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Le triomphe de la vérité

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Edito: Un virus et mille impacts


Ebola a fait plus de 11 300 victimes en Afrique de l’ouest sur plusieurs années. Mais le coronavirus, de par son expansion vertigineuse est en train de battre tous les records. A peine deux mois et il a déjà occasionné 1.665 morts, en majorité dans la province du Hubei en Chine. Pékin a enregistré 68500 malades, dont 2009 nouveaux cas ce dimanche, moins que les 2.641 nouveaux cas enregistrés samedi. Cette baisse fait espérer une baisse du nombre de cas de contamination, depuis le début de l’épidémie. Il y a cinq morts en dehors de la Chine et depuis la semaine dernière l’Egypte est touché. Le pays des pharaons est le premier pays africain à enregistrer son premier cas. Cette épidémie prend dès lors une dimension planétaire.
Alors que les premiers traitements ont fait leurs preuves en France, la communauté scientifique commence à trouver quelques molécules efficaces contre le mal. Mais l’inquiétude majeure des marchés financiers, c’est la capacité de la Chine à faire face aux conséquences de ce drame. Même si certains estiment que le pays s’en sortira facilement d’ici quelques mois, il faut vraiment en douter. Quand en 2003, le SRAS s’est emparé du pays, l’activité économique s’est rapidement dégradée suivie d’un retour brutal à la normalité peu de temps après. Mais les temps ne sont pas les mêmes. L’économie chinoise croît beaucoup plus lentement maintenant. La croissance du PIB a récemment été d’environ 6%, selon le gouvernement, contre 10% en 2003. Et le système bancaire est beaucoup plus fragile et chargé de dettes. Selon S&P, si cette crise se prolonge, les créances douteuses du système bancaire pourraient passer de 2% à la fin de l’année dernière à plus de 6% en 2020. La solvabilité des entreprises est en effet en jeu, avec une bonne masse des travailleurs obligés de rester à la maison, par crainte des contaminations. Les entreprises sont alors obligées de fermer provisoirement. De grands événements commerciaux comme la grande foire commerciale de Canton, ont été été annulés.
Les mesures prudentielles prises au sein des banques pourraient alors impacter le crédit aux entreprises qui forment la clé de voûte de la croissance chinoise. Les médias d’État chinois soulignent d’ailleurs qu’en 2018, le secteur privé représentait 50% des recettes fiscales, 60% du PIB et 90% des nouveaux emplois et des nouvelles entreprises.
La frénésie de croissance en place à Pékin depuis une trentaine d’années s’est ralentie il y a quelques années, et l’arrivée au pouvoir de Donald Trump n’a rien arrangé. L’aide aux entreprises au sein des provinces ou par le gouvernement de Pékin pourrait redonner du souffle à ces entreprises frappées de plein fouet par la frayeur. L’impact de la crise sur la croissance mondiale est clair. Depuis au moins deux décennies, la Chine est le moteur de la croissance mondiale.

Quelles conséquences pour le Bénin ?

Comparativement à certains pays, le Bénin n’est pas très dépendant des capitaux chinois. L’Algérie, l’Egypte l’Ethiopie, l’Afrique du Sud, le Nigeria, la Côte-d’Ivoire sont, selon l’OMS, les pays africains les plus exposés à un risque de contagion. Ils sont en effet les pays qui font commerce le plus avec la Chine. A ceux-là s’ajoutent le Maroc, le Soudan, l’Angola, la Tanzanie, le Ghana et le Kenya, toujours considérés en raison de l’ampleur de leurs relations commerciales avec le pays. Dans tous les cas, le Bénin n’est pas réellement au centre des attentions, mais a dû prendre des mesures de surveillance renforcée. 
Mais au plan économique, on peut se demander si la fragilisation des banques n’ébranlera pas certains projets du gouvernement financés par les entreprises chinoises adossées à des banques chinoises. La poursuite de la crise pourrait avoir des répercussions encore inimaginables. Mais quand on interroge les commerçants habitués à fréquenter l’empire du milieu, il est hors de question d’aller faire des achats ou d’y aller vendre quoi que ce soit en cette période. C’est une fuite massive dont on a encore du mal à mesurer l’impact à court et moyen terme sur le Bénin. 

Par Olivier ALLOCHEME

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