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Le triomphe de la vérité

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Dispositifs pour affronter la pandémie: Centres de santé et hôpitaux mal équipés face au coronavirus


Les agents de santé, toujours au front comme de vaillants soldats, restent très sollicités pour aider les patients à recouvrer leur santé clinique. Ils demeurent surtout les sujets les plus exposés à toute sorte d’épidémie surtout à la pandémie du Covid-19, qui fait monter le mercure au Bénin. Ceux du centre de santé de Sikècodji, situé dans la zone sanitaire N°5 et spécialisé dans le suivi des femmes enceintes, représentent un exemple dans le suivi des recommandations au regard des dispositions prises pour éviter l’expansion du mal.

Au moment où le nombre de cas de malades au coronavirus ne cesse d’augmenter, certains agents de santé ne disposent pas des matériels et équipements nécessaires pour faire face à la maladie. Ceux-ci sont obligés de se contenter du minimum dont ils disposent pour faire le travail. A la clinique mutualiste St Benjamin sise dans la commune d’Abomey-Calavi, comme dans plusieurs d’autres, les dispositions sont prises pour le lavage systématique des mains. En effet, à l’entrée de ce centre sanitaire est installé un dispositif de lavage de mains maniable avec les pieds pour les usagers et le personnel. Aussi note-t-on dans la salle d’accueil, que des dispositions pratiques sont prises pour faire respecter la distance sociale d’un mètre entre les potentiels patients et le personnel. Mais le personnel ne dispose que des équipements ordinaires tels que les cache-nez et les gants pour faire le travail. « Nous ne disposons pas d’autres équipements pour faire le travail à part les gants et les cache-nez. Mais nous tenons au respect du lavage des mains et de la distanciation sociale », a répondu le personnel rencontré sur les lieux. L’un d’entre ces agents plaide pour que l’Etat les aide à disposer des cache-nez pour pouvoir se protéger et protéger les autres contre la pandémie du coronavirus. En termes de mesures particulières, ce centre de santé dispose désormais d’une fiche de renseignement que toute personne qui y entre pour se faire examiner remplisse pour permettre à l’agent de santé de mieux connaître sa situation sanitaire. Selon les explications de Arsène Ogouyomi, Infirmier diplômé d’Etat en service dans cette clinique, à l’avènement du coronavirus, les agents de santé de la clinique mutualiste St Benjamin ont été formés à l’interne par le Médecin chef sur les dispositions à prendre en ces temps de crise sanitaire. Conscients du danger que constitue le covid-19, ceux-ci invitent les populations se trouvant à l’intérieur du cordon sanitaire à porter les masques comme le recommande le Comité gouvernemental de suivi du coronavirus, ainsi que toutes les autres mesures barrières.

L’hôpital de zone de Mènontin et la Clinique Mahougnon laissés pour compte

Pour prévenir la propagation du Coronavirus, l’hôpital de zone de Mènontin ainsi que la clinique Mahougnon de Mènontin ont pris des dispositions d’hygiène et de protection spécifiques. N’ayant reçu aucun équipement de l’Etat, ses hôpitaux se sont munis des seaux d’eaux, des robinets ainsi que des gels désinfectants pour le lavage systématique des mains pour chaque personne entrant et sortant de ses hôpitaux. En ce qui concerne les mesures de protection des agents de santé de ses hôpitaux, c’est le port des masques et gants qui est observé ainsi que le respect strict des règles d’hygiène prescrites par l’OMS. «On essaie de respecter les un mètre de distance, chose qui n’est pas vraiment évidente puisqu’on doit examiner et faire des injections aux patients», dixit Dr Venance Guezo, médecin généraliste à la clinique Mahougnon tout comme les agents de santé de l’hôpital de zone de Mènontin. Tous les agents de santé de ces hôpitaux de Mènontin ont reçu des gels hydro-alcooliques dans leur bureaux ainsi que des robinets d’eaux qui leurs servent de lavage des mains à chaque fois. «Nous avons une salle d’isolement dans laquelle on met les cas suspects qui développent les symptômes du Covid-19 et nous faisons appel au service en charge», a affirmé Dr Arnaud Atikpa, chef service de la consultation à l’hôpital de Menontin contrairement à la clinique Mahougnon qui trouve que les agents envoyés par le gouvernement et qui circulent dans les hôpitaux pour la vérification des cas suspects, sont mieux placés d’autant qu’ils n’ont reçu eux aucune formation pour la prise en charge des cas suspects du Coronavirus.

Les agents du Centre de santé de Sikècodji en bon pôle

Le dispositif de lavage des mains installé à l’entrée du centre de santé et devant chaque service annonce déjà les couleurs du respect scrupuleux des dispositions de riposte par le centre de santé. Gants à la main et bavettes au visage pour se couvrir le nez et la bouche, les deux infirmières observées dans la cour attirent bien l’attention sur leur accoutrement. Un tour dans les services et le constat est fait. Si la distanciation sociale est quelque peu respectée, le port de bavette et de gants est général et exigé au personnel soignant. Mais avant toute intervention, le lavage des mains à l’eau et au savon est fortement exigé et suivi. « C’est déjà une habitude pour nous de procéder au lavage des mains avant et après chaque acte. En plus de cela, chaque agent est doté de gants, de bavette et aussi de gel hydro-alcoolique qu’il utilise après chaque acte », a informé Roméo Gnonlonfoun, Epidémiologiste et Infirmier diplômé d’Etat en service au Centre de santé de Sikècodji. Outre le matériel de protection mis à disposition des agents de santé, il faut aussi remarquer que ces derniers ont suivi une formation en vue d’adopter les attitudes adéquates face aux sujets. A en croire l’Epidémiologiste, les agents de santé ont été formés sur les symptômes du nouveau Covid-19, les conseils à recommander aux patients comme : tousser dans le creux du coude, ne pas se moucher ou cracher par terre, se laver les mains à l’eau et au savon, et autres. La distanciation sociale d’un mètre a également été recommandée aux agents ainsi que l’adoption d’autres dispositions pour vite satisfaire les patients. « S’il y a possibilité de traiter un patient par voix orale, nous le faisons. Nous lui prescrivons juste les médicaments dont il a besoin pour recouvrer sa santé », a expliqué Roméo Gnonlonfoun. Si tout a été mis en œuvre pour permettre aux agents d’assurer une meilleure protection de leur santé et celle de leur patient, il faut toutefois remarquer que certains matériels ne sont pas mis à disposition de ce centre pour faire face à la pandémie, en cas de sujets confirmés. C’est le cas des respirateurs. L’Epidémiologiste justifie ce manque par le profil du centre de santé. « Le centre n’est pas un grand hôpital et n’est pas aussi doté d’un service des urgences. Nous traitons les cas de toux, de rhume et autres mais si le test se révèle être positif, il y a des centres spécialisés pour la cause », a-t-il affirmé. Toutefois, il a plaidé pour un suivi des agents de santé et le renforcement de leur matériel comme l’usage de blouse unique et des bavettes ou masque de protection en quantité suffisante, pour mieux faire face à la pandémie. Un appel que devront prendre en compte les autorités sanitaires en vue de garantir une meilleure sécurité sanitaire aux agents de santé.

Laurent D. Kossouho/Edwige Totin/Rastel DAN

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