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Le triomphe de la vérité

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Vote de la Loi portant interprétation complétant la loi portant code électoral: Alain Orounla lève les coins d’ombre


Me Alain Orounla, Ministre de la Communication et de la Poste, Porte-Parole du Gouvernement

C’est dans le but d’expliquer les réelles motivations ayant conduit à la révision de la loi portant Code électoral en République du Bénin et faire la lumière sur les désapprobations survenues au soir de ce vote par les députés de l’Assemblée nationale, que le Ministre de la Communication et de la Poste, Porte-parole du Gouvernement, Alain Orounla, s’est entretenu avec les hommes des médias. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 5 juin  2020.

La plus grande satisfaction du Ministre Alain Orounla a été la forte participation des populations aux communales et municipales de mai dernier. Ceci, malgré les nombreux appels au boycott et la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus. « Le taux de participation proclamé par la Cena est de 49, 14%. Ce taux est un motif de satisfaction compte tenu du contexte sanitaire mais les populations ont combattu les nombreux appels au boycott. Les populations ont une fois encore montré leur attachement aux attentes de la démocratie », a-t-il justifié. Outre la forte participation des populations, le Ministre Aain Orounla s’est également réjoui de l’ambiance dans laquelle se sont tenues lesdites élections. « Ces élections ont été particulières car il n’y a pas eu de contestation. Elles se sont déroulées dans un contexte de paix. Ce qui est à mettre à l’actif du gouvernement », a-t-il défendu tout en revenant sur les résultats qui, « témoignent une fois encore du pari gagné par le gouvernement dans l’organisation desdites élections ». « Le gouvernement a démontré à travers l’organisation de ces élections qu’il est un pionnier de la démocratie. Nous avons surmonté la fatalité en organisant les élections », a rassuré le Ministre Alain Orounla

Parrainage et modification du code électoral ?

La toute première installation des maires sous l’ère de la rupture et du nouveau départ continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive au regard de la révision du code électoral. « Il n’a pas été question d’une modification de la loi au cours du jeu. Si la loi venait modifier les règles du jeu, la Cour constitutionnelle ne la laisserait pas passer. La loi doit s’adapter au fur et à mesure à son expérimentation. L’ancien code a été débarrassé de ses insuffisances et il y avait juste des précisions à apporter », a justifié le Ministre Orounla avant de relever les avantages de cette nouvelle loi. « Selon la loi, le parti qui a la majorité absolue désigne le maire et ses adjoints. Ceci va permettre à certains partis d’affirmer leur autorité dans les communes, et non, d’être battus par d’autres partis n’étant pas majoritaire. La loi vient juste donner ses droits aux partis majoritaires », a-t-il expliqué. Une réalité qui ne porte pas à mal l’aspect relatif au parrainage qui pointe déjà le Président Patrice Talon, comme unique candidat à la présidentielle de 2021. A ce sujet, le Porte-parole du gouvernement, conscient des tendances et exigences politiques, ne dément pas des changements qui pourraient intervenir afin de rendre plus accessible cette loi sur le parrainage. « Rien n’est perpétuel si ce n’est le changement. Je ne suis pas en train d’annoncer une prochaine réforme mais, nous ne pouvons pas l’exclure », a-t-il révélé. Selon les propos du ministre, ce qui se fera en temps opportun dépendra du besoin exprimé des partis politiques. « Si après l’installation des maires et que dans un mois ou deux, la question devrait se poser avec acuité, une réponse appropriée serait donnée », a-t-il ajouté. Des dispositions déjà soutenues par les partis politiques qui, selon le Ministre, ont exprimé leur reconnaissance au Chef de l’Etat, surtout en ce qui concerne la révision du Code électoral. A l’en croire, la rencontre entre le Chef de l’Etat et les partis politiques témoigne encore de son « sens d’écoute ». « Il a prouvé qu’il est un bon père de famille qui travaille à la cohésion des fils et filles du Bénin. Les partis politiques ont marqué leur accord ce qui l’a permis de saisir la Cour constitutionnelle pour la promulgation de la loi. L’ambition du Président de la République n’est pas de résoudre tous les problèmes par une loi mais, de faire en sorte que les partis politiques soient représentatifs sur le plan national. Le Chef de l’Etat n’agit pas en solitaire. Il a démontré que les réformes sont dans l’intérêt de notre pays et qu’elles sont le fruit des réflexions partagées et consensuelles », a-t-il conclu.

Lire l’intégralité de la LOI N° 2020 – 13 DU 04 JUIN 2020 portant interprétation et complétant la loi n° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral

RÉPUBLIQUE DU BÉNIN

…………..

Fraternité-Justice-Travail

………….

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

LOI N° 2020 – 13 DU 04 JUIN 2020

portant interprétation et complétant la loi n° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral

L’Assemblée nationale a délibéré et adopté en sa séance du 02 juin 2020;

La Cour constitutionnelle ayant rendu la décision de conformité à la Constitution DCC 20 – 488 du 04 juin 2020, le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1er : L’intitulé du chapitre Il du titre Il du Livre V « Des règles applicables aux élections des membres des conseils communaux » ainsi que les articles 189, 190, 192, 193, 194, 195, 196, 197 d’une part et celui du chapitre Ill du même titre et du même livre ainsi que les articles 199 et 200 de la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral s’interprètent et sont complétés ainsi qu’il suit :

CHAPITRE II NOUVEAU

DE LA DESIGNATION OU DE L’ELECTION DU MAIRE ET DES ADJOINTS AU MAIRE

Article 189 nouveau : Le maire et ses adjoints sont désignés par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers.

