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Le triomphe de la vérité

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CHRISTIAN PARFAIT AHOYO, MEMBRE DE LA DIRECTION EXECUTIVE NATIONALE DU PRD Sous l’arbre à palabres: « Au PRD, nous avons un programme de Remontada»


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Invité dans la rubrique ‘’Sous l’Arbre à Palabres’’ du Journal l’Evénement Précis, Christian Parfait AHOYO, membre de la Direction Exécutive Nationale du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) s’est prononcé de long en large sur l’actualité politique nationale en générale et le PRD en particulier. Parlant du PRD, l’invité a révélé que sa campagne pour la présidentielle de 2021 a consisté à exhorter les militantes et militants à faire une parenthèse pour se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire ce que le Bénin gagne en développement secteur par secteur avec le duo Talon-Talata. Le Porte-parole du PRD rappelle que plus que des moments de fête, la campagne de 2021 a permis au plus ancien parti politique du Bénin de sensibiliser davantage ses militants sur les valeurs de civisme, du vivre ensemble et de la non-violence. A la question de savoir comment le PRD se prépare pour reconquérir ses sièges à l’Assemblée nationale lors des joutes électorales prévues pour 2023, Parfait Christian AHOYO répond sans hésiter : «Nous avons un programme de la remontada. » Au cours de l’entretien ‘’Sous l’Arbre à palabres’’, l’invité a passé au peigne fin des questions telles que la retraite politique du Leader Charismatique du PRD, Me Adrien Houngbédji, le caractère exclusif ou non de la présidentielle de 2021, l’appel du Chef de l’Etat de taire les querelles, la question de la liberté d’expression et les prétendues chasses aux sorcières, etc.

Et si on en parlait

Comment se porte aujourd’hui le Prd ?
Le Prd va de mieux en mieux. Sinon le Prd se porte très bien. Je dis de mieux en mieux parce qu’on n’aurait pas posé cette question il y a cinq ans ou dix ans. Le Prd n’avait aucun problème, c’est le tout premier parti du renouveau démocratique qui a traversé toutes les réformes jusqu’à aujourd’hui. Le Prd est le premier parti inscrit au ministère de l’intérieur à la sortie de la conférence nationale avec le multipartisme. Les réformes sont arrivées entre 2018-2019, le Prd s’y est conformé et est totalement à jour. Vu sur ce point, légalement, le Prd se porte très bien. Le Prd a traversé monts et vaux, qui ont fait que certains militants ont été un peu perturbés. Mais avec la sagesse, l’expérience et le leadership du Président Adrien Houngbédji nous sommes en train de gravir marche par marche mais avec certitude les escaliers pour faire ce que nous avons déjà dit à notre université de vacances. Donc le Prd se porte bien.

Le Prd se porte-t-il très bien en étant maintenant dans la majorité présidentielle ?
Le Prd se porte très bien et se porte encore mieux en cohérence avec sa vision, annoncée depuis 2016. Au lendemain des élections présidentielles de 2016, le Prd s’est déclaré de la mouvance, afin d’accompagner le Président Patrice Talon dans les réformes. Bien sûr, nous étions dans une position de législature puisque nous n’étions pas au gouvernement et aujourd’hui, nous ne sommes pas au parlement. Mais nous sommes au gouvernement. Donc nous avons accompagné le Chef de l’Etat dans ses réformes en position de législateur et nous l’accompagnons dans la suite de ces réformes en étant membre du gouvernement.

Et qu’est-ce que vous avez gagné ?
Nous avons gagné un Bénin qui avance. Il n’y a pas d’unanimisme sur un sujet surtout quand il s’agit des réformes qui concernent nos concitoyens qui ont pris des habitudes. Nous avons pu dire qu’on peut faire des réformes en adoptant l’approche qui est la nôtre : le discours sur le patriotisme, le dialogue, de la main tendue mais en ne perdant pas de vue qu’il y a des choses dont on doit se défaire pour pouvoir avancer. Nous, nous estimons aujourd’hui, sans avoir la science infuse, que notre approche du développement de la réforme c’est de dire qu’on peut bel et bien dans le dialogue aboutir aux réformes. Donc l’option du Prd est loin d’être une option de violence, c’est une option de paix et de dialogue et chaque fois que nous pouvons partager cette option nous allons le faire. Vous avez suivi la position du Prd au dialogue politique. Nous avons fait un mémorandum pour expliquer la vision qui est la nôtre. Nous avons dit pourquoi nous devons aller autour de cette table. Nous avons dit au préalable nos préoccupations et nous avons gardé cette attitude. Donc modestement nous avons gardé cette posture et il sera difficile de nous changer de cette voie-là comme un parti de paix. Et nous n’avons demandé à personne de prendre cette option. Nous allons la garder et la maintenir.

