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Le triomphe de la vérité

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Ghislain Crespin LOGBETODE, administrateur civil et chargé des questions électorales : « La réélection de Talon doit susciter un engouement populaire en 2021 »


Juriste et administrateur civil, Ghislain Crespin LOGBETODE en appelle déjà à la réélection du président Patrice Talon à la présidentielle 2021 au regard des grands exploits déjà à son actif depuis quatre ans qu’il est au pouvoir. Il a également opiné sur le déroulement des dernières élections législatives ainsi que celles communales et municipales pour lesquelles, il ne cache pas ses satisfactions.

L’Evénement Précis : Comment appréciez l’organisation des dernières communales et municipales 2020 ?

 Ghislain Crespin LOGBETODE : Vous savez bien que l’une des caractéristiques de la démocratie c’est la tenue régulières des élections libres et transparentes ; je crois que globalement tout s’est bien passé et je voudrais saluer tous les acteurs qui y ont contribué, entre autres, la Cena, les institutions de la République, la Société civile pour la veille citoyenne et également le juge électoral qu’est la Cour Suprême sans oublier les partis politiques car contrairement aux élections législatives de 2019, un parti de l’opposition ayant rempli les conditions a été admis à la compétition. Tout cela honore notre République.

Que dites-vous du taux de participation comparé aux législatives de 2019 ?

Ce taux de participation de 49,14% est largement au-dessus de celui obtenu en 2019 lors des élections législatives. Les communales et municipales sont des élections de proximité et les populations étaient très enthousiasmées d’élire les leurs. Donc n’eut été la situation sanitaire actuelle due au Coronavirus virus, on pouvait avoir au-delà car il faut dire que malgré toutes les dispositions prises relatives aux mesures barrières, les gens étaient toujours réticents à sortir

La loi électorale avec ses nouveautés, la question des 10%, le choix des partis politiques par la Cena après le dépôt des listes de candidatures, ne voyez-vous pas qu’il y a trop de restrictions ?

Non, monsieur le journaliste. Vous parlez de restrictions par rapport à quoi ? En effet, la Cena a fait son travail conformément aux dispositions du code électoral et de la charte des partis politiques. Il y a en la matière des délais réglementaires qui ont été respectés. Certains partis politiques avaient même saisi la chambre administrative de la cour suprême, organe compétent en matière de contentieux des élections communales et municipales puis des arrêts ont été rendus. Donc, je ne pense pas qu’on puisse parler là de restrictions.

En ce qui concerne les 10%, c’était déjà l’une des dispositions du code électoral, à l’article 184, je cite « Seules les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à l’attribution des sièges ». Et cela a été appliqué après les élections afin de retenir les partis politiques qui pouvaient aller au partage des sièges des conseillers communaux. C’est vrai qu’à mon avis, compte tenu du fait que les élections communales et municipales sont des élections de proximité, on pouvait les épargner de cette disposition mais la loi c’est la loi, elle a été votée et promulguée donc en vigueur et opposable à tous.

N’est-ce pas une politique pour limiter non seulement les partis politiques mais aussi des ambitions personnelles ?

Je ne pense pas. L’un des objectifs de la réforme du système partisan, c’est de ne plus avoir à faire avec des clubs électoraux, des partis de quartiers et de régions. Il faut désormais de grands ensembles représentés sur tout le territoire national. Par conséquent, on ne parlera plus d’ambitions personnelles de cette manière. Pour moi les ambitions personnelles, c’est déjà au sein des partis politiques. Ainsi chaque militant est libre d’exprimer ses souhaits puis chaque parti est tenu de faire les arbitrages et les encadrements nécessaires afin de taire les velléités.

Le processus d’élection et ou de choix des maires est allé à son terme, que vous inspire le détour au parlement pour le toilettage des textes qui l’a facilité ?

Vous voulez parler du vote de la loi n°2020 – l3 du 04 juin 2020 portant interprétation complétant la loi n° 2019-43 du novembre 2019 portant code électoral. Il était urgent de trouver une solution à cette agitation individuelle au sein de certains conseils communaux qui est contraire à la réforme du système partisan entamé depuis un moment dans notre pays. L’élection des maires a été éprouvée par l’interprétation des articles 189 et suite avec à la clé des ambitions de certains conseillers ne se situant plus dans la droite ligne tracée par leur parti politique alors que ces derniers ont été positionnés par ces partis politiques pour être élus. Tout ceci a ainsi conduit à des blocages par endroit sans oublier qu’il y a un délai pour tout ça. En effet, au-delà des 15 jours après la proclamation des résultats définitifs par la CENA, tous les conseils communaux et municipaux devraient être installés et les maires, adjoints au maire et chefs d’arrondissement élus. Il ne faudrait pas donc perdre de temps autour des considérations subjectives et surtout des ambitions individuelles

Pour moi, nous sommes en train de mettre en place un système où il est important de renforcer les partis politiques, de les responsabiliser car pour le moment il est démontré que les responsables des partis politiques ne maitrisent pas encore bien leurs troupes et ça se comprend. C’est un début. On ne peut donc pas être dans un processus de réforme du système partisan et tolérer ces genres de choses. C’est vrai, qu’il pourrait y avoir autres possibilités pour résoudre ce problème mais ceux qui sont chargés de trouver une issue voilà ce qu’ils ont retenus et c’est déjà bon pour avancer. Dans ce sillage, Il serait aussi important de voter une loi sur la transhumance politique également en complément à la charte des partis politiques car je sais bien qu’il y a eu des tentations et même par endroit des menaces de démission. Mais, ce que les gens ne disent pas c’est que dans cette nouvelle loi modificative il y a aussi quelques recadrages en ce qui concerne le processus de destitution du Maire puis aujourd’hui les adjoints et même des Chefs d’arrondissement peuvent être destitués selon un processus bien défini. C’est une avancée notable.

