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Le triomphe de la vérité

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Edito: L’heure des incertitudes


Il ne faut pas se leurrer. Les semaines et les mois à venir seront porteurs de troubles importants dans le paysage politique béninois.
Il est vrai que la fureur ayant accueilli la décision de l’OFPRA de sortir le Bénin de la liste des pays sûrs, parait légitime. Car, bien sûr, la France qui a connu les attentats les plus violents ces dernières années, doublés d’une crise sociopolitique des plus aigus, ne saurait se targuer d’être plus sûre que le Bénin. Et à dire vrai, parmi les démocraties occidentales, il n’y a pas actuellement de pays plus incertain que les Etats-Unis où le Président Donald Trump refuse de dire s’il quittera ou non le pouvoir s’il est battu le 03 novembre prochain. Pire encore, des groupes extrémistes armés paradent dans les rues et se donnent rendez-vous pour en découdre au soir du 03 novembre. Malgré toutes ces incertitudes planant sur l’une des plus vieilles démocraties occidentales, c’est sur le Bénin que l’OFPRA a choisi d’attirer l’attention. Mieux encore, cette déclassification intervient en pleine période d’accalmie au Bénin. Personne n’est dupe. Quand on voit les articles de la presse française qui à l’unisson, a titré la semaine écoulée sur le Bénin, on comprend qu’il y a une action concertée en cours.
Mais la réalité, c’est que les élections d’avril prochain ne risquent pas d’être un fleuve tranquille. Ici et là s’enflent des rumeurs de préparation de trouble à l’ordre public. Des cargaisons de millions sont convoyées sur le Togo pour financer divers mouvements organisés dans le but de déclencher une vague insurrectionnelle depuis Lomé. Comme pour y parer, le déploiement annoncé de dispositifs militaires serait en cours à Tchaourou. Effectivement, installer carrément une base militaire dans cette commune et plus au sud dans les Collines, finira par devenir bientôt un impératif. Pas seulement du fait des troubles qui s’annoncent, mais surtout du fait des prises d’otages qui s’accentuent dans la région depuis quelque temps. Cette partie de notre pays, est le ventre mou de la sécurité nationale. Et les organisateurs de troubles le savent probablement.
En un mot, on ne saurait être plus prévoyant en indexant certains mouvements clandestins qui commencent à se mettre en place pour obliger coûte que coûte le régime Talon à sauter le verrou du parrainage. Comme en 2019, la plupart des radicaux comptent sur la force de la rue pour se faire entendre. A l’heure actuelle du moins, pour réussir quoi que ce soit, il faut encore que l’opposition réussisse à s’entendre sur un modus operandi. Comme en 2019, elle échoue même à se réunir pour se parler, encore à sept mois de l’élection. Ses acteurs sont dispersés entre mille ambitions antagoniques, chacun étant convaincu d’être plus intelligent et plus populaire que les autres. Les mêmes maux produiront les mêmes illusions et la même débandade finale.
La querelle des égos et des logos, comme disait l’un d’eux fin 2018, ne permet pas à tout ce monde de se rendre compte que les méthodes d’affrontement de 2019 ne peuvent que déboucher sur la victoire de Talon. Si le Chef de l’Etat décide d’être candidat, la désorganisation en cours de l’opposition sera du pain béni pour sa réélection.
Observez bien ce qui se passe en Côte-d’Ivoire. Malgré l’illégalité absolue de sa candidature, Alassane Ouattara se fera réélire pour un troisième mandat. Et pour cause, à moins d’un cataclysme, l’opposition ne s’entendra pas sur un candidat unique et se fera laminer. Malgré les foules déployées dans la rue et sur les réseaux sociaux pour contester ce « coup de force ».
Ce ne sont ni les mouvements de la rue, encore moins les réseaux sociaux, qui élisent les Chefs d’Etats. Et les candidats qui bâtissent leur réputation sur les réseaux sociaux, feraient mieux de consacrer leur précieux temps au travail de terrain, en vue d’abord d’obtenir les parrainages nécessaires pour compétir. Mais ils apprendront trop tard bientôt que les pressions les plus fortes n’ont aucun effet sur le locataire actuel de la Marina. Le mutisme du parlement sur le code électoral à 7 mois du scrutin, laisse penser que ce code ne sera pas modifié avant début novembre, cette date marquant la dernière des dernières pour toucher au parrainage.
L’un dans l’autre, l’on s’aperçoit que les tentatives de déstabilisation qui ont déjà commencé par les pressions médiatiques et institutionnelles françaises, n’auront qu’un impact limité sur le régime Talon. Du moins, s’il décide de se représenter pour être candidat.

Par Olivier ALLOCHEME

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