Pour les élections du 11 avril dernier vous étiez en campagne, quel a été le rôle que vous avez pu jouer dans la victoire du Chef de l’Etat ?
Nous étions un certain nombre de partis politiques à soutenir le duo Talon-Talata. Le Prd a cette particularité que nous nos campagnes, c’est des moments de fête. Nous avons pu déployer notre expérience sur le terrain sur tout le territoire pour expliquer aux populations ce pour quoi nous soutenons le duo Talon-Talata, programme de société à la main. Nous avons pu démontrer qu’on peut ne pas être d’accord avec toutes les réformes et s’attaquer à l’essentiel pour faire décoller le pays. Nous avons dit que les Béninois doivent apprendre à faire des parenthèses et à donner à chaque étape du temps. Nous avons estimé au cours de cette campagne qu’il était question de faire une parenthèse, quelles que soient nos divergences, pour parler développement secteur par secteur, surtout qu’un duo nous a proposé des schémas de développement de notre pays. Nous nous sommes dits qu’on peut bel et bien faire en deux semaines une parenthèse pour régler la question de l’emploi, régler la question de l’eau, régler la question de l’internet, régler la question de l’électricité, parler de l’agriculture et dire : « Voilà les pistes sur lesquelles nous n’allons plus jamais reculer », et trouver d’autres occasions pour encore discuter des questions politiques, des questions de vivre-ensemble. Nous c’est notre approche du développement. Nous ne pouvons pas être indéfiniment en train de mélanger tout pour finalement ne rien faire. Que personne n’aille dire que tout va bien. Nous notre approche, c’est l’approche du temps des choses. Chaque chose a son temps. Et au cours de la campagne, nous avons beaucoup mis l’accent sur les aspects de développement, le civisme, nous avons beaucoup mis l’accent sur les notions de paix et de vivre-ensemble pour pouvoir avancer. Et c’est ça qui a fait que nous étions très à l’aise en soutenant le duo Talon-Talata, parce qu’on se retrouvait intégralement dans ce projet de société. On comprenait très bien la vision du Chef de l’Etat. On avait partagé avec lui le diagnostic et on a vu les réalisations dans certains secteurs qui étaient déjà des évidences. Nous nous sommes dit qu’en cinq ans le duo Talon-Talata va nous amener loin. C’est ça qui a été une force et qui a fait que tous les Prd étaient sur le terrain et nous avons aussi écouté les cris de certains de nos compatriotes qui estimaient que les choses ne se passent pas comme ils l’entendent. Et nous avons vu la menace venir. Nous sommes rentrés rapidement dans la danse pour dire : « Non, ce n’est pas le moment de remettre en cause encore le peu sur lequel nous avons peiné à construire. Donc nous avons joué une partition de paix, hameau par hameau, village par village, quartier de ville par quartier de ville pour que les élections soient là. Modestement, nous avons contribué à la victoire et sans dire que nous étions les seuls acteurs de la victoire.

Mais est-ce que les populations vous ont dit que l’élection est exclusive puisque le Chef de l’Etat n’a pas eu en face de lui ses principaux adversaires.
Bon la notion de l’inclusivité ou non de l’élection est un problème qu’on peut analyser de deux manières. Selon qu’on reste dans le respect des textes de la République, tous les textes ont été appliqués. Vu sur ce point, personne n’a enfreint aux textes et aux règles qui sont en vigueur au Bénin. On peut ne pas être d’accord sur le contenu des textes. Dans ces conditions, on utilise les voies et moyens légaux pour fléchir cette barre-là. On n’utilise pas la rue, on n’utilise pas non plus la violence ni les cartouches puisque je n’ai pas souvenance qu’une loi soit votée dans la rue. Lorsqu’on a fini de poser les problèmes, on va respecter la démarche pour aller les faire voter. Donc ceux qui parlent d’inclusion des élections, ils peuvent avoir raison mais nous ne sommes pas d’accord avec eux sur le fait qu’on doit parler d’inclusion à l’aune des textes qui régissent le pays. C’est comme sur l’autoroute, si vous avez loupé la sortie vous patientez pour sortir à la prochaine bretelle. Vous ne vous arrêtez pas en pleine route pour faire demi-tour. Sinon vous créez le carambolage. Imaginez le carambolage dans la situation actuelle, vous allez comprendre de quoi je parle. Et le carambolage c’est ce que nous avons failli vivre. Quand vous faites comme ça vous allez enfreindre au code de la route et forcément vous allez en répondre. Il se pourrait que ceux qui parlent d’inclusion disent que la sortie est fermée, ils peuvent le dire mais toujours est-il que si vous loupez cette sortie vous prenez patience pour reprendre la prochaine sortie ou les prochaines sorties sinon nous n’allons jamais avancer. Nos pays seront dans de perpétuels recommencements. Voilà ce qui motive nous notre proposition une fois encore. C’est une lecture qui se fait par rapport aux textes de la République. Nous avons discuté avec certains même de nos militants qui nous ont posé des problèmes. Nous avons fait des discussions en amont avant de choisir le duo Talon-Talata. Certains des militants nous ont dit que tel que les choses se passent nous n’allons pas accepter. Et nous avons pris le temps et la patience d’expliquer aux gens qu’on peut ne pas être d’accord avec les textes mais une fois que les textes sont là on est contraint dans un Etat de droit de les respecter. Si vous ne les respectez pas, vous êtes dans l’illégalité. Si désormais nous voulons faire des combats politiques, c’est de nous donner les moyens légaux, les moyens légitimes pour pouvoir faire ces combats-là. Nous avons connu le parti unique dans ce pays. Nous avons connu le régime de dictature dans ce pays, nos parents se sont adaptés. Cela a pris le temps que cela devrait prendre. Nous sommes revenus encore à la conférence nationale, nous avons fait trente ans d’expérience de démocratie, un système de réforme est en cours. Dans la vie d’un peuple ce n’est pas forcement la fin du monde.

