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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le désastre de l’Occident


Des millions de personnes seront infectées et entre 100.000 et  200.000 mourront aux Etats-Unis. C’est l’avertissement lancé ce dimanche par le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des maladies allergiques et infectieuses, considéré comme le plus grand infectiologue américain. Il sait de quoi il parle. Le Covid-19 a déjà touché plus de 100.000 personnes aux Etats-Unis et fait environ 2000 morts, faisant du pays l’épicentre de la pandémie aujourd’hui dans le monde. Les experts s’attendent dans quelques jours à une montée en flèche de la mortalité liée au coronavirus, tandis que Donald Trump a signé vendredi une loi autorisant la réserve fédérale américaine à tirer 2000 milliards  de dollars pour sauver l’économie du pays. Ce recours massif à la planche à billets au profit direct des ménages est sans précédent. C’est une solution lâche, mais nécessaire dans une crise sanitaire qui risque de dégénérer en dépression. Mais ce recours massif aux mesures exceptionnelles sauvera-t-il la superpuissance américaine de la récession ?

La question reste posée, quand on sait que la Chine a pratiquement pris le pouvoir dans la gouvernance mondiale. Pékin s’est transformé depuis quelques jours en messie de la planète minée par le Covid-19, en distribuant des matériels et équipements médicaux dans presque tous les pays. Le Bénin a reçu son lot à travers la Fondation Jack Ma, le milliardaire chinois, depuis ce vendredi. En même temps, en dehors des autres dons officiels, le Bénin a commandé et réceptionné des équipements chinois. Idem pour la France qui a commandé pour près d’un milliard de masques et d’autres équipements anti-Coronavirus en Chine. Ce dimanche, un avion chinois a livré à New York 12 millions de gants, plus de 130.000 masques, 1,7 million de masques chirurgicaux et 50.000 équipements de protection pour les médecins et infirmiers. Les Etats-Unis sont en train d’apprendre la leçon : ils ne peuvent plus se passer de la Chine, malgré la stratégie de déstabilisation de Trump.

Ce n’est probablement que le début d’une descente aux enfers qui voit inverser l’ordre international. On ne parle pas encore de l’Europe. L’Italie est aujourd’hui dans un indescriptible chaos, livrée à une pandémie qui a déjà fait près de 11.000 morts dans le pays. Et quand on suit cette actualité, on sait que ces chiffres sont probablement plus importants dans la réalité, beaucoup de gens mourant chez eux ou dans des structures non officielles. Quant à l’Espagne, elle est aussi en déroute, avec environ 7000 morts en moins d’un mois. C’est un carnage inimaginable il y a à peine deux mois. Il n’y a que l’Allemagne qui tienne encore la dragée  haute, face à la pandémie. Le pays a la force de recevoir les patients d’autres pays européens. La solidarité européenne est en lambeaux, parce que les Etats traversent une crise sans précédent. Une crise de survie.

Aujourd’hui,  le chiffre total des contaminations à travers le monde avoisine les 700.000, selon l’université américaine Johns Hopkins. Et quand le bois vert brûle, on se demande ce qu’il adviendrait du bois sec. Les regards se tournent aujourd’hui vers l’Afrique. Les cris alarmistes de l’OMS appelant le continent à se réveiller, m’ont particulièrement surpris. Pourquoi le Directeur général de l’OMS se préoccupe-t-il si tant d’un continent resté jusqu’ici relativement épargné par le mal, au lieu de s’occuper des Etats pratiquement en flammes aujourd’hui ? A vrai dire, ces alertes préventives sont à la base d’un véritable vent de panique sur le continent. Un pays comme le Malawi qui n’a enregistré aucun cas confirmé s’est lancé dans un confinement total depuis le 23 mars dernier, pendant que la Suède qui a plus de 1000 cas confirmés n’entend pas empêcher le cours normal des activités des citoyens. A voir ce qui se passe en Italie, en France, aux Etats-Unis ou en Espagne, il y a effectivement lieu de s’alarmer. Le coronavirus a disjoncté le système sanitaire de pays que l’on prenait pour des modèles. Que nous reste-il à faire ? Compter plus que jamais sur nous-mêmes et non plus sur un Occident décadent. Cette crise nous montre que l’Occident a entamé son déclin. Trop sûr de lui, de sa démocratie et de sa suprématie culturelle et intellectuelle, il n’a pas vu venir le mastodonte chinois qui se dresse désormais comme alternative à ses failles. Nous n’avons plus de leçon à recevoir de personne. Le monde d’après covid-19 sera chinois…et africain.

Par Olivier ALLOCHEME

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