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Le triomphe de la vérité

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Approbation des statuts de l’ANaPES: Talon sort un plan pour booster l’excellence dans les écoles


Le président de la République, Patrice Talon

Le conseil des ministres tenu hier mercredi, a entre autres, approuvé la création et les statuts de l’Agence Nationale pour les Prestations aux Etablissements scolaires publics (ANaPES). En effet, dans le but de corriger les nombreux dysfonctionnements et déséquilibres entre le public et le privé et accélérer l’amélioration des performances du système éducatif béninois, un nouveau dispositif a été conçu. Il concerne les modes de recrutement et de gestion des établissements scolaires (primaire et secondaire général) ainsi que des ressources humaines chargées de les animer. Ce dispositif consiste, en ce qui concerne les ressources humaines, à confier la sélection, la mise à disposition et la gestion d’une partie du personnel enseignant non agent de l’Etat, à des Agences de placement. Quant aux établissements scolaires, certains d’entre eux passeront, à titre expérimental, sous la responsabilité de gestionnaires privés avec la particularité que ces établissements et leurs infrastructures demeurent la propriété de l’Etat et que les frais d’inscription restent identiques à ceux des autres établissements publics. La coordination de ce dispositif sera assurée par l’ANaPES qui sera sous la tutelle de la Présidence de la République.
Il n’est plus à ignorer les différences remarquables de performances entre les établissements du public et ceux du privé, issues de l’état des lieux du secteur éducatif. Des écarts relatifs aux taux de redoublement ou de réussite aux différents examens en faveur du privé. Entre autres raisons, cela est dû à la situation géographique des établissements privés, la possibilité pour leurs élèves d’avoir un accès facile à la culture et aux savoirs mais aussi et surtout une rigueur dans la sélection des enseignants et un meilleur encadrement de ceux-ci par les membres de l’administration scolaire des écoles, avec plus d’obligation de résultats. L’autre constat est que dans le public, en dehors des enseignants agents de l’Etat, l’utilisation des enseignants vacataires et communautaires n’a pas souvent été faite avec la rigueur requise, ce qui explique en partie les contre-performances enregistrées.

Vers la fin des éternelles insuffisances
Elles demeurent nombreuses, les insuffisances liées aux ressources humaines dans le public : absence d’un processus de recrutement formel, doublée de celle d’un profil clairement défini pour le métier ou encore de formation des vacataires / communautaires ; absence de prise en charge sociale de ces catégories d’agents qui implique une certaine précarité ; manque de suivi réel de ces catégories d’enseignants, aucun texte ne régissant leur emploi) pour affirmer que pour l’Etat central, cela est préoccupant et il devient nécessaire de corriger le tir. D’où la pertinence de la création de l’ANaPES. Le dispositif envisagé prendra appui sur l’état des lieux, le diagnostic posé pour corriger les insuffisances notées. Ce dispositif s’occupera de la mise à disposition de ressources humaines qualifiées et compétentes avec le suivi requis, et d’autre part une mise en gestion privée de certains établissements scolaires à titre expérimental. L’objectif poursuivi est de favoriser, par ce mécanisme, l’implémentation des bonnes pratiques qui font la réputation des écoles privées et d’en favoriser le bénéfice aux apprenants du public sur toute l’étendue du territoire national, sans considération de leur localisation géographique. Cette solution est le couronnement d’un processus qui doit consolider les réformes entreprises dans le secteur de l’éducation depuis 4 ans.
Mais il est important de retenir que le gouvernement tient encore les rênes du secteur. Ces mesures, selon des sources gouvernementales ne constituent en rien une privatisation de l’éducation nationale car les écoles et leurs infrastructures restent la propriété de l’Etat, les frais de scolarité restent ceux appliqués dans les autres écoles publiques. Ce n’est non plus, comme certains esprits mal intentionnés pourraient le faire croire, une précarisation des acteurs notamment les vacataires ou les aspirants. Il est en vérité question d’améliorer durablement le sort des vacataires à travers de contrats réguliers et, surtout, de leur garantir la sécurité sociale par le biais des agences qui les emploieront. Il s’agira surtout de faire valoir et expérimenter des recettes qui ont fait leurs preuves ailleurs et que tout cela doit concourir à remédier aux maux évoqués et renforcer les performances de notre système éducatif. Toute chose qui devrait réjouir tout parent d’élève.

Christian Tchanou

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