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Le triomphe de la vérité

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Edito: Faut-il fermer les écoles ?


Ce qui est sûr, l’apparition des cas de coronavirus dans notre pays, annonce des morts. Tous les spécialistes de santé publique que j’ai pu consulter sont formels sur ce point. La question est de savoir dans quelle mesure nous sommes capables d’en limiter le nombre. Le Covid 19 est une menace, surtout pour ceux qui ont des maladies chroniques, ce qui rend les enfants non immunodépressifs potentiellement dangereux pour leurs entourages. Car, ce sont des vecteurs de transmission. Et c’est précisément pour cela que la fermeture des écoles fait corps avec l’interdiction des rassemblements qui constitue une des trois principales mesures non pharmaceutiques traditionnellement employées en cas d’épidémie ou de pandémie, les deux autres étant le confinement (ou isolement) et la fermeture des frontières. La question centrale qui se pose ces jours derniers, est donc celle-ci : faut-il fermer nos écoles et nos universités ?
Techniquement, la réponse est oui. Non pas parce que le Togo, le Burkina Faso ou le Niger en ont déjà décidé, mais parce que c’est la mesure la plus efficace que l’expérience humaine a pu capitaliser. A ce sujet, j’ai pu consulter plusieurs études réalisées notamment sur la grippe espagnole qui a sévi en 1918-1919 à travers le monde. Rappelons que cette grippe est de loin la pandémie la plus désastreuse de l’histoire de l’humanité. Elle a provoqué en l’espace d’un an au minimum 40 millions de morts répartis sur presque tous les continents. La première étude que j’ai pu consulter est intitulée « Strategies for mitigating an influenza pandemic », œuvre de six épidémiologistes américains et britanniques, avec en tête le professeur Neil M. Ferguson de la faculté de médecine de l’Imperial College de Londres en Angleterre. Cet article publié en avril 2006 dans la très prestigieuse revue scientifique Nature, indique en gros que la fermeture des écoles pendant une pandémie a des effets limités sur les taux d’attaque globaux, tandis que l’isolement des cas ou la quarantaine des ménages ont un impact significatif. La mesure la plus efficace pour les cas de transmissibilité élevée, reste les contrôles aux frontières qui peuvent retarder à plus de 99% la propagation de la pandémie.
La deuxième contribution ayant retenu mon attention est celle faite par des chercheurs américains de la revue scientifique Journal of American medical association (JAMA). Il s’agit d’un article intitulé « Nonpharmaceutical Interventions Implemented by US Cities During the 1918-1919 Influenza Pandemic ». Publié par trois chercheurs américains en août 2007, cet article analyse les interventions non pharmaceutiques employées aux Etats-Unis lors de la pandémie de 1918-1919. Les chercheurs retiennent simplement que les fermetures proactives d’écoles (fermer les écoles avant qu’il y ait un cas) « se sont révélées être l’une des interventions non pharmaceutiques les plus puissantes que nous puissions déployer. » (C’est moi qui traduis). Non seulement elles retirent de la circulation les enfants qui sont des vecteurs de la propagation, mais en plus elle protège toute la communauté. Mais le problème, c’est que lorsque vous fermez les écoles, vous avez effectivement besoin que les parents restent à la maison. De sorte que toute mesure de fermeture d’école doit être couplée avec le confinement de la communauté et l’interdiction des rassemblements publics pour une durée d’environ un mois. Ce sont des mesures nécessairement simultanées ou concomitantes. « Les villes qui ont mis en œuvre des interventions non pharmaceutiques plus tôt ont connu des retards plus importants avant d’atteindre le pic de mortalité », affirment les chercheurs.
Quelles leçons tirer de tout cela ? En premier lieu, dans le cas actuel de pandémie, il est clair que les écoles finiront par être fermées. Et le plus tôt serait le mieux. Ne pas le faire, c’est potentiellement accroitre le nombre de morts qui, je l’ai dit plus haut, seront immanquablement enregistrés. Deuxièmement, il est illusoire de penser que la fermeture des écoles seule suffit pour endiguer le mal. Comme on l’a vu, elle n’a que des effets limités. Il faut alors la coupler avec le confinement général ou partiel. Ce confinement peut en effet être partiel pour cibler un village, quelques quartiers ou villes foyers de la transmission, afin de l’éteindre localement.
Pour endiguer la transmissibilité tout en tenant compte des conditions économiques de nos populations, je préconise donc la fermeture des écoles dans les zones de résidence ou d’activités des cas déjà identifiés. Ajouté à cela, le confinement (brutal et sans préavis) des populations de ces zones sera une mesure salutaire.

Par Olivier ALLOCHEME

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