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Le triomphe de la vérité

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Gouvernance à la Mairie de Cotonou: Les réalisations du Maire Gnonlonfoun en phase avec le PAG


Isidore Gnonlonfoun

Le 145ème invité de la rubrique sous l’arbre à palabre du quotidien l’Evénement Précis a pour nom Isidore Gnonlonfoun, maire de la ville de Cotonou par intérim. Ancien ministre, ancien député et cadre de l’administration territoriale, Isidore Gnonlonfoun s’est entretenu avec les journalistes sur sa gestion de la ville de Cotonou de 2017 à ce jour. Dans un langage empreint de sincérité, l’invité s’est également prononcé sur l’actualité nationale, notamment les quatre ans de gouvernance du Président Patrice Talon, la lutte contre le Covid-19, etc.

Et si on en parlait

Quel bilan pouvez-vous faire de vos actions à la tête de la mairie de Cotonou ?

J’ai pris les rênes de la ville en tant que maire intérimaire dans des conditions très difficiles. Il fallait remettre l’administration municipale au travail, et lui insuffler un nouveau dynamisme pour la rendre plus performante afin de contribuer au développement de la Ville. A cet, effet, nous avons dû réorganiser l’administration municipale parce que, comme j’ai l’habitude de le dire, les ressources humaines constituent les capitaux les plus précieux sur lesquels il faut agir pour obtenir des résultats. Dans le contexte de la ville de Cotonou, première ville à statut particulier au Bénin, on peut dire quelle dispose aujourd’hui d’un cadre organique pour le suivi et l’évaluation de la carrière des agents avec un plan de formation. C’est un défi que nous avons relevé. Le terrain a été balisé pour que la prochaine mandature puisse véritablement se mettre au travail. Il y a eu beaucoup de dysfonctionnements que nous avons dû corriger. Aujourd’hui, le personnel est au travail. Si je prends le cas de la police municipale qui a été totalement reformée, elle n’était pas véritablement au travail. Il a fallu réveiller leur conscience, renforcer leurs capacités à travers la coopération décentralisée. Aujourd’hui, les agents de la police municipale sont présents sur le terrain et complètent les actions de la Police Républicaine. La police municipale et la Police Républicaine, dans la ville de Cotonou, se donnent la main pour résorber un certain nombre de cas d’incivisme, surtout avec l’appui du tribunal de première instance de Cotonou. Nous avons étoffé le personnel pour relever les défis de la ville de Cotonou. Lun des principes fondamentaux de la décentralisation est la gestion participative. Je pense que c’est un principe qui est respecté par le conseil municipal. Le Bénin a opté pour une vision vivante de la décentralisation. Un dispositif très bien articulé a été mis en place. A partir des quartiers, il y a le conseil des quartiers présidé par un chef de quartier. Au niveau des arrondissements, nous avons un conseil d’arrondissement présidé par un chef d’arrondissement. Le conseil de quartier, hormis le chef du quartier, est composé des élus locaux. Au niveau de l’arrondissement, c’est l’ensemble des chefs quartiers plus les élus municipaux ressortissants de cet arrondissement. Donc, lorsque les préoccupations se posent au niveau de chaque quartier, elles sont analysées par le conseil de quartier, puis transmises au niveau du conseil d’arrondissement qui, en dernier ressort, remonte au niveau du conseil municipal. A ce niveau, l’ensemble de ces propositions est analysé et regroupé en actions avec la prise en compte des actions les plus importantes. Donc, lorsque vous prenez le budget de la ville de Cotonou, par exemple le budget en cours, les besoins exprimés par les populations depuis la base correspondent à la tranche annuelle du Plan de Développement Communal (PDC) deuxième génération que nous avions élaboré avec la participation des différentes couches socioprofessionnelles de notre Ville. La société civile a été intimement associée à cela, si bien que Cotonou fait la différence. Ce PDC a été bâti véritablement à partir des préoccupations soulevées par l’ensemble des populations de la ville de Cotonou, y compris celles qui quittent les autres contrées pour Cotonou. Selon le dernier recensement, la ville de Cotonou compte environ 700.000 habitants et brasse par jour près de 1.300.000 personnes. Il y a un flux important des citoyens d’autres communes comme Allada, Ouidah, Sèmé Podji, Calavi, Porto-Novo qui viennent à Cotonou à cause des voies bien construites. Ce qui fait que Cotonou gère plus de problèmes dans la journée, bien que ceux qui y viennent ne paient pas d’impôts dans la ville de Cotonou. Donc, ceux qui viennent faire leurs activités dans Cotonou compliquent la gestion de la ville, notamment en matière de mobilité urbaine. Malgré la mise en œuvre de l’entretien et de la réhabilitation des feux de signalisation au niveau des carrefours, la circulation n’est pas encore totalement fluide. Aujourd’hui, le plan de circulation de Cotonou n’est pas stable, parce que la ville est constamment en construction. Vous constatez qu’il y a aujourd’hui le projet d’asphaltage qui permet de reconstruire beaucoup de voies.

