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Le triomphe de la vérité

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Témoignage d’une personne guérie du Coronavirus: « J’ai eu très peur….mais, je suis guéri », déclare Souleymane Oké


Outre les nombreux cas infectés et de décès enregistrés au Bénin, plusieurs malades frappés par la pandémie du Coronavirus retrouvent leur santé clinique. C’est le cas de Souleymane Oké. Au détour d’une interview accordée à la rédaction, l’étudiant en fin de formation en Anglais à l’Université d’Abomey-Calavi, revient sur son état d’âme à l’annonce du diagnostic. Il évoque également les nombreux soutiens reçus par ses parents et médecins traiteurs au cours de sa période de confinement puis, exhorte les populations à croire à l’existence de la pandémie et à redoubler de rigueur dans le respect strict des mesures barrières. Lisez-plutôt…

L’Evènement Précis : Comment avez-vous su que vous étiez porteur du Coronavirus ?

Souleymane Oké : Je ne savais pas que j’avais le Coronavirus. Au début, je sentais juste de la fièvre, les écoulements nasaux, la fatigue et la toux. Selon moi, il s’agit d’un simple paludisme comme d’habitude. Malgré les traitements que je faisais, le mal persistait. C’est alors que j’ai appelé les agents en charge du test de dépistage qui sont venus me dépister.

Que se passe-t-il dans la tête quand on sait qu’on est porteur de ce mal dangereux ?
Quand on sait qu’on est porteur de ce virus, il y a beaucoup de choses qui se passent dans la tête. Lorsqu’on m’a informé que je suis porteur de la pandémie du Covid-19, immédiatement je me suis dit que je suis en face de la mort. J’ai eu très peur surtout quand on entend dire que des gens sont mort à cause de cette même maladie, alors que je ne connais pas mon sort, j’étais terrifié.

Racontez-nous votre prise en charge, comment ça s’est passé ?
Lorsque le traitement du paludisme ne répondait pas, mes parents m’ont proposé d’appeler les agents en charge du dépistage, ce que j’ai fait. Quand ils sont venus chez moi au quartier Agbato à Akpakpa, ils m’ont fait l’analyse c’est-à-dire deux tests. Il y a un test du sang et un test de la morve. Le test de sang a révélé négatif mais par contre celui de la morve a révélé positif 48h après. Au début, je ne développais pas encore de graves symptômes comme le manque de respirations. Ensuite, j’ai été conduit dans le centre de prise en charge de l’ex école de police, non loin de la BCEAO, pour recevoir des instructions. Après cela, ils m’ont confiné chez moi où ils m’ont interdit le contact avec d’autres personnes. Mon traitement consistait à prendre de l’Azithromycine, la chloroquine, la vitamine C, le fer trois fois par jour c’est-à-dire à 7h, à 15h et à 23h. Le premier jour j’ai suivi les prescriptions normalement mais le deuxième jour, après les médicaments de 15h, aux environs de 16h j’ai eu des complications, de graves difficultés pour respirer. Les parents leurs ont fait appel et ils sont venus me chercher à la maison avec l’ambulance Samu, pour m’interner dans l’ex école de la police nationale. Arrivé là-bas, ils m’ont posé des questions, si j’ai des maladies antécédentes comme le diabète, la tension, la drépanocytose, l’asthme…, où si j’étais en contact avec quelqu’un venu de l’étranger avant de m’interner.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors du traitement ?
Le traitement dure généralement 10 jours. Sincèrement, l’accueil dans ce centre m’a le plus marqué. J’ai reçu une chambre à moi, un lit avec matelas, le nécessaire pour me distraire et ne pas me sentir comme malade. Les docteurs en charge de ma surveillance viennent par moment discuter avec moi pour me mettre à l’aise, on vivait dans la confraternité. Ils ne m’ont pas négligé, malgré la gravité de la maladie que je portais. L’heure du manger et de prise des médicaments est respectée à la lettre, on ne sent même pas qu’on est porteur de ce virus.

Qu’est-ce qui vous a permis de guérir, pendant que les autres sont morts ?
L’encouragement des parents et celui des docteurs qui étaient avec nous m’ont donné espoir. Je vois les gens décéder du Covid-19, même d’autres patients qui, malgré leurs maladies antécédentes survivent à la Covid-19 et ça me motive davantage. Après les 10 jours de traitement, ils font encore un autre test pour voir si on est totalement guéris. Si le résultat de la seconde analyse révèle toujours positif, on ne libère pas. Dans le cas contraire, on rentre chez soi, sous délivrance d’un papier qui atteste que le second test est négatif au Coronavirus. Quand j’observe ces personnes qui rentrent chez eux après le premier traitement alors que je n’ai pas de maladie antécédente, ça me motive et me donne espoir que je pourrais guérir.

Quels conseils avez-vous à donner aux Béninois qui ne sont pas encore infectés?
A ceux qui ne sont pas encore infectés par la Covid-19, je leur conseille de respecter les gestes barrières, le lavage des mains et le port des masques qui sont très primordiales. Si quelqu’un constate les symptômes du virus, même un simple paludisme qui ne répond pas aux traitements habituels, qu’il se rapproche des agents en charge du dépistage pour se faire traiter. La prise en charge est gratuite et est entre de bonnes mains. Je vous l’assure. J’ai été bien accueilli avec une confraternité. Ne pas croire en son existence est très grave et mortel. Même si elle commence par les symptômes du paludisme, signalez pour vous prendre en charge le plus tôt possible et veillez surtout sur les personnes âgées. Ceux qui continuent de douter de l’existence de cette maladie, qu’ils arrêtent et prennent l’existence de cette pandémie au sérieux. La maladie existe bel et bien, et si nous sommes à 31 morts aujourd’hui c’est parce que nous ne croyons pas en son existence.

Réalisée par Edwige Totin

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