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Le triomphe de la vérité

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Edito : La bataille de 2021


Qui fera face à Talon en 2021 ? Contrairement à ce que l’on peut penser, la mouvance est aussi préoccupée par la question que l’opposition. Les deux partis phares de la mouvance se demandent qui va porter la candidature du Chef de l’Etat. Certaines personnalités du Bloc Républicain, notamment le député         Assan Seibou suppléant du ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, ont déjà appelé  Patrice Talon à être candidat sous la bannière BR. Si donc le chef de l’Etat choisit de porter une carte BR, l’UP se demandera si elle violera la loi en choisissant de ne pas avoir de candidat et de faire campagne pour le candidat du BR. Car, ne l’oublions pas, le code électoral fait obligation aux partis de participer à toutes les élections. Et le même dilemme se présentera si Patrice Talon choisit d’être candidat UP. Dans les deux cas de figures, le choix de son challenger ne sera pas une partie de plaisir.

                Quant à l’opposition légale, les FCBE, elle aura beaucoup moins de difficulté. Il lui sera facile de choisir en son sein un candidat, notamment dans la zone où elle a fait ses meilleurs scores aux dernières élections. Les candidatures les plus sérieuses à ce niveau sont Idrissou Bako, Théophile Yarou ou encore Aboubakar Yaya. Paul Hounkpè, le Secrétaire exécutif national du parti, est sorti affaibli de cette élection où il n’a pas conquis sa propre commune. Ceux qui le contestaient au sein même du parti, ont désormais une arme légale pour l’abattre. Le prochain congrès du parti servira d’ailleurs à cela. Mais le parti gagnerait à rallier à son compte le maximum de franges de l’opposition, surtout les plus radicaux. Ceux-ci accepteront-ils de les rejoindre, lorsqu’on sait que Yayi lui-même a qualifié son ancien parti de troisième bloc de Talon ?  Rien n’est moins sûr. Ce qui est encore moins sûr, c’est de savoir par quelle alchimie cette opposition légale parviendra à réunir seize parrainages, alors qu’elle n’a que sept maires actuellement. A moins d’un mercato de haut niveau, les FCBE seront bloqués à quai.

Il reste l’opposition radicale qui n’entend pas être absente au rendez-vous de 2021. Après avoir vendangé presque toutes ses chances aux législatives de 2019 et surtout aux communales de mai dernier, elle a le dos au mur. Le renforcement des partis politiques induit par la loi interprétative du code électoral, a pour conséquence directe de dissuader tous les maires d’éventuelles tentatives d’offrir leurs parrainages, même sur fond de marchandage. Il n’en est pas de même pour les députés qui pourront toujours négocier leurs signatures. Cette voie pacifique est probablement loin d’être celle qu’adoptera l’opposition radicale.  Comme je l’ai déjà dit la semaine dernière, elle pourrait choisir un passage en force à travers un coup d’Etat ou un soulèvement populaire. Ces deux tentatives ont déjà échoué l’année dernière, en laissant des séquelles désormais irréparables.  Mais nous sommes en politique où tous les coups sont permis. L’opposition aura beau clamer la dictature Talon qui aurait utilisé la voie judiciaire pour écarter de probables challengers, elle sait qu’elle n’a aucune chance d’être entendue, ni ici ni ailleurs. Dans toutes les démocraties du monde, ceux qui tiennent les leviers de la loi et l’appareil judiciaire, ne lésinent sur aucun moyen dès qu’il s’agit des élections présidentielles. On oublie trop vite toutes les manœuvres les plus incroyables employées par Yayi en 2011 pour empêcher des challengers potentiels du nord où il entendait régner en maître. En France, depuis la semaine dernière, les déclarations de l’ancienne patronne du parquet national financier, Eliane Houlette, sont là pour nous rappeler comment François Fillon a été exécuté à l’épée pour le noyer aux présidentielles de 2017. Et ça se passe dans une démocratie qui donne même des leçons de droit aux pays africains. Aux Etats-Unis, nous avons été témoin des méthodes de rustres employées par Donald Trump contre son concurrent Joe Biden, en insistant auprès de son homologue ukrainien pour qu’il ouvre une information judiciaire contre le fils du candidat démocrate. L’objectif visé est clair : accuser Joe Biden de corruption et l’obliger à renoncer ou même utiliser l’appareil judiciaire américain pour le déstabiliser avant l’heure.

                La politique n’a jamais été une cour de récréation. Et ce n’est probablement pas sous Talon que cela commencera. 2021 nous en offrira un nouveau théâtre.

Par Olivier ALLOCHEME

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2 thoughts on “Edito : La bataille de 2021

  1. A

    Très excellente analyse Mr ALLOCHEME
    je suis avec intérêt vos éditoriaux de haut vol. Seulement, je suis contre l’invitation des politiciens vénaux et corrompus pour ne pas indignes.
    Quand je vois le parcours de ce gars nomme Houndjessin, j’ai envie de vomir, ‘argent ne se ramassent pas dans la brousse ou dans la rue encore faut il que la rue en question soit propre ou en construction/
    A combien de Béninois, Kerekou et Yayi Boni ont donne a manger?
    Ah oui, Houndjissin est un vulgaire prostitue politique, A combien d’Abomeens en tant que politicien a t’il donne du travail voire a apprendre a pécher ou a faire la pèche?
    Nous voulons en Afrique, des travailleurs patriotes, entrepreneurs et penseurs, développeurs et non des indignes et paresseux politiciens pour qui seul la fin justifie les moyens. Pauvre Afrique!

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