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Le triomphe de la vérité

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Fadel KABASSI, Président de l’ONG Cap Equi Libre dans «Sous L’Arbre à Palabre»: «La Rupture a changé l’état d’esprit des populations»


Fadel KABASSI

Maintenir le cap en se mettant pleinement au service de la communauté. Telle est l’idéologie de l’Ong Cap Equi Libre ancrée dans le dynamisme, l’équité et la liberté. Son président Fadel Kabassi, a choisi le canal de la rubrique « Sous l’Arbre à Palabre » de L’Evénement Précis pour revenir sur les objectifs de cette organisation non gouvernementale, ses domaines d’intervention ainsi que ses activités dont la plus célèbre est « La Dictée du Président ». Le jeune acteur politique s’est également prononcé sur la gouvernance du Président Patrice Talon. Lisez plutôt…

Et si on en parlait

Que signifie Cap Equi libre ?
Comme vous pouvez le constater, il y a Cap, Equi et libre. Cap pour faire allusion à l’orientation, la direction ou la dynamique que nous prônons, Equi pour faire appel au principe d’équité ou d’équilibre et libre pour faire référence à la liberté. Il y a un attelage de l’esprit saint dans un corps sain qui permet aux uns et aux autres d’être en équilibre et de se sentir en pleine capacité d’aller de l’avant dans tous les domaines de leur vie. Comme on le dit souvent, la santé avant toute chose ; et c’est à la fois la santé physique et mentale. C’est dans ce sens que nous avons pensé dénommer notre Ong Cap Equi Libre qui, jusqu’ici, essaie de maintenir le cap en se mettant pleinement au service de la communauté.

Quels sont vos domaines d’intervention ?
Nous avons quatre (4) domaines d’intervention : la solidarité sociale, la formation et l’emploi, l’éducation et les loisirs, puis enfin, les arts et la culture. Nous avons pour slogan : « Au service de la communauté ».

L’une des activités phares de l’Ong c’est le concours « La Dictée du Président ». Parlez-nous un peu de ce concours.
Face à ce que nous savons de la qualité de plus en plus inquiétante de la langue française au niveau primaire, on s’est alors demandé ce qu’il faut faire pour aider le gouvernement et l’Etat à corriger cela. Pour que nos jeunes enfants et écoliers puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, il faut les mettre en compétition. Les enfants d’aujourd’hui sont les dirigeants de demain.
La Dictée du Président est donc un concours national de dictées destiné aux écoliers du primaire. Il est séquencé en trois (3) étapes : communale, départementale et nationale pour la phase finale. L’originalité de notre concours réside dans le fait que les textes de dictées sont lus aux enfants par les autorités elles-mêmes.

Aurions-nous une autre phase finale après le départ du Président actuel ?
Oui. Nous avons créé cet événement pas seulement pour le Président qui est actuellement là, mais pour tous les Présidents qui vont diriger ce pays. Il est vrai que l’événement porte le nom du Président, mais, avoir eu le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio-Tchané à nos côtés à la dernière phase finale était un très grand honneur pour nous. Nous en sommes très heureux et fiers. Nous espérons que pour la phase finale de la deuxième édition, le prochain Président fera la lecture.