Vous parlez des textes, des lois. Le Prd a été secoué par la mise en application de ces textes avec 0 député à l’Assemblée nationale en 2019 et 0 maire en 2020. Malgré ça, vous continuez de soutenir le gouvernement. Comment expliquez-vous cela ?
Voilà la première bonne raison pour soutenir le gouvernement. Nous avons respecté les démarches pour légiférer. Les textes ont été pris, les textes se prennent à la majorité des députés présents et représentés à l’Assemblée nationale. Nous n’étions pas indifférents, sinon nous étions des acteurs de ces textes-là. A titre d’exemple, malgré que les textes ne nous avantagent pas, nous en position de républicains, nous les acceptions en attendant la prochaine occasion pour dire notre approche. Nous ne les refusons pas dans la rue, nous ne les refusons pas dans la violence. Nous disons : « Qui sommes-nous pour refuser ce que la majorité est en train de prendre à l’instant T ? » A date, c’est ce que pensent les autres. Nous nous sommes dit : « Prenons notre temps, mais en attendant cela, est-ce que c’est tout ce qui se fait qui est mauvais ? » C’est pour cela que j’ai parlé de la notion de temps. Le Prd n’a pas été aux élections législatives en 2019. En 2020 nous étions aux élections et les textes ont fait que nous avons eu 0 conseiller pour les raisons de 10%. On prend acte de cette situation et on avance. Maintenant, en 2021 nous sommes aux élections présidentielles. Trois élections différentes, trois textes où cette fois-ci on nous parle de projet de société. On s’est dit « Donnons-nous l’occasion de discuter avec les hommes et les femmes qui sont à même aujourd’hui de retoucher ces textes-là. » Donc soutenir Patrice Talon pour nous c’est être toujours apte aux côtés des décideurs pour continuer à dire et à exprimer notre vision du développement et de la politique.

Mais vous venez de dire que l’avènement des 10% vous a recalés des élections communales. Est-ce que cela ne donne pas raison à ceux qui estiment que le Prd ne couvre pas le territoire national et que ça s’arrête au Plateau et à l’Ouémé ?
Vous avez vu que pour aller aux élections communales, il faut avoir des candidats dans tous les 546 arrondissements que constitue le pays. Et les élections communales, je n’ai pas envie de revenir là-dessus. C’est des élections en termes de Covid qui ont connu une campagne qu’on a copieusement trouvé médiatique. Vous connaissez les conditions dans lesquelles ces campagnes ont été faites. Nous avons fait le bilan de ces élections au sein du Prd et si on les reprend aujourd’hui, je vous assure que le Prd n’aurait pas ce score parce que primo, il n’y a pas Covid, secundo, les conditions ont changé, tertio, le Prd a pris les notions qu’il faut faire. Ce que je veux que ma présence sur cette émission retienne est qu’on peut bien être en désaccord dans une réforme et accepter que cette réforme continue. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers ni partisans. Et même si ça nous désavantage, nous avons fait l’option de mettre l’intérêt général au-dessus de l’intérêt partisan de notre parti. Il n’en demeure pas moins que nous ne sommes pas des oiseaux qui revenons prendre des pièges aux mêmes endroits que nous avions été piégés. Nous avons des universités de vacances, nous avons des journées de réflexions, nous avons des cercles de réflexion, des instances du parti qui analysent les forces et faiblesses du parti. Et gardez-le pour de bon, en politique, c’est un rapport de forces permanent qu’un autre rapport de forces permanent vise à détruire.

