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Le triomphe de la vérité

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Communales et municipales 2020: Ces partis qui se désistent et anticipent leur disparition


Et de trois depuis peu. Après Restaurer l’Espoir du truculent Candide Azannai, le Parti de la Flamme Renouvelée (PFR) de l’autre frère de Sébastien Ajavon, Gabriel Ajavon, une troisième formation politique vient de se déclarer non partante pour les communales et municipales du 17 mai 2020. Il s’agit du parti Grande Solidarité Républicaine (GSR) de Guédou Missétogbé qui ne tient plus à prendre part aux prochaines joutes électorales. C’est une décision qu’il a prise, à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue le 15 févier dernier, évoquant deux raisons majeures : des contraintes liées aux ressources humaines ainsi que financières. Selon un communiqué publié ce mardi 10 mars, le parti GSR avoue n’avoir pas trouvé « des stratégies appropriées pour faire face efficacement à ces contraintes ». Il appelle par ailleurs « toute la classe politique à réfléchir à la formule qui éviterait l’arrimage à chaque élection de la modification des codes électoraux, source de perturbations de l’organisation des Partis Politiques, de tricheries pour les gouvernants successifs et lourde de conséquences pour la nation ».
A l’analyse, on constate aisément que le parti GSR s’est voulu franc et sincère. Peu connu du grand public, mais détenteur d’une déclaration d’existence légale, comme la dizaine d’autres qui se sont conformés aux nouvelles dispositions de la Charte des partis politiques, Le GSR a préféré être réaliste en s’annonçant forfait pour la prochaine bataille électorale. Il échappe ainsi habilement, à des dispositions pour le moins coriaces qui obligent chaque parti à présenter 3630 candidats titulaires et suppléants dans tout le Bénin. « Pour l’élection des membres du Conseil communal, la circonscription est l’arrondissement. Les partis politiques sont tenus de présenter des listes de candidats dans tous les arrondissements du territoire national » indique clairement le nouveau code électoral en son article 177. Le GSR n’a pas des moyens humains et financiers conséquents.
Si le RE de Candide Azannai a plutôt évoqué des raisons de légitimité des nouveaux textes et des responsables des instances impliquées dans l’organisation des prochaines élections, d’aucuns soupçonnent les mêmes soucis allégués par le GSR. En dehors de la 16ème circonscription électorale dans laquelle il a une certaine influence, Candide Azannai ne saurait prétendre étendre ses tentacules électoralistes plus loin, espérant quelque suffrage. La disposition qui exige à chaque parti de pouvoir récolter 10% de suffrage au plan national avant de lever un seul siège communal est l’autre coup de massue qui fait également fuir ces partis démissionnaires. C’est presqu’un miracle qui pourrait se produire pour qu’ils gagnent un tel pari des 10%, selon plusieurs observateurs qui ne misent que sur des formations politiques d’envergure nationale.
A la lecture des nouveaux textes en vigueur, on peut en déduire que le législateur a fait fort, un peu comme pour sonner le requiem de certaines formations politiques, qui à l’ère du système partisan, ne sauraient survivre longtemps, même si elles s’efforcent à assurer leur existence légale au détour des derniers compromis issus du dialogue politique national. Qu’il s’agisse du parti Restaurer l’Espoir, du PFR ou du GSR, leur désistement volontaire de la course aux communales et municipales 2020, pourrait se révéler comme un précédent à une disparition en téléchargement de la scène politique nationale. Le nouveau Code électoral est si dur qu’il a même prévenu en une de ses dispositions qu’une formation politique, qui ne participe pas à deux élections consécutives pourrait perdre son existence légale. Qu’adviendrait-t-il donc à RE, PRF et GSR et autres partis qui pourraient s’y ajouter, s’ils signent les mêmes forfaits pour les présidentielles 2021, attendues dans un an à peine ? Déjà sans élus au parlement et bientôt non détenteurs d’élus municipaux propres à eux, auront-ils la possibilité de décrocher les 16 voies au niveau des députés et les 16 au niveau des maires pour se garantir le parrainage aux potentiels candidats issus de leurs rangs à ces présidentielles ? Voilà l’autre nouvelle disposition qui scelle déjà leur sort plus tôt que prévu. Des signes avant-coureur d’une mort prochaine et certaine ? Laissons tout de même le temps au temps pour mieux juger.

Christian Tchanou

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