Quel bilan peut-on faire des actions de l’Ong Cap Equi Libre ?
Nous avons quatre (4) domaines d’intervention et des activités pour chaque domaine. Mise à part notre activité phare, nous avons aussi les jeux Téracom. C’est à la fois une coupe du monde, des olympiades et des Jeux olympiques. Olympiades parce que nous avons des jeux intellectuels tels que : la dictée, le scrabble, le sudoku, awalé, des chiffres et des lettres, les mots dits et autres. Olympiques parce que nous avons plusieurs disciplines sportives telles que : l’athlétisme, la lutte traditionnelle, le saut en hauteur, le football, le basketball et le handball. Coupe du monde parce qu’en matière de football, nous avons trente-deux (32) équipes. La phase finale de notre coupe du monde à nous se tient au stade municipal de Parakou pour une durée de six semaines. La phase éliminatoire part du mois de janvier à juin. Des matchs se jouent dans chaque arrondissement et à la fin, nous sélectionnons les vingt (20) meilleurs de Parakou. Les arrondissements sont pris comme des continents. En plus des vingt (20), nous avons les deux (2) finalistes de l’édition précédente et les dix (10) autres équipes viennent des différentes communes. L’équipe vainqueure de la dernière édition (avant COVID) en 2019 était venue de Kandi. Cette coupe du monde a déjà un impact puisque trois équipes de Parakou sont aujourd’hui en première division du championnat national de football. Ce n’est pas le fruit d’un hasard puisque nous faisions nos tournois même lorsqu’il n’y avait pas de championnat. Ce qui mettait non seulement les joueurs en jambes, mais aussi les arbitres. En matière de sport, notamment, le secret pour la réussite, c’est la pratique. Dans le championnat, nous avons les Buffles du Borgou, Dynamo Fc et Real sport de Parakou. Et pour la petite histoire, Real Sport a été créé en 2011 pour pouvoir participer aux jeux Téracom. C’est après deux éditions qu’ils se sont sentis capables d’aller en championnat. Aujourd’hui, ils sont en première division. C’est ainsi parce qu’on a toujours privilégié les équipes de quartier au cours des jeux Teracom, et on n’autorisait qu’un maximum de deux (2) joueurs du championnat par équipe. Ce qui fait que toutes les grandes équipes se servaient de la phase finale pour détecter les talents. Ce n’est qu’après les jeux Teracom que les équipes faisaient des tests de sélection des joueurs. Et c’est ce qui justifie la pleine forme de Parakou d’avoir trois (3) équipes en première division du championnat national de football.
Dans le domaine de la « Solidarité sociale », nous accompagnons de manière marginale des hommes et femmes qui ont des activités génératrices de revenus. Nous leur accordons des crédits à taux zéro. Les montants dépassent rarement cinquante mille (50.000) Francs CFA. Nous nous entendons avec l’intéressé sur la durée du remboursement, et ce dernier sait que ce n’est qu’après son remboursement que quelqu’un d’autre peut bénéficier du crédit. La durée du remboursement dépend du bénéficiaire, et peut payer entre trois (3) mois et un (01) an. Ainsi, au fur et à mesure qu’elle rembourse leur dette, elle permet à une autre personne de bénéficier de cette aide-là. Il y a également certaines familles qui n’ont pas les moyens pour payer la scolarité de leurs enfants au niveau primaire. Nous prenons en charge la scolarité de ces enfants, en partie ou en totalité, notamment celle les jeunes filles.
Sur le plan de la « Formation et Emploi », nous faisons deux choses majeures : la première est relative aux ateliers et conférences-débats sur les questions du savoir-faire en entreprise, savoir-être en entreprise, l’élaboration de CV, de lettre de motivation. La deuxième chose majeure à ce niveau-là, c’est que nous avons développé un programme qui s’appelle « Capital Humain ». C’est un programme d’insertion en stage. En réalité, tel que c’est fait, la personne qui veut un stage nous saisit, paie l’ONG pour qu’on lui trouve un stage. Mais l’ONG dispose d’un délai de six (6) mois pour lui faire une proposition concrète. Au bout des six (6) mois, si nous ne lui faisons pas une proposition, on lui restitue l’intégralité de ce qu’il a payé. C’est un contrat que nous signons, et lorsque la personne est en stage, elle est suivie. Il y a des fiches qu’elle remplit de manière hebdomadaire et à la fin, elle a son rapport qu’elle doit nous présenter avant que la structure d’accueil ne lui donne son attestation de stage. Donc, nous avons vraiment privilégié la rigueur à toute autre chose. C’est pour cela que nous avons rendu cela payant afin que celui qui paye ne banalise pas la chose. Sur l’aspect « Education et Loisirs », c’est là qu’interviennent les jeux Téracom et le concours de dictées. Ce sont là nos activités phares. Mais il y a également le concours que nous avons commencé l’année passée : « Les Mots Dits à l’école », s’appuyant sur le jeu « Les Mots Dits » qui est un concept que j’ai développé et pour lequel je détiens les droits d’auteur et la marque de commerce. C’est toujours pour l’amélioration de la langue française et le développement de la culture générale au niveau primaire. En fait, nous avons créé un concours entre écoles. Chaque école doit envoyer deux représentants, un garçon et une fille, et cela se fait sur plusieurs mois. Nous avons fait la première édition en 2020 qui a pris fin en août dernier. L’idée est de récompenser, non seulement les meilleures écoles, mais aussi les meilleurs écoliers qui ont obtenu le maximum de points. Et on le faisait tous les derniers samedis de chaque mois sur sept (7) mois. Toujours par rapport au concept « Les Mots Dits », tous les dimanches depuis quatre (4) mois sur la Radio CAPP FM, nous avons lancé un jeu-concours radiophonique pour les enfants : « Les Mots Dits à l’écoute » cette fois-ci. Les enfants téléphonent donc, grâce à leurs parents, et on leur pose des questions, et les bonnes réponses leur donnent droit à des cadeaux. Même lorsqu’ils n’ont pas réussi à relever tous les défis, parfois ils obtiennent des lots de consolation.
Vient enfin le domaine « Arts et Culture ». À ce niveau, il s’agit, beaucoup plus, de sensibilisation. L’aspect culture, c’est beaucoup plus par rapport à notre identité, parce que nous sommes convaincus qu’on ne peut aller nulle part dans la vie sans savoir se définir soi-même. Et notre culture est fondamentale ; les arts aussi par ricochet. Il y a deux types d’activités que nous avons menées. D’abord, il s’agit des sensibilisations sur le « Consommons local », sur ce que nous sommes, de l’encouragement à parler nos langues locales et à connaître l’histoire de notre pays. Une activité majeure que nous avions faite en 2019, en partenariat avec le groupe de jeunes à l’initiative du concept, c’est un concours d’art culinaire portant sur les mets de chez nous, et dénommé « Miss Gnonnou Adokon ». Cette édition dudit concours se déroulait à Parakou où se trouve également le siège de notre ONG.

