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Le triomphe de la vérité

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Tourisme-culture-arts: Abimbola fier des progrès réalisés en 4 ans


Le Ministre du tourisme, de la culture et des arts, Jean Michel Abimbola

La ferme ambition du Chef de l’Etat Patrice Talon de faire du tourisme, un pilier de développement, créateur de richesses et d’emplois est en voie d’être concrétisée et d’ailleurs, une grande partie de cette volonté est devenue une réalité. C’est ce qu’il convient de retenir de l’intervention du Ministre du tourisme, de la culture et des arts, Jean Michel Abimbola sur l’émission « Temps des moissons » de la Télévision nationale, le samedi 18 avril 2020. A en croire celui-ci, en quatre ans d’exercice du pouvoir d’Etat, plusieurs projets ont été réalisés dans ce secteur névralgique du développement national. Selon lui, le Gouvernement est persuadé que grâce à la culture qui va donner les intrants au tourisme, il va pouvoir révéler le Bénin et créer la richesse. Pour y arriver, rappelle-t-il, le Chef de l’Etat et son équipe s’en donnent les moyens depuis 04 ans et en ce qui concerne le secteur touristique en lien avec la culture et les arts, le Bénin a réalisé des prouesses. « De mémoire de Béninois que je suis, c’est la première fois que le tourisme est au cœur de la préoccupation gouvernementale et des politiques publiques. C’est une chance mais qui vient pratiquement soixante (60) ans après nos indépendances. Il faut donc pouvoir rattraper tout ce temps. Je suis bien placé pour le dire parce que j’ai déjà occupé cette fonction, il y a quelques années, sous un autre régime », a fait savoir le Ministre, avant de présenter deux projets sur les sept prioritaires du régime dans ce secteur : Faire de la Pendjari le parc de référence de l’Afrique de l’Ouest et réinventer la cité lacustre de Ganvié.

Le parc de la Pendjari et Ganvié à l’honneur

En ce qui concerne le Parc de la Pendjari, il a souligné que pour avoir déjà été dans ce parc, cinq (05) fois précédemment, il peut affirmer qu’il a vécu une expérience unique cette fois-ci. « En 48 heures, j’ai eu le temps de voir plus d’animaux qu’en cinq (05) ans. Nous avons vu, comme ça avait été promis par le Directeur général de l’Anpt, José Pliya, beaucoup de gibiers, beaucoup d’animaux et il y a un développement faunistique et floristique exceptionnel dans ce parc. J’ai vu les grands animaux dont on parle généralement. J’ai vu l’éléphant d’Afrique, le lion, les grandes antilopes, le buffle, l’hippopotame, un certain nombre d’autres animaux sauvages. J’ai pu les croiser très banalement dès la première heure où j’étais dans le parc alors qu’il y a quelques années, vous pouviez passer deux ou trois jours sans voir les animaux sauf quelques antilopes », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons désormais un parc qui a été réellement revivifié et redynamisé et il faut saluer la vision du Gouvernement qui avait trouvé le bon schéma et la bonne organisation en lien avec l’Ong African Parks Network, une organisation internationale très expérimentée en la matière et qui a plusieurs parcs à travers l’Afrique ». Il a, par la suite, convié les Béninois à s’approprier leur patrimoine. S’agissant de Ganvié, il a indiqué que c’est également un patrimoine unique pour le Bénin et ses compatriotes en sont très fiers. « Tout le monde connait la Venise de l’Afrique bien que beaucoup ne sachent pas où elle est située. Il y a même des pays qui s’approprient Ganvié. C’est pour mettre l’accent sur le patrimoine exceptionnel que Ganvié constitue. Mais Ganvié était en souffrance. Quand on est Béninois et qu’on doit aller à Ganvié, jusqu’à ces dernières années, on avait une petite gêne parce qu’on sent la pauvreté et la misère. On sent que cette population particulière qui est attachée à son mode de vie et à sa culture, était un peu embêtée d’être comme un oiseau en cage qu’on vient visiter, comme un zoo à ciel ouvert. Maintenant, le projet de la Réinvention de la cité lacustre de Ganvié fait corps avec l’homme, c’est le citoyen de Ganvié qui en est l’épicentre. C’est comment faire pour améliorer le bien-être de ces populations avec l’adduction d’eau, l’électrification, l’assainissement et d’autres investissements majeurs pour des infrastructures scolaires et sanitaires », a-t-il clarifié, avant de promettre que quand on va amener toutes ces facilitations et quand on verra tout le bonheur et la joie de vivre de ces populations, on se rendra compte du produit Ganvié. « Le produit Ganvié n’est pas de s’y rendre pour demander à voir les animaux ou les sites. Le produit Ganvié c’est de voir les populations dans leurs habitats, les voir dans leur quotidien et dans un confort minimum qui sera également le confort du visiteur ou du touriste. C’est dans ce cadre que le Gouvernement fait des investissements avec l’aide de la Coopération française à travers l’Afd pour ce qui concerne Ganvié parce que, comme je le disais, il y a beaucoup de projets sociocommunautaires pour pouvoir hisser et réinventer cette cité, surtout la réinventer à l’identique. Il ne s’agit pas de dénaturer Ganvié. Il s’agit surtout d’assainir les eaux, d’ouvrir les chenaux, d’avoir un système d’assainissement général à Ganvié. Le collège de Ganvié sera reconstruit avec plus de 16 modules de classes. Le Gouvernement va mettre le paquet pour que, tous ensembles, nous soyons fiers de ce patrimoine », a assuré l’invité de la Télévision nationale.