Lors de son investiture, le Chef de l’Etat a dit de taire les querelles, alors qu’il n’a pas encore commencé les démarches en son sein. Son appel sera-t-il entendu par la classe politique ?
L’appel du chef de l’Etat est intéressant et est à saluer de cette position, de cette tribune. Le jour de l’investiture, le père de la nation dans cette posture lorsqu’on lui a remis tous les attributs de la République, les onze millions que nous étions, étaient devenus comme un. Et ce discours est en conformité avec un discours qui veut aller de l’avant. La première chose, c’est le début. La seconde chose, c’est de l’aider à ce que ce discours se transforme en des actes. Ce n’est pas de se réfugier derrière des accusations pour dire que ce qu’il a dit, de taire les querelles, aurait échoué. Si tous nous venions boucher les trous de la jarre, personne ne serait absent au rendez-vous et à ce rendez-vous le problème de taire les querelles serait abordé autour d’une table. C’est la vision que nous avons. Le Chef de l’Etat veut aujourd’hui amorcer le développement avec les ressources humaines que sont les Béninois et d’autres compétences qui viendront du monde avec les moyens financiers des Béninois. Et il n’est pas juste que certains Béninois se sentent exclus. Le Chef de l’Etat a bien posé la question. Il reste que chacun se mette en position de récupérer cet appel et de créer les conditions pour venir autour d’une table. Nous, au Prd, nous sommes d’accord sur ce principe. Nous ne faisons pas partie de ceux qui font les querelles, mais si on nous invite nous allons appeler ces amis autour d’une table. Faisons la guerre verbale autour d’une table, saluons-nous parce que dehors, le Chef de l’Etat a dit quelque chose : « nous avons tous un ennemi, en dépit de nos querelles. Nous avons un ennemi qui ne dort pas, c’est la misère, le chômage des jeunes, la maladie ». Cet ennemi ne dort pas. Il ne connait ni opposant, ni ‘’mouvancier’’. Il frappe et si nous ne nous entendons pas, nous serons frappés par le chômage. Mieux vaut, très rapidement, nous entendre pour faire face à cet ennemi qui ne viendra pas à la table de négociation mais qui est toujours là et dans d’autres pays. Donc, il y a ce que j’appelle le temps des temps. Si nous allons prendre le temps de nous chamailler, les problèmes sont au quotidien. C’est Coluche qui disait que : « Ne pensez pas que vous allez noyer vos soucis en buvant de l’alcool. Les soucis savent nager ». C’est dire que si c’est parce que vous avez des soucis que vous allez boire pour les chasser, attention, les soucis savent nager. Il suffit de boire, de dormir, de vous réveiller et vos soucis sont là. C’est à ce niveau que nous disons qu’il faut faire la part des choses. Le Bénin sera construit par les Béninois, pour les Béninois, et dans l’unité nationale. Mais l’unité nationale n’est pas l’unanimisme. Donc, une opposition a tout à fait sa place dans la République. Les textes l’autorisent. Les gens ne sont pas obligés de dire que ce que le gouvernement fait est bon et aucun gouvernement n’a la vocation de contrôler la parole. Si un gouvernement a cette prétention, il a déjà échoué. Mais, c’est la manière de protester qui doit être une manière républicaine et une démarche de vivre-ensemble. C’est ça la nuance. La nuance, c’est la manière de protester. Vous savez très bien que dans nos familles ce n’est pas parce que papa et maman sont ensemble qu’il y a la paix. C’est parce que la manière de protester est suffisamment discrète que nous ne sentons pas qu’il y a un problème au sein de la famille. Lorsque ça ne se passe pas comme ça, c’est la violence. Et c’est cette violence qui sort de la maison, va dans la rue et de la rue, envahit la cité et de la cité, tout le pays. Si vous ne prenez pas cet exemple, vous ne comprendrez pas. 11 millions de personnes, c’est 11 millions de points de vue. Personne ne peut avoir la prétention de dire que c’est lui qui a raison. Par contre, on choisit les moyens pour faire entendre raison, pour ne pas rompre la manne et que le problème d’aujourd’hui soit une opportunité demain.

Êtes-vous du même avis que ceux qui disent que les libertés sont foulées au pied depuis 2016 ?
Je n’ai pas eu ce sentiment parce que j’ai toujours eu la liberté de m’exprimer en tant que Parfait Ahoyo et en tant que membre du PRD. Lorsque les choses n’étaient pas claires, je sollicitais toute la presse pour marquer notre désaccord en qualité de porte-parole. En plus de cela, on a fait un usage abusif des réseaux sociaux. On ne sait pas ce que c’est que le code du numérique qui n’a jamais interdit d’utiliser les réseaux sociaux pour s’exprimer, mais dit qu’il ne faut pas calomnier. L’effet multiplicateur est plus que les autres médias et donc, il est très facile de détruire à partir des réseaux sociaux. Donc, chacun doit être responsable de ses propos. Il y a donc la notion de responsabilité et la notion de liberté. Vous devez mesurer vos propos. Vous me direz peut-être qu’on n’a pas préparé tout le monde à avoir l’outil en main. C’est peut-être le rôle des partis politiques et je peux vous dire, en tant que Délégué général de la DEN/PRD en charge de TIC, j’ai mis en place une politique de formation de nos militants sur les réseaux sociaux, aucun militant PRD ne tient des propos déplacés sur les réseaux sociaux. On les a formés et je crois que c’est un travail permanent. Vous entendez des jeunes insulter des personnes sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas pour le président Adrien Houngbédji alors que ces derniers ne l’ont jamais rencontré, sans avoir été interpellés. Ceux qui sont souvent interpellés répondent de leurs actes et les avocats vont les défendre. La notion de liberté doit être accompagnée de la notion de responsabilité. C’est important. Je n’ai pas souvenance non plus que des hommes politiques aient été arrêtés à cause de leurs opinions. Si vous diffamez, la loi dit d’apporter les preuves. C’est ce que nos amis de la presse ne comprennent pas. Si la personne à qui vous vous adressez estime qu’elle est blessée, c’est de la diffamation. Vous regardez la personne qui a les yeux rouges et vous dites qu’il a l’air d’un soulard. Mais lui peut dire que c’est de la diffamation au moment où vous parlez de liberté. Je pense qu’il y a un travail de fond qui doit être fait. Qui a été mis en prison parce qu’il a dit qu’il est contre Talon ? Je n’en connais pas.

Donc vous pensez que Joël Aïvo et autres étaient suffisamment plongés ?
Non. Vous avez cité Joël Aïvo pourquoi vous ne citez pas le secrétaire général du parti Les Démocrates, pourquoi vous ne citez pas Eric Houndété ?
Laissons la justice faire son travail.

Il n’est pas encore interpellé à ce jour…
Pourtant, ils disent tous la même chose. C’est des exemples pour qu’on ne continue pas le débat. Il est là dans le pays et tranquille. Et pourquoi vous ne parlez pas de mon frère Candide Azannaï ? Donc il dit la même chose que Talon ?