Que retenir en termes de perspectives ?
Dans un premier temps, il s’agit pour nous de pouvoir continuer les activités majeures que nous faisons jusque-là. Ensuite, nous devons convaincre et faire en sorte que le maximum de personnes, d’autorités et de structures nous accompagnent dans ce que nous faisons, parce que nous sommes convaincus que ce que nous faisons a beaucoup d’impacts positifs sur la population, sur les enfants et sur toutes les personnes cibles de nos activités. A titre d’exemple, les jeux Téracom au stade de Parakou, c’est au moins mille-cinq-cents (1500) spectateurs chaque jour. Ainsi, pendant six (6) semaines, ça fait mille-cinq-cents (1500) personnes que nous sortons peut-être de l’oisiveté, qui consacrent tout leur après-midi à une activité saine, en tout cas, qui en ce moment-là, n’ont pas le temps de penser négatif. Les jeux Téracom, c’est aussi plus de mille (1000) participants à travers une vingtaine de disciplines, et plus de deux-cents (200) emplois saisonniers directs et indirects. L’impact est réel, et nous le faisons depuis plus de dix (10) ans sans aucun soutien réel de l’État. Jusque-là, l’essentiel de ce que nous faisons, c’est par nos propres moyens. Nous trouvons des partenaires certes, mais chaque partenaire fait suivant ce qu’il peut ; et nous pensons que si nous avons un réel accompagnement de l’Etat, on ferait beaucoup mieux et on impacterait plus de personnes. Un accompagnement serait que nous n’ayons pas à payer l’INFOSEC par exemple ; que nous n’ayons pas à payer le stade pendant 6 semaines, par exemple. C’est dire que ce n’est pas nécessairement de sortir l’argent des caisses de l’Etat qu’il s’agit, mais surtout nous alléger nos charges. Pour le concours de dictées, nous espérions que les maires prennent en charge le déplacement des 10 meilleurs enfants de leurs communes respectives vers leurs préfets, et que les préfets prennent en charge le déplacement des 10 meilleurs enfants de leurs départements respectifs vers le Président de la République. Mais nous n’avons malheureusement pas eu cette chance. Très peu, et trop peu de maires et préfets ne l’ont fait. Je saisis la présente occasion pour les remercier très sincèrement. Ils ont très vite perçu et compris l’importance de ce que nous faisons et qui se sont impliqués, notamment le préfet du Borgou qui n’a jamais ménagé d’effort pour nous aider. Mille mercis à Monsieur Djibril MAMA CISSÉ. Ce n’est pas nécessairement de l’argent que nous attendons de l’Etat, mais au moins cette reconnaissance-là, par l’allègement ou la suppression de certaines de nos charges, pour qu’on puisse bien, et mieux, faire les choses.

Pourquoi faites-vous tout ça ?
Comme je vous l’ai dit, le slogan de notre ONG, c’est : « Au service de la communauté ». Donc, je pense qu’avec les autres membres, amis et camarades, nous sommes convaincus que nul ne peut être heureux tout seul. Et l’éducation que j’ai reçue ne me permet pas de concevoir le bonheur ou l’épanouissement pendant que dans mon entourage, il y a des pleurs. Ce n’est pas concevable dans ma tête. J’ai également eu la chance d’avoir les parents que j’ai, d’avoir le parcours que j’ai eu, d’avoir l’expérience positive de ma vie au Bénin, et je pense qu’à un moment donné, le minimum c’est de faire un bon et juste retour de tout ça. Je sais qu’il y a une autre question qui va suivre, alors je vais anticiper. Il est vrai que depuis un certain nombre d’années, je me suis engagé politiquement, je ne l’ai jamais caché. Mais je prends soin de faire la part des choses entre mes activités à caractère politique et celles de l’ONG. En la matière, il y a plusieurs preuves. Déjà avec l’ONG et tout ce qu’on a eu à faire, cela fait plus d’une douzaine d’années, alors que mon engagement politique ne date de 2013. Ensuite, parmi les membres actifs de notre ONG, il y en a qui ont des engagements politiques et proviennent de tous bords, tandis que d’autres n’ont aucune implication en politique. Le plus important ici c’est la communauté et les populations cibles.

