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Le triomphe de la vérité

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Adaptation au changement climatique: Le PNUD appuie une centaine de maraîchères à Avrankou


Mis en place en 2018 par le Gouvernement du Bénin avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), le Projet Moyens de Subsistance Durables (PMSD) intervient dans cinq communes du Bénin : Bopa, Bohicon, Ouaké, Savalou et Avrankou. Il aide une centaine de femmes de la commune d’Avrankou, dans le sud-est du Bénin, à sortir de la précarité tout en renforçant leur résilience face aux effets pervers du changement climatique.

Une bénéficiaire du PMSD à Kotan

Kotan, un village de l’arrondissement de Sado, commune d’Avrankou à une dizaine de kilomètres de Porto-Novo, la capitale du Bénin. Mobilisées par Soviédo Tchango, leur présidente, plusieurs maraîchères du groupement ‘’Wanyinan’’ travaillent en silence.
Sur les deux hectares qu’elles ont obtenus de leurs maris pour exploitation sur une décennie, chacune des femmes entretient ses planches. Les unes s’attaquent aux mauvaises herbes, d’autres surveillent l’arrosage de leurs planches et d’autres encore, récoltent les légumes déjà prêts pour la vente.
Dans un passé pas si lointain que ça, elles s’échinaient, chacune dans son coin, sur son petit lopin de terre, à tirer quelque chose de la terre devenue ingrate à cause des pluies inattendues, irrégulières, ou parfois très abondantes et néfastes pour leurs cultures.
Le Projet Moyens de Subsistance Durables (PMSD) change tout pour elles. « Il a fallu réfléchir avec les femmes sur leurs besoins pour résoudre la pénibilité du travail, et leur permettre également de travailler tout le long de l’année. Cela a consisté à maîtriser l’eau pendant qu’elle est abondante », explique Marie-Josée Akofa Kogbéto, coordonnatrice du PMSD.
L’installation d’un système d’irrigation fait de bandes d’arrosage leur permet de se libérer de la pénibilité de l’arrosage classique, mais aussi d’économiser l’eau. « Il y a une grande différence. Avant que le projet n’arrive ici, le travail était pénible pour nous, surtout au niveau de l’arrosage », témoigne Soviédo Tchango pour qui la situation actuelle n’est nullement comparable à celle d’avant.
Le projet a aussi équipé le groupement et renforcé les capacités des membres qui ont, entre autres, bénéficié de la réalisation de trois forages, de formations techniques, d’une motopompe et de semences améliorées.
Grâce aux étangs mis en place pour recueillir l’eau de pluie et aux forages, les maraîchères ne connaissent pas de saison morte. Sur les 2000 planches qu’elles ont aménagées, elles peuvent produire tout le long de l’année concombre, oignon, divers légumes-feuilles, tout en menant d’autres activités génératrices de revenus.
Pour Apollinaire Oussou Lio, Secrétaire général de la mairie d’Avrankou, il s’agit-là d’un bel exemple d’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et de promotion du genre : « Ce projet a permis aux femmes d’avoir accès à ces terres et de produire. La plupart d’entre elles allait dans les forêts pour couper du bois, dévaster les forêts. Elles menaient des activités qui avaient des impacts sur l’environnement. Aujourd’hui elles produisent sans détruire l’écosystème. C’est déjà une forme d’adaptation. C’est positif et nous ne pouvons qu’accompagner et promouvoir des pratiques du genre ».
L’installation du groupement ‘’Wanyinan’’ sur le site de Kotan n’aurait été possible sans l’intermédiation de la mairie d’Avrankou. « Nous y sommes arrivés à force de dialogue. Les maris ont compris que c’était une nécessité de faire travailler leurs femmes et ils ont mis leurs terres à disposition pour dix ans », explique Apollinaire Oussou Lio, qui insiste sur l’implication et l’engagement des maris pour l’accès de leurs femmes à la terre.
Le PMSD a été lancé en février 2018 à Ouaké et concerne cinq communes du Bénin. D’un coût global de 4 950 000 USD (dont un financement de 4 450 000 du FEM et 500 000 du PNUD), le projet est mis en œuvre sous la direction technique du Centre de Partenariat et d’Expertise pour le Développement (CEPED). Les interventions du projet sont focalisées sur l’agriculture, la pêche/pisciculture et quelques activités de transformation agro-alimentaire. A terme, environ 10 00 agriculteurs dont 3281 femmes dans les communes de Bopa, Bohicon, Avrankou, Ouaké et Savalou seront impactés.

Quelques témoignages

Soviédo Tchango, présidente du groupement de femmes ‘’ Wanyinan’’
« Je remercie le PNUD pour ce qu’il fait pour nous »

« Je remercie le PNUD pour ce qu’il fait pour nous. Au départ, nous n’y avions pas cru. On pensait que c’était comme d’habitude. Les gens venaient souvent nous poser des questions, prendre nos noms, nous faire des promesses puis disparaissaient sans laisser de traces. Le PNUD a tenu parole et nous a construit trois châteaux d’eau et acheté une motopompe. Il nous aide pour les semences. Avant le projet du PNUD, le travail était pénible pour nous. Depuis sa mise en œuvre, nous sommes soulagées, car nous en avons fini avec la pénibilité du travail, notamment de l’arrosage ».

Yèyinou Hohoyahoua, bénéficiaire de Kpoto
« Grâce à ce projet, nous épaulons nos maris dans nos ménages »

« On souffrait beaucoup avant pour problème d’eau. Nos légumes pourrissaient. Nous travaillions sur de petites portions de terre. Aujourd’hui nous occupons une grande superficie où chacune a son espace. Les produits que nous produisons, nous les vendons et ce que nous gagnons nous permet de nous en sortir. Nous gagnons plus d’argent que par le passé. Grâce à ce projet, nous épaulons nos maris dans nos ménages. Le PNUD veut notre bien, il veut qu’on aille de l’avant et je ne peux que le remercier. »

Kpèdétin Togbé, mari de Yèyinou
« Ce projet va profiter à beaucoup de gens »

« J’ai accepté de céder mes terres car j’ai compris que le projet va profiter à beaucoup de gens. Ma femme fait partie des bénéficiaires. Nous conjuguons nos efforts au sein de notre foyer, chacun apporte sa contribution. Grâce aux bénéfices qu’elle tire de la vente des produits maraîchers, elle soutient nos enfants à l’école. Nous consommons également les légumes qu’elle produit. Ce projet nous soulage. Je suis content du PNUD et je souhaite que ce projet aille de l’avant ».

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