Quelle est la différence ?
La différence est que vous ne vous associez pas à des pratiques, à des réunions, à des choses qui sont interdites sur lesquelles on peut apporter des preuves matérielles contre vous. Vous savez que devant la justice on ne dit pas ‘’il paraît’’ ? Devant un juge, c’est la preuve matérielle. Donc je continue de parler de présomption d’innocence. Tous les amis qui sont arrêtés à la date d’aujourd’hui bénéficient de cette présomption d’innocence. Mais il va falloir démontrer leur innocence à travers des preuves matérielles qui ont permis leurs arrestations. C’est ça le problème. Et comme c’est aux mains de la justice, vous et moi nous ne savons pas, mais je puis vous dire que si nous restons dans le même registre, des hommes et des femmes disant les mêmes choses politiquement se sont retrouvés en deux ou trois catégories. Certains arrêtés, d’autres en fuite, et d’autres sur le territoire national sans être inquiétés. Mais tous ont les mêmes discours. Donc à nous de chercher les raisons et de savoir pourquoi ci, pourquoi ça. Je crois que si on ne fait pas ça et si on se met très facilement dans un camp, on n’encouragera pas l’attitude des autres qui ont été exemplaires en ne se mêlant à rien du tout, tout en gardant leurs opinions. C’est pour ça qu’à l’entame, j’ai commencé par dire que je n’ai pas souvenance d’avoir écouté quelqu’un qui, à la sortie d’une émission, ait été arrêté.

Vous êtes un technicien en numérique. Voulez-vous dire qu’il y a eu des échanges à travers le numérique qui ont permis d’avoir des preuves irréfutables contre certains ?
C’est justement ça. C’est ce que j’appelle les preuves matérielles. Lorsque vous avez des audios, des échanges écrits, lorsque vous avez fait des transactions financières et qu’on vous dit : « Justifiez ces transactions-là », on viendra vous interpeler pour les justifier. C’est la justice qui nous édifiera. Si c’est quelqu’un qui a pris ta voix et a fait un montage, la technologie peut démontrer que ce n’est pas toi. Mais s’il s’est avéré que c’est toi, c’est difficile. Et c’est de ça que je parle. Le numérique nous permet aujourd’hui d’authentifier un document.

Est-ce qu’aujourd’hui, les techniques de clonage de voix permettent qu’on reconnaisse que c’est des voix clonées ?
On peut multiplier les voix, mais ce qu’on ne peut pas faire, c’est falsification de l’original. Tout original est unique même en numérique. Et il y a les techniques pour identifier le document original ou authentique. Il y a des technologies aujourd’hui dans notre pays pour l’identifier. Donc s’il arrivait que quelqu’un estime que ce n’est pas lui, on enclenche la procédure de l’authentification du document.

Voulez-vous dire qu’il n’y a pas de chasse aux sorcières ?
Pour avoir la chasse aux sorcières, il faut d’abord identifier les sorcières et les chasseurs. Je n’en connais ni de l’un ni de l’autre. Par contre, si un Béninois se sent brimé dans ses droits, il a les moyens légaux pour prouver ou confirmer son innocence. Et une fois encore en politique, il y a des positions qu’on ne prend pas selon les circonstances. En tout cas, moi je l’ai appris avec le temps. Je peux ne pas être d’accord aujourd’hui, et attendre l’occasion pour le dire, parce que lorsque vous lancez tout le mouvement d’ensemble, le pouvoir politique, surtout l’Etat a ce qu’on appelle la raison d’Etat. Vous ne pouvez pas vous opposer à la raison d’Etat. Après vous allez justifier que la raison d’Etat a tort, mais c’est après coup, c’est dans les procès. Mais ça peut vous être fatal humainement, psychologiquement. Donc la chasse aux sorcières, attention, c’est des hommes et des femmes qui sont dans nos appareils, aussi bien l’officier de police judiciaire qu’au niveau de la justice. Je ne dis pas que tout ce système est totalement infaillible, mais s’il advenait que quelqu’un est brimé dans ses droits, ayons confiance en la justice de notre pays. Ça va se faire. On a connu des cas où il y a eu de non-lieu dans ce même pays. Donc ne pensons pas forcément que ça n’arrive qu’aux autres. Si nous pensons comme ça, c’est de dire que nous ne sommes plus dans un Etat de droit. Ils auront leurs droits, leurs libertés, et tout ce qu’ils peuvent faire.

Le PRD participe au gouvernement avec un ministre sur 23. Ce n’est pas peu ?
Non, ça ne se compte pas comme ça. Il faut d’abord voir la symbolique. Aujourd’hui pour nos militants, pendant les 5 premières années, nous avons dit que nous sommes un soutien sans participation. Nous n’étions pas au gouvernement. Et nous sommes maintenant un soutien avec participation. Le ministre Akotègnon qui est au gouvernement n’est pas un ministre PRD. Il est un ministre militant du Prd, mais il est un ministre pour la République. Il est là pour servir les Béninoises et Béninois toutes tendances confondues. Le journaliste que vous êtes est un journaliste pour toute la République. Si on prend la fonction comme ça, on se rend compte que nous sommes tous amenés à une tâche républicaine. Et c’est comme ça que nous voyons la présence du PRD dans le gouvernement. Et cette présence est pour nous une note de satisfaction en termes de politique. C’est-à-dire que l’approche que je viens de décrire qui est celle du Prd est écoutée. Nous allons apporter notre vision pacifiste à l’oreille qui décide. C’est en cela que c’est une joie. Donc il ne s’agit pas du nombre. Il s’agit de l’efficacité et de pouvoir avoir une possibilité supplémentaire de contribuer au développement du pays.