Quelle est votre appréciation de la gouvernance Talon ?
Là vous m’obligez à donner ma coloration. Soit ! Je vous ai dit que depuis 2013, officiellement, je me suis engagé politiquement ; et c’était avec l’Alliance ABT. Et nous avons fait le cheminement que nous avons fait. A un moment donné, nous sommes allés aux élections présidentielles. A un moment donné, nous avons été en partenariat avec le candidat d’alors, et l’équipe a gagné. Donc nous sommes entièrement responsables et nous devons assumer pleinement la gouvernance qu’il y a eu jusqu’ici. En disant assumer pleinement, ça veut dire aussi que sur ce qui a été négatif ou positif, nous ne pouvons ni nous extraire, ni nous soustraire. Dans l’ensemble, personnellement, je juge ce bilan positif. Il y a les appréciations des uns et des autres sur certaines choses, mais je dirai que là encore, ça dépend de votre expérience à ce niveau de décision. Souvent ceux qui sont arrivés à un niveau décisionnel, il y a des commentaires qu’ils ne peuvent pas faire, parce qu’ils connaissent un peu mieux la réalité de la chose que la plupart des gens. Mon appréciation est donc positive et je suis pleinement engagé aujourd’hui avec le Bloc Républicain pour lequel nous allons œuvrer pour la victoire, puisque depuis quelques jours, nous avons officiellement la candidature de celui que nous avions porté. Donc, nous allons continuer dans cette dynamique pour mandater à nouveau le Chef de l’État pour conduire notre Nation durant les cinq (5) prochaines années.

Quelles sont les réalisations qui vous ont enchanté ?
Nous allons prendre chaque pilier. Par exemple, au niveau du premier pilier qui est le pilier politique ; donc les questions de démocratie, d’Etat de droit et de gouvernance, sans hésitation, moi je vous dirai que la réforme du système partisan est un accomplissement positif, parce que ça contraint toute la classe politique à s’organiser, à se mettre ensemble d’une manière ou d’une autre. Et ça c’est quelque chose d’extrêmement positif pour le pays. Un des avantages de cette réforme aujourd’hui, c’est que nous avons certains partis qui bénéficient du financement public. Je ne pense pas qu’avant, c’était réellement possible. Ça c’est quelque chose de positif qui va également dans le sens de la bonne gouvernance. Autre chose, la mise en place de la CRIET. Aujourd’hui, dans tous les cas, vous le sentez ; tout le monde a un respect plus élevé de la chose publique. Toutes les personnes qui paient leurs impôts, qui contribuent à permettre à l’Etat de fonctionner sentent que quelque chose a changé. Elles apprécient un peu mieux la manière dont sont utilisées aujourd’hui les ressources qu’elles ont mises à la disposition de l’Etat, parce qu’il y a des réalisations qui sont palpables, concrètes. L’autre point positif, mais ça c’est en 2026 qu’on le sentira réellement, c’est l’alignement des élections. On aura une seule année électorale. On finit avec les élections, et le reste du temps, on se concentre sur l’essentiel pour le développement de notre pays. Tout sera à l’apaisement : l’état d’esprit de la population, les fonctionnaires, les entrepreneurs, les artisans, etc. Chacun pourra vaquer à ses occupations et à ses affaires sur une période relativement stable et sans perturbation politique majeure.
Sur l’aspect de la transformation structurelle de l’économie qui est un pilier extrêmement important, c’est d’abord l’énergie électrique. Et il faut saluer le gouvernement pour la manière dont il a géré la question de l’énergie électrique. Le problème auquel nous faisons face aujourd’hui est plus relatif à la qualité de l’énergie et la qualité du service que nous avons en tant que consommateurs. Cet état de chose est dû à la vétusté de nos infrastructures relatives au secteur. Je sais que le gouvernement et les structures compétentes travaillent ensemble pour trouver, dans les meilleurs délais, une solution à cette question. La deuxième action qui m’enchante au niveau de ce pilier est la structuration qui a été faite du secteur agricole à travers les ATDA (Agence Territoriale de Développement Agricole). Nous avons également le FNDA (Fonds National de Développement Agricole) pour accompagner l’entrepreneuriat agricole et les institutions qui œuvrent pour mettre en valeur l’agriculture béninoise. Et le gouvernement s’est fixé comme objectif d’atteindre un certain taux de transformation locale des différents produits que nous produisons. Comme produits phares dans le secteur agricole, on a le riz, l’anacarde, l’ananas et le maïs. Et plusieurs autres produits prioritaires comme le soja, le karité, l’huile de palme et le manioc ; avec ensuite l’aviculture comme secteur transversale. Tous les travaux qui ont été faits autour de ces neuf filières sont encourageants et je crois que cela enrichit davantage le pays.
Concernant le pilier social, personne aujourd’hui ne peut dire qu’il ne voit pas les efforts fournis par le gouvernement pour l’accès à l’eau potable pour tous. Et mon dernier point à ce niveau est la mise en place des cantines scolaires qui luttent contre le décrochage en milieu scolaire et également de garantir aux enfants un enseignement de qualité.

