la production agricole, du bétail et des ressources minières de même que l’importation.  Le Groupe Bolloré a déjà, à son actif, la gestion de la ligne de chemin de fer Abidjan-Ouagadougou, à travers la compagnie Sitarail.

Teddy GANDIGBE

Déclaration d’Antoine Détchénou, président du FCDAD: « Le Cos-Lépi n’a pas mission d’établir un nouveau fichier électoral »

Antoine Détchénou, président du Front Citoyen pour la Défense des Acquis Démocratiques (FCDAD) martèle que « l’audit participatif actuellement en cours comptant pour la correction de la Lépi est une fausse affaire ». Il se dit surtout surpris par le fait qu’on demande, à nouveau, à tout le monde de venir s’inscrire. «Non, ce n’est pas possible, le Cos-Lépi n’a pas pour mission d’établir un nouveau fichier électoral », alerte-t-il, se référant à la Loi qui l’a institué, et qui n’a indiqué, nulle part, selon lui, qu’il faut enregistrer tout le monde. « La loi dit bien qu’il s’agit d’une correction. On est en train de tromper le peuple », décrie Antoine Détchénou qui pense qu’on devrait normalement tenir compte de ceux qui sont déjà sur la liste pour rester dans l’esprit de ladite loi. « La loi n’autorise pas une nouvelle liste électorale, si non, c’est tout qu’il faut reprendre à zéro, ce qui n’est pas le cas actuellement », croit-il savoir.

En proposant, il y a peu, d’arrêter toute cette opération et de voter une loi dérogatoire, le FCDAD estime qu’il n’y a pas mieux à faire, « si tant est que l’on veuille élaborer une Lépi transparente, crédible et utile pour le peuple béninois ». Antoine Détchénou évoque ici la technique des inscriptions manuelles qui devrait précéder l’inscription dans les ordinateurs. « Si on continue d’enregistrer directement dans les machines, on ne peut empêcher les manipulations », prévient-il.

 Par ailleurs, le président du FCDAD affirme que même si l’on chante désormais un peu partout que la Cour constitutionnelle, elle-même, avait décidé qu’il ne sera plus organisé aucune élection au Bénin sans Lépi, la même institution ne se serait pas pourtant servie de cet outil pour ses propres traitements des statistiques lors de la présidentielle et des législatives de 2011. « Elle avait violé la constitution parce qu’elle n’avait pas le droit d’avoir son fichier électoral à elle, indépendamment du fichier général qui avait servi à tout le monde à l’époque », dénonce Antoine Détchénou ajoutant que « si l’on veut être rigoureux et très rigoureux vis-à-vis de la Lépi, ces résultats proclamés sont anticonstitutionnels. Et dans ces conditions, il est permis même de mettre en doute, la légitimité du président élu en 2011 ».

 Christian TCHANOU

Débrayage dans la fonction publique: Les Professeurs d’université suspendent leur grève

Les cours reprennent officiellement dans les universités publiques du Bénin dès ce jour, mercredi 10 avril, pour certains et carrément le lundi 14 avril pour d’autres. La décision est venue de l’Intersyndicale des enseignants du supérieur hier, mardi 08 avril. C’était au terme d’une assemblée générale tenue par les secrétaires généraux de cette Intersyndicale de l’Université d’Abomey-Calavi, en l’occurrence  les responsables du Syndicat national de l’Enseignement supérieur (SNES), du Syndicat national des hospitalo-universitaires du Bénin (Synhub) et du  Syndicat autonome de la recherche et de l’Enseignement supérieur (Synares). Joint au téléphone quelques minutes seulement après l’annonce de la nouvelle, le secrétaire général adjoint  Siaka Massou du SNES a confirmé la décision de suspension prise à l’unanimité par les différentes composantes de l’intersyndicale. Aussi, a-t-il ajouté qu’une autre assemblée générale sera organisée vendredi prochain. Selon lui, une déclaration officielle sera faite avec un communiqué final. La décision est intervenue  après analyse et appréciation de la situation qui s’est soldée par des  efforts sensibles de la part du gouvernement et qui sont relatifs à la satisfaction de leurs revendications. Cette décision vise à permettre un dégel par rapport à la tension sociale observée depuis peu. En attendant la déclaration finale de vendredi prochain, on peut affirmer, sans se tromper, qu’un pas de géant vient d’être  fait dans la résolution de cette crise sociale dont les seules victimes sont les étudiants et leurs parents. Il faut rappeler que c’est le 27 janvier 2014 que les enseignants du supérieur réunis en assemblée générale ont décidé d’observer une grève illimitée à compter du 28 janvier 2014. Voilà donc qui vient fragiliser le jusqu’auboutisme de la Cstb de Paul Essè Iko qui n’entend pas répondre favorablement aux cris de détresse des parents d’élèves, puisqu’elle verra plusieurs syndiqués reprendre les activités académiques.

Emmanuel GBETO