La mairie est-elle associée à la conception et à la réalisation des projets en cours dans la ville ?


Les communes sont des démembrements de l’Etat pour compléter les actions du gouvernement, pour rapprocher les services publics des populations. Par rapport à cela, nous sommes tenus de travailler synergie avec le gouvernement. Cotonou joue pleinement sa partition pour aider le gouvernement en accompagnant les entreprises. Car, pour l’installation de ces entreprises, il y a un certain nombre de tâches qui incombent à la ville de Cotonou. Par exemple, Il faut aider à déguerpir les populations qui sont dans les emprises des voies et permettre aux entreprises de s’installer. C’est-à-dire, leur trouver des sites pour asseoir leur base. C’est vrai que le gouvernement veille sur les travaux mais au niveau de la ville, nous envoyons des équipes, surtout la direction des services techniques qui jette un regard sur tout ce qui se fait pour voir si les travaux qui sont en train d’être effectués répondent aux dispositions contenues dans les cahiers de charges. Par rapport à cela, la mairie de Cotonou est en permanence sur le terrain et même s’il y a des difficultés, nous intervenons directement pour aider les entreprises à mieux respecter les cahiers de charges à elles confiés.

Nous sommes en campagne électorale, lorsque vous êtes sur le terrain face aux populations, que leur dites-vous des réalisations qui portent la marque Gnonlonfoun ?


Nous avons réussi au cours de notre mandat en moins de deux ans à construire plusieurs infrastructures scolaires, des infrastructures d’assainissement, des infrastructures sanitaires et autres. De façon concrète, nous avons procédé :
au titre de l’amélioration des conditions de travail des agents
Construction des sièges des 1er et 3ème Arrondissement, Construction d’un nouveau bâtiment pour le Service du Registre Foncier Urbain (RFU),
Construction d’un nouveau bâtiment pour la Direction des Etudes, de la Prospective et de la Programmation (DEPP),
Réfection des bâtiments de l’Hôtel de Ville et de la salle de Mariage,

Infrastructures Scolaires
Construction de 32 modules de salles de classes avec magasins et bureaux pour les directions et réalisation de clôture dans certaines écoles,
Réfection de 20 Ecoles maternelles et Primaires,
Construction d’un module de 4 salles de classe au CEG Suru Léré dans le 2ème Arrondissement,
Construction d’un module de 4 salles de classe au CEG le Lac dans le 6ème Arrondissement,
Réalisation de près de 3500 table-bancs pour équiper les écoles maternelles et primaires à travers les 13 Arrondissements,

Sur le plan sanitaire
Construction du dispensaire et réfection de la maternité d’Agbato dans le 3ème Arrondissement,
Construction du dispensaire d’Akogbato dans le 12ème Arrondissement,
Extension de la maternité du Centre de Santé de Sikècodji dans le 7ème,
Au titre de la mobilité urbaine
Réfection de toutes les voies pavées dégradées sur toute l’étendue du territoire de la Ville,
Réalisation de 6470 dallettes pour remplacer toutes les dallettes usagées dans la Ville,
Réalisation de 35 dalots,
Réalisation des feux tricolore numérisés au niveau de certains carrefours,

Sur le plan funéraire
Réfection des cimetières dAKPAKPA, PK14 et Somè,
Construction de trois magasins de stockage de vivres dans les 3ème, 5ème et 12ème Arrondissements,