Qu’est-ce qui a complètement changé dans le secteur de l’énergie au Bénin ?
Aujourd’hui quand on dit énergie électrique, la population, surtout urbaine, ne voit que la SBEE alors qu’il y a l’électrification rurale avec l’ABERME. Le rôle de l’ABERME, c’est le développement l’électrification en milieu rural. Nous avons également les projets de construction et de mise en place des centrales solaires dans plusieurs localités du Bénin, sans oublier le rôle important que joue le MCA BENIN II en ce domaine. A ce niveau il y a énormément de choses qui sont faites pour permettre aux populations d’avoir accès à l’énergie électrique. Le gouvernement est en train de mettre en œuvre un projet qu’on espère avantageux à terme : c’est la gestion déléguée de la SBEE. L’objectif fondamental est d’avoir un transfert de technologie, un transfert de compétences, pour qu’au terme du contrat nous puissions avoir de nouvelles compétences pour poursuivre et optimiser la gestion de la SBEE nous-mêmes. Si j’ai bonne mémoire, parmi les dernières décisions prises en Conseil des ministres, il y a eu l’autorisation pour lancer un appel d’offres pour la construction de Maria Gléta III. Cela concourra à l’autonomie énergétique. Tout à l’heure, j’ai parlé de la vétusté des infrastructures qui impactent négativement la qualité de l’énergie électrique reçue par les consommateurs. Je sais qu’il est prévu qu’elles seront renouvelées progressivement.

Est-ce que c’est ça qui a débouché sur l’augmentation des prix ?
L’augmentation du prix ne date pas d’hier, mais depuis 2019 où il y a eu une décision qui a été prise dans ce sens. Le gouvernement a pris un décret pour mettre en application cette décision de l’Autorité de Régulation de l’Électricité. L’une des missions des autorités de régulation est de veiller à la justesse des choses comme l’équité. Il faut de l’équité pour les consommateurs, mais il faut également de l’équité pour les promoteurs. L’équité pour le promoteur, c’est de lui fournir de quoi s’équilibrer financièrement. Ce sont donc ces situations qui ont débouché sur une augmentation des tarifs. Mais au lieu de faire cette augmentation une fois, le gouvernement a plutôt opté pour une augmentation en deux temps. C’est pourquoi du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, normalement il y avait 5% d’augmentation et les tarifs avaient été publiés. Et du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021, il y a une nouvelle grille tarifaire. Il y a également un élément majeur à tout ceci qui est le code de l’électricité, qui exige une révision tarifaire tous les deux (2) ans. Ce qui veut dire que dans six mois nous allons encore travailler pour voir si à partir du 1er janvier 2022, il faut un nouveau tarif à la hausse, à la baisse ou s’il faut maintenir les tarifs actuels. C’est ainsi que le code de l’électricité prévoit la gestion du secteur de l’électricité au Bénin. La SBEE n’a fait que mettre en œuvre cette décision.