Bâtir une offre touristique

Selon les convictions du Ministre Abimbola, rien qu’avec la culture et le tourisme, le Bénin peut se développer. « Ce que le Gouvernement est en train de faire depuis 2016, c’est de bâtir une offre touristique. Il faut que le visiteur qui vient au Bénin puisse avoir une variété de produits à consommer au plan touristique. On peut avoir le Parc national de la Pendjari, la cité lacustre de Ganvié, on peut avoir notre histoire à travers nos palais royaux à Abomey et ailleurs. On peut avoir également le mémoriel à travers l’histoire douloureuse que nous pouvons aujourd’hui transformer en or sur la route de l’esclave. On peut avoir la route des Tata avec les Tata Somba qui sont des habitats exceptionnels. Nous avons un littoral avec un produit balnéaire exceptionnel que nous sommes en train de développer au niveau d’Avlékété à Ouidah où il y a déjà une digue émergée de 4km de large qui est construite et qui sera rallongée d’un kilomètre », a-t-il expliqué. A ce niveau, il annonce l’arrivée d’un certain nombre d’opérateurs majeurs touristiques qui vont s’installer dont le Club Méditerranée, Bayan Tree qui sont des références mondiales exceptionnelles en matière de tourisme. « Ces grandes marques vont venir comme des produits d’appel qui vont attirer d’autres investisseurs qui viendront également. Vous avez également des investissements majeurs au niveau de Djègbadji, là où se trouve la Porte du non-retour qui sera complètement refaite avec une Marina qui sera construite avec la possibilité d’une promenade mémorielle, une immersion mémorielle et historique à travers un bateau négrier à taille réelle qui sera installée et qui va nous remettre dans le commerce triangulaire. Vous allez pouvoir vivre des expériences exceptionnelles à Ouidah : faire la route de l’esclave depuis la place aux enchères, la place Chacha jusqu’à la porte du non-retour et la Marina », a-t-il ajouté. Au cœur de Ouidah, il a fait savoir qu’il y a également la réhabilitation du Fort Portugais et certains investissements au niveau du Fort Français. « Au niveau du Fort Portugais, vous avez la réhabilitation de la maison coloniale du Gouverneur et on va créer un musée qui va s’appeler le Musée international de la mémoire de l’esclavage (Mime) et qui sera un musée aussi moderne que ce que vous pouvez trouver en France, aux Etats-Unis ou ailleurs. Ouidah va être réellement un pôle de concentration d’investissements touristiques », a-t-il renchéri. Il en sera de même à Abomey où le site palatial des rois d’Abomey sera totalement réaménagé. A Abomey, le Gouvernement va construire le Musée de l’épopée des Amazones et des Rois du Danxomè. Le site fait 47 hectares et sera largement reconstruit avec un musée moderne qui va conter cette histoire de nos rois et la réhabilitation de nos palais pour l’immersion, selon les explications du Ministre. A propos du projet portant sur la réhabilitation de la cité historique de Ouidah, il a martelé que les Béninois doivent en être fiers, fiers de leur pays, de leur patrimoine et de leur culture. « Être fiers de la vision qui est celle du Chef de l’Etat pour que chaque Béninois n’ait plus honte de dire : moi je m’approprie Ouidah, moi je m’approprie Abomey, moi je m’approprie l’histoire de l’esclavage, moi je m’approprie le Vodoun. Et ça fait une transition pour vous dire que dans les projets phares, il y a un projet qui me tient à cœur et qui est un projet essentiel. C’est le projet intitulé la « Route des couvents Vodoun Orisha », a annoncé le Ministre.