Surtout que c’est lui qui commande désormais les maires et les préfets …
J’ai lu ça sur les réseaux sociaux et j’ai souri un peu. C’est de la blague. Ayons le triomphe modeste. Le ministre de la décentralisation n’est pas le bourreau des préfets et des maires. Il est le facilitateur pour que les maires réussissent leurs missions. C’est son boulot. S’il constitue un frein, il a perdu les normes, parce que dans le Programme du président Talon, c’est à partir de la base que le développement va être amorcé. Donc vu sous cet angle, je crois que le ministre Akotègnon a un grand rôle à jouer pour booster le développement de la base au sommet et avec son expérience au parlement en tant que président de la commission des finances, il a eu la chance de rencontrer presque tous les ministres. Ça lui est facile de discuter avec la plupart de ses collègues, car le gouvernement n’a pas bougé depuis 5 ans. Donc il a eu cette chance-là de discuter avec eux, de connaître presque tous les budgets de chaque ministère, les progrès et les difficultés. Il a fait cet exercice pendant 4 ans à l’Assemblée nationale. Donc c’est un atout supplémentaire qui va être au service du développement local. C’est comme ça qu’il faut voir. Mais pour nous, en tant que PRD, c’est une satisfaction morale parce que certains nous ont dit que le candidat Talon est venu au congrès du PRD pour nous bluffer. C’était presque de l’injure pour la personne du président Talon. Donc je crois que cette nomination vient mettre ça là de côté. Certains nous ont dit aussi sur le terrain que le PRD est de l’opposition. On a beau dire qu’ils se trompent de cible, ils ne nous comprenaient pas. Cette nomination pour nous vient déblayer le terrain. Nous n’avons jamais été à quelque rencontre de l’opposition que ce soit. Nous, nous sommes PRD. Nous avons gardé notre entité et nous en sommes fiers. Et c’est cette liberté qui nous permet de choisir librement le candidat Patrice Talon. C’est la différence. On ne peut pas nous faire le procès de choisir quelqu’un. Nous, nous sommes PRD et nous soutenons Talon et son programme d’action.

N’avez-vous pas le sentiment qu’il y a juste eu un semblant de remaniement pour insérer le PRD dans le gouvernement ?
Non. Vu comme le trombinoscope du gouvernement, on voit les anciennes photos, et puis on voit une nouvelle photo. Vu comme ça, on est tenté de dire oui. Mais ce n’est pas du tout ça la réalité. Nous venons de célébrer le travail des hommes et des femmes du gouvernement qui ont conduit le président Talon à avoir les réalisations positives qui sont les siennes. Et il n’a pas encore fini certains chantiers. Si vous avez bien suivi son projet de société, c’est la continuité de ce qu’il a entamé depuis 5 ans. Certains sont même restés à l’étape d’étude. Des choses réalisées par ceux qui sont là. Je crois qu’il a gardé une attitude de cohérence au niveau de l’action gouvernementale pour aller vraiment loin, pour ne pas perturber l’équilibre. On était habitué à chaque remaniement ministériel à un jeu de chaises musicales. Mais n’enlevons pas le pouvoir constitutionnel conféré au chef de l’État de former son gouvernement, de conduire la politique gouvernementale et d’en répondre devant la nation. Si nous commençons par interpréter ses choix, c’est tout comme si nous voulons nous mettre à sa place. On a vu des chefs d’État qui ont formé leur gouvernement, personne n’a dit que c’est mauvais. C’est à la fin que nous avons eu les résultats.

Avez-vous constaté la disparition du ministère de la communication ?
Je n’ai pas été surpris de la disparition de ce ministère, parce que je m’étais dit que les communications étaient retournées au niveau du ministère du numérique et de la digitalisation. Après, on a suivi en direct le chef de l’État qui a coupé la polémique en intervenant sur E-télé pour expliquer sa vision. Une fois encore, la politique gouvernementale est conduite par le chef du gouvernement. Et ce que moi j’ai retenu de fondamental, c’est qu’il a fait un diagnostic du ministère de la communication. Au moins si on reste au niveau du diagnostic, le secteur n’a pas permis au ministère de la communication de se partager. L’autre diagnostic est que la volonté de réguler, de professionnaliser la communication est affichée. Le chef de l’État a estimé qu’il faut dissocier la communication gouvernementale de la propagande. Donc en ramenant le porte-parole à la présidence, il n’y a rien d’anormal. Ce qu’il faut surtout éviter, c’est la polémique. Une fois encore, et ça c’est un appel à l’endroit des professionnels de la communication : Ne loupez pas l’opportunité. Le chef de l’État a dit : « Je veux améliorer votre secteur. » Si vous restez là à dire que Talon a supprimé la communication, nous n’allons rien faire, il vous a aidé et ainsi un nouveau paradigme de la communication va naître et peut être que lorsque vous professionnels qui vivez les choses vous allez vous mettre autour de la table en posant les actes le plus sereinement possible, une nouvelle piste des communications va sortir. Mais à la date d’aujourd’hui, la seule suppression que je vois est une opportunité pour les professionnels de la communication et de l’information de se réveiller. Dites-vous que c’est l’occasion pour que le chef de l’Etat s’intéresse à votre corporation. Faisons donc quelque chose de clean et saisissons cette opportunité pour que ça soit réglé. C’est vous autour de la table qui allez proposer une modification des textes de la HAAC pour aller dans le professionnalisme. Si c’est cette occasion qui permet d’avoir une nouvelle loi sur la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, alors saisissez-la.