Qu’est-ce qui a complètement changé dans le secteur des finances ?
Au niveau des finances, il y a eu beaucoup de choses qui commencent déjà par la dématérialisation, le payement des pensions des retraités via des réseaux mobiles. Ce qui a permis à l’État de réduire beaucoup de choses négatives. Et cette dématérialisation est transversale. Elle ne touche pas que le ministère des Finances, mais toutes les structures de l’État. La création d’entreprises, via son téléphone également permet d’améliorer les recettes de l’État et de réduire les charges de l’Etat. Deux manières d’améliorer la disponibilité financière de l’État c’est l’augmentation des recettes et la réduction des charges, et on peut arriver à jouer sur ces deux paramètres à l’avantage de tous. Il y a également la rationalisation des dépenses de l’Etat et présentement il y a une veille citoyenne sur la responsabilité fiscale. Aujourd’hui, beaucoup de populations sont conscientes de l’importance du payement des impôts et des taxes ; ce qui n’était pas nécessairement le cas hier.

Mais le fait est que nous sommes dans un pays où tout est gardé secret même les salaires des ministres. Que pensez-vous de cette façon de faire les choses ?
Je pense que les gens aussi aiment se créer des sensations. Le principe est que le chef de l’Etat, c’est un agent de l’Etat. Donc, le principe est clair, il doit avoir un salaire. Le principe est clair que les ministres doivent avoir un salaire. De façon sociologique, je parle de notre tradition, le salaire, que ce soit au niveau de l’administration ou au niveau du privé ou même à la maison, la question d’argent, reste un peu tabou. Ce n’est pas souvent aisé de dire à ses enfants : « voilà, je gagne tant » ou de dire à nos parents : « voilà ce que je gagne ». Je donne cet exemple pour rappeler aux uns et aux autres qu’il y a déjà un conditionnement sociologique à ce genre de chose. Maintenant, il est de la discrétion d’un chef de dire publiquement qu’il paye telle personne à tel montant, et l’autre à tel montant. Dans tous les cas, ceux qui sont supposés le savoir, le savent, puisque pour des dossiers, pour des documents qu’on dit classés top secret, il y a toujours des gens qui ont accès à ça. Ils sont simplement tenus par une obligation de réserve et ne peuvent pas divulguer ce qui n’a pas été désigné divulguable.

Est-ce que ça participe de la bonne gouvernance ?
Evidemment, ça participe de la bonne gouvernance, parce que les structures de l’Etat qui sont supposées le savoir, sont au courant. Je le dis parce que le jour où il y aura un problème avec la Haute Cour de Justice, par exemple, la CRIET ou autre, les documents existent, et au besoin, ils vont sortir. D’ailleurs, ce n’est pas aisé de dire un jour, tel gagne tel montant et que tel ministre gagne plus que tel et ainsi de suite. Je crois que nous ne sommes pas encore prêts à ce genre de choses. Pour preuve, je voudrais rappeler les réactions des uns et des autres lorsque les salaires des DC, DAC, SGM et SGAM ont été publiés. Vous n’avez pas idée du supplice et de la croissance exponentielle des sollicitations de tous genres que cela a entraînées à leur niveau. Je crois, à coup sûr, que tous les ministres n’ont pas les mêmes salaires. Parce que ça dépendra de l’expérience des uns et des autres, du niveau d’implication et de bien d’autres critères à la discrétion du Chef, et que nous ne pouvons savoir. Exposer les salaires des Ministres pourrait aussi une source de conflits, car on a des amis journalistes qui vont en faire une polémique et titiller ou monter les concernés les uns contre les autres. Ils seraient même capables de créer des conflits entre les membres d’un même gouvernement juste à partir de ces questions simples. Ils diront à l’autre : « Mais tiens, tu vois, vous êtes ministres d’un même gouvernement, mais si lui, il est payé mieux que toi, c’est que tu es nul. » Vous voyez, c’est que si on pousse loin, ça peut créer d’énormes polémiques. Donc, je crois que le Chef de l’Etat a ses raisons et le droit de gérer cette question comme bon lui semble.

