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Le triomphe de la vérité

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30 ans après la Conférence nationale: Les Evêques plaident pour la restauration des acquis démocratiques


Sous l’égide de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), le Mouvement catholique des cadres et personnalités politiques (Mccpp) et l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance (Occg) ont organisé le samedi 29 février 2020 au Palais des congrès de Cotonou, un colloque international sur le thème : « La conférence des forces vives de la nation, 30 ans après ». Un moment de réflexion pour la communauté catholique, la classe politique béninoise, les acteurs de la société civile et bien d’autres présents à ce colloque, sur l’usage fait des acquis de la conférence nationale, 30 ans après.

Principal acteur dans la consolidation des acquis de la conférence nationale, comme ce fut le cas en 2008 où il était question d’éveiller la conscience de toute la communauté nationale sur l’événement fondateur du renouveau démocratique, le clergé catholique à travers la Ceb se lance à travers ce colloque dans une démarche rétrospective de la conférence nationale qui fut la réponse à la profonde crise politique, économique et sociale à laquelle le pays était confronté dans les années 1980. Dans la présentation du contenu scientifique de ce colloque, l’Aumônier national, le Révérend Père Nathanaël Yaovi Soédé, a mentionné que ce colloque vise quatre objectifs essentiels: Faire connaître à la jeune génération et rappeler à l’ancienne la Conférence nationale comme mémoire de souffrances, voie de libération, chemin d’espérance, devoir sacré et fondement de la loi fondamentale du peuple béninois, mener à partir des résolutions de la Conférence nationale un bilan critique de 30 ans de démocratie et de développement au Bénin, rappeler le rôle joué par l’Eglise pour la sortie de crise et l’instauration de la démocratie, et enfin, inciter les dirigeants et citoyens à leur responsabilité sur la base des AD. Prenant ensuite la parole, le Président de la Conférence épiscopale du Bénin et Evêque de Lokossa, Mgr Victor Agbanou, est revenu sur l’historique de la vie sociopolitique qui a marqué le Bénin depuis les années 70 jusqu’à l’avènement du renouveau démocratique. Une crise sociopolitique face à laquelle la Ceb n’est pas restée indifférente, « invitant le peuple de Dieu et la communauté nationale à ne jamais perdre les bienfaits de Dieu ». Selon le président de la Ceb, la commémoration des 30 ans de la Conférence des forces vives de la nation de février 1990, convoque au carrefour des défis actuels où le génie béninois est appelé à se déployer à nouveaux frais, pour trouver des solutions adéquates aux problèmes d’aujourd’hui, en puisant dans l’héritage précieux des acquis de cette historique conférence. « Certes, ce colloque n’est pas une panacée, un cénacle à miracles. Il n’entend et ne prétend point donner des remèdes magiques à nos défaillances et à nos souffrances. Mais, il voudrait à travers des échanges véridiques et dépassionnés, prendre la mesure des défis à relever pour redonner un nouveau souffle aux acquis de la Conférence nationale », a-t-il indiqué tout en invitant la communauté à apporter sa pierre à l’édifice pour la construction harmonieuse d’un Bénin nouveau. Au regard des conclusions de la Conférence nationale qui ont constitué un pan de l’histoire du Bénin, ce colloque international a été l’occasion pour les participants de traiter des réalités sociopolitique, économique, pastorale acquises depuis l’historique conférence jusqu’à nos jours, et d’élaborer des perspectives en vue de la consolidation de ces acquis démocratiques.

Des résolutions pour une consolidation des acquis de la Conférence nationale
Au terme de l’examen bilan de l’évolution des acquis face aux réalités nationales, régionales et internationales 30 ans après la conférence nationale, la Ceb a convié le peuple Béninois au travail et à considérer les acquis de la conférence comme un ferment à enfouir dans le vivier de l’histoire. Par le biais de l’Evêque de Porto-Novo, Mgr Aristide Gonsallo, la Ceb a proposé de mettre la personne humaine au centre de tout développement, de travailler à l’avancement de l’Etat de droit, veiller à la nette séparation des pouvoirs, garantir et préserver les libertés fondamentales, enseigner la constitution et l’esprit national, promouvoir le développement dans la solidarité en prenant en compte le volet social. Il propose également au peuple Béninois de renforcer l’éducation civique, d’aimer la nation, travailler à la cohésion sociale pour la réconciliation de ses fils et filles.

Ils ont dit

Délonix Kogblévi, Député UP à l’Assemblée nationale: « Regardons de l’avant pour construire le pays »

«Je me réjouis que 30 ans après, nous soyons aujourd’hui dans cette salle avec des personnalités que Dieu a voulu garder en vie pendant que certaines ont tiré leur révérence. Je leur rends un vibrant hommage et que la terre soit légère, aux illustres disparus. Ce sont des gens qui ont fait l’impossible pendant que j’avais 15 ans, à cette époque. 30 ans plus tard aujourd’hui, je me retrouve à un niveau de décision de l’appareil de l’Etat et dans cette salle avec toutes ces personnalités. C’est une très grande joie. Je crois que c’est un signal pour la jeune génération que j’incarne. Je pleure de joie. Ailleurs, des pays n’ont pas pu réussir ce que nous avions fait et je me réjouis de me retrouver encore à l’Assemblée pour retoiletter cette loi fondamentale où ailleurs, une petite virgule a fait déplacer des montagnes. Mais, le génie béninois a encore montré ce qu’il sait faire. Je félicite la Conférence épiscopale pour avoir organisé cette conférence afin que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice. Arrêtons de regarder dans le rétroviseur et regardons de l’avant pour construire le pays. C’est ensemble que nous allons construire le pays ».

Dah Gbèdiga, Président de la plateforme des religions endogènes du Bénin: « les dirigeants actuels du pays doivent mettre un accent particulier sur l’employabilité des jeunes »

« Je félicite les organisateurs de ce colloque, qui n’est pas une première. Je souhaite la mise sur pied d’un comité de suivi qui doit veiller à l’exécution des recommandations de la conservation des acquis de la conférence. Aussi, les dirigeants actuels du pays doivent mettre un accent particulier sur l’employabilité des jeunes pour le bien-être de tous ».

Rastel DAN

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