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Le triomphe de la vérité

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Assainissement dans le secteur de la santé: L’ordre des chirurgiens-dentistes en campagne contre les cabinets dentaires illégaux


Un cabinet mis sous scellé

Quatre cabinets de soins dentaires ont été fermés vendredi 26 mars 2021 par les responsables du ministère de la santé en compagnie de l’ordre national des chirurgiens-dentistes du Bénin. Une opération qui a pour objectif  de mettre fin aux cabinets de soins illégaux et d’amener les uns et les autres à se conformer aux textes de loi et aux réformes entreprises par le gouvernement du président Patrice Talon en 2018 dans le secteur de la santé.  

10h18mn, devant la pharmacie Camp Guézzo en plein cœur de Cotonou, la délégation constituée d’huissier de justice, de responsable de l’ordre des chirurgiens-dentistes, du ministère de la santé et des forces de l’ordre  fait son entrée dans le bâtiment situé dans l’angle droit de la plus grande pharmacie au Bénin. A l’entrée de l’immeuble, deux enseignes  lumineuses en forme de dent avec l’inscription ‘’Cabinet Dentaire’’ informent de ce qui se fait à l’intérieur. La délégation traverse deux portes et tombe sur la salle d’attente où attendait une patiente  venue se faire examiner. Deux aides-soignantes s’affairent dans un petit bureau à l’entrée du couloir et qui donne accès au bureau de la responsable et à la salle d’opération. Les échanges n’ont pas tardé à prendre une allure vertigineuse. « Montrez-nous votre autorisation d’ouverture, le diplôme qui atteste que vous êtes chirurgien-dentiste et l’autorisation d’exercice de la profession », demanda le conseiller technique juridique du ministère de la santé, MartinCorréa. Impossible  pour la responsable des lieux de sortir  le moindre papier. « Si vous n’avez pas les papiers, alors, vous allez sortir, fermer le cabinet et nous allons mettre les scellés. Ensuite, vous passerez au ministère afin que nous engagions avec vous les démarches pour vous mettre à jour », ajoutera le CTJ. Mais, son interlocuteur n’entend pas obtempérer. Elle brandit une ancienne loi qui l’autorise à exercer et demande à voir les nouveaux textes qui l’obligent à fermer. Le ton est monté entre la responsable des lieux et la délégation, mais dame Charlène Osono finira par fermer ses bureaux et laisser l’huissier de justice mettre les sceller. « Vous avez fait pour vous aujourd’hui, demain commencera pour moi », dira-t-elle,  très furieuse  avant dedémarrer en trompe son véhicule et quitta les lieux.

Elle reviendra une heure environs après le départ de la délégation, enlever les scellés  pour recevoir à nouveau ses clients. La délégation informée est revenue au camp Guézo vers 15h et constate l’infraction. Elle sera ensuite menottée et embarquée par les agents de la police républicaine. C’est le début d’un épisode judiciaire qui sera appelé à décourager de tels actes d’incivisme.

Des faits qui donnent raison à l’ordre des chirurgiens-dentistes

« Cette dame a été inscrite à l’ordre de façon assez spécial », dira Dr Christiane Paraïso, présidente de l’ordre des chirurgiens-dentistes du Bénin qui poursuit : «  Toujours est-il que c’est sans avoir présenté un diplôme de doctorat en chirurgie dentaire. En 2019, un nouveau bureau est arrivé à la tête de l’ordre puis, nous avons repris les dossiers et nous avons cherché à comprendre. Il se fait que même les anciennes autorisations elle n’avait pas pu les obtenir parce que son équivalence de diplôme faisait défaut. Après nos enquêtes au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur et en France où elle a étudié, il se dévoile qu’elle n’a qu’une licence en soins dentaire qu’elle exhibe et parle d’équivalence au doctorat.  Dans quel pays une licence équivaut à un doctorat d’État ? S’interroge la présidente de l’ordre. Selon les explications du conseiller technique juridique du ministère de la santé, Martin Corréa, le gouvernement a engagé des réformes dans le secteur de la santé depuis 2018. Des réformes qui ont ramené tous les compteurs à zéro, les anciennes autorisations annulées et tous ceux qui  exerçaient en privé étaient appelés à reprendre les formalités pour de nouvelles autorisations. « Je me suis rapproché d’elle. Je l’ai reçu dans mon bureau, nous avons échangé et je lui ai montré le chemin à suivre pour être en règle. Pour elle, il n’était pas question qu’elle ferme, mais depuis plus de six mois, elle a passé son temps à narguer tout le monde », déplore le chef de la délégation.  « Pour avoir l’autorisation d’ouvrir un cabinet, il faut d’abord être de nationalité béninoise. Faire partir de l’ordre de la spécialité, avoir un diplôme de doctorat d’Etat et avoir l’autorisation d’exercer. Toutes ces pièces réunies et amenées au ministère de la santé vous permettent d’enclencher la procédure. Nous sommes disposés à aider tous ceux qui sont dans le besoin », a renchéri le CTJ, Martin Corréa.

Trois autres cabinets seront fermés sans aucune résistance

Le même exercice sera fait à Gbégamey avec le cabinet ‘’Boko-Prothèse’’. Ici, aucune résistance n’a été constatée. L’ancien sous-officier des para commando qui plus, est technicien supérieur en odonto-stomato des armées, prothésiste dentaire de Marseille, armée de France. Ce dernier obtempère facilement et promet  se rapprocher du ministère pour les formalités nécessaires. A  Agla dans l’enceinte du centre de santé social Anasthasia se trouve un service en odontologie qui est géré par un quidam. Ce dernier  a pris le soin de disparaitre avant l’arrivée de la délégation. Les responsables de ce centre ont été sensibilisés puis ont laissé sceller  les portes de ce service en attendant de se conformer aux exigences du ministère. Le dernier cabinet fermé par la délégation est celui de Mr Savi à Akossombo. Affaibli sous le coup de l’âge, Mr Savi a toute sa vie exercé dans l’illégalité et à préparer une relève qui continuait dans le même sens. Ayant appris l’arrivée de la délégation à faire évacuer les lieux. Les portes du cabinet seront aussi sceller et Mr Savi sensibilisé sur les dangers qu’il court s’il rouvrait. 

Il est important de rappeler que cette opération a été menée par l’ordre national des chirurgiens-dentistes du Bénin présidé par Dr Christiane Paraïso avec la collaboration du ministère de la santé représenté pour la circonstance par le conseiller technique juridique du ministère, Jacques Louis Martin Corréa, de Dr Ahissou Clément, chef du service réglementation sanitaire au ministère de la santé, d’un détachement de la police républicaine, et du cabinet d’huissier Me Bankolé. Pour l’ordre, il est important de mettre fin au désordre et extirper des rangs les brebis galeuses. Car les plaintes d’opération mal faite avec des complications surviennent de jour en jour et n’honorent pas les chirurgiens-dentistes.  

Yannick SOMALON

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