Et les contrats PPP, il parait que c’est un gouffre financier pour le pays.
Non, pas du tout. Vous savez, les PPP sont les partenariats publics privés. Dans tout partenariat, il y a un gain pour chacune des parties. Alors, pour les PPP, le gain pour l’Etat n’est pas nécessairement financier. Il peut être social, diplomatique, ou autres. Dans un PPP, l’Etat sait qu’il ne pourra assurer une gestion optimale de certaines infrastructures pour assurer un service public, contrairement au privé qui en a l’expertise, et donc mieux placé que lui, l’Etat. Dans ces conditions, l’Etat met alors en place les mécanismes et prend les dispositions qu’il faut pour le fonctionnement de ce service-là, et le privé vient l’exploiter en faisant aussi ses propres investissements. En clair, je suis l’Etat, j’ai un terrain que je n’exploite pas, alors que je sais bien que si je construis sur cet espace une salle de cinéma pour le quartier, ça va marcher, mais je ne saurais la gérer comme un privé. Alors, ce que je fais, c’est soit je ne construis rien et j’appelle un privé à qui je dis : « Voilà le terrain, je m’assure que tu aies l’eau et l’électricité et toi ton engagement, c’est de construire le cinéma. On te donne tel délai pour l’exploiter. Passé ce délai, le cinéma revient dans le patrimoine de l’Etat. » C’est ça en fait un PPP. Ou encore, l’Etat a le terrain, construit la salle de cinéma, mais pour sa gestion, le confie à un privé qui vient faire des investissements additionnels, et dans le tarif sur la durée, récupère ce qu’il a investi tout en faisant ensuite le profit sur lequel on s’est entendus. Ça peut être 10%, 15% ou plus. Lui, il vient faire son business. Si ce n’est pas rentable, il ne va pas accepter le faire. Il fait ses calculs sur 10 ans, 20 ans, et regarde ses intérêts, ce qu’il va gagner sur la durée et accepte. Après, ça revient dans le patrimoine de l’Etat. Ce dernier peut commencer par l’exploiter lui-même, ou, le confier à quelqu’un d’autre, un autre privé, comme l’Etat peut renouveler le contrat à celui qui est à terme. En clair, pour les PPP, l’Etat ne sort aucun franc et ne perd rien financièrement. Donc, on ne peut pas être d’un gouffre financier pour l’Etat, alors qu’il ne creuse même pas sa poche.

Les élections présidentielles sont prévues pour dans quelques mois. Quel appel avez-vous à lancer aux forces vives de la nation afin que nous ayons des élections apaisées ?
Je dirai simplement qu’il est important que chacun se souvienne que le Bénin est notre patrimoine commun et que nous n’avons aucun intérêt à créer des perturbations puisque ça ne nous arrange pas. Même ceux qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement actuel ont besoin d’un pays apaisé à gouverner si c’est à eux que revenaient la victoire et la charge de gouverner. Car le désordre n’avantage personne. Donc, c’est le moment de faire cet appel afin que chacun œuvre à son niveau et en ce qui le concerne pour que tout se passe bien, de la manière la plus apaisée. Que chacun fasse confiance aux institutions de la république, et que nous respections les règles que nous sous sommes données ; qu’on les respecte, qu’on les assume afin que nous ayons une période électorale pacifique et festive.

Vous parlez d’élection apaisée alors que votre leader, le président ABT a refusé d’être de la course, sachant bien que c’est la dernière fois qu’il peut se présenter. Comment avez-vous vécu ça ?
C’est un idéal qui nous a amenés là. Et si le leader même décide de ne pas y aller, c’est certainement la meilleure option pour lui et certainement pour le peuple. Nous, à notre niveau de façon individuelle, c’est vrai que ça nous a fait des pincements au cœur, parce que notre vrai désir était de le voir un jour Président de la République. Mais, la lucidité doit nous amener à une chose qui est que la personne dont on parle a plus de paramètres d’analyse que nous, et dispose de plus d’informations que nous pour savoir quel choix faire. Moi, connaissant l’homme, je crois que le choix qu’il a fait est le mieux pour le plus grand nombre. S’il voulait faire un choix égoïste, c’est facile. Il se choisirait lui-même, quoi que cela lui en coûte et nous en coûte. Ça va créer des perturbations peut-être ; mais, le connaissant, c’est un homme d’Etat et l’intérêt du plus grand nombre passe avant son intérêt personnel. Je crois qu’élu président ou pas, il a contribué et il contribuera toujours à œuvrer pour le développement de notre Nation.

Est-ce que vous craignez une résurgence des violences lors des présidentielles d’avril prochain ?
Craindre, je dirai, pas trop. Parce que beaucoup de Béninois, beaucoup de concitoyens ont compris où se trouvait l’essentiel. Il y a beaucoup de choses qui sont dites, mais qui ne sont pas vraies. Je parle des manipulations, des intoxications ; mais les gens sont beaucoup plus éclairés désormais, et je compte beaucoup sur ça. Au cours des débats, lorsqu’on échange, les gens ont des raisonnements qui montrent que le peuple n’est pas dupe et qu’ils ont saisi la réalité des choses. Lorsqu’on regarde aussi les quelques problèmes que nous avons connus en 2019, je crois que personne n’a envie que ça revienne.

Justement, pour les violences de 2019, vous en étiez l’une des victimes. Est-ce que le gouvernement vous a dédommagé ?
Oui, l’Etat a fait ce qu’il avait à faire. En tout cas, les premiers concernés que sont mes parents ont été dédommagés au même titre que les autres victimes que je connais. Donc, c’est en victime que je dis que je suis confiant et j’ai espoir que les choses vont bien se passer, puisque personne n’a envie de revivre ce qui s’est passé en 2019.

