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Le triomphe de la vérité

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Déclaration du journaliste Constant Agbidinoukoun: «Nous avions lutté pour la liberté de presse et nous tenons à son respect»


Le journaliste Constant Agbidinoukou lors de l’entretien

Le journaliste Constant Agbidinoukoun lors de l’entretien
Trente ans après l’historique Conférence des forces vives de la nation tenue du 19 au 23 février 1990 et qui a changé le cours de la vie politique et sociale du Bénin, les forces vives se rappellent encore ces moments qui ont plongé tout un peuple dans la peur et la psychose générale. L’ancien journaliste de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (Ortb), Constant Glèlè Agbidinoukoun, présent à cette conférence tire de cette belle expérience des leçons qui ont donné un tournant à la pesse béninoise. C’était le mardi 11 février 2020 dans la rubrique « Sous l’Arbre à Palabres ».

La crise politique due à la gouvernance du PRPB n’impactait pas que les populations mais aussi la liberté d’expression dans le rang des médias publiques. A en croire Constant Agbidinoukoun l’invité de la rubrique « Sous l’Arbre à Palabres », le pouvoir en place exerçait une pression sur le contenu des informations à publier, ce qui rendait impossible la liberté d’expression. « Avant la Conférence des forces vives de la nation, nous avions tendance à donner l’information selon le bon sens du pouvoir en place. Il n’y avait pas de liberté d’expression surtout que c’est le PRPB qui dirigeait tout », a confié le journaliste à la retraite Constant Glèlè Agbidinoukoun qui se souvenait encore des nombreux articles retouchés avant diffusion sur les écrans. L’organisation de la Conférence devenait ainsi un défi pour les Hommes des médias, l’occasion unique pour pallier à cette crise politique et mettre en quarantaine la gouvernance du PRPB. Une nouvelle ère devrait donc s’ouvrir pour la presse béninoise. « La Conférence se préparait tant à la radio qu’à la télévision notamment dans le traitement de l’information. Nous avions décidé de ne pas aller à la conférence pour cajoler le PRPB dans le sens des poils et nous savions qu’il faut donner l’information avec professionnalisme. Nous avions réalisé des interviews et fait les commentaires et analyses qu’il fallait, en toute liberté. A un moment donné, on se demandait si nos patrons existaient car, on travaillait en toute liberté. On tenait à se libérer de cet environnement dans lequel on était oppressé », a raconté Constant Agbidinoukoun, présent dans le rang des rares journalistes ayant couvert cet événement. Selon le développement de l’ancien rédacteur en chef de la télévision nationale, les journalistes de l’Ortb ont retrouvé toute leur liberté d’expression, au lendemain de la Conférence des forces vives de la nation. Une réalité pourtant remise en cause aujourd’hui par les populations accusant la chaine de service publique de prendre pour le pouvoir en place. « Nous tenions à ce que la liberté soit respectée et nous avions lutté pour. La liberté se poursuit à l’Ortb notamment à la télévision sauf qu’il y a un manque de débats », a-t-il constaté tout en rappelant que « le journaliste doit pouvoir jouer son rôle ».

« La presse doit être respectée »
Trente années après l’historique Conférence des forces vives de la nation, l’ancien journaliste et ancien rédacteur en chef de la télévision nationale (1993-1996) a affirmé que le métier a bien évolué au regard de la création des organes de presse et des nombreuses dispositions mises en place pour réguler le secteur. Malheureusement, le rôle joué par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) est décrié par l’ancien journaliste qui se réfère aux derniers cas en vigueur notamment la fermeture de certains organes de presse et l’emprisonnement des journalistes. « La Haac ne joue pas son rôle. Elle peut sanctionner en donnant un délai et non mettre fin définitivement à la parution d’un journal. Aucun texte ne donne autorité à la Haac de venir à cette barrière car, ce n’est pas conforme à la constitution », a-t-il déclaré avant d’afficher son regret sur les réactions des Hommes des médias face à ces sanctions. « La presse ne réagit pas assez. Elle réagit timidement. Si cela se passait au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, il y aurait eu un grand soulèvement. Nous ne demandons pas qu’on nous applaudisse mais qu’on nous respecte », a-t-il ajouté.
Gouvernance Talon
Toujours au cours de son échange avec les journalistes, l’ancien rédacteur en chef de la télévision nationale (1993-1996) Constant Agbidinoukou s’est également prononcé sur la gouvernance du régime Talon. Il a exprimé son satisfecit par la portée des réformes annoncées dans plusieurs secteurs notamment celui des transports par le projet asphaltage, l’approvisionnement des populations en eau potable, la réorganisation du secteur de la santé et bien d’autres. Il a souhaité que de telles réformes se poursuivent et s’accentuent sur la fluctuation des partenariats et la prise en compte du volet social.

Rastel DAN

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