Quels sont selon vous, les défis qui attendent ces nouveaux conseils communaux ?

D’abord, certains anciens habitués sont revenus mais il y a plusieurs nouveaux visages. Il leur faut s’approprier réellement les textes qui encadrent la décentralisation dans notre pays, faire l’état des lieux. La Mairie n’est pas une entreprise privée, ils doivent donc le savoir et définir un bon système de management et associer toutes les compétences nécessaires. Des performances ont été réalisées par les prédécesseurs donc pas nécessaire de vouloir tout reprendre à zéro, il faut savoir sélectionner et avancer.

Je pense surtout au renforcement de l’économie locale, la création d’emplois locaux pour les jeunes et les activités génératrices de revenus au profit des organisations de femmes, les différents corps de métiers, c’est possible dans nos communes. Surtout, il sera important d’arrimer leurs programmes et ambitions sur ceux du pouvoir central car vous savez qu’il a été prévu des choses pour chaque commune tenant compte des potentialités propres de chaque localité, chaque Maire devrait en tenir compte dans l’élaboration ou l’actualisation de la nouvelle génération du PDC et ce sera également le rôle des partis politiques auxquels appartiennent ces Maires. D’ailleurs, ça a commencé et ce serait la concurrence entre les partis politiques qui vont vouloir imprimer chacun sa marque de développement à ces communes. (Je l’avais déjà souligné sur une émission radio). C’est pour donner l’orientation nécessaire à ses Maires que l’un des partis a regroupé les siens les 13 et 14 juin dernier, c’est bien l’Union Progressiste pour ne pas le nommer, et je pense bien que les deux autres se préparent également à organiser de telle rencontre. Moi, je dis que c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour la décentralisation dans notre pays surtout que c’est un mandat de six ans. Il y aura suffisamment à faire.

La gouvernance Talon, quatre ans après comment l’appréciez-vous ?

Depuis 2016, nous avons entamé un nouveau chemin avec le régime du nouveau départ. Dans quelques mois ce sera la fin du mandat. On ne peut ignorer qu’il a eu des avancées notables dans plusieurs domaines, les réformes dans le domaine foncier, la facilité dans la création des entreprises, la fiscalité des entreprises, la construction des infrastructures routières surtout, la rénovation et la modernisation du port et de l’aéroport, la construction des stades dans certaines communes et ce couvrant tous les départements je crois sans oublier les classes sportives et culturelles ; tellement de projets lancés pour des objectifs nobles pour le développement de notre pays. Mais, il faut retenir que tout ne peut être fait en cinq ans. Il reste donc beaucoup à faire. Seulement pour ce premier quinquennat, en tant qu’agent de l’Etat moi je souhaite qu’il se penche un peu plus du côté social au profit des travailleurs. La moisson est un peu maigre de ce côté-là et la vie devient de plus en plus chère. Il est vrai que les ressources sont beaucoup limitées mais nos autorités peuvent voir quand même les possibilités pour soulager les peines des travailleurs que nous sommes, du privé comme du public.

Des projets qui sont mis en œuvre, lequel vous a le plus enchanté ?

Le projet asphaltage oui ce projet a touché presque toutes les communes de notre pays. Et moi je suis particulièrement fier de cette initiative. Il faut permettre à la population d’accéder le plus facilement possible à leur domicile. Vous avez vu comme moi la visibilité que ce projet a donné à certains quartiers même à Cotonou ici, certains quartiers dont les rues étaient impraticables, des quartiers qui sombraient depuis des années.

 2021 est dans quelques mois, que voulez-vous pour Patrice Talon ?

Rire….. La réélection de Talon doit susciter un engouement populaire en 2021. En effet, la constitution lui donne le droit de se représenter pour un renouvellement de son mandat. Et ce sera certainement et nous souhaitons que ce soit le cas pour poursuivre et achever l’œuvre de développement entamé, toutes ces réformes mises en œuvre, ces chantiers en cours ; il le faut.

Sa réélection est-elle assurée au regard des résultats obtenus ?

Je pense bien et il a encore quelques mois pour mieux s’affirmer. C’est au peuple de décider et nous y travaillons déjà.

Que vous inspire l’opposition béninoise aujourd’hui ?

Un pays démocratique, c’est des hommes et des femmes qui soutiennent les actions du gouvernement mais aussi c’est d’autres sons de cloches contraires qui incarnent l’opposition. Il nous faut une opposition constructive, il faut porter des analyses, des critiques mais aussi faire des propositions. Nous avons aujourd’hui une loi qui porte statut de l’opposition et cela fait partie des réformes engagées, l’ancienne loi de 2008 a été revue et améliorée. Il faut travailler pour la mise en œuvre des dispositions pour que sur tous sujets de portée nationale l’opposition puisse avoir son mot à dire.

Votre mot de la fin ?

Je coudrais finir en saluant les mesures prises par le gouvernement pour atténuer les impacts dues au Coronavirus sur les différentes couches de la société. C’est noble et appréciable car, ces mesures vont soulager un tant soit peu les entreprises et les corps de métiers impacter. Je crois enfin que le Bénin notre pays a amorcé une marche vers l’émergence à travers la mise en œuvre de l’ambitieux programme d’action du gouvernement. Nous devons accompagner cette marche pour la postérité. Le Bénin a besoin d’avancer et avec le président Patrice Talon, c’est plus sûre.

Entretien réalisé par Christian TCHANOU

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