Que proposez-vous comme solution pour qu’il y ait une stabilité politique durant le second mandat du président de la République ?
Le Président Talon est un infatigable acteur de la stabilité politique. Et je crois qu’il a mis la première clé dans la porte en demandant aux uns et aux autres de taire les querelles. La deuxième étape est de franchir le palier et surtout que ceux et celles qui ne disent pas les mêmes choses acceptent le principe. Si le pays est calme, on peut faire beaucoup de choses. Le chef de l’Etat est content que le vivre ensemble existe dans certaines zones et il a totalement l’intelligence nécessaire pour atteindre cet objectif. Mais avant de dialoguer, il faut que tout le monde soit dans la même vision. Le pays n’avancera pas dans la division. Le chef de l’Etat a les moyens pour tendre la main au peuple et il doit être un infatigable dialogueur. Il ne faut pas se fatiguer de lui rappeler que c’est à lui qu’on a confié le Bénin, c’est à lui de nous représenter.

Donc vous pensez qu’il doit donner une suite favorable aux récentes demandes pressantes pour organiser des assises?
Il doit contribuer à ce que les Béninois se parlent, surtout la classe politique. Que ceux qui ne partagent pas le même point de vue que lui se parlent. Nous devons faire comprendre que nous avons intérêt à parler ensemble. Le faire ne veut pas dire que c’est un aveu d’impuissance mais au contraire discuter avec les gens qui ne sont pas du même avis que vous, c’est un acte d’humilité. Cela ne veut pas dire que vous avez pris de l’ascendance sur lui. C’est de cette discussion que jaillira la lumière. Et cette habitude est notre credo au PRD.

Comment le PRD se prépare-t-il pour reconquérir ses sièges au parlement ?
Nous avons un programme de la remontada. On a perdu 10 députés mais aujourd’hui Dieu nous a honorés d’un président qui est expérimenté. Je me souviens du lendemain des élections communales où tout le monde était dans le désespoir. J’ai dit : « Attendez ! Nous allons remonter ! » Lorsque vous êtes sur le terrain et que vous voyez les militants à la base, vous vous rendez compte qu’en réalité cette situation nous a permis de nous rendre compte que c’est un parti politique. Aujourd’hui, c’est très facile de voir les militants sur le terrain mouiller le maillot. Vous nous avez vus sur le terrain pour la campagne mais dans d’autres circonstances ça nous coûtait trois ou quatre fois plus cher. Aujourd’hui, les gens se sentent impliqués et nous voulons maintenir cette dynamique.

Ce sont les effets de la remontada qui vous amènent à reprendre le maillot de militant ?
Je vais vous dire une chose. Certains partis existent parce que les cadres y sont nommés. Parce qu’il y a des directeurs, des ministres, des députés et les gens courent pour être dans ce parti-là. Au PRD, on n’a pas eu ça. On a les militants. On est partis de 0 ministre à 1 ministre. Pour nous, c’est un gain. Et ce poste est forcément en moins quelque part sur le parti. Si vous ne savez pas vous contenter de ça, vous n’allez pas apprécier le chemin parcouru. Le simple fait d’être parmi les gouvernants, vous permet d’être avec les gouvernants. Cela permet à vos militants de ne pas être considérés comme des taupes. Nous sommes un parti de masse où les militants n’ont pas besoin forcément d’être devant. Nos militants ont besoin de marchés, des routes pour faire leur business et autre. Ils ont besoin de la sécurité et de la paix . Si vous leur offrez cela, c’est fini.

A quand la retraite politique de votre leader ?
C’est depuis 2019 qu’il s’est totalement retiré. Il y a un mandat du bureau politique qui court jusqu’en décembre de cette année 2021. Je crois que vous ne confondez pas la retraite à la mort politique? Puisque notre leader, le président Adrien Houngbédji, n’est pas mort politiquement. Nous ne lui souhaitons même pas une mort politique. Il est en train de nous orienter vers la prise en charge des problèmes du pays. Il n’est pas plus âgé que certains dont personne ne demande la retraite non plus. Il a quelque chose d’important que je demande que les uns et les autres acceptent, c’est son expérience à conduire un parti politique depuis 30ans. Donc permettez-nous en tant que militant de profiter de ce gisement d’expérience. En tant que militant, le seul Béninois ayant l’expérience de conduire un parti pendant 30ans, c’est notre président Adrien Houngbédji. Donc permettez nous de continuer à traire le lait, s’il était une vache à lait, à boire l’expérience jusqu’à la lie. Sachez donc que nous sommes dans une démarche de le maintenir encore et encore. Il a une vie privée ; il a son programme personnel ; il ne s’implique plus dans le parti comme avant. Mais nous savons qu’en cas de conflit, lorsqu’il y aura des difficultés, il constitue notre repère, une référence tant pour nous qu’à la nation. Surtout qu’il a la liberté au cœur.
Sachez désormais que c’est le noyau des cadres et des responsables de la DEN qui dirige le parti. Depuis 2019, c’est seulement à l’approche des élections présidentielles passées qu’il a fait une sortie pour dire que l’heure est grave ; qu’il y a des incompréhensions qui risquent de tromper beaucoup de Béninois. Et que quand on a son expérience, on ne laisse pas les choses pourrir. On vient à la rescousse. C’est pour ça qu’il est passé de maison en maison, en demandant aux jeunes de ne pas verser dans la violence. Il dit dans son discours de non-violence : «J’ai voulu être chef de l’Etat pour construire le pays. Dieu ne me l’a pas donné. Quelqu’un est en train de le faire, je ne vais pas l’empêcher ni par action, ni par mes intentions. Que personne ne vous mente pour que vous versiez dans la violence inutile ». C’est ce qui l’a fait sortir. Mais après cela, il s’est rangé. Vous ne le voyez nulle part. Et pendant ce temps, c’est nous qui sommes à l’exécutif. C’est nous qui prenons les décisions.
Nous ne voulons pas être orphelins très tôt (au sens propre et au sens figuré). C’est-à-dire nous ne sommes pas pressés de le voir partir. Nous voulons qu’il soit toujours là pour qu’en cas de difficulté ou de situation difficile, nous puissions dire : «Parce que notre leader est là nous pouvons oser».