Il faut souligner que, tous les arrondissements de Cotonou ne sont pas pris en charge dans la 1ère phase du projet d’asphaltage. Par exemple le 6ème Arrondissement, ne bénéficie pas du projet asphaltage. C’est le cas du 4ème, du 8ème et du 10ème arrondissement. Par rapport à cela, la ville continue de déployer ses efforts annuels en matière de reprofilage et de rechargement des voies. C’est-à-dire que des rues et des voies principales ont été reprofilées et rechargées pour faciliter une bonne mobilité des populations de ces arrondissements. Il y a certainement d’autres rues qui nécessitent ces reprofilages, mais les disponibilités budgétaires ne permettent pas de prendre en charge toutes les rues de ces arrondissements. Donc, sur le plan de la mobilité urbaine, la ville continue de compléter ce que fait actuellement le gouvernement. Nous avons des problèmes d’assainissement qui constituent un travail quotidien et aujourd’hui, le gouvernement a mis en place un projet dénommé le Grand Nokoué qui regroupe les 5 communes que vous connaissez. Pour le balayage dans la ville, le gouvernement la pris en charge à travers la société de gestion des déchets solides. La ville continue de curer les caniveaux, de les entretenir et de ramasser les ordures. Là, ce sont des tâches récurrentes parce qu’aujourd’hui, on n’arrive pas à ramasser la totalité des ordures ménagères produites dans la ville car il y a un certain nombre qui se retrouvent dans les marais, qui se retrouvaient sur les berges lagunaires. Ces derniers sont en train d’être aménagées. A partir de là, ceux qui déversaient les ordures sur les berges lagunaires se sont indûment repliés sur les artères de la ville. Ce qui nous a amené à avoir plus de travail et à redoubler d’ardeur pour surveiller ces artères et gérer au mieux le surplus de ces déchets. Quand vous prenez les alentours du marché Dantokpa, qui est l’un des points principaux qui génèrent des ordures, nous sommes obligés de veiller au grain et de suivre au jour le jour le ramassage de ces ordures. C’est le lieu de féliciter notre prestataire, la société Glassem, qui répond toujours à nos appels pour le ramassage diligent des surplus de déchets. Il faut comprendre que lorsque nous avons dégagé les berges lagunaires, nous avons constaté qu’il y a une quantité importante de déchets qui se retrouvent sur les artères et sur les voies alors que ces quantités n’avaient pas fait objet de prévision budgétaire. Ça veut dire qu’il y a eu surplus de quantité, mais nous arrivons à les assumer. D’ailleurs pour arriver à payer ce prestataire, nous avons été obligés parfois d’aller à des collectifs budgétaires, parce que les prévisions initiales sont tout à fait dépassées mais il faut pouvoir payer le prestataire pour accompagner le gouvernement. C’est dire qu’en matière de propreté intégrale de la ville, la mairie continue de mettre des moyens très importants, parce que ça constitue une part importante du budget.
A l’instar du gouvernement, nous n’allons pas produire des éléphants blancs et pour cela, tous les chantiers qui ont été lancés vont aboutir et nous sommes en train de prendre les dispositions nécessaires afin que les entreprises qui ont à charge ces chantiers puissent les assumer dans les délais requis. Les populations bénéficiaires attendent ces classes et ces infrastructures et la ville s’emploie à répondre favorablement. Cependant, malgré les efforts du gouvernement, il y a toujours ce déficit de salles de classes dans les écoles et nous nous employons à réduire ce déficit aussi bien au niveau de l’enseignement secondaire, technique et professionnel, qu’au niveau de l’enseignement primaire et celui maternel. Avec ce que nous faisons, la ville a reçu des remerciements de la part de plusieurs associations de parents d’élèves. En fait, c’est de leur droit puisque c’est de par leurs contributions financières que nous arrivons à réaliser ces infrastructures. En fait, la gestion au niveau des communes, c’est la gestion de proximité, c’est essentiellement la gestion des urgences. Et les procédures au niveau des communes sont les mêmes au niveau de l’Etat central. Mais je pense qu’on ne peut pas exiger aux communes, la même procédure qu’au niveau de l’administration centrale. Au niveau de l’administration communale, ce sont des urgences. Je vous donne un exemple. Prenons le rond-point de l’Etoile Rouge. Si un arbre tombe là et bloque le passage, on ne peut pas attendre et aller faire une procédure, aller faire une cotation ou faire un appel d’offre avant de dégager cet arbre. Cela appel la mise en place d’une régie d’avance. La ville en avait. Je vous rappelle que j’ai été chef de la circonscription urbaine de Cotonou. Et en ce temps, la direction des services techniques avait un régie d’avance de 25 millions de franc cfa pour trimestriellement. Au fur et à mesure qu’on décaissait, on le justifiait et ça nous permettait d’intervenir très rapidement. Aujourd’hui, vous auriez pu constater qu’on prend plus de temps parce que les grogneurs ont estimé que quand ils signalent les dysfonctionnements au niveau de la ville, nous ne réagissons pas. Nous prenons très bonne note mais nous prenons le temps de rassembler ces disfonctionnements, de faire un appel d’offre ouvert, avant de procéder à la correction de ces dysfonctionnements. C’est pourquoi vous allez constater que cette année, sur toute l’étendue du territoire de la ville, nous avons réfectionné toutes les dégradations constatées sur les voies pavées. Cela a fait l’objet d’un appel d’offre ouvert. Vous allez constater par ailleurs que nous avons réalisé près de 7000 dallettes, parce qu’au niveau des caniveaux, au niveau des canalisations, il y a des dallettes qui ont été désagrégées et on a dû faire ces dallettes pour remplacer celles qui sont défectueuses.

Parlant de dénonciation, il y a cette histoire d’achat de véhicule aux chefs d’arrondissements, qui alimente la toile depuis quelques semaines. Qu’en est-il réellement de ce dossier ?


Pour les véhicules dont vous parlez, je ne voulais pas devancer les faits, mais vous m’envoyez sur une pente que je ne saurais esquiver.
En fait, quand nous avons pris fonction, notre premier chantier a été d’améliorer les conditions de travail. On a commencé par réfectionner les sièges des arrondissements dont la plupart ont été réalisés pendant la période révolutionnaire. Ce sont des bâtiments vétustes qui ne donnent plus les garanties nécessaires pour les services de qualité à la population. Pour plus de commodités aux CA, nous avons choisi de reconstruire carrément les sièges parce que les premières réfections que nous avons commencées n’ont pas donné des résultats vraiment reluisants. Nous avons alors décidé de reprendre la construction. Aujourd’hui, on a construit les sièges du 1er et du 3ème arrondissement. Au titre du budget 2020, nous avons la reconstruction d’au moins 5 à 6 sièges, de sorte que d’ici l’année 2021, nous allons reconstruire tous les sièges des 13 arrondissements. Dans cette même foulée, il y a les moyens de déplacement. Le parc automobile de Cotonou est composé de de véhicules amortis. Il faut pouvoir doter les Directions de matériels de déplacement adéquat. Les véhicules que les CA utilisent sont des véhicules amortis qui tombent fréquemment en panne. Nous avons décidé d’acheter de nouveaux véhicules au profit des chefs d’arrondissement qui sont des Adjoints au Maire, Cotonou étant une ville à statut particulier, en plus des présidents des commissions. Nous avons lancé la commande de 16 véhicules. Ça a pris du temps. C’est des véhicules 4X4. C’est-à-dire des véhicules assez solides. J’ai fait créer une commission qui est composée des chefs d’arrondissement et c’est un chef d’arrondissement qui la présidée. J’ai dit : « allez faire la prospection, et choisissez le véhicule qui vous sied. » Donc ils ont pris l’option des véhicules 4X4 pour des questions de convenance. Les choses en étaient là quand la procédure a été lancée. Ça c’est depuis très longtemps, la procédure a souvent été reprise et nous avons décidé d’attaquer ce problème de fond. Si bien qu’en 2019, la procédure a été régulièrement relancée et devait aboutir fin novembre 2019. J’ai constaté que les véhicules n’étaient pas livrés. Je ne connaissais pas l’entreprise qui a gagné ce marché. C’est à partir du moment où le délai de livraison était arrivé à terme et que je n’ai pas la livraison, que j’ai commencé par interpeler ceux qui ont gagné ce marché. Finalement, on a senti qu’on a envoyé 7 véhicules. Alors que nous avons donné une avance que l’entrepreneur doit cautionner pour qu’on soit sûr que si la commande n’aboutissait pas, on pourra récupérer les fonds publics. Donc à un moment donné, comme le délai était dépassé, l’entreprise a prolongé le cautionnement pour trois mois auprès d’une structure d’assurances, parce qu’on sait que sils ne livraient pas les véhicules, à tout moment, l’avance qui a été payée, le Trésor public peut récupérer ses fonds. Le dernier délai, c’était pour la fin de ce mois (avril 2020). Donc à partir du 26, je pense que j’ai commencé par alerter pour que si les véhicules ne sont pas là, nous puissions procéder autrement. Le Trésorier payeur de la ville aussi ma saisi par écrit pour dire que ça relève de la responsabilité de l’ordonnateur que je suis. Donc, il faut réaliser cette caution. Ça veut dire qu’on doit prendre les dispositions pour que si après le 30 avril si tous les véhicules n’étaient pas livrés, l’avance payée soit recouvrée. Mais dans ce dossier, avant de lancer ces genres de choses, nous recueillons l’expertise de la Direction générale du matériel et de la logistique au niveau du ministère des finances, c’est-à-dire le Garage Central qui est la structure habilitée à gérer les véhicules de l’Etat central et des communes. Donc, quand ça s’est passé comme ça, nous nous sommes rapprochés deux pour avoir les précisions, parce que quand on a amené les 7 véhicules, à la sortie de mon bureau le mardi après le lundi de Pâques, je suis allé les inspecter sur le parc. Les véhicules que j’ai vus, l’aspect que ça me présentait, ne m’a pas du tout rassuré. Je me demandais si véritablement ce sont des véhicules que nous avions commandés. On va confronter avec le contrat et les spécifications techniques. Mais déjà, lorsque nous avons jeté un regard, Cela pose problème. Mais les gens nous ont dit qu’il faut vérifier. C’est ce matin (jeudi 30 avril 2020) que j’ai envoyé mes collaborateurs vers la Direction générale de contrôle des marchés et le Garage central pour savoir quelle conduite tenir. Et eux ils nous ont dit que nous allons procéder d’abord à une réception technique pour voir si le matériel livré correspond aux spécifications techniques. Donc, nous sommes à cette étape-là de la procédure. Nous allons saisir les techniciens en la matière et ils vont venir examiner pour nous dire si ces produits correspondent véritablement à ce que nous avons commandé, et à partir de ce moment, on avisera.


Visiblement, vous œuvrez également pour l’amélioration des conditions de vie du personnel !


J’ai commencé à être responsable de la Ville depuis 1999 en tant que Secrétaire général, et puis Chef de la circonscription urbaine par intérim et je suis parti de là en 2003. L’effectif de notre ville n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Les infrastructures qui sont là ; le bâtiment central c’est moi qui lai initié et ça a été achevé par Dandjinou. Quand je suis revenu, l’effectif de la ville a grimpé. Mais les infrastructures d’accueil pas accompagné. Vous ne pouvez pas demander des résultats, vous ne pouvez pas confier des tâches à des agents sils ne sont pas dans des conditions normales pour pouvoir travailler. Aujourd’hui, on a un plan et c’est toujours la difficulté des procédures, sinon on aurait déjà réalisé sur un espace des infrastructures connexes pour permettre d’abriter certaines commissions du conseil municipal et certains services. Mais je pense que nous avons commencé par reconstruire quelques bâtiments, le registre foncier, la direction des études, de la prospective et de la programmation. Ces directions sont actuellement relogées. Mais il reste des locaux à construire pour permettre aux agents de la mairie de travailler dans des conditions normales. En attendant, l’existant qui est là est en train d’être réfectionné. L’ensemble de l’hôtel de ville aujourd’hui fait l’objet d’une réfection avec les commodités indiquées.

Le projet 3CI est toujours vivant ou l’asphaltage est venu le tuer ?


De toute façon, par rapport à la lutte contre les inondations dans la ville de Cotonou, nous faisons trois choses. Il y a des actions préventives, qui consistent à entretenir et à curer les caniveaux. Il y a des actions curatives. Pendant la saison des pluies, nous ouvrons des tranchées, nous utilisons avec l’appui des sapeurs-pompiers ou de l’Agence nationale de la protection civile des motopompes à grande capacité. On pompe l’eau et on ouvre des tranchées pour faire évacuer l’eau vers la lagune. On procède également à des assèchements. C’est surtout pour les établissements publics, surtout en période d’examen. On est obligé d’assécher et de mettre du sable pour permettre aux élèves de vaquer correctement à leur examen. Mais après cela, nous essayons de rétablir la circulation dans les quartiers en reprofilant et en rechargeant les voies. Nous n’appelons pas cela 3CI, mais c’est comme cela que c’est articulé.

Vous êtes candidat aux prochaines élections communales, dans le sixième arrondissement, comment préparez-vous ces élections ?


Moi je suis venu accidentellement en politique. Et quand j’y suis rentré, je suis resté. Je suis au sein de la population, je suis resté parmi les miens. Même en tant que ministre je n’ai pas de garde-corps chez moi, je n’ai pas de policier. Donc mon portail est toujours ouvert, je vais discuter avec les jeunes. D’une manière ou d’une autre, cela me facilite un peu la tâche. Mais notre pays étant ce qu’il est, il faut être souvent sur le terrain. Et à la veille des élections, il faut encore y aller. Donc nous allons continuer à rendre visite aux gens, à les saluer pour que l’UP puisse gagner.

En tant que mairie, qu’est-ce que vous avez eu à faire pour la lutte contre le Covid-19 ?


Avec l’accompagnement du Gouvernement, de certains partenaires de la Ville et aussi sur nos propres ressources, nous avons engagé cette lutte contre le COVID 19.
Sur le plan social, on a des rubriques qui correspondent aux actions qu’on devrait mener. La mairie a fait ce qu’elle peut sur le plan social. Et après cela, nous avons vu dans notre budget qu’il fallait faire davantage. C’est ainsi que nous avons reçu l’autorisation du ministre des finances pour le décaissement de fonds qui nous a permis de renforcer nos moyens de lutte. Nous avons pu acquérir plusieurs dispositifs de lavage des mains qui seront déployés dans nos écoles sur toute l’étendue du territoire de la Ville. Nous avons également eu le soutien du Gouvernement qui nous a donné 100 dispositifs de lavage de mains pour renforcer ce que nous faisions déjà dans ce sens. Certains des prestataires de la Ville sont aussi intervenus pour nous soutenir dans notre dynamique. Il faut dire que tous les espaces marchands de la Ville, les arrondissements ainsi que certains endroits stratégiques ont été dotés du nécessaire pour faire face à la pandémie.

Hier, vous étiez au gouvernement où vous donniez des instructions, aujourd’hui, vous êtes à la mairie où vous en recevez. Comment vivez-vous cette mutation ?


Je suis un cadre de l’administration générale et territoriale. Selon la position que vous occupez, vous recevez des instructions ou vous en donnez. C’est cela le principe hiérarchique qui caractérise l’administration. Et je ne peux pas déroger à la règle. Hier, l’actuel préfet du Littoral était mon secrétaire général quand j’étais ministre de la décentralisation. Aujourd’hui, il est mon autorité de tutelle, et tout se passe dans la courtoisie. Tout se passe bien. Je connais les textes et je connais ce qu’il faut faire. Chacun est dans son rôle. Et c’est ce qui est important. Il faut se respecter en respectant les autres.

Quatre ans après l’arrivée du président Talon, quel bilan faites-vous de sa gouvernance ? Satisfait ou insatisfait

Vous savez, la gestion d’un pays est assez complexe. C’est difficile de combler toutes les attentes des populations. Le Président a pris un certain nombre de dispositions et s’est donné les moyens de sa gouvernance. Je salue surtout la réforme du système partisan, parce qu’elle permet de renforcer l’unité nationale. C’est la réforme qui m’a le plus enchanté. Deuxième chose, je dois dire que les projets du PAG sont bien pensés. Ce n’est pas de l’improvisation. Quand on commence, ça va jusqu’au bout. Il y a de la méthode dans tout ce qui se fait. Quand vous prenez le projet Asphaltage, toutes les voies construites sont pourvues de canalisation. Après, il y aura l’éclairage. Il y a un autre projet qui n’a pas encore démarré, mais auquel on a associé la ville de Cotonou, c’est le projet d’assainissement pluvial. Un projet qui coûte près de 300 milliards. C’est également un projet très bien pensé. Aujourd’hui, notre aéroport a un visage plus rayonnant. Je pense que comme dans bien de capitales africaines, Cotonou est en train de changer, et c’est à mettre à l’actif du régime du Président Talon.

Carte d’identité: L’homme du peuple

Quand on lui demande pourquoi malgré ses nombreux titres de ministres, députés, maire, il n’a jamais voulu quitter sa résidence dans le quartier populaire de Sainte Cécile, Isidore Gnonlonfoun, répond avec un brin de malice : « Là où je suis, si vous rentrez quelque part, le lendemain je serai au courant de tout. » Cette proximité avec son milieu est l’un des déterminants de sa réussite en politique. Et pourtant, Isidore Gnonlonfoun a passé l’essentiel de sa carrière dans les méandres de l’administration publique béninoise. Né en 1954 d’un père ancien agent de la CFAO et surtout pêcheur, c’est à l’école primaire catholique Sainte Cécile de Cotonou qu’il décroche le CEP en 1969. Du Cours secondaire les Cheminots au lycée Béhanzin, il parvient à prendre le BEPC puis le Bac qu’il décroche en 1978. Etudiant, il fait le Collège polytechnique universitaire (CPU) dans la filière Techniques administratives et gestion administrative. Il y rencontre de grands professeurs qui lui donnent le goût de l’administration. « J’ai eu la chance d’avoir eu des professeurs émérites, ils étaient vraiment consciencieux et ça m’a permis d’avoir quelque chose », affirme-t-il. Au second cycle de l’Ecole nationale d’administration, il fait l’administration générale et territoriale. Et son premier poste est bien la présidence de la république où il entre en 1982. Même à ce niveau, le fils de pêcheur allait régulièrement sur le lac les soirs, avant de prendre les chemins du bureau le lendemain. Trois ans plus tard, Isidore Gnonlonfoun entre au Ministère du travail. « Quand je voyais les enseignants descendre pour venir chercher un acte administratif, j’étais abattu puisqu’on les tournait en rond, se rappelle-t-il. Et comme nous-mêmes, on a appris tout ça, je prenais ces actes-là et je les aidais puisqu’ils n’avaient pas besoin de descendre si on avait une administration efficace. » C’est là qu’il est resté jusqu’en 1995, année à laquelle il est élu député de la seconde législature pour le compte du PRD. Isidore Gnonlonfoun n’est pas réélu en 1999 et retourne au Ministère de la fonction publique où il fut chargé de mission du ministre Ousmane Batoko. Plus tard, nommé secrétaire général de la circonscription urbaine de Cotonou, il en devient le chef par intérim de 2000 à 2001. Et c’est à ce poste qu’il fait l’expérience de la contestation à cause des réformes hardies qu’il tenait à mettre en œuvre. « Je prends le cas de la gestion des ordures ménagères, dit-il. Quand je suis arrivé, j’ai voulu mettre la main dans le panier. Mais j’ai attrapé les mains de personnalités haut placées. » En cause, plusieurs hauts bonnets de l’administration qui, bien qu’étant agents permanents de l’Etat, avaient créé des entreprises, ce qui est contraire à la loi. « C’est pourquoi, je dis que le plus grand tribunal, c’est le tribunal de la conscience », confie-t-il. Le président Kérékou le rappelle en 2003 pour le nommer conseiller technique aux affaires administratives, chargé du suivi de la décentralisation jusqu’en 2006. Entre temps, il fait un DESS en management municipal spécialité gestion des villes au CESAG à Dakar. Réélu député en 2007 puis en 2011 sous la bannière des FCBE de Cotonou, il devient un acteur politique incontournable au sein des populations autochtones de Cotonou. Président de la commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale jusqu’en 2013, il est nommé ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale, poste qu’il occupe jusqu’en 2015. Elu conseiller communal puis premier adjoint au maire de Cotonou au terme des élections de 2015, il remplace en 2017 le maire Léhady Soglo suite à la crise ayant frappé le conseil communal à l’époque. Quand on lui demande ce qui explique son entrée en politique, il répond : « Moi, je n’étais pas destiné à faire la politique. C’est la lutte contre l’injustice à la base qui a fait qu’on avait créé une association au niveau de ma communauté. Les gens nous ont remarqué et nous ont amené à la politique. »

Intimité: Simplicité

Marié et père de plusieurs enfants, le ministre Isidore Gnonlonfoun est un féru du cuir rond. C’est un ancien gardien de but, qui garde d’ailleurs des séquelles de la pratique de ce sport. Mais aujourd’hui, il n’en a plus vraiment le temps. Son régime alimentaire est plutôt simple. A table, il aime bien l’akassa et le vin. Pour être son ami, il faut surtout cultiver la sincérité.

La Rédaction

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