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Le triomphe de la vérité

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Edito: Les salafistes s’approchent


J’étais encore au collège lorsqu’au début des années 90 l’Algérie plongea dans la guerre civile. RFI, Africa N°1 et les autres médias internationaux égrenaient le chapelet des enfants égorgés, des moines assassinés, des kamikazes qui se faisaient sauter en pleine rue, en plein marché… : 200.000 morts en moins de dix ans d’une guerre féroce (1992-2000). Le pouvoir d’Alger avait en effet refusé la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS), préférant réprimer dans le sang la montée de l’islamisme politique dans le pays que d’accepter de transformer l’Etat laïc algérien en un émirat musulman tel que promis par le FIS dans sa campagne électorale. Plus de deux décennies plus tard, j’ai eu l’opportunité de travailler avec la Radio Algérie Internationale. J’ai découvert un pays presque totalement reconstruit, surtout grâce à la manne pétrolière qui forme plus de 90% des exportations du pays. Le terrorisme est encore vivace dans les esprits mais n’est plus une menace prégnante comme dans les années 90.
Si l’Algérie a réussi à vaincre le jihadisme, il n’en est pas de même pour les autres pays africains. Le Bénin attire déjà les regards des experts en la matière. Un rapport du centre de réflexion néerlandais Clingendael a été rendu public à cet effet le mois passé. Le rapport de ce think-tank international spécialisé dans les questions de sécurité, alerte en effet sur l’existence d’au moins cinq cellules jihadistes dans le septentrion. Laissez-moi vous le dire : même si ces alertes paraissent alarmistes à première vue, elles ne sont pas du tout exagérées. Et pour cause, la zone de la Pendjari et du parc W frontalière du Burkina Faso et du Niger sont de plus en plus assiégées par les groupes jihadistes, du côté de ces Etats qui doivent affronter une montée inquiétante des mouvements salafistes. Il y a quelques jours, une opération baptisée «Taanli» ( alliance en langue locale gulmanchema) a été lancée au niveau de la frontière entre le Burkina Faso et le Niger, par des unités des deux pays. Plus de 100 terroristes ont été «neutralisés» suivant la terminologie tout en euphémisme des militaires. De plus, de l’armement de guerre a été récupéré ou détruit sur les lieux, sans compter une centaine de motos et de véhicules ainsi que du matériel de communication.
Ce que je veux dire, c’est que le Bénin n’a aucun intérêt à se soustraire à ce genre d’opérations conjointes. Il est vrai que l’armée béninoise prend très au sérieux les menaces jihadistes diffuses et latentes. Selon nos informations, c’est en toute discrétion que les services de renseignements ainsi que les personnels des forces armées travaillent dans les zones concernées. Mais à lui seul le Bénin ne peut arriver à bout de ces hors-la-loi. Leur mode d’action essentiellement transfrontalier recommande des actions conjointes de même type. Autrement dit, il est temps que les armées nigériennes, burkinabè et béninoises organisent et mettent en œuvre une opération conjointe d’envergure pour déloger et neutraliser les cellules dormantes de ces groupes, notamment dans les réserves de la Pendjari et du parc national du W.
La mutualisation des ressources qu’implique ce genre d’opération pourrait permettre de résoudre quelque peu l’équation des moyens qui frappe toutes les armées de la sous-région face au terrorisme. Les 7 et 12 juin derniers, cinq soldats ivoiriens ont été tués par les terroristes dans le nord de la Côte-d’Ivoire, à la frontière avec le Burkina. Ici, c’est un engin téléguidé qui a été utilisé pour faire exploser des véhicules militaires en opération. C’est dire que les salafistes disposent de matériels sophistiqués avec une remarquable capacité de mobilité et de résilience. Ils sont aussi capables de se fondre facilement dans la population, ce qui rend leur identification problématique. Pour le cas du Burkina et du Niger, une bonne partie du matériel qu’ils utilisent provient du recyclage des équipements employés en Libye. Le règlement progressif de la crise libyenne livre ses malfaiteurs sur d’autres territoires où ils cherchent à importer leur sombre savoir-faire. Face à ce déploiement technologique nos armées ne sont pas totalement démunies. Mais pour y opposer des moyens nettement supérieurs, le seul recours reste encore le France…
En mon for intérieur, je reste convaincu d’une chose : il ne faut pas laisser mûrir l’hydre salafiste, comme ce fut le cas en Algérie et ailleurs. Il faut l’écraser dans l’œuf, par tous les moyens. Dès maintenant.

Par Olivier ALLOCHEME

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2 thoughts on “Edito: Les salafistes s’approchent

  1. A H

    Mr Allocheme,

    Je suis heureux que vous faites des menaces terroristes dans votre editorial. Que le gouvernent Béninois se reveille et les FDS soient mieux entraînes pour anticiper les menaces (PREEMPTIVE STRIKE) dans le Nord/ Collines du Benin. Il y a des complicités ou sympathisants voire soutiens parmi les locaux de ces regions. J’ai lu le rapport tres explicites de l’Institut CLINGENADAEL.ORG(LAWS OF ATTRRACTION: NORTHEN BENIN AND RISK OF VIOLENT EXTREMIST SPILLLOVER) de Kars de BRUIJNE.
    Pire il y a une resurgence parfois violente du ethno-militarisme et le séparatisme des Yoruba Nigerians , Lisez dans( The umbrella body of all Yoruba socio-cultural and self-determination group within and outside Nigeria, Ilana Omo Oodua, ONALA, formerly known as the Yoruba World Congress, YWC has said that the quest for Yoruba Nation self-determination is non-negotiable) dans le journal VAUGARD, octobre 2020. Ah ex Pdts Obasanjo et Yayi BONI, le fuyard Komi Koutche ET consorts peuvent nous éclairer mieux sur le ‘PAN YORUBAISME’ou YORUBA WORLD CONGRESS!.

    Maintenant vous comprenez mieux sur qui ou quoi comptent les politiciens irresponsables, tribalistes, revanchards et leur jeunes surexcites, drogues paresseux et pilleurs manipules de Save, Tchaourou et BANTE (le département des Collines surtout)?
    Le Benin doit surveiller ses frontières avec les moyens militaire et policiers adéquats avec tous ces pays.
    Autres nouvelles de taille, La nomination très recente de l’ancien chef d’Etat major general de l’armée Nigerianne comme le nouveau ambassadeur du Nigeria au Benin…Militaire de haut rang et diplomate Nigerian au Benin, Allez savoir!
    Par ailleurs, il y a aussi une intensification des relations commerciales/économiques entre le Ni geria et la France,,,sur le dos de QUI??? fermeture illegale voire intempestive de la frontière par le Nigeria
    Alors ALERTE!!!

    Par ailleurs, je ne partage pas trop votre conclusion sur notre seul recours est la FRANCE…Ah les Maliens,Nigeriens,Centrafricains et Burkinabes et j’en passe, ont leur réponse a votre affirmation..
    L’Egypte, le Cameroun, le Tchad, Rwanda, le Maroc, ah la Russie font mieux!
    ce n’est pas sérieux car notre recours, c’est le renseignement, le patriotisme des Béninois, des politiciens et les FDS très bien formes, entraînes au combat et équipés d’abord!
    Mr ALLOCHEME, je vous admire pour votre analyse… Continuez!!!

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