Si on vous demandait de conclure cet entretien, que diriez-vous ?
Je dirai que notre nation est en développement. Tous les éléments ne sont pas encore sur pieds, le vivre-ensemble est en souffrance mais ne nous leurrons pas. Il n’y a pas encore péril en la demeure. Nous avons toutes les occasions pour nous parler. Que chacun, du plus fort au plus faible, se mette dans une prédisposition d’écoute de l’autre, parce qu’il n’y a pas de fort éternel, il n’y a pas de faible éternel. Tout est mouvant, tout bouge. Ceux qui sont fort aujourd’hui peuvent être en faible position demain. Mais comme personne ne veut subir ce sort, notre combat est de faire en sorte qu’aucun Béninois ne brime l’autre. C’est de bâtir la République. Ne construisons pas les textes sur mesure, prenons les dispositions pour le futur, pour l’avenir de nos enfants. Sur certains aspects des réformes politiques, c’est pour ça que moi je soutiens le président Talon. Mais nos expériences ne nous permettent pas aujourd’hui d’apprécier tout. Gardons l’esprit, corrigeons ce qui peut l’être, mais dans un esprit de vivre ensemble et ce vivre-ensemble est indispensable. Faire en sorte que chacun puisse s’exprimer, se déplacer librement dans le pays. Et ça, c’est le pouvoir qui a les moyens pour nous assurer cela. Il revient au pouvoir politique de nous assurer à nous tous, la liberté d’aller et de venir, la liberté de parole, et à nous autres, c’est notre attitude qui nous permet de bénéficier de ça.

Carte d’identité: 30 ans d’expérience politique

Christian Parfait Ahoyo est ingénieur en informatique. Né le 15 avril 1967 à Abomey, il a fait son école primaire à Porto Novo où il obtient le CEFEB en 1978. Il fait ensuite le CEG 2 Abomey où il décroche le BEPC en 1984 ainsi que le BAC C au Lycée Houffon. Inscrit en MP à l’Université nationale du Bénin, il fait parallèlement des études de géographie. A l’issue des études en Mathématiques et en Géographie, il part en France pour faire un troisième cycle en système de gestion de l’environnement de 1999 à 2004, à Aix-en-Provence (Marseille). Parallèlement, il fait à Orléans des études d’ingénieur en informatique qu’il juge beaucoup plus opérationnelle. Il travaille réellement en tant qu’ingénieur informatique à Air France, à la Société Générale des Banques en France, à BMP, à Total dans les groupes Axa, avant de revenir sur des missions à l’international en tant qu’expert au niveau de l’Union européenne. Et à partir de 2008-2009, il fait des missions internationales vers l’Afrique avec la Banque Mondiale, le PNUD. Il intervient ainsi sur les politiques d’informatisation, par exemple le Programme d’Appui aux Réformes de la Justice au Bénin, pour l’informatisation de la justice dans notre pays. Nommé par le Président de l’Assemblée nationale au poste de conseiller technique chargé de l’informatisation et du numérique, il a travaillé sur le code du numérique adopté par le parlement en 2015. Mais il ne faut pas oublier que depuis l’université, Christian Parfait Ahoyo était déjà un militant du Prd. Membre fondateur de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb), il a été le tout premier Directeur de publication du journal Le Révélateur, le 2ème journal des étudiants après Le Héraut. Président de l’UNEB de 1991-1992-93, il avait toujours été militant de Me. Adrien Houngbédji. Il était ainsi dans la campagne pour la présidentielle de 2001, 2006 et 2011, toujours aux côtés de son mentor. « Nous avons gagné, dit-il. On nous a vendu le ko. Nous avons accepté les chars devant nos maisons à Porto-Novo. » Durant ces heures chaudes, il avait même été arrêté et brièvement détenu. Bien entendu, 2016 a vu le soutien du Prd pour Lionel Zinsou, avant qu’à l’heure de la victoire de Talon, le parti ne bascule vers la mouvance présidentielle.

Intimité: Ancien footballeur

Marié et père de 02 enfants, Christian Parfait Ahoyo est un ancien footballeur. Il fut même sociétaire du club des caïmans du Zou (junior).Et à ce titre, il connaissait l’ancien Président de la FBF, l’emblématique Moucharaf Gbadamassi. Si vous l’invitez à table, il faudra prévoir de l’akassa couvert de feuille de teck ou de palmier. En termes de boisson, il apprécie bien le vin à table et la bière quand il est avec les amis.

La REDACTION

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