Vous avez une résidence à Parakou, est-ce que vous traversez Tchaourou depuis l’incident ?
Evidemment, j’ai été à Parakou plusieurs fois et même à Tchaourou.

En êtes-vous sûr ? La dernière fois, c’était quand ?
Plusieurs fois. Plusieurs fois parce que chaque fois que je dois aller à Parakou, je m’arrête à Tchaourou puisque ma grand-mère est toujours là. Et pour aller à Parakou, je m’arrête pour la saluer. J’y vais toujours et la dernière fois où j’y suis, c’était pour une activité et c’était en octobre, je crois.

Il parait que c’est votre engagement au côté du Président qui est la cause de l’attaque de votre domicile à Tchaourou. Vous le croyez aussi ?
Non. Je ne crois pas. Ce qui s’était passé a une autre explication, un autre fondement. Je suis resté depuis toujours avec le président ABT, et bien avant les élections de 2016. Après les élections, il est devenu le numéro 2 du Gouvernement du Président Talon. D’office, je suis resté et nous avons depuis ce temps, travaillé ensemble et ça, tout le monde le sait. Mais m’en vouloir pour mon engagement au point de créer cet incident, je ne crois pas. Il y a assurément d’autres raisons. Si c’était des représailles politiques, dans un mouvement d’humeur, ce n’est pas à 2h du matin qu’on attaque les gens dans leur sommeil. Un tel acte est simplement conçu, planifié et organisé longtemps à l’avance, pour une mise en exécution froide et efficace. Je pense qu’il y avait autre chose. Je pense vraiment. Mais Dieu demeure Le Meilleur des stratèges et Le Premier des secoureurs.

Carte d’identité: Un jeune innovateur

Né le 25 novembre 1982 à Cotonou, Fadel Kabassi fait ses études primaires du CI au CM1 à l’Ecole primaire publique Sikè Nord de Cotonou, et le CM2 au Complexe Scolaire Victor Ballot de Porto Novo. Après son CEP, il entre au Complexe Scolaire de la Cité « Vie Nouvelle » à Akpakpa où il décroche le BEPC en 1998, le CAP aide comptable en 1999, et le Baccalauréat G3 en 2001. Avec ce premier diplôme universitaire en poche, il s’installe au Canada pour y effectuer toutes ses études universitaires. Il obtient successivement une Licence en économie et gestion d’entreprise, une autre Licence en administration des affaires concentration finance, un DESS en instruments financiers dérivés, et un Master en finance. Dès le bas-âge, Fadel Kabassi avait déjà une grande ambition pour l’entrepreneuriat. « Mon père est banquier et ma mère est commerçante. Et je m’amusais à leur dire que je ne suis pas comme eux. Je suis entrepreneur. Je leur disais que je ne suis pas le modèle d’employé que quelqu’un voudrait. Parce que je suis tout le temps en train de vouloir faire quelque chose de neuf, de meilleur. Et comme ça, soit celui que j’ai comme chef hiérarchique va penser que je le fais pour prendre sa place, ce qui risque d’être problématique ; soit celui qui sera le grand patron de l’entreprise va mal prendre, croyant que je veux défier ou bafouer son autorité », a-t-il fait savoir. Depuis plusieurs années, il intervient beaucoup sur les questions d’emploi, dans le coaching des entreprises avec son ONG Cap Equi Libre Bénin pour accompagner les PME/PMI. Il fut Conseiller Technique au Secteur Privé du Ministre d’Etat chargé du plan et du développement pendant près de 4 ans. Et depuis 7 mois, il exerce à l’Autorité de Régulation de l’Énergie (ARE) comme Expert Financier.

Intimité: Passionné de religion

Marié et père de deux enfants, Fadel Kabassi aime manger de l’igname pilée accompagnée de la sauce d’arachide au fromage. En matière de boisson, il ne prend que de l’eau ou du jus de fruit. Il est musulman, mais a épousé une chrétienne catholique avec qui il a fait le mariage musulman, traditionnel, civil et catholique. Passionné de religion et d’écriture, il a une bonne connaissance de la Bible et du Coran, au point où ses amis l’appellent « Pasteur ». Il a également publié, comme auteur, « L’écrivain qui s’essayait » (recueil de pensées) paru en France en juin 2020. Pour maintenir sa forme, Fadel Kabassi joue au football, au tennis de table et pratique le taekwondo.

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