A défaut de majorité absolue, le maire et ses adjoints sont désignés par l’ensemble des partis ayant constitué une majorité absolue par la signature d’un accord de gouvernance communale. L’accord de gouvernance communale est notifié à l’autorité de tutelle.

Article 190 nouveau: A défaut de majorité absolue ou d’accord de gouvernance communale, le maire et ses adjoints sont élus par le conseil communal ou municipal au scrutin uninominal secret à la majorité absolue. En cas d’absence de majorité absolue lors du premier tour du scrutin, il est procédé, en cas d’égalité de voix, à autant de tours qu’il sera nécessaire pour que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés soit élu.

Article 192 nouveau : En vue de leur installation, les membres du conseil communal ou municipal sont convoqués par arrêté de l’autorité de tutelle.

La désignation ou l’élection du maire et de ses adjoints a lieu lors de la séance d’installation du conseil communal ou municipal, dans les quinze (15) jours qui suivent l’annonce des résultats de l’élection communale, nonobstant les recours éventuels.

La désignation du maire et des adjoints au maire est communiquée à l’autorité de tutelle qui en informe les conseillers.

En cas d’élection du maire et de ses adjoints, un bureau d’âge conduit le vote. Le bureau d’âge est présidé par le plus âgé des membres du conseil assisté des deux plus jeunes conseillers.

En tout état de cause, lorsque le conseil communal ou municipal n’est pas installé dans les quinze ( 15) jours qui suivent la proclamation des résultats, sur saisine d’au moins deux (02) conseillers élus, la Cour suprême se saisit du dossier et procède à l’installation du maire dans les quinze (15) jours de sa saisine.

Article 193 nouveau: La désignation ou le résultat de l’élection du maire et de ses adjoints est rendu public dans un délai de 24 h par voie d’affichage à la mairie et est communiqué sans délai à l’autorité de tutelle qui en fait le constat par arrêté préfectoral publié au Journal officiel.

Article 194 nouveau : Le maire et ses adjoints sont désignés ou élus pour la même durée de mandat que celle du conseil communal ou municipal.

En cas de vacance de poste de maire ou d’adjoint au maire par décès, démission ou empêchement définitif pour tout autre cause, il est procédé, sous quinzaine, à son remplacement dans les conditions édictées aux articles 189 et 190 nouveaux de la présente loi, la majorité à prendre en considération étant celle en cours au moment du remplacement.

Article 195 nouveau : En cas de désaccord grave ou de crise de confiance entre le conseil communal ou municipal et le maire ou un adjoint au maire, le conseil peut, par un vote de défiance, lui retirer sa confiance.

Le vote a lieu à la demande écrite de la majorité absolue des conseillers.

Le vote de défiance est acquis à la majorité absolue des conseillers si l’intéressé a perdu par ailleurs la confiance du parti ayant présenté sa candidature à l’élection communale.

Le vote de défiance est acquis à la majorité des 3/4 des conseillers si l’intéressé n’a pas perdu la confiance du parti ayant présenté sa candidature à l’élection communale.

L’autorité de tutelle, par arrêté, constate la destitution.

Le maire ou l’adjoint au maire ayant démissionné ou ayant été destitué de ses fonctions conserve son mandat de conseiller communal ou municipal sauf en cas d’incompatibilité.

Article 196 nouveau: La désignation ou l’élection du maire ou de ses adjoints peut être frappée de nullité. Le délai de recours pour évoquer cette nullité est de quinze (15) jours et commence à courir vingt-quatre (24) heures après la désignation ou l’élection.

Cette nullité est prononcée par la Cour suprême à la requête de tout organe ou de toute personne ayant capacité et intérêt à agir.

En cas de nullité de la désignation ou de l’élection du maire ou d’un adjoint au maire, le conseil communal ou municipal est convoqué pour procéder à son remplacement dans un délai maximum de quinze ( 15) jours.

Article 197 nouveau : Le maire et ses adjoints, une fois désignés ou élus, doivent résider dans la commune.

CHAPITRE Ill NOUVEAU

DE LA DESIGNATION OU DE L’ELECTION DES CHEFS D’ARRONDISSEMENT

Article 199 nouveau : Le chef d’arrondissement est désigné ou élu parmi les conseillers communaux élus sur la liste de l’arrondissement concerné.

A défaut d’un candidat au poste de chef d’arrondissement parmi les conseillers élus sur la liste de l’arrondissement, tout autre conseiller élu dans la commune peut être désigné ou élu chef d’arrondissement.

Article 200 nouveau: La désignation, l’élection, la destitution ou le remplacement d’un chef d’arrondissement s’effectue dans les mêmes conditions que celles relatives à la désignation, l’élection, la destitution ou le remplacement du maire et des adjoints au maire.

Les conditions de majorité sont celles réunies au niveau communal.

Article 2 : La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment celles de la loi n° 2019-43 du 15 novembre 2019 et de la loin° 97-29 du 15 janvier 1999.

Elle est applicable à toute désignation ou élection de maire, d’adjoint au maire ou de chef d’arrondissement qui n’est pas acquise avant son entrée en vigueur.

Elle sera publiée au Journal officiel et exécutée comme Loi de l’Etat.

Rastel DAN

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