Vers la réalisation de la « Route des couvents Vodoun Orisha »

A travers ce projet, le Gouvernement veut permettre à chaque Béninois et également à ceux qui viennent de l’extérieur de savoir ce qu’on appelle le Vodoun, non pas de devenir des adeptes de vodoun. « Ça, c’est un choix individuel. Il s’agit donc de faire connaître le Vodoun et son parcours. Nous voulons expliquer aux gens ce qu’on appelle le Vodoun, ce que c’est qu’un couvent et en quoi cela consiste d’un point de vue culturel. Après cela, il est loisible à chacun de dire : moi je vais plus loin ou ça ne me m’intéresse pas. C’est une autre affaire et le Gouvernement ne se mêle pas de cela. Voilà ce que nous voulons faire pour que d’autres ne viennent pas nous apprendre ce que nous sommes », a-t-il expliqué. Il s’agit d’un point de vue culturel et intellectuel qui prend en compte cinquante (50) couvents de cinq (05) villes différentes à savoir Grand-Popo, Ouidah, Abomey, Kétou et Porto-Novo. « Nous avons d’autres communes comme Agonli, Savalou qui vont également s’ajouter. Nous avons cinquante couvents. Ce n’est pas cinquante villes forcément qui feront un circuit », a-t-il rassuré. Il a par ailleurs évoqué la route des Tatas pour aller découvrir cette architecture extraordinaire et particulière qui relie le Bénin et le Togo, la construction d’un nouveau palais royal pour le roi de Nikki avec une arène pour la Gaani. Pour lui, le tourisme est le seul secteur qui est comme le thé, c’est un infuseur direct dans la société, c’est-à-dire que quand un touriste vient, il ne prend pas son argent pour aller mettre à la banque. Au contraire, il prend son argent à la banque pour le mettre directement auprès des populations. C’est donc un infuseur direct pour les populations qui peuvent en tirer profit et bénéfice, d’après ses explications.

Les premières œuvres culturelles attendues en 2021

Le Gouvernement, à travers le Pag, est en train de mettre en œuvre deux grands musées aux normes internationales, le musée de l’épopée des amazones et des rois d’Abomey et le musée international de la mémoire de l’esclavage. Ces deux musées vont permettre de mieux valoriser notre patrimoine et de pouvoir accueillir les biens culturels qui sont ailleurs. Pour le Ministre Abimbola c’est également une vision et un combat du Chef de l’Etat et cette demande a reçu un écho favorable en France. « Et de façon bilatérale, le Bénin et la France sont en train d’y travailler pour qu’au plus tard au quatrième trimestre 2021, nous puissions avoir les premières œuvres, donc les 26 œuvres promises par le président Emmanuel Macron, qui nous reviennent au pays », a-t-il annoncé. Quant au cadre qui va abriter ces œuvres, il a rappelé que le Ministre français de la culture Franck Riester était au Bénin au mois de décembre, de même, le Ministre Aurélien Agbénonci et lui-même étions au mois dernier à Paris pour discuter avec le Ministre Riester et d’autres composantes de l’Etat français. C’est parce que les Français ont vu le sérieux de ce projet. « Sur Abomey, la France a une contribution. Au niveau de Ouidah, c’est surtout la Banque mondiale avec une contribution du budget national. Mais le projet est fait pour mettre ces deux musées aux normes internationales, des musées qui n’auront rien à envier à des musées parisiens, allemands, italiens ou américains. Cela rassure au-delà des infrastructures modernes qui seront construites. Nous avons également un volet formation avec l’Ecole du patrimoine africain (Epa) qui fera l’objet d’un programme de réhabilitation de nouveaux investissements toujours en lien avec la France », a-t-il fait savoir.

Laurent D